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TROIS
PETITS POÈMES
ÉROTIQUES
La Foutriade
LA
FOUTRIADE
POÈME HÉROÏ-COMIQUE ET LUBRIQUE EN SIX CHANTS
PAR M. L. A. L.
STANCES
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À PARIS
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
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1828
01
SOMMAIRE
Attention !… Je chante et les vits et les culs, Les couilles et les cons, et les jeux de Vénus, Et les chancres rongeurs, et la vérole affreuse, Enfin les maux qu’on gagne en foutant une gueuse.
O toi, dieu paternel des lubriques amours, Priape, à qui mon vit sacrifiera toujours, Viens échauffer mes sens, viens embraser mon âme. Et, pour peindre en beaux traits le sujet qui m’enflamme,
Prête-moi, pour pinceau, ton intrépide engin, Et, pour encre, les flots de ton foutre divin !
Phœbé quittait les cieux. L’amante de Céphale Ouvrait de ses doigts d’or la porte orientale. Phœbus paraît bientôt. Mais ses tremblants rayons Dorent, comme à regret, les fiers sommets des monts. Son char éblouissant sous la céleste voûte Parcourt avec lenteur sa lumineuse route. Phœbus n’embrase plus : ses feux sont amortis : Ce Dieu vient d’obtenir les faveurs de Thétis : Dix fois il l’a foutue, et dix fois sa semence En sortant à flocons a prouvé sa puissance. Tant de coups toutefois ont affaibli ses sens, Et Phœbus sous les cieux se traîne à pas pesants.
Cependant les humains, à sa pâle lumière, Entr’ouvrent en bâillant une rouge paupière. Tous sortent de leur couche, et volent aux travaux Qu’ils s’étaient préparés au moment du repos.
Viferme, l’ancien chef d’une île que les ondes Vomirent tout à coup de leurs grottes profondes, Se dirige à grands pas sous le feuillage épais Où déjà l’attendaient tous ses anciens sujets. C’est là qu’ils vont nommer pour chef de leur milice Celui qui d’un rectum foutra mieux l’orifice. Viferme au même instant a prononcé ces mots :
« Depuis que nous vivons, sur la face des flots » L’astre majestueux d’où nous vient la lumière,
» Vingt-cinq fois a rempli son annale carrière. » Nous avons vingt-cinq fois élu pour gouverner » Ceux qui dans nos combats surent le mieux piner. » Leur règne avec l’année a toujours eu son terme. » C’est hier qu’a fini le règne de Viferme. » Oui, déjà, compagnons, un an s’est écoulé ; » Depuis que ma flamberge a si bien enculé ; » Depuis que j’ai vaincu Foussicoup, Donnedousse, » Roidengin, Vibandant, Fierfouteur, Onzepouce, » Tous autrefois vos chefs, et dont les vits membrus » Foutent jusqu’à sept fois le plus étroit anus. » Je les vois : leur vigueur à ce discours augmente. » Leurs vits lèvent déjà leur tête menaçante… » Allons, plus de retard : foutons, foutons, amis. » Au plus ardent fouteur jurons d’être soumis. »
Il dit, et ce serment que le peuple répète, Aux vits ouvre la lice en guise de trompette.
O fortunés humains ! Gais et francs enculeurs ! Non, les femmes n’ont jamais causé vos douleurs. Non jamais, peuple heureux ! de puantes matrices N’ont offert à tes vits leurs mortels précipices. Non, tu ne connais point ce sexe trop pervers Dont les cons vérolés dépeuplent l’univers. Né d’un enchantement, d’un céleste miracle, De tétons allaitants tu n’eus point le spectacle. Et relégué tout seul sur des bords inconnus, Tu ne fous d’autres trous que le trou de l’anus.
Le peuple cependant baisse le testicule,
Lève un vit, tend un cul, se baisotte et s’encule. Tout est en mouvement. Les uns sur le gazon Donnent des coups de ventre et des coups de plastron, Les autres, mieux placés sur d’humaines échines, Donnent, en soupirant, des coups de culs, de pines. Ici c’est Foussicoup, qui, dans un fondement, Seringue les bouillons de son foutre écumant ; Couillemorte plus loin verse un foutre à la glace ; Vimollet, près de lui, semble demander grâce ; Mais au fond du rectum, Viferme jouissant, Pour la seconde fois lance un germe bouillant. Onzepouce le voit : son long engin enrage, Et sa liqueur enfin s’est ouverte un passage. Il soupire, et bientôt, reprenant sa vigueur, Son vit enfonce encore un gros postérieur. Vibandant quatre fois a perdu sa semence, Mais, déjà las de foutre, il tombe en défaillance. Onzepouce le suit. Après trois coups fameux Roidengin affaibli, pâle, tombe avec eux. Fierfouteur, dont le vit soudain devient mollasse, En frémissant de honte abandonne la place. Et Donnedouce enfin, ne pouvant enculer, Par la main d’un ami gaîment se fait branler.
L’imprudent ! Juste ciel ! s’oser branler la pine ! Hélas ! il ne sait pas qu’il cause sa ruine, Et qu’en branlant sa verge il fait naître en ses flancs Un poison qui le traîne au cercueil à pas lents.
Les autres champions confessent leur défaite : Un coup seul tous les ans les fait battre en retraite.
Mais le fougueux Viferme et le fier Foussicoup Tirent en ce moment leur cinquième coup. Leurs vigoureux engins sont les seuls qui disputent Le sceptre pour lequel au fond des culs ils luttent. Viferme a déchargé. Rien n’abat sa vigueur. Et sans sortir du trou qu’inonde sa liqueur, Sa broquette rebande et refout le derrière Qu’elle a déjà cinq fois humecté de matière. Foussicoup essoufflé, lime et décharge encor, Mais succombant enfin sous un pénible effort, Il cesse de bander, il se pâme, et sa pine Sort d’un cul dans lequel en vain elle s’échine. Viferme alors versait en de jaunes parois Le foutre qui le va mettre au rang des rois. Puissant et noble foutre ! oui, c’est toi seul qui nommes Viferme souverain de ces enculeurs d’hommes ! C’est toi qui sur ton vit roide et victorieux Fais poser aujourd’hui des lauriers glorieux !… Oui, ce vit est orné d’une double couronne. Viferme à tous les yeux l’expose sur un trône. Ainsi le veut la loi, bientôt tous les vaincus Viennent baiser ce vit, savonnette des culs. Vimollet, le dernier, vers lui se précipite… O surprise ! ce vit qu’un vit mollasse irrite Rappelle tout à coup sa force et sa roideur, Et casse une des dents du pétulant baiseur. Vimollet se résigne, et loin qu’il en soupire, Avec tous ses amis, ce vrai sage en sait rire.
Mais le signal se donne : à de nouveaux plaisirs Ce peuple maintenant occupe ses loisirs,
Enfin n’en pouvant plus, tombant de lassitude, Chacun des enculeurs cherche la solitude, Et couché mollement sur la feuille des bois, Ronfle tout aussi bien que nos indolents rois.
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02
SOMMAIRE
De la blanche Phœbé le lumineux croissant Reflète sur les bois son éclat pâlissant : Tout repose dans l’île : au loin l’onde écumante Porte un léger vaisseau vers cette île charmante. Des femmes que la France écarte de son sein Le montent. Vastecon, cette franche putain,
Commande en souveraine au bataillon femelle. Naguère un songe apprit à cette maquerelle Qu’au sein de l’Océan des hommes inconnus N’avaient jamais foutu d’autres trous que les culs. Elle assemble aussitôt dans sa mansarde obscure, De garces, de putains, une phalange impure, Et leur parle en ces mots :
« Vous toutes dont les cons » Du mien depuis longtemps sont les chers compagnons, » Prête-culs, lèche-vits, branleuses et fouteuses, » C’est assez dans Paris traîner des jours de gueuses. » Quels chalants trouvons-nous depuis que le Palais » Attire dans son seing même jusqu’aux valets ? » La police nous veille ; et toujours à nos trousses » Nous défendra bientôt même le don des dousses. » Plus nous différerons à fuir ces maudits lieux, » Garces ! plus notre sort deviendra malheureux : » Partons ! l’honneur l’ordonne : et quoi ! sur cette plage » Et nos mains et nos cons seraient en esclavage ? » Non ! fuyons ! sauvons-nous d’un opprobre éternel ; » Cherchons la liberté sous un plus juste ciel ; » Cherchons-là dans cette île où d’humaines broquettes » N’ont jamais dans des cons foutu leurs rouges têtes : » Oui, c’est là seul qu’enfin nous pourrons librement » Foutre, branler, lécher, ouvrir le fondement. »
Vastecon a parlé. Les bravos des donzelles Approuvent bruyamment le coq des maquerelles.
On jure de la suivre ; on la suit, et les flots Au peuple des putains bientôt prêtent leur dos. Conouvert sur l’esquif était en sentinelle. Ses regards sur la mer se portent… Que voit-elle ? La terre !… ô douce joie !… aux cris de la putain On accourt, et l’esquif touche la rive enfin. Alors, non loin de là, le cul de Bandalaise La veille trop foutu, rendait le foutre à l’aise. Mais soudain, tout tremblant à l’aspect du vaisseau, Bandalaise se lève, et d’un agile saut Se lance vers les lieux où le peuple repose, Puis de sa juste peur communique la cause. Chacun tremble. Viferme appelle au même instant Foussicoup, Fierfouteur, Roidengin, Vibandant.
« Allez, dit-il, allez, enculeurs redoutables, » Reconnaître l’objet enfoncé dans vos sables. » Allez, et revenez vers vos fouteurs amis » Dissiper la frayeur qui fait mollir leurs vits. »
Il se tait. Aussitôt ces hommes intrépides Vers le bord de la mer portent leurs pas rapides. Vastecon les a vus. Elle avance vers eux. Nos fouteurs ont pâli. Plus ferme et courageux Foussicoup cependant rompt ainsi le silence :
« Quel es-tu ? que veux-tu ? quelle est ton espérance » En osant apparaître en ces lieux enchanteurs » Où Viferme gouverne un peuple d’enculeurs ? » — Je veux, dit la femelle, à l’engin de Viferme,
» Offrir les charmants culs que ce vaisseau renferme… » Guides-nous donc vers lui. — Suivez-moi. » Vastecon Réunit à ces mots son rusé bataillon, Et dès qu’une ancre sûre arrête le navire, Les femmes vers le roi se font gaîment conduire. Viferme les reçoit. A l’aspect des putains Tout le peuple étonné sent frémir ses engins. Mais Vastecon :
« Amis, vos pines vigoureuses » Ont trop longtemps foutu des cavités merdeuses. » En de plus nobles trous, il faut, fiers enculeurs ! » Il faut que vous lanciez vos brûlantes liqueurs. » Vous seuls ne savez point le plaisir indicible » Qu’éprouve en nous foutant l’homme le moins sensible. » C’est pour vous procurer ce plaisir que nos pas » Ont osé se porter vers vos riants climats. » Oui, peuples ignorants, oui, sachez qui vous êtes : » Vous êtes hommes, grâce, oui, grâce à vos broquettes. » Et nous ! voyez ce trou qu’ombrage un poil épais : » Reconnaissez la femme et soyez satisfaits. » Foutez-nous : nos vagins vous ouvrent leurs charnières. » Foutez-nous : mais cessez d’enfiler des derrières. » Foutez-nous : c’est ainsi que vous savourerez » Un plaisir, un bonheur que, seuls, vous ignorez. » Foutez-nous… quoi ! corbleu !… vous reculez… sauvages ! » Voulez-vous donc mourir avec vos pucelages ? » Non, non, nous les aurons… si quelqu’un d’entre vous » Doute des vrais plaisirs qu’on trouve dans nos trous, » Qu’il s’avance. Voici, voici mon con en lice. » S’il le fout sans goûter le plus charmant délice,
» Je veux que loin de l’île où pettent vos anus » Vous nous chassiez soudain à coup de pine aux culs. »
Elle parlait encor que, l’urètre bandante, Près du con à baiser Viferme se présente. « C’est moi, dit-il, c’est moi qui te vais enfiler. » Je bande : Vite donc. Mon foutre va couler. »
La donzelle se couche, écarte chaque cuisse, Tend le cul, prend le vit, le fout dans sa matrice. C’est alors que Viferme, à peine respirant, Par trois fois lève un cul qu’il baisse en soupirant. Mais il décharge enfin. Un long soupir l’indique. Il embrasse vingt fois la fouteuse publique. Et sortant tout à coup de ses amoureux bras :
« Non, femmes, ventrebleu ! vous ne nous fuirez pas. » Vos cons sont en effet la source des délices. » J’y veux accoutumer des vits encor novices. » Oui, peuple, je consens que vous foutiez le trou » Que la femme se branle où l’homme branle un bout. » Je consens… » A ces mots, quel risible spectacle ! L’heureux consentement est donné. Plus d’obstacle : D’une garce soudain chacun charge son dos Et l’emporte en bandant à l’ombre des ormeaux. Viferme reste seul avec la mère abbesse Dont son foutre a déjà mouillé la double fesse.
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03
SOMMAIRE
« Oui, disait en baisant Viferme à Vastecon, » L’anus est loin d’offrir tous les plaisirs du con. » Je reconnais enfin que la sage nature » Ne nous a fait des vits que pour cette ouverture, » Et que l’homme cochon qui fout un trou merdeux » Est indigne de voir la lumière des cieux… » Quoi donc ! on s’étendrait sur une maigre échine » Alors qu’on peut presser une grasse poitrine, » Des tétons arrondis, un blanc, un divin cou… » Non ! pour être enculeur, certe, il faut être fou, » Fou, dis-je, puisqu’on fuit le bonheur ineffable » D’embrasser, de lécher un visage adorable, » Comme le tien… salope… » A ces mots, tout pâmé, Il donne à la donzelle un baiser enflammé,
Alors que son pénis dans la large matrice Fait d’un foutre brûlant un second sacrifice. Mais son vit rebandé charge un troisième coup Pendant que Conouvert fatigue Foussicoup.
Ce terrible fouteur, dans sa rage amoureuse, A saisi dans ses bras sa garce de baiseuse. Il est debout. Ses mains lui soutiennent le cul. Les pieds de la putain pressent son trou poilu. A son cou qu’elle embrasse, elle se tient pendue ; Et par un vit énorme elle est ainsi foutue. Mais Foussicoup, lassé de la piner debout, L’étend sur le gazon, la serre et la refout.
On voit non loin de là sur le tronc d’un vieux chêne Onzepouce enfiler Petitcon avec peine. Vingt fois, mais vainement, dans le génital trou Il s’échine à pousser son prolifique bout : Vainement il s’irrite : Il faut qu’il se soumette A laisser hors du con le tiers de sa broquette, Et craignant de casser ce charneux instrument, On le voit dans ce con le branler doucement. Petitcon cependant sur sa dure couchette Faisait plus vivement remuer sa rosette, Et pressant le gazon de ses talons crasseux, A tous ses mouvements elle se livrait mieux.
Plus loin, contre un tilleul, Consale est appuyée. A la hauteur du cul sa tête s’est pliée ; Et par derrière ainsi la garce à Vibandant Présente un clitoris tout noir et tout puant,
N’importe : Ce mortel courbé sur une échine Fait agir dans le con sa frétillante pine, Tandis que Fierfouteur dans un profond vagin Enfonce à coups pressés son long et maigre engin. Sa semence s’échappe ; il déconne ; il regarde… O terreur ! un sang noir couvre sa hallebarde ; Tous ses poils en sont teints ; ses couillons suspendus Dégouttent à la fois et de foutre et de pus. Laréglée a souri. Fierfouteur jure, tonne. Il menace ; et sa main va frapper la cochonne Quand celle-ci pressant ses poils touffus et longs, En lave du baiseur la verge et les couillons, Puis offrant à son vit un emmerdé calice, Lui fait dès qu’il le fout oublier la matrice.
Longvit, en ce moment entre deux blancs tétons, D’une chaude liqueur déchargeait les flocons. Et le vif Roidengin sous une blonde aisselle Raclait avec ardeur une pine pucelle.
Mais les autres mortels déjà ne foutent plus. Ils sont las de jouir au fond des utérus ; Et couchés sur les seins de la gent putassière Aux lubriques plaisirs ils ouvrent la carrière.
Sous ce saule voûté, c’est l’heureux Couilleaucu Qui serre dans ses bras la chaude Sansvertu. Il lui baise la bouche, et sa langue brûlante Lèche de Sansvertu la langue dégoûtante.
Près d’eux, c’est Percecul qui suce avec transport
La vulve que son germe humecte et baigne encor. Même Nouvelengin, sa langue téméraire Dans le trou vaginal s’enfonce tout entière, Et frottant avec force en fait jaillir bientôt Un foutre purulent qu’elle hume aussitôt. O mortel ignorant ! Gamahucheur novice ! Que n’as-tu donc sucré les bords de la matrice ! Le goût de la semence eût été moins mauvais, Et n’eût point tant alors révolté ton palais. Recommence… que dis-je ?… arrête !… c’est aux pines A baiser, à presser d’urineuses babines. La langue des cochons, seule, ose les lécher. Que la tienne à jamais cesse donc d’y toucher ! Oui, laisse à la salope accouplée à Jeanfesse L’honneur de s’enivrer d’une liqueur épaisse. Regarde : Ce Jeanfesse est debout. La putain Lui serre les genoux et lui suce l’engin. Il décharge, et son sperme à gros bouillons ruisselle Dans l’aspirant gosier de la vile donzelle.
A l’ombre d’un fouteau, Mincengin moins cochon Suce les deux tétins de la jeune Blancon.
Ici, c’est Vitenmain qui fout à Donnedousse En lui pressant la verge une solide dousse. Là, trois autres putains d’un poignet vigoureux Branlent diversement trois chaleureux. L’une, ainsi que l’on roule un moelleux sucre d’orge, Roule dans ses deux mains un vit qui se rengorge
Sur le ventre de l’homme, et d’une seule main, Tel que du chocolat l’autre roule un engin ; Branlant en postillon, les doigts de la dernière En amusant un vit, titillent un derrière.
Trois salopes plus loin n’ayant point d’amateurs Savent se divertir sans vits et sans fouteurs. Vieuxtignon, Conusé, deux de ces trois donzelles, Se branlent les vagins, se sucent les mamelles, Tandis que Malfoutue en son con empesté Enfonce et fait agir un engin velouté.
Qu’aperçois-je ? Cinq vits dressant leur tête altière Sont mus en même temps par une putassière : Ses mains en branlent deux ; sa bouche et son anus Sont, ainsi que son con, par trois autres foutus. Les hommes, la putain soupirent et jouissent… Soudain… tout est fini : Les semences jaillissent.
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SOMMAIRE
O rigoureux destin ! un cuisant repentir Doit donc suivre toujours un moment de plaisir. Eh quoi ! l’homme ne peut goûter de jouissance Sans qu’à des maux cruels l’homme donne naissance. O Dieu, qui le formât, que n’as-tu donc permis Que jamais aucun con n’infectât son pénis, Qu’il ignorât ces maux qui d’une course agile Traînent vers le tombeau son squelette mobile ! ! ! Malheureux habitants de ces bords empestés ! C’en est fait : jusqu’aux dents, tous, vous êtes gâtés. Vous tombez de langueur ; et vos pines mollettes Sous des amas de pus cachent leurs jaunes têtes. Dix jours de jouissances et de plaisirs charnels Ont changé ces plaisirs en des tourments cruels. Vous pleurez maintenant. L’écho de vos rivages Vous entend regretter vos défunts pucelages.
Mais ces tristes regrets, hélas ! sont superflus : Qui perd ce chaste bien ne le retrouve plus !
Heureux ceux qui pour foutre une publique motte Revêtent leurs engins d’une anglaise capotte ! Ceux-là, tout en goûtant des plaisirs enchanteurs, Sont certains d’échapper aux maux de nos fouteurs.
Grands dieu ! comment décrire un spectacle semblable. Puis-je, encor jeune et sain, puis-je en être capable ?… Que dis-je ? Eh ! n’ai-je pas ma muse pour soutien. Je puis donc peindre aussi le mal vénérien. Oui, ma muse, déjà je cède à ton empire, Déjà ton divin souffle et m’échauffe et m’inspire ; Déjà même Esculape accourant à ma voix M’explique et me décrit tous les maux que je vois.
Viferme, Roidengin, Foussicoup, Onzepouce, Fierfouteur, Couilleaucu, Vibandant, Donnedousse, Bandalaise, Longvit, enfin tous les humains Dont les vits ont naguère enfoncé des vagins,
Tous ont extrait des cons un virus morbifique. O ciel ! c’est le virus du mal syphilitique. Il coule en globes verts, opaques et muqueux Des vits qu’ont amollis des tourments trop affreux. L’urine en jaillit-elle ? Aussitôt ces broquettes D’une ardente cuisson sentent brûler leurs têtes. Soudain, tous ces engins, tous ces tubes charneux Qui lançaient autrefois le foutre jusqu’aux cieux, Se courbent. Un cordon au même instant les serre,
Et les tient humblement prosternés vers la terre. Le mal en est accru. C’est peu ; fornicateurs ! Avec la syphilis naissent mille douleurs :
Regardez votre roi se gratter la flamberge : Un prurit violent a fait rougir sa verge. Mais un chancre paraît. Il s’étale ; il blanchit ; Il creuse un vaste trou sur la tête du vit. Alors qu’il évacue une liqueur gluante, Ou plutôt une humeur vireuse et purulente. Le prépuce, ô terreur ! le prépuce doré Vers la moitié du gland déjà s’est retiré, Et serrant sans pitié la moitié qu’il renferme Dans les plus grands tourments, précipite Viferme.
Non moins mal partagé, le pauvre Foussicoup Voit deux bubons enfler et son aine et son cou. De cuisantes douleurs chaque bubons l’accable, Le virus s’en échappe en fleuve intarissable, Et coulant sur son corps y pullule bientôt Des boutons où le pus établit un dépôt. C’est peu : croyant sans doute apaiser sa souffrance, Il saisit le bubon né non loin de sa panse. Il le presse, et le pus frappant ses cristallins Aveugle pour jamais ce briseur de vagins.
Bandalaise l’a vu. Quelle crainte l’agite ? Vingt fois il fait rouler son scintillant orbite. Il regarde ; il distingue. Eh bien ! il doute encor Si, grâce à ses poulains, il n’a pas un tel sort.
Le sale Percecu, ce lécheur de matrice,
Lui surtout, a gagné plus que la chaudepisse. Oui, lorsqu’il s’abreuvait au fond d’un utérus, L’imprudent s’enivrait d’un empesté virus. Il en baignait sa langue, et sa langue puante Boit maintenant le jus d’une tumeur rongeante : Un chancre la dévore ?… Eh ! oui, voilà, cochon ! Le prix qu’a mérité celui qui lèche un con.
Et toi, toi Vimollet dont le doigt intrépide A titillé vingt fois une vulve fétide, Malheureux ! tu n’as point avec impunité Éprouvé ce plaisir dans un con infecté : Ton doigt s’est inondé d’une humeur virulente : Un ulcère y nourrit sa tige dévorante… Mais qu’entends-je ! quels cris répètent les échos ? Onzepouce, c’est toi qui te plains de tes maux. Hélas ! pauvre Onzepouce, une brûlante fièvre Te mine et fait errer le trépas sur ta lèvre. Ta verge est tout en sang, et pour comble d’horreur, Tes couillons au quintuple ont doublé leur grosseur. Tu marches. Tel jadis Denis porta sa tête, Tu portes dans tes mains ces pendants de broquette ; Et cet enfant qui prit sa culotte pour pot Écarte moins que toi l’un et l’autre gigot.
Le peuple cependant étendu sur le sable, Élève vers le ciel une voix lamentable. C’est en vain. Tout est sourd aux cris de nos fouteurs. Gervais que n’es-tu là pour calmer leurs douleurs !
Les uns n’ont plus de poils, n’ont plus de chevelure. Leurs os sont attaqués d’une carie impure. Elle en ronge la moelle ; elle les ramollit, Un sanieux liquide en globes en jaillit. A ces tristes mortels vainement on s’adresse : Ils ont perdu l’ouïe en perdant la sagesse. D’autres sont tout couverts de pustuleux boutons, Tels que crêtes de coqs, choux-fleurs et champignons. D’autres sont attaqués de rongeantes fistules Dans le nez, à la gorge, ainsi qu’aux testicules. Enfin sur tous ces corps les yeux épouvantés Ne voient jaillir que pus de cent trous infectés. Funestes résultats de toute gonhorrée Qui s’est, faute de soins, trop bien invétérée !
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SOMMAIRE
Alors que la vérole avait à nos fouteurs Fait sentir tout à coup ses mortelles douleurs, Les putains, qui craignaient les excès de leur rage, Avaient sur leur vaisseau fui non loin du rivage. C’est là qu’en s’abreuvant du robb de Giraudeau, Toutes du mal de con se guérirent bientôt. La maquerelle alors prend ainsi la parole :
« Nous voici donc encor quittes d’une vérole, » Garces ! Eh bien, il faut de nouveau la risquer. » Il nous faut sur ces bords de nouveau forniquer.
» Regagnons-les… Eh quoi ! privés de tout remède, » Ces hommes abattus que la vérole obsède » Effrayeraient-ils encor vos âmes ? Eh, putains ! » S’ils s’osent révolter n’avons-nous pas des mains ? » Plus fortes maintenant, ils nous sera facile » De rendre sous nos coups leur révolte inutile. » Oui, retournons vers eux ; dissipons toute peur ; » Et montrons, mordicus ! qu’une garce a du cœur. » « — J’approuve ce discours, réplique Laréglée : » Revolons promptement vers la gent vérolée. » Mais, source de ses maux, dites, ne faut-il pas » Par un remède sûr la sauver du trépas. » La justice le veut. Toutes, nous sommes saines. » Rien donc n’empêche plus que nous soyons humaines. » Oui, portons aux mortels, victimes de nos cons, » Portons-leur sans retard le robb que nous avons. » En éteignant leurs maux, nous éteindrons leurs haines, « Et nous vivrons près d’eux sans tracas et sans peines. »
Elle a dit. Les putains approuvent ses avis. Toutefois on convient qu’avant qu’ils soient suivis, On enverra dans l’île une digne ambassade Pour traiter de la paix avec la gent malade. Quelque faibles que soient ces hommes maintenant, Encor ne faut-il pas les braver fièrement. La colère d’ailleurs est mère du courage. Il ne faut pas sans but se livrer à leur rage. On restera sur l’onde alors que Poilépais A ces humains pourris proposera la paix, En jurant de leur rendre une heureuse existence S’ils veulent recevoir la féminine engeance,
S’ils veulent dans ses cons aujourd’hui nets et sains Après leur guérison foutre encor leurs engins.
Instruite exactement de son noble message, Poilépais fait cingler l’esquif vers le rivage, Tandis qu’à ses sujets Viferme dit ces mots Qu’entrecoupent vingt fois ses sanglots :
« Malheureux compagnons ! nous sommes les victimes » De monstres qu’ont vomis les liquides abîmes. » Nous les avons foutus. Soudain, de cruels maux » Nous ont fait regretter de n’être plus puceaux. » Vains regrets ! Nous souffrons. Mille douleurs cuisantes » Aiguisent sur nos corps leurs pointes déchirantes. » Le trépas même approche… Eh ! qu’il ne tarde pas » A plonger dans nos seins son tranchant coutelas. » La mort est chère à ceux que le malheur accable. » Appelons donc, amis, cette mort ineffable. » Qu’elle frappe !… que dis-je ? ah ! n’implorons ses coups » Qu’alors que les putains auront fui loin de nous. » Qu’elles n’insultent pas à notre heure dernière. » Qu’elles laissent nos corps giser sur la poussière » Pour que d’autres humains en parcourant ces lieux » Voient des amours lascifs les effets malheureux, » Et se gardent jamais de se livrer aux femmes » S’ils veulent éviter des châtiments infâmes. » Amis, renvoyons donc ce peuple de putains. » Que son vaisseau l’emporte en des climats lointains. » S’il résiste, s’il veut ne point quitter nos rives, » Gardons-nous d’écouter ses paroles plaintives. » Rappelons notre force et notre ancienne ardeur,
» Et frappons, immolons un peuple si trompeur. » Le ciel, ce juste ciel qui soutient l’innocence, » En nous rendant plus forts prendra notre défense. » Parlez. M’approuvez-vous ? »
De longs cris de bravos Couvrant de vains soupirs accompagnent ces mots. Mais le calme renaît. Viferme alors ajoute :
« Vous m’approuvez : Eh bien ! avance Pissegoutte. » C’est toi qui de nous tous est le moins attaqué. » Il est vrai que ton vit a le moins forniqué. » C’est donc à toi, baiseur, à toi seul que j’ordonne » D’aller vers les putains qui peuplent notre zône. » Tu leur commanderas de s’éloigner de nous, » Sinon de s’apprêter à recevoir nos coups. » Vas, vole, tu m’entends. »
Le vif parlementaire Court et d’un pied léger rase à peine la terre. Il touchait au rivage. A ses yeux étonnés Poilépais tout à coup a présenté son nez. « J’allais vers vous, dit-elle. — Et moi, vers ta peuplade. » Il lui dit aussitôt quelle est son ambassade. Poilépais irritée au même instant répond :
« Je vais de ton message instruire Vastecon. » Attends-moi. Je reviens te déclarer la guerre » Si nous nous décidons à rester sur ta terre. »
Elle fuit ; elle arrive ; elle instruit les putains
Des ordres insolents des vérolés humains. Toutes tremblent. Consale en ces mots se déclare :
« Garces ! fuyons, fuyons un peuple trop barbare. » Il demande du sang ; il veut notre trépas ; » Furieux, irrité, nous ne le vaincrons pas. » Sauvons-nous donc. On n’est ni lâche ni timide » En se hâtant de fuir une main homicide. »
A ces mots, tout à coup éclatent mille cris, Les uns approbateurs, les autres de mépris. Redoutant les effets de cette dissidence, La maquerelle parle, on l’écoute en silence :
« En conseillant la fuite ; en usant de son droit, » Consale vous parlait sans crainte, croyez-moi. » Je la connais. La peur n’est jamais son partage. » Elle a cru nous donner un conseil juste et sage. » Quelques-unes de vous l’ont jugé tel aussi. » D’autres et moi putain ne pensons point ainsi. » Il est vrai qu’en optant pour une fuite prompte » Nous fuyons des périls. Mais, grands dieux ! quelle honte » Quel opprobre éternel ne nous couvrirait pas ! » Nous, qui vers ces pays n’avons porté nos pas » Que pour sauver nos fronts d’un opprobre semblable » Qu’osait nous présenter un joug insupportable. » Non, nous ne pouvons fuir. Restons, c’est mon conseil, « Garces ! nous recevrons partout un joug pareil, » Mais sur ces bords, c’est nous qui seront souveraines ; » C’est nous qui forgerons et des lois et des chaînes. » Et vous voudriez fuir ? Non, ce sort est trop doux.
» Restons donc, des ribaux méprisons le courroux. » Si, quoique décrépits, ils osent nous combattre, » Plus saines, j’en réponds, nous saurons les abattre. » Quelles armes d’ailleurs peuvent-ils manier ? » Un frêle bois !… Mais nous… nous brandirons l’acier. » Oui, j’ai de rasoirs fins tout un assortissoire : » J’en armerai vos mains pour courir à la gloire, » Pour châtrer ces humains qu’une sotte bonté » Nous poussait bêtement à rendre à la santé. » Qui n’approuverait pas un conseil aussi sage, » Manquerait à la fois et d’âme et de courage. » Toutefois pour agir comme il convient : votons. » Veut-on combattre ? Eh bien ! qu’on se bouche les cons. » Veut-on partir ? » Soudain, quel mouvement ! Les gueuses Toutes dans leurs vagins foutent leurs mains crasseuses. Consale vote même en faveur des combats. Quel bruit ! Quelle allégresse ! et quels joyeux ébats ! Toutes, non pas demain, mais à l’instant même, Toutes veulent châtrer une engeance au teint blême. Mais Vastecon retient leur belliqueuse ardeur Et dit à Poilépais : « Vas vers l’ambassadeur. » Instruis-le qu’à jamais nous foulerons sa terre ; » Qu’à l’unanimité nous optons pour la guerre ; » Et que nous volerons aux batailles demain » Quand l’Orient luira des clartés du matin. »
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The end
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