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« L’Histoire de la littérature grecque, plus d’une fois réimprimée, est telle qu’on pouvait l’attendre du savoir et du talent de M. Pierron. Contenue en un seul volume, elle est nécessairement très-rapide, mais en même temps très-complète et très-exacte. Des chapitres judicieusement distribués y font passer en revue, sans rien omettre, et sans rien fausser, bien au contraire, dans l’ordre de leur succession chronologique, et dans celui où les classe la diversité des genres, les écrivains et les œuvres. Les uns et les autres sont appréciés avec un goût toujours juste, d’après une connaissance personnelle des textes qui manque trop souvent aux auteurs de pareils résumés. À ce mérite s’ajoute celui d’un style simple, clair, d’une élégance appropriée, qui rend la lecture de l’ouvrage aussi agréable qu’elle peut être utile. »
Les histoires de la littérature grecque, même les simples manuels à l’usage de la jeunesse studieuse, tiennent souvent bien au delà de ce que promet leur titre. On y voit énumérés, jugés et classés, chacun en son lieu, tous les écrivains qui se sont servis de la langue grecque depuis les temps héroïques jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs ; non pas seulement les poëtes, les orateurs, les historiens, les philosophes, mais les grammairiens, mais les jurisconsultes, mais les géographes, mais les médecins, mais les mathématiciens mêmes.
Ce n’est point une pareille encyclopédie que j’ai eu la prétention de faire. Littérature et écriture ne sont point, fort heureusement pour moi, termes synonymes. Les savants qui ne sont que des savants n’appartiennent pas à l’histoire de la littérature. Le père de la médecine y occupe une place éminente ; mais Hippocrate avait la passion du bien et du beau en même temps que l’amour du vrai, et l’on sent vivre encore, dans ses écrits, quelque étincelle du feu qui embrasait son âme. D’ailleurs, j’avais plus d’une raison pour renfermer mon sujet dans des bornes étroites. Je serais grandement empêché, je l’avoue, s’il me fallait exprimer une opinion quelconque sur le mérite scientifique d’Archimède, d’Apollonius de Perge ou de Claude Ptolémée. Si j’ai négligé les écrivains du Bas-Empire, c’est que le génie et même le talent leur ont fait défaut, et que pas un d’eux n’est arrivé à une véritable notoriété littéraire. Il n’importe pas beaucoup au lecteur que je l’aide à se charger la mémoire des noms obscurs de Théophylacte Simocatta, de Théodore Prodrome ou de vingt autres.
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