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Girart de Roussillon

Paul Meyer · 1884 · Free in the US

287,152 words · about 20 h 7 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1884 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Girart_de_Roussillon&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Paul Meyer
Language
French
Published
1884
Length
287,152 words · about 20 h 7 min
Sections
5 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (5)
  1. Front matter about 10 h 6 min
  2. Introduction about 4 h 1 min
  3. Traduction about 5 h 53 min
  4. Table des noms et des matières about 3 min
  5. Additions et corrections about 4 min

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Front matter

La traduction qui occupe la plus grande partie de ce gros volume n’est pas une œuvre improvisée. J’étais encore en première année à l’École des Chartes, lorsque, Girart de Roussillon m’étant tombé entre les mains, je me mis à le lire et à essayer de le traduire. L’étrange beauté du poème m’attirait, la difficulté du texte, loin de me rebuter, ne faisait qu’exciter ma curiosité. Je comparais les deux éditions qui avaient été publiées à peu près simultanément en France et en Allemagne ; je contrôlais sur le manuscrit de la Bibliothèque nationale d’après lequel elles étaient faites, le travail des deux éditeurs. J’entrevoyais confusément une infinité de problèmes plus mystérieux les uns que les autres. Je projetais toute une série d’études sur la langue du poème, sur son histoire, sur les fabuleux récits qui s’y déroulent. Il ne me semblait pas, en vérité, qu’il fût trop tôt ni que je fusse trop peu préparé pour aborder aucune des nombreuses questions que je voyais se poser devant moi. Je n’étais pas encore sorti de l’École lorsque j’achevai la première partie de mes Études sur la chanson de Girart de Roussillon, qui fut publiée dans la Bibliothèque de des Chartes en 1860. Cette première partie ne fut point suivie d’une seconde. Je n’avais pas tardé, en effet, à mieux apprécier la difficulté de l’œuvre dans laquelle je m’étais inconsidérément engagé. Jusque là, je n’avais connu du meilleur des manuscrits de Girart, celui de la Bodléienne, à Oxford, que le morceau publié d’une façon si défectueuse dans le t. des Gedichte der Troubadours de Mahn. En 1865 seulement j’eus occasion d’étudier directement à Oxford ce précieux manuscrit. Il me fut, dès lors, possible de me rendre compte de la valeur relative des diverses copies de Girart, et du caractère particulier de la langue dans laquelle ce poème est écrit. C’est vers ce temps que je commençai, ou plutôt que je recommençai, la traduction aujourd’hui terminée, l’interrompant et la reprenant à de longs intervalles. Des fragments, qui correspondent à peu près au premier quart du poème, en ont été publiés, à titre de spécimen, de 1869 à 1873, dans la Revue de Gascogne. Vers le même temps, en 1869, je rédigeai un mémoire, qui parut dans une revue allemande au commencement de l’année 1870, sur le classement des manuscrits ou fragments de manuscrits qui nous ont conservé Girart de Roussillon.

Ces divers travaux n’étaient, dans ma pensée, qu’une étude préparatoire en vue d’une nouvelle édition du poème, édition qui aurait été fondée sur la comparaison de toutes les copies, accompagnée d’une traduction, d’un commentaire et d’un glossaire très détaillé. Mais, cette fois encore, je reconnus que je n’étais pas en mesure de mener à bonne fin une entreprise aussi difficile, et je me décidai à publier d’abord la traduction et l’étude préliminaire dont je viens d’achever l’impression, après années d’un labeur souvent interrompu par l’accomplissement de devoirs plus impérieux.

Il pourra sembler bizarre qu’on croie pouvoir traduire un ouvrage dont il n’existe pas d’édition satisfaisante, et dont on ne se reconnaît pas capable d’établir le texte avec certitude. Je dois à cet égard quelques explications.

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