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L’Homme sans visage

Paul d’Ivoi · 1908 · Free in the US

140,130 words · about 9 h 49 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1908 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=L’Homme_sans_visage&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Paul d’Ivoi
Language
French
Published
1908
Length
140,130 words · about 9 h 49 min
Sections
42 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (42)
  1. Front matter under 1 min
  2. Avant-Propos about 2 min
  3. Texte entier about 4 h 54 min
  4. I about 2 min
  5. II about 3 min
  6. III about 12 min
  7. IV about 15 min
  8. V about 12 min
  9. VI about 8 min
  10. VII about 9 min
  11. VIII about 9 min
  12. IX about 10 min
  13. X about 7 min
  14. XI about 8 min
  15. XII about 4 min
  16. XIII about 10 min
  17. XIV about 5 min
  18. XV about 4 min
  19. XVI about 6 min
  20. XVII about 4 min
  21. I about 7 min
  22. II about 7 min
  23. III about 7 min
  24. IV about 9 min
  25. V about 6 min
  26. VI about 4 min
  27. VII about 3 min
  28. VIII about 6 min
  29. IX about 8 min
  30. X about 7 min
  31. XI about 6 min
  32. XII about 7 min
  33. XIII about 5 min
  34. XIV about 12 min
  35. XV about 12 min
  36. XVI about 8 min
  37. XVII about 10 min
  38. XVIII about 5 min
  39. XIX about 13 min
  40. XX about 7 min
  41. XXI about 7 min
  42. XXII about 11 min

Continue:

Front matter

TABLE DES CHAPITRES

PREMIÈRE PARTIE

le papier du premier

Avant-Propos

Petit Avertissement jugé utile par l’Auteur

Moi, Max Trelam, correspondant du Times, le puissant journal anglais, je tiens à déclarer qu’en écrivant ce récit, j’ai l’intention d’élever un monument à la gloire d’un homme dont la profession n’a point l’heur de plaire au plus grand nombre.

Cet homme est un espion.

Oui, un Espion… mais un espion étrange, inexplicable, peut-être unique.

D’abord, il n’a jamais été brûlé, selon l’expression usitée, alors que ses collègues professionnels ont tous succombé à un moment donné.

Ensuite, il a une audace, une clairvoyance incroyables. Sa puissance de raisonnement est telle que, secondée par un sens de l’observation que je n’ai rencontré au même degré chez personne, il arrive mathématiquement à prévoir ce qu’une circonstance donnée déterminera comme action chez un personnage d’un caractère connu.

Mais surtout, l’étrangeté de cet espion est sa loyauté. Ses actes, il les signe, avertissant ses adversaires qu’il est sur leur piste.

Vous penserez comme moi, j’imagine, qu’un être doué de qualités exceptionnelles peut seul se permettre si dangereuse franchise. Je vous étonnerai sans doute en ajoutant que mon très honorable espion est d’un désintéressement absolu, et que les gouvernements qui ont eu recours à ses talents en sont réduits à demeurer ses obligés.

Au moral, il est incompréhensible. D’une générosité chevaleresque, j’emploie le mot avec préméditation, car il joue sa vie chaque jour, il ne consent à s’occuper des affaires à lui soumises que si elles lui plaisent. Or, j’ai constaté que seules lui convenaient les missions ayant pour objet d’empêcher les guerres, de défendre les faibles contre toutes les oppressions.

Tendre, pitoyable, jusqu’au sacrifice de lui-même, en faveur des victimes, il devient d’une cruauté froide, je dirais presque raisonnée, dans l’assaut qu’il livre aux despotes de tout ordre.

Et cet homme, un des plus merveilleux spécimens sorti des creusets de la nature, cet homme digne de toutes les admirations, ne les recherche pas. Elles lui semblent indifférentes. Il va où sa conscience l’appelle. Le fleuve descend vers la mer ; la terre s’endort sous les brises glaciales de l’hiver, pour se réveiller au souffle tiède du printemps. Pourquoi est-ce ainsi ? Nul ne le sait. On bégaie scientifiquement. — Ce sont des lois naturelles.

La vie du personnage que je présente aujourd’hui obéit aussi à une loi ignorée.

Moi, Max Trelam, je suis heureux de proclamer mon estime et mon affection pour sa supérieure individualité, qui domine à ce point le commun des mortels, qu’il accepte sans murmure ce mot si mal vu : Espion.

Je veux m’efforcer de montrer les services rendus à la cause de l’humanité par mon étrange ami. Je souhaite que tous le comprennent comme je le comprends, et que les trésors de tendresse qui dorment au sein des foules aillent à ce grand citoyen du monde.

Maintenant, je vais vous conter comment j’eus ce que j’appelle le bonheur, faute d’un mot plus expressif, de me rencontrer pour la première fois avec lui, d’assister, pour ainsi dire à ses côtés, à la lutte dont l’enjeu était la mort ou la vie de milliers d’hommes jeunes et vigoureux.

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