Front matter
Quelques fragments de ce livre ont paru à longs intervalles dans des journaux et dans des revues ; on leur a fait le grand honneur de les discuter et c’est parce qu’on les a discutés que j’écris ici ces quelques lignes. On m’a reproché à la fois d’avoir été antisémite et d’avoir trop vivement défendu les Juifs, et pour juger ce que j’avais écrit on s’est placé au point de vue de l’antisémitisme ou à celui du philosémitisme. On a eu tort car je ne suis ni antisémite, ni philosémite ; aussi n’ai-je voulu écrire ni une apologie, ni une diatribe, mais une étude impartiale, une étude d’histoire et de sociologie.
Je n’approuve pas l’antisémitisme, c’est une conception étroite, médiocre et incomplète, mais j’ai tenté de l’expliquer. Il n’était pas né sans causes, j’ai cherché ces causes. Ai-je réussi à les déterminer ? C’est à ceux qui liront ces pages d’en décider.
Il m’a semblé qu’une opinion aussi universelle que l’antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l’ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome et à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l’Europe du Moyen Âge et dans l’Europe moderne, en un mot, dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des Juifs, il m’a semblé qu’une telle opinion ne pouvait être le résultat d’une fantaisie et d’un caprice perpétuel, et qu’il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses.
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The end
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