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De l'église dans le passé, dans le présent et dans l'avenir

C. Massiot · 1878 · Scanned text · Free in the US

113,689 words · about 7 h 58 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
C. Massiot
Language
French
Published
1878
Length
113,689 words · about 7 h 58 min
Sections
30 reader sections
Text
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Rights
Public domain in the United States · PD-US by publication date

 

Contents (30)
  1. Front matter about 5 min
  2. II A la fin des deux premières économies about 2 min
  3. IV Si TÉconomie chrétienne doit finir ? about 1 min
  4. Introduction under 1 min
  5. VI Le terrible jugement ! about 42 min
  6. VIII about 6 min
  7. IX about 1 h 55 min
  8. XI about 49 min
  9. XII about 14 min
  10. XIII about 2 min
  11. XIV about 5 min
  12. XV about 4 min
  13. XVI about 2 h 21 min
  14. XVIII about 4 min
  15. XIX about 3 min
  16. XX about 1 min
  17. XXI about 6 min
  18. XXII about 6 min
  19. XXIII about 2 min
  20. XXIV about 3 min
  21. XXV about 1 min
  22. XXVI about 7 min
  23. XXVIII about 5 min
  24. XXIX about 2 min
  25. XXX about 1 min
  26. XXXI about 2 min
  27. XXXII about 6 min
  28. XXXIV about 2 min
  29. Conclusion about 38 min
  30. Table Des Matières about 3 min

Continue:

Front matter

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II A la fin des deux premières économies

Un jugement; dont un petit nombre est sauvé;

Avant le jugement, un message.

Le jugement, sur les hommes qui n'ont pas servi Dieu selon la loi de leur dispensation.

Le message, pour les avertir, et leur préparer, s'ils se convertissent, un moyen d'échapper.

A la fin de la première dispensation, le Déluge.

Pourquoi? . Parce que'toute chair avait corrompu sa voie, parce que les hommes avaient tous dévié de la loi de pureté, de justice et de miséricorde écrite dans leur conscience .

A la fin de l'économie naturelle, un cataclysme naturel ; un déluge d'eau qui engloutit la terre et tous ceux qui l'habitent.

Mais, avant le jugement,

Un ministère de miséricorde, la prédication d'Énoch et de Noé.

Un moyen de délivrance, l'Arche, dans laquelle sont sauvés Noé et sa famille.

A la fin de la seconde économie, la destruction de

INTRODUCTION. VII

Jérusalem par les Romains et la dispersion des Juifs dans toutes les nations de la terre.

Pourquoi?

Parce que ce peuple, avec lequel Dieu avait fait alliance, auquel Dieu avait donné sa loi et les ordonnances de son culte, au lieu d'amener les nations à la connaissance et au culte du seul vrai Dieu, — c'était son privilège, sa mission, sa raison d'être, — avait abandonné Dieu et son culte, pour adorer les idoles des nations ; parce que, ayant commencé par adorer le veau de fonte, au pied du Sinaï, ce peuple avait fini par acclamer Barabbas et César, et par mettre à mort son Messie, au Calvaire !

A la fin de l'économie nationale, un cataclysme national ; un déluge de nations qui engloutit la cité sainte et le peuple.

.Mais, avant le jugement, un ministère de miséricorde, introduit par Jean-Baptiste, manifesté par Jésus-Christ, proclamé par les apôtres.

Un moyen de salut, la foi en leur Messie, par laquelle est sauvé un petit nombre d'Israélites qui croient en Jésus-Christ, et forment le noyau de l'Église.

L'Économie chrétienne, elle aussi, doit-elle donc finir?

Et finir bientôt ?

VIII INTRODUCTION.

Et finir, elle aussi, par un cataclysme?

Et, auparavant, devons-nous aussi attendre un ministère de miséricorde et un moyen de salut?

Gravés questions, admirablement traitées, et magistralement résolues dans ce beau livre, que, du fond de sa tombe, ou plutôt du sein de Christ où il repose, l'auteur adresse, comme un dernier gage de son immense amour, à ses frères de toutes les communions chrétiennes.

IV Si TÉconomie chrétienne doit finir ?

Pour en juger sainement, nous n'avons qu'à jeter un coup d'œil rapide sur la condition générale de l'Église, aux vives clartés de la révélation de Dieu.

La chrétienté, ce grand corps des nations baptisées, a-t-elle répondu à la vocation de l'Église de Christ ? en a-t-elle accompli la mission?

Les nations chrétiennes sont-elles un, comme, en Dieu, le Père et le Fils sont un ? Par leur unité évidemment surhumaine, ont-elles donné au monde le témoignage qu'elles devaient lui donner, que Jésus- Christ est l'envoyé de Dieu? Les juifs sont-ils excités à la jalousie par l'humilité, par la sainteté, par la charité, en un mot, par les effets de la grâce de Dieu parmi les c hrétiens ?

L'Église a-t-elle cherché à soumettre le monde à Christ, sans violence, sans persécution, rien que par

INTRODUCTION. IX l'influence du Saint-Esprit? a-t-elle maintenu sa divine position, sans se laisser entraîner par des passions humaines, par des courants terrestres? a-t-elle persévéré dans l'espérance qui purifie, dans l'espérance de l'avènement de Jésus-Ghrist, et dans une sainte préparation pour lui être présentée vierge, chaste et pure, libre de toute alliance profane? S'est-elle abstenue de toute velléité d'anticipation sur les temps et les moments qui ne dépendent que du Père; de tout effort pour établir par son zèle et sa puissance le royaume, qui ne sera introduit que par le retour de Jésus-Ghrist en gloire ?

Ouvrons ses propres annales. Nous y trouvons, hélas! en permanence la discorde, la persécution, la révolte, la guerre !

L'Europe chrétienne sent, aujourd'hui même, que le volcan gronde, que le sol tremble, que les fondements chancellent, qu'un cataclysme approche! Et la voix de plus en plus hautaine de l'incrédulité, au sein des nations baptisées, annonce que la fin de l'économie chrétienne est imminente.

L'imminence de la fin!

Notre auteur la démontre

Par les analogies ; et elles sont frappantes !

Par les signes des temps, et ils sont nombreux !

Par les nombres scripturaires ; et les monuments

Introduction

historiques en justifient l'interprétation , et en attestent la précision et la véracité ;

Par la théorie même de saint Pierre, à l'exemple et sur l'autorité duquel nous avons reconnu dans les six jours de la création un symbole des six millénaires de la complète évolution du plan de Dieu.

VI Le terrible jugement !

Du drame final, la Révolution française a été le premier acte ;

Le règne de l'Antéchrist sera le dernier.

Le terrible jugement!

C'est la série de ces tremblements de la terre chrétienne, de plus en plus profonds et vastes ; qui bouleversent, et qui finiront par engloutir toutes les institutions de l'Église et de l'État. Écoutez plutôt ! L'orage , à mesure qu'il se rapproche , augmente d'horreur et d'intensité.

« Au début, la haine se concentrait dans une seule nation ; maintenant, elle envahit tout. 93, en France, n'a été que l'ombre de l'épouvantable tragédie qui aura toute la chrétienté pour théâtre ; à cette différence près, que le 93 de France n'a été qu'une explosion de fureur populaire, et que le 93 européen sera l'œuvre des rois et d'une méchanceté systématique. »

Le terrible jugement !

INTRODUCTION. XI

Comme saint Pierre Ta prédit, le jugement commence par la maison de Dieu, c'est-à-dire, par la •chrétienté appelée à être l'Église de Christ.

Et pourquoi ce terrible jugement?

Parce que nous avons péché ; parce que nous, les baptisés, comme les antédiluviens et comme les juifs, nous avons beaucoup dévié de la loi de notre dispensation.

Oh ! le péché de l'Église !

Est-ce l'unité rompue ?

Est-ce la corruption de la doctrine ? La corruption du culte ? La corruption des mœurs ?

Est-ce l'anticipation dérisoire et sacrilège du royaume?

Est-ce l'oubli, la perte, la négation même de l'espérance chrétienne ?

Est-ce la suspension de tout progrès dans le corps de Christ, depuis des siècles ?

Hélas! oui, c'est tout cela!

Mais tout cela n'est qu'une conséquence et une punition du péché de l'Église.

Son péché, notre péché, le voici :

Royaume de Dieu en mystère, l'Église avait pour mission d'en conserver intact, et d'en présenter incessamment le divin modèle aux nations ;

XII INTRODUCTION.

Un modèle parfait d'ordre, de paix, de justice et d'amour, et de bien-être, môme temporel ; selon cette belle parole de l'Apôtre : « La piété est utile à tout. Elle a les bénédictions de la vie présente, et les promesses de la vie à venir ; »

Et, par l'influence du modèle et de ses heureux effets, d'attirer progressivement les nations vers l'idéal du royaume, et d'en préparer ainsi la voie.

Vierge pure, fiancée au Seigneur, elle devait, pendant son absence, lui garder sa foi ; attendre patiemment son retour; l'appeler et le hâter de tous ses vœux, et l'annoncer au monde entier comme l'unique objet de son espérance, le terme de tous ses maux, le signal de la paix universelle, et d'une éternelle félicité.

Mais, par un acte d'abdication sacrilège, l'Église est descendue au rang des puissances de la terre. Elle en a servilement copié la constitution, après avoir de ses propres mains déchiré la sienne ! Elle en a pris les titres et les armes ; elle en a mendié les honneurs et les trésors, en échange de son indépendance et de ses augustes prérogatives. Du trône des cieux elle s'est précipitée au trône des Césars.

Voilà son péché ! — Le péché que le Saint-Esprit lui reproche en des termes énergiques de blâme et de condamnation ; non pas toutefois sans l'inviter encore à la repentance.

Lisez ces pages solennelles et si tendres, où ce péché de l'Église est décrit, non assurément par un ac-

INTRODUCTION. XIII cusateur, qui, du haut de son orgueil sectaire et pharisaïque, dénonce et maudit !

Oh non!' C'est un ami, c'est un frère doux et humble, qui gémit et pleure avec nous. Ce péché est le sien, le nôtre. Il comprend et il confesse notre commune solidarité.

C'est un ami, un frère qui comprend, pour l'avoir éprouvé lui-même, ce qu'on souffre d'angoisses, ce qu'on exhale de soupirs, ce qu'on fait d'efforts dans la captivité spirituelle, quand on veut rompre les anneaux de la lourde chaîne qui nous étreint, et sortir de Babylone !•

C'est un fils bien né, qui sait reconnaître tout ce qu'il doit à l'Église notre mère ! Un fils, dont la tendresse n'a point égaré le jugement, et dont le zèle n'a diminué ni sa vénération ni sa tendresse pour elle. C'est un fils éploré, qui se jette aux pieds de sa mère, plaidant avec elle et pour elle, avec les élans de l'amour filial le plus ardent et le plus pur. '■

Charitable médecin, il ne soulève, d'une main pieuse et discrète, le voile qui couvre la plaie, que pour y verser le baume qui soulage, que pour y appliquer le remède qui guérit.

VIII Le remède ?

Oui, le remède.

L'analogie, quand il n'y aurait qu'elle, nous permettrait, à elle seule, de conclure que Dieu fait ac-

XIV INTRODUCTION.

tuellement pour son Église une œuvre qui corresponde

A celle de Noé, pour les antédiluviens ;

A celle de Jésus et de ses apôtres pour les juifs ;

Et que Dieu accorde à son Église çn moyen de salut, qui corrosponde

A l'Arche de Noé ;

Au baptême de la repentance.

Or, cette œuvre, ce moyen de salut, c'est le rétablissement des ministères, et la manifestation des dons du Saint-Esprit»

C'est la restauration finale de l'Église.

Voilà le sommaire de ce magnifique traité.

IX

Que dire maintenant du livre en lui-même, qui ne soit infiniment au-dessous de son incontestable valeur?

A part l'importance exceptionnelle du sujet,

Où trouver une alliance plus réelle et plus intime d'exquises qualités, qui sembleraient s'exclure; plus d'élévation et de simplicité, plus de savoir et de modestie ; plus de force et de douceur ; plus d'intransigeance pour les principes, et de condescendance pour les personnes?

Où trouver une exposition plus claire, une forme plus précise et plus nette de certaines vérités, si em-

INTRODUCTION. XV brouillées par les contradictions des théologies rivales ?

Exempt des aridités du dogmatisme, des subtilités de Técole, et surtout du venin de la polémique sectaire, ce beau livre se recommande par un accent de franchise et de vérité qui va droit au cœur, et par une sincère charité, — la vraie charité chrétienne 1 — dont on respire le souffle vivifiant et pur à toutes les pages.

X

Eijfin , pour en donner une idée complète en peu de mots, ce livre, dont nous sommes heureux de publier la première traduction dans notre langue,

C'est une admirable synthèse de l'histoire de l'Église ;

Un hymne solennel aux grandeurs de sa vocation ;

Une lamentation sur la profondeur de la chute, sur le progrès et le terme fatal de sa décadence ;

Un chant d'actions de grâces pour l'œuvre de sa merveilleuse restauration en ces derniers jours ;

Et comme le prélude harmonieux de l'éternel cantique de sa délivrance !

Vivant, l'auteur ne parlait que dans une étroite enceinte, et à un petit nombre de ses compatriotes;

XVI INTRODUCTION.

Mort, non*seulement il continue de parler, — defunctus adhuc loquitur l — mais il parle à un auditoire immense, au Royaume-Uni, à l'Allemagne, au Danemark, à la Hollande, à la France maintenant, et bientôt à l'Europe entière et aux deux mondes.

Paris, avril 1878.

C. Massiot.

DE L'ÉGLISE

DANS LE PASSÉ, DANS LE PRÉSENT

ET DANS L'AVENIR

PREMIÈRE PARTIE

LA VOCATION DE L'ÉGLISE.

i Le conseil de l'Éternel subsistera toujours, et les desseins de son cœur d'âge en âge. » (Ps. xxxin, ii.)

I

Que veut un homme qui cherche le bien-être de sa maison?

Il veut que sa femme, ses enfants et ses serviteurs pensent comme lui, le comprennent et l'assistent dans l'accomplissement de ses desseins. Et ce qui l'afflige et l'irrite le plus, n'est-ce pas de voir femme, enfants et serviteurs, ignorants, inintelligents ou revêches, gâter ses plans, traverser, entraver tous ses projets ?

Le dessein de Dieu, sa pensée de toute éternité, c'est vn/. ^.

i

LA VOCATION DE L'ÉGLISE.

Ps. II. 1. à ; xxxiii.

Ps d'établir son royaume sur la terre. Sion est sa demeure cxxxu. prédestinée, son repos désiré, t Elle est mon repos à per-

pétuité ; j'y résiderai, car je l'ai chérie ! » ps. h. 6. L e conseil de l'Éternel, c'est de sacrer son Fils roi sur la sainte montagne de Sion, et de lui donner les nations pour son héritage, et pour sa possession tous les bouts de la terre.

L'œuvre de Satan, l'adversaire de Dieu, c'est d'empêcher, «o. s'il est possible, l'accomplissement de ce dessein. Les rois de la terre aussi, les gouverneurs et les peuples, ensemble conjurés, s'y opposent ; ils prennent conseil sur les moyens de l'empêcher. Encore, s'il n'y avait qu'eux ! mais l'Église elle-même, faute de l'avoir bien compris, l'entrave singulièrement depuis des siècles.

II

Dans sa prière, le fidèle dit à Dieu : « Que ton règne arrive 1 » Et quiconque lit avec foi les saintes Écritures croit E*a.xi.o. que « la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer, des eaux qui le couvrent. »

Mais quand et comment viendra le royaume ? Là-dessus, les idées des hommes diffèrent entièrement des idées de Dieu.

Le royaume ? — On croit communémen t' qu'il est déjà venu ; qu'il n'a plus qu'à s'étendre ; et que c'est dans la dispensation présente que la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel.

L'Église ? — On rêve que, malgré sa condition actuelle de schisme, d'impureté, d'ignorance et de corruption, elle peut, moyennant certaines manifestations de la grâce et de la puissance de Dieu, se relever elle-même ; que toutes les divisions, toutes les héfesies vont disparaître ; que tous les

LA VOCATION DE L'ÉGLISE.

baptisés vont redevenir un peuple uni, juste et saint ; que les Juifs, si longtemps obstinés, vont s'absorber dans l'Église, et que toutes les nations païennes suivront leur exemple. C'est la foi explicite de l'Église romaine ; c'est l'espérance des Grecs, et l'attente plus ou moins vague des protestants.

Le comment ?

Pour l'Église romaine, c'est la soumission universelle à l'autorité du pape ; pour les Grecs, c'est le triomphe universel de l'orthodoxie ; pour les protestants, c'est l'extension universelle de la vérité, — de ce qu'ils croient la vérité.

Le globe lui-même ? — On pense qu'au second avènement du Seigneur, il sera détruit par le feu ; que les justes iront dans un ciel, quelque part, bien loin ; et les méchants, dans un enfer à égale distance ; et qu'ainsi finiront ensemble et la terre, et le royaume de Dieu sur la terre.

L'époque du second avènement? — On l'ajourne à des millions d'années.

Mais sur tous ces points, voici les déclarations de l'Écriture :

1° Dans les deux dispensations précédentes, les hommes ont failli; dans la nôtre, il en sera de même. Les baptisés se détourneront de Dieu ; ils tomberont dans la condition actuelle ; puis, de chute en chute, dans une apostasie presque universelle, qui aura pour chef l'homme de péché, en révolte ouverte contre Dieu. Alors, Christ en personne viendra détruire l'Antéchrist et son parti, et prendre Je royaume. Et alors les Juifs, rétablis dans leur terre, se convertiront ; les nations aussi ; et a toute la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel. »

2° Le dessein de Dieu sur ce monde, c'est non de le détruire, mais de le racheter. Purifié par le feu, et renouvelé, il existera éternellement ; et c'est là que sera le trône de Dieu et son royaume.

LA VOCATION DE L ÉGLISE.

3° Et l'époque du second avènement est prochaine, — « Bientôt. »

Avant d'entrer dans le développement de notre sujet, il est nécessaire d'affirmer certains principes, que le monde est sur le point de renier ouvertement. Les voici :

Il y a un seul Dieu, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, trois personnes, un seul Dieu.

Dieu a voulu être révélé, être vu et connu dans l'homme Jésus-Christ.

Et tout ce qu'on peut connaître de Dieu, on le connaîtra

par ses communications dans l'homme et avec l'homme.

Et la demeure de l'homme, ce sera la terre.

Dieu est un esprit invisible et incompréhensible. Visible

toutefois en son Fils Jésus-Christ, c'est en lui qu'il est

connu et dans son corps mystique, l'Église.

Dieu est l'auteur de tout ce qui existe. De lui seul toute vie et toute bonté procède et continue.

A lui toute créature doit adoration, révérence, amour, dévouement, soumission et service.

Dieu seul est bon. Aucune créature n'est bonne que de la bonté qu'elle reçoit de lui, et qu'elle continue d'en recevoir, tant que, par la foi, elle dépend de lui à cette fin. Enseigner cette leçon, voilà le grand objet de tout ce qui est arrivé dans la création, la chute et la rédemption de l'homme; le grand objet de toutes les communications subséquentes de Dieu avec l'homme. Dans son amour infini. Dieu veut rendre heureuses toutes ses créatures ; il vent les remplir de toute bonté, selon leur place dans la création ; et quelques-unes d'entre elles, non-seulement de bonté, mais aussi de sagesse, de puissance, de domination et de gloire. Mais pour les préserver toutes de l'orgueil, cause du premier péché, il veut qu'elles sachent, qu'elles soient convaincues que rien de tout cela, ni l'être, ni la vie, ni la

LA VOCATION DE L'ÉGLISE.

bonté, ni la sagesse, ni la puissance, ni la domination, ni la gloire, ne vient de la créature ; que tout cela vient de lui et de lui seul, et que tout cela dépend de sa volonté. Voilà, en partie, du moins, ce que doivent apprendre toutes les créatures, tous les anges, archanges, trônes, dominations, principautés et puissances ; toutes les armées des cieux, tous les habitants de la terre. Gomment ? En contemplant les communications de Dieu dans l'homme, par l'homme, et avec l'homme.

Et la demeure de l'homme, c'est la terre, — à toujours* Esa. «.*.

S'il faut que le mystère de la Très-Sainte Trinité soit Apoc . compris; XXI ' cl

S'il faut que le caractère de Dieu soit révélé dans toutes ses perfections ;

S'il faut que cette vérité capitale : Dieu seul est bon, soit mise en évidence et hors de contestation ;

S'il faut que le culte soit rendu à Dieu le Père;

S'il faut que l'amour vrai, la révérence, le dévouement, la soumission et le service soient rendus à Dieu, et témoignés par la créature, afin que tous l'imitent et fassent de même ;

S'il faut que le vrai gouvernement de Dieu en sagesse et en justice soit manifesté ;

C'est dans l'homme que tout cela doit être fait ; c'est dans l'homme que tout cela doit être vu.

De toute éternité, Dieu a pensé à mettre un prêtre sur zach. vi.

son trône en la terre. p s . ê*.

Quand on verra l'homme Jésus-Christ sur le trône et les vingt*quatre anciens: sur leurs trônes, et les quatre animaux au milieu du trône, gouvernant et administrant pour Dieu, et dirigeant vers lui le culte de la création tout entière ; le cuite non-seulement des hommes, mais des anges, — des anges qui environnent le trône, quand les hommes sont sur le trône; — alors toutes les armées des cieux, toutes les créatures, sur la terre et sous la terre, apprendront à aimer, à craindre, à adorer, à servir l'éternel Dieu tout-puissant.

C'est pour être connu, aimé, adoré par les anges et les hommes, que Dieu a fait l'homme, et qu'il a établi la demeure de l'homme sur la terre. C'est l'Église qui remplira la création de sa louange. De tous les points de cette immense création, tous les yeux seront tournés vers Dieu sur la lerre, vers ce qu'il fait sur la terre et de la terre, pendant toute l'éternité.

Supposer que Jésus-Christ soit un exemple pour les hommes seulement, c'est une erreur. Qui a le premier, par orgueil, outragé Dieu? Qui a refusé de lui rendre le culte et l'obéissance ?

C'est Tange ; et, après l'ange, l'homme.

Jésus-Christ est venu dans le monde, pour révéler le Père ; pour montrer tout ce qu'il est, tout ce qui lui est dû; pour enseigner aux anges et aux hommes à lui rendre ce qui lui est dû, et pour leur en donner le moyen. C'est pour cela qu'il est venu, et qu'il reviendra. Et quand il sera revenu, et qu'il aura fini son œuvre, la nouvelle création, les nouveaux cieux et la nouvelle terre, il habitera sur cette terre éternellement. Tous les esprits auront les regard s éternellement tournés vers la terre. Car la révélation de Dieu n'est point chose qui passe; elle existera éternellement. Le culte de tout l'univers dirigé par l'Église n'est point chose qui doive finir; il durera toute l'éternité, et cela, sur la terre. Car en quelque « lieu » que soit le trône du Seigneur avant ou durant le millenium ; quand le des- Apoc. sem de Dieu sera entièrement accompli, « le tabernacle 3 * de Dieu sera avec les hommes » et la sainte cité, la nouvelle Jérusalem sera sur la terre, et « le trône de Dieu et

LA VOCATION DE L'ÉGLISE.

de l'Agneau sera en elle ; ses serviteurs verront sa face, et ils régneront aux siècles des siècles. »

La sainte cité, c'est l'Église glorifiée; sa haute vocation, c'est d'être l'habitation de Dieu, sa demeure. C'est de l'Église, aussi bien que de la Sion et de la Jérusalem terrestre, que Dieu a dit : « C'est ici mon repos à perpétuité ; j'y « résiderai, car je l'ai chérie. »

Voilà ces deux Jérusalem, Tune terrestre, l'autre céleste, dont nous désirons parler ; car ce sont les choses que l'Église a oubliées, ou perverties, ou anticipées. Ses membres ont oublié, comme rois, leurs trônes ; comme prêtres, leurs encensoirs; ou bien ils se sont imaginé qu'ils devaient les prendre avant la résurrection. L'épouse a oublié l'avénement de l'époux et le jour de ses noces ; mais l'époux n'a oublié ni son épouse ni le jour de ses noces. Dieu, non plus, n'a pas oublié son dessein.

Et maintenant le temps est bien proche. On entend de nouveau dans l'Église la voix de l'époux invitant l'épouse à se réveiller. On entend la voix du Seigneur invitant ses prêtres-rois à se préparer, car le royaume est tout près de venir. On est à la veille de cette grande bataille qui doit maintenir le droit de Sion, et décider à qui appartient ce xxxtv %. royaume, et qui doit régner sur la terre. Le Seigneur n'a pas moins à lutter contre ceux qui, par anticipation, usurpent ce gouvernement, que ce soit Babylone ou l'Antéchrist; et contre ceux qui refusent d'obéir à ce gouvernement, que ce soit sous sa forme imparfaite et en mystère, telle que maintenant dans l'Église, ou bien sous sa forme parfaite et en gloire, telle que bientôt, dans la journée qui approche.

Au risque de fatiguer le lecteur, en répétant ce que tout

L\ VOCATION DE L'ÉGLISE.

chrétien sait, ou doit savoir, il faut, pour plus de clarté, donner une esquisse de ce que les saintes Écritures nous révèlent concernant le royaume de Dieu.

Le dessein de Dieu, avant môme la fondation du monde,

Ephes. i. '

21. était de se manifester lui-môme en Christ, le Verbe incarné °i6. '* dans la vraie nature de l'homme, et de rétablir sur toutes l m. l Vu * es œuvres de ses mains.

Dieu créa aussi les anges, grands et puissants esprits, et leur assigna leur rang, quelques-uns au-dessus dès autres en pouvoir et en autorité.

Par orgueil, un de ces esprits se révolta contre Dieu, re- \\kT' f usan t d'obéir à sa volonté, probablement au sujet de la suprématie de l'homme sur toutes les créatures, et sur lûi- « v. 4i. même; et des légions d'esprits suivirent son exemple (1). »i P .°9. Dieu créa la terre, et de sa substance il forma toutes les créatures terrestres, et le corps de l'homme, qu'il établit chef responsable. Roi du monde et des créatures, tout fut mis sous sa dépendance pour le bien ou le mal, pour se maintenir ou tomber avec lui, pour être béni avec lui, ou maudit avec lui.

Le dessein de Dieu était qu'au temps marqué, son Fils

se fît homme, en prenant la vraie nature de l'homme, et

qu'ainsi l'homme fût élevé à la haute position que Dieu

lui avait originellement destinée.

Mais Satan, l'ange déchu, résolut d'entraver le dessein

(1) Loin de nous la théorie, simple variante du Manichéisme, d'après laquelle Satan ne serait pas un ange, mais une essence, l'essence du mal, existant de toute éternité, par elle-même, ou par création. Satan n'est pas une essence, mais une personne. II n'existe point par lui-même. Il n'y a qu'un EL ; c'est Dieu. Dieu n'a point créé d'êtres mauvais. Et cela fût-il possible, notre argument n'en souffrirait aucune atteinte. Satan n'en serait pas moins le premier pécheur, l'orgueilleux, le rebelle et l'antagoniste de Dieu.

LA VOCATION DE L'EGLISE. 9

de Dieu; de soumettre à sa puissance l'homme et la créa- Gen - ,,|J *

A.DOC

tion terrestre. Sous la forme du serpent, du dragon, il «.s*, s'approcha d'Eve, et la tenta de désobéir à Dieu. Eve tenta *°zl %im Adam, et sur Adam, par Eve, Satan prévalut.

Ces deux mensonges, auxquels Satan dut sa victoire, ruinaient tous les principes que Dieu désire par- dessus tout inculquer à ses créatures, et que nous avons établis dans le préambule ; savoir « que Dieu est bon; que lui seul est bon; et qu'aucune créature ne peut être bonne, sinon par lui. » Satan attaqua ces principes. Il dit : « Dieu n'est pas bon ; il est envieux et jaloux. S'il vous défend de manger du fruit de cet arbre, ce n'est pas que cela vous soit nuisible et funeste dans votre condition présente; mais il a peur que vous ne deveniez semblables à lui (Elobim). Vous pouvez être bons et sages sans lui ; pour être indépendants de lui, vous n'avez qu'à manger du fruit de cet arbre. » Subtile imposture, bien digne du père du mensonge! Elle attaquait la racine de toute foi, de toute dépendance. Réfuter ces deux mensonges, tel, depuis lors, a été l'objet de toutes les relations de Dieu avec l'homme.

1° Loin d'être jaloux, que nous soyons semblables à lui, c'est précisément pour accomplir son dessein primordial, 2 pierre pour nous faire c participants de la nature divine,» et { l ' ie&ll « semblables à lui, » qu'il a envoyé son Fils et son Saint- "• |- v Esprit.

2° Il a fait et il fera voir que tous ceux qui ne vivent point par la foi et sous sa dépendance, deviendront fous, 2 cor. iv. méchants et maudits.

Ainsi, donc, Adam et Eve ont péché ; ils n'ont pas cru : ils ont désobéi, et ils sont déchus ! Satan a obtenu la domination et la puissance sur l'homme, sur le monde entier, sur toute créature dépendante de l'homme. Il est devenu « le Dieu de ce monde; » « son prince; » « le prince de la 30.

J5ph. u. puissance de Pair ; » « le gouverneur des ténèbres de ce

z.

Eph. vi. monde. » Là nature de l'homme s'est corrompue et assujettie à la loi du péché et de la mort. La malédiction est venue sur la femme; elle a été condamnée à enfanter dans la douleur, à subir l'autorité de l'homme. La malédiction est venue sur l'homme ; il a été condamné à la douleur, au travail et à la mort.

lies créatures elles-mêmes sont tombées sous la malédiction ; et la terre a été maudite à cause de l'homme. L'homme a été banni de la présence de Dieu et du jardin de délices, où il conversait avec Dieu.

Le dragon crut avoir triomphé.

Mais le dessein de Dieu envers l'homme ne pouvait pas échouer de la sorte. 11 resplendit, au contraire, d'un éclat plus vif que jamais. Dans sa bonté, Dieu réussit, malgré la chute, à poursuivre son éternel dessein de se révéler dans la nature de l'homme ; et môme de la chute il se fit le moyen d'accomplir ce dessein et de manifester sa grâce. A la chute il avait pourvu. L'Agneau était « immolé dès la fondation du monde. »

Assurément, Dieu pouvait envoyer son Fils incarné dans la nature humaine, et l'établir sur les œuvres de ses mains, sans l'intervention de la chute; mais toutes ses créatures, anges et hommes, auraient ainsi perdu la moitié de la leçon que Dieu veut leur apprendre. Son caractère, au lieu d'être pleinement révélé, ne l'eût été qu'en partie; et surtout, on ne saurait trop le redire, car c'est la clef de toute la théologie, il n'aurait pas été prouvé que a Dieu seul est bon ; » que nul ne peut être bon, heureux, puissant, capable d'aucun bien, à moins de vivre sous la dépendance de Dieu ; de recevoir tout de lui; de sentir qu'on reçoit tout de lui ; que lui seul est digne; et qu'il faut absolument ou dépendre de lui, ou périr. L'orgueil avait gâté l'œuvre de Dieu dans

LA VOCATION DE L'ÉGLISE. ii

le ciel ; l'orgueil avait introduit la lutte et la confusion dans les lieux célestes. L'orgueil a gâté la bonne création de Dieu sur la terre. Il faut une barrière à l'orgueil ; autrement il n'y aurait ni paix ni stabilité dans la création. Plus Dieu fait pour sa créature, plus grand est le danger. Il faut donc, une fois pour toutes, arrêter T'orgueil. Le moyen? Il n'y en a qu'un; la création, la chute et la rédemption de l'homme. Il faut que l'homme, appelé à la domination universelle, tombe le premier. Il faut qu'il connaisse le premier son propre néant ,* qu'il sache que lui n'est rien ; moins que rien ; et que Dieu est tout. Grande leçon ! Ceux qui refuseront de l'apprendre, ceux-là mêmes en seront une éternelle démonstration; ce sont eux qui, dans l'enfer, marqueront le degré où le plus élevé peut déchoir, s'il ne renonce à l'orgueil et à la désobéissance. De l'étang de feu, préparé pour les enfants d'orgueil, le premier habitant ne sera pas ce premier, en qui l'orgueil a pris naissance ; ce ne sera pas l'ange, mais l'homme. L'homme, en toutes choses, aura la prééminence. « Le roi sur tous les Jo b xu . enfants d'orgueil, » avec le faux prophète qui l'assiste 34 * dans son œuvre, sera jeté dans l'étang de feu mille ans avant celui qui le premier a péché par orgueil. Ceux, au a p°J* contraire, qui l'apprennent, régneront éternellement sur le trône. Et les anges, de qui apprendront-ils ce qu'il en est de la dépendance, et ce qu'il en est de l'orgueil? De qui? Tout à la fois de ceux qui seront jetés dans l'étang de feu, et de ceux qui régneront sur le trône.

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