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Le dernier Homme (de Grainville)

Jean-Baptiste Cousin de Grainville · 1805 · Free in the US

149,124 words · about 10 h 27 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1805 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_dernier_Homme_(de_Grainville)&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Jean-Baptiste Cousin de Grainville
Language
French
Published
1805
Length
149,124 words · about 10 h 27 min
Sections
13 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (13)
  1. Front matter about 3 h 29 min
  2. Chant II about 19 min
  3. Chant III about 26 min
  4. Chant IV about 29 min
  5. Chant VI about 25 min
  6. Chant VII about 18 min
  7. Chant VIII about 16 min
  8. Chant IX about 19 min
  9. Chant I about 18 min
  10. Chant V about 18 min
  11. Chant X about 21 min
  12. Tome 1 about 1 h 50 min
  13. Tome 2 about 1 h 39 min

Continue:

Front matter

roche les ruines de Palmyre, il est un antre solitaire si redouté des Syriens qu’ils l’ont appelé la caverne de la mort. Jamais les hommes n’y sont entrés sans recevoir aussi-tôt le châtiment de leur audace. On raconte que des Français intrépides osèrent y pénétrer les armes à la main, qu’ils y furent égorgés, et qu’au retour de l’aurore on trouva dans les déserts d’alentour leurs membres dispersés. Lorsque les nuits sont paisibles et silencieuses, on entend gémir cette caverne ; souvent il en sort des cris tumultueux qui ressemblent aux clameurs d’une grande multitude ; quelquefois elle vomit des tourbillons de flamme, la terre tremble, et les ruines de Palmyre sont agitées comme les flots de la mer.

J’avois parcouru l’Afrique, remonté les bords de la mer Rouge et traversé la Palestine. Je ne sais quelle inspiration secrète me guida ; je voulus voir cette ville superbe où régna Zénobie, et sur-tout l’antrée redoutable que l’on croyoit habitée par la mort. Je m’y rendis accompagné de plusieurs Syriens. L’aspect de cette caverne n’eut rien qui m’effraya : la porte toujours ouverte, ombragée par les pampres d’une vigne sauvage, invitoit le voyageur à se reposer sous sa voûte profonde ; aucun monstre n’en défendoit , la seule terreur qui veilloit à sa garde la rendoit inaccessible.

Tandis que je la considérois d’un œil attentif, je vis paroître sur le sommet de l’antre un homme armé d’un flambeau : ses yeux étoient vifs et perçans, son front majestueux sembloit le siége de la paix ; on eût dit qu’il jouissoit d’un calme parfait, comme s’il eût toujours vécu dans le présent, sans connoître la crainte et l’espérance. J’ignore de quelle manière il me communiqua ses pensées ; mais je compris qu’il m’appeloit dans ce lieu. Je m’y sentis entraîné par une force irrésistible et soudaine. Et malgré la frayeur et les cris des Syriens qui voulurent m’arrêter, je m’élançai dans la caverne.

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