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Le livre des petits ménages : entretiens sur l'économie domestique

Madame Seignobos · 1893 · Scanned text · Free in the US

109,048 words · about 7 h 38 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Madame Seignobos
Language
French
Published
1893
Length
109,048 words · about 7 h 38 min
Sections
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22101881512

Med

LE LIVRE

II Le Mobiheu

Notre premier entretien a dû vous paraître Ijien aride et, tranchons le mot, un peu ennuyeux. J’ai j)eur qu’un certain nombre de lectrices n’aient trouvé inutile l’enseignement du lavage de vaisselle; mais je redirai ce que j’ai déjii dit : il subit <|u’une chose soit ignorée d’une seule, pour cpi’il soit nécessaire de l'enseigner.

Aujoui'd’hui nous verrons comment il faut procéder pour maintenir le raolhlier en bon état sans perdre trop de teuq)s.

Et d’abord occupons-nous de la cuisine.

Le fourneau doit être lavé avec de l’eau chaude, dans laquelle on aura fait dissoudre (iueh[ues grains de cristaux de soude. Une brosse grossière subit, puis un mauvais cbiflbn pour l’essuyer.

Il ne faut jamais se sci’vir d’un corps gras pour (rotter les fouinieaux ; 1" cela donne une mauvaise odeui- ; 2“ ce corps gixis, renouvelé souvent, finit par loi'inci' une couche épaisse sur huiuellc vient se poser la poussière : au lieu d’être nettoyé, le fourneau se trouve sali.

On balayera l’intérieur du four après cba(pie repas. Si l’on eujploie les fourneaux ;i ga/., il laul faire, deux ou trois lois par semaine, dans le con-

LE LlVItE UES PETITS MÉNAGES.

duit, des nettoyages fréquents : sinon, les tuyaux se remplissent de poussière et de fumée, le gaz brûle mal et la dépense augmente.

Les meubles de cuisine sont généralement en bois blanc et doivent être lavés simplement a l’eau de soude.

On diminue beaucoup la fréquence de ces lavages en ayant soin de ne pas salir ces meubles. Ne déposez jamais directement sur la table une casserole ou un plat sortant du feu; ayez soin de glisser dessous un papier ou un journal.

De même, il ne faut jamais poser sur une table propre les bouteilles d’huile ou de vin.

Vous devez aussi préserver jusqu’à la pierre d’évier du contact des ustensiles noircis au feu.

Ces petites précautions diminuent le travail; elles permettent de ne faire qu’une fois par semaine le lavage complet de la cuisine et de ses meubles.

Vous pouvez placer sur la table de cuisine un morceau de toile cirée, qui préservera le bois : mais ne la clouez pas sur la table; c’est beaucoup moins propre.

Paris , les cuisines sont carrelées avec des briques rouges ti'ès faciles a tenir propres; mais en province il y a souvent une es|)èce de glacis fait avec de la chaux et du sable et difiicile a bien nettoyer. L’eau de soude, cpie j’ai déjà indiipiéc pour le lavage des meubles blancs, convient aussi au lavage des planchers et des carrelages.

Avant de (piitter la cuisine, je voudrais vous indi- (|uer deux |)récaulions hygiéniipies : 1“ faites couler

LE MOBILIEH.

Il

Dl'UîïfSC.

lanier et enfermés dans dans l’évier environ un demi-litre d’eau mêlé a un désinfectant (sulfate de zinc, j)ar exemple); 2° tenez toujours enfermée et recouverte la boîte dans la([uelle vous jetez les détritus de légumes, les os, les débris de poisson, etc. 11 s’échapjje de ces détritus des émanations malsaines.

Dans un j)etit ménage, il n’y a pas un grand nombre d’ustensiles de cuisine : ceux qui servent rarement doivent être enveloppés do un placard ; on évite ainsi la peine de les nettoyei' (piand vient le moment tie s’en servir.

Mous n’avons pas pai'lé des Itrosses et é|)onges, que l’on emploie généralement l>our les nettoyages de cuisine; il faut pourtant en dii-e deux mots.

La brosse de chiendent sans manche, [)our les meubles et l’évier, et la l)rosseavec manche poiii' le |)lancber, sont les instruments les meilleurs et les moins chers. l' i'onsi.'.

Les ép(jnges sont chères et très vite usées par le uiamrlic.

LIi LIVRE DES PETITS MENAGES.

contact de l’eau de soude; je vous engagerai à les réserver pour les tables ou les vitres et à ernploN'er pour le plancher les simples toiles à laver, qui ne coûtent que quelques sous.

Nous arrivons maintenant à la salle à manger, qui, dans la plupart des petits appartements, sert aussi de salon.

Les meubles de noyer ciré sont ceux qui conviennent le mieux pour une installation à la fois simple et durable. Les bois blancs peints en couleui* perdent vite leur couche de peinture; le noyer ciré, au contraire, s’embellit à mesure qu’on le frotte. Le jirix en est un peu [>lus élevé; mais il vaut mieux compléter son mobilier peu à peu et acheter toujours du solide que d’acquérir du premier coup des meubles, qui se dégraderont bientôt.

Pour l’entretien de ces meubles cirés, il suffit de ]>asser une très légère couche d’encaustique à l'essence de térébenthine et de frotter avec un morceau de liège ou un chiffon de drap, lorsque l’encaustique est sèche.

A Paris, on trouve cette encaustique toute faite; en province, on peut facilement la préparer soi-mème. 11 suffit de faire dissoudre à froid deux parties de cire jaune dans une [lartie d’essence de térébenthine; la cire doit être coupée en petits morceaux; il faut dix ou douze heures ])Our que le mélange soit o|)éré.

11 est bien entendu (|uc les frottages comiilcts se font rarement et cpic, |iour rordinairo, il suffit d’essuyer cluupic meuble avec un chiffon de laine ou de coton.

LK MOBILIER.

Souvent, pour enlever la |ioussière, on se sert d'un jiluineau; c’est un mauvais engin, ([ui met la poussière en mouvement au lieu de la recueillir comme le chiiron. Cette poussière, chassée d’un meuble, retombe sur un autre; elle remplit l’air et entre dans le nez et la bouche : or vous savez combien de germes malsains sont contenus dans la poussière.

Le chiffon ou torchon cpii sert à essuyer les meubles doit être exclusivement em|)loyé a cet usage.

Le linge île table, au moins la na|)pe, est devenu [iresque un luxe, que

. l’IuMicau.

ne peut gu(*rc sc permet-

tre un modeste ménage, ün a inventé des toiles cirées lilanches, ipii donnent un |)cu l’illusion du linge et sont moins ti'isles à voir que les toiles cirées brunes; mais il faut les tenir très propres et les laver chaipie jour il l'eau de savon, pour leui’ conserver la blanchciir qui est leur seul mérite.

Jusqu’à présent je n’ai jiarlé ipie des soins néci'ssaires. Voyons maintenant comment, avec un peu de goût, il est facile d’égayer et d’embellir le logis.

Nous mettrons aux fenêtres des rideaux en bonne

LE LIVRE DES PETITS MENAGES.

étamine, écrue ou rayée de bleu ou de roiige. Ces rideaux sont du même prix que la mousseline brochée; ils durent trois fois plus et supportent mieux le blanchissage.

Pour cacher la toile cirée, nous mettrons sur la table un tapis de couleur tranquille. On fabrique avec diverses matières végétales des étoffes fort solides et à très bon marché. Vous pourrez avoir tapis et grands rideaux assortis pour 15 francs au plus, le tout, et l’ensemble sera joli.

Je voudrais vous mettre en garde contre les ornements laids, de mauvais goût, qui sont si fréquents, surtout en province. Dois-je citer quelques-uns de ces objets qui ont coûté du temps et de l’argent? Les tapis de table fabriqués avec d’innombrables petits morceaux de drap, qui ont la prétention de représenter des étoiles, des fleurs, des feuillages; les tapis de foyer en mousse de laine verte, ornés de fleurs également en laine; les boîtes recouvertes de coquillages; les dessous de lampes en grosses perles de verre multicolores; les rideaux de vitrage, longuement tricotés à la main, et beaucoup moins jolis que les rideaux unis dont je parlais plus haut; les petits lapis au crochet, en laine de couleurs criardes; et enfin les fleurs en pajiier ; tout cela est laid, de goût faux et souvent plus coûteux que des ornements simples.

Mettez sur la cheminée des vases de faïence peinte, on terre de Valory, en verre de couleur, en terre rouge — le choix abonile, — mais que ces vases aient une forme artistique. Ceux qui ont étudié le dessin

LE iMOniLIEli.

ronnaissenl les formes classiques des anciens vases étrusques ; qu’ils mettent ces études à prolit pour choisir les objets destinés à orner leur intérieur. Nous garnirons nos vases de cheminée, non avec des Heurs artiliciclles,

êmais avec des branches vertes, des bottes d’Iierbes, des Heurs des champs dans la saison. En hiver, nous avons la ressource des herbes sèches (certaines o'i'aininécs con-

O

servent leurs couleurs), des branches de gynériiun, que l’on trouve partout maintenant.

A coté des vases, il faudra deux (lambeaux ou chandeliers; prenez-les en cuivre poli, tle forme stable, à base large : ils ne ristpieront pas de se renvei'- sei' et de ré|)audre de la bougie. Des bobèches sont indispensables, et celles de métal valent mieux ipie celles de verre.

Sui'tout pas de faux bi’onzes, |>as de coupes en cristal montées sui’ cuivre, |>as de verres a devises, de tasses avec des emblèmes. Ce genre d’ormuneut est presipn* toujours ridicule.

LE LIVRE DES PETITS MENAGES.

Si VOUS avez une pendule, choisissez un simple bloc de marbre ou une reproduction en cuivre des anciens modèles Louis XV ou Louis XVI. Je ne parle que pour mémoire des affreuses pendules recouvertes d’un globe en verre que l’on voyait autrefois : aujourd’hui elles sont complètement abandonnées. J’aime mieux uu simple réveille-matin qu’une pendule prétentieuse et de mauvais goût avec un groupe en faux bronze.

Quand la salle à manger sert de salon, il est agréable d’y trouver

Flambeau. , . -i n •

un ou deux fauteuils. Leu imjiorte la forme que vous choisirez j ce qui importe, c’est la couleur et l’étoffe. Pas de velours, ni de reps : les miltes les attaqueraient; prenez une bonne étoffe de coton, soit imprimée, soit brochée, à dessins couverts sur fond neutre, soit bronzeolive ou bois : ce sera doux à l’œil.

Une étagère est nécessaire pour ranger les livres dont on se sert journellement. Choisissez-la tout unie, en bois de noyer ou en bois noirci, et non pas en acajou, à moulures. \ ous pourrez aussi, quand vous aurez un peu de loisii’, confectionner vous-même ces étagères en simple bois blanc recouvert

UC MOIlIUlCIt .

Si je ne craignais do sorlir de mon cadre, je |)Ourrais vous donner les indications nécessaires à la fabrication de divers meubles, tables, tabourets, caisses à bois et à papier, casiers, etc. Avec un peu d’habitude, on arrive à exécuter très vite ces petits ti'avaux, t|ui permettent d’ajouter sans frais f[uekpies pièces de fantaisie au mobilier.

Reste enlin la décoration des murs.

C’est ici qu’il faut être en garde contre le mauvais goût. Rien n’oblige à avoir des tableaux : le prix en est toujours un peu élevé; mais il ne faut ])as s’imaginer (pi’on puisse les remplacer par des cbi’omolithograpbies, dont les eouleui’s sont toujours criardes et les sujets généralement |)rétentieux. Mieux vaut s’en tenir ;i la reproduction pbotographi(|ue des tableaux de maîtres, mieux encore à des gravures.

.l’ai fait la guei're aux bibelots vulgaires, mais non |)as a tous les bibelots. Vous pourrez toujours, >■1 vous avez le goût de petits ornements de cheminée, vous |>asser des fantaisies peu coûteuses, en choisissant, parmi les nombreux objets d’importation ja|)ouaise, de petits tubes de poi'celainc |)our mettre un bompict de viob'llcs, de petites coupes, des écrans, etc..

LE LIVliE DES PETITS MENAGES.

presque tous sont jolis et d’un aspect élégaul; tous sont à des prix très bas.

Voici encore deux objets, sinon de" j)rernière nécessité, du moins très utiles à trouver dans la pièce où l’on se tient, et qui contribuent à l’ornement :

1° Une corbeille à ouvrage, destinée à contenir les menus ustensiles de travail, des ciseaux, dés aiguilles, des pelotes de fil, etc. Cette corbeille, qui aura sa place sur un coin de la table à travail, doit être assez jolie pour ne pas choquer le regard ;

2° Une corbeille à papier, aussi nécessaire que l’autre, dans laquelle on jette les bouts de papier, les vieux journaux, les débris de couture, et qui évite de les voir traîner sur le plancher.

III Le Linge La Literie

Mous avons maintenant à nous occuper du linge et (lu blanchissage : ces deux questions sont liées l’une à l’autre, car la durée du linge dépend de la façon de le blanchir.

Le linge, comme tous les tissus, est devenu à très bon marché; on imurrait donc croire qu’en achetant toujours du linge inférieur de qualité, on diminuera la dépense : c’est une erreur. Le linge qui nous est oflert chaque jour à des |)rix étonnants est fait avec de mauvais produits, tirés du résidu des beaux tissus de lin et de chanvre. L’apprêt lui donne du hi-illant, de l’epaisseur; mais, au premier lavage, cet apprêt tombe, et le linge ap|iaraft, tel qu'il est réellement, dur et clair. Au bout de quelques mois, il est usé.

Pour évitei- ce désagrément, il faut examiner attentivement les toiles en les achetant; il faut frotter légciement un des coins, s’assurer ipi aucunc |)oussière ne tombe a ce frottage, se rendre compte par 1 oefeur si I étoffe n’a jias été blanchie au chlore, redresser les hrins de la toile : s’ils sont très abondants, elle provient de chanvres courts, d’éloupes, et sera vite trouée icette dernière observation s’adresse surtout à la toile pour draps).

Autrefois les draps étaient faits avec de la toile

LE LlVIiE DES PETITS MENAGES.

non blanchie, (|ul durait plus longtemps et peu à peu perdait sa couleur rousse. Les fabricants, jiour donner l’illusion de cette teinte écrue, ont imaginé de teindre certaines toiles avec de l’ocre : il faut se garder d’acheter les toiles ocrées-, elles sont faciles à connaître, leur teinte étant beaucoup plus foncée que la véritable teinte écrue.

Lorsqu’on ne peut consacrer que de petites sommes aux achats de linge, on doit se méfier des de-perclrix , pour le linge à toilette, et aux draps avec couture au milieu.

Pour les torchons, la toile croisée est préférable; il ne faut pas se laisser tenter par les fantaisies nouvelles, qui surgissent, même dans ce linge grossier : torchons de couleur, bleus ou bruns, à carreaux, à rayures, en tissu à jour, etc.

Évitez aussi les grosses rayures rouges ou bleues, les chid'res brodés en couleurs : tout cola est fait avec des produits colorants inférieurs. Le rouge déteint au premier lavage, le torchon ou la serviette

Damier.

occasions (serviettes damassées, draps sans coutures) : ce genre de linge ne peut pas être bon à bas prix. 11 faut se borner aux serviettes à petits carreaux (dites à damier , aux oeHs-

LU LINCE, devient affreux et, ce ([iii est plus grave, il tache en rouge le linge avec lequel il so trouve en contact au blanchissage.

Il faut toujours, dans un ménage, queh(ues tabliers l)lancs et quelques tabliers bleus pour faire la cuisine.

Pour les blancs, prenez une toile écrue (non ocrée), solide mais pas trop serrée : le lavage resserre la toile, et celle qui est trop serrée au début ne tarde pas :'i se couper.

Pour les tabliers bleus, choisissez une toile tissée avec du coton écru et du (il bleu ; elle aura l>lus de durée ([ue la toile de fil bleu uni et supportera mieux le blanchissage : la toile bleue unie est très sujette aux petites taches blanches.

.Si vous faites vous-même vos petits lavages de maison, je vous conseille d’avoir un tablier en grosse serge de laine : la laine rude étant peu perméable, votre robe et votre tablier d’intérieur se trouveront mieux préservés du contact des eaux sales. (Jt; tablier doit servir luùquciuciit pour les lavages de vaisselle et de cuisine; on l’accroche sous un rideau, a(in qu’il sèche entre clnupie lavage.

A Cote de ce tablier, il faut aussi placei' les bouts

Ol’vil-tlü-pei'drix.

•22

LE LIVRE DES PETITS MENAGES.

de manche en laine, que Amus devez, quand vous lavez, revêtir pour préserver vos manches. Souvenezvous que ces petites précautions sont très vite prises et qu’elles ont une influence réelle sur la durée et la conservation de vos vêtements.

Jusqu’à pi’ésent nous n’avons parlé que du linge de ménage ; reste le linge personnel, chemises, pantalons, mouchoirs, etc.

Les prix de confection sont si bas maintenant, qu’il y a grand avantage à acheter ce linge tout confectionné; c’est du temps gagné. Seulement, il faut regarder si la couture est bien faite, si les fils ne tirent pas, ce qui arrive quelquefois dans la couture mécanique.

Il faut examiner la coupe des chemises, des pantalons; elle est quelquefois défectueuse, et, avec un peu d’attention, il est facile de s’en rendre compte. Pour les chemises d’homme, l’attention devra se porter sur les boutonnières, le col, les poignets.

Pour tous les objets que je viens d’énumérer, il convient de choisir le tissu à la fois le jilus serré et le plus doux. Le linge de coton est d’autant meilleur qu’il est tissé avec un fil plus rond.

J’ai observé que, dans une série de chemises ou de pantalons du même prix et d aiqiarence identique, il s’en trouve de beaucoup mieux cousus et de meilleure élolfe les uns que les autres. C’est a 1 acheteur de le distinguer.

Avant de se servir du linge confectionné, il faut coudre solidement les boutons, les cordons, les lacets, ipii sont toujours mal assujettis. 11 faut aussi

Llî MNflK.

îiS

k‘ laver : c’est une mesure de |)riidence, car ou ne sait ])ar (|uelles mains il a passé, et, sans parler de la propreté, on risquerait d’introduire dans la maison des germes lie maladies infectieuses.

En choisissant les mouchoirs de poche, il faut s’assurer qu'ils sont en toile ou batiste de lil et de forme carrée. Pour les mouchoirs d’homme, je conseille de les prendre en bonne toile et de les ourler soi-même; l’ourlet mécanique se défait trop facilement.

l']n terminant la revue du linge de corps, je dois parler de la llanelle. Je n’ai pas à examiner l’opi)oi'- tunité de son emploi; je ci'ois cependant <|ue, dans les climats humides et variables, l’usage de la llanelle peut préserve)' de certaines maladies. Bien des gens croient qu’on ne peut jamais la quitter quand on en a pi'is l’habitude. C’est là un préjugé. On peut au conti'aii'e la porte)' o)i la cp)itter suivant l’état de la santé, suivant la température et suivant l’avis des )uédecins.

Les )ueilleu)'es cp)alités de llanelle? — En |)ren)ière ligne, il faut placer celles qui sont tissées iivec de la lai))e pu)'c; ))iais le p)'ix en est assez élevé, et l’on peut t)'ès bien employer les llanelles mélangées d'un peu de coton : l’étoile durera autant et se )'ét)'éci)'a )noi))s au lavage. Les tissus croisés sont |)lus solides; ))i;iis ils ont l’i)iconvénie))t d’êl)'C un peu plus lourds et de se salir plus vite.

Il vaut )))ieux fai)'c soi-)uêrne les gilets de llanelle : ceux (p)’on achète to))t confectionnés sont d’ordinai)'e )))al cous))s; l’étoll'e n’a pas été plongée àl’ea)), ce (p)i lait {|u’elle se )'ét)'écit à cha(p)e hiv;)ge.

LU LIVHK IM-S IM-TITS MLXACJES.

Il est absolument nécessaire de |j|f>nger la llanelle dans l’eau tiède avant de la coudre cette opération s’appelle décatissage].

Voici un bon système de nettoyage pour les flanelles et les lainages (il est beaucoup plus économique de faire ces nettoyages à la maison).

On fera dissoudre une cuillerée de cristaux de soude 'dans deux litres d’eau tiède. Les objets à nettoj'er seront plongés dans cette eau et on les remuera sans les frotter, simplement en broyant peu à peu chaque morceau dans la main.

Au bout de quelques minutes, on verra les flanelles blanchir rapidement; on exprimera soigneusement toute l’eau sale, et on la remplacera par une eau de savon tiède et assez forte.

On procédera ensuite comme la première fois ; mais on laissera tremper pendant une demi-heure ou à peu près.

La ilei’uière opération consiste à rincer dans l'eau fraîche.

( )n ne doit jamais tordre les llanelles, pas plu> ((u’aucun autre lainage : il faut exprimer l’eau en broyant.

l'insuite, on enveloppe chaque jiièce dans un linge propre et l’on repasse, lorscpie le séchage est à moitié opéré.

Pour bien faire l’eau de savon, il faut couj)cr, en petits morceaux, du savon de Marseille \blanc , bien sec, dans de l’eau froide, cl agiter cette eau jusqu’à ce (juc le savon soit dissous. On ajoutera un peu d’indigo, pour obtenir un plus joli blanc.

LA LITERIE.

Les tricots, ju|jons, brassières d’enfants, bas de laine Idanche, peuvent èti’e lilancbis par le même procédé.

S’ils sont en couleur, il ne faut pas employer la soude, (pii altère prescpie toutes les nuances. Un se bornera, dans ce cas, à l’eau de savon pour le lavage et, pour le rinçage, à l’eau froide additionnée d’un peu de vinaigre, alin d’enipècher le coulage, (|ui produit des barres noirâtres.

Quelques personnes einploieiU du sel au lieu de vinaigre. Le sel a l’inconvénient de subir les inlluences atmosphéricpics et il arrive c|ue les bas [dongés à l’eau salée redeviennent mouillés |)ar les temps humides ; c’est pourquoi je préfère le vinaigre.

-Vvant d’arriver au blancbissage proprement dit, je voudrais vous parler de l’entretien de la literie.

11 est nécessaire de laver au moins une fois par an les toiles à matelas, les oreilh'rs, les couvertures des lits (pii servent toujours. C’est une mesure, non seulement de propreté, mais d'bygiène. Et (piand je dis une fois par an, il est bien entendu que je ne parle pas des cas exceptionnels, oii l'on aurait eu des malades. 11 est de principe absolu ipie le lit entier d’un malade ne doit pas resservir avant d’avoir été nettoyé et désinfecté.

A Paris, on est forcé de conliei' les matelas a refaire aux maisons de literie; mais, à la campagne, d est facile de faire exécuter les nettoyages par des femmes de lessive.

On commence par défaire le matelas : la toile est liien lavee a I eau courante, puis repassée; la laine est battue avec soin, même cardée, et rcqilacée

2ü

LE LIVRE DES PETITS MÉXAIIES.

dans la toile. Si le matelas avait servi à un malade, il faudrait aussi laver la laine à l’eau de savon mélangée d’eau phéniquée.

Pour les oreillers et les traversins, on procède comme pour les matelas : seulement, lorsque la toile est bien repassée, on y étend une couche de cire sèche, qui forme une espèce de vernis destiné à empêcher le passage des plumes ou du crin.

Les couvertures sont lavées à l’eau froide et séchées au soleil. L’époque la plus favorable a ces grands lavages est le mois de juin, où les jours sont longs et où l’on a le soleil.

Si l’on veut maintenir longtemps propres les traversins, il est bon d’avoir des housses spéciales, en toile blanche, que l’on change souvent et qui, pendant qu’on fait les lits, préservent la première enveloppe du contact journalier des mains. Il est bon aussi d’avoir deux taies sur les oreillers ; celle de dessus sera changée ])lus souvent; celle de dessous empêchera la transpiration, la poussière des cheveux, etc., de pénétrer jusqu’au coutil de l’oreiller.

Là, comme ailleurs, les petites précautions évitent toujours de la peine.

IV LF, DLANCHISSAGE — LE 1)É(; It Al SSAG E

Après l’entretien de la literie, nous revenons au blanchissage ilu linge.

Là, je suis forcée d’établir deux catégories, selon (|u’on habite Paris ou la province.

J'aurai très peu de chose ;i dire aux maîtresses de maison qui habitent la province ou la campagne. Là le blanchissage se fait facilement et économiquement. Dans toutes les campagnes, on trouve des laveuses de profession et il suflit de vérifier le linge, en le donnant et en le recevant.

Si l’on fait laver le linge à la maison, les grosses lessives à la cendre de bois n’ont lieu en général que quatre ou cinc| fois par an.

Voici la façon de procéder :

11 faut d’abord s’assurer de la bonne cpialité des cendres. Llles doivent être d’une couleur gris bleuté et non jaune), sans odeur ;i l’état sec et ne contenir aucun charlion, ni débris d’aucune sorte bois, vieux clous, etc.). Pour cette dernière condition, il faut, avant île les employer, les passer dans un crible assez (in.

Si les cendres sont bonnes, elles absorbent l’eau

Ci’il)!o.

•28

LU LIVHfi DES PETITS MENAGES.

très rapidement. Leur action est due aux sels de potasse et de soude qu’elles contiennent.

Les bois résineux et les bois (lottes donnent des cendres qui contiennent jieu de sels; celles du châtaignier tachent le linge d’une façon indélébile; celles que produit la houille ou le coke sont absolument dépourvues de potasse et impropres à la lessive. Les meilleures cendres sont celles du chêne, et encore faut-il qu’elles n’aient pas été trop brûlées :

ainsi, lorsqu’elles sont retirées des feux d’appartement, elles sont mauvaises, pour être restées trop longtemps au feu; elles arrivent ainsi à un état terreux et ne contiennent presque plus de substances chimiques.

Lorsqu’on veut fortifier la lessive, on y ajoute quelques cristaux de soude ou de potasse, mais l’action de ces sels est toujours un peu éprouvante pour le linge.

Voici un vieux système, employé dans les campagnes, qui donne de bons résultats :

On mélange aux cendres les résidus «l’huile d'olive, les os restant de la boucherie du porc, les vieilles graisses, etc. Ce mélange proiluil, pendant la longue o|iération du coulage de la lessive, un savon doux et onctueux, «pii rend la lessive excellente.

La cuve, ou cuvier, destinée à contenir le linge

Cuvier.

LIi liLANCHlSSAdlî.

•i'J iloit être plus lai'gc que haute; elle est couqjosëe de ])lanches cerclées à l’extérieur par deux lames de fer. Une ouverture de la grosseur d’un fort bouchon est pratiquée au fond, vers un des bords.

( )n place le cuvier sur un trépied, avec une légère inclinaison dans le sens de l’ouverture : dans celle-ci on fait entrer quelques menus brins de bois, cpii ont pour but d’empècber le trou d’être boucbé pai' le poids tlu linge; rien ne remplit m i e u x cet o b j e I f[u’une ])etitc brandie tie genêt. Lorscpie le cuvier est assujetti solidement, on épar|)ille encore, sur tout le fond, quelques branchettes de bois dépouillé do son é-corce. Kiisuitc, avec un grand dra|) grossier, on garnit tout le cuvier, et l’on commence à empiler le linge.

Les torchons grossiers, les draps de domestiques, sont placés les premiers. Chaque pièce de linge doit être pliée en deux ou en quatre, suivant sa grandeur. 11 faut avoir soin de maintenii’ la surface régulière, et ne pas mettre |)lus de linge d’un côté que de l’autre. Après chaque couche, on fra|)pe avec les mains de manièi'e a tasser le linge le jiliis possible.

Au-dessus dos gros draps on met les draps (ins, les chemises de nuit, les serviettes à toilette, ensuite les nappes, les serviettes, le linge de corps en fil ou en coton, les rideaux en mousseline, les tabliers de coton blanc, les mouchoirs; après cela.

LE I.IVHE DES PETITS MÉ:X.VGES.

encore deux draps grossiers, destinés à isoler le linge (in; puis, par-dessus ces derniers draps, les tabliers de toile, les torchons, les essuie-rnains, etc.

Le linge doit arriver seulement jusqu’à quinze ou vingt centimètres du bord, afin de laisser la ])lace pour les cendres. Enfin, un grand drap de toile grossière est placé sur le tout; on en retourne les bords en forme de bourrelet, et ce bourrelet est maintenu de distance en distance par de petites baguettes de bois placées dans le cuvier. On termine en étendant les cendres très également dans l’espace resté vide près du boi’d.

On commence alors à jeter, sur toute la surface des cendres, de l’eau froide d’abord, ensuite tiède, en augmentant de chaleur jusqu’à l’eau bouillante, qui ne doit être employée qu’après cinq heures de coulage. L’eau, ainsi versée sur les cendres, traverse la lessive et vient couler par l’ouverture placée au fond du cuvier : elle tombe dans un baquet, d’où on la verse à mesure dans la marmite placée sur le feu.

Une lessive un peu importante doit couler de quinze à seize heures.

L’opération finie, on laisse le linge sans le remuer jusqu’au lendemain matin, et alors on le lave à l'eau claire, et courante, si c’est possible. Pour transporter le linge du cuvier à la rivière, il laut avoir soin de le recouvrir, car l’air extérieur le ferait rougir et le rendrait plus difficile à laver.

Le lavage doit être fait sur des planches dures ou des blocs de |)icrre, sans se servir de la brosse, (|ui est le Iléau du linge.

I.K l!l,.VNC.HISSA(;iî.

Après le lavage, il faut passer le linge an bien, el surveiller qu’on n’exagère pas la dose. La boule d’indigo doit être enveloppée dans un morceau de flanelle et pressée ensuite dans un baquet fl’eau. La flanelle a pour but de ne laisser passer aucune parcelle solide. Le linge neuf, de coton surtout, absorbe j)lus de bleu que le linge usé : il faut donc le passer le dernier, lorsque l’eau a déjà perdu une partie de ses propriétés tinctoriales.

Après le j)assage au bleu, on étend le linge au soleil, sur des cordes ou des lils de fer galvanisés, comme nous le dirons plus loin, en commençant pai' les draps, nappes, serviettes, qui sont retirés à moitié secs et mis sous presse. Cette opération consiste à plier encore humides les draps, nappes et serviettes dans la forme délinitive (ju’ils devront garder. On les étend et les entasse sur une table, en ayant soin de ne laisser se former aucun faux |)li.

Cette mise en presse donne au linge une fermeté pareille au cylindrage et l’é[)rouve beaucoup moins. Les serviettes traitées de cette façon ont un aspect ferme, brillant, une bonne odeur, que n’ont jamais les serviettes repassées au fer.

Ce linge, ainsi liumide, doit être, au bout de vingt-(|uatre heures, remis à l’aii-, oit il sèche sans per'dre son apprêt.

Le reste du linge blanchi à la lessive est étendu et scellé en une fois. A|)i'ès cela, on le range dans les corbeilles pour le raccommoder et le rc|)asscr.

Si qiiel(|ues taches sont restées après le lavage, on les enlève sur le linge encore mouillé, a l’aide de

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quelques gouttes d’eau de Javel. Cette lessive aux cendres a l’avantage de conserver le linge; mais elle demande beaucoup de temps, un matériel considérable et elle coûte assez cher quand on additionne les dépenses du feu, des cendres, du savon et de la main-d’œuvre.

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