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Les fac-similés de l’édition Grasset de Roger Lambelin et de l’édition C.E.A. sont en préparation.
Voir l’article de Wikipedia pour l’histoire et l’analyse du texte, et le développement historique et contemporain de son influence. Voir aussi la page de discussion.
Nilus Lambelin
Chapitres 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24.
01
Le droit est dans la force. La Liberté est une Idée. Le Libéralisme. L’or. La Foi. L’autonomie. Le despotisme du capital. L’ennemi intérieur. La foule. L’Anarchie. La politique et la morale. Le droit du plus fort. Le pouvoir juif franc-maçon est invincible. Le but justifie les moyens. La foule est aveugle. L’alphabet politique. Les discordes des partis. La forme de Gouvernement qui conduit le mieux à votre but est l’autocratie. Les liqueurs fortes. Le classicisme. La débauche. Le principe et les règles du Gouvernement Juif et franc-maçon. La terreur. Liberté, Egalité, Fraternité. Le principe du Gouvernement dynastique. Les privilèges de l’aristocratie des chrétiens détruits. La nouvelle aristocratie. Calcul psychologique. Abstraction de la Liberté. Amovibilité des représentants du peuple.
« Abandonnons toute phraséologie ; étudions en elle-même chaque idée, éclairons la situation par des comparaisons et des déductions.
Je vais donc formuler notre système de votre point de vue et du point de vue des chrétiens.
Il faut remarquer que les hommes qui ont de mauvais instincts sont plus nombreux que ceux qui en ont de bons. C’est pourquoi on atteint les meilleurs résultats en gouvernant les hommes par la violence et la terreur, non par les discussions académiques. Chaque homme aspire au pouvoir, chacun voudrait devenir dictateur, s’il le pouvait ; en même temps, il en est peu qui ne soient prêts à sacrifier les biens de tous pour atteindre leur propre bien. Qu’est-ce qui a contenu les bêtes féroces qu’on appelle des hommes ? Qu’est-ce qui les a guidés jusqu’à présent ? Au début de l’ordre social ils se sont soumis à la force brutale et aveugle, plus tard à la loi, qui n’est que la même force, mais masquée. J’en conclus que d’après la loi de nature, le droit est dans la force. La liberté politique est une idée et non un fait. Il faut savoir appliquer cette idée quand il devient nécessaire d’attirer les masses populaires à son parti par l’appât d’une idée, si ce parti a formé le dessein d’écraser le parti qui est au pouvoir. Ce problème devient facile si l’adversaire tient ce pouvoir de l’idée de liberté, de ce qu’on appelle libéralisme, et sacrifie quelque peu de sa puissance pour cette idée. Et voilà où apparaîtra le triomphe de notre théorie : les rênes relâchées du pouvoir sont aussitôt saisies en vertu de la loi de vie par d’autres mains, parce que la force aveugle du peuple ne peut rester un seul jour sans guide, et que le nouveau pouvoir ne fait que prendre la place de l’ancien, affaibli par le libéralisme. De nos jours la puissance de l’or a remplacé le pouvoir des gouvernements libéraux. Il fut un temps où la foi gouvernait. L’idée de la liberté est irréalisable, parce que personne ne sait en user dans une juste mesure. Il suffit de laisser quelque temps le peuple se gouverner lui-même pour que cette autonomie se transforme aussitôt en licence. Dès lors surgissent des dissensions, qui se transforment bien vite en batailles sociales, dans lesquelles les États se consument et où leur grandeur se réduit en cendres. Que l’État s’épuise dans ses propres convulsions ou que ses querelles intestines le réduisent à la merci des ennemis extérieurs, il peut dès lors être considéré comme irrémédiablement perdu : il est en notre pouvoir. Le despotisme du capital, qui est tout entier entre nos mains, lui apparaît comme une planche de salut auquel il est obligé, bon gré mal gré, de se cramponner, sous peine de sombrer.
A celui que son âme libérale porterait à traiter ces raisonnements d’immoraux, je demanderai : si tout État a deux ennemis, et s’il lui est permis d’employer contre l’ennemi extérieur, sans que cela soit considéré comme immoral, tous les moyens de lutte, comme, par exemple, de ne pas lui faire connaître ses plans d’attaque ou de défense, de le surprendre de nuit ou avec des forces supérieures ; pourquoi ces mêmes mesures employées contre un ennemi pire, qui ruinerait l’ordre social et la propriété, seraientelles dites illicites et immorales ?
Un esprit bien fait peut-il espérer mener avec succès les foules par des exhortations sensées ou par la persuasion, quand la voie est ouverte à la contradiction même déraisonnable, pourvu qu’elle paraisse séduisante au peuple qui comprend tout superficiellement ? Les hommes, qu’ils soient de la plèbe ou non, sont guidés exclusivement par leurs petites passions, par leurs superstitions, par leurs usages, par leurs traditions et leurs théories sentimentales : ils sont esclaves de la division des partis qui s’opposent à l’entente la plus raisonnable. Toute décision de la foule dépend d’une majorité de hasard ou, tout au moins, superficielle ; dans son ignorance des secrets politiques, elle prend des résolutions absurdes ; une sorte d’anarchie ruine le gouvernement. La politique n’a rien de commun avec la morale. Le gouvernement qui se laisse guider par la morale, n’est pas politique et par conséquent son pouvoir est fragile. Celui qui veut régner doit recourir à la ruse et à l’hypocrisie. Les grandes qualités populaires – la franchise et l’honnêteté – sont des vices dans la politique parce qu’elles renversent les rois de leurs trônes mieux que l’ennemi le plus puissant. Ces qualités doivent être les attributs des royaumes chrétiens, nous ne devons aucunement les prendre pour guides. Notre but est de posséder la force. Le mot de « droit » est une idée abstraite que rien ne justifie. Ce mot signifie simplement ceci : « Donnez-moi ce’que je veux afin que je puisse prouver par là que je suis plus fort que vous. » 0ù commence le droit, où finit-il ?
Dans un État, où le pouvoir est mal organisé, où les lois et le gouvernement sont devenus impersonnels du fait des droits sans nombre que le libéralisme a créés, je vois un nouveau droit de me jeter, de par la loi du plus fort, sur tous les ordres et tous les règlements établis et de les renverser ; de mettre la main sur les lois, de reconstruire toutes les institutions et de devenir le maître de ceux qui nous ont abandonné les droits que leur force leur donnait, qui y ont renoncé volontairement, libéralement…
En raison de la fragilité actuelle de tous les Pouvoirs, notre puissance sera plus durable que toute autre, parce qu’elle sera invincible jusqu’au moment où elle sera si bien enracinée qu’aucune ruse ne pourra plus la ruiner…
Du mal passager que nous sommes obligés maintenant de faire naîtra le bien d’un gouvernement inébranlable, qui rétablira la marche régulière du mécanisme de l’existence nationale, troublé par le libéralisme. Le résultat justifie les moyens. Portons notre attention dans nos projets, moins sur le bon et le moral que sur le nécessaire et l’utile, Nous avons devant nous un plan, dans lequel est exposée stratégiquement la ligne, dont nous ne pouvons nous écarter sans courir les risques de voir détruits les travaux de plusieurs siècles. Pour trouver les moyens qui mènent à ce but, il faut tenir compte de la lâcheté, de l’instabilité, de l’inconstance de la foule, de son incapacité à comprendre et à estimer les conditions de sa propre vie et de sa prospérité. Il faut comprendre que la puissance de la foule est aveugle, insensée, ne raisonne pas, écoute à droite et à gauche. Un aveugle ne peut conduire un aveugle sans le conduire au précipice ; de même les membres de la foule, sortis du peuple, fussent-ils doués d’un esprit génial, faute de rien comprendre à la politique, ne peuvent prétendre la guider sans perdre toute la nation. Seul, un individu préparé dès l’enfance à l’autocratie, peut connaître le langage et la réalité politiques. Un peuple livré à lui-même, c’est-à-dire aux parvenus de son milieu, se ruine par les discordes de partis, qu’excitent la soif du pouvoir, et par les désordres qui en proviennent. Est-il possible aux masses populaires de raisonner tranquillement, sans rivalités intestines, de diriger les affaires du pays qui ne peuvent être confondues avec les intérêts personnels ? Peuvent-elles se défendre contre les ennemis extérieurs ? C’est impossible. Un plan, divisé en autant de têtes qu’il y en a dans la foule, perd son unité ; il devient inintelligible et irréalisable. Il n’y a qu’un autocrate qui puisse élaborer des plans vastes et clairs, donner sa place à toutes choses dans le mécanisme de la machine gouvernementale. Concluons donc qu’un gouvernement utile au pays et capable d’atteindre ce but qu’il se propose, doit être concentré dans les mains d’un seul individu responsable. Sans le despotisme absolu, la civilisation ne peut exister ; elle n’est pas l’œuvre des masses, mais de leur guide, quel qu’il soit. La foule est un barbare qui montre sa barbarie en toute occasion. Aussitôt que la foule prend en mains la liberté, elle la transforme bien vite en anarchie, qui est le plus haut degré de barbarie. Voyez ces animaux ivres d’eau-de-vie, hébétés par le vin, auquel le droit de boire sans limites est donné en même temps que la liberté.
Nous ne pouvons permettre que les nôtres tombent à ce degré… Les peuples chrétiens sont abrutis par les liqueurs fortes ; leur jeunesse est abrutie par les études classiques et par la débauche précoce à laquelle l’ont poussée nos agents – précepteurs, domestiques, gouvernantes – dans les maisons riches, nos commis ailleurs, nos femmes dans les lieux de divertissements des chrétiens. Au nombre de ces dernières, je compte aussi ce qu’on appelle « les femmes du monde » initiatrices volontaires de leur débauche et de leur luxe. Notre mot d’ordre est : la force et l’hypocrisie. Seule la force peut triompher en politique, surtout si elle est cachée dans les talents nécessaires aux hommes d’État. La violence doit être un principe, la ruse et l’hypocrisie une règle pour les gouvernements qui ne veulent pas remettre leur couronne aux mains des agents d’une nouvelle force. Ce mal est l’unique moyen de parvenir au but, le bien. C’est pourquoi nous ne devons pas nous arrêter devant la corruption, la tromperie et la trahison, toutes les fois qu’elles peuvent nous servir à atteindre notre but. En politique il faut savoir prendre la propriété d’autrui sans hésiter, si nous pouvons obtenir par ce moyen la soumission et le pouvoir. Notre État, dans cette conquête pacifique, a le droit de remplacer les horreurs de la guerre par des condamnations à mort moins visibles et plus, profitables, nécessaires pour entretenir cette terreur qui fait obéir les peuples aveuglément. Une sévérité juste, mais inflexible, est le plus grand facteur de la force d’un État, ce n’est donc pas seulement notre avantage, c’est notre devoir, pour obtenir la victoire, de nous en tenir à ce programme de violence et d’hypocrisie. Une pareille doctrine basée sur le calcul, est aussi efficace que les moyens qu’elle emploie. Ce n’est donc pas seulement par ces moyens, mais aussi par cette doctrine de la sévérité que nous triompherons et que nous asservirons tous les gouvernements à notre gouvernement suprême. Il suffira que l’on sache que nous sommes inflexibles pour que toute insubordination cesse. C’est nous, qui les premiers, dans ce qui est encore l’antiquité, avons jeté au peuple les mots « Liberté, Égalité, Fraternité » : paroles répétées tant de fois dans la suite par des perroquets inconscients, qui attirés de toutes parts par cet appât, n’en ont usé que pour détruire la prospérité du monde, la véritable liberté individuelle, autrefois si bien garantie de la contrainte de la foule. Des hommes qui se croyaient intelligents n’ont pas su démêler le sens caché de ces mots, n’ont pas vu qu’ils se contredisaient, n’ont pas vu qu’il n’y a pas d’égalité dans la nature, qu’il ne peut y avoir de liberté, que la nature elle-même a établi l’inégalité des esprits, des caractères et des intelligences, si fortement soumis à ses lois ; ces hommes n’ont pas compris que la foule est une force aveugle ; que les parvenus qu’elle élit pour la gouverner, ne sont pas moins aveugles en politique qu’elle-même, que l’initié fût-il un sot, peut gouverner, tandis que la foule des non-initiés, même pleins de génie, n’entend rien à la politique. Toutes ces considérations ne vinrent pas à l’esprit des chrétiens ; cependant, c’est là-dessus que reposait le principe du gouvernement dynastique ; le père transmettait à son fils les secrets de la politique, inconnus en dehors des membres de la famille régnante, afin que nul ne pût trahir le secret. Plus tard le sens de la transmission héréditaire des vrais principes de la politique se perdit. Le succès de notre œuvre en fut accru. Pourtant, dans le monde, les mots Liberté, Égalité, Fraternité mirent dans nos rangs, par l’entremise de nos agents aveugles, des légions entières d’hommes qui portèrent avec enthousiasme nos étendards. Et cependant ces mots étaient des vers qui rongeaient la prospérité de tous les non-juifs, en détruisant partout la paix, la tranquillité, la solidarité, en sapant tous les fondements de leurs États. Vous verrez par la suite que cela servit à notre triomphe ; cela nous donna, entre autres, la possibilité d’obtenir l’atout le plus important, autrement dit, d’abolir les privilèges, l’essence même de l’aristocratie des chrétiens, et l’unique moyen de défense qu’ont contre nous les peuples et les nations. Sur les ruines de l’aristocratie naturelle et héréditaire, nous avons élevé notre aristocratie de l’intelligence et de la finance. Nous avons pris pour critérium de cette nouvelle aristocratie la richesse, qui dépend de nous, et la science qui est dirigée par nos sages. Notre triomphe fut encore facilité par le fait que dans nos rapports avec les hommes dont nous avions besoin, nous sûmes toujours toucher les cordes les plus sensibles de l’esprit humain : le calcul, l’avidité, l’insatiabilité des besoins matériels de l’homme, chacune de ces faiblesses humaines, prise à part est capable d’étouffer l’esprit d’initiative en mettant la volonté des hommes à la disposition de celui qui achète leur activité. L’idée abstraite de la liberté a donné la possibilité de persuader aux foules qu’un gouvernement n’est pas autre chose qu’un gérant du propriétaire du pays, c’est-à-dire du peuple, et qu’on peut les changer comme on change des gants usés. L’amovibilité des représentants du peuple les mettait à notre disposition ; ils dépendaient de notre choix.
02
Les guerres économiques sont le fondement de la suprématie juive. L’administration visible et les « Conseillés secrets ». Le succès des doctrines destructives. L’assimilation en politique. Le rôle de la presse. Le prix de l’or et la valeur des victimes juives.
Il nous est nécessaire que les guerres ne donnent pas, autant que cela est possible, d’avantages territoriaux. La guerre ainsi transportée sur le terrain économique, et les Nations verront la force de notre suprématie, et cette situation mettra les deux parties à la disposition de nos agents internationaux, qui ont des milliers d’yeux que nulle frontière n’arrête. Alors nos droits internationaux effaceront les droits nationaux, au sens propre du mot et gouverneront les peuples de même que le droit civil des États règle les rapports de leurs sujets entre eux. Les administrateurs, choisis par nous dans le public, en raison de leurs aptitudes serviles, ne seront pas des individus préparés pour l’administration du pays. Ainsi ils deviendront aisément des pions dans notre jeu, dans les mains de nos conseillers savants et géniaux, de nos spécialistes, élevés dès l’enfance en vue d’administrer les affaires du monde entier. Vous savez que nos spécialistes ont puisé les renseignements nécessaires pour administrer dans nos plans politiques, dans les expériences de l’histoire, dans l’étude de tous les événements remarquables. Les chrétiens ne se guident pas sur la pratique d’observations impartiales tirées de l’histoire, mais sur une routine théorique, incapable d’atteindre aucun résultat réel. C’est pourquoi nous n’avons pas à compter avec eux ; qu’ils s’amusent encore quelque temps, qu’ils vivent d’espoirs ou de nouveaux divertissements, ou du souvenir des amusements qu’ils ont déjà eus. Laissons-les croire à l’importance que nous leur avons inspirée des lois de la science – des théories. C’est dans ce dessein que nous augmentons constamment, par notre presse, leur confiance aveugle en ces lois. La classe intelligente des chrétiens sera fière de ses connaissances et, sans les examiner logiquement, mettra en action tous les renseignements de la science, rassemblés par nos agents pour guider leurs esprits dans le sens qui nous est nécessaire. Ne croyez pas nos affirmations sans fondement ; remarquez les succès que nous avons su créer au Darwinisme, au Marxisme, au Nietzschéisme. Pour nous au moins, l’influence délétère de ces tendances doit être évidente.
Il nous est nécessaire de compter avec les idées, les caractères, les tendances modernes des peuples pour ne pas commettre d’erreurs en politique et dans l’administration des affaires. Notre système, dont les parties peuvent être disposées différemment selon les peuples que nous rencontrons sur notre route, ne peut avoir de succès si son application pratique n’est basée sur les résultats du passé confrontés avec le présent.
Les États modernes ont en mains une grande force créatrice : la presse. Le rôle de la presse est d’indiquer les réclamations soi-disant indispensables, de faire connaître les plaintes du peuple, de créer des mécontents, de leur donner une voix.
La presse incarne la liberté de la parole. Mais les États n’ont pas su utiliser cette force, et elle est tombée entre nos mains. Par elle nous avons obtenu de l’influence tout en restant dans l’ombre, grâce à elle nous avons amassé dans nos mains l’or, en dépit des torrents de sang et de larmes au milieu desquels nous avons dû les prendre... Mais nous nous sommes rachetés, en sacrifiant beaucoup des nôtres. Chacune de nos victimes vaut des milliers de chrétiens devant Dieu.
03
Le serpent symbolique et sa signification. Instabilité de la balance constitutionnelle. La terreur dans les palais. Le pouvoir et l’ambition. Les machines à parler parlementaires, les pamphlets. Les abus du pouvoir. L’esclavage économique. « La vérité du peuple ». Les accapareurs et l’aristocratie. L’armée des francs-maçons Juifs. La dégénérescence des chrétiens. La faim et le droit du capital. La venue et le couronnement du « maître universel ». L’objet fondamental du programme des futures écoles populaires des francs-maçons. Le secret de la science de l’ordre social. Crise économique générale. Sécurité des « Nôtres ». Le despotisme des francs-maçons est le règne de la raison. Perte d’un guide. La franc-maçonnerie et la « grande » Révolution française. Le roi despote est du sang de Sion. Causes de l’Invulnérabilité de la franc-maçonnerie. Le rôle des agents secrets de la franc-maçonnerie. La Liberté.
Je puis aujourd’hui vous annoncer que nous sommes déjà près du but. Encore un peu de chemin, et le cercle du Serpent Symbolique (qui représente notre peuple) sera fermé. Quand ce cercle sera fermé, tous les États de l’Europe y seront enserrés, comme dans un fort étau.
La balance constitutionnelle sera bientôt renversée, parce que nous l’avons faussée pour qu’elle ne cesse de pencher d’un côté ou de l’autre jusqu’à ce qu’enfin le fléau soit usé. Les chrétiens croyaient l’avoir construite assez solidement, ils attendaient toujours que les plateaux de la balance se missent en équilibre. Mais les personnes régnantes – le fléau – sont protégées par leurs représentants, qui font des sottises et se laissent entraîner par leur pouvoir sans contrôle et sans responsabilité. Ils doivent ce pouvoir à la terreur qui règne dans les palais. Les personnes régnantes n’ayant plus d’accès auprès de leur peuple, ne peuvent plus se concerter avec lui et se fortifier contre les personnes aspirant au pouvoir. La force clairvoyante des personnes régnantes et la force aveugle du peuple, divisées par nous, ont perdu toute importance ; séparées, elles sont aussi impuissantes que l’aveugle sans son bâton. Pour pousser les ambitieux à abuser du pouvoir, nous avons opposé l’une à l’autre toutes les forces, en développant toutes leurs tendances libérales vers l’indépendance…
Nous avons encouragé dans ce but toute entreprise, nous avons armé tous les partis, nous avons fait du pouvoir la cible de toutes les ambitions. Nous avons transformé en arènes les États où se développent les troubles… Encore un peu de temps et les désordres, les banqueroutes apparaîtront partout. Les bavards intarissables ont transformé les séances de Parlements et les réunions administratives en luttes oratoires. De hardis journalistes, des pamphlétaires sans vergogne attaquent tous les jours le personnel administratif. Les abus du pouvoir prépareront finalement la chute de toutes les institutions, et tout sera renversé sous les coups de la foule devenue folle.
Les peuples sont enchaînés au lourd travail plus fortement que ne les enchaînait l’esclavage et le servage. On pouvait se libérer de l’esclavage et du servage d’une manière ou de l’autre. On pouvait traiter avec eux, mais on ne peut se libérer de sa misère. Les droits que nous avons inscrits dans les constitutions sont fictifs pour les masses, et non réels. Tous ces prétendus « droits du peuple » ne peuvent exister que dans l’esprit, ils ne sont jamais réalisables. Qu’est-ce pour le travailleur prolétaire courbé sur son travail pénible, écrasé par son sort, que le droit donné aux bavards de bavarder, le droit donné aux journalistes d’écrire toutes sortes d’absurdités en même temps que des choses sérieuses, du moment que le prolétariat ne tire pas d’autres avantages de la constitution que les misérables miettes que nous lui jetons de notre table, en échange d’un suffrage favorable à nos prescriptions, à nos suppôts, à nos agents ? Les droits républicains pour le pauvre diable sont une amère ironie : la nécessité d’un travail presque quotidien ne lui permet pas d’en jouir : en revanche ils lui ôtent la garantie d’un gain constant et sûr, en le mettant sous la dépendance des grèves des patrons ou des camarades. Sous notre direction le peuple a détruit l’aristocratie qui était sa protectrice et sa mère nourricière naturelle, elle dont l’intérêt est inséparable de la prospérité du peuple. Maintenant que l’aristocratie est détruite, il est tombé sous le joug des accapareurs, des filous enrichis qui l’oppressent d’une manière impitoyable.
Nous apparaîtrons comme des libérateurs de ce joug à l’ouvrier quand nous lui proposerons d’entrer dans les rangs de cette armée de socialistes, d’anarchistes, de communards, que nous soutenons toujours sous prétexte de solidarité entre les membres de notre franc-maçonnerie sociale. L’aristocratie qui jouissait de plein droit du travail des ouvriers, avait intérêt à ce que les travailleurs fussent rassasiés, sains et forts. Notre intérêt est au contraire que les chrétiens dégénèrent. Notre puissance est dans la faim chronique, dans la faiblesse de l’ouvrier, parce que tout cela l’asservit à notre volonté et qu’il n’aura en sa puissance ni force ni énergie pour s’opposer à cette volonté. La faim donne au capital sur l’ouvrier plus de droits que l’aristocratie n’en recevait du pouvoir royal et légal. Par la misère et la haine envieuse qu’elle produit nous manœuvrons les foules, nous nous servons de leurs mains pour écraser ceux qui s’opposent à nos desseins.
Quand viendra le temps pour notre souverain universel d’être couronné, ces mêmes mains balayeront tout ce qui pourrait lui être un obstacle. Les chrétiens ont perdu l’habitude de penser en dehors de nos conseils scientifiques. C’est pourquoi ils ne voient pas la nécessité urgente de faire ce que nous feront quand notre règne sera venu, c’est-à-dire d’enseigner dans les écoles primaires la seule science véritable, la première de toutes les sciences de l’ordre social, de la vie humaine, de l’existence sociale qui demande la division du travail et par conséquent la division des hommes en classes et conditions. Il est nécessaire que chacun sache qu’il ne peut y avoir d’égalité par suite des différentes activités auxquelles chacun est destiné ; que tous ne peuvent être également responsables devant la loi ; que, par exemple, la responsabilité n’est pas la même de celui qui, par ses actes, compromet toute une classe et de celui qui ne porte atteinte qu’à son honneur. La vraie science de l’ordre social, dans le secret de laquelle nous n’admettons pas les chrétiens, montrerait à tous que la place et le travail de chacun doivent être différents, pour ne pas être une source de tourments par suite du défaut de correspondance entre l’éducation et le travail. En étudiant cette science, les peuples obéiront volontiers aux pouvoirs et à l’ordre social établi par eux dans l’État. Au contraire, dans l’état présent de la science telle que nous l’avons faite, le peuple, croyant aveuglément à la parole imprimée, nourrit, par suite des erreurs qui lui sont insinuées dans son ignorance, de l’inimitié contre toutes les conditions qu’il croit au-dessus de lui, parce qu’il ne comprend pas l’importance de chaque condition. Cette inimitié augmentera encore par suite de la crise économique qui finira par arrêter les opérations de la Bourse et la marche de l’industrie.
Quand nous aurons créé par tous les moyens cachés dont nous disposons à l’aide de l’or, qui est tout entier entre nos mains, une crise économique générale, nous lancerons dans la rue des foules entières d’ouvriers simultanément dans tous les pays de l’Europe. Ces foules se mettront avec volupté à répandre le sang de ceux qu’elles envient dès leur enfance, dans la simplicité de leur ignorance, et dont elles pourront alors piller les biens. Elles ne toucheront pas les nôtres ; parce que le moment de l’attaque nous sera connu et que nous aurons pris des mesures pour garantir les nôtres. Nous avons affirmé que le progrès soumettrait tous les chrétiens au règne de la raison. Tel sera notre despotisme : il saura calmer toutes les agitations par de justes sévérités, il saura extirper le libéralisme de toutes les institutions. Quand le peuple vit qu’on lui faisait au nom de la liberté tant de concessions et de complaisances, il s’imagina être le maître et se jeta sur le pouvoir mais il se heurta tout naturellement comme un aveugle, à quantité d’obstacles ; il se mit à chercher un guide, n’eût pas l’idée de retourner à l’ancien et déposa tous ses pouvoirs à nos pieds. Rappelez-vous la révolution française à laquelle nous avons donné le nom de « grande » ; les secrets de sa préparation nous sont bien connus, car elle fut tout entière l’œuvre de nos mains. Depuis lors, nous menons le peuple d’une déception à l’autre afin qu’il renonce même à nous, au profit du roi despote du sang de Sion que nous préparons pour le monde. Actuellement nous sommes invulnérables comme force internationale, car, quand on nous attaque dans un État, on nous défend dans les autres. La lâcheté infinie des peuples chrétiens qui rampent devant la force, qui sont impitoyables pour la faiblesse et pour les fautes, mais indulgents pour les crimes, qui ne veulent pas supporter les contradictions de la liberté, qui sont patients jusqu’au martyre devant la violence d’un hardi despotisme. Voilà ce qui favorise notre indépendance, Ils souffrent et supportent des premiers ministres actuels des abus pour le moindre desquels ils décapiteraient vingt rois. Comment expliquer un tel phénomène, une telle inconséquence des masses populaires en face d’événements qui semblent de même nature ? Ce phénomène s’explique par ce fait que ces dictateurs — les premiers ministres — font dire tout bas au peuple par leurs agents que s’ils causent du détriment aux États, c’est dans le but dernier de réaliser le bonheur des peuples, leur fraternité internationale, la solidarité, les droits égaux pour tous. Naturellement on ne leur dit pas que cette unité ne doit se faire que sous notre autorité. Et voilà le peuple qui condamne les justes et absout les coupables, se persuadant de plus en plus qu’il peut faire tout ce qu’il lui plaît. Dans ces conditions, le peuple détruit toute stabilité et crée le désordre à chaque pas. La mot « Liberté » met les sociétés humaines en lutte contre toute force, contre toute puissance, même contre celle de Dieu et de la nature. Voilà pourquoi à notre avènement nous devrons exclure ce mot du vocabulaire humain, comme principe de la brutalité qui change les foules en bêtes féroces. Il est vrai que ces bêtes s’endorment chaque fois qu’elles se sont abreuvées de sang et qu’alors il est facile de les enchaîner. Mais si on ne leur donne pas de sang, elles ne dorment pas et luttent.
04
Les différents stades d’une République. La franc-maçonnerie extérieure. La liberté et la foi. La concurrence internationale du commerce et de l’industrie. Le rôle de la spéculation. Le culte de l’or.
Toute République passe par différents stades. Le premier comprend les premiers jours de folie d’un aveugle qui se jette à droite et à gauche. Le deuxième est celui de la démagogie, d’où naît l’anarchie, puis vient inévitablement le despotisme : non pas un despotisme légal et déclaré et par conséquent responsable, mais un despotisme invisible et inconnu, et néanmoins sensible ; despotisme exercé par une organisation secrète qui agit avec d’autant moins de scrupules qu’elle agit sous le couvert de divers agents, dont le changement non seulement ne lui nuit pas, mais la soutient en la dispensant de dépenser ses ressources à récompenser de longs services. Qui pourrait renverser une force invisible ? Car telle est notre force. La franc-maçonnerie extérieure ne sert qu’à couvrir nos desseins ; le plan d’action de cette force, le lieu de son séjour même resteront toujours inconnu au peuple. La liberté elle-même pourrait être inoffensive et exister dans l’État sans nuire à la prospérité des peuples, si elle reposait sur les principes de la croyance en Dieu, de la fraternité humaine, en dehors de l’idée d’égalité contredite par les lois de la création elle-même, qui ont établi la subordination. Avec une telle foi le peuple se laisserait gouverner par la tutelle des paroisses et marcherait humble et paisible sous la main de son pasteur spirituel, soumis à la distribution divine des biens de ce monde. Voilà pourquoi il est nécessaire que nous ruinions la foi, que nous arrachions de l’esprit des chrétiens le principe même de la Divinité et de l’Esprit, pour leur substituer des calculs et des besoins matériels. Pour que les esprits des chrétiens n’aient pas le temps de penser et d’observer, il faut les distraire par l’industrie et le commerce. De cette manière, toutes les nations chercheront leurs avantages et, luttant chacune pour leurs avantages propres, ne remarqueront pas leur ennemi commun. Mais pour que la liberté puisse ainsi désagréger et détruise complètement la société des chrétiens, il faut faire de la spéculation la base de l’industrie ; de la sorte, aucune des richesses que l’industrie tirera de la terre ne restera dans la main des industriels mais toutes s’en iront en spéculations, c’est-à-dire tomberont dans nos caisses. La lutte ardente pour la suprématie, les heurts de la vie économique créeront et ont déjà créé des sociétés désenchantées, froides et sans cœur.
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