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Tome I
u fond d’une province d’Angleterre, sur les frontières d’Écosse, se trouve un village, dont la situation triste et romantique peut convenir à l’ame tendre et malheureuse qui cherche un asile contre la perversité des hommes. Des rochers escarpés semblent l’isoler du reste du monde. Un bois de sapins adoucit un peu l’aridité d’un tel aspect aux habitans d’Heurtal. Parmi leurs humbles chau- mières, on distingue pourtant deux maisons de quelque apparence. Dans l’une demeurait le ministre du lieu et sa famille ; l’autre était occupée par trois femmes et deux vieux domestiques. La plus âgée des trois femmes, que l’on appelait madame Harville, touchait à sa trente-quatrième année ; et si une maladie funeste n’eût empreint sur ses traits une langueur mortelle, nulle beauté au printemps de sa vie n’aurait effacé l’éclat de sa céleste figure. Ses deux nièces, miss Palmira et Simplicia, répandaient quelques fleurs dans cette solitude. Les rustiques villageois d’Heurtal les considéraient comme des êtres au-dessus de l’humanité. Elles y étaient fixées depuis plus de dix ans. Un soir, célèbre dans les annales du pays, madame Harville et ses nièces étaient arrivées dans une berline, à la Maison Blanche, nom par lequel on désignait celle où elles établirent leur demeure.
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The end
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