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Colette Baudoche

Maurice Barrès · 1913 · Free in the US

89,577 words · about 6 h 16 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1913 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Colette_Baudoche&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Maurice Barrès
Language
French
Published
1913
Length
89,577 words · about 6 h 16 min
Sections
4 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (4)
  1. Front matter about 2 h 5 min
  2. Texte entier about 2 h 5 min
  3. Préface about 1 min
  4. Texte about 2 h 4 min

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Front matter

Mon cher ami,

Je vous offre ici l’ouvrage où je crois avoir le mieux mêlé les images que je trouve en fermant les yeux et celles que j’ai recueillies d’après nature. Vous m’avez fait le plaisir d’aimer le Service de l’Allemagne. Colette Baudoche est la sœur de l’Alsacien Ehrman. L’un et l’autre, j’ai essayé de les présenter avec les mots les plus unis et sans aucun artifice, pour ne pas diminuer devant le lecteur une position d’un romanesque si vrai. Vous qui vivez pour amener la lumière sur toutes les parties d’une figure colossale, vous reconnaîtrez, je crois, dans ces deux jeunes gens, quelques-unes des vertus avec lesquelles votre héros fit de l’épopée. J’ai voulu décrire les sentiments des récentes générations d’Alsace, de Lorraine et de Metz à l’égard des vainqueurs. J’admire en elles ce qui me paraît le signe d’une humanité supérieure : la volonté de ne pas subir, la volonté de n’accepter que ce qui s’accorde avec leur sentiment intérieur. Ces captifs et ces captives continuent d’ajouter au capital cornélien de la France. J’ai tenté d’incorporer à notre littérature les grands exemples de constance et de fierté qu’ils fournissent chaque jour, là-bas, afin que leur vertu continue de s’exercer au milieu de nous. Le public dira si j’ai réussi. Pour vous, mon cher ami, de qui l’indulgence m’est acquise depuis vingt-cinq ans, vous trouverez au moins dans ce livre un témoignage de ma fidèle affection.

Il n’y a pas de ville qui se fasse mieux aimer que Metz. Un Messin français à qui l’on rappelle sa cathédrale, l’Esplanade, les rues étroites aux noms familiers, la Moselle au pied des remparts et les villages disséminés sur les collines, s’attendrit. Et pourtant ces gens de Metz sont de vieux civilisés, modérés, nuancés, jaloux de cacher leur puissance d’enthousiasme. Un passant ne s’explique pas cette émotion en

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