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DU MÉME AUTEUR
Contes Naturalistes, 1 vol. 4 fr. 50
(CINQUIÈME ÉDITION)
01
SOUS LE CIEL BLEU HISTOIRE VRAIE
Si vous n’êtes pas à Marseille, allez-y ; descendez la Canebière, rue superbe et unique au monde, précédée des somptueux hôtels de l’avenue Noailles, des platanes touffus des allées de Meilhan, avec, en bas, le pittoresque vieux port hérissant sa forêt de mâts sous les masses grises des forts Saint-Jean et Saint-Nicolas ; entrez à la Bourse, au café Glacier, au café Turc, n’importe où ; arrêtez les Grecs, les Arméniens, toujours très nombreux en cet endroit féerique de la belle Phocée ; adressez-vous aux bateliers, qui, flairant en vous un étranger, quittent déjà leurs esquifs rangés en bataille le long du quai de la Fraternité, pour venir vous proposer une promenade à la Joliette, au château d’If, aux îles du Frioul ; parlez aux douaniers mélancoliques qui sont de garde, au moindre passant, tous, sans exception, vous indiqueront la maison Henri Pradel et , « exportation et importation », qui, sur le square de la Bourse, fait l’angle de la rue Paradis et de la rue Vacon.
C’est que la maison Henri Pradel et est une des plus solides maisons de commerce de Marseille. Depuis plus de quarante ans, les produits du nouveau et de l’ancien monde s’y croisent, représentés par quelques échantillons et des factures de diverses couleurs. Céréales des États-Unis, de Turquie, d’Odessa, d’Égypte, d’Algérie ; suifs de La Plata et de l’Australie ; cocons du Japon et soies de Chine, huiles d’Italie, arachide des côtes de Guinée, cuivre du Chili, or et argent du Pérou, plumes d’autruche, ivoire, nacre, perles fines ; tout, sauf peut-être les fourrures de la baie d’Hudson et du Kamschatka, se vend, s’achète, se troque dans les comptoirs du père Pradel.
Rien qu’à Marseille la maison compte vingt employés et fait un chiffre d’affaires annuel qui varie entre 40 et 60 millions. Ses courtiers, son maître portefaix, sont des personnages. Elle jouit d’un crédit considérable ; son papier vaut le billet de banque ; la signature de ses chefs n’a jamais été protestée ; hardi serait celui qui oserait dire que les Pradel sont des canailles ; vite, en bonne et due forme, on lui ferait perdre un procès en diffamation ; et pourtant, le soir, au café Bodoul, un des lieux de réunion des commerçants de Marseille, on entend quelquefois des choses très graves sur le compte d’Henri Pradel. On assure qu’au temps où l’homme du Nabab d’Alphonse Daudet avait la confiance de Saïd-Pacha, vice-roi d’Égypte, Pradel, de connivence avec ce cynique aventurier qui, comme chacun sait, volait odieusement le kédive, aurait expédié à dessein par un jour de grosse mer, vingt caisses contenant, au lieu et place de glaces de Saint-Gobain, de vieux morceaux de miroirs brisés. On parle aussi d’une commission considérable touchée dans l’affaire véreuse de la refonte des monnaies égyptiennes où l’homme du Nabab et un haut fonctionnaire de l’empire gagnèrent des millions. Plus récemment, on accuse Pradel d’avoir trafiqué dans le bois d’ébène et le bois de curcuma, « la traite des nègres et des coolies chinois. »
Mais, bah ! à Marseille, comme partout du reste, aujourd’hui, ce ne sont plus des taches qui comptent.
Voyez-vous là-bas, assis à son bureau, consultant sa clé pour envoyer à l’autre bout du monde une dépêche chiffrée, ce petit monsieur en redingote noire et en cravate blanche ? c’est Henri Pradel, le chef de maison, qui, en travaillant dix heures par jour depuis quarante ans, a amassé plusieurs millions. La tête est forte en regard du corps quelque peu voûté par tant et tant d’heures durant lesquelles il a fallu écrire, courbé en deux ; elle est éclairée par des yeux gris, vifs et perçants, pétillant d’intelligence ; et au-dessus du front creusé de rides et de plis profonds, se dresse une toison de mèches grisonnantes où le commerçant passe fiévreusement la main aux heures de crise. Pourquoi le père Pradel, qui n’est pas notaire et qui ne pleure en ce moment la perte d’aucun des siens, est-il en cravate blanche ? Simplement pour se conformer à un usage marseillais cher à tous ceux qui ont gagné de l’argent dans de grands coups.
Pas un livre, pas une brochure, pas même un dictionnaire dans le cabinet du chef de maison. Si le patron hésite sur un mot, bagatelle ; il met au besoin deux lettres pour une ; mais de tous côtés s’étalent en désordre des échantillons : pains de savons, graines diverses, poudre d’or, fioles d’huile, petits sacs de sucre, de poivre, d’arachide, de café ; ça et là, traîne une plume d’autruche, une morue, une dent d’éléphant. Le planisphère Babinet décore l’un des panneaux de la pièce, faisant vis-à-vis au panorama du Bosphore et du canal de Suez ; plus haut, tassée sur une étagère poudreuse, s’empile depuis plusieurs années la collection du Sémaphore.
« — Monsieur Octave », annonça de sa voix flûtée un jeune garçon d’environ dix-huit ans, au cou de fille et aux grands yeux noirs, très soigné de sa personne, depuis ses bottines vernies et ses ongles longs jusqu’à la raie correcte du milieu de sa tête.
Octave, fort gaillard de vingt-quatre ans, d’un noir aile de corbeau, œil et lèvre sensuels, était un des courtiers en blés de la maison.
Sans seulement serrer la main de Pradel qui était en train de cacheter sa dépêche chiffrée, le nouveau venu s’assit d’un air d’aisance sur le canapé de un grand divan à coussins moelleux, et tirant un calepin de sa poche :
— Rien de nouveau depuis hier soir ; c’est toujours 2,000 Ibraïla à 25 et 15,000 Azow à 18 ?
— Ça dépend. Quelque chose de plus si tu baisses, répondit Pradel sans détourner les yeux.
— Baisser ? Impossible ! fit Octave en se levant. Au revoir… Tu montes au cabanon, samedi soir ?
— Oui… adieu, je suis très pressé ce matin.
Octave marchait vers la porte, indifférent et accoutumé, du reste, à ces réceptions du métier, quand Pradel le rappela.
Il revint, s’assit de nouveau sur le divan.
— Tu dis, 2000 Ibraïla et 15000 Azow ? jeta Pradel qui, cette fois, daigna faire pirouetter son fauteuil et regarder le courtier. Et quel coup d’œil ! Il semblait que ses deux prunelles entrassent comme deux vrilles dans le cerveau d’Octave.
Sentant venir une affaire, celui-ci s’était redressé, et il reflétait avec calme dans ses yeux de velours, l’éclair d’acier des yeux de Pradel.
— 2,000 Ibraïla… quant aux Azow, peut-être, si tu me fais 18,15, en trouverai-je 30,000.
— Entendu… Commandons, livrables fin courant, 2,000 Ibraïla à 25 francs et 30,000 Azow à 18,10.
— Entendu.
Alors seulement ils se serrèrent la main. C’étaient de vieux amis. Pradel avait lancé Octave, son petit cousin, sur la place, comme courtier ; et quand il ne le roulait pas, en faisant avec lui des affaires, il le guidait sur cette mer dangereuse et difficile de la commission, avec la sollicitude d’un père.
— Dimanche matin, Lucie et moi, reprit le négociant, nous quitterons le cabanon à dix heures ; à midi, je déjeune à St-Barthélemy, en famille, et dame…
— Compris.
— C’est avec Édouard que tu montes ? demanda Pradel avec un sourire.
— Oui, puisque nous devons pêcher à la calanque.
— Farceur ! Drôle de goût, tout de même… Enfin, chacun son plaisir… Au revoir.
Octave sortit. Pradel poussa un bouton électrique ; Édouard, le petit commis au cou de fille et aux grands yeux noirs, accourut, et s’en fut porter d’un bond, au télégraphe, la dépêche chiffrée.
02
Il était onze heures du soir, une nuit bleue sous un ciel pailleté d’or ; les promeneurs se faisaient plus rares sur les larges trottoirs de la Canebière splendidement éclairés par la vive lumière teintée de jaune, de rose, de violet, des globes en verre dépoli de l’électrique ; peu à peu les cafés se désemplissaient des consommateurs qui s’en allaient souper à la Taverne, prendre des glaces dans les jardins des allées de Meilhan, ou qui se dirigeaient en bandes joyeuses du côté suspect du vieux port ; on sortait de l’Alcazar, du Gymnase, du Palais de Cristal ; des filles de tout âge et de tout prix, débouchaient des rues adjacentes à la grande artère, lorsque Henri Pradel, son paletot soigneusement boutonné, les yeux luisants, le visage radieux, s’élança d’un coupé qui s’arrêtait devant une maison des allées des Capucines.
Il ouvrit la porte de la maison avec un passe, monta lestement les marches d’un escalier tournant mal éclairé par une lampe à l’huile, et comme il arrivait au premier étage :
— Bonsoir, mon loup ; bonsoir, mon gros, fit une jeune femme à l’allure grisante, qui se jeta à son cou avec effusion.
— Bonsoir, mon chat ; bonsoir, ma caille !
Il y eut des baisers ardents, des caresses folles ; puis tous deux descendant l’escalier, se précipitèrent dans le coupé, qui partit au grand trot, prenant par la rue de Rome et le Prado.
Elle était bien jolie, cette maîtresse du père Pradel, avec son petit nez friand de vice sur son minois . Petite, mais d’une élégance rare, c’était une blonde aux yeux d’émail, presque aussi grands que sa mignonne bouche rose, dont les quenottes nacrées mordillaient le menton du vieux, tandis qu’elle lui frôlait le visage de ses longs cils en pinceaux. Elle l’avait pris câlinement dans ses bras, et elle le serrait bien fort contre sa poitrine, lui communiquant sa chaleur, enfonçant ses genoux entre ses jambes. On eût dit deux pigeons roucoulant. Et ce débordement de tendresse dura plus d’une demi-heure, jusqu’au moment où le coupé s’arrêta à la grille d’une villa, près de la plage de Montredon.
Pradel ouvrit lui-même. Il traversèrent à la clarté de la lune qui inondait de sa lumière blanche la campagne endormie, un bosquet de pins, quelques plates-bandes, des massifs de rosiers ; une masure blanche apparut, tapissée de lierre et de glycines ; ils y accédèrent par un escalier grimpant à ciel ouvert comme dans les chalets, entrèrent dans une vaste chambre tendue d’étoffes turques, encombrée de divans, de coussins, de sièges bas, de peaux d’ours, au milieu de laquelle un large lit recouvert d’une étoffe orientale aux couleurs vives, étalait sa douceur voluptueuse.
— Ah ! enfin, nous y voilà ! s’exclama le négociant avec un soupir de satisfaction, lorsqu’il se sentit enfermé avec sa caille dans ce nid moelleux, bien douillet, bien retiré, qui lui promettait tant de délices pour le quart d’heure.
Il poussa les persiennes jusqu’au mur, tendant son front brûlant à l’air frais de la nuit. Devant lui, un vaste ciel bleu, criblé d’étoiles, projetait ses lueurs d’or dans le noir de la chambre ; au loin, on entendait le bruit calme de la respiration de la mer. C’était comme une plainte assoupie, le murmure d’une légion de vierges implorant les rochers muets.
— Lucie, viens donc voir comme c’est beau ! ne put retenir Pradel qui venait ainsi tous les samedis soir faire provision de poésie pour le courant de la semaine.
— Je vais m’enrhumer, moi, c’est de beaucoup le plus clair, répondit la petite grue qui se déshabillait.
— Viens donc, nous avons le temps, qué diable !
Elle s’avança grelottante, se contre son gros, colla sur ses joues fraîchement rasées, deux brusques baisers qui claquèrent comme deux coups de fouet.
Elle le charmait par sa gentillesse de chatte soumise et elle était vraiment appétissante à croquer en ce moment, les cheveux dénoués, sa chemise de soie rose découvrant d’étincelantes blancheurs de sa nudité de blonde grasse.
Lui, grisé par tant de charmes, ses yeux ronds luisant dans l’ombre comme deux charbons incandescents, l’assit sur ses genoux, ne pouvant se rassasier de la libre possession des charmants trésors qu’on lui offrait si goulûment. Il appelait à grands cris, à grands efforts de souffle, toute sa verdeur ; et verdeur il avait encore, car c’était avec feu qu’il la mangeait de baisers, allant des fossettes de ses joues à ses beaux bras, aux roses délicates de ses seins.
Mais par-dessus tout, les jambes fines, aux mollets cambrés, précédant dans d’éclatants bas de soie, les fermes rondeurs de cuisses de neige, troublaient son cerveau.
Alors n’y tenant plus, il l’étendit sur les peaux d’ours qui étaient amoncelées dans un coin ; et furieusement, se rua sur elle, en redingote et en cravate blanche…
Quelques heures plus tard, ils se réveillaient à la lumière aveuglante d’un radieux soleil de printemps. Les membres entrelacés, ils étaient couchés dans le grand lit, bas comme un sopha. Au dehors la campagne était en fête, le ciel était bleu ; dans les arbres et les buissons, les oiseaux, tout entiers à leurs amours, chantaient gaîment au-dessus des parterres baignés de fraîcheurs ; les guêpes bourdonnaient et les papillons voltigeaient. Tout souriait, par cette splendide matinée si richement ensoleillée et quel contraste, dans cette chambre, entre la soie, les dentelles parfumées des vêtements de Lucie, son corps suave de belle blonde et ce gros petit homme, laid, les yeux bouffis, froid comme un cadavre après les épanchements de cette nuit de plaisir. Un instant, elle le contempla, pâle, brisé, décrépit, des touffes de poils gris faisant tache sur sa peau ridée. « Quel carcan, quelle ruine, quel vieux bouc ! oh ! là, là ! » pensa-t-elle avec un soupir.
Pourtant, c’était ce carcan, cette ruine, ce vieux bouc sensuel, qui lui permettait d’être élégante, de jouir des mille agréments d’une vie luxueuse ; c’était lui qui la couvrait d’or et de soie, pour, qu’en retour, elle lui abandonnât la libre possession de ses chairs nues. On ne sait pas assez par quelle dégoûtante cuisine de leur corps, nos pimpantes demi-mondaines achètent leur existence panachée ; encore moins, certainement, tout le dégoût que crache complaisamment aux heures d’ennui, leur mignonne bouche rose, sur les hommes qui les entretiennent.
Légère, Lucie sauta du lit. On eût dit Vénus sortant de l’onde, sous le flamboiement des rayons de soleil qui l’enveloppaient de leur poussière d’or, faisant merveilleusement ressortir la blancheur nacrée de son corps de déesse, ses cheveux blonds aux reflets fauves. Elle s’habilla en un tour de main, et laissant Pradel se remettre des fatigues de sa nuit d’amour, elle s’en fut dans le jardin respirer l’odeur de miel des héliotropes et le parfum pénétrant des seringats.
03
Tandis qu’Henri Pradel ronflait et que Lucie cueillait des fleurs, Octave, le courtier en blés, partait de Marseille en compagnie de son inséparable petit Édouard, le jeune commis au cou de fille et aux grands yeux noirs, du comptoir Pradel.
— As-tu toutes les lignes, les paniers, les bouteilles ? lui cria-t-il comme ils montaient en voiture.
— Oui, patron, tout y est, répondit l’Adonis, de sa voix chantante.
— Alors, en route ; à la calanque de Morgiou, cocher, lança Octave à l’automédon.
La voiture prit par le Prado. Il était six heures du matin, une fraîche humidité tombait des hauts platanes aux petites feuilles vert tendre, enveloppées d’un fin brouillard comme d’un rideau de mousseline ; à l’horizon, le ciel, d’un bleu effacé, presque blanc, se nuançait de ce délicat rose de chair qui est l’aurore des belles matinées.
Le mois de mai revenait, attiédissant l’air, ramenant les oiseaux d’Afrique. Le soleil, fécondant de ses baisers la terre humide, les tiges de l’herbe, des plantes, se gonflaient ; et sous l’écorce tendre des arbres, la sève s’épanouissait en riante et vigoureuse verdure. C’est le temps, en Provence, où l’habitant des villes court les champs, où, à travers les sentiers fleuris, ceux qui s’aiment s’en vont, les bras à la taille, échangeant les confidences et les premiers sourires. On n’est jamais plus heureux, à Marseille : touristes, pionniers, éclaireurs, pêcheurs, cavaliers, bons bourgeois qui aiment la campagne, tous fuient à l’envi, le dimanche, leur grande cité de pierre, pour rentrer au soir, fatigués, exténués, rendus, mais, du moins, délicieusement de grand air, de ciel bleu, de soleil d’or et de mer d’azur.
Derrière le village de Mazargues, Octave et Édouard mirent pied à terre pour escalader les rochers de Marseille-Veyre. La marche est pénible parmi ces grands rocs calcaires entre lesquels croissent des pins, des plantes aromatiques, des buis, des ronces, partout où il y a un peu de terre ; mais quelle compensation on éprouve lorsque, en haut, on aperçoit la mer infinie aux flots étincelants ! Quel peintre rendra jamais la magie de ces féeriques effets d’or et d’azur ?
Les rochers tombant à pic vers la mer, il faut s’aider des mains, se suspendre dans le vide et être chaussé pour arriver sans encombre en un point d’où l’on puisse jeter sa ligne.
Parfois la mer a creusé profondément le roc. Ce sont les calanques, qui, pour n’être que des rigoles, comparées aux fiords si romantiques de la Norvège, ne revêtent pas moins des reflets pourpres à l’heure où le soleil jette ses derniers feux.
C’est là qu’Octave et Édouard venaient pêcher tous les dimanches avec une patience incroyable. Ils se baignaient dans l’eau bleue lors des journées chaudes ; puis, aussi contents que le chasseur marseillais qui a tué son chastre, ils retournaient au cabanon.
Alors ils passaient une chemise de soie et un pantalon blanc ; ils faisaient frire leur pêche, buvaient et mangeaient à leur faim, puis montaient s’enfermer dans la pièce turque du premier, à la fois la chambre à coucher et le buen-retiro de la maison.
Nos drôles, après s’être entièrement dévêtus et saupoudré le corps de poudre de riz, revêtaient des peignoirs de femme bordés de dentelles dans lesquelles couraient des rubans. Ils se parfumaient : et tandis qu’à leurs pieds des pastilles de sérail fumaient dans des coupes, ils se tordaient voluptueusement jusqu’au soir dans les jouissances érotiques les plus immondes.
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The end
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