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Caramel : histoire d’un singe

Rodolphe Bringer · 1927 · Free in the US

19,421 words · about 1 h 22 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1927 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Caramel_:_histoire_d’un_singe&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Rodolphe Bringer
Language
French
Published
1927
Length
19,421 words · about 1 h 22 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
  1. Front matter about 41 min
  2. 1 about 2 min
  3. 2 about 3 min
  4. 3 about 5 min
  5. 4 about 5 min
  6. 5 about 5 min
  7. 6 about 4 min
  8. 7 about 7 min
  9. 8 about 4 min
  10. 9 about 6 min

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CARAMEL

HISTOIRE D’UN SINGE

CARAMEL

1

Vous dire où naquit Caramel, dont je veux être le véridique historiographe, c’est ce que je serais fort empêché de faire d’une façon très précise ; tout ce que j’ai pu savoir sur la naissance de mon héros, c’est qu’il vit le jour, quelque part, en Afrique, sur les rives féeriques du Congo.

Sa mère était une jeune guenon fort coquette et fort gentille, et son père, un vieux singe érudit et savant, était tout simplement le grand chef d’une grande tribu ne comprenant pas moins de quatre-vingt-douze chimpanzés.

Dès son enfance, Caramel — qui, bien entendu, à cette époque, ne s’appelait pas encore Caramel — témoigna d’une vive intelligence. Il faisait la joie et le bonheur de toute la tribu, dont il était le Benjamin.

Il n’y en avait pas un comme lui pour grimper à un cocotier, se suspendre par la queue aux branches d’un baobab, ou faire avec des lianes de vertigineuses escarpolettes.

Sa réputation de gentillesse était répandue à plus de dix lieues à la ronde, et le soir, quand le soleil était couché, il n’était pas rare de voir accourir tous les animaux de la forêt qui venaient assister aux exercices de Caramel.

Un vieux serpent boa lui servait de corde tendue entre deux palmiers, et Caramel se livrait alors aux fantaisies les plus drôles, pour la plus grande joie des éléphants, des autruches, des girafes, des rhinocéros, des hippopotames, des crocodiles et des lions qui riaient comme des fous.

caramel dans ses exercices, au désert

Ainsi Caramel grandissait dans le désert.

Il avait déjà atteint sa troisième année, ce qui est l’âge de l’adolescence chez les singes, et le plus bel avenir s’ouvrait devant lui, car, à la mort de son vénérable père, il n’y avait aucun doute qu’il ne fût appelé à lui succéder sur le trône, quand, hélas ! un événement survint qui changea sa destinée.

Un jour que le pauvre Caramel s’était attardé dans la forêt pour aller cueillir des noix de coco dans une clairière où elles étaient, paraît-il, particulièrement savoureuses, il tomba dans un piège qu’un méchant nègre avait tendu. Le méchant nègre le vendit à un chasseur d’éléphants, qui lui-même en fit don à un matelot, lequel, l’ayant conduit en Europe, s’en défit au profit de master Cookson, directeur d’un grand cirque, ainsi que vous le savez tous.

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