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Les modernes d’Egypte

Nadia Radwan · 2017

97,602 words · about 6 h 50 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Licence: CC BY-NC-ND 4.0 · repository export licence (OAPEN) · Radwan, Nadia (2017), Les modernes d’Egypte, open access publisher - licensed CC BY-NC-ND 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0)

Text from OAPEN Library and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Nadia Radwan
Language
French
Published
2017
Length
97,602 words · about 6 h 50 min
Sections
17 reader sections
Text
Digital text
Rights
CC BY-NC-ND 4.0 · repository export licence (OAPEN)

 

Contents (17)

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Peter Lang

Cet ouvrage explore un moment clef du développement de l’art moderne égyptien, lorsque sont définis les fondements d’une nouvelle pratique artistique au début du 20°" siècle. Basé sur un important travail de terrain mené en Egypte et sur des documents d’archives jusqu'ici inexplorés, il se centre sur une génération de peintres et de sculpteurs appelés les pionniers (al-ruwwad). Formés dans des institutions telles que l'Ecole des Beaux- Arts du Caire, leur production s'inscrit dans un mouvement de renaissance artistique et reflète les multiples interactions transculturelles entre l'Egypte et l’Europe. Cette étude offre ainsi un regard nouveau sur ces artistes qui ont posé les jalons du modernisme égyptien et met en lumière une production jusqu'ici peu étudiée. Tandis que l’on aborde aujourd’hui Phistoire de l’art dans une perspective globale à la lumière de circulations, d’échanges et de réseaux, elle offre un point d'ancrage permettant de mieux appréhender les dynamiques et les enjeux actuels de Part contemporain au Moyen-Orient.

Nadia Radwan est historienne de l’art et enseigne à l’Université de Berne, où elle occupe la chaire de World Art History. Dans la même institution, elle dirige le programme doctoral Global Studies - Walter Benjamin Kolleg. Ses recherches portent sur les arts visuels modernes au Moyen-Orient et les pratiques muséales dans une perspective globale. Elle est l'auteure de nombreux articles sur Part et l'architecture modernes en Egypte.

Table des matières

Moteur Antenne EEE 11 Liste des lnSAtOns. ee dE id dues 13 AVANT PÉOPOS sise EE E esse sntere titre ete eines ins less 21 Pre re aiaa E E E N 23 Remerciements uranserien iiias 27 Doté D de 29 l; és pionniers et RP nd EARN 29 2. Des histoires de l’art moderne éeyptien...sseusmnmmnud 32 2. Note sur leS SONORE end tuemilien 37 1. Souverains orientaux et artistes CUTOPÉENS ss 39 3. Les salons d'art orientaliste à l'Opéra khédivialiiss ss sus 61l 4. Lenseignement des Arts appliqués sasstemneledéistinntiitess 64 Chapitre 2. La renaissance des Beaux-Arts... 69 2: Comment faire revivre l'artatahe sine ininnns 81

3. Les Beaux-Arts comme instrument du phOfrés. scsi socetoetinats 89

Chapitre 3. Les missions scolaires: un dialogue transculturel entre l'Egypte et PEUtOpe...nsntinn nine 97 1. Mahmoud Moukhtar, moderne parisien... 100 2. Le trio de Rome: Ragheb Ayad, Youssef Kamel

et Mohamed Massa did 107 3. Entre l’art, le droit et la diplomatie : Mohamed Naghi

et Mahmoud Sel in dus 118 Chapitre 4. Collectionneurs, mécènes et salons... 135 1. Mohamed Mahmoud Khalil et la Société des Amis de l'Art... 135 2. Le rôle précurseur des « Dames égyptiennes» usines 146 2. La Chimère: cosmopolite sans ec arnctslisonusehutel 164 4. Un Montparnasse cairote: la Maison des Arts... 176

Chapitre 5. De l’atelier à l’espace public: peindre et sculpter

ER TE NT D 185 1 LekRéve del Boye riin EREE E EEEE 185 2. Le pharaonisme comme renouveau artistique... 200 3: Mohamed Nash peintre d'Histoité dun 205 4. Artet ruralité: Les ane du feÇllahsesarnesniiiniamanaia 212 Chapitre 6. La résurgence des arts «mineurs»... 227 1. Existe-t-il un art populaire en Ep emenrnees 227 2. Hamed Saïd et le groupe des Amis de l’Art et de la Vie... 238

Les villages artisanaux de Hassan Fathy et Ramsès Wissa Wassel seems 241

Table des matières 9

Chapitre 7. Le tournant de 1937: la reconnaissance

SOUT CES eiiie a tennis eee uen dir dre ere it sean 275

Note sur la translittération

Afin de faciliter la lecture du texte, les mots et les titres d'ouvrages en arabe ont été translittérés selon une version simplifiée des règles en vigueur dans les ouvrages scientifiques. Il n’a pas été fait usage des signes diacritiques ni de la distinction des voyelles longues et brèves. Les noms propres d’origine arabe ont été transcrits conformément à leur acceptation française et les noms et prénoms d'artistes sont fidèles à leurs signatures usuelles en lettres latines.

Liste des illustrations

Chapitre 1

Fig. 1.1: David Roberts, Interview with the Viceroy of Egypt at his Palace in Alexandria, lithographie de Louis Hague, 12 mai 1839.

© Victoria and Albert Museum, Londres...

Fig. 1.2: Charles Cordier, Monument équestre à Ibrahim Pacha,

Fig. 1.3: Alfred Jacquemart, Monument à Joseph Anthelme Sève dit Suleiman Pacha, bronze, 1874, Musée militaire du Caire.

© Nadia Radwan resserre esse esse baieie

Fig. 1.4: La Rue du Caire, Exposition universelle, Paris, 1889. Source: Delort de Gléon, L'Architecture arabe des khalifes d'Egypte à l'Exposition universelle de Paris en 1889, Paris: E. Plon, Nourrit et Cie, 1889. © Bibliothèque nationale de France. sise

Fig. 1.5 : Photographie de l’atelier de sculpture sur bois de l'Ecole des Arts appliqués du Caire, 1938, source: Images, n° spécial publié à l’occasion du cinquantenaire de la maison 4/-Hilal, 1938.

Fig. 1.6: Mohamed Hassan, Portrait de John Ednie (directeur de l'Ecole des Arts appliqués de Gizeh), huile sur toile, 1932.

Musée d'Art moderne sy prier, Le Gaitenis

Chapitre 2

Fig. 2.1 : Portrait photographique du prince Youssef Kamal,

c. années 1920. Source: Faculty of Fine Arts Cairo : Hundred Years of Creativity 1908-2008, catalogue publié à l’occasion du centenaire de l'Ecole des Beaux-Arts du Caire, Le Caire, Farsi Foundation for Arts and Culture, 2008 usure

Fig. 2.2: Portrait photographique de Paolo Forcella, directeur de la section de Dessin et de Peinture à l'Ecole des Beaux-Arts du Caire, c. 1920. Archives Eimad Abou Ghazi ...ssseeesssseeseesesseerennn 78

Fig. 2.3 : Page de couverture de la revue Majallat al-funun al-jamila

wa al-taswir al-shamsi (Revue des Beaux-Arts et de la photographie),

n° 1, 13 mai 1913. Bibliothèque nationale (Dar al-Kutub),

Le OUT CNP EE EN RP Re 90

Fig. 2.4: Travaux des diplômés des sections d'Architecture et de Sculpture de l’Ecole des Beaux-Arts du Caire exposés à Automobile Club en 1911. Archives Eimad Abou Ghazi .…... 93

Fig. 2.5 : Mahmoud Moukhtar, Jbn al-Balad (Le fils du peuple), bronze, 25.5 x 27 x 57.5 cm, 1910. Musée Mahmoud Moukhtar, Le CiS Re D OET UE AE E id liaisons 94

Chapitre 3

Fig. 3.1 : Portrait photographique de Mahmoud Moukhtar, c. 1910. Source: Badr el-Din Abou Ghazi et Gabriel Boctor, Mouktar ou le Réveil de l'Egypte, Le Caire, H. Urwand et Fils, 1949.

O Nadia Rad WAI sieseirseisiioreten eresiak En eee naei E EEEE ESENES 101 Fig. 3.2: Photographie de Mahmoud Moukhtar dans son atelier

Fig. 3.3: Mahmoud Moukhtar, Mendiant et son fils, bronze,

32 x 32 x 55 cm, 1911. Musée Mahmoud Moukhtar, Le Caire... 104

Fig. 3.4: Mahmoud Moukhtar, La fiancée du Nil, pierre de grès, 50 x 60 x 148 cm, 1929. Musée Mahmoud Moukhtar, Le Caire... 106

Fig. 3.5: Ragheb Ayad, Le marché du village, huile sur toile,

5 x 140 cm, 1938. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire... 109 Fig. 3.6: Ragheb Ayad, Café à Assouan, 60.5 x 69 cm, 1933. Musée d’Art moderne égyptien, Le Cafés. 110

Fig. 3.7: Mohamed Hassan, Latelier, encre et aquarelle sur papier,

Liste des illustrations 15

Fig. 3.8: Ahmed Sabry dans son atelier au Caire, c. années 1930. Source: Rida et Al-Razaz, Ahmed Sabry, Le Caire,

Ministère de la Culture, non ae nn 113 Fig. 3.9: Ahmed Sabry, Portrait de Tawfiq al-Hakim, huile sur bois, 39 x 32 cm, 1937. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire „s.s.s... 125

Fig. 3.10: Mohamed Naghi, Paysanne sur sa gamouse (bufflesse), huile sur bois, 79 x 58 cm, 1944. Musée d’Art moderne égyptien, Lë CAS amenant armements 120

Fig. 3.11 : Mohamed Naghi, Cérémonie religieuse en Abyssinie, huile sur toile, 79 x 151 cm, 1932. Musée d’Art moderne égyptien, Lë CAR sn s Eear ERE EENE ETENE EE REEE TNE EES 122

Fig. 3.12: Mahmoud Saïd, Bint al-Balad (La fille du peuple), huile sur bois, 70 x 56 cm, 1943. Musée d’Art moderne égyptien, LEA menus hernie 125

Fig. 3.13: Sayeda Missak (Ecole de Habib Gorgui), Femme assise, c. années 1940, bronze d’après modelage en terre. Centre d'art de Harraniya. © Nadia Radars ésnrnnmne 130

Fig. 3.14: Hussein Youssef Amin, Danseuse nubienne et joueur de nayy, huile sur toile, 61 x 69 cm, 1939, collection privée. OGalerie Al Masar Le CS ee ne ua 133

Chapitre 4

Fig. 4.1 : Portraits photographiques de Mohamed Mahmoud Khalil et Emilienne Luce Khalil, c. années 1920. Fonds photographique du Musée Mohamed Mahmoud Khalil, Le Caire ..s.ssssssssseesereseseeess 137

Fig. 4.2: Alexandre Saroukhan, Mohamed Mahmoud Khalil, encre et aquarelle, non daté. Musée Mohamed Mahmoud Khalil, Le CAR nn na ne este 140

Fig. 4.3: Mohamed Hassan, Les trois cavaliers, bronze, 42 x 49,5 x 34 cm, 1940. Musée d’Art moderne égyptien, LÉ CUS E E E E E E E 141

Fig. 4.4: Vue extérieure du Musée Mohamed Mahmoud Khalil.

© Nádia Ra ARS tester 142 Fig. 4.5 : Portrait photographique de Hoda Charaoui, c. 1926,

Abes Paris. Source: LEgyptienne, octobre 1026 148 Fig. 4.7 : Les céramiques de l'Ecole de Rod al-Farag, c. 1926.

Sources L Eeyptienne, octobre 1926 nes nai 153

Fig. 4.8 : Mahmoud Moukhtar, Puiseuse d'eau, pierre de grès, 14 x 36 x 38 cm, 1929. Musée Mahmoud Moukhtar, Le Caire... 155

Fig. 4.9 : L'exposition de Mahmoud Moukhtar chez Bernheim Jeune

Fig. 4.10 : Amy Nimr, Femme nubienne, encre sur papier, 1931. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire... 162

Fig. 4.11 : Emblème du groupe de La Chimère, en-tête de papier à lettres (détail), 1927. Archives Eimad Abou Ghazi ...ssssesscsescsescseess 165

Fig. 4.12 : Roger Bréval, Courtisanes égyptiennes, sanguine, 1929, tiré de Vingt dessins de Roger Bréval pour illustrer la chanson de Bilitis,

Le Caire, Les Argonautes, 1930. © Nadia Radars 167 Fig. 4.13 : Roger Bréval, La récolte du blé, huile sur toile, 1926. Muüséeagricole Ait een sranediénnt 168

Fig. 4.14: Mohamed Naghi, Portrait de Juliette Adam,

huile sur toile, 1922-23. Source: Naghi et al., Mohamed Naghi (1888-1956) : un impressionniste égyptien, Le Caire, Les Cahiers

de Chabramant, 188 en nine et eneatet tee 169

Fig. 4.15 : Charles Boeglin, Autoportrait, c. années 1920. Source: L'Egypte Nouvelle, 20 décembre 1924. Rare Books and

Fig. 4.16: Roger Bréval, Page de couverture de L'Egypte Nouvelle, 1922. Rare Books and Special Collection Library, The American University in Cartons des E ERE EEE EAN 172

Liste des illustrations 17

Fig. 4.17 : Juan Sintès, caricatures de la rubrique «Les hommes du jour», publiées dans L'Egypte Nouvelle, 1923. Rare Books and

Fig. 4.18 : Caricatures des membres de La Chimère. En haut

à gauche: Camillo Innocenti par Mahmoud Saïd. En haut à droite: Roger Bréval par Camillo innocenti. En bas à gauche: Mahmoud Saïd par Roger Bréval. En bas à droite: Jacques Hardy (architecte)

par Mahmoud Moukhtar. Au centre: Mahmoud Moukhtar par Camillo Innocenti, Archives Eimad Abou Ghazi „sses 175 Fig. 4.19 : La Maison des Arts (Beit al-Fann) ou Manzil Ali

Effendi Labib, © Nadia Radar nnle tandis 178 Fig. 4.20 : Pierre Beppi-Martin, Portrait d’un Nubien, pastel

Fig. 4.21 : Sanad Basta, Africaine, huile sur toile, 40 x 60 cm,

1934. Collection Samir Bastien 181 Chapitre 5

Fig. 5.1 : Léopold Savine, Monument à Moustafa Kamel, c. 1912-14,

Fig. 5.2: Mahmoud Moukhtar supervisant l’achèvement

Fig. 5.3: Le Réveil de l'Egypte de Mahmoud Moukhtar sur la place de Bab al-Hadid, c. 1929. Photographie de Lehnert et Landrock.

© Nadia Radwan.5nhrsisnrmneelerenniimitiinrtidetimenetiese 193 Fig. 5.4: Mahmoud Moukhtar, Maquette du Réveil de l'Egypte

Fig. 5.5: Le Réveil de l'Egypte sur la place de l’Université du Caire en 2011. © Nadia Radwa fee ben taiseni isaer 196

Fig. 5.6: Le Monument à Saad Zaghloul de Mahmoud Moukhtar avant d’être érigé à Alexandrie, c. 1933. Archives Eimad

Fig. 5.7: Mahmoud Saïd, Invitation au voyage, huile sur toile, 1932, collection privée. Source : Henri el-Kayem, Mahmoud Saïd,

Fig. 5.8: Ragheb Ayad, Travail aux champs, huile sur bois, 154 x 58 cm, 1958. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire... 204

Fig. 5.9: Mohamed Naghi, La Renaissance de l'Egypte ou Le Cortège d'Isis, panneau décoratif, 1923, Chambre du Sénat, Parlement égyptien, Le Caire. © Nadia Ridwans eee 207

Fig. 5.10 : Vue intérieure de la Chambre du Sénat, Parlement égyptien, Le Caire. © Nadia Rädwans mers 207

Fig. 5.11 : Mohamed Naghi, L'Ecole d'Alexandrie, huile sur toile, 7 x 3 m, 1952. Source: Naghi et al., Mohamed Naghi (1888-1956) : un impressionniste égyptien, Le Caire, Les Cahiers de Chabramant,

Mee E E EE Re 210 Fig. 5.12 : Ali Kamel al-Dib, Agriculture, huile sur toile,

81.5 x 120 cm, 1937. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire... 214 Fig. 5.13: Mohamed Naghi, Le village, huile sur toile, 1928.

Fig. 5.14: Mahmoud Saïd, Les chadoufs, huile sur panneau, 89.5 x 116.7 cm, 1934, collection privée. © Mathaf: Arab Museum of Modern Art, Daisies 218

Fig. 5.15 : Vue extérieure du Musée agricole du Caire. © Dimitri NOTA rss os issue ti nn te seins dec aaae 219

Fig. 5.16: Le Café du village, diorama du Musée agricole du Caire, décors peints par Ali al-Ahwani. © Dimitri Montanini ..s.sssssssssssseees. 223

Fig. 5.17 : Le tisserand, diorama du Musée agricole du Caire. © Dimitri Mona ini nisnitenennmenesmnsdeinninne 224

Fig. 5.18: Youssef Kamel, Retour des champs, huile sur toile, 1936. Musée agricole die nn mme 225

Liste des illustrations 19

Chapitre 6

Fig. 6.1 : Figurines sculptées par la princesse Samiha Hussein pour le Musée ethnographique. Source: Images, n° spécial publié à l’occasion du cinquantenaire de la maison 4/-Hilal, 1938.

© Centre d'études alérandrines., 2 nement 229 Fig. 6.2: Ragheb Ayad, Danse nubienne, huile sur toile, 62 x 70 cm, 1937. Musée d'Art moderne égyptien, Le Gaine. 230

Fig. 6.3: Mahmoud Saïd, Prière, huile sur panneau, 58 x 79 cm, 1934. Musée d'Art moderne égyptien, Le Caire sise 232

Fig. 6.4: Ragheb Ayad, Entrée du monastère al-Saryan, huile sur panneau, 66 x 50.5 cm, 1963. Musée d’Art moderne égyptien,

Ee Caie en ne e E nn dinar 233 Fig. 6.5 : Mahmoud Moukhtar, Tête d'Africaine, bronze,

Fig. 6.6: Maison Hamed Saïd, Hassan Fathy, arch., c. 1942, al-Marg. Archives Hassan Fathy, Rare Books and Special

Fig. 6.7 : Sayed Mahmoud, Cactus au clair de lune, tissage de laine, 2.28 x 1.25 m, c. années 1950. Musée de tapisseries du

Centre d'Art de Harraniya sieste mer eaei 243 Fig. 6.8: Vue du village de potiers de Garagos, Hassan Fathy, arch.

© Nadia Rad Rd iiio eiri eee E E atome 244 Fig. 6.9 : L'atelier d’un moine-potier de Garagos, Hassan Fathy, arch.

© Nadia Radiat sesiis mener 245 Fig. 6.10: Saïd el-Sadr, Vase, terre cuite émaillée, non daté. Muüsésägricole Aer sneinen reeni 246 Chapitre 7

Fig. 7.1: Mohamed Hassan, Dictature des Beaux-Arts, 1939. Source: al- Imara; vol ln? 7-28; 1999 his uninsiunn 248

Fig. 7.2: Vue du Pavillon d'Egypte de l'Exposition des arts

et techniques de la vie moderne, Roger Lardat, arch., 1937.

Archives photographiques du Musée Mohamed Mahmoud Khalil,

Fig. 7.3: La visite officielle de la reine Nazli au Pavillon d'Egypte

(à sa gauche, Mohamed Mahmoud Khalil), 19 juin 1937.

Archives photographiques du Musée Mohamed Mahmoud Khalil,

Le Ce nn ennemie patent une 252

Fig. 7.4 : Ali Kamel al-Dib, Panneaux décoratifs pour le Pavillon d'Egypte, huile sur panneaux, 1937. Musée agricole du Caire... 254

Fig. 7.5 : Vue intérieure du Pavillon d'Egypte. On y voit la peinture murale de Mohamed Naghi, Les Larmes d'Isis, La Tête de Saad Zaghloul de Mahmoud Moukhtar, ainsi que la maquette du temple de Philae. Archives photographiques du Musée

Mohamed Mahmoud Khalil, Le Caire... 255 Fig. 7.6: Mahmoud Saïd, La ville, huile sur toile, 1.98 x 3.50 m, 1937. Musée d’Art moderne égyptien, Le Caire.. 256

Fig. 7.7 : Kamel al-Telmissany Portrait d'Albert Cossery, encre et aquarelle, 48 x 35 cm, 1941, Musée d’Art moderne égyptien, Le CARS E ae ii rates 260

Fig. 7.8: Kamel al-Telmissany, Retour à l'humain, gravure. Source : Albert Cossery, Les Hommes oubliés de Dieu, Le Caire, Editions de la Semaine Egyptienne, 1941 sense 261

Fig. 7.9 : Pamphlet d'exposition de l'Art indépendant, 1940.

Fig. 7.10 : Hamed Nada, sans titre, huile sur toile, non daté. Musée d'Art moderne égyptien, Le Caire... 267

Avant-propos

Le 27 mars 2011, le Musée Mahmoud Moukhtar organisait une manifestation en l’honneur de l'artiste Ahmed Bassiouny (1978-2011), martyr de la Révolution, décédé à l’âge de 32 ans au cours du soulèvement du 28 janvier de la même année. Artistes, activistes et personnalités de la sphère culturelle cairote s'étaient précipités, à cette occasion, dans une salle aménagée au sous-sol du Musée. Tous étaient présents pour rendre hommage à Ahmed Bassiouny, jeune plasticien reconnu pour ses installations sonores et professeur assistant à la Faculté d'Education artistique de l’Université d'Helouan!. Après plusieurs témoignages éloquents de la part de ses collègues et amis et quelques récitations spontanées de poésie, une projection de photographies accompagnée d’un chant patriotique diffusait, en alternance, des images de la vie et l'œuvre de Bassiouny et du sculpteur Mahmoud Moukhtar (1891-1934), lui-même arrêté et incarcéré lors d’une autre révolution, celle de 1919.

Cette analogie entre un jeune artiste et militant contemporain et un sculpteur qui avait marqué le début du XX" siècle soulevait plusieurs questions: pourquoi se référait-on à cette période spécifique de l’histoire dans le contexte d’une révolution contemporaine ? Que nous révélait-elle de la relation entre art, politique et pratique artistique en Egypte? Quel rôle l'artiste égyptien avait-il joué dans les moments clefs de l’histoire moderne du pays?

Cet ouvrage est né de la volonté de comprendre les circonstances du développement d’une histoire de l’art moderne égyptien comprise entre 1908, année qui marque la création de l’Ecole des Beaux-Arts du Caire et le début de l’institutionnalisation de la pratique artistique, et 1937, date à laquelle l'Egypte accède à son indépendance et participe, pour la première fois, à la Biennale de Venise. Il entend mettre en lumière les acteurs et la

1 Au mois de juin 2011, la Biennale de Venise rendait hommage à Ahmed Bassiouny en exposant son installation vidéo intitulée 30 Days of Running in Place dans le Pavillon d'Egypte.

production d’un milieu artistique égyptien qui ont marqué cette période pour comprendre les fondements d’une culture visuelle considérée comme pionnière au point que les artistes égyptiens continuent à s’y référer aujourd’hui.

Tout au long de ma recherche, je me suis interrogée au sujet de ma propre positionalité : d’une part, en tant que chercheuse universitaire, formée en Europe et portant, de ce fait, tout le poids de la tradition académique orientaliste et, d’autre part, en tant que binationale (suisse-égyptienne), née et éduquée à Genève, en d’autres termes «une étrangère mais pas tout à fait». Jai ainsi tenté de faire de ma propre hybridité, de cette ambivalence qui implique constamment de se redéfinir, un atout méthodologique qui s'inscrit dans une démarche de déconstruction et de relocalisation du savoir.

Préface

Silvia Naef, Université de Genève

Je suis très heureuse de pouvoir préfacer le deuxième volume consacré à l’art moderne du Moyen-Orient paraissant dans la collection «Etudes culturelles et sociales sur le Moyen-Orient» chez Peter Lang. En effet, comme le précédent qui traitait de lessor d’une scène artistique en Iran, celui-ci est le fruit des recherches doctorales d’un petit groupe de chercheuses que j'ai pu accompagner depuis 2007-2008 et dont l'auteure, Nadia Radwan, a fait partie. Il est issu de sa thèse soutenue à l’Université de Genève en 2015, intitulée Une Renaissance des Beaux-Arts et des Arts appliqués en Egypte. Synthèses, ambivalences et définitions d'une nation imaginée (1908-1938) et codirigée par ma collègue Leïla El-Wakil et moi-même.

En comparaison avec d’autres pays de la région, la scène artistique égyptienne a reçu une majeure attention de la part des milieux académiques occidentaux et des ouvrages s’y référant sont parus ces dernières années, dont celui de Jessica Winegar, Creative Reckonings: the Politics of Art and Culture in Contemporary Egypr?, ou le plus récent de Patrick Kane qui se propose de lire le mouvement artistique à la lumière des courants politiques. Dans Modern Egyptian Art, 1910-2003, Liliane Karnouk donnait une vision d'ensemble de l’évolution de l’art moderne dans son pays“. Enfin, dans mon livre consacré à la modernité artistique dans le monde arabe, que je publiais en 1996, je consacrais un chapitre entier au premier pays du monde arabe où une scène artistique institutionnalisée s'était formée’.

1 Alice Bombardier, Les pionniers de la Nouvelle peinture en Iran, Œuvres méconnues, activités novatrices et scandales au tournant des années 1940, Berne, Peter Lang, 2017.

Cependant, Nadia Radwan est la première à avoir tenté de reconstruire dans le détail, à partir de matériel d'archives — notamment égyptien — encore inexploré, la période constitutive de l’art moderne en Egypte, qui est celle qu’elle définit comme allant de l’année qui voit l’inauguration de l'Ecole des Beaux-Arts du Caire (1908) à la première participation de l'Egypte, en 1937, à la Biennale de Venise. Elle nous livre des informations précieuses et documentées, qui n’étaient pas disponibles jusqu’à ce jour, sur la manière dont un intérêt pour les arts de type européen se constitue, et nous montre l'interaction indispensable entre des acteurs européens et égyptiens, généralement négligée par l’histoire de l’art nationale. Dans un chapitre spécifiquement consacré à ce sujet, elle retrace le rôle des femmes — dont celui de la célèbre féministe Hoda Charaoui — dans lessor d’un «amour de l’art», dans un parallélisme entre deux phénomènes de la modernité, l émancipation féminine et l'adoption de la pratique de l’art occidental.

Une des grandes originalités de cet ouvrage se situe dans la part que l'auteure consacre à la production artisanale, enracinée dans l’«art islamique», dont elle souligne la continuité. Elle fait ressortir les passerelles qui existent entre un art savant de modalité européenne et les efforts faits par de nombreux acteurs de la scène égyptienne pour maintenir vivant un savoir-faire que la production industrielle risquait de faire disparaitre, dans une sorte de version locale du mouvement Arts and Crafts. On peut par ailleurs remarquer que si l'introduction d’un art savant à l’européenne était surtout le fait de Français et d’Italiens, ce sont des Britanniques qui se sont préoccupés des arts locaux, un peu comme ils l’avaient fait dans le sous-continent indien avec la fondation de la Mayo School of Industrial Arts à Lahore en 18756, quoique moins efficacement dans la durée.

Enfin, Nadia Radwan nous fait revisiter les pavillons de l’ Egypte dans les nombreuses expositions internationales, depuis le 19?" siècle jusqu’à l'Exposition universelle de Paris en 1937, la première à laquelle l'Egypte participe en tant que nation indépendante. Par cela, elle parvient à nous faire percevoir à quel point la vision de soi et la vision de l’autre peuvent différer. En effet, alors que la présentation de l’Egypte sous domination

6 National College of Arts depuis 1958.

Préface 25 coloniale ne sortait pas des clichés orientalistes, dont la célèbre Rue du Caire créée pour les expositions universelles de 1889 à Paris et de 1893 à Chicago peut être considérée comme l'apogée, le pavillon égyptien de 1937 montre résolument le pays sous l’aspect de la modernité, ce que la présence d'œuvres de grands artistes contemporains comme Mohamed Naghi ou Mahmoud Saïd souligne. Ce n’est plus l’art islamique avec ses arabesques et ses calligraphies enchevêtrées qui représente la nation enfin devenue indépendante, mais un art occidental réapproprié et réinterprété par les premiers créateurs d’une modernité égyptienne.

Avec son ouvrage, Nadia Radwan parvient à situer lessor de l’art moderne égyptien dans le cadre plus général d’une culture et d’une époque spécifiques et nous permet ainsi d’en saisir les multiples enjeux. Elle nous montre comment se constitue un champ artistique nouveau dans un pays dont les pratiques relevaient d’autres conceptions et modalités, avant que les courants artistiques modernistes — dont le surréalisme récemment « redécouvert» est la première manifestation — ne finissent par s'affirmer”. Son livre constitue ainsi une pierre essentielle dans la construction de l’édifice d’une histoire de l’art égyptien moderne.

Genève, le 6 mai 2017

7 Une exposition a été consacrée par le Centre Pompidou à ce mouvement en 2016- 2017 : Bardaouil, Fellrath 2016. Cf. aussi Bardaouil 2017.

Remerciements

Nombreuses sont les personnes qui ont contribué à cet ouvrage et qui m'ont soutenue tout au long de la longue et passionnante aventure de ma thèse de doctorat, débutée en 2008. C’est grâce à leur confiance et à leurs précieux conseils que ce livre existe. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Leïla el-Wakil, qui a cru en moi en me et qui m’a transmis, au fil des ans, sa passion et son savoir dans le domaine du patrimoine culturel. Ma très grande reconnaissance va également à Silvia Naef, pour son soutien, la richesse de ses commentaires lors des différentes étapes de ce travail, ainsi que pour avoir créé un cadre institutionnel favorable à la recherche sur les arts visuels du Moyen-Orient à l’Université de Genève. De même, j'aimerais exprimer mes sincères remerciements à Mercedes Volait, dont les recherches ont été une source constante d'inspiration, pour son soutien et ses renseignements toujours éclairants sur l’art et l'architecture de l’ Egypte moderne. Je remercie également Kirsten Scheid pour les nombreux échanges qui ont nourri ma réflexion. Parmi les personnes rencontrées sur le terrain, celles et ceux qui ont généreusement partagé avec moi leurs archives familiales et leurs collections privées ont ici toute ma reconnaissance. Je pense à Eimad Abou Ghazi, Sanad Basta, Sophie Habib Gorgui, Nawal Hassan, Marion Charobim, Ikram Noshi et Suzanne Ramsès Wissa Wassef. Je tiens à exprimer ma gratitude à celles et ceux qui, en Egypte, ont pris le temps de s'entretenir avec moi et de répondre à mes questions sans compter leurs heures ; Mohamed el-Husseini el-Aqqad, Samir Gharieb, Ahmad Hamid, Adam Henein, Zeinab el-Seguini, Ahmed Fouad Selim, Mina Saroufim, Abdel Ghafar Shedid, Subhi al-Sharuni, Tarek el-Qawmi et Yousri al-Quwaydi.

Je suis également redevable aux membres du personnel des Archives nationales d'Egypte, ainsi qu’à celui de la Rare Books and Special Collection Library de l’Université Américaine du Caire, en particulier Ola Seif et Rana Kadry, pour leur disponibilité et leur professionnalisme. A l’Université de Genève, je remercie Dario Gamboni ainsi que mes collègues du département d'histoire de l’art. A l’Université américaine de Dubaï, j'ai eu la chance de côtoyer Woodman Taylor qui a élargi mes horizons sur l’art moderne et contemporain des pays du Golfe et de l’Asie du Sud. Ma reconnaissance va également à mes collègues de l’Université de Berne, en particulier Peter Schneemann, pour sa confiance et nos échanges toujours stimulants sur les pratiques artistiques contemporaines. Ce travail est aussi tributaire des relectures attentives et des réflexions d’Ibrahim Awad, Noémie Etienne, Jacques Fournier, Aline Schlaepfer et Jérôme Valette. Les membres de l’Association Culturelle Egypto-suisse, en particulier Gihane Mokhtar Brandt et Rachida Teymour sont chaleureusement remerciées pour leur bienveillance. Merci à Dimitri Montanini, qui partage sa vie avec ce livre depuis plus de deux ans, d’être mon pilier. Enfin, ma plus profonde gratitude va à ma famille; Lilo Radwan pour ses éternels encouragements, Samir Radwan pour m'avoir transmis son amour de l'Egypte avant de partager le mien et à Karim Radwan pour sa présence, sa constance et sa force tranquille.

Introduction

1. Les pionniers et la nahda

Les artistes qui nous intéressent ici sont communément désignés par le nom de «pionniers» (4/-ruwwad). Ce qualificatif renvoie au fait qu’ils sont les premiers à bénéficier d’une formation artistique institutionnalisée sur le modèle européen à la suite de la création de l’Ecole des Beaux-Arts du Caire en 1908!. Le terme reflète bien l’idée qui veut que l’art en Egypte soit né avec la création de cette institution’. Toutefois, comme nous le verrons dans le premier chapitre de ce livre, il existe déjà, dès la fin du XIXè™ siècle, des artistes égyptiens formés en atelier auprès d'enseignants européens. C’est pourquoi, en gardant à l'esprit qu’il existe des précurseurs aux pionniers, nous emploierons ce terme pour désigner cette première génération d'artistes qui, ayant bénéficié d’une formation institutionnelle dans le domaine des Beaux-Arts, débutent leur carrière dans les années 1920 et 1930.

Pour ces artistes, la notion de « Beaux-Arts » (4/-funun al-jamila), telle que définie par l’Europe, représente une innovation et sa pratique, un signe de progrès et de «culturation » (tathqif). Comme le démontre Kirsten Scheid dans ses études sur les arts visuels dans le contexte du Liban mandataire, la pratique des Beaux-Arts est alors considérée comme «un instrument civilisationnel de la modernité». C’est ainsi dans un contexte politique secoué par les luttes pour l’indépendance et l’émergence des nationalismes, que les pionniers égyptiens doivent se conformer aux exigences d’une modernisation pensée sur le modèle occidental tout en affirmant de nouvelles identités à travers leur pratique artistique.

1 La plupart des ouvrages sur la question débutent le récit du modernisme égyptien en 1908: Azar 1954; Naguib 1992; Al-Gabakhangi 1986; Al-Sharuni, Iskandar, AI-Malakh 1991.

3 Scheid 2007.

Leur pratique se définit par l'apprentissage de techniques et de genres européens, comme la peinture à l’huile, le paysage, le portrait ou le nu. Mais qu'en est-il des pratiques qui précèdent l'introduction des Beaux-Arts en Egypte et qui s'inscrivent dans la tradition des Arts appliqués (4/-funun al-sinaiyya), des arts décoratifs (a/-funun al zaghrafiyya) ou de l’artisanat (sina'a yadawiyya) ? Quelle place occupent les Arts appliqués et l'artisanat dans le cadre d’un renouveau artistique basé sur l’institutionnalisation du modèle des Beaux-Arts européens? Que nous apprend le dialogue entre Beaux-Arts, Arts appliqués et artisanat des notions d’art «mineur», d’art «majeur», d’individualité et de collectivité dans le contexte égyptien ? Cet ouvrage entend aborder ces questions afin d'offrir des pistes de réflexions quant à la place qu'occupent les Arts appliqués d’un point de vue théorique et pratique dans le renouveau artistique initié par les pionniers.

Bien qu’ils jouent un rôle de premier plan dans le développement de l’art moderne égyptien, les pionniers ont longtemps été — et le sont parfois encore — méconsidérés tant par la critique égyptienne qu'occidentale et leur production a souvent été sous-évaluée et incomprise. La littérature sur la question leur reproche leur appartenance à une élite cosmopolite tournée vers la culture européenne‘. Par conséquent, leur production est réduite à l’«imitation» des modèles européens’, ce que Partha Mitter a appelé le «syndrome du Picasso manqué» pour désigner le discours dominant d’une histoire de l’art occidentale qui exclut les modernismes qui se développent en périphérie des «centres» de production artistique. Leur production étant parfois qualifiée de «mauvais académisme » ou encore d% impressionnisme de mauvaise souche »’, l’adhésion de ces artistes à des mouvements qui sont perçus comme dépassés au même moment en Europe est alors imputée à l’importation tardive des modernismes par les artistes périphériques. Ce critère temporel apparaît toutefois très relatif dans une analyse qui se concentre ici sur la manière dont se sont développés les arts visuels modernes

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