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Autour de la maison

Michelle LeNormand · 1916 · Free in the US

95,570 words · about 6 h 42 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1916 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Autour_de_la_maison&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Michelle LeNormand
Language
French
Published
1916
Length
95,570 words · about 6 h 42 min
Sections
45 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (45)
  1. Front matter about 2 h 14 min
  2. Chapitre I about 3 min
  3. Texte entier about 2 h 14 min
  4. Chapitre II about 3 min
  5. Chapitre III about 3 min
  6. Chapitre IV about 3 min
  7. Chapitre V about 3 min
  8. Chapitre VI about 3 min
  9. Chapitre VII about 3 min
  10. Chapitre VIII about 3 min
  11. Chapitre IX about 3 min
  12. Chapitre X about 4 min
  13. Chapitre XI about 5 min
  14. Chapitre XII about 3 min
  15. Chapitre XIII about 3 min
  16. Chapitre XIV about 4 min
  17. Chapitre XV about 4 min
  18. Chapitre XVI about 3 min
  19. Chapitre XVII about 3 min
  20. Chapitre XVIII about 4 min
  21. Chapitre XIX about 4 min
  22. Chapitre XX about 3 min
  23. Chapitre XXI about 3 min
  24. Chapitre XXII about 3 min
  25. Chapitre XXIII about 3 min
  26. Chapitre XXIV about 3 min
  27. Chapitre XXV about 3 min
  28. Chapitre XXVI about 3 min
  29. Chapitre XXVII about 3 min
  30. Chapitre XXVIII about 3 min
  31. Chapitre XXIX about 3 min
  32. Chapitre XXX about 4 min
  33. Chapitre XXXI about 2 min
  34. Chapitre XXXII about 2 min
  35. Chapitre XXXIII about 3 min
  36. Chapitre XXXIV about 3 min
  37. Chapitre XXXV about 2 min
  38. Chapitre XXXVI about 2 min
  39. Chapitre XXXVII about 3 min
  40. Chapitre XXXVIII about 2 min
  41. Chapitre XXXIX about 2 min
  42. Chapitre XL about 3 min
  43. Chapitre XLI about 3 min
  44. Chapitre XLII about 3 min
  45. Chapitre XLIII about 4 min

Continue:

Front matter

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Chapitre I

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Chaque soir de mai, tante Estelle sortait de la maison, nos trois petits chapeaux dans les mains, et appelait : « Pierre, Toto, Michelle, au “mois”, mes enfants ! »

Et nous accourions du fond du parterre, sautant du hamac où nous nous bercions en chantant. Toto me prenait la main et continuait à crier : « Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai. » Pierre marchait avec tante. Au premier coin, Toto demandait : « Tante Estelle, veux-tu que nous prenions une course pour voir si Pierre et toi, vous serez à l’église avant nous ? » — Et elle disait oui, nous faisant promettre de marcher sagement. « Parole d’honneur, tante Estelle », criait Toto.

Tante prenait le carré par une rue, nous par l’autre. Aussitôt hors de vue, nous nous mettions à courir comme des fous ! Petit Pierre et tante Estelle étaient encore à une trentaine de pas, quand nous atteignions le coin de l’église. Nous nous arrêtions, gesticulant en signe de triomphe, et lissant nos cheveux trempés. Puis, tante nous rejoignait juste au moment où nous touchions mutuellement nos cœurs essouflés pour voir lequel des deux battait le plus fort ! Elle nous grondait un peu, essuyait nos fronts, et nous entrions à l’église.

Oh ! les tranquilles maisons du bon Dieu à la campagne, et les bonnes petites prières d’enfants heureux !

Ensuite, les retours joyeux ! Le soleil est à peine couché et il ne fait qu’à demi brun. Les petits cousins Ludovic, Jean, Jacques, puis Lucette, Marie, Germaine se joignent à nous. Leurs mamans marchent avec tante Estelle. Nous, nous jouons à la tag.

Arrivés au parterre, nous nous jetons dans l’herbe, et comme les mamans s’installent sur la galerie et que les cousins nous restent, l’un de nous s’écrie : Jouons au but volé !

On commence par « Un, deux, trois, quatre, ma petite vache a mal aux pattes, tirons-la par la queue, elle deviendra mieux », pour savoir qui sera dedans. Alors Pierre ou Jean s’appuie au plus gros arbre, le bras replié sur l’œil droit, le gauche nous suivant à la dérobée. Il crie, escamotant la moitié des chiffres : « un, deux, trois, quatre, six… cinquante ! Ceux qui ne seront pas cachés seront “dedans” ». Il se retourne très vite, fait mine de voir quelqu’un et lance : « Un, deux, trois pour Lucette, derrière la quatre saison ! — je vois sa robe ! » Si, par hasard, c’est Marie qui est là, tout le petit monde sort de sa cachette en hurlant : « Délivrance, délivrance, délivrance ! — encore dedans, petit Pierre ! »

Il se remet à son arbre. Il recommence. « Cinquante, ceux qui ne seront pas cachés seront dedans ! »

Il fait tout à fait noir. Pierre marche à tâtons pour se rendre derrière les chaises où sont les mamans. Il a entendu ricaner.

Mais pan ! — Toto est étendu dans l’herbe, Pierre trébuche, tombe. Toto le retient et de la galerie partent tous les autres à la fine course. « Un, deux, trois pour moi, un, deux, trois pour moi, un, deux, trois pour moi ! »

Toto qui s’est dévoué est dedans maintenant. Lui, son plaisir c’est d’être dedans aussi longtemps que possible et de ne jamais m’apercevoir la première. Il crie : « un, deux, trois, pour Pierre en arrière du contre-vent », quand il sait que Pierre est juché sur la clôture, en arrière du but ! « Un, deux, trois, pour Germaine dans le tambour », lorsque Germaine est dans le hamac ; Michelle, il ne la voit jamais parce que Michelle n’aime qu’à se cacher — pas à chercher les autres ! Pour me donner la chance de toucher le but, de me « délivrer », comme on dit au jeu, il fait semblant de s’accrocher et tombe. Alors, quand c’est trop évident qu’il triche, la chicane prend !

« Maman, Toto n’est pas juste, » et Toto s’exclame : « Tante Estelle, je t’assure que j’ai tombé, parole d’honneur ! »

Les mamans s’aperçoivent alors qu’il est tard, et Toto reçoit des reproches outrageants : « C’est de ta faute si on s’en va se coucher, tu mets toujours la chicane ! »

Toto, penaud, a des remords de m’avoir sacrifié la justice et la bonne entente. Je l’embrasse et lui dis : « Demain tu me laisseras mettre “dedans”. Si ça m’ennuie trop, je ne jouerai plus, faut pas faire fâcher les autres ! »

Les petits amis partis, pendant que tante Estelle allait coucher Pierre, nous avions la permission, Toto et moi, de nous bercer encore dans le hamac. Silencieux, en contemplation devant la grande paix du soir, écoutant les voix mystérieuses des grenouilles, nous nous endormions appuyés l’un sur l’autre !

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