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roche les ruines de Palmyre, il est un antre solitaire si redouté des Syriens qu’ils l’ont appelé la caverne de la mort. Jamais les hommes n’y sont entrés sans recevoir aussi-tôt le châtiment de leur audace. On raconte que des Français intrépides osèrent y pénétrer les armes à la main, qu’ils y furent égorgés, et qu’au retour de l’aurore on trouva dans les déserts d’alentour leurs membres dispersés. Lorsque les nuits sont paisibles et silencieuses, on entend gémir cette caverne ; souvent il en sort des cris tumultueux qui ressemblent aux clameurs d’une grande multitude ; quelquefois elle vomit des tourbillons de flamme, la terre tremble, et les ruines de Palmyre sont agitées comme les flots de la mer.
J’avois parcouru l’Afrique, remonté les bords de la mer Rouge et traversé la Palestine. Je ne sais quelle inspiration secrète me guida ; je voulus voir cette ville superbe où régna Zénobie, et sur-tout l’antrée redoutable que l’on croyoit habitée par la mort. Je m’y rendis accompagné de plusieurs Syriens. L’aspect de cette caverne n’eut rien qui m’effraya : la porte toujours ouverte, ombragée par les pampres d’une vigne sauvage, invitoit le voyageur à se reposer sous sa voûte profonde ; aucun monstre n’en défendoit , la seule terreur qui veilloit à sa garde la rendoit inaccessible.
Tandis que je la considérois d’un œil attentif, je vis paroître sur le sommet de l’antre un homme armé d’un flambeau : ses yeux étoient vifs et perçans, son front majestueux sembloit le siége de la paix ; on eût dit qu’il jouissoit d’un calme parfait, comme s’il eût toujours vécu dans le présent, sans connoître la crainte et l’espérance. J’ignore de quelle manière il me communiqua ses pensées ; mais je compris qu’il m’appeloit dans ce lieu. Je m’y sentis entraîné par une force irrésistible et soudaine. Et malgré la frayeur et les cris des Syriens qui voulurent m’arrêter, je m’élançai dans la caverne.
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The end
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