Front matter
… Je suis las de mentir, las d’entendre et de voir mentir.
Rien n’est réel en nous. La bouche ment, les yeux mentent, les gestes mentent. Nos sourires et nos larmes, nos prières, nos remercîments, nos colères, tout est calculé. D’un bout à l’autre de notre existence, nous tenons une série de rôles, des centaines dont aucun n’est la représentation fidèle de notre être vrai. Nous sommes en scène sans discontinuer, devant un public qui nous admire ou nous critique. Et là nous prenons des attitudes, belles ou disgracieuses, toujours fausses.
Pourquoi ? Par besoin. C’est devenu un instinct, un vice inhérent à notre race civilisée. Nous nous exhibons sous tel jour que nous croyons favorable à notre intérêt, à notre bonheur, à nos jouissances. Nous cherchons à réaliser aux yeux d’autrui un idéal quelconque, et cet idéal change selon notre humeur actuelle, selon l’époque, la saison, l’heure, la température, selon une infinité de circonstances futiles.
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The end
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