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Le Mort

Camille Lemonnier · 1882 · Free in the US

59,823 words · about 4 h 11 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1882 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Mort&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Camille Lemonnier
Language
French
Published
1882
Length
59,823 words · about 4 h 11 min
Sections
23 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (23)
  1. Front matter about 1 h 24 min
  2. Texte entier about 1 h 24 min
  3. I about 7 min
  4. II about 7 min
  5. III about 4 min
  6. IV about 1 min
  7. V about 5 min
  8. VI about 2 min
  9. VII about 5 min
  10. VIII about 3 min
  11. IX about 6 min
  12. X about 2 min
  13. XI about 3 min
  14. XII about 3 min
  15. XIII about 4 min
  16. XIV about 3 min
  17. XV about 6 min
  18. XVI about 3 min
  19. XVII about 5 min
  20. XVIII about 2 min
  21. XIX about 1 min
  22. XX about 5 min
  23. XXI about 6 min

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a ferme des trois Baraque était plantée au carrefour de quatre chemins de terre, dans l’endroit le plus bas du vallon. Celui de ces chemins qui menait à la chaussée, comptait cinq maisons, moitié chaux, moitié torchis, disséminées sur un espace de douze à quinze hectares ; deux des trois autres avaient chacun une maison seulement, et le quatrième longeait, inhabité des labourés, en plein champ. Cela formait un très petit hameau perdu dans une succession de prairies, de vergers, de champs cultivés, où des haies, des rangées de peupliers mettaient des séparations ; et un ruisseau, très mince l’été, filait entre des berges herbues, donnant son nom à la localité.

Les huit maisons vivaient en bonne intelligence, pauvrement, n’ayant de communications qu’avec le village dont elles dépendaient. Une de ces maisons était un cabaret, trois bancs devant la porte, trois à l’intérieur, avec deux tables pour la partie de cartes. Le dimanche, après vêpres, les paysans y allaient, emmenant avec eux les femmes et les enfants. Derrière les clôtures, des vaches paissaient, et deux vieux chevaux, les seuls du hameau, par moments ruaient, dérangés par les porcs. On n’entendait d’autre bruit que le choc des assiettes, à l’heure des repas, le beuglement des bêtes dans les herbages, le grincement de la pierre à aiguiser contre les faux, le battement cadencé d’un fléau çà et là, et, quand il ventait, le ronflement sourd, continu, des arbres au bord du chemin.

La maison des Baraque, contrairement aux autres maisons, prenait jour du côté des champs, ne laissant voir, du côté du chemin, que deux lucarnes étroites, barbouillées de terre glaise, trop haut placées pour qu’on pût regarder à l’intérieur. Elle s’allongeait sur une cour inégalement carrée, où étaient les huttes à porcs, le hangar et l’écurie. À l’angle de la maison et du chemin, s’étalait la mare aux fumiers.

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