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Melmoth ou l’Homme errant

Charles Robert Maturin · 1821 · Free in the US

535,917 words · about 37 h 32 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1821 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Melmoth_ou_l’Homme_errant&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Charles Robert Maturin
Language
French
Published
1821
Length
535,917 words · about 37 h 32 min
Sections
45 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (45)
  1. Front matter about 12 h 31 min
  2. II about 12 min
  3. III about 13 min
  4. IV about 27 min
  5. VI about 9 min
  6. VII about 28 min
  7. VIII about 15 min
  8. IX about 22 min
  9. XI about 17 min
  10. XII about 18 min
  11. XIII about 16 min
  12. XIV about 26 min
  13. XV about 35 min
  14. XVI about 11 min
  15. XVII about 28 min
  16. XVIII about 27 min
  17. XIX about 16 min
  18. XX about 24 min
  19. XXI about 14 min
  20. XXII about 10 min
  21. XXIII about 19 min
  22. XXIV about 7 min
  23. XXV about 34 min
  24. XXVI about 14 min
  25. XXVII about 13 min
  26. XXVIII about 7 min
  27. XXIX about 17 min
  28. XXX about 5 min
  29. XXXI about 13 min
  30. XXXII about 15 min
  31. XXXIII about 11 min
  32. XXXIV about 20 min
  33. XXXV about 13 min
  34. XXXVI about 32 min
  35. XXXVII about 19 min
  36. XXXVIII about 17 min
  37. XXXIX about 14 min
  38. XL about 12 min
  39. XLI about 13 min
  40. XLII about 8 min
  41. XLIII about 4 min
  42. I about 26 min
  43. Texte entier about 12 h 31 min
  44. V about 10 min
  45. X about 39 min

Continue:

Front matter

ans l’automne de l’année 1816, John Melmoth, élève du collège de la Trinité, à Dublin, suspendit momentanément ses études, pour visiter un oncle mourant, et de qui dépendaient toutes ses espérances de fortune. John, qui avait perdu ses parens, était le fils d’un cadet de famille, dont la fortune médiocre suffisait à peine pour payer les frais de son éducation ; mais son oncle était vieux, célibataire et riche. Depuis sa plus tendre enfance, John avait appris, de tous ceux qui l’entouraient, à regarder cet oncle avec ce sentiment qui attire et repousse à la fois, ce respect mêlé du désir de plaire, que l’on éprouve pour l’être qui tient en quelque sorte en ses mains le fil de notre existence.

Aussitôt que John eut appris la maladie de son parent, il se mit sur-le-champ en route. Son chemin passait par le comté de Wicklow, et la beauté du pays ne l’empêcha pas de se livrer à de tristes réflexions, dont quelques-unes avaient rapport au passé, mais dont un plus grand nombre regardaient l’avenir. Les caprices et le caractère morose de son oncle ; les bruits étranges qu’avait occasionés la vie retirée qu’il menait depuis plusieurs années ; la dépendance dans laquelle sa fortune le mettait de cet homme singulier : toutes ces pensées pesaient sur son âme. Il s’efforçait de les repousser ; seul dans la diligence, il contemplait le pays, consultait sa montre ; ses pensées le quittaient pour un moment, mais ne pouvant les remplacer, il était forcé de les rappeler, pour diminuer au moins sa solitude. À mesure que la voiture approchait de la Loge, résidence du vieux Melmoth, le cœur de John devenait de plus en plus oppressé.

Il se rappelait tout ce qui, depuis son enfance, lui était arrivé dans la maison de cet oncle terrible : les leçons qu’on lui donnait avant de l’introduire en sa présence, les graves recommandations qu’on lui faisait de ne point être embarrassant, de ne pas approcher trop près de son oncle, de ne lui faire aucune question, de ne troubler, sous aucun prétexte, l’inviolable arrangement de sa sonnette, de sa tabatière ou de ses lunettes, de ne pas se laisser tenter par son éclat au point de toucher la canne à pomme d’or placée dans un coin ; enfin, de s’arranger de manière, en entrant et en sortant de la chambre, à ne point heurter contre les piles de livres, de globes, de vieilles gazettes, de têtes à perruques, de pipes à fumer, de bouteilles à tabac, sans compter les souricières et les vieux livres moisis qui occupaient le dessous des chaises. Après avoir évité tous ces écueils, il lui restait à faire un salut respectueux, à fermer la porte bien doucement, et à descendre l’escalier comme s’il avait eu des souliers de feutre.

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