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La Russie et l’Église Universelle

Vladimir Soloviev · 1885 · Free in the US

243,697 words · about 17 h 4 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1885 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=La_Russie_et_l’Église_Universelle&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Vladimir Soloviev
Language
French
Published
1885
Length
243,697 words · about 17 h 4 min
Sections
40 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (40)
  1. Front matter about 5 h 41 min
  2. Texte entier about 5 h 41 min
  3. Introduction about 53 min
  4. 01 about 6 min
  5. 02 about 5 min
  6. 03 about 7 min
  7. 04 about 8 min
  8. 05 about 5 min
  9. 06 about 4 min
  10. 07 about 11 min
  11. 08 about 7 min
  12. 09 about 9 min
  13. 10 about 5 min
  14. Livre deuxième about 1 min
  15. 01 about 10 min
  16. 02 about 9 min
  17. 03 about 4 min
  18. 04 about 7 min
  19. 05 about 3 min
  20. 06 about 7 min
  21. 07 about 9 min
  22. 08 about 3 min
  23. 09 about 6 min
  24. 10 about 9 min
  25. 11 about 5 min
  26. 12 about 8 min
  27. 13 about 11 min
  28. 14 about 7 min
  29. 01 about 10 min
  30. 02 about 8 min
  31. 03 about 6 min
  32. 04 about 10 min
  33. 05 about 7 min
  34. 06 about 7 min
  35. 07 about 8 min
  36. 08 about 14 min
  37. 09 about 15 min
  38. 10 about 16 min
  39. 11 about 15 min
  40. 12 about 6 min

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Front matter

LA RUSSIE

L’ÉGLISE UNIVERSELLE

Il y a cent ans, la France, — cette avant-garde de l’humanité — a voulu inaugurer une époque nouvelle de l’histoire en proclamant les droits de l’homme. Il est vrai que le Christianisme avait déjà, bien des siècles auparavant, conféré aux hommes le droit et le pouvoir de devenir fils de Dieu — ἔδωκεν αὐτοῖς ἐξουσίαν τέκνα Θεοῦ γενέσθαι (Ev. Joh., I, 12). Mais, dans la vie sociale de la chrétienté, ce pouvoir souverain de l’homme était à peu près oublié ; et la nouvelle proclamation française n’était pas du tout superflue. Je ne parle pas des abus de fait, mais des principes reconnus par la conscience publique, exprimés par des lois, réalisés dans les institutions. C’était par une institution légale que l’Amérique chrétienne privait les nègres chrétiens de toute dignité humaine et les livrait sans merci à la tyrannie de leurs maîtres, qui — eux aussi — professaient la religion chrétienne. C’était une loi qui, dans la pieuse Angleterre, vouait au gibet tout homme qui, pour ne pas mourir de faim, volerait des vivres à son riche voisin. C’était enfin une loi et une institution qui, en Pologne et dans la « sainte » Russie, permettaient au seigneur de vendre ses serfs comme du bétail. Je n’ai pas la présomption de juger les affaires particulières de la France ni de décider si la Révolution — comme des écrivains distingués et plus compétents que moi l’affirment — a fait plus de mal que de bien à ce pays. Mais il ne faut pas oublier que, si chaque nation historique travaille plus ou moins pour le monde entier, la France a surtout le privilège d’une action universelle dans le domaine politique et social.

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