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Amélie de Saint-Far, ou la fatale erreur

Félicité de Choiseul-Meuse · 1808 · Free in the US

187,947 words · about 13 h 10 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1808 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Amélie_de_Saint-Far,_ou_la_fatale_erreur&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Félicité de Choiseul-Meuse
Language
French
Published
1808
Length
187,947 words · about 13 h 10 min
Sections
4 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (4)
  1. Front matter about 4 h 23 min
  2. 01 about 2 h 11 min
  3. Texte entier about 4 h 23 min
  4. 02 about 2 h 12 min

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Front matter

de Saint-Far, dont la noblesse des sentimens égalait celle de l’origine, avait mené jusqu’à trente ans ce qu’on appelle la vie de garçon. Sa franchise, sa probité, sa bravoure, lui avaient acquis l’estime de tous les hommes ; sa belle tournure, son esprit enjoué, son extrême galanterie l’avaient fait rechercher de toutes les femmes. Il avait, pendant sa jeunesse, goûté de tous les plaisirs : son penchant pour le beau sexe l’avait rendu le héros de plusieurs aventures très-scandaleuses, qui avaient achevé de le mettre à la mode ; il n’avait plus qu’à jeter le mouchoir, on le recevait avec orgueil.

était enivré de ses triomphes ; une imagination naturellement très-vive, jointe à l’effervescence de la jeunesse, lui faisait saisir avec avidité les nombreux plaisirs qui naissaient sous ses pas ; leur variété semblait devoir prévenir le dégoût ; car, chaque jour, quelque beauté nouvelle excitait en lui de nouveaux desirs, et le payait de son inconstance. Mais de quoi l’homme ne se lasse-t-il pas ? Après avoir eu des femmes de tout âge, de tout caractère, finit par trouver que ses nouvelles conquêtes n’étaient plus que de mauvaises copies des femmes qu’il avait aimées.

Revenu de ses premières erreurs, pensa qu’une compagne aimable et vertueuse contribuerait plus à son bonheur que toutes les prêtresses de la Folie. Quoique homme du monde dans toute l’étendue du terme, il n’avait pu se défaire de certains préjugés que l’on conserva rarement sur un aussi grand théâtre ; il voulait être aimé de sa femme et l’être exclusivement ; cette bizarrerie à laquelle il tenait d’une manière étrange, ne lui permit pas d’attendre, pour faire un choix, que les rides fussent venues remplacer les charmes de la jeunesse ; il savait que, pour plaire, il faut être aimable ; que, pour posséder un cœur tout entier, il faut aimer sans partage. ne desirait rien modérément ; cette union paisible, dans laquelle il se promettait un bonheur sans mélange, devint bientôt sa chimère favorite : à force de la caresser, tous les plaisirs bruyans, qui jusqu’alors avaient fait le charme de sa vie, lui devinrent à charge : il résolut enfin de réaliser ce songe enchanteur, et se mit sérieusement à chercher ce que bien des gens prétendent imaginaire : une femme belle, spirituelle et sage.

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