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Les Amoureux de Sylvia

Elizabeth Gaskell · 1882 · Free in the US

228,728 words · about 16 h 1 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1882 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Amoureux_de_Sylvia&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Language
French
Published
1882
Length
228,728 words · about 16 h 1 min
Sections
46 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (46)
  1. Front matter about 8 h 1 min
  2. 01 about 8 min
  3. 02 about 8 min
  4. 03 about 15 min
  5. 04 about 8 min
  6. 05 about 9 min
  7. 06 about 12 min
  8. 07 about 12 min
  9. 08 about 8 min
  10. 09 about 6 min
  11. 10 about 10 min
  12. 11 about 10 min
  13. 12 about 23 min
  14. 13 about 9 min
  15. 14 about 13 min
  16. 01 about 11 min
  17. 02 about 14 min
  18. 03 about 15 min
  19. 04 about 13 min
  20. 05 about 6 min
  21. 06 about 9 min
  22. 07 about 8 min
  23. 08 about 11 min
  24. 09 about 14 min
  25. 10 about 10 min
  26. 11 about 14 min
  27. 12 about 11 min
  28. 13 about 8 min
  29. 14 about 14 min
  30. 15 about 15 min
  31. 01 about 7 min
  32. 02 about 7 min
  33. 03 about 13 min
  34. 04 about 13 min
  35. 05 about 14 min
  36. 06 about 5 min
  37. 07 about 12 min
  38. 08 about 6 min
  39. 09 about 9 min
  40. 10 about 8 min
  41. 11 about 5 min
  42. 12 about 13 min
  43. 13 about 7 min
  44. 14 about 9 min
  45. 15 about 11 min
  46. 16 about 18 min

Continue:

Front matter

Monkshaven, — qu’il vous faudrait chercher sur la côte nord-est d’Angleterre, au bord de la Dee, justement à l’endroit où cette rivière tombe dans l’Océan germanique, — compte aujourd’hui quinze mille habitants, mais n’en avait pas la moitié à la fin du dernier siècle, époque où se passèrent les événements que nous allons raconter.

Tout autour, dans un rayon de plusieurs milles, s’étendent ces grands espaces plats et humides qu’on appelle moorlands, interrompus çà et là par quelques hauteurs couvertes de rouges bruyères. Du haut de ces cimes qui dominent la mer, s’écoulent des torrents qui, — se creusant avec le temps un chemin plus ou moins large, — ont peu à peu formé des espèces de vallons plus ou moins étroits, au fond desquels s’abrite une végéta- tion riche et puissante. On y trouve de beaux gazons élastiques où paissent en trop grand nombre certains petits moutons à tête noire, mal venus des bouchers à cause de leur maigreur, et dont la laine courte et rude ne jouit pas auprès des tisserands d’une haute considération. Dans ces districts ruraux, éparpillés en plein marécage, la population est de nos jours très-clairsemée. Elle l’était bien plus encore il y a quatre-vingts ans, c’est-à-dire avant que l’agriculture, devenue science, eût trouvé les moyens de lutter contre les difficultés naturelles que lui offrait le sol tourbeux de ces plaines humides, et avant que les chemins de fer, facilitant les communications, n’y amenassent chaque année les sportsmen attirés par la quantité de gibier qui peuple ces solitudes.

Monkshaven est une ville de pêcheurs. Son aristocratie, qui n’a rien de commun avec celle du comté, s’est formée parmi les aventureux négociants et les marins plus aventureux encore qui s’engagent dans les vastes opérations dont les mers du Groënland sont le théâtre. On s’en aperçoit de reste à ces vastes appentis qui s’étendent sur les bords de la Dee et d’où sort une odeur d’huile, un parfum de marée que semblent goûter les naturels de l’endroit. Presque tous ont été, sont, ou seront marins : leur destinée individuelle, l’avenir de leurs familles dépendent du succès de leurs expéditions lointaines. Tout ceci contribue à donner à la ville, au pays même, je ne sais quelle tournure amphibie. À vingt milles de la côte, les rebuts de la pêche, les plantes marines, les ordures des melting-houses (ces hangars dont nous parlions et qui servent à la fonte du « gras de baleine »), constituent la plus grande masse des engrais du district. De grandes mâchoires de cachalot, à l’aspect sinistre, surmontent, dénudées et blanchies, les portes de plus d’un enclos. Dans une famille d’agriculteurs, s’il y a plusieurs enfants, on peut être sûr que l’un d’eux est à la mer et que, tout en cultivant son modeste jardin, sa mère, les jours d’orage, tournera plus d’une fois du côté de l’Océan des regards inquiets. Les jours de loisir se passent tous à la côte. On voit que le cœur du pays est là, et que ses grands intérêts s’y débattent.

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