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Saint-Just (Lenéru)

Marie Lenéru · 1922 · Free in the US

94,171 words · about 6 h 36 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1922 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Saint-Just_(Lenéru)&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Marie Lenéru
Language
French
Published
1922
Length
94,171 words · about 6 h 36 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
  1. Front matter about 2 h 12 min
  2. Texte entier about 2 h 12 min
  3. Introduction about 5 min
  4. Avant-propos about 1 min
  5. 1 about 22 min
  6. 2 about 14 min
  7. 3 about 36 min
  8. 4 about 18 min
  9. 5 about 19 min
  10. 6 about 17 min

Continue:

Front matter

Quand Mademoiselle Lenéru eut écrit ce Saint-Just, elle me fit l’honneur de me l’apporter. C’était au début de l’année 1906. Son journal garde une trace de cette visite. Je fus frappé par ces pages si passionnément volontaires et par la situation pathétique de celle qui me regardait les lire, sans pouvoir m’en donner aucun commentaire, sinon par l’expression violente de sa physionomie. C’était un vrai spectacle de tragédie de voir avec quelle décision cette jeune fille disait « non » aux injustices de son destin, et réclamait, exigeait toute la part que la vie doit au génie. Cette magnifique attitude, cette volonté de faire front et de nier l’arrêt du sort explique son Saint-Just.

Et vraiment il y fallait une explication !

J’ai vu bien des êtres subir l’empreinte des héros de la Révolution. À l’heure où je suis entré dans la vie politique, les Robespierre, les Danton, les Saint-Just, qui maintenant, ce me semble, gisent dégonflés sur la grève, avaient encore leur force créatrice. Je songe à George Laguerre, à son port de tête arrogant, à son audace quotidienne, à son inoubliable parole tranchante qu’il soulignait d’un geste de guillotine ; je songe, plus près de nous, au jeune royaliste Henri Lagrange, à ses aphorismes ténébreux et denses, à sa volonté implacable. Que ces âmes tendues, l’ayant ou non voulu, reproduisent quelque chose du jeune Saint-Just, frénétique et glacé, c’est intelligible. Mais une jeune fille ! Comment concevoir qu’une Marie Lenéru se soit abreuvée à cette source sanglante, enchantée de cette orgie noire et qu’un cœur si pur ait volé vers cette gloire qui brûle dans la Révolution comme une lampe dans tombeau.

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