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Voyage au golfe de Californie ... Nuits de la zône torride ... Accompagné d'une carte de la Sonora, dressée par M. V. A. Malte-Brun

Cyprien Combier · 1864 · Scanned text

177,675 words · about 12 h 27 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

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Licence: PDM · British Library Digitised Books dataset db14 (doi 10.21250/db14) marks the OCR texts CC Public Domain Mark 1.0 (c. 1510-c. 1900 publications); text+metadata JSONL release doi 10.23636/r7w6-zy15 is CC0 1.0. Public Domain Mark is a status label, not a new copyright licence. · Digitised by the British Library (with Microsoft). Text: British Library Digitised Books, CC Public Domain Mark 1.0.

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About this book

Author
Cyprien Combier
Language
French
Published
1864
Length
177,675 words · about 12 h 27 min
Sections
31 reader sections
Text
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Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (31)
  1. Front matter about 1 min
  2. Preface about 10 min
  3. Introduction about 4 min
  4. Chapitre I about 5 min
  5. Chapitre II about 22 min
  6. Chapitre III. 23 about 10 min
  7. Chapitre IV about 10 min
  8. Chapitre V. Chapitre about 6 min
  9. Chapitre VI about 16 min
  10. Chapitre VII about 22 min
  11. Chapitre IX about 21 min
  12. Chapitre X about 35 min
  13. Chapitre XI about 30 min
  14. Chapitre XII about 30 min
  15. Chapitre XIII about 26 min
  16. Chapitre XIV about 26 min
  17. Chapitre XV about 16 min
  18. Chapitre XVI about 16 min
  19. Chapitre XVII about 20 min
  20. Chapitre XVIII. Chapitre XVIII about 18 min
  21. Chapitre XIX about 22 min
  22. Chapitre XX about 17 min
  23. Chapitre XXI about 9 min
  24. Chapitre XXII about 31 min
  25. Chapitre XXIII about 7 min
  26. Chapitre XXIV about 21 min
  27. Chapitre XXV about 31 min
  28. Chapitre XXVI about 30 min
  29. Chapitre XXVII about 19 min
  30. Chapitre XXVIII. 379 about 27 min
  31. Chapitre XXIX about 3 h 10 min

Continue:

Front matter

VOYAGE \r GOLFE DE CALIFORNIE GRANDS COURANTS DE LA MER IURANTS GENERATES ATMOSPHERIQUES. — USAGES DE J..V VIE MARITIME. — TEMPÊTES VERS LE PÔLE AUSTRAL. POISSONS ET OISEAUX DE LA MER. DESCRIPTION DE LA SONORA. ET DE SES RICHESSES MINERALE: DE LA BASSE CALIFORNIE, SES VOLCANS, SES PRODUITS' PECHE DES PERLES. LA CHAÎNE DES CORDILLÈRES, SES FORÊTS. NUITS LA ZONE TORRIDE PAR C. COIIBIER. Accompagné d'une carte de la Sonora, dressée par H. V. A. MALTE-BRUN, Secrétaire général de la Société de géographie. PARIS ARTHUS BERTRAND, ÉDITEUR LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE 21, rue Hautefeuille. NUITS DE LA ZONE TORRIDE. Pari*. —Imprimé par E. Thonot et C, rue Racine. -6 GRANDS COURANTS DE LA MER. COURANTS GENERAUX ATMOSPHERIQUES. — USAGES DE LA VIE MARITIME. — TEMPÊTES VERS LE PÔLE AUSTRAL. POISSONS ET OISEAUX DE LA MER.

DESCRIPTION DE LA SONORA ET DE SES RICHESSES MINERALES. DE LA BASSE CALIFORNIE, SES VOLCANS, SES PRODUITS. PÊCHE DES PERLES. LA CHAÎNE DES CORDILLÈRES, SES FORÊTS. NUITS DE LA ZONE TORRIDE PAU C. COMBIJER. <}-£> Accompagné d'une carte de la Sonora, dressée par M. V. A. MALTE-BRUN, Secrétaire géuéral de la Société de géograpliie. ---<>>«=*OC PARIS ARTHUS BERTRAND, ÉDITEUR LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE 21, rue Hautefeuille. Tous droits réservés.

Preface

. Forcé par l'état cle ma santé, de quitter les affaires ac tives à un âge encore peu avancé, je me suis proposé d'é crire la relation d'un "voyage de commerce que, dans ma première jeunesse, je fis aux côtes Nord-Ouest de l'Amé rique, encore alors peu connues. Commencé en partant du Mexique, que j'habitais alors, pour l'Europe, en mai 1828, ce voyage se termina à Paris en janvier 1831, après une durée de pi us de deux années. Écrits au point de vue purement personnel, les mé moires d'un voyageur sont sans intérêt ou n'en ont qu'un seul, restreint à l'individu et à sa famille. Qu'importe, en effet, aux indifférents d' apprendre, jour par jour, les faits et gestes d'un inconnu, le secret de ses affaires; d'être initiés aux mystères de ses petites vanités ou aux causes de ses plaisirs et de ses souffrances?

Trop souvent encore ils ne sont que la relation de faits plus ou moins vrais, plus ou moins exagérés, au moyen desquels l'écrivain s'ef force de créer un intérêt factice de curiosité qui ne laisse PRÉFACE. VI rien dans l'esprit du lecteur et ne saurait émouvoir son cœur ni fixer sa pensée. L'objet que je me suis proposé a été de développer les pensées diverses, les impressions nouvelles qui se pro duisent dans le cœur et l'esprit d'un jeune homme à me sure qu'il avance dans la vie et qu'il peut appliquer Texpérience qu'il acquiert, chaque jour, à la comparaison de ce qui lui a été enseigné et de ce qu'il voit. Ces impressions, ces modifications des sentiments et des croyances, sont celles qui se sont produites en moi, il est vrai, mais le cœur humain étant partout et toujours le même, on peut dire que ce qui se passe dans le cœur d'un homme se passe également dans celui de tous avec des modifica tions nombreuses, sans doute, mais qui n'infirment pas la proposition.

Pour exécuter mon travail, je n'ai eu qu'à consulter mes notes écrites presque jour par jour et à recueillir les souvenirs d'un passé dont les événements se sont gravés profondément dans ma mémoire. En effet, c'était l'épo que de la vie où le cœur est ouvert à toutes les nobles as pirations, celle où il sent le plus vivement parce qu'il n'est point encore endurci par une longue pratique des hommes; c'était l'époque où l'esprit s'émeut jusqu'à l'en-* thousiasme, au spectacle des grandeurs de l'Univers et où, néanmoins, rapproche de la virilité permet de voir les choses sous un jour nouveau, sans céder à Finfluence des illusions qui entourent la première jeunesse. Le voyage que j'écris n'est donc, en ce qui me touche, qu'un cadre dans lequel je me suis efforcé de décrire les PRÉFACE. VII lieux éloignés, les mœurs des peuples divers que j'ai vi sités, les phénomènes de la nature si nombreux et si at trayants dont j'ai été le témoin et qu'il m'a été donné de comprendre, et les impressions diverses que ces événements ont produites sur ma jeune intelligence.

La lecture des Études de la nature, de Bernardin de Sain t- Pierre, avait fait sur mon esprit l'impression la plus pro fonde et éveillé en moi un goût pour l'observation qui ne s'est jumais affaibli. Celte disposition trouva ici un ali ment inépuisable dans les merveilles qui s'offrent succes sivement aux regards observateurs, dans un long voyage autour de notre globe. Sur les lieux mêmes où ils se produisent, j'ai pu observer les grands phénomènes des courants généraux de la mer et de l'Océan aérien ; j'ai recherché leur cause, étudié leurs effets. De cette étude prolongée est née en moi une admiration passionnée pour les œuvres de Dieu et l'inébranlable conviction que dans l'Univers il ne se produit pas un seul fait accidentel, pas un seul phénomène isolé ; que tous les phénomènes s'enchaînent et sont à la fois et tour à tour cause et effet, effet et cause ; que l'Univers est soumis à des lois dont la profonde sagesse est inflexible ; que rien ne peut se produire que conformément à ces lois, et comme conséquence absolue, que tout fait annon cé quien serait la violation, est nécessairement mensonger parce qu'il est impossible.

Un long séjour sous le ciel si magnifique de la zone torride et l'étude prolongée des causes secondaires, dans Tordre de la nature, m'ont conduit insensiblement et de PRÉFACE. degré en degré, à remonter jusqu'à la cause première de l'Univers. J'ai éprouvé que si l'esprit humain est absolu ment incapable de la comprendre, il trouve néanmoins un charme infini dans des efforts qui ont pour résultat heureux de le faire avancer dans le champ sans limites de la pensée. En effet, on ne peut s'appliquer à la contemplation de la Divinité, par l'étude des merveilles de l'Univers, sans éprouver bientôt l'irrésistible besoin d'élucider les gran des questions d'ordre moral qui en découlent. C'est ainsi que, sous le titre de Révélations des nuits de la zone tor ride, j'ai été conduit à consacrer un long chapitre à ces matières si élevées, si attrayantes et si utiles, et à formuler la foi profonde née en moi de la contemplation des œu vres de Dieu.

A mesure que j'ai avancé dans ce travail, j'ai senti de plus en plus vivement ma faiblesse comme écrivain, mon insuffisance à décrire les phénomènes produits sous mes yeux et leur effet sur mon intelligence. Je me suis efforcé d'élever ma pensée, et après lui avoir donné une forme matérielle, je me suis appliqué à polir sa surface, à adoucir ses aspérités, afin de la rendre attrayante à l'esprit, harmonieuse à l'oreille; mais, hélas! mes efforts ont été impuissants à satisfaire mes désirs ; car jamais cette forme ne répond à la beauté de l'objet qu'a conçu mon esprit, et la peinture de ma pensée reste toujours au-dessous de la cause qui l'a inspirée. Le défaut capital de l'éducalion donnée à l'humanité p;ir notre civilisation, est de semer au cœur de l'eusance PRÉFACE. IX une foule de notions qui offensent sa virginale simplicité parce qu'elles sont en opposition avec l'instinct de droiture et de vérité que Dieu y sema le premier.

Aussi, écla tent-elles en doutes terribles, au cœur de tous les hom mes, quand le temps et Texpérienee ont développé leur raison. Ces doutes ne sont autre chose que la révolte de la raison, elle-même, contre des croyances imposées qui la blessent. Ils se résolvent en un scepticisme stérile et dé solant, ou en l'abdication des droits de la conscience, ou enfin en une victoire de celle-ci, à la suite de longs et laborieux efforts de l'esprit, luttant contre la puissance des premières impressions sur le cerveau et sur le cœur. Le résultat de mes longues méditations, au spectacle sublime des merveilles de l'Univers, fut une victoire com plète. Mes doutes furent dissipés sans qu'il en restât au cun vestige. Us furent remplacés par un bienfaisant sen timent religieux de certitude profonde, inébranlable, qui, toujours depuis lors, fut la base assurée sur laquelle ont reposé mes opinions en toute matière.

Tel est le sujet de ce chapitre qui, placé au milieu du livre, dans Tordre des événements qui l'ont inspiré, en résume toute la pensée. J'ai voulu mettre la gravité des matières qui y sont traitées, sous la protection d'un récit de voyage qui, si peu de mérite qu'il puisse avoir, inté resse toujours le plus grand nombre des lecteurs. Si un seul se trouve à qui la lecture de ce livre fasse éprouver les émotions si douces que j'ai éprouvées moi-même à la vue de ces merveilles que je décris si faiblement ; si un seul peut se dire qu'il a trouvé une consolation, un espoir X PRÉFACE. ou cause suffisante pour fixer ses incertitudes en matière de foi religieuse, je n'aurai point à regretter ma peine, car mon ambition aura été dépassée. IV. 33. — Le lecteur qui . sur un planisphère ou un atlas géographique, suivra ce récit dans les diverses parties du monde où il va le conduire, le comprendra niieux et y trouTera un intérêt Ibeaucoup plus vif. o<jj^oo— TABLE DES MATIÈRES.

Pages. Chapitre premier. Origine du projet de eevoyage. — Association commerciale. — Départ pour la France. — Arrivée à Tampico. — Départ pour New-York 1 Chapitre II. Sous le vent de Cuba. — Les animaux de terre à bord des navires. — Attraction des corps flottants. — Coup de vent au cap Hatteras. — Poissons de la rivière de Tampico. — Raisins du Tropique. — Grand courant de la mer ou Gulf-stream. — Sa cause. — Ses effets. — Arrivée à New-York 7 Chapitre III. Boarding-houses. — Séjour à New- York. — Henriette M. . . 23 Chapitre IV. Départ de New- York. — Paquebots. — Icebergs. — Terre- Neuve. — Une sonde. — Arrivée en France 31 Chapitre V. Assurance sur te Vigilant. — Madame R. — Arrangements au Havre. — Arrangements à Paris. — Division de nos achats.— J'appelle mon frère Urbain auprès de moi 3<J Chapitre VI.

Saint-Quentin. — Lille. — Cambrai. — Anvers. — La Hollande. — Traversée d'Amsterdam à Hambourg 44 Chapitre VH. Hambourg. — Souvenirs de la révocation de l'édit de Nantes. — Friedland. — La belle Marianne. — Brême. — Le caveau mortuaire, — Souvenirs carlovingiens. — Aix-la-Chapelle. — Retour à Paris. ... 5si Chapitre VIII. Mon frère Urbain. — Achat d'un navire. — Décision sur le voyage. — Chargement. — Départ Cl Chapitre IX. Correspondance marine. — Les Canaries. — Ténérisle. — Ile de Fer. — Vent alise. — Courant général. — Poissons qu'il nourrit. — Sables du désert 73 Chapitre X. Usages de la vie maritime. — Officiers. — Matelots. — Travaux et discipline du bord. — Prétentions des marins. — Journée de mer. — Passagers. — Mal de mer. — Baptême du tropique. — Ignorance des gens du monde TABLE DFS MA1IÈKES.

Tages, Chapitre XI. La croix du Sud. - Grains à l'équateur. — Pamperos. - Cap Horn. — Juan Fernandez H™ Chapitre XII. Calmes. — Acapulco. — Pêche des tortues. - Rencontre d'un navire. — Premier mouillage. — Première exploration. — Nuit merveilleuse. — Théorie de l'élévation des montagnes 134 Chapitre XIII. Deuxième mouillage. — Deuxième exploration.— La Sinaloa. Mœurs des Indiens. — Accueil cordial que je reçus d'eux. — Iles ù Guano. — Arrivée à Guaymas '55 Chapitre XIV. Désappointement. — Démarches préliminaires. — Le Français Alcalde. — Déchargement de la cargaison. — Règlements. — La Sapphire. — Stations navales 173 Chapitre XV. Rio Colorado. — Port et environs de, Guaymas. — Pluie de pélicans. — Oiseaux et poissons. — Chasse au cerf. — Rio Yaqui. — Tribu de ce nom 192 Chapitre XVI. Voyage à Hermosillo. — Proposition. — Réal de Sulbiate. — Traitement du minerai. — Les ouvriers mineurs. — Mina Prieta. — Retour à Guaymas 204 Chapitre XVII.

Don Pedro Ynzunza. — Envoi de mon frère à Alamos. — Quinzaine de plaisir. — Voyage à Alamos. — El arriero. — Baroyeca. — Retour á Guaymas. — Préparatifs de départ 21C Chapitre XVIII. État de Sonora. — Ses minéraux, argent, cuivre, oro de placer. — Contrebande. — Moeurs publiques. — Poésies. — Jeux. — État sanitaire 231 Chapitre XIX. Départ pour Valparaiso. — Relâche à Mazatlan. — Fidélité indienne. — Pêche de bonites. — Baleines sur la Sonde du Chili. — Arrivée à Valparaiso 24S Chapitre XX. La Sapphire. — Tremblement de terre. — Transbordement de lingots. — Charles May. — Valparaiso et le Chili 2C1 Chapitre XXI. Départ de Valparaiso. — Relâche à Mazatlan. — Les Kanakas. — Arrivée ù Guaymas. — Liquidation et préparatifs de retour en France 273 Chapitre XXII. Départ de Guaymas pour la France. — Loreto. — Puerto Escondido. — Ile Carmen. — Cotes de Sonora. — Ile Macapul. — Brisants. — Baie de la Paz. — Une baleine. — Rencontre de nuit en mer. — Ile aux veaux-marins. — Arrivée à la Paz 280 Chapitre XXIII.

Accueil qui nous fut fait. — Visite aux autorités. — Opérations commerciales. — Départ et retour 301 Chapitre XXIV. La Paz et ses environs. — Température. — El Coromuel. — Poissons et coquillages. — Pêche des perles. — Pichilingue. — Volcan de la Calavera. — Perles de jais. — Pêche du caret et des veaux marins. TABLE DFS MATIÈRES. XIII Pages. Chapitre XXV. Arrivée de Don Antonio Belloc. — Préparation des cuirs. — Vivres frais. — Moyens de colonisation. — Les jésuites. — Progrès. — Mines, industrie et commerce. — Richesse du pays. — Race actuelle. — Accroissement de la populalion. — Agriculture.— Le jardinier indien. — Départ 322 Chapitre XXVI. Arrivée à Mazatlan. — Préparatifs. — Départ pour Durango. — La ville de Cosala. — Ordre de la marche. — Les vallées. — Le torrent. — La Cuchilla. — Impressions des forets. — Sommet des Cordillères. — La Salle Verte. — Le premier village. — Usines abandonnées. — L'ours au bivouac. — Le brigand. — Arrivée à Durango. . . . 3íí Chapitre XXVII.

Amis à Durango. — Maison des monnaies. — Départ en coche. - Je quille le coche. — San Luis Potosi. — San Miguel el Grande. — Le caporal et saint Antoine. — Canal de Huehueloca. — Vue du bassin de Mexico. — Arrivée à Mexico 365 Chapitre XXVIII. Séjour à Mexico. - Dispositions à l'égard de mon frère. — Départ pour Vera-Cruz. — Vue du bassin de Mexico. — Induslrie indienne. — Plaine San Martin. — Mont Popocatepell. — Cholula. — Tlascala. — Puebla. — Pic de Orizava. — Coffre de Perote. — Jalapa. — Les indigènes. — Puente nacional. — Considérations générales 379 Chapitre XXIX. Vera-Cruz. — San Juan de Ulua. — Los Jarochos. — Un marché mexicain. — Départ pour New- York. — Départ de New-York pour le Havre. — Arrivé en France. — Conclusion 308 RÉVÉLATIONS DES NUITS DE LA ZONE TORRIDE.

Introduction

H5 Première Kbit. De Dieu 119 Deuxième Nuit. De l'Univers 427 Troisième Nuit. De la création du monde 438 Quatrième Nuit. De la nature -í'3 Cinquième Nuit. De l'homme '*8 Sixième Nuit. De la religion tâs TABLE DES MATIÈRES. Pa£TCS. Septième Nuit. Des cultes et du sacerdoce 469 Huitième Nuit. De la révélation *»9G Neuvième Nuit. Des miracles "0*. Dixième Nuit. De la Vérité 50G Onzième Nuit. La raison et la foi 5J4 Douzième Nuit. De la mort "21 Treizième Nuit. De la vie future 525 Conclusion 584 FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. EXPLICATION DES MOTS ETRANGERS. XV EXPLICATION des mots étrangers employés dans le cours de cet ouvrage, donnée pour évites les renvois au eas des pages. alc.alde, magistrat civil de la commune. 11 cumule les fonctions qui, en France, sont exercées par le maire et le juge de paix. arrieros, muletiers qui, au Mexique, opèrent tous les transports de marchandises à dos de mulet. cook, cuisinier.

Ce mot anglais est employé surlout à bord des navires. jor.oxcos, manteaux àl'usage des classes moyenne et inférieure chez les Mexicains. C'est une couverture de laine ayant, au milieu, une fente dans laquelle on passe la tête. Au pourtour de la fente sont des enjolivements de couleurs variées. hacienda, nom qu'au Mexique on donne aux grandes propriétés territoriales. lazo, longue corde terminant par un grand anneau coulant, que les vachers, les paysans et les voleurs de grand chemin mexicains portent toujours et qu'ils lancent en courant. Dans leurs mains, c'est une arme fort dangereuse. machete, coutelas, espèce de sabre dans un fourreau en cuir, que portent tous les paysans, au Mexique. mesos , auberge mexicaine. C'est un bâtiment à un seul rez-de-chaussée, disposé en carré dont le centre sert de refuge aux chevaux et bêtes de somme des voyageurs.

Au pourtour sont des chambres pour ces derniers, mais sans aucune espèce d'ameublement. rancho, hameau dépendant d'une hacienda. raiïcheros, habitants des ranchos, paysans. rem., nom d'une contrée où sont exploitées des mines d'argent ou d'or; on dit EXPLICATION DES MOTS ÉTRANGERS. real de minas. On donne aussi le nom de real, à une pièce d'argent qui est le huitième de la piastre forlc et vaut C7 centimes. reroso, écharpe mexicaine que les femmes mettent sur leur télé et dont elles se couvrent la poitrine. sarape, c'est le jorongo des gens riches. vaqi'eros, vachers. Paysans mexicains dont l'état est de garder les troupeaux de bicuss et de chevaux sur les terres des haciendas. ERRATA. Pages. Lignes. Au lieu de : Lisez : 14, 8, plus dense et plus pesant, plus dense et pesant. 23, 13, se marient-il? se marient-í/í? 23, 1(1, il y a des établissements, il y a de ces établissements. 25, 20, delajouniéesurlenavireaméricain, sur fous navire américain. 29, 17, et quelquefois, et chaque fois.

(iC, 20, fait par aucun navire, ' supprimez le mot navire. 77, 30, jusqu'au point où l'abassement, Y abaissement. 238, 31, était suspendu une clef, était suspendue. 274, 5, la moitié du sert, la moitié du fret. 389, 22, au delà de ce passage nommé las barzancas, las barrancas. VOYAGE Al* GOLFE DE CALIFORNIE. CHAPITRE PREMIER. Origine du projet cle ce voyage. — Association commerciale. — "Départ pour France. — Arrivée à Tampico. — Départ pour "Vew-York. Je me trouvais à San Luis Potosi, capitale de l'État du même nom, l'un des plus importants de la Confédération mexicaine. Arrivé en cette ville depuis trois mois, j'y terminais la vente d'un chargement assorti de marchandises que j'étais allé, Tannée précédente, acheter en France, de société avec don Pedro Capera. Deux ans auparavant, mon associé avait été celui d'un jeune homme nommé J. G. Chargé par eux d'opérer à San Luis la vente d'un chargement apporté de France par ce dernier, j'a vais pu apprécier ses bonnes qualités et ses connaissances du marché mexicain.

Après la dissolution de leur société, il avait, comme moi, fait un voyage en France, d'où il était revenu avec un nouveau chargement dont, comme moi encore, il terminait alors la réalisation. Nous voyant tous les jours, prenant en semble nos repas, je ne tardai pas à remarquer que M. C. me recherchait et paraissait désireux de se lier d'affaires avec moi, dans un genre qui nous était familier à l'un et à l'autre. Enfin, un jour il mêle déclara formellement et s'ouvrit d'un projet dont je n'hésite pas à lui attribuer la première idée. Plusieurs voyages qu'il avait antérieurement faits vers les côtes de l'océan Pacifique, lui avaient inspiré le désir de faire une opération de commerce en allant directement d'un port de France à un port mexicain du golfe de Californie. Ce fut ce projet qu'il me soumit en me proposant de m' associer à lui pour l'exécuter.

Mon association avec M. Capera, faite seulement pour une opération qui touchait à sa sin, ne pouvait m'empêcher d'écouter de nouvelles propositions. Je ne rejetai donc pas ses ouvertures et demandai seulement quelques jours de réflexion. j'avais alors à peine vingt-deux ans. Depuis la liquidation de la maison W. Watson et comp. de Liverpool, dans laquelle j'avais fait mon apprentissage commercial, c'est-à-dire depuis deux ans et demi, j'étais indépendant; mes affaires avaient prospéré et je jouissais d'un crédit considérable. Quitter cette position excellente et des amis anciens pour aller dans une contrée éloignée faire de nouvelles études et des connais sances nouvelles, ne serait-ce pas compromettre mon avenir? De plus, M. C. n'avait point reçu une éducation commerciale régulière, et je sentais que tout le poids de la direction d'une opération importante retomberait sur moi.

Ces graves consi dérations me sirent hésiter ; car, même à vingt-deux ans, alors que l' expérience ne nous a pas encore appris à douter de nos forces, alors que l' avenir semble si éloigné et si vaste, on ne le joue pas sans éprouver un certain effroi et une terreur se crète qui a son origine dans le sentiment instinctif de la faiblesse dont est frappé l'individu isolé dans le monde. D'un autre côté, repassant dans mon esprit le chemin que j'avais fait depuis que, seul, j'avais osé commencer les affaires ; considérant que tout m'avait réussi; que j'avais rapidement

Chapitre I

acquis un capital, je me demandais pourquoi je ne réussirais pas encore. Aller dans un pays peu connu et de la richesse duquel on disait des merveilles, n'était-ce pas le moyen de faire une fortune plus rapide? Ensin, le prestige qui, chez un jeune homme peu expérimenté et enthousiaste, s'attache à l'in connu ; l'idée d'accomplir un grand voyage, de courir des dangers, de faire, en un mot, ce que tout le monde ne fait pas, tout cela me séduisit et entraîna ma détermination. J'ac ceptai l'ofire de M. C. Mais il restait encore une condition, la plus importante, à examiner et de laquelle dépendait mon acceptation désinive : c'était celle de la réunion des capitaux nécessaires à l'exécution d'un projet aussi vaste. L' addition de mon apport à celui de M. C. et au chiffre probable du crédit que nos relations déjà étabsies nous permettaient d'espérer obtenir en France, ne présentait, selon moi, qu'une somme insuffisante.

M. C, au contraire, n'y regardait pas de si près et voulait à tout prix m' entraîner en donnant beaucoup au hasard; mais je résistai. Cependant ses propos séduisants m' avaient graduellement con duit à un vif désir de faire cette entreprise et j'en cherchais les moyens dans mon esprit, lorsqu'il s'en présenta un que je tentai aussitôt et qui réussit. II y avait à San Luis , un négociant étranger ayant la répu tation d'être fort riche, qui m'avait toujours témoigné une grande amitié et manifesté souvent son désir de m' être agréa ble. Si j'avais momentanément besoin d'argent, il s'empressait de m'ouvrir sa caisse ; de ses magasins pour loger des marchandises,*il les mettait à ma disposition. M. Louis D., c'était son nom, avait trente-quatre ans. Né à Paris, il avait été, dès son enfance, envoyé à Philadelphie, où il avait été élevé aux affaires dans les meilleures maisons de commerce de cette grande cité.

C'était un homme laborieux, bien élevé, parlant les langues avec perfection, connaissant bien les affaires, plein de tact et de finesse et d'un commerce agréable. Mais toutes ces qualités étaient ternies par une avarice sordide qui lui avait attiré la haine ou l'éloignement de tous les étrangers de la ville. Son avarice était telle, en effet, que, par des motifs d'économie, il ne vivait pas à la modeste pension commune à tous les résidents étrangers dans les affaires, même aux moins riches et aux simples employés. II allait prendre ses repas au marché public, presque pour rien, parmi les gens de la plus basse classe. Se refusant tous les plaisirs, il s'enfermait dans ses ma gasins pendant les jours fériés et passait son temps à compter ses piastres, à les trier, à les peser et les classer, à essayer des morceaux d'or sur la pierre de touche, se livrant, en un mot, aux pratiques des Juifs de la vieille roche.

Souvent je l' avais surpris dans ces opérations, car ne blessant pas son infirmité morale, il me recevait toujours avec plaisir, même au milieu de ses occupations les plus secrètes et les plus im portantes pour un homme livré à la passion d'une insatiable cupidité. J'allai le trouver et lui ayant exposé notre projet, je lui demandai s'il lui conviendrait de me prêter, pour l' exécuter, une forte somme moyennant intérêt. II m' écouta avec attention, et lorsque j'eus fini de parler, il me dit aussitôt : « Com bien vous faudrait-il? » Je fixai le chiffre. « Eh bien! mon u cher, dit-il sans hésiter et sans prendre le temps de réfléchir, « vous savez que j'ai confiance en vous; si donc vous voulez « m' intéresser pour un tiers à votre opération , vous n'avez <i qu'à rédiger un acte de société entre nous, et vous pourrez, « dès aujourd'hui, disposer de la somme que vous demandez. » De la part d'un homme aussi cauteleux, aussi défiant, une résolution si franche, si prompte, me causa la plus grande sur prise et en même temps un vif sentiment de satisfaction , car elle était une preuve de la confiance sans bornes qu'il avait en moi et aussi de la sincérité de son amitié. J'ai remarqué depuis lors, que par une bizarrerie singulière du cœur humain, on trouve souvent, chez les avares, de ces

CHAPITRE I.

5 prédilections marquées, en opposition absolue avec leur passion dominante. Quant à M. D., jusqu'à sa mort, qui arriva vingt ans plus tard, il ne cessa jamais d'avoir en moi la confiance la plus absolue. Plusieurs fois il déposa en mes mains des sommes très-importantes sans jamais en demander même un simple reçu; et pourtant son avarice, au lieu de diminuer, n'avait fait que grandir, au point qu'il se refusait presque le néces saire. Après avoir communiqué cette proposition à M. C. qui l'accepta, rien ne s'opposait plus à la réalisation de nos projets. Un acte desociétéfut signé pour la durée de l' opération, sous la raison C. , C. et D. ; puis, sans perdre de temps, nos fonds furent expédiés sur Tampico, par une conducla qui se préparait en ce moment même à partir. M. C. et moi laissant notre associé chargé de la liquidation de nos affaires antérieures, nous par tîmes avec le convoi pour ce port de mer, où nous devions nous embarquer pour la France.

Après sept jours de route à cheval, car on ne voyageait pas autrement alors, les routes carrossables étant encore inconnues en ce pays , nous arrivâmes heureusement à Tampico , où j'avais débuté dans les affaires et où j'avais de nombreux amis. Tampico est une jolie petite ville de trois mille habitants, dont j'ai vu construire les premières maisons. Elle est située au bord et sur la rive gauche du fleuve qui lui a donné son nom. Bâtie sur une éminence, en un site délicieux d'où l'on do mine le cours du fleuve, le lac au delà et les forêts qui l'en tourent, elle serait un séjour des plus agréables, n'était la visite annuelle de la fièvre jaune qui parfois y exerce de terribles ravages. Mais son port n'est accessible qu'à des navires d'un faible tonnage, parce que sa barre dangereuse n'a qu'une profondeur moyenne de 8 à 9 pieds.

Nous aurions désiré nous rendre directement à notre desti nation, mais il n'y avait alors qu'un seul petit navire français du port du Havre, le Vigilant, trop mal emménagé pour prendre des passagers. Nous nous bornâmes donc à charger nos fonds à son bord. Ensuite, munis de nos connaissements, nous prîmes passage pour New- York sur la goëlette américaine Altamira, capitaine Moore, qui mit en mer le 28 mai vers le soir, avec une jolie brise de terre et par le temps délicieux qui règne dans ces parages à cette époque de Tannée.

Chapitre II

Sons le vent do Cuba. — Les animaux de terre à "bord des navires. — Attraction des corps flottants. — Coup de vent au cap Hatteras. — Poissons de la rivière do Tampico. — Raisins du Tropique. — Grand courant de la mer ou gulf-stream. — Sa cause, ses effets, — Arrivée à New-YorX. Sous le rapport météorologique, le vaste espace occupé par le golfe du Mexique, traversé presqu'à son milieu par le tropique du Cancer, éprouve dans le cours d'une année trois états bien marqués. Depuis la fin de janvier jusqu'à la fin de mai : temps par faitement serein , chaleur forte pendant le jour, mais rendue supportable par le souffle régulier de Talizé ou vent d'Est. De juin à octobre : chaleurs brûlantes , pluies diluviennes accom pagnées de violentes mais passagères bourrasques qui déga gent une immense quantité d'électricité.

Enfin, de novembre à sin janvier : ouragans et tourbillons formidables et dévasta teurs qui semblent parfois menacer de dissolution le globe que nous habitons. Nous étions précisément à la fin de la première et plus heu reuse de ces trois périodes ; aussi la transition commençait-elle déjà à se faire pressentir par Tapparition, vers le milieu du jour, de nuages blancs et isolés que les marins nomment balles de coton. Ils sortaient de Thorizon les uns à la suite des autres et s'élevaient dans l'espace qu'ils traversaient rapidement, sans laisser d'autres traces de leur passage que quelques rares et lointains coups de tonnerre. Premiers grognements du monstre qui commence à se réveiller, ces explosions électriques ressemblaient pourtant encore plutôt à un avertissement salutaire qu'à une menace au navigateur.

Les nuits étaient rendues délicieuses par la fraîcheur d'un zéphir plutôt que d'une brise, et merveilleuses par la sérénité d'un ciel qui nous montrait à découvert ses millions d'étince lantes étoiles. Seuls passagers sur le navire, mon associé et moi, le plus souvent en compagnie du capitaine Moore, nous restions sur le pont jusqu'à une heure très-avancée de la nuit, fumant et devisant, promenant ou couchés sur les bancs, le visage tourné vers le firmament. Nous jouissions largement de la beauté, de la douceur de cet heureux climat, non toutefois sans porter notre pensée vers un avenir prochain et des scènes d'une nature qui nous était encore inconnue. Vers le milieu de la septième nuit, nous entrâmes tout à coup dans une atmosphère embaumée de tous les parfums que pro duit l'Amérique vers la zone torride.

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