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Préface
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L’idée du présent travail m’est venue à la lecture fortuite du splendide ouvrage de Meyrac: «Traditions, coutumes, légendes et contres des Ardennes, » par Albert Meyrac (Charleville 1890, grand in-8°, 589 p.), et de celui, beaucoup plus modeste, mais très érudit et très consciencieusement fait, d’Eugène Monseur, professeur à l’Université de Bruxelles: «Le Folklore Wallon» (Bruxelles, 1892, Rozez, éditeur). «Il ne faut pas laisser se dissiper, sans en conserver de bribes, le patrimoine intellectuel de eux qui ne savent pas lire. Dans vingt ans, il sera trop tard , et voilà la raison pour laquelle, partout en Europe, il se crée et des sociétés et des revues dont le but est de recueillir ce qui nous reste de Folklore» (Préface, p. ).
M. Meyrac, outre son talent très personnel, a pu faire appel, par la publicité du «Petit Ardennais» dont il est rédacteur, «à de très nombreux et utiles correspondants, entre lesquels il doit, au premier rang, placer les instituteurs, pour l’aider dans ses recherches, dans ses enquêtes personnelles, …» (Avant-propos, p. ).
Il nous apprend ailleurs (avant-propos), qu’«à l’aide de collaborateurs précieux, dévoués, qu’il ne saurait trop remercier puisqu’ils ont bien voulu lui envoyer tout ce qu’ils savaient sur le sujet qui l’intéressait, il a pu collectionner, outre ses recherches et ses enquêtes personnelles, une foule de documents curieux et ignorés, … qu’il réunit en un volume.»
Je n’avais pas ces moyens à ma disposition, non licet omnibus adire Corinthum, et me suis borné à prendre des notes hâtives au cours de mes pérégrinations professionnelles, travail qui n’a absolument rien eu d’absorbant; il m’a suffi d’interroger, dans chaque localité, quelques vieillards intelligents des deux sexes et dont beaucoup atteignaient l’âge de 86 à 87 ans, quelquefois plus.
J’avais escompté, très vaguement d’ailleurs, connaissant l’égoïsme et la ladrerie de notre époque, le concours de certains hâbleurs qui n’ont jamais à la bouche que les mots: «Instruction progrès, …,»; on m’a bien promis, qui des rondes enfantines, qui des contes ou légendes ; mais je n’ai jamais rien vu venir! Je me souviens toujours, non sans une pointe de douce hilarité — et ce n’est qu’un épisode entre cent autres — d’un de ces bipèdes, animal à deux pattes et sans plumes, que j’avais essayé de gagner à ma cause en lui expliquant ce qu’est le Folklore, son importance et ce que j’attendais de sa bonne volonté. Pendant ma prédication qui dura bien une demi-heure, mon homme restait perdu dans le vague, les yeux mi-clos, indifférent; il ne trouva pas un mot à répondre et n’avait certainement rien compris. Avec de pareils collaborateurs il est plus facile d’accoucher d’une souris que d’une montagne.
Je noterai, en une étude quelque peu détaillée, la situation économique, intellectuelle et morale de l’ dans la première moitié du e siècle; le cadre fera mieux ressortir le tableau et, au surplis, il n’est pas inutile, je pense, que la génération actuelle connaisse l’état si précaire de ses ancêtres au bon vieux temps.
On trouvera à l’article «sorcellerie», la relation fidèle du procès des sorcières de Sugny, en 1657, rédigée sur les pièces de procédure conservées aux archives de la ville de Bouillon et dont je dois la bienveillante communication à min confrère, le docteur Corbiau, bourgmestre. Il n’en a été publié jusqu’à ce jour qu’un fragment et encore très incomplet; mes lecteurs me sauront gré, je pense, d’avoir tiré ces dossiers de l’oubli.
Alle-sur-Semois, novembre 1911.
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N. B. Les numéros que l’on trouvera en marge correspondent à deux du «FOLKLORE WALLON», du professeur Eugène Monseur, ouvrage dont j’ai suivi plus ou moins l’ordre: cela permettra au lecteur de faire des rapprochements.
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The end
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