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C’est à la villa palmieri que Boccace écrivit son Décameron. J’ai pensé que ce titre me porterait bonheur, et j’installe mon bureau dans la chambre où, quatre cent quatre-vingt-treize ans auparavant, l’auteur des Cent Nouvelles avait établi le sien.
Pendant notre séjour à Florence, nous nous aperçûmes un soir, en ouvrant notre fenêtre, que le Dôme et le Campanile était illuminés ; cette illumination annonçait pour le lendemain le commencement des fêtes de la Saint-Jean. Nous ne voulions perdre aucun détail de ces fêtes qu’on nous avait fort vantées d’avance à Gênes et à Livourne, et nous sortîmes aussitôt. Quoique nous fussions logés à une extrémité de la ville, nous nous trouvâmes, en mettant le pied dans la rue, au milieu d’une foule qui devenait de plus en plus compacte à mesure que nous nous approchions du cœur de la cité. Cette foule s’écoulait avec une sagesse et une convenance telles, que le silence de notre palazzino, situé, il est vrai, entre cour et jardin, n’avait pas été troublé, et si l’illumination du Dôme ne nous avait annoncé la fête, nous aurions pu passer toute notre soirée sans nous douter un instant que Florence entière était dans ses rues. C’est là un trait caractéristique des Italiens de la Toscane : les individus sont parfois bruyans, mais la foule est presque toujours silencieuse.
Florence est magnifique à voir la nuit, par un beau clair de lune ; alors ses colonnes, ses églises, ses monumens, prennent un caractère grandiose qui efface et rejette dans l’ombre tous ces pauvres édifices modernes qu’on dirait faits pour des voyageurs d’un jour. Nous suivîmes la foule, la foule nous mena place du Dôme ; il me sembla que je voyais l’église pour la première fois, tant ses proportions avaient grandi ; le Campanile surtout paraissait gigantesque, et ses illuminations semblaient mêlées aux étoiles. Le baptistère de San-Giovanni était ouvert, et la châsse du saint exposée ; l’église semblait pleine, et cependant on y entrait facilement ; car à Florence, au lieu de réagir sans cesse contre les autres, comme on fait chez nous, chacun s’aide, chacun se presse, chacun se place, et on finit par être à l’aise là où l’on aurait cru d’abord devoir être infailliblement étouffé.
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The end
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