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L’Heidenmauer

James Fenimore Cooper · 1839 · Free in the US

442,284 words · about 30 h 58 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1839 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=L’Heidenmauer&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Language
French
Published
1839
Length
442,284 words · about 30 h 58 min
Sections
34 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (34)
  1. Front matter about 10 h 19 min
  2. Texte entier about 10 h 19 min
  3. Introduction about 31 min
  4. Chapitre I about 11 min
  5. Chapitre II about 21 min
  6. Chapitre III about 23 min
  7. Chapitre IV about 21 min
  8. Chapitre V about 23 min
  9. Chapitre VI about 29 min
  10. Chapitre VII about 23 min
  11. Chapitre VIII about 18 min
  12. Chapitre IX about 13 min
  13. Chapitre X about 24 min
  14. Chapitre XI about 19 min
  15. Chapitre XII about 15 min
  16. Chapitre XIII about 21 min
  17. Chapitre XIV about 18 min
  18. Chapitre XV about 17 min
  19. Chapitre XVI about 17 min
  20. Chapitre XVII about 11 min
  21. Chapitre XVIII about 19 min
  22. Chapitre XIX about 19 min
  23. Chapitre XX about 15 min
  24. Chapitre XXI about 19 min
  25. Chapitre XXII about 21 min
  26. Chapitre XXIII about 23 min
  27. Chapitre XXIV about 22 min
  28. Chapitre XXV about 18 min
  29. Chapitre XXVI about 22 min
  30. Chapitre XXVII about 19 min
  31. Chapitre XXVIII about 14 min
  32. Chapitre XXIX about 16 min
  33. Chapitre XXX about 15 min
  34. Chapitre XXXI about 21 min

Continue:

Front matter

algré un usage depuis longtemps établi, nous avions passé un été enfermés dans les murs d’une grande ville ; mais le moment de la liberté arriva, et les oiseaux n’ont pas plus de plaisir à quitter leur cage que nous en eûmes à commander des chevaux de poste. Nous étions quatre dans une légère calèche de voyage, que de vigoureux chevaux normands transportaient gaiement vers leur province natale. Nous quittions Paris pour quelque temps, la reine des cités modernes, avec son tumulte et son ordre, ses palais et ses rues étroites, son élégance et sa saleté, ses habitants toujours en mouvement et ses politiques stationnaires, ses théories en contradiction avec sa pratique, sa richesse et sa pauvreté, sa gaieté et sa tristesse, ses rentiers et ses patriotes, ses jeunes libéraux et ses vieux ultras, ses trois états et son égalité, sa délicatesse de langage et son énergie de conduite, son du peuple et son peuple ingouvernable, ses baïonnettes et sa force morale, sa science et son ignorance, ses plaisirs et ses révolutions, sa résistance qui recule et son mouvement qui s’arrête, ses marchandes de modes, ses philosophes, ses danseurs d’Opéra, ses poëtes, ses joueurs de violon, ses banquiers et ses cuisiniers. Bien que confinés depuis longtemps en-deçà des arrières, il ne nous était pas facile de quitter Paris tout à fait sans regrets : Paris, que tout étranger critique, et que tout étranger recherche, que les moralistes abhorrent et qu’ils imitent, qui fait secouer la tête des vieillards et battre le cœur des jeunes gens ; Paris, le centre d’excellentes choses et de choses qu’on ne peut nommer !

Cette nuit-là nous reposâmes notre tête sur de rustiques oreillers, loin de la capitale de la France. Le jour suivant nous respirâmes la brise de mer. Traversant l’Artois et la Flandre française, dans la matinée du quatrième jour nous entrâmes dans le nouveau royaume de Belgique par les villes historiques et vénérables de Douai, Tournai et Ath. À chaque pas nous rencontrions le drapeau qui flotte sur le pavillon des Tuileries, et nous reconnaissions l’air confiant et la démarche aisée des soldats français. Ils avaient été envoyés pour soutenir le trône chancelant de la maison de Saxe, et ils nous semblaient aussi à leur aise que lorsqu’ils se promenaient oisivement sur le quai d’Orsay.

On voyait encore à Bruxelles des preuves évidentes de la violence de la lutte qui avait chassé les Hollandais. Quarante-six boulets étaient encore incrustés dans les murs d’une maison qui n’était pas très-grande, tandis que quatre-vingt treize balles étaient entrées dans une de ses colonnes ! Dans nos appartements, il y avait aussi de terribles traces de guerre. Les glaces étaient brisées, les murs sillonnés par la mitraille, le bois des lits percé de balles, et les meubles endommagés. Les arbres du parc étaient mutilés en mille endroits, et le petit Cupidon que nous avions laissé riant au-dessus de la principale grille trois ans auparavant, était estropié et mélancolique, tandis que son compagnon avait pris son vol sur les ailes d’un boulet de canon. Au milieu de ces vestiges effrayants, nous évitâmes heureusement la vue du sang humain, et nous apprîmes du suisse obligeant qui présidait dans l’hôtel que ses caves, qui ont en tout temps une grande réputation, furent plus fréquentées encore pendant le siège. Nous conclûmes de toutes ces preuves que les Belges avaient livré de violents combats pour leur émancipation, ce qui prouve, du moins, qu’ils méritent d’être libres.

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