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Théodore Weustenraad, poète belge

Fernand Séverin · 1914 · Free in the US

75,902 words · about 5 h 19 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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Licence: PD-US · Published in 1914 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Théodore_Weustenraad,_poète_belge&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Fernand Séverin
Language
French
Published
1914
Length
75,902 words · about 5 h 19 min
Sections
13 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (13)

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Front matter

Fernand Severin

—

THÉODORE WEUSTENRAAD

Préface

L’écrivain dont il est question dans le présent petit livre fut presque célèbre en Belgique vers le milieu du siècle dernier. Voici en quels termes s’exprime à son sujet Adolphe Quetelet, secrétaire perpétuel de l’Académie royale, dans la notice qu’il lui consacra après sa mort : « L’annonce de cette perte cruelle retentit de la manière la plus douloureuse dans toute la Belgique ; ce pays sentait, en effet, qu’il venait de perdre un de ses meilleurs citoyens et son poète lyrique le plus distingué. Chacun regardait comme un sujet de deuil public la mort prématurée d’un écrivain dont le talent faisait l’orgueil de notre jeune littérature ».

À présent il n’y a pas d’écrivain belge plus oublié que ce poète dont la mort fut déplorée presque comme un malheur national. Nos « jeunes » ne le citent pas parmi leurs précurseurs, et la plupart d’entre eux ignorent jusqu’à son nom. Les plus informés le connaissent peut-être, ce nom sonore et barbare qui s’impose au souvenir ; peut-être même savent-ils que Weustenraad est l’auteur d’un poème intitulé « Le Remorqueur », (c’est-à-dire, dans le langage de 1840, la locomotive). Mais leur science ne va guère au-delà ; et il y a des chances pour que ce titre éveille dans leur esprit l’image d’un bateau à vapeur.

Je ne voudrais pas encourir le ridicule d’avoir surfait un compatriote que le « milieu », le « moment », sa naissance et son éducation flamandes condamnèrent à n’être, trop souvent, qu’un médiocre écrivain français ; et je ne crois pas m’exagérer le mérite du « Remorqueur » ou de « La Charité », quelle qu’ait été jadis, en Belgique, la vogue de ces poèmes. N’importe. L’œuvre de Weustenraad me semble être quelque chose de mieux qu’une simple curiosité littéraire. D’abord elle exprime avec énergie, a sa date, les aspirations de la Belgique nouvellement constituée en nation, l’âme belge, si l’on veut ; et elle formule quelques-uns des nobles rêves dont se sont bercés, vers la même époque, les hommes d’Occident. En outre, notre compatriote a su mettre tant d’âme dans ses vers laborieux, que, plus d’une fois, malgré les lourdeurs et les gaucheries d’un style qui, à cette époque, était proprement le style belge, il s’y hausse jusqu’à l’éloquence et jusqu’au lyrisme. Au reste, quand même toute valeur manquerait aux « Poésies lyriques », il faudrait encore saluer en Weustenraad l’auteur de la première tentative faite après 1830 pour doter notre pays d’une littérature. Les « Jeune Belgique » se doivent d’honorer comme un ancêtre ce rude écrivain qui, cinquante ans avant eux, tenta de concentrer dans une revue jeune toute la production littéraire du pays.

Ajouterai-je, pour me justifier d’avoir écrit cette étude, que j’ai pu y introduire nombre de documents inédits touchant l’œuvre, la personnalité, les relations de Weustenraad ? À quoi bon ? Quand un auteur est aussi profondément oublié, il n’y a guère de distinction à faire, parmi les documents qui le concernent, entre ce qui fut édité et ce qui ne le fut pas. Tout redevient en quelque sorte inédit.

Ce petit ouvrage est sans prétentions. Mon unique objectif a été de faire connaître au public belge une personnalité qui me paraît susceptible de l’intéresser. On remarquera que j’ai résumé la plupart des poésies de Weustenraad, en en citant d’amples fragments. Peut-être jugera-t-on qu’il eût mieux valu les rééditer, soit au complet, soit partiellement, sous forme d’anthologie. Mais ces œuvres étaient généralement trop inégales pour mériter d’être rééditées en entier, et, d’autre part, trop intéressantes et trop significatives pour mériter d’être passées sous silence. J’ai donc cité ce qui m’a paru se prêter à la citation ; et j’ai résumé le reste.

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