Read here

Catalogue raisonne de toutes les estampes qui forment l'¿uvre de Rembrandt, et des principales pieces de ses eleves;

Gersaint, E. F. , d. 1750, Ignace Joseph de Claussin · 1824 · Scanned text

63,410 words · about 4 h 26 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Scanned text — may contain errors · view original scans

Licence: PD · PD-US by publication date

Text from Internet Archive, read from page scans by OCR and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Authors
Gersaint, E. F. , d. 1750, Ignace Joseph de Claussin
Language
French
Published
1824
Length
63,410 words · about 4 h 26 min
Sections
3 reader sections
Text
Scanned text, read from page scans by OCR; may contain errors
Rights
Public domain · PD-US by publication date

 

Contents (3)
  1. Front matter under 1 min
  2. Avant-propos about 17 min
  3. I . Portraits De Rembrandt about 4 h 9 min

Continue:

Front matter

Ulrich Middeldorf

OEUVRE

- DE REMBRANDT.

Avant-propos

tous les peintres qui ont gravé à l'eau-forte , il n'en est aucun dont les estampes aient été de tout temps aussi généralement recherchées que celles de Rembrandt. Une description exacte et détaillée de ces pièces devenait par conséquent un secours précieux et même indispensable pour les amateurs empressés de les recueillir, mais embarrassés dans leur jugement par la variété infinie des épreuves.

Gersaint, dont l'occupation ordinaire consistait à conduire à Paris les ventes d'effets curieux , dont il composait lui-même les catalogues, qui tous prouvent ses grandes connaissances, fut le premier qui conçut l'idée de donner au public un catalogue raisonné de l'œuvre de Rembrandt.

II se servit, pour faire ce catalogue, d'un trèsbel œuvre qui appartenait alors à Jacques Houvj, AVANT-PROPOS.

braken, graveur, qui en avait fait l'acquisition à la vente du cabinet du Bourgmestre Six, ami intime de Rembrandt. Enrichi depuis par des observations que messieurs Helle et Glomy avaient tirées de l'examen des œuvres les plus renommés de Paris, tels que ceux de Marolles et de Beringhen à la bibliothèque du Roi ; de Coypel , premier peintre du Roi; de Silvestre, dessinateur du Roi; de M. de Julienne; de M. d'Argenville , maître des Comptes; et de M. Potier, etc., ils le firent imprimer en I75i, en i vol. in-8°.

Cet ouvrage trouva près du public tout Taccueil qu'il méritait, d'autant plus qu'on fut porté à le regarder comme parfait dans son genre, à en juger par les soins que ses auteurs avaient employés. Mais telle est la nature des estampes de Rembrandt , que le mot de perfection , en rapportant ce terme à l'état complet de leur rassemblement dans un recueil, peut être prononcé beaucoup plus rarement, que dans les cas où il s'agit des ouvrages de tout autre artiste. Le nombre vraiment prodigieux de ses estampes , la variété des épreuves causée par les changements faits sur les

AVANT-PROPOS. vij

planches , la difficulté de distinguer les différences <le ces épreuves qui souvent ne consistent qu'en quelques petits traits presque imperceptibles; l'impossibilité , pour ainsi dire , de trouver rassemblées, dans une même collection, des pièces extrêmement rares, et d'autres encore , qui sont regardées comme uniques, et qui sont dispersées dans différens pays : tout cela contribuait nécessairement à faire produire par Gersaint, Helle et Glomy , un ouvrage qui à l'égard de la chose même ne pouvait être qu'imparfait, c'est-à-dire incomplet, et à ne laisser en quelque sorte à ses auteurs que le mérite d'avoir les premiers frayé le chemin.

Telle était du moins l'opinion que je m'étais formée du travail de mes prédécesseurs ; mais plus tard, à la vue du superbe* oeuvre de Rembrandt qui avait appartenu à J. Barnard, esq. , amateur anglais, j'acquis la conviction que le catalogue de

* Cet œuvre, qui dans son origine avait été en partie formé de pièces provenant du cabinet du Bourgmestre Six, fut complété ensuite paj- J. Barnard, amateur zélé et généreux.

a.

viij AVANT-PROPOS.

Gersaint laissait beaucoup à désirer. En effet, le grand nombre de premières épreuves et épreuves d'essai que renfermait cette collection, et qui avait même échappé à la connaissance des éditeurs de Gersaint, en me faisant connaître toute l'imperfection de leur travail, me fit concevoir l'idée de donner, un jour, une édition perfectionnée de leur catalogue.

De tout temps Rembrandt a été mon maître de prédilection; je l'ai beaucoup étudié, et j'ai tout employé pour le bien connaître : pour compléter mes connaissances je n'ai pas hésité à faire plusieurs voyages en Hollande , où j'ai reçu de la part des amateurs de ce pays toute l'assistance possible , et particulièrement de M. le chevalier Apostoles , directeur du Musée royal à Amsterdam , dont l'accueil obligeant m'a été de la plus grande utilité. M. Denon , dont le richtî cabinet est aussi connu des amateurs que l'extrême politesse avec laquelle il reçoit toutes les personnes de goût qui désirent voir les objets précieux et rares qu'il a recueillis , m'a aussi laissé consulter son œuvre de Rembrandt. M. Révil, amateur distingué , et pos-

AVANÏ-PROPOS. ix

sesseur d'un des premiers cabinets de Paris, ainsi que M. Robert, notaire, ont eu également la complaisance de me communiquer ce qu'ils possèdent en estampes de Rembrandt.

Parmi le petit nombre de pièces que Helle et Glomy ont , à tort, attribuées à Rembrandt, j'ai cru devoir en supprimer trois ou quatre, sur lesquelles l'opinion des connaisseurs n'hésite plus maintenant. Quant à celles sur lesquelles il existe encore quelque doute, je les ai conservées en y ajoutant mes observations.

Mon intention étant de donner un catalogue des estampes de Rembrandt exclusivement, j'ai omis tout ce qui est gravé d'après lui, à l'exception cependant des estampes les plus intéressantes de ses élèves, parmi lesquelles se trouvent des morceaux vraiment dignes du maître, et que lui-même n'aurait point désavoués.

Afin de faire connaître aux nouveaux amateurs la manière de graver de Rembrandt , j'ai mis à la tête du présent catalogue le portrait de ce maître que j'ai copié d'après un des plus ressemblants ([u'il ait faits lui-même, lequel est énoncé sous le

X AA^ANÏ-PROPOS.

11^ 2 , observant qu'il est en contre-partie à roriginal ; se trouve par conséquent éclairé ici par la gauche de l'estampe et que, pour en rendre l'impression plus facile, je l'ai gravé sur une planche plus grande, en y ajoutant une imitation des bords dentelés et raboteux , qui se trouvent à la majeure partie des premières épreuves que Rembrandt a tirées de ses planches.

Croyant enfin avoir à-peu-près atteint le but que je m'étais proposé, encouragé d'ailleurs par les instances de mes amis, je me suis décidé à faire paraître cet ouvrage : je le soumets au public , comme le fruit de trente-six années d'études et de recherches, et par cette considération j'ose espérer qu'il l'accueillera avec bienveillance.

* Nota. L'on entend, par la droite ou la gauche de Teslampe , ou bien la droite ou la gauche seulement, sans autre désignation , la partie qui est relative à la main droite om gauche de celui qui la regarde.

ABRÉGÉ

DE LA VIE

DE REMBRANDT.

^ -rir^#QiBi— n . .

Rembrandt, d'une naissance obscure, a su par son fifénie en relever la bassesse. 11 était fils d'un meunier, nommé Herman Gerriste, surnommé Van- Rhin , à cause qu'il occupait un moulin situé sur le bord d'un canal formé par les eaux du Rhin , entre les villages de Lyerdorp et de Koukerck, près la ville de Leyde. Sa mère, appelée Cornélie Van-Suidbrocck, le mit au monde dans ce même moulin, le i5 juin 1606, et on lui donna au baptême le nom de Rembrandt, qui est le seul sous lequel ce célèbre artiste soit connu; on y ajoute le surnom de Van -Rhin , a cause de son père , qui le portait par la raison que Ton vient de dire.

Rembrandt ayant donné de bonne heure des marques d'un génie vif, cela obligea son père à faire tous ses efforts pour lui procurer une éducation différente de celle que son état semblait lui permettre; il l'envoya pour cet effet au collège de Leyde pour y faire ses humanités, mais la passion qu'il se

ABRÉGÉ DE LA VIE sentit pour la peinture ne lui permit pas de diffë« rer long-temps à s'y livrer. Les auteurs qui ont écri î sur Rembrandt, varient sur le maître qui lui donna les premiers principes de Tart; les uns attribuent cet honneur à Georges Van Schooten , et d'autres à Jacques Pinas. Houbraken assure que ce fut Jacques Van-Swanenbourg , chez lequel cet illustre élève demeura trois ans qu'ensuite il entra chez Pierre Lastman , peintre d'Amsterdam , où il ne resta qu'environ six mois, et qu'enfin il travailla quelque temps chez Jacques Pinas. Quoi qu'il en soit de ces opinions , il est certain que Rembrandt n'a du son goût qu'à lui-même.

Jamais on n'a vu de peintre dont la manière ait été aussi singulière dans ses tableaux, ainsi que dans ses dessins et ses estampes. On le regarde comme le plus fier coloriste de toute la Flandre. On sait que les maîtres de cette école se sont particulièrement attachés à cette partie, mais il semble que Rembrandt l'ait pratiquée d'une façon toute contraire à ses compatriotes, dont les ouvrages sont pour l'ordinaire extrêmement fondus et léchés ; pour les siens , on y voit la touche des plus grands maîtres vénitiens. Il était si certain de l'effet de ses couleurs , qu'il les plaçait successivement les unes sur les autres j sans les fondre, ce qui rend de près ses tableaux raboteux, niais d'une certaine distance, produit un effet merveilleux. Cependant il a quel-

DE REMBRANDT. xiij

quefois fondu, principalement ses têtes de femmes , pour leur donner plus de suavité.

Il semble que la pratique de sa gravure tienne de sa peinture; on n'y voit pointée travail arrangé qui se trouve dans les estampes des autres graveurs : son génie libre semble s'y jouer, et ses tailles, quoiqu'elles paraissent tracées au hasard, rendent cependant dans la plus grande vérité les différents effets qui conviennent aux objets qu'il a voulu représenter : ses estampes par ce moyen deviennent extrêmement piquantes ; aussi la plupart des artistes, qui quelquefois ne font pas grand cas de nos meilleures estampes finies avec soin, recherchent avec ardeur celles de Rembrandt. En effet, elles sont une source inépuisable d'intelligence du clair-obscur, partie dans laquelle il est si difficile de réussir, comme il paraît par le peu de peintres qui y ont excellé : et quel peintre eût été Rembrandt, si , plus correct dans son dessin , il se fût appliqué à rendre la belle nature, telle qu'elle se voit dans les antiques , et dans les ouvrages des grands maîtres italiens ! Mais peu soigneux de s'écarter du naturel grossier de son pays , il a fait ses compositions dans un goût pesant , et très-souvent ignoble ; il affectait même une singularité qui allait jusqu'au burlesque dans les sujets qui en étaient le moins susceptibles ; il s'attachait surtout à donner à ses figures des habillements et des coiffures extraordixiv

ABRÉGÉ DE LA VIE naires : il avait à cette fin rassemblé un grand nombre de bonnets orientaux, d'armes anciennes, et d'étoffes depuis long-temps hors d'usage; et lorsque ses amis lui reprochaient de négliger l'imitation des belles antiques, il leur montrait cet assemblage, en leur disant que c'était là ses antiques. Quand il a voulu introduire le nu dans ses compositions , c'est alors qu'il n'était pas supportable , et quoiqu'il ait donné une grande vérité à ses chairs , les mauvaises attitudes de ses figures, principalement celles des femmes, jointes à leurs proportions outrées, en font des objets très-désagréables, et un amateur ne peut leur donner son approbation, quoique d'un coloris admirable.

La partie la plus brillante de Rembrandt sont ses portraits; ils feront toujours les délices des connaisseurs, et il en est peu qui n'effacent ceux des meilleurs maîtres. On sait qu'il leur donnait un relief à tromper, comme il l'éprouva par le portrait de sa servante qui fut pris pour elle-même , Rembrandt l'ayant placé à une croisée de sa maison, ainsi que le rapporte Piles dans sa vie des peintres.

Le goût dominant de Rembrandt était de donner à ses compositions des effets d'une lumière accidentelle qu'il tirait ordinairement d'en haut^

* On appelle en peinture lumière accidentelle , celle qui est produite par un flambleau, ou quelque coup de soleil qui

DE REMBRANDT.

XV ce qui produisait de fortes ombres, avec des jours extrêmement piquants. Cependant ses ombres ne sont point tranchantes , comme on les remarque dans le Garavage , le Valentin , et quelques autres peintres ; et les demi-teintes qui les unissent aux clairs, les fondent de manière que l'objet en paraît d'un relief étonnant. On voit pourtant de lui des morceaux entièrement éclairés, dont l'effet n'est pas moins admirable que dans ses compositions les plus ombrées.

Entre les illustres amis que les talents de Rembrandt lui avaient acquis , le Bourgmestre Six était son plus intime ; il allait souvent à une maison de campagne que ce magistrat avait aux environs d'Amsterdam , ce qui nous a procuré la plupart des beaux paysages de son œuvre; car cet habile artiste avait tant d'attachement pour son art , que négligeant presque tous les divertissements que l'on prend ordinairement à la campagne, il n'en connaissait point de plus grand que celui que lui procurait la gravure : pour se satisfaire , il avait toujours soin de porter des planches toutes préparées au vernis, sur lesquelles il gravait directement avec la pointe les vues qui lui faisaient le plus de plaisir ; on trouve même dans son œuvre un paysage

passe à travers un nuage, ou dont l'effet est rompu par quelque corps opaque.

xvj

ABRÉGÉ DE LA VIE qu'il grava en attendant le dîner, connu sous le nom du Pont de Six.

Rembrandt se maria en Hollande, à une femme très-entendue dans le débit de ses ouvrages, qu'elle vendait fort cher. On rapporte à ce sujet une histoire singulière. Elle engagea son mari à sortir secrètement d'Amsterdam , et à s'absenter pendant quelque temps; alors elle fit courir le bruit qu'il était mort , et en prit le deuil : l'effet qu'elje se promettait de ce stratagème , était d'engager les curieux à venir lui demander avec empressement les ouvrages de Rembrandt, quelle leur faisait alors valoir, en leur disant qu'il n'était plus en état d'en faire d'autres : quelque temps après il reparut. Cette histoire pourrait bien être une fable, imaginée sur la réputation de cette femme, qui avait le talent de bien vendre les ouvrages de son mari.

Rembrandt a plusieurs fois gravé le portrait de sa femme , entre autres on le voit dans une petite pièce fort jolie, avec le sien, et quelques feuilles de griffonnements. On prétend en Hollande que c'est à tort que Piles marque , dans la vie de Rembrandt, que ce maître était à Venise en i635 et i636. La raison qu'on en donne, est qu'il ne paraît point par les ouvrages qu'il a faits postérieurement à ces années , qu'il ait rien pris du coloris des grands maîtres vénitiens ; raison qui ne semble point convaincante , puisqu'on pourrait de même

DE REMBRANDT.

xvij nier qùe Rembrandt ait jamais eu une collection nombreuse de dessins et d'estampes des grands maîtres italiens, ainsi que le rapporte Piles, parce que certainement il n'a point profité de ces savantes études : cependant on ne conteste point en Hollande qu'il n'ait eu effectivement ce recueil, qui a été dispersé depuis sa mort en divers cabinets. Au reste, la preuve de ce voyage de Rembrandt à Venise se trouve dans trois têtes de son œuvre ^ où se voit écrit de la main de ce maître, Rembrandt Venetiis^ i635. Il est vrai qu'on n'en voit point qui soit marquée de l'année i636,* ainsi il pourrait tout au plus être probable qu'il n'était à Venise que dans l'année i635. Cet excellent peintre mourut à Amsterdam, selon Piles, en 1668, et selon Houbraken , en 1674* La manière de graver de Rembrandt tient en quelque façon de celle de Benedette ; mais son originalité consiste en ce qu'on y trouve joint à l'eau-forte la pointe sèche ébarbée, et non ébarbée quand il voulait obtenir de ces tons rembrunis et veloutés qui approchent beaucoup de la manière noire.

La plupart des premières épreuves ont été tirées sur du papier soie de la Chine , et c'est principalement dans celles-là que l'on trouve , dans plusieurs parties, beaucoup de cette espèce de manière noire. Il paraît, d'après les différences qui se trouvent dans les épreuves d'une même planche, que Remxviij

ABRÉGÉ DE LA VIE brandt ne cherchait point à terminer ses planches au premier coup, mais préférait y revenir à plusieurs reprises, afin d'être plus siir d'arriver à la perfection des effets qu'il en désirait. Ainsi ces épreuves non terminées qu'il tirait en très-petit nombre comme essais, uniquement pour connaître l'état de ses planches, sont devenues des raretés fort recherchées, surtout par les amateurs artistes.

On reconnaît la plupart de ces épreuves d'essais, à la négligence avec laquelle elles ont souvent été imprimées, c'est-à-dire lorsque le fond en est sale * ou taché; et à l'irrégularité des bords, qui s'y trouvent marqués et raboteux : lesquelles dé-

* Lorsqu'une planche n'est préparée qu'à la pierre à l'eau, ou au charbon, et qu'elle n'est pas polie avec le brunissoir avant de la graver; il arrive souvent que cette même planche ne pouvant être essuyée convenablement à l'impression , l'épreuve que l'on en tire ne vient point nette dans les fonds, et se trouve teintée comme si on y avait passé un lavis plus ou moins léger à l'encre de Chine. C'est ce que l'on appelle fond sale, en terme de graveur; et ne se voit ordinairement qu'aux premières épreuves. Cette saleté peut également provenir de la manière dont une planche est essuyée à l'impression.

** Rembrandt se servait de limes grossières, ou de gratoirs, pour arrondir les bords de ses planches en manière de biseaux, sans s'inquiéter des défectuosités qui pouvaient en résulter dans les épreuves , et où ces mêmes bords se voient marqués

DE REMBRANDT.

XIX fectuosités ont ëtë corrigées par l'artiste même en terminant ses planches.

Pour ne point refroidir ses compositions, Rem.- brandt les dessinait quelquefois directement sur ses planches , sans faire , comme les autres graveurs , des dessins arrêtés, qu'ils décalquent ensuite sur leurs planches; et même les dessins qu'il traçait avec la pointe pour les estampes entièrement à la pointe sèche et au burin , n'étaient que de simples croquis, souvent informes, qu'il terminait ensuite avec soin, comme il paraît par la pièce qui représente un atelier de sculpteur, que Rembrandt n'a pas achevée, où se voit une statue qui n'est que tracée à la pointe , et un homme qui dessine d'après cette figure, aussi tracé à la pointe, et très-peu arrêté.

Dans le grand nombre de dessins que Rembrandt a laissés, on y trouve une quantité infinie de griffonnements très-imparfaits, à l'exception de quelques portraits et paysages qu'il était obligé de dessiner d'après nature. Il ne faisait apparemment des dessins que pour développer ses idées : aussi y voit-on souvent le même sujet retourné de plusieurs manières différentes ; et comme il les destinait à l'oubli , il ne s'embarrassait guère de les terminer

d'une manière dentelée et raboteuse, devenue aujourd'hui un indice de primauté.

XX ABRÉGÉ DE LA VIE DE REMBRANDT.

avec soin. J'en ai cependant vu, de très - capitaux quant à la composition, qu'il avait terminés soigneusement, quoique toujours un peu heurté, mais avec cette énergie naturelle, qui le distingue des autres artistes.

OEUVRE

DE REMBRANDT.

PREMIÈRE CLASSE.

PORTRAITS DE REMBRANDT, OU TETES QUI LUI RESSEMBLENT.

1. Portrait de Rembrandt aux cheveux crépus, sans année.

Le buste d'un jeune homme. Sa tête est vue de face, placée un peu sur la gauche d'où vient le jour. Ses cheveux sont crépus , courts et élevés sur le sommet. On voit au haut de son habit un petit collet blanc ouvert par le milieu. Le fond est clair , à l'exception d'une ombre légère , qui occupe le bas de la partie droite. On lit au-dessus de cette ombre en petits caractères : Rt. Ce morceau est fort difficile à rencontrer, beau d'épreuve.

Hauteur : 2 pouces 2 lignes. Largeur : i pouce to lignes.

J'ai vu dans l'œuvre de Rembrandt, qui appartenait à M. le comte de Vries, de Vienne en Autriche, une très-belle épreuve de ce petit portrait , qui diffère de l'épreuve ordinaire , en ce que la planche est un peu plus grande et raboteuse sur les bords.

I

2 PORTRAITS DE REMBRANDT.

1, Portrait de Rembrandt aux trois moustaches.

Une simple tête très-ressemblante à Rembrandt , parfaitement gravée. Elle est droite, vue de face, garnie de trois moustaches , une au menton et deux à la lèvre supérieure , et coiffée d'un bonnet qui est une espèce de toque, dans le goût de celle d'un Mézétin , et qui tombe un peu sur l'œil droit. Ses cheveux sont courts à la gauche , et pendants à la droite. Elle n'est gravée que jusqu'au bas du cou , et éclairée par la droite.

Hauteur : i pouce ii lignes. Largeur: i pouce 7 lignes.

J'ai possédé une première épreuve de cette jolie tête, ou Tœil du côté éclairé était moins grand, et généralement moins travaillée. -

3. Rembrandt portant un oiseau de proie.

Il est vu de face , ses cheveux sont crépus, et couverts d'un bonnet , dont il s'est presque toujours servi. Son corps est dirigé vers la gauche ; son habit est garni de boutonnières des deux côtés , ainsi que la manche qui est ouverte. Il tient sur son bras droit un oiseau de proie, ressemblant à un faucon.

Ce morceau n'ayant pas réussi à l'opération de l'eau-forte, Rembrandt l'a retouché à gros traits de burin , qui le rendent dur et sec, et que, lui ayant déplu, il l'a effacé : ce qui en cause la rareté.

4. Portrait de Rembrandt au nez large.

Buste de jeune homme ressemblant à Rembrandt , qui est toujours reconnaissable à la grosseur de son nez , à la rondeur de son visage , à ses cheveux crépus et quelquefois hérissés , et enfin à l'épaisseur de ses lèvres. Celui-ci est gravé durement et à grosses tailles. Sa tête qui est nue, est vue de face ; ses

PORTRAITS DE REMBRANDT. 3 cheveux sont frisés, et son nez est d'une largeur extraordinaire par le bas. Il a le cou nu et le corps enveloppé d'un manteau. Le fond est clair, et ombré d'une double taille, seulement dans la partie gauche , à la hauteur de l'épaule. Il est éclairé par la droite. Ce portrait est un des plus rares de cette classe.

Hauteur : 2 pouces 7 ligues. Largeiu' : 2 pouces 2 lignes.

5. Portrait de Rembrandt au visage rond.

Ce buste est gravé d'une pointe fine et dure , dont le fond est tout blanc. Il est aussi très-rare. La tête qui est nue, est vue presque de face, et les yeux sont couverts. Il a les cheveux crépus , le visage rond et le nez gros ; il est éclairé par la droite, et un peu tourné de ce côté. Les épaules ne sont exprimées que par un seul trait de chaque côté ; la poitrine y est légèrement ombrée avec des lignes tirées de la gauche à la droite.

Hauteur ; i pouce 7 ligues. Largeur : r pouce 6 lignes.

Il y a quatre épreuves différentes de ce petit buste.

Première épreuve. Elle est en général moins travaillée. La planche est plus grande ; car elle porte 2 pouces 4 lignes de hauteur sur i pouce 9 lignes de large dans le haut , et i pouce 10 lignes dans le bas.

Seconde éprenne. Elle est plus terminée que la première. Le visage , et surtout le menton , y sont travaillés avec des hachures dures, et l'on n'y trouve point de tailles fines dans le fond, comme dans la première. La planche paraît ne pas avoir été ébarbée; du reste elle a la même grandeur.

Troisième épreuve. C'est celle qui est décrite. La planche est rognée, et les barbes éclaircies.

Quatrième épreuve. Elle diffère de la troisième en ce qu'une petite taille en zigzag sur l'épaule gauche est effacée.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…