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A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne.
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TOME PREMIER D E i_, A
VI LL E DE ) v LYOn7 PARIS
heKtrÎVlon, imprimeur-éditeur
10, RUE GARAXCIÈRE
Tous droits réservés
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Nous poursuivons cette œuvre dont nous avons fait un des buts de notre vie littéraire , et qui consiste à éclairer, par la publication de Mémoires et de documents originaux, authentiques, contemporains, — suivant la méthode critique inaugurée par Augustin Thierry , qui a renouvelé l’histoire, et sera un des honneurs du siècle, — cette période si importante, encore si mal connue, qui étend de Louis XIV à Napoléon ses flots troublés par de si grands souffles de passions et d’idées. Cette période, qu’on nomme le Dix-huitième siècle > bornée à ses deux extrémités par le lit olympien où le grand Roi s’étonne de mourir et l’échafaud où Louis XVI s’étonne de monter, est celle où, de la Régence à la Révolution, naît, grandit et triomphe, sur les ruines du monde ancien, le monde nouveau dans lequel nous vivons. De ces rapports organiques, intimes fet profonds entre un siècle transitoire et régénérateur et celui qui lui a succédé, proviennent, s’excitant et s’aiguillonnant sans cesse mutuellement, la prédilection de l’historien et du moraliste, acharnés à fouiller jusqu’au tuf ces problèmes de nos origines intellectuelles, artistiques et politiques, et la curiosité, mêlée de sollicitude et de sympathie, de ce public qui sent bien qu’on touche à ses ancêtres.
C’est ce double sentiment des devoirs de tout homme qui aspire à mériter l’honneur du titre d’historien, et de la préoccupation publique, de plus en plus tournée vers A siècle initiateur qu’on a vu envoyer, disait Joseph de Maistre, jusqu’au bout du monde ses philosophes et ses marchandes de modes, qui a inspiré nos travaux antérieurs depuis la publication des Philip - I. a
Préface
piques , digne histoire d’un temps qui ne mérite que la satire, jusqu’à celle du curieux, savant et malin Journal de Mathieu Marais , bientôt suivi des Considérations et des Portraits de Sénac de Meilhan, des Mémoires sur le Temple de Marie- Thérèse de France, enfin de la Correspondance complète de madame du Deffand. Ce sont là les lignes de circonvallation préliminaire, les tranchées arides mais non stériles creusées autour d’un sujet trop vaste pour être enveloppé dans tous ses côtés à la fois, et qu’on n’emporte qu’après bien des ouvrages de détail et bien des assauts particuliers. Nous en avons déjà essayé plus d’uir, par une série d’études monographiques et épisodiques, laquelle se continuera encore longtemps avant que l’investissement soit consommé. Ce grand sujet, le plus digne de tenter la sublime folie. d’un bénédictin profane; ce grand sujet, futur monument de notre vie ou d’une autre, c’est une Histoire du dix-huitième siècle répondant complètement aux promesses d’un pareil titre.
Pour le moment , il ne s’agit que de présenter au lecteur une des pierres de cet édifice /futur, qui n’est pas près d’être couronné ; ladite pierre à peine mesurée, dégrossie, polie, ainsi que peut le faire une critique hâtive vis-à-vis de ces documents qui ne sont que des matériaux, et qui vont surtout à l’atelier des érudits. Mais si nous ne voulons pas surfaire la valeur littéraire de ce recueil de correspondances écrites au jour le jour, gardons-nous cependant de faire fi de leur valeur historique et .morale , et de leur .piquant attrait. Cette valeur et cet attrait tiennent précisément à ce quelles ne sortent pas d’une plume d’historiographe, et à oe «que leur auteur est un homme ; homme d’expérience , d’intrigue et d’esprit, qui de sa. chaise d’observateur, fort bien installée entre le grand jour du salon et l’ombre des bureaux, dans cette région non définie où l’esprit fixe les rangs, écrit tous les jours à un curieux comme lui , avec cette différence qu’il est probablement assis sur un trône ou aux premiers degrés d’un trône, des nouvelles qu’il n’a pas toujours le temps de vérifier, mais qu’il n’a pas non plus le temps de gâter.
Voilà bien vraiment ce qu’est le recueil que nous avons, avec plus d’un bon juge consulté préalablement, jugé parfaitement
Il]
PRÉFACE.
digne de l’impression et digne d’un publie : un recueil de lettres mises à la poste, puis, l’enveloppe brûlée, classées, étiquetées, distribuées en volumes, passées, après la mort du collecteur, à la bibliothèque de Varsovie, et de là à la bihliothèque impériale de Saint-Pétersbourg.
C’est là que quelques spirituels et ingénieux fureteurs, M. Paul Lacroix, JJ. Feuillet de Conches, signalèrent cette trouvaille intéressante à la curiosité universelle. Un ancien professeur de l’université de Saint-Pétersbourg, ftl. V. de Porochine, se voua, dans l’intérêt de ,1’histoire , à la tâche laborieuse de la copie du volumineux manuscrit, et voulut hien ensuite nous confier ]n mission de la préparer pour l’impression, c’est-àTdire de l’annoter, et de la présenter au public. C’est à lui que nous devons égalementales renseignements bibliographiques qui vont suivre , et où sa part d’informations est indiquée par le signe de la citation. Voici l’histoire de notre recueil, et voilà maintenant son signalement , son état civil , enfin tout ce dont il est bon que le public a n’en ignore » .
Sur les rayons de la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, enrichie de plus d’une de nos dépouilles , épaves de la Révolution , où d’ailleurs le flambeau est tenu par des hommes qui sont des types d’érudition hospitalière et courtoise, » les manuscrits sont classés par langue. Celui que nous publions fait partie du fonds des Manuscrits français, et est désigné au catalogue sous la rubrique suivante :
«F. 51, Bulletins de Versailles, 1777-1792, 5 vol . in- 4°. »
a Quelle est la provenance de ce manuscrit? On rencontre fréquemment dans la bibliothèque deux marques bien connues du chercheur, la marque D et la marque W. La première indique que le manuscrit est originaire de cette fameuse collection Doubrowski. » Cette collection fut formée impunément par un curieux vigilant et hardi , à la faveur de l’indifférence ou de la haine de la Révolution pour toutes ces reliques de la pensée où elle voyait aveuglément une insulte à son ignorance ou des titres et comme
qui dirait des / talismans de tyrannie. Nous u’avons pas à rappeler
a.
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The end
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