Front matter
, Paris : Crapelet, 1803
, Paris : Deterville, 1826
Avertissement de la deuxième édition
La première édition du Traité d’Économie politique de , publiée en 1804, fut enlevée rapidement ; mais elle était à peine épuisée, que déjà il n’eût plus été permis d’en publier une seconde. La presse n’était plus libre ; toute représentation exacte des choses devenait la censure d’un gouvernement fondé sur le mensonge, et dont chaque mesure était une calamité.
Ce retard de dix ans n’a pas été perdu pour l’amélioration de cet ouvrage : l’auteur l’a refondu presque entièrement, et ce livre paraît aujourd’hui dans un ordre plus méthodique ; il est plus concis, et en même temps plus complet ; il est accompagné d’une Table analytique très-étendue, et d’un Épitome où se trouvent serrés et rapprochés les fondemens de l’Économie politique : enfin il devient un livre véritablement classique.
On sent que les traductions qui en ont été faites dans l’étranger, sur la première Édition, sont à refaire ; elles seraient trop en arrière de l’état présent de la science.
Avertissement de la quatrième édition
L’auteur a fait à cette quatrième édition de nouvelles corrections, dont quelques-unes sont importantes, ainsi qu’on peut s’en convaincre en lisant les Chapitres 7, 10, 15, 17, 21 du Liv. I, et notamment les nouveaux développemens donnés sur la balance du commerce, le commerce des blés, la nature et l’usage des monnaies. Les cinq premiers chapitres du Liv. II, ont été refaits presque entièrement, et présentent une théorie complète des valeurs et de leur distribution dans la société sous la forme de revenus. Les Chapitres 2, 3, 6, 8 du Liv. III, contiennent d’importantes augmentations. Enfin l’ouvrage servant actuellement de base à l’enseignement de l’économie politique dans tous les pays où cette science est professée, l’auteur a dû s’attacher à éclaircir, à fortifier, à compléter l’exposition des principes qui se trouvent résumés dans son Épitome. Il a corrigé ce qui avait été jugé défectueux ; il a présenté sous un nouveau jour ce qui n’avait été attaqué
Avertissement de la troisième édition
La première édition de cet ouvrage parut en 1803. L’auteur exerçait alors des fonctions qui pouvaient devenir importantes (celles de Tribun). Il s’aperçut bientôt qu’on voulait, non pas travailler de bonne foi à la pacification de l’Europe et au bonheur de la France, mais à un agrandissement personnel et vain, bien insensé, puisqu’il devait amener l’humiliation et la ruine. Ce que l’on conservait des formes de la liberté, ce que l’on proclamait de respect pour les droits de la nation et de l’humanité, n’était plus qu’un semblant destiné à leurrer le gros du public. Quant aux hommes qu’on ne pouvait duper, et qui ne se laissent pas acheter, ils étaient contenus par une administration active, appuyée de la force militaire.
Trop faible pour s’opposer à une telle usurpation, et ne voulant pas la servir, l’auteur dut s’interdire la tribune ; et, revêtant ses idées de formules générales, il écrivit des vérités qui pussent être utiles en tout temps et dans tous les pays. Telle fut l’origine de ce Traité d’Économie politique.
Après y avoir travaillé trois ou quatre ans, l’auteur n’avait encore que les matériaux d’un bon ouvrage ; et cependant le despotisme, ennemi né du bon sens, sa marche effrayante. Une police inquiète, acquérant chaque jour quelques-uns des droits que perdait la liberté, on voyait s’approcher de nouveau, et sous d’autres livrées, cette époque de terreur où le philosophe paisible et ami du bien, courait le danger d’être assailli dans son domicile, et de voir ses manuscrits, fruits pénibles de ses veilles, saisis et dispersés. L’auteur sauva le sien par l’impression, tout imparfait qu’il était, et tandis qu’on le pouvait encore.
Il fut éliminé du Tribunat ; et en même temps, par une contradiction qui n’étonnera que ceux qui n’ont pas assez étudié les hommes et les époques, on le nomma à un emploi lucratif. Mais comme il était hors de son pouvoir de changer les principes de l’administration, et hors de sa volonté de coopérer à des désastres, il envoya sa démission, et résolut d’essayer, dans un cercle borné, de faire le bien qu’on devait désormais désespérer d’opérer en grand. Il forma dans un méchant village, à cinquante lieues de Paris, une manufacture ou quatre cents ouvriers, la plupart composés de femmes et d’enfans, trouvèrent de l’occupation ; en peu d’années, il eut la satisfaction de voir l’industrie et l’aisance animer des campagnes où, durant plusieurs siècles, un régime féodal et monacal n’avait su entretenir que la mendicité et la misère.
Ses loisirs furent employés à perfectionner ce livre, qu’on ne pouvait plus des long-temps se procurer dans la librairie : il menait ainsi de front la théorie et la pratique. Enfin il profita de l’espèce de liberté qui suivit l’entrée en France des armées de l’Europe entière, pour donner de cet ouvrage une seconde édition, beaucoup moins que la première. Le Traité d’Économie politique reparait aujourd’hui avec de nouvelles et importantes corrections, où l’auteur a mis à profit les conversations qu’il a eues avec les hommes les plus distingués de la France et de l’Angleterre.
The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.
Loading the full text…
The end
You’ve reached the end of Traité d’économie politique.
