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Les Coups d’épée de M. de la Guerche

Amédée Achard · 1863 · Free in the US

590,200 words · about 41 h 20 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1863 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Coups_d’épée_de_M._de_la_Guerche&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Amédée Achard
Language
French
Published
1863
Length
590,200 words · about 41 h 20 min
Sections
75 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (75)
  1. Front matter about 13 h 47 min
  2. 1 about 6 h 38 min
  3. I about 7 min
  4. II about 9 min
  5. III about 10 min
  6. IV about 6 min
  7. V about 16 min
  8. VI about 21 min
  9. VII about 6 min
  10. VIII about 15 min
  11. IX about 19 min
  12. X about 8 min
  13. XI about 8 min
  14. XII about 15 min
  15. XIII about 20 min
  16. XIV about 13 min
  17. XV about 11 min
  18. XVI about 12 min
  19. XVII about 9 min
  20. 2 about 7 h 8 min
  21. XVIII about 23 min
  22. XIX about 16 min
  23. XX about 13 min
  24. XXI about 9 min
  25. XXII about 11 min
  26. XXIII about 16 min
  27. XXIV about 21 min
  28. XXV about 9 min
  29. XXVI about 13 min
  30. XXVII about 12 min
  31. XXVIII about 9 min
  32. XXIX about 9 min
  33. XXX about 10 min
  34. XXXI about 8 min
  35. XXXII about 9 min
  36. XXXIII about 6 min
  37. II about 5 min
  38. III about 9 min
  39. IV about 8 min
  40. VI about 12 min
  41. VII about 11 min
  42. VIII about 12 min
  43. IX about 11 min
  44. XI about 10 min
  45. XII about 10 min
  46. XIII about 9 min
  47. XIV about 7 min
  48. XV about 8 min
  49. XVI about 17 min
  50. XVII about 10 min
  51. XVIII about 10 min
  52. XIX about 18 min
  53. I about 7 min
  54. V about 7 min
  55. X about 9 min
  56. XX about 15 min
  57. XXI about 17 min
  58. XXII about 11 min
  59. XXIII about 9 min
  60. XXIV about 6 min
  61. XXV about 6 min
  62. XXVI about 16 min
  63. XXVII about 10 min
  64. XXVIII about 13 min
  65. XXIX about 8 min
  66. XXX about 13 min
  67. XXXI about 15 min
  68. XXXII about 14 min
  69. XXXIII about 13 min
  70. XXXIV about 10 min
  71. XXXV about 8 min
  72. XXXVI about 8 min
  73. XXXVII about 11 min
  74. XXXVIII about 20 min
  75. XXXIX about 15 min

Continue:

Front matter

À l’époque où commence ce récit, vers l’an de grâce 16…, il n’était pas, dans toute l’ancienne province de la Marche, d’ennemis plus irréconciliables et, tout à la fois, d’amis plus intimes que le comte Armand-Louis de la Guerche et son voisin le marquis Renaud de Chaufontaine. À dix lieues à la ronde, pas un bourgeois et pas un manant qui ne les connussent, pas de hobereau qui ne les eût rencontrés chevauchant de compagnie sur quelque roussin du pays, pas de maraudeur qui ne les eût surpris se livrant de furieuses batailles sur la lisière des bois. Ils fondaient ensemble les plus fameux héros de la mythologie et de l’antiquité. Le comte Armand-Louis et le marquis Renaud étaient à la fois Oreste et Pylade, Étéocle et Polynice. Ils seraient volontiers morts l’un pour l’autre, et ne passaient pas un jour sans se provoquer à d’interminables combats singuliers. Le temps qu’ils n’employaient pas à se rendre de petits services, ils le consacraient à se quereller. On débutait par des paroles affectueuses, on par des coups terribles. Cela durait depuis le temps où et cherchaient des prunelles dans les haies et des noisettes dans les taillis.

La sympathie des deux jeunes gentilshommes provenait de la grande similitude d’âge, de goût, de caractère ; l’antipathie avait pour cause la différence de religion. Le comte Armand était huguenot ; le marquis Renaud bon catholique. Celui-là se découvrait au nom de feu l’amiral de Coligny ; l’autre tenait pour un grand saint. On avait donc six heures par jour pour s’aimer et six heures pour se haïr. Le reste du temps appartenait à l’escrime, à la chasse, à l’équitation. On disait de Renaud que personne, dans la province, ne montait aussi bien à cheval, si ce n’est ; et d’Armand-Louis, que nul gentilhomme de la contrée ne maniait aussi lestement l’épée, le poignard de merci, la pertuisane et l’arquebuse, si ce n’est . Le comte traversait une rivière comme un cygne ; le marquis franchissait un ravin comme un chevreuil. Ils luttaient contre les mêmes taureaux ; et si l’on ne connaissait pas de barrière qui pût l’arrêter, l’autre ne savait guère de fossés devant lesquels il eût reculé.

Quand on rencontrait le jeune Renaud à cheval, courant dans la campagne, c’est qu’il cherchait Armand-Louis ; quand on voyait le comte, tête nue, passant comme un cerf à travers les bruyères, c’est qu’il allait au-devant du marquis. Peu après, on les apercevait au bord d’un ruisseau, déjeunant d’un morceau de pain qu’ils arrosaient fraternellement d’un peu d’eau fraîche ; la chose faite, épuisés par la course, ils dormaient côte à côte.

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