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Zayde

Madame de La Fayette · 1820 · Free in the US

155,512 words · about 10 h 53 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1820 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Zayde&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Madame de La Fayette
Language
French
Published
1820
Length
155,512 words · about 10 h 53 min
Sections
3 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (3)
  1. Front matter about 5 h 27 min
  2. Première partie about 2 h 41 min
  3. Seconde partie about 2 h 45 min

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Front matter

PREMIÈRE PARTIE

Espagne commençait à s’affranchir de la domination des Maures. Ses peuples, qui s’étaient retirés dans les Asturies, avaient fondé le royaume de Léon ; ceux qui s’étaient retirés dans les Pyrénées avaient donné naissance au royaume de Navarre : il s’était élevé des comtes de Barcelone et d’Aragon. Ainsi, cent cinquante ans après l’entrée des Maures, plus de la moitié de l’Espagne se trouvait délivrée de leur tyrannie.

De tous les princes chrétiens qui y régnaient alors, il n’y en avait point de si redoutable qu’Alphonse, roi de Léon, surnommé le Grand. Ses prédécesseurs avaient joint la Castille à leur royaume. D’abord cette province avait été commandée par des gouverneurs qui, dans la suite des temps, avaient rendu le gouvernement héréditaire, et l’on commençait à craindre qu’ils ne s’en voulussent faire souverains. Ils s’appelaient tous comtes de Castille : les plus puissants étaient Diégo Porcellos et Nugnez Fernando. Ce dernier était considérable par ses grandes terres et par la grandeur de son esprit ; ses enfants servaient encore à soutenir sa fortune et à l’augmenter. Il avait un fils et une fille d’une beauté extraordinaire ; le fils qui s’appelait Consalve, ne voyait rien dans toute l’Espagne qu’on lui pût comparer ; et son esprit et sa personne avaient quelque chose de si admirable, qu’il semblait que le ciel l’eût formé d’une manière différente du reste des hommes

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