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Les Rochelais à Terre-Neuve

Georges Musset · 1899 · Free in the US

59,402 words · about 4 h 10 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1899 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Rochelais_à_Terre-Neuve&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Georges Musset
Language
French
Published
1899
Length
59,402 words · about 4 h 10 min
Sections
17 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (17)
  1. Front matter about 1 h 48 min
  2. Préface about 4 min
  3. 1° La découverte about 6 min
  4. Partie 1 about 36 min
  5. 2° La pêche about 13 min
  6. 3° Ports des navires under 1 min
  7. 4° Équipage about 5 min
  8. 5° Solde des équipages. Partage des bénéfices about 3 min
  9. 6° Avitaillement du navire about 2 min
  10. 7° Prêts à la grosse aventure about 2 min
  11. 8° Produit de la pêche about 2 min
  12. Conclusions about 3 min
  13. Partie 2 about 1 min
  14. 1° L’Aunis et la Saintonge about 29 min
  15. 2° Le poisson about 10 min
  16. 3° La pêche about 20 min
  17. Conclusion about 6 min

Continue:

Front matter

I PARTIE La pêche de Terre-Neuve à ses débuts

II PARTIE

1500 — 1789

Préface

La question de Terre-Neuve vient de reprendre depuis quelques jours une importance nouvelle. Les difficultés qui avaient été suscitées depuis un certain nombre d’années à nos compatriotes par les habitants de cette île de l’Amérique, semblaient sommeiller depuis quelque temps. Elles revivent tout à coup, se mêlant on ne sait comment, à la question de Fashoda et à toutes celles qui semblent donner prétexte à des conflits entre l’Angleterre et la France. Le bruit qui a été fait autour de cette affaire dans les semaines qui viennent de s’écouler, semble réellement exagéré. Il a donné lieu cependant dans la presse à des opinions bien diverses. Les uns semblent faire bon marché de l’intérêt que nous pouvons avoir à conserver sur le French-Shore des droits séculaires. Les autres font remarquer avec raison que si nos pêcheurs n’ont pas actuellement à suivre sur la côte même de Terre-Neuve des bancs de morue qui ont quitté ces parages pour fréquenter des points éloignés, notamment le Grand-Banc, nul ne peut dire s’il en sera toujours ainsi ; nul ne sait, en effet, si la morue ne reviendra pas aux lieux où elle vivait jadis en grande abondance. Nul ne sait davantage si nos Terre-Neuviers n’auront pas intérêt à retrouver un jour sur cette même côte de l’île l’appât, connu sous le nom de boëtte, qui y fut longtemps préparé par nos pêcheurs. Il est enfin intéressant de ne pas sacrifier ces établissements que nos compatriotes ont pu créer sur la côte de Terre-Neuve pour la préparation des homards qui se pèchent en grande abondance dans ces parages.

M. Denys Cochin, M. Ribot et M. le ministre des affaires étrangères viennent dans les séances du 23 et du 24 janvier dernier, à la Chambre des députés, dans des discours éloquents et justement applaudis, de défendre les droits de nos populations maritimes.

Il importe donc pour la sauvegarde des intérêts français, de déterminer l’étendue de ces droits, et de chercher l’interprétation des traités, soit dans les termes mêmes de ces traités, soit dans la situation acquise par les Français dans la région de Terre-Neuve.

La première question que nous nous , est donc relative aux traités qui ont réglé la question en litige, et de voir quelle est la nature des conflits qui existent aujourd’hui.

Le traité de paix et d’amitié, conclu en 1713, à Utrecht, entre la France et la Grande-Bretagne, enlevait l’île de Terre-Neuve à la France. Désormais, les sujets du roi de France n’avaient plus la liberté d’établir dans l’île aucune habitation. ayant un caractère permanent, à l’exception des établissements, cabanes ou échafauds destinés au séchage du poisson, sous la condition que ce serait pendant le temps de la pêche seulement. La pêche et la préparation « des poissonneries » n’étaient permises que sur une bande nettement déterminée du littoral, du cap Bona-Visa à la Pointe Riche, c’est-à-dire sur la côte Nord-est et sur une partie de la côte Nord-ouest de l’île, et ce, du 5 avril au 5 octobre.

Lors du traité de Paris de 1763, la France recouvrait quelques-uns de ses droits antérieurs. On lui restituait Saint-Pierre et Miquelon.

Par la déclaration du 3 septembre 1783, le roi de la Grande-Bretagne, désirant mettre fin aux querelles incessantes qui se produisaient entre pêcheurs français et anglais, prévenait ses sujets d’avoir à ne troubler en aucune manière par leur concurrence, la pêche des Français pendant l’exercice temporaire de leurs droits sur les côtes de Terre-Neuve, leur enjoignait de retirer leurs établissements sédentaires qui se seraient fondés sur la côte française, et renouvelait aux pêcheurs l’autorisation de couper le bois nécessaire à la réparation de leurs échafaudages, cabanes et bâtiments de pêche.

Telles sont les dispositions des traités qui règlent d’une façon générale les rapports des pêcheurs anglais et français dans la région de Terre-Neuve. Tout ce qui a été fait ou promulgué depuis lors, n’a eu qu’un seul but, réglementer ou confirmer les dispositions antérieures. Nous allons passer en revue cette législation moderne.

1814. L’article du traité de Paris, du 30 mai 1814, était ainsi conçu : « Quant au droit de pêche des Français sur le grand banc de Terre-Neuve, sur les côtes de L’île de ce nom et des îles adjacentes et dans le golfe Saint-Laurent, tout sera remis sur le même pied qu’en 1792. »

1815. Dans son article , le traité de Paris confirme purement et simplement toutes les dispositions qui n’étaient pas modifiées au dit traité ; et l’article du traité de 1814 n’est pas compris dans ces dernières.

1857. La convention faite en cette année a trait à l’achat de la boëtte, nom donné à l’appât, hareng ou capelan, qui était garanti aux pêcheurs, quelle que fût leur nationalité.

Mais, entre temps, l’île de Terre-Neuve s’était peuplée. Elle compte aujourd’hui cent quatre-vingt mille habitants, la plupart d’origine écossaise ou irlandaise. Quelques Français y ont fait souche.

Des conflits s’étaient élevés entre les régionaux et les Français ; pour les prévenir, il avait été stipulé que les Français auraient droit à une réserve, sur le rivage, jusqu’à la distance d’un tiers de mille anglais (616 mètres) à l’intérieur, de plus, la coupe du bois dont les Français avaient besoin pour l’établissement de leurs places ou sècheries, était soumise à l’autorisation préalable des propriétaires, si elle avait eu lieu sur un terrain privé.

1882. Malgré ces réglementations, les rapports entre régionaux et pêcheurs deviennent si aigus, qu’en cette année, une Commission des gouvernements anglais et français est nommée pour trouver une solution conforme au droit et aux intérêts de chacun.

Le 26 avril 1884, cette Commission composée de quatre membres, deux anglais et deux français, libelle un arrangement destiné à rétablir la paix. Les établissements sédentaires établis sur la côte française sont maintenus. La création d’établissements analogues, sur cette côte, même quand ils seraient

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