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La publication des Poésies de Clotilde de Surville, en 1803, souleva à la fois admiration et le doute : l’admiration pour le poëte, le doute sur sa véritable personnalité et sur son époque.
À notre avis, le procès littéraire est depuis longtemps jugé. Dès l’apparition du volume édité par Charles de Vanderbourg, les lettrés reconnurent une main plus récente et une langue mieux formée, en dépit de ses coquetteries d’antiquité, que la main et la langue d’un poète du xv. Depuis Carrion-Nisas et Philippe de Ségur jusqu’à MM. Villemain et Sainte-Beuve, les critiques les plus autorisés se sont constamment prononcés contre l’authenticité des poésies de Clotilde, les attribuant, qui à Vanderbourg, qui au marquis de Surville, mais s’accordant tous à y reconnaître une inspiration et une facture modernes.
Au risque de blesser la susceptibilité patriotique de quelques-uns de nos concitoyens de l’Ardèche, nous devons avouer que ce jugement des critiques nous paraît parfaitement fondé. Il y a, en effet, dans les poésies publiées sous le nom de Clotilde, une netteté d’idées, une sûreté d’expressions, une maturité, une souplesse de langue, enfin un goût ; une mesure et un sentiment de l’harmonie qui n’existent pas, qui ne pouvaient pas exister chez les écrivains du xv. Toute personne compétente qui, sans parti pris, voudra comparer les œuvres de cette époque avec les poésies de Clotilde, partagera notre conviction à cet égard.
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The end
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