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La Vraie Histoire comique de Francion

Charles Sorel · 1858 · Free in the US

655,796 words · about 45 h 55 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1858 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=La_Vraie_Histoire_comique_de_Francion&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Charles Sorel
Language
French
Published
1858
Length
655,796 words · about 45 h 55 min
Sections
17 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (17)
  1. Front matter about 15 h 19 min
  2. Avant-propos about 17 min
  3. À Francion about 2 min
  4. Avis aux lecteurs about 7 min
  5. 1 about 59 min
  6. 2 about 1 h 12 min
  7. 3 about 1 h 12 min
  8. 4 about 1 h 14 min
  9. 5 about 1 h
  10. 6 about 1 h 3 min
  11. 7 about 1 h 17 min
  12. 8 about 1 h 20 min
  13. 9 about 1 h 7 min
  14. 10 about 1 h 20 min
  15. 11 about 1 h 14 min
  16. 12 about 1 h 54 min
  17. Texte entier about 15 h 19 min

Continue:

Front matter

nous, le véritable roman de mœurs date de Francion. C’est là que, pour la première fois, se trouve nettement accusée la préméditation de peindre la société telle qu’elle est, de flageller des ridicules et des vices contemporains. Jusqu’alors, on n’avait guère songé à prendre sur le vif que les moines et autres papelards. Charles Sorel, lui, nous fait monter tous les degrés de l’échelle sociale. Son héros est un coureur d’aventures pour qui il n’y a qu’un pas de la rue de Glatigny au Louvre. Courtisans et courtisanes, tire-soie et tire-laine, coupe-bourses et coupe-jarrets, pages et rustres, orfévres et marchands d’orviétan, procureurs et sergents, écoliers et pédants en us, poëtes et épistoliers, tout ce monde bariolé parle et s’agite autour de nous, non comme des pantins auxquels l’auteur prêterait une voix et dont il ferait mouvoir les fils, mais comme des personnages de chair et d’os. Foin de la fantaisie ! nous sommes en pleine réalité. Qu’importe s’il se rencontre des physionomies quelque peu chargées en couleur ? La vie est sous l’enluminure, et sur la plupart des masques on peut mettre un nom. C’est ce que nous faisons, à mesure que l’occasion s’en présente, principalement dans le cinquième livre, qui abonde en renseignements curieux sur les gens de lettres de l’époque :

La scène est transportée chez un libraire de la rue Saint-Jacques, dont la boutique est une officine où se fabriquent les réputations du jour. Le cénacle est rassemblé : voici des auteurs de toute sorte et de tous grades.

Celui-ci élabore lentement un ouvrage qui, depuis longtemps annoncé avec fracas, attend, pour se produire, que l’admiration anticipée dont il est l’objet soit arrivée au diapason voulu. Un gentilhomme, auquel il est dédié, s’est chargé d’en préparer le succès à la cour, et s’acquitte de son rôle de claqueur comme s’il était de moitié dans le chef-d’œuvre. De plus, des légions de poëtereaux s’abattent aux pieds du fétiche et l’enivrent de leur encens : « Il y en a qui semblent être gagés du Roy pour donner des vers à tous les auteurs du temps. L’on voit leurs noms par tous les livres ; et sans cela leurs œuvres ne seroient pas imprimées, car elles ruineroient les libraires. »

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