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Recherches sur les principes de la morale

David Hume · 1788 · Free in the US

150,030 words · about 10 h 30 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1788 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Recherches_sur_les_principes_de_la_morale&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Language
French
Published
1788
Length
150,030 words · about 10 h 30 min
Sections
14 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (14)
  1. Front matter about 3 h 30 min
  2. Texte entier about 3 h 30 min
  3. Section 1 about 8 min
  4. Section 2 about 20 min
  5. Section 3 about 28 min
  6. Section 4 about 7 min
  7. Section 5 about 25 min
  8. Section 6 about 30 min
  9. Section 7 about 13 min
  10. Section 8 about 7 min
  11. Section 9 about 22 min
  12. Addition 1 about 14 min
  13. Addition 2 about 9 min
  14. Dialogue about 27 min

Continue:

Front matter

e toutes les disputes on seroit tenté de regarder comme la plus désagréable, celle que l’on est oblige d’avoir avec des personnes opiniâtres & entêtées de leur sentiment ; il est cependant encore plus fâcheux d’avoir à disputer contre des gens qui ne sont point persuadés des opinions qu’ils soutiennent & qui s’engagent dans la discussion par envie de contredire, par affectation, ou

par le desir de faire étalage d’un esprit supérieur au reste des hommes. Les uns & les autres montrent le même attachement à leurs raisonnemens, le même mépris pour leurs adversaires, & la même opiniâtreté à soutenir des sophismes & des absurdités. Comme leur façon de penser n’est point fondée sur la raison, c’est en vain qu’on se flatteroit, au moyen d’une logique qui ne sait point parler à la passion, de les ramener à des principes plus vrais & plus sensés.

Ceux qui nient la réalité des distinctions morales, peuvent être placés dans la dernière classe, c’est-à dire, parmi les gens qui disputent de mauvaise foi. En effet on ne sauroit se persuader qu’un homme raisonnable ait jamais pu croire sérieusement que tous les caracteres & toutes les actions méritassent également l’amour & l’estime de tout le monde. La différence que la nature a mise entre un homme & un autre homme, est souvent si grande, & cette différence est encore si fort augmentée par l’éducation, par l’exemple & par l’habitude, qu’il n’y a point de sceptique assez téméraire & assez déterminé, qui en s’appercevant de tant d’extrémités si opposées, ose nier la distance immense qui se trouve entre elles. Quelle que soit l’insensibilité d’un homme, il ne laissera pas d’être souvent touché par les images de juste & de l’injuste, & quelle que soit la force de ses préjugés, il ne pourra s’empêcher de voir que les autres sont susceptibles de la même impression ; ainsi le seul moyen de convaincre un adversaire de ce caractere, est de l’abandonner à lui-même ; car s’il ne trouve personne qui veuille s’engager avec lui dans la dispute, il y a tout lieu de croire que l’ennui suffira à la fin pour le rappeller au bon sens & à la raison.

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