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Économie Rurale (De l’agriculture - Caton)

Porcius Cato · 1877 · Free in the US

25,988 words · about 1 h 49 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

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Licence: PD-US · Published in 1877 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Économie_Rurale_(De_l’agriculture_-_Caton)&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Porcius Cato
Language
French
Published
1877
Length
25,988 words · about 1 h 49 min
Sections
162 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (162)
  1. Front matter about 1 min
  2. Chapitre 1 about 1 min
  3. Chapitre 2 about 2 min
  4. Chapitre 3 about 1 min
  5. Chapitre 4 about 1 min
  6. Chapitre 5 about 3 min
  7. Chapitre 6 about 2 min
  8. Chapitre 7 about 1 min
  9. Chapitre 8 about 1 min
  10. Chapitre 9 under 1 min
  11. Chapitre 10 about 2 min
  12. Chapitre 11 about 2 min
  13. Chapitre 12 under 1 min
  14. Chapitre 13 about 1 min
  15. Chapitre 14 about 2 min
  16. Chapitre 15 about 1 min
  17. Chapitre 16 under 1 min
  18. Chapitre 17 about 1 min
  19. Chapitre 18 about 4 min
  20. Chapitre 19 about 1 min
  21. Chapitre 20 about 1 min
  22. Chapitre 21 about 2 min
  23. Chapitre 22 about 2 min
  24. Chapitre 23 about 1 min
  25. Chapitre 24 under 1 min
  26. Chapitre 25 under 1 min
  27. Chapitre 26 under 1 min
  28. Chapitre 27 under 1 min
  29. Chapitre 28 about 1 min
  30. Chapitre 29 under 1 min
  31. Chapitre 30 under 1 min
  32. Chapitre 31 about 1 min
  33. Chapitre 32 under 1 min
  34. Chapitre 33 about 1 min
  35. Chapitre 34 under 1 min
  36. Chapitre 35 under 1 min
  37. Chapitre 36 under 1 min
  38. Chapitre 37 about 1 min
  39. Chapitre 38 about 1 min
  40. Chapitre 39 about 1 min
  41. Chapitre 40 about 1 min
  42. Chapitre 41 about 1 min
  43. Chapitre 42 under 1 min
  44. Chapitre 43 about 1 min
  45. Chapitre 44 under 1 min
  46. Chapitre 45 about 1 min
  47. Chapitre 46 about 1 min
  48. Chapitre 47 under 1 min
  49. Chapitre 48 about 1 min
  50. Chapitre 49 under 1 min
  51. Chapitre 50 under 1 min
  52. Chapitre 52 about 1 min
  53. Chapitre 53 under 1 min
  54. Chapitre 54 about 1 min
  55. Chapitre 55 under 1 min
  56. Chapitre 56 under 1 min
  57. Chapitre 57 about 1 min
  58. Chapitre 58 under 1 min
  59. Chapitre 59 under 1 min
  60. Chapitre 60 under 1 min
  61. Chapitre 61 about 1 min
  62. Chapitre 62 under 1 min
  63. Chapitre 63 under 1 min
  64. Chapitre 64 about 1 min
  65. Chapitre 65 about 1 min
  66. Chapitre 66 about 1 min
  67. Chapitre 67 about 1 min
  68. Chapitre 68 under 1 min
  69. Chapitre 69 under 1 min
  70. Chapitre 70 about 1 min
  71. Chapitre 71 under 1 min
  72. Chapitre 72 under 1 min
  73. Chapitre 73 under 1 min
  74. Chapitre 74 under 1 min
  75. Chapitre 75 about 1 min
  76. Chapitre 76 about 2 min
  77. Chapitre 77 under 1 min
  78. Chapitre 78 under 1 min
  79. Chapitre 79 under 1 min
  80. Chapitre 80 under 1 min
  81. Chapitre 81 under 1 min
  82. Chapitre 82 under 1 min
  83. Chapitre 83 about 1 min
  84. Chapitre 84 under 1 min
  85. Chapitre 85 under 1 min
  86. Chapitre 86 under 1 min
  87. Chapitre 87 under 1 min
  88. Chapitre 88 about 1 min
  89. Chapitre 89 about 1 min
  90. Chapitre 90 under 1 min
  91. Chapitre 91 under 1 min
  92. Chapitre 92 under 1 min
  93. Chapitre 93 under 1 min
  94. Chapitre 94 under 1 min
  95. Chapitre 95 about 1 min
  96. Chapitre 96 about 1 min
  97. Chapitre 97 under 1 min
  98. Chapitre 98 about 1 min
  99. Chapitre 99 under 1 min
  100. Chapitre 100 under 1 min
  101. Chapitre 101 under 1 min
  102. Chapitre 102 under 1 min
  103. Chapitre 103 under 1 min
  104. Chapitre 104 under 1 min
  105. Chapitre 105 about 1 min
  106. Chapitre 106 under 1 min
  107. Chapitre 107 under 1 min
  108. Chapitre 108 under 1 min
  109. Chapitre 109 under 1 min
  110. Chapitre 110 under 1 min
  111. Chapitre 111 under 1 min
  112. Chapitre 112 about 1 min
  113. Chapitre 113 about 1 min
  114. Chapitre 114 about 1 min
  115. Chapitre 115 under 1 min
  116. Chapitre 116 under 1 min
  117. Chapitre 117 under 1 min
  118. Chapitre 118 under 1 min
  119. Chapitre 119 under 1 min
  120. Chapitre 120 under 1 min
  121. Chapitre 121 under 1 min
  122. Chapitre 122 under 1 min
  123. Chapitre 123 under 1 min
  124. Chapitre 124 under 1 min
  125. Chapitre 125 under 1 min
  126. Chapitre 126 under 1 min
  127. Chapitre 127 about 1 min
  128. Chapitre 128 under 1 min
  129. Chapitre 129 under 1 min
  130. Chapitre 130 under 1 min
  131. Chapitre 131 under 1 min
  132. Chapitre 132 about 1 min
  133. Chapitre 133 about 1 min
  134. Chapitre 134 about 1 min
  135. Chapitre 135 about 3 min
  136. Chapitre 136 under 1 min
  137. Chapitre 137 under 1 min
  138. Chapitre 138 under 1 min
  139. Chapitre 139 under 1 min
  140. Chapitre 140 under 1 min
  141. Chapitre 141 about 1 min
  142. Chapitre 142 under 1 min
  143. Chapitre 143 about 1 min
  144. Chapitre 144 about 2 min
  145. Chapitre 145 about 1 min
  146. Chapitre 146 about 1 min
  147. Chapitre 147 under 1 min
  148. Chapitre 148 about 1 min
  149. Chapitre 149 about 1 min
  150. Chapitre 150 about 1 min
  151. Chapitre 151 about 1 min
  152. Chapitre 152 under 1 min
  153. Chapitre 153 under 1 min
  154. Chapitre 154 under 1 min
  155. Chapitre 155 about 1 min
  156. Chapitre 156 about 3 min
  157. Chapitre 157 about 5 min
  158. Chapitre 158 about 1 min
  159. Chapitre 159 under 1 min
  160. Chapitre 160 about 1 min
  161. Chapitre 161 about 1 min
  162. Chapitre 162 about 1 min

Continue:

Front matter

Le négoce serait une carrière lucrative, si elle n’était pas si chanceuse ; il en serait de même de l’usure, si ce métier était aussi honnête qu’il est avantageux. Les lois de nos ancêtres condamnaient le voleur à l’amende du double, tandis qu’elles imposaient celle du quadruple à l’usurier. Cette disposition nous montre combien l’usurier était à leurs yeux un citoyen plus pernicieux que le voleur. Lorsqu’ils voulaient louer un bon citoyen, ils lui donnaient les titres de bon agriculteur, de bon fermier : ces expressions étaient pour eux la dernière limite de la louange. Pour moi, j’estime un négociant actif, désireux d’accroître sa fortune ; mais, comme je l’ai dit, cette carrière est semée d’écueils et de périls. C’est parmi les cultivateurs que naissent les meilleurs citoyens et les soldats les plus courageux ; que les bénéfices sont honorables, assurés, et nullement odieux : ceux qui se vouent à la culture n’ourdissent point de dangereux projets. Maintenant j’arrive à mon but, et ces réflexions sont les préliminaires de l’ouvrage que j’ai promis.

Chapitre 1

Achat et disposition du domaine. Lorsque vous vous décidez à faire l'acquisition d'un domaine, gardez-vous de l'acheter à tout prix ; n'épargnez pas les visites, et ne vous contentez pas de l'explorer une fois. Plus vous le verrez, plus vous lui trouverez de charmes s'il est fertile. Examinez soigneusement les apparences extérieures des voisins ; elles sont brillantes dans une bonne contrée. Lorsque vous y entrez, ménagez-vous les moyens d'en sortir : choisissez un ciel serein, peu troublé par les tempêtes ; que le sol soit excellent, et renferme en lui-même toutes ses qualités. Autant que possible, il sera au pied d'une montagne, il regardera le midi ; la situation en sera saine ; il sera entouré d'une population laborieuse, auprès d'une eau salutaire, non loin d'une ville populeuse, au bord d'une mer ou d'une rivière navigable et renommée. Le domaine sera de ceux qui changent rarement de propriétaires, qu'on vend à regret, et qui possèdent des bâtiments commodes. On recherchera pour prédécesseur un homme qui mette beaucoup de sagacité dans ses cultures et dans ses constructions. Quand vous ferez vos visites, portez votre attention sur le nombre des pressoirs et des futailles : s'ils sont en petit nombre, vous pouvez en conclure que le rendement est modique. Regardez moins la quantité que l'arrangement convenable des attirails. Rejetez également la pénurie et le luxe dans le nombre des instruments. Souvenez-vous qu'un champ très productif, comme un homme prodigue, est ruineux, s'il occasionne un excès de dépense. Si vous me demandez quel est le meilleur domaine, je vous répondrai : Sur un domaine de cent arpents et bien situé, la vigne est la meilleure récolte, si elle est productive : je place ensuite un potager arrosable ; au troisième rang, une oseraie ; au quatrième, l'olivier ; au cinquième, une prairie ; au sixième, les céréales ; au septième, un taillis ; puis un verger, et enfin une forêt de chênes.

Chapitre 2

Devoirs du chef de famille. Arrivé à sa maison de campagne, le premier devoir du propriétaire est de saluer ses pénates ; puis le même jour, s'il en a le loisir, il fait le tour de son domaine ; sinon il remet cette besogne au lendemain. Dès qu'il a bien examiné l'état des cultures, les travaux achevés, et ceux qui ne le sont pas, il fait venir le lendemain son intendant, lui demande ce qui a été fait, ce qui reste à faire ; si chaque travail a été fait à temps, et s'il est possible de terminer ce qui est incomplet : il l'interroge sur la quantité de vin, de blé ou d'autres denrées qu'on a récoltées. Une fois ces particularités connues, il fait la supputation des travaux et des jours. Si le travail ne lui paraît pas suffisant, l'intendant cherche à se faire absoudre en alléguant les maladies des esclaves, leurs désertions, l'inclémence de la température, les corvées publiques. Quand il a fait l'énumération de tous ces contre-temps et d'autres semblables, repassez le compte en présence de l'intendant. Lorsque le temps a été à la pluie, cherchez combien de jours ont été pluvieux ; rappelez les travaux qu'on peut exécuter alors, le lavage et le goudronnage des futailles, le balayage des bâtiments, la ventilation des grains, la récolte des fumiers et leur stratification, le nettoyage des semences, le raccommodage des vieilles cordes et la fabrication des neuves : les gens devaient rajuster leurs capuches et leurs hardes. Ne fallait-il pas aux jours fériés curer les anciens fossés, paver la voie publique, couper les buissons, bécher le jardin, nettoyer les prairies, tresser les haies, extirper les épines, broyer les grains, enfin nettoyer partout ? Si les esclaves ont été malades, pourquoi donner tant de nourriture ? Après avoir mis beaucoup de calme dans ces informations, on donnera ses ordres pour achever ce qui reste à faire ; on fera le compte de la caisse, du grain en magasin, de tous les fourrages en provision, des vins, des huiles ; on prendra note de ce qui a été vendu, de ce qui a été payé, de ce qui reste à percevoir, de ce qu'il y a encore à vendre. Il recevra les cautions qui sont à présenter : il passera la revue des denrées en provision ; s'il juge quelque objet nécessaire pour l'année courante, il le fait acheter ; s'il y a du superflu il le fait vendre : il met en location ce qui est à louer ; qu'il prescrive (et son ordre doit être confié à ses tablettes) les ouvrages qui seront exécutés à la ferme, et ceux qui le seront à forfait. Il fera la revue du bétail, afin de constater les ventes à effectuer. Si les prix sont suffisants, il vendra ce qui lui reste en huile, vin et froment. Il mettra en vente les boeufs en retour d'âge, les veaux et les agneaux sevrés, la laine, les peaux, les attirails hors de service, la ferraille, les esclaves vieux ou maladifs, enfin tout ce dont il n'a pas besoin. Le maître de la maison sera marchand plutôt qu'acheteur.

Chapitre 3

Travaux que le débutant doit faire exécuter sur son domaine. Dès son début, le propriétaire s'occupera de planter ; mais il réfléchira longtemps avant de bâtir. Pour planter, ce n'est pas la réflexion qu'il faut, c'est l'action. Si son domaine est planté, l'agriculteur pourra songer à bâtir lorsqu'il aura atteint sa trente-sixième année. Bâtissez dans de telles proportions que votre domaine soit en rapport avec vos constructions, et vos constructions avec votre domaine. ll faut qu'un père de famille possède de beaux bâtiments d'exploitation, qu'il y réunisse des celliers pour l'huile, pour le vin, des futailles nombreuses, afin qu'il puisse attendre la hausse ; ce qui augmentera sa fortune, et donnera du relief à sa prudence et à sa réputation. Il aura de bons pressoirs, afin que le travail soit bon. De peur qu'elle ne s'altère, l'olive sera pressée immédiatement après la récolte. Songez aux grandes tempêtes qui arrivent tous les ans, et qui ne manquent pas de faire tomber les olives. Si vous faites la récolte de bonne heure, et que vos ustensiles soient en ordre, vous n'aurez rien à redouter des tempêtes, votre huile sera meilleure et plus verte. Si au contraire l'olive séjourne trop longtemps sur le sol ou sur un plancher, elle pourrit, et ne produit qu'une huile désagréable. Toute espèce d'olive donne une huile verte et de bon choix, si on la fabrique à propos. Sur une surface de cent vingt arpents plantés d'oliviers, il faut avoir deux assortiments d'ustensiles. Si les arbres sont vigoureux, les rangs serrés et la culture judicieuse, il faudra trois machines solides et isolées, afin que si les meules venaient à se briser, on puisse en avoir de rechange ; chaque machine aura ses lanières de cuir ; on réunira six leviers, douze aiguilles, des câbles particuliers, deux moufles grecques glissant sous des cordes de genêt. On marchera plus vite avec huit poulies en haut et six en bas ; si on veut faire des roues, le travail est moins expéditif, mais aussi moins pénible.

Chapitre 4

II faut avoir des étables bien construites, et un bon voisinage. Ayez de bonnes étables, de bonnes écuries, et des râteliers. : les barres de ceux-ci seront distantes d'un pied avec cette disposition, les boeufs ne gaspilleront point leur nourriture. Ayez des bâtiments de maître en rapport avec votre fortune. Si votre campagne est assise sur un bon fond, bien construite et orientée ; si elle est meublée convenablement, vous la visiterez plus souvent et plus volontiers ; elle s'améliorera, on commettra moins de fautes, et on récoltera davantage, car rien ne remplace l'oeil du maître. Soyez affable à l'égard de vos voisins, et n'offensez pas vos gens sans raison. Si vous obtenez l'affection du voisinage, vous écoulerez plus facilement vos produits, et vous trouverez sans peine des bras pour exécuter vos travaux à la journée ou à forfait. Si vous bâtissez, ils vous aideront en payant de leur personne, ou en vous donnant leurs attelages et leurs matériaux. S'il vous arrive quelque chose de fâcheux (ce qu'à Dieu ne plaise !), ils vous prêteront une assistance bienveillante.

Chapitre 5

Devoir de l'intendant. Voici les devoirs de l'intendant : toute sa conduite sera bien réglée ; il observera les jours de fêtes, respectera le bien d'autrui et fera respecter le sien. Il apaisera les disputes de ses domestiques ; si quelqu'un a commis une faute, la punition sera équitablement proportionnée au délit. Il veillera à ce qu'ils soient bien entretenus, qu'ils ne souffrent ni la faim ni la soif, et surtout à ce qu' ils s'abstiennent de mal faire ou de voler. Le mal ne se fera qu'autant qu'il le voudra bien ; et s'il l'a permis, le maître ne laissera pas son indulgence impunie. Qu'il soit reconnaissant du bien qu'on lui a fait, afin de stimuler les autres à bien faire. L'intendant sera sédentaire, toujours sobre, et n'ira pas ailleurs quêter un festin. Qu'il tienne les domestiques en haleine, et fasse exécuter les ordres du maître. Qu'il ne se croie pas plus habile que le propriétaire ; qu'il traite les amis de sa maison comme les siens propres. Qu'il écoute ceux qu'il lui aura donnés pour conseils. Que ses pratiques religieuses soient confinées dans les carrefours, ou près de son foyer. Qu'il ne prête à personne ni semence, ni aliments, ni grain, ni vin, ni huile. Qu'il soit seulement en relations avec deux ou trois fermes, pour prêter ou pour emprunter ce dont on a besoin ; après cela il n'aura d'affaires avec qui que ce soit. Qu'il compte souvent avec le maître. Qu'il ne retienne pas contre les conventions ni les ouvriers, ni les journaliers, ni les vignerons. Qu'il n'achète ou ne récolte rien à l'insu du maître. Qu'il éloigne les parasites ; qu'il ne consulte ni aruspice, ni augure, ni devin, ni astrologue. Qu'il n'épargne pas sur la semence, c'est une mauvaise économie. Qu'il surveille tous les travaux, afin qu'il sache comment ils s'exécutent ; et que, sans se fatiguer, il paye souvent de sa personne. Ce faisant, il connaîtra les dispositions de ses gens, qui n'en seront que plus ardents au travail : il n'aura pas autant de loisir pour se promener, mais sa santé sera plus robuste et son sommeil plus paisible. Debout le premier, il se couchera le dernier : auparavant il s'assurera si les portes de la ferme sont closes, si chacun est couché à son poste, et si les animaux sont affourragés. Il aura le plus grand soin des boeufs, et flattera les bouviers, afin que leurs animaux soient bien tenus. Il tiendra en bon état les charrues et les socs. Il ne conduira ni troupeaux, ni chariots, ni charrues, sur la terre détrempée ; sans cette précaution, les endroits piétinés seront stériles pour trois ans. Les troupeaux et les boeufs recevront régulièrement de la litière ; leurs pieds seront nettoyés. Qu'il éloigne la galle des moutons et du gros bétail ; que tous les travaux se fassent à propos ; car en agriculture tout s'enchaîne de telle sorte, qu'un travail retardé retarde tous les autres. Si la litière manque, on prendra des feuilles de chêne, et on les mettra sous les pieds des moutons et des boeufs. Qu'il ait soin d'amasser un bon tas de fumier ; qu'il le conserve avec soin ; et lorsqu'il le transportera, qu'il l'étende et l'éparpille. L'automne est le moment du transport. C'est à l'automne qu'on découvre les racines des oliviers et qu'on les fume. Qu'il coupe les ramilles de peuplier, d'orme et de chêne ; qu'il les entasse pour les donner aux brebis avant qu'elles ne soient complétement séchées. Quant au regain et aux herbes de la seconde coupe, elles seront bien sèches, dans le même but. Après les pluies d'automne il sèmera les raves, les fourrages, et les lupins.

Chapitre 6

Destination des différentes pièces de terre. Voici ce qu'il faut observer dans la destination des terres aux différents produits. On réservera au froment les terres riches, aérées, dépouillées d'arbres. Si le sol est souvent couvert de brouillards, il faudra surtout y semer des raves, des radis, du millet, et du sorghs. Le sol qui sera en même temps gras et chaud recevra les olives de conserve, les longues, les salentines, les orchites, les posea, celles de Sergianum, de Colminium, et les blanches. Multipliez surtout celle qu'on s'accorde à regarder comme la plus productive dans cette circonstance. Les espèces se plantent à une distance de vingt-cinq à trente pieds. On ne trouve pas pour une plantation d'oliviers de meilleure exposition que celle qui est exposée au vent de l'ouest et regarde le soleil. Si le terrain est plus maigre et plus froid, on y plantera l'olivier Licinius ; si vous plantez cette variété dans une terre grasse et chaude, votre huile sera mauvaise, l'arbre s'épuisera en produisant, et se couvrira d'une mousse roussâtre et parasite. Sur les lisières des champs et au bord des chemins, plantez des ormes et des peupliers, afin d'avoir des feuillards pour vos troupeaux et vos boeufs, et afin d'avoir du bois sous la main lorsque le besoin se présente. Sur les portions humides et longeant les rivières, plantez des cimes de peuplier et des roseaux. Plantez ceux-ci de la manière suivante : avec le tranchant de la houe vous faites des trous dans lesquels vous insérez des stolons de roseaux, à une distance de trois pieds les uns des autres. Plantez-y l'asperge sauvage, d'où naîtront des asperges ordinaires ; car le roseau s'associe bien à l'asperge sauvage, parce qu'on le bine, qu'on le brûle, et qu'il donne de l'ombre à propos. Entourez votre plantation de roseaux d'un rideau de saules grecs, qui vous donneront des ligatures pour la vigne. Voici ce qu'il faut observer dans le choix du terrain des vignobles : dans celui qui est estimé le meilleur pour la vigne, et qui est exposé au sol, plantez la petite race d'Aminée, l'Albe double, et le petit gris. Le sol riche, couvert de brouillards, convient spécialement à la grande race d'Aminée, au murgentin, à l'apicien et au lucanien ; les autres vignes, surtout les espèces bâtardes, prospèrent partout.

Chapitre 7

Lieux où il faut planter les arbustes et les arbrisseaux. La terre qui est peu éloignée des vues veut être plantée en vergers ; le bois ou les ramilles peuvent ou être vendues, ou être réservées pour l'usage du maître. Voici ce qu'il faut semer dans ce même terrain, et quelle espèce de vigne il faut marier aux arbres : c'est le grand et le petit aminéen, et l'apicien. On conserve ces raisins dans des pots noyés au milieu des mares, ou dans du vin cuit, ou dans du moût, ou bien dans de la piquette. Ceux que vous suspendrez seront les raisins à graines fermes, et les gros aminéens. On peut également les sécher au foyer d'un forgeron, aussi bien qu'au soleil. Les fruits seront les pommes de coing, la cognasse des Cantius, les Quiriniennes, et d'autres fruits de garde, tel les que les pommes vineuses et les grenades. Pour que ces fruits ne tombent point prématurément, on enfouira au pied des arbres de l'urine ou du fumier de porc. Les poires seront celles d'Anicius, (et des semailles excellentes confites dans du vin cuit), la tarentine, la vendange et la courge. Plantez aussi et greffez bon nombre d'autres espèces, des olives orchites, et posiennes, qui sont les meilleures à confire, soit entières dans la saumure, soit meurtries dans l'huile de lentisque. Dès que les orchites seront noires et sèches, saupoudrez-les de sel que vous secouerez cinq jours après ; exposez-les au soleil pendant deux jours, ou bien mettez-les dans du vin cuit sans les saler. Lorsque vous voudrez conserver des cormes, soit par la dessiccation, soit dans une infusion de vin cuit, faites-les bien sécher auparavant : agissez de même pour les poires.

Chapitre 8

Dans quelles terres il faut mettre les différentes espèces d'oliviers. Mettez la figue marisque dans un sol crayeux et découvert : mettez au contraire dans une terre riche ou fermée les espèces d'Afrique, de Cadix, de Sagonte, les télanes noires à longs pédoncules. Si vous avez un pré arrosé vous ne manquerez pas de foin ; s'il ne l'est pas, fumez-le afin d'avoir du foin. Près de la ville, vous aurez des jardins dans tous les styles, toutes sortes d'arbres d'ornement, des oignons de Mégare, le myrte palissadé, soit le noir, soit le blanc, le laurier de Delphes, celui de Chypre, celui des forêts, des noix nues, des avelines de Préneste et de Grèce. Un jardin de ville, surtout pour ce lui qui n'en a point d'autre, doit être planté et orné avec tout le soin possible.

Chapitre 9

Il faut confier les saussaies aux terrains humides. Il convient de planter les saules dans les terres aquatiques, humides, ombragées, et près des rivières. Examinez si vous eu avez besoin chez vous, ou si vous les destinez à la vente. Si vous avez de l'eau, attachez-vous surtout aux prairies arrosées. Si vous n'avez pas d'eau, faites encore des prairies sèches autant que vous pourrez ; c'est le meilleur usage que vous puissiez faire de votre domaine.

Chapitre 10

Nombre d'aides, de boeufs, d'ânes, de domestiques et d'instruments dont il faut se pourvoir. Mobilier et personnel pour deux cent quarante arpents en oliviers : Un intendant, une surveillante, cinq manoeuvres, trois bouviers, un porcher, un ânier, un berger ; en tout treize personnes. Trois paires de boeufs, trois ânes avec bâts, pour le transport des engrais ; un autre âne, cent brebis. Instruments pour l'huile : cinq rouleaux montés, une chaudière de trente quadrantals (28 pintes parisiennes), son couvercle, trois crochets en fer, trois vases pour l'eau, deux entonnoirs, une chaudière de cinq quadrantals, son couvercle ; trois crochets, une petite cuvette, deux amphores à huile, une urne de cinquante pots, trois écumoires, un seau à puiser de l'eau, un bassin, un pot, un vase à laver les mains, un bassin en écu, un pot à l'eau, un vase à trois becs, un chandelier, un boisseau, trois grands chars, six araires avec leurs socs, trois jougs avec leurs lanières, six harnais de boeufs, un râteau en fer, quatre civières à fumier, six paniers à fumier, trois demi-bâts, trois couvertures pour les ânes. Ustensiles en fer : huit fourches, huit sarcloirs, quatre pelles, cinq houes, deux râteaux à quatre dents, trois faux à foin, six faux à chaume, cinq croissants, trois haches, trois coins, un pilon à blé, deux pelles à feu, un fourgon, deux réchauds ; cent tonnes pour l'huile, douze bassins ; dix tonneaux pour les marcs, dix pour les fèves, dix tonnes à vin, vingt pour le froment, une pour les lupins, six cruches à vin, une aiguière, une baignoire, deux bassins pour l'eau ; des couvercles pour les tonneaux et les futailles ; une paire de meules tournées par les ânes, une paire tournée à bras d'hommes, une paire à l'espagnole ; trois colliers, un buffet, deux plats en cuivre, deux tables ; trois grands bancs, un siège dans la chambre à coucher, trois escabelles, quatre tabourets, deux fauteuils ; un lit dans la chambre à coucher, quatre lits de sangle et trois autres lits ; un pilon en bois, un pour fouler la laine, un métier à tisserand ; quatre pilons, l'un pour les féves, l'autre pour le froment, un pour les semences, un pour concasser les noyaux ; un boisseau, un demi-boisseau ; huit matelas, huit couvertures, seize oreillers ; dix draps, trois serviettes, six casaques pour les esclaves.

Chapitre 11

Dans un autre système, nombre d'aides et d'ouvriers qu'il faut mettre à la disposition de l'intendant. Pour cent arpents de vigne on aura : un intendant, une surveillante, dix ouvriers, un bouvier, un ânier, un homme pour les saules, un berger : en tout, seize personnes ; deux boeufs, deux ânes pour les chars, un pour la meule ; trois attirails de pressoirs avec leurs agrès ; des futailles suffisantes pour recevoir le produit de cinq vendanges, et donnant chacune huit cents mesures ; vingt futailles pour les marcs, vingt pour le froment ; pour chacune d'elles les couvercles et chaperons nécessaires ; six urnes couvertes de genêt, quatre amphores du même genre ; deux entonnoirs, trois passoirs à osier, trois passoirs pour arrêter les fleurs ; dix vaisseaux pour le moût ; deux chars, deux charrues ; un joug. pour les chars, un joug pour la vigne, un pour les ânes ; un disque d'airain ; un collier de meule ; une chaudière de la contenance d'un culleus, avec son couvercle, pour la cuisine ; trois crochets en fer ; deux vases pour l'eau ; une amphore à trois anses, un bassin, un pot à l'eau, une aiguière, un seau à puiser l'eau, un rafraichissoir, une écumoire ; un chandelier, un vase de nuit ; quatre lits, un banc, deux tables, un buffet, un garde-manger, une garde-robe, six grands bancs, une roue à puiser l'eau, un boisseau ferré, un demi-boisseau ; une auge à lessive ; un détrempoir, une auge à lupins, dix cruches à vin ; dix couvertures pour les boeufs et les ânes ; trois demi-bâts ; trois corbeilles pour les lies, trois roues tournées par les ânes, une roue à bras. Ustensiles en fer : six serpettes pour la vigne ; cinq serpettes pour les ligatures,trois croissants, trois serpes, cinq haches et quatre coins ; dix socs en fer, six bêches, quatre, houes, deux râteaux à quatre dents, quatre hottes à fumier, un panier pour le même usage ; quarante faucilles pour la vigne, six croissants pour les frayons ; deux réchauds, deux pinces à feu, un fourgon ; vingt paniers d'Améria, sept paniers de semeur ; quarante baquets, quarante pelles de buis, deux auges ; quatre matelas, quatre couvertures, six oreillers, six couvre- pieds ; trois serviettes, six casaques d'esclaves.

Chapitre 12

Quantité et dénominations des ustensiles pour le pressoir. Il faudra pour le pressoir cinq séries d'ustensiles ; cinq arbres montés, trois de rechange, cinq treuils, un de rechange ; cinq courroies, cinq cordes de retour, cinq câbles, cinq poulies, dix cordes d'attache, cinq leviers et cinq assiettes pour les arbres ; trois cuves, quarante blocs, quarante boucles, quarante frettes en bois, pour empêcher les arbres de se fendre ; cinq meules, dix seaux à puiser, dix baquets, dix pelles en bois, cinq râbles en fer.

Chapitre 13

Disposition du pressoir et du cellier à olives. A l'époque du pressurage voici ce qu'il faut avoir au pressoir : un vase en cuivre de la contenance de cinq quadrantals ; trois crocs en fer, un disque d'airain ; une paire de meules, un crible, un tamis ; une hache, une cruche à vin, un levier, un lit monté pour les hommes libres faisant l'office de gardiens ; un esclave du troisième degré couchera avec les ouvriers ; de vieilles et de neuves corbeilles ; une corde de hamac ; un oreiller, un cuir, deux lampes grillées, un charnier ; une échelle, des futailles à huile, leurs couvercles ; quatorze bassins à huile, deux grandes gondoles, deux petites ; trois écumoires d'airain ; deux amphores à huile, un vase pour l'eau, une urne de quarante mesures ; un setier pour l'huile, une cuvette ; deux entonnoirs, deux éponges ; deux pots en terre, un autre de la contenance d'une urne (quatre conges), trois barres avec leurs clavettes ; deux tabourets, une balance, un poids unique de cent livres, une série de divers poids.

Chapitre 14

Clauses à proposer à l'architecte pour bâtir une maison de campagne. Si vous faites bâtir à forfait une campagne entièrement neuve, voici les obligations de l'entrepreneur. Conformément au désir, il construira toutes les murailles en moellons unis avec de la chaux, les piliers en pierres solides, les poutres qui sont nécessaires, les seuils, les jambages de porte, les linteaux, les lambourdes, les étais, les étables d'hiver pour les bœufs, les ratellers pour l'été, l'écurie, les chambrettes pour les esclaves, trois garde-mangers, une table ronde, deux chaudières, dix toits à porc, un foyer, une porte cochère et une autre à la disposition du maitre, les fenétres, dix barreaux de dix pieds pour les grandes fenêtres et pour les petites, six lucarnes ; trois bancs, cinq chaises ; deux métiers de tisserand, six carreaux transparents, un petit mortier à piler le grain, un métier de foulon ; les chambranles ; deux pressoirs. Le propriétaire fournira les matériaux, les objets nécessaires à la main d'oeuvre ; il fera tailler et polir, il sera tenu de fournir une scie et un cordeau ; cependant il n'est tenu qu'à couper et à travailler les matériaux. C'est l'entrepreneur qui fournit la pierre, la chaux, le sable, l'eau, la paille, et la terre employée au mortler. Si l'édifice vient à être frappé de la foudre, il faut y prononcer des paroles sacrées. Voici le prix du travail pour un honnéte homme qui fournit largement tout ce qui est nécessaire, et qui paye consciencieusement : les pannes occupent deux pieds sur le toit, et on supputera ainsi : celle qui ne sera pas entière, et qui aura été échancrée d'un quart, sera comptée comme une demi. Les mattières seront comptées pour deux pannes ; toutes celles qui auront de plus grandes dimensions seront comptées pour quatre. Faites conduire de la chaux et des pierres jusqu'à un pied au-dessus du sol, et ne mettez aux parties latérales, aux chambranles et aux croisées que ce qui est strictement nécessaire. Les autres conditions conslstent à composer toute la bâtisse de moellons unis à la chaux. Le prix des ouvrages énoncés cl-dessus s'évalue à un nummus sestertius par panne. La main-d'oeuvre se calcule sur ce pied, si l'on bâtit dans un canton salubre et pour un homme de bon accord ; mais tout propriétaire consciencieux ajoutera un quart en sus s'il fait bâtir dans une contrée malsaine où l'on ne peut travailler pendant l'été.

Chapitre 15

Manière de construire les murailles. Les murs auront cinq pieds de hauteur, et seront faits avec des moellons liés avec du sable et de la chaux ; la pièce de comble aura un pied d'épaisseur, sur un pied et demi de hauteur, quatorze de longueur, et on devra exiger sur le devis qu'elle soit crépie. S'il exige qu'on donne aux murailles de la campagne cent pieds carrés, c'est-à-dire dix pieds en tout sens, ou une figure ayant cinq pieds d'une face et une perche de vingt pieds de l'autre, il faudra payer dix nummus ; et s'il veut une fondation ayant un pied et demi d'épaisseur, Il devra fournir par chaque pied de longueur un boisseau de chaux et deux de sable.

Chapitre 16

Conditions à imposer pour la cuisson de la chaux. Quand on fait cuire la chaux à charge de partage, voici les conditions des deux parties. Le chaufournier monte le four, le chauffe, en retire la chaux et débite le bois ; le maître fournit la pierre, le bois, en un mot tout ce qui est nécessaire.

Chapitre 17

Époque convenable pour l'abattage des bois. Le temps le plus favorable à la coupe du chêne rouvre, et des essences à échalas, c'est depuis le solstice jusqu'aux frimas. Quant aux essences qui portent du fruit, c'est l'époque de la maturité de ceux-ci qui est la meilleure. Les essences qui ne fructifient point sont bonnes à couper lorsque la sève monte. On peut abattre en toute saison les essences qui portent en même temps des fruits verts et des semences mûres : tels sont les cyprès et les pins. En effet, dans ces arbres il y a deux sortes de fruits ; l'un mûr, bon à cueillir et près de tomber, lorsqu'il touche à la fin de la première année : alors il faut couper l'arbre à l'époque des semailles ; si l'on attendait plus tard, il faudrait reculer de huit mois. L'autre n'a pas encore un an, et a une couleur verte. Il est avantageux de couper l'orme quand ses feuilles commencent à tomber.

Chapitre 18

Construction du pressoir. Si vous voulez construire un pressoir à quatre cuves, que celles-ci soient opposées les unes aux autres, et montées ainsi qu'il suit : Les arbres auront deux pieds d'équarrissage sur neuf de longueur, y compris les mortaisés, et les tenons qui les termineront supérieurement, et la portion de leur pied qui sera engagée dans le patin ; ouvrez le logement des aiguilles de trois pieds neuf pouces en hauteur, sur six doigts de largeur ; ouvrez une mortaise à un pied et demi du sol ; donnez deux pieds à l'entre-jumelles, écartez-les de deux pieds des murs ; mettez dix-huit pieds entre ces jumelles et la paire de poteaux qui appartient à ce même pressoir ; donnez à chaque poteau deux pieds de diamètre et dix pieds de hauteur, y compris les tenons qui doivent les terminer supérieurement, et la partie qui sera engagée dans le patin. Le treuil doit avoir neuf pieds de longueur, sans compter celle de ses tourillons. L'arbre doit avoir vingt-cinq pieds de longueur, y compris la partie engagée entre les jumelles, laquelle aura deux pieds et demi de longueur. La surface du hangar qu'occupeut deux pressoirs, y compris leurs deux bassins et deux trapètes, aura trente-trois pieds de largeur, prise sur la longueur du hangar ; dans cette surface seront pris, entre un pressoir à droite et un à gauche, vingt pieds pour placer les deux trapètes appartenant à ces deux pressoirs ; entre les poteaux d'un pressoir et ceux du pressoir de la seconde couple qui est sur le même alignement, il faut un espace de dix-huit pieds pour les charrois. Entre ces derniers poteaux appartenant à la seconde couple des pressoirs et le mur qui est derrière leurs jumelles, il y aura vingt-deux pieds : ainsi le total de l'emplacement qu'il faut pour loger ces quatre équipages est de soixante-six pieds de longueur sur trente-six pieds de largeur entre murs. Aux places où vous dresserez vos jumelles, faites de bons fondements, de cinq pieds de profondeur ; couvrez-en, d'une pierre dure d'un pied et demi d'épaisseur, la superficie, qui sera de six pieds et demi de longueur sur deux pieds et demi de largeur. Vous creuserez dans cette pierre un logement pour les pieds des deux jumelles ; établissez donc dans ce logement vos deux jumelles. Ce qu'il y restera de vide entre le pied de l'une et celui de l'autre doit être rempli par une pièce de chêne ; et s'il s'y trouve quelque faux joint, on coulera du plomb. Les tenons supérieurs des jumelles auront six doigts de hauteur, et elles seront coiffées d'un chapeau de chêne. Vous ferez de même de bons fondements de cinq pieds de profondeur, pour placer les poteaux ; vous y poserez sur son lit de carrière, et bien de niveau, une pierre de taille longue de deux pieds et demi, large de deux pieds et demi, et épaisse d'un pied et demi. Sur cette pierre vous poserez un poteau ; et sur une pierre semblable, et assise de même, vous poserez l'autre poteau de cette paire. Sur les jumelles et les poteaux de chacun des deux pressoirs, vous poserez une poutre horizontalement, large de deux pieds, grosse d'un pied et longue de trente-sept pieds, ou deux poutres de cette même longueur et jumelées, si vous n'en avez pas d'assez grosses. Sur ces poutres vous poserez, entre les murs qui terminent la longueur du hangar et le passage des voitures (c'est l'emplacement des trapètes), vous poserez, dis-je, une poutre de vingt- quatre pieds de longueur, et d'un pied et demi d'équarrissage en une pièce, s'il se peut, sinon en deux pièces jumelées. Sur ces poutres posez des bouts d'autres poutres, qui s'appuieront indirectement, par le moyen du poitrail, sur les jumelles et les poteaux ; et sur cette charpente élevez une maçonnerie pour en joindre le poids à celui des bois, et l'augmenter jusqu'à ce qu'il y en ait assez. L'aire de chaque pressoir sera fondée à cinq pieds de profondeur ; elle sera ronde, et aura six pieds de diamètre ; le bassin, qui sera rond aussi, n'aura que trois pieds de diamètre, et un pied trois quarts de profondeur. Le pavé de la totalité du hangar aura été creusé de deux pieds de profondeur, et le fond en aura été assuré à l'aide de la hie ; après quoi l'on aura étendu une couche de demi-pied d'épaisseur en menu ciment, avec chaux et sable, et d'autres couches semblables, jusqu'à ce qu'on ait regagné son premier niveau. Mais pour les aires et les bassins, voici la façon de les paver : lorsque vous aurez bien nivelé et aplani la surface des fondements, couchez une première assise de gravier, sable et chaux, et la battez. Faites une seconde assise pareille, recouvrez celle-ci d'une couche épaisse de deux doigts, en chaux et ciment, de tessons passés au crible ; cette couche faite, battez-la, frottez-la et pollissez-la à l'huile, et vous aurez de bonnes aires de pressoirs et de bons bassins. Vous choisirez entre le chêne ou le pin pour faire vos jumelles et vos poteaux. Si vous voulez vous dispenser d'employer des poutres aussi longues que le porte la fixation précédente, entez- les par entailles ; et dès lors il suffira d'avoir des poutres de vingt-cinq pieds. La table qui couvrira les tas à pressurer aura quatre pieds de diamètre ; les pièces en seront jointes et assemblées par clefs à la carthaginoise ; elles auront six doigts d'épaisseur, elles seront liées extérieurement par clefs à queue d'aronde de bois d'yeuse, maintenues en place par des chevilles de cornouiller. Elles seront encore affermies dans leur assemblage par trois barres fixées par des clous de fer. Cette table sera d'orme, ou de cornouiller. SI vous avez de l'un et de l'autre bois, entremêlez-les.

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