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Le Trombinoscope

Léon-Charles Bienvenu · 1871 · Free in the US

62,876 words · about 4 h 24 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1871 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Trombinoscope&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Léon-Charles Bienvenu
Language
French
Published
1871
Length
62,876 words · about 4 h 24 min
Sections
45 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (45)
  1. Front matter under 1 min
  2. Abd-el-Kader about 6 min
  3. Académie française about 2 min
  4. Duc d’Aumale about 6 min
  5. Bismark about 6 min
  6. Blanqui about 6 min
  7. Canicule about 7 min
  8. Anastasie Censure about 6 min
  9. Comte de Chambord about 6 min
  10. Changarnier about 7 min
  11. Dufaure about 6 min
  12. Dupanloup about 6 min
  13. Eugénie about 6 min
  14. Jules Favre about 6 min
  15. Jules Ferry about 7 min
  16. Frédérick-Lemaître about 6 min
  17. Gambetta about 5 min
  18. Garibaldi about 5 min
  19. Émile de Girardin about 5 min
  20. Grévy about 6 min
  21. Guillaume Ier about 6 min
  22. Haussmann about 5 min
  23. Homme à la fourchette about 7 min
  24. Victor Hugo about 6 min
  25. Jettichjew about 6 min
  26. Lachaud about 6 min
  27. Ledru-Rollin about 7 min
  28. Littré about 6 min
  29. Millie et Christine about 6 min
  30. Napoléon about 6 min
  31. Napoléon III about 12 min
  32. Émile Ollivier about 6 min
  33. Comte de Paris about 6 min
  34. Ernest Picard about 6 min
  35. Pie IX about 6 min
  36. Pouyer-Quertier about 6 min
  37. Rochefort about 6 min
  38. Rouher about 6 min
  39. Sardou about 6 min
  40. Jules Simon about 6 min
  41. Thiers about 5 min
  42. Touchatout about 2 min
  43. Trochu about 6 min
  44. Louis Veuillot about 7 min
  45. Victor-Emmanuel II about 7 min

Continue:

Front matter

Le Tombinoscope PAR TOUCHATOUT DESSINS DE G. LAFOSSE1871 — 1876

240 biographies satiriques en 4 volumes, avec les dessins non censurés lorsqu'ils ont pu être récupérés.

Volume 1 — Volume 2 — Volume 3 — Volume 4

Abd-el-Kader

ABD-EL-KADER, (Sidi-el-Hadji-Ouled-Mahiddin), ex-émir, né près de Mascara, vers 1807. Il fut élevé par son père, notable marabout de la province d’Oran, et monteur de coups très-distingué, qui était parvenu à faire accroire aux Arabes qu’il descendait, droit comme la rue Lafayette, de Mahomet lui-même. — Doué de la remarquable intelligence que, dans tous les pays civilisés ou non, les imbéciles accordent de confiance aux fils des hommes bien placés, Abd-el-Kader fils ne tarda pas à mériter les titres de son père : il fut fait thaleb et marabout de première classe, ce qui lui donnait le droit de marcher à côté du dais, de celui d’Alger. — Ses études ne lui firent pas négliger les exercices du corps, auxquels il devint bientôt de première force. Il avait compris que pour imposer à des gens qui montent bien à cheval, le meilleur moyen est d’y monter encore mieux qu’eux. — À seize ans, il était d’une vigueur et d’une adresse merveilleuses ; debout sur un coursier lancé à fond de train, il s’écrasait un pou sur la tête d’un coup de talon, se faisait les cors avec son yatagan et retombait en selle. — Jaloux d’un tel talent, et redoutant la popularité de cet émule de Franconi, le dey d’Alger tenta de le faire assassiner. Abd-el-Kader s’enfuit en Égypte avec son père et alla visiter le berceau de Mahomet a la Mecque. Ce pieux pèlerinage lui valut les profondes sympathies du peuple arabe, qui n’était pas difficile à contenter, comme on peut le voir. — Pendant son absence, de graves événements s’étaient passés à Alger. Notre consul, M. Deval, s’étant un matin présenté devant le dey pour lui offrir ses civilités, au moment où celui-ci était agacé par une mouche qui se posait avec acharnement sur son nez, un mouvement brusque qu’avait fait le dey avec son éventail, pour chasser l’insecte, avait été interprété comme un geste de mépris pour le gouvernement français : la guerre avait éclaté, et Alger était tombé en notre pouvoir après un bombardement en règle. — Le moustique fut au désespoir d’avoir causé l’asservissement de sa patrie. Il était trop tard ; il alla se suicider à la flamme d’un bec de gaz ; mais il le regretta dès le lendemain, ayant appris qu’il n’était pour rien dans cette guerre funeste, attendu que si le dey n’eût pas fait son mouvement d’éventail, l’ambassadeur de France se fût fâché tout de même, prétendant qu’en le recevant avec une mouche sur le nez, le dey d’Alger avait nécessairement eu l’intention d’humilier le gouvernement français. Tout le monde sait, d’ailleurs, que les ambassadeurs, entretenus a l’étranger pour assurer la paix, n’ont été inventés que pour faire naître les prétextes à déclarer la guerre. Toute la diplomatie tient dans ces deux dépêches que les gouvernements envoient à leurs chargés d’affaires : « Nous ne sommes pas prêts, continuez à danser le cotillon d’un air souriant » ou bien : « Il ne nous manque plus un bouton de guêtre, faites-vous écraser un cor en avançant votre pied sous celui du roi, prenez un air pincé et demandez vos papiers. » — Lorsque Abd-el-Kader revint en Algérie, les tribus arabes, qui n’avaient pas encore pu digérer qu’un coup d’éventail changeât leur nationalité, se mettaient en devoir de s’opposer a ce qu’on les forçat de s’habiller comme Capoul. Ils choisirent le père d’Abd-el-Kader pour les commander, et, après quelques succès remportés sur les Turcs par ce dernier, ils lui proposèrent de le reconnaître pour leur roi. — Abd-el-Kader père refusa, leur proposa son fils à sa place, et bientôt Abd-el-Kader fils entreprit, pour la délivrance de son pays, une guerre sainte qui fit souvent faire à la France cette réflexion un peu tardive, que si les conquêtes font toujours le malheur des vaincus, elles ne font pas toujours le bonheur des vainqueurs. — Abd-el-Kader, à la tête d’une poignée d’hommes, obtint, en 1832, quelques succès sur nos troupes ; il fut tantôt heureux, tantôt repoussé ; mais son influence allait toujours en croissant. — Enfin, en 1834, il se trouva dans une assez bonne situation pour pouvoir conclure avec la France un traité qui fixait la limite de son royaume. Le gouvernement français n’était pas fâché d’en finir ainsi ; il s’était mis sur les bras un enfant d’adoption qui ne voulait pas prendre le sein, et qui ne négligeait aucune occasion de griffer une nourrice dont il n’aimait pas le lait ; cela devenait gênant. — Malgré tout notre désir d’être agréable au pays qui nous a donné le jour, nous ne pouvons nous décider à blâmer les Arabes d’avoir montré quelque répugnance à porter des pantalons à sous-pieds. Il faut juger les choses avec équité, et l’on y arrive aisément par voie de comparaison. Supposons qu’aujourd’hui l’empereur de la Chine, mécontent que ait refusé de prendre une prise dans la tabatière de son ambassadeur, envoie trois millions de Chinois pour nous conquérir, y réussisse, et veuille nous faire raser à tous le dessus de la tête, moins une petite queue ; en admettant que ça ne fasse rien à Siraudin, qui est chauve, comment prendraient la chose tous ceux qui ont encore des cheveux ? — Abd-el-Kader profita du repos que lui laissait le traité en question pour en faire des cornets à poivre. Quand il fut suffisamment prêt, les hostilités recommencèrent, et il fallut encore une douzaine d’années à la France pour en finir avec ce Garibaldi de l’Afrique, qu’elle trouvait debout partout et toujours. — Nous venons de comparer Abd-el-Kader à Garibaldi, nous le regrettons. Garibaldi est un patriote qui combattit pour l’indépendance de sa patrie, Abd-el-Kader fut un souverain qui poursuivait avant tout l’idée de conserver son trône ; sa conduite va le prouver de reste. — Fait prisonnier par le général Lamoricière, Abd-el-Kader s’aplatit devant son vainqueur avec la dignité particulière aux rois qui, trahis par le sort des armes, n’ont plus d’autres soucis que de se tailler dans leur défaite un vêtement confortable, et jugent que leur grandeur leur défend de partager le sort des imbéciles qui se sont fait hacher pour eux. — Détenu quelque temps à Toulon, puis au château de Pau, puis au château d’Amboise, Abd-el-Kader ne laissa échapper aucune de témoigner à la France ses sentiments de profonde gra-ou pla…titude. — Peu s’en fallut qu’il ne sollicitât l’honneur d’être envoyé en Algérie à la tête d’un régiment de turcos, pour mettre à la raison les Arabes pétroleurs qui continuaient à croire que c’était arrivé. — Il montra enfin une telle fierté dans le malheur, et un tel amour indompté pour sa patrie, que le fit mettre en liberté le jour même de son couronnement, avec ce dédain que l’on a pour les lions fourbus qui en arrivent à donner la patte a leur gardien afin d’en obtenir un os de côtelette. — Abd-el-Kader se retira à Damas, avec un traitement annuel de 100,000 fr. que lui servait le gouvernement français. — Nota. On cite des zouaves mutilés à Mitidja, qui touchent jusqu’à 500 fr. de pension. — En 1860, il se laissa faire grand’croix de la Légion d’honneur par Vélocipède père, et depuis ce temps, il écrivit à ce dernier des lettres attendrissantes où Allah, Eugénie et le petit Toto étaient confondus dans un même sentiment d’amour et de reconnaissance. Il pressait le vieux sur son cœur, il envoyait des colliers de corail à la Montijo-Farcera-de-Cascadez et des pur-sang arabes au petit. C’était comme un bouquet de fleurs. L’Europe émue, en versait des larmes, et l’Algérie continuait à nous coûter quelques centaines de millions et quelques milliers de braves tous les ans. — Depuis plusieurs années, on ne parle plus d’Abd-el-Kader ; il attend le retour aux Tuileries d’un souverain quelconque pour le couvrir de baisers, et demander une augmentation de sa pension.

Au physique, Abd-el-Kader est un homme de moyenne taille, la physionomie est douce et sans élévation ; on sent à qui l’on a à faire. Le soleil africain a bronzé son visage ; mais il n’a point pénétré jusqu’à son âme. Cochinat est aussi noir que lui et il ne fait pas tant d’embarras. — Tant qu’il a été roi, Abd-el-Kader a pu passer pour un apôtre ; mais sa conviction n’a pas résisté à l’adversité et il s’est classé, le cœur léger, dans la triste catégorie des apôtres qui transigent.

Abd-el-Kader, sur sa demande, est nommé le… 18… gouverneur général de l’Algérie, il y décrète l’état de siège le… 18…, et fait fusiller tous les Arabes qui ne se mouchent pas dans des foulards tricolores ; sa pension est doublée le… 18…, et enfin, il meurt le… 19…, après avoir obtenu l’autorisation de changer son nom contre celui de : Lambert.

Académie française

ACADÉMIE FRANÇAISE (Brigitte-Angélique-Balbine), célèbre société littéraire, qui ne fait que de la politique, née le 2 janvier 1635. — Ce fut le roi qui lui donna le jour ; mais cette création n’était pas de son cru. Son ministre Richelieu lui fit un soir signer ce décret, comme tous les autres, sans qu’il en comprît le premier mot — Il paraît même qu’en apposant sa griffe royale sur les lettres patentes, il demanda machinalement à Richelieu : « Académie française… Qu’est-ce que c’est que ça ? — Richelieu, qui connaissait son gommeux couronné par cœur, répondit au roi : « Sire !… c’est un nouveau café-concert !… » Louis XIII n’en demanda pas davantage et signa. — L’Académie Française, avant d’être créée officiellement, existait de fait. Quelques gens de lettres distingués avaient coutume de se réunir chez l’un d’eux pour y causer des nouvelles littéraires. La, on cassait du sucre sur le d’os des confrères absents et l’on faisait la chasse aux hiatus dans leurs vers avec cette indulgence toute fraternelle qui caractérise les écrivains se cherchant des fautes de français et les femmes de trente-huit ans se cherchant des cheveux blancs. En voyant fonctionner cette association intelligente et surtout indépendante, Richelieu eut tout naturellement l’idée de la transformer en pétaudière mesquine et soumise. C’est d’ailleurs un principe élémentaire de tactique pour tout pouvoir personnel qui a souci de sa dignité et de sa conservation, d’avoir raison de toutes les manifestations généreuses et élevées qui se produisent, soit en les anéantissent par la force, soit en les englobant dans une prétendue protection administrative qui en fait disparaître l’esprit et le principe sous la livrée officielle. — Ce fut à ce dernier moyen que Richelieu donna la préférence ; et les, résultats ne se firent point attendre : à peine le petit cercle ardent et convaincu qui se groupait librement fut—il patronne par le pouvoir et classé dans les listes de la valetaille royale sous son nouveau nom de Brigitte-Angélique-Balbine Académie Française, qu’il perdit ce qui avait fait de lui un groupe d’élite, estimé et honorable : l’indépendance et le respect de soi-même. Autant Balbine, avant sa transformation, s’était montrée fière, intègre et frondeuse, autant le chiffre de la maison royale qu’elle s’était laissé broder sur sa tunique, la rendit souple, vénale et complaisante. —— En accordant son monopole à Balbine Académie, Richelieu lui assigna pour tâche d’épurer la langue française. Un travail de cette nature créait naturellement à Balbine l’obligation de ne recevoir dans son sein que des hommes d’une haute valeur littéraire ; elle accomplit ce devoir comme on était en droit de l’attendre d’elle. De 1635 à 1793 elle s’applique soigneusement à évincer les écrivains qui n’étaient pas bien en cour, fussent-ils de premier ordre, et à recueillir pompeusement des nullités blasonnées, honorassent—elles de deux H et d’un K le mot : accordéon. — Grâce a pas mal de ces choix intelligents et impartiaux, Balbine fut bientôt composée en partie d’hommes riches et titrés, attachés à l’ancien régime dont ils tenaient leurs prérogatives, et beaucoup plus propres a créer de nouveaux maux pour le pays que pour le dictionnaire. — C’est dans cet état que’la Révolution trouva Balbine ; aussi en prit—elle quelque ombrage et s’empressa—t—elle de la supprimer le 8 août 1793 par un décret spécial et d’incorporer les académiciens dans l’Institut national sous le nom de : classe de la langue et de la

Duc d’Aumale

DUC D’AUMALE, (henri-eugène-philippe d’orléans), né à Paris le 16 juillet 1822, est le quatrième fils du roi Louis-Philippe-Parapluie I. Comme ses frères, on le fit instruire au collége Henri , où il cotoya démocratiquement les fils des notables quincailliers de la capitale. Ce système d’éducation publique fit un excellent effet sur les boutiquiers de la Chaussée-d’Antin, qui se trouvaient honorés que leurs fils jouassent au chat couché avec un prince du sang. Seuls quelques esprits toujours chagrins ne donnaient guère dans ce genre de grimaces libérales, qui sont à la vraie démocratie ce que le sourire d’un candidat qui mouche les marmots de ses électeurs est au véritable amour du peuple. — Vapereau constate, avec un attendrissement qui aura beaucoup de peine à nous envahir, que le duc d’Aumale obtint sur les bancs du collége, des succès universitaires écrasants. C’est possible ; un fils de roi n’est pas tenu d’être plus bête qu’un autre ; il en a le droit, c’est déjà bien gentil ; mais les Adrien Marx, qui émaillent la basse-cour de toutes les monarchies, nous ont tellement limés avec les princes bacheliers ès-lettres de naissance, que nous aimons mieux croire tout simplement à la complaisante rouerie des pions du duc d’Aumale qu’au génie surhumain de leur élève. — Du reste, la précocité du duc d’Aumale ne tarda pas à se faire sentir d’une façon générale ; ainsi, à peine au sortir de l’enfance il devenait, par la mort du dernier des Condé, un millionnaire des plus distingués (17 ans !!) et grâce à ses aptitudes universelles, était nommé dans la même année, officier, capitaine, chef de bataillon et lieutenant-colonel de l’armée française en Afrique (18 ans !!!) ; ce jeune prodige avait, décidément, sinon des connaissances très-étendues, du moins de fort belles connaissances. — Atteint en 1841 par une fièvre, puis par une seconde, il fut rappelé par son père qui lui écrivit, à ce que prétend le Tintamarre : Reviens, il ne faut pas courir deux fièvres à la fois. Il accourut et fit à Paris son entrée triomphale (19 ans !!!!), à la tête du 17 léger. — En 1842, il fut créé maréchal de camp (20 ans !!!!!) et repartit en Afrique où il se signala par de faits d’armes, naturellement !… Il prit Abd-el-Kader. On l’aida bien un peu ; mais s’il fallait que l’histoire entrât dans ces détails insignifiants, il ne lui resterait plus le temps les princes que leurs soldats couvrent de gloire. Les troupes du duc d’Aumale ayant fait l’émir prisonnier, il était juste qu’elles en fussent récompensées : Louis-Philippe et son Amélie conférèrent à leur Fritz le grade de lieutenant-général (21 ans !!!!!!). À vingt-deux ans, le duc d’Aumale épousa la princesse Marie-Caroline-Auguste de Bourbon, fille du prince Léopold de Salerne — En 1847, le duc d’Aumale fut nommé gouverneur général (25 ans !!!) de nos possessions d’Afrique. Ce choix fit un peu grogner l’opposition.

Lorsque éclata la révolution de 1848, le duc d’Aumale quitta l’Algérie, alla rejoindre son père à Claremont et se joignit au prince de Joinville pour protester contre le bannissement de sa famille. — Pendant les vingt-cinq années que dura son exil, le duc d’Aumale se livra à des travaux littéraires qui attirèrent l’attention générale de quatre ou cinq douzaines d’imbéciles dont l’attention est toujours attirée par tout ce que font les princes prétendants, fût-ce de la tapisserie pour dessus de fauteuils. — Il écrivit dans la Revue des Deux-Mondes, publia sous le titre : Lettre sur l’Histoire de France une critique amère du impérial qui fut poursuivie, et enfin, en 1868, une brochure indignée, intitulée : Qu’a-t-on fait de la France ?… Cet acharnement du représentant d’une dynastie à débiner les produits d’une autre, ne produisit pas sur le public tout l’effet que le duc d’Aumale en attendait.

Beaucoup de gens, qui prennent les choses par le bon bout, se plurent à comparer ces éreintements à ceux d’un pick-poket, s’efforçant de prouver que son confrère ne sait pas travailler et que ce n’est pas de cette façon là qu’on fait proprement un foulard. Le fait est qu’il est difficile d’entendre un d’Orléans reprocher à un Bonaparte d’avoir perdu son pays, sans penser qu’il manque un sous-titre à la brochure, par exemple celui-ci :

Après les désastreux événements de 1870, le duc d’Aumale revint en France et fut, en même temps que le prince de Joinville, nommé député à l’Assemblée nationale. À partir de ce moment, son attitude devint réellement princière et rappela les beaux jours de 1848, où le futur héros de Sedan entrait furtivement à l’Assemblée comme un voleur qui pénètre à la brune dans une maison pour s’y cacher à la cave en attendant minuit. — Afin d’obtenir la validation de son élection, le duc d’Aumale s’engagea a ne pas siéger. M. Thiers qui est l’homme de ces situations franches dans lesquelles personne ne voit clair, prêta la main à cet arrangement dont la stupidité n’échapperait même pas à un abonné du Constitutionnel. Un représentant qui s’engage à ne rien représenter !… on aurait en effet beaucoup de peine à trouver l’équivalent d’une jocrisserie pareille. À peine un auteur dramatique offrant une pièce à un directeur à la condition qu’elle ne sera pas jouée, pourrait-il donner une faible idée de cette combinaison politique d’une finesse si insaisissable que ceux-mêmes qui l’ont conçue se demandent où diable ils veulent en venir. La parole d’honneur (??), donnée par le duc d’Aumale de ne pas prendre part aux travaux de l’Assemblée, ne tarda pas à lui être aussi lourde sur l’estomac qu’un plat de haricots mal cuits, il s’en dégagea d’un cœur léger et vint en décembre 1871 prendre place à son banc. Là, il inaugura une nouvelle façon de remplir le mandat de député : il assista aux séances dont le menu lui plaisait, se promenant dans les couloirs et à la buvette quand les sujets traités ne l’intéressaient pas ou l’intéressaient trop ; toujours absent au moment des votes, il reçut le nom de duc d’Aumale de Nivelle. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il en est à cette phase aigüe de la fausse indifférence qui chez les princes à placer précède ordinairement les crises qui les guérissent et mettent leur pays au lit pendant dix-huit ans. Un point reste obscur dans la conduite du duc d’Aumale : Pour qui tient-il les cartes ? Les uns prétendent qu’il n’est que le simple cantonier de la dynastie des d’Orléans et n’a d’autre souci que de mettre en tas les petits cailloux sur les bords de la route que doit parcourir le comte de Paris. Les autres assurent, au contraire, qu’il prétend beaucoup plus à être le fils de ses œuvres que l’oncle de son neveu. Cette dernière opinion est celle de notre ami Lafosse qui l’a laissée percer en illustrant cette biographie. Nous respectons sa manière de voir conforme d’ailleurs à nos principes immuables qui consistent à mettre sur le dos des princes le plus de canailleries possibles à la fois. — L’Académie française vient d’élire le duc d’Aumale ; le jour où il arrivera au pouvoir, cela lui fera deux moyens de nous assommer.

Au physique, le duc d’Aumale, suivant quelques biographes complaisants, a le type d’un officier français ; mettons : sergent de ville et n’en parlons plus. Il traîne un peu la jambe par suite, dit Ulbach, de rhumatismes attrapés en Afrique ; au tarif, la France lui devrait deux cent cinquante francs de pension. Accordé. — Il fume la pipe, boit au bidon, goûte la cuisine du soldat, — les larmes nous en viennent aux yeux, — et fait enfin tout ce qui concerne son métier… de prétendant.

Le duc d’Aumale à la suite d’un mouvement d’humeur de l’Assemblée potagère de Versailles contre , est nommé président le... 18... — Il se lie à la République par le nœud d’un serment solennel le... 18... mais il a le soin de ne faire qu’une boucle. — Le... 18... il ramène le comte de Paris sur le trône de leurs pères, et continue avec son neveu l’avachissement du pays. — Quelques années après, le petit vélocipède qui a eu le temps de grandir à son tour dans l’exil, leur flanque par le nez le... 18... une brochure intitulée : Qu’avez-vous fait de la France ? et ainsi de suite (lire l’avenir dans le passé). Enfin le duc d’Aumale meurt le... 19... en Angleterre laissant un fils qui trois ans plus tard, lance à la tête du nouveau souverain que les betteraves nous ont donné, une brochure intitulée : Qu’avez-vous fait de la France ?… Nos facultés prophétiques ne nous permettent pas de voir plus loin que l’an 2527 ; mais à ce moment-là, ça dure encore et la librairie Internationale en est à la 271 brochure du prétendant portant le titre : Qu’avez-vous fait de la France ?

Bismark

BISMARK SCHŒNHAUSEN, othon — (baron, puis comte de — puis prince de — puis… ah ! par exemple, cela dépendra). Homme d’État prussien, né le l avril 1814 à Schœnhausen. — Il est issu — (d’abord d’astuce et de fourberie) — ensuite d’une antique famille slave qui remonte au onzième siècle selon les uns, les pendules suivant les autres. — Il étudia le droit à Berlin, à Gœttingue et à Greifswald. — Quand il eut appris le droit, il s’écria « Dieu !… que je suis bête d’avoir perdu trois ans pour acquérir une science aussi inutile !… Tout le droit tient dans ce vers de La Fontaine : La raison du plus fort est toujours la meilleure… J’aurais su ça par cœur en trois minutes, c’était « tout ce qu’il me fallait !… » Il se fit soldat, devint lieutenant de la landwehr et en 1847 membre de la Diète générale (ainsi nommée parce qu’elle a pour but d’affamer les populations). — Là, il se fit remarquer par la violence de ses théories ; il prétendait que toutes les grandes villes devaient être passées au pétrole, parce que les agglomérations sont toujours le rendez-vous des républicains. À peine âgé de trente-trois ans, cet homme de génie avait compris toute l’importance de cette vérité, qui semble de prime abord un paradoxe : Dans un royaume, plus les sujets sont serrés, moins le roi est à son aise. — Avec de tels principes, M. de Bismark ne pouvait manquer d’être distingué par le roi de Prusse ; en effet, il fut successivement chargé de plusieurs missions diplomatiques à Francfort, à Vienne, à Saint-Pétershourg et même à Paris, où il séjourna peu d’ailleurs ; le temps de prendre l’adresse des meilleures maisons d’horlogerie. — Le 22 septembre 1862, le roi lui confia la présidence du conseil des ministres avec le portefeuille des aff…, pardon ! des pendules étrangères.

Arrivé au pouvoir, M. de Bismark manœuvre immédiatement en vue de la réalisation du rêve de toute sa vie : l’unité allemande. — Il n’est peut-être pas inutile de dire ici en deux mots ce que c’est au juste que l’unité allemande comme la comprend M. de Bismark : Vous prenez trois gros chiens que vous affamez assez pour les rendre furieux ; vous les attachez ensuite avec trois cordes et vous les sortez en laisse autour de votre habitation. Vous avisez un beau Terre-Neuve, qui ne vous appartient pas, vous le faites à moitié étrangler par vos trois dogues et, quand il est terrassé, vous l’attachez à ses vainqueurs avec une quatrième corde. Le lendemain vous rencontrez un riche épagneul qui vous convient, vos quatre chiens sautent dessus ; même jeu que la veille, cinquième corde… le vaincu vient grossir la meute pour la prochaine occasion, et ainsi de suite jusqu’à douze, vingt, trente… il n’y a pas de limites ; plus il y a d’étrangleurs, plus l’opération se fait facilement. Si l’un d’eux regimbe, vous fouaillez fermé dans le tas et vous le faites mordre par les autres. Chaque chien a son collier, chaque chien a sa corde, ce qui fait croire à chacun d’eux qu’il jouit d’une certaine autonomie ; mais tous les colliers sont marqués à votre chiffre ; toutes les cordes sont réunies dans votre main et la même lanière sert à les schlaguer tous : c’est ça qui constitue l’unité allemande.

À son début au pouvoir, M. de Bismark rencontra une vive opposition de la part des députés libéraux ; il s’en préoccupa comme une locomotive d’un lapin qui traverse la voie. — Marchant droit au but, quand la chambre n’était pas de son avis, il priait le roi d’envoyer les députés planter leurs choux, le roi signait sans dire : Ouf !… et le ministre taillait, rognait à sa guise. — M. de Bismark commença son travail d’unité par les duchés voisins. La Saxe, le Wurtemberg, le Hanovre, la Hesse, le Schleswig, la Bavière, Bade, etc., etc., furent annexés à la Prusse par le procédé du nœud coulant. — Nous ne ferons pas une à une l’histoire de ces attaques de grand chemin qui se ressemblent toutes ; nous nous contenterons simplement d’indiquer le procédé employé par M. de Bismark pour faire la province. — C’était toujours de la plus grande simplicité : étant donné un petit État quelconque qu’il convoitait : Tarteifle !… lui disait-il un matin, vous faites cuire des harengs saurs chez vous et le vent nous en apporte toute l’odeur ; c’est intolérable !… si vous continuez, je vous envoie dix-huit cent mille soldats. Naturellement le petit État se levait comme un seul homme pour défendre le principe de la liberté du hareng saur ; alors, M. de Bismark se tournait vers l’Europe et lui disait : Voyez ces préparatifs menaçants, je suis bien obligé de me défendre !… Comme une vieille avachie, l’Europe opinait du silence et, trois semaines après, le petit État était uni à la Prusse dans un de ces doux embrassements qui rappellent, à peu de chose près, celui de Jonas et de sa baleine.

Depuis 1866, époque à laquelle eut lieu la guerre contre l’Autriche, et qui fut si favorable à la Prusse, M. de Bismark prit un peu de repos pour digérer ; mais cette tranquillité ne devait pas durer longtemps. Deux des provinces de la France lui manquaient pour son unité allemande. « D’ailleurs, disait-il, la meilleure preuve que ces provinces sont à nous, c’est que les habitants ne disent pas : une choppe de bière, mais bien : Un joppe te pierre !… » — Restait à trouver un prétexte pour faire la guerre à la France ; certainement M. de Bismark était de force à le trouver tout seul ; mais le ciel, doux à ses caprices, devait lui éviter cette peine. Vélocipède père, de Grammont le matamore, Ollivier au cœur léger, et Lebœuf, l’homme cinq fois prêt, épargnèrent tout ennui à Bismark, en allant au devant du monstre, qui n’eut qu’à ouvrir la gueule — On ne sait que trop le reste. — Bismark avait déclaré, par l’organe de son mannequin Guillaume, qu’il ne faisait la guerre qu’à Napoléon et, une fois Napoléon vaincu et détrôné, il pilla la France jusqu’à la dernière pendule ; on devait s’attendre à ce procédé de la part d’un homme qui, de sa vie, n’avait jamais eu un bon mouvement. — Un détail : Bismark a été fait grand’croix de la légion d’honneur par Vélocipède père. Nous n’avons jamais revu et nous ne reverrons probablement jamais une scène d’une aussi haute fantaisie : Bismark décoré par Badinguet !… Robert-Macaire armant Bertrand chevalier, De Villemessant demandant la croix pour Albert Volff !… — À la suite de la dernière attaque de diligence, que cette vieille catin d’histoire aura le toupet d’enregistrer sous le nom de guerre de France et de Prusse, le roi Guillaume fit Bismark prince, en récompense des nombreux services… d’argenterie que ce dernier avait réquisitionné sur son chemin.

Au physique, Bismark est un homme de moyenne taille ; la première fois qu’on le voit, son air vous rappelle… que vous avez laissé vos clefs sur votre secrétaire. — On ne peut refuser à Bismark un esprit très développé ; il a de l’activité, du flair, et possède une de ces intelligences spéciales avec lesquelles on doit à cinquante ans, — selon la chance — ou être devenu grand chancelier ou avoir déjà fait trente-cinq ans de bagne.

M. de Bismark, ayant enfin fait revenir de France ses nombreux bagages, ouvre le.......... 18.. deux cent onze boutiques d’horlogerie dans plusieurs ville de l’Allemagne. — Il est fait duc de Cadranzollern le.......... — Travaille avec ardeur à la pacification de l’Alsace et de la Lorraine en interdisant l’usage de la langue française aux femmes enceintes. — Fait paraître le.......... 18.. une brochure dans laquelle il pose les jalons de l’unité allemande appliquée au Maroc, — et meurt d’apoplexie à Berlin, le.......... 18.., réveillé en sursaut par douze clairons français qui passent sous ses fenêtres sur l’air de : As-tu vu la casquette, la casquette.

Blanqui

BLANQUI, louis-auguste, homme politique français, né à Paris suivant Vapereau, à Nice suivant d’autres biographes ; mais un point sur lequel tous les auteurs sont d’accord, c’est que Blanqui reçut le jour en 1805, et que depuis cette époque il ne le reçut plus jamais que par un soupirail. — Tout jeune, Blanqui montra de fortes dispositions pour le métier de conspirateur. On raconte que les couches de sa mère furent excessivement pénibles ; il ne voulait pas sortir la tête la première, dans la crainte d’être reconnu par la police. Et quinze jours avant, ayant aperçu un peu de lumière qui arrivait au-dessus de sa tête, il avait tenté de s’évader en grimpant, pendant que sa mère bâillait. — Après avoir terminé ses études au lycée d’Avignon, Blanqui vint à Paris où il se fit répétiteur à la pension Massin pour gagner sa vie. Quand Villemessant apprit cela plus tard, il en fut contrarié, parce que c’est toujours très-ennuyeux de ne pas pouvoir dire dans le Figaro qu’un républicain a passé sa jeunesse à voler des couverts dans les restaurants. — En 1827, à l’émeute de la rue Saint-Denis, il reçut une balle au cou, ce qui tendrait à faire croire, en dépit des biographes, pour tout faire des feuilles de tolérance écloses sous l’Empire, qu’au moment où Charles faisait tirer sur le peuple, Blanqui n’était pas précisément en train de mettre du vin en bouteilles dans sa cave. — Trois ans plus tard, la révolution de juillet éclatait, et Blanqui descendait de nouveau dans la rue, où il ne rencontrait M. Thiers sur aucune barricade. Au premier abord, il s’en étonna, car M. Thiers, avec son National, avait poussé le peuple à l’insurrection, et il semblait à Blanqui que le moins que M. Thiers pût faire en cette circonstance, était de partager un peu les périls de ceux qui allaient se faire casser la figure pour lui procurer, huit jours après, une place de conseiller d’État et de secrétaire général au ministere des finances sous Louis-Philippe. — En 1831, Blanqui devint rédacteur du Journal de la Société du peuple, qui ne tarda pas à lui procurer son premier procès. Le jury l’acquitta ; seulement, séance tenante, il fut condamné par la cour à un an de prison pour délit d’audience, et en tira cette conclusion, qu’il est presque aussi difficile de passer en justice sans y laisser quelque chose, que de se faire moudre dans un engrenage sans abîmer un peu son faux col. — Impliqué bientôt après dans une accusation de fabrication de poudre, il empocha deux ans de prison ; puis, compromis dans l’insurrection de 1839, il fut condamné à mort. — Parenthèse : nous prions nos lecteurs de vouloir bien numéroter les condamnations à mort de Blanqui s’ils veulent s’y reconnaître à la fin. — Cette sentence fut commuée en une détention perpétuelle ; et le gouvernement de Louis-Philippe poussa même la mausuétude jusqu’à décider que ce qui lui restait de prison à faire pour ses condamnations antérieures serait confondu avec son emprisonnement à perpétuité. Il fut enfermé au Mont-Saint-Michel pendant quatre années. — Il était déjà maladif, sa santé s’altéra, et l’on dut le transférer au pénitencier de Tours sur un rapport du directeur du Mont-Saint-Michel, qui écrivit au ministre : « Blanqui est très-faible ; si on ne le change pas de régime, ce condamné à perpétuité ne pourra jamais arriver à l’expiration de sa peine. » — La Révolution de 1848 rendit Blanqui à la liberté. Il accourut à Paris dès le 25 février, dans l’intention de surveiller les hommes du gouvernement provisoire qui lui semblaient un peu pain d’épices et, selon sa propre expression, pour « leur barrer le chemin en arrière. » Il faudrait n’avoir lu l’histoire d’aucune révolution pour ne pas admirer cette simple phrase de Blanqui : Barrer le chemin en, arrière. Cette pensée d’une profondeur amère est un chef-d’œuvre, et dans ces cinq mots, il est impossible de ne pas revoir tous les enthousiasmes et toutes les déceptions qui, tour à tour, soulèvent le peuple et le découragent à chacune des crises pendant lesquelles la liberté lui apparaît un instant pour s’évanouir aussitôt. Il voulait donc leur barrer le chemin en arrière et les empêcher d’avoir peur de leur audace. Il avait raison ; les révolutions seront toujours de grandes duperies pour le peuple, tant que les hommes qui se mettront à sa tête ne seront que des pygmées assez ambitieux pour déchaîner le torrent ; mais assez timides pour s’affoler de sa puissance. — Du premier coup d’œil, Blanqui vit à quel genre de République il avait affaire ; il reconnut bien vite que si l’étiquette de la fiole était changée, le contenu était le même ; il fonda le club de la Société Républicaine et attendit. C’est à cette époque que Blanqui fut accusé d’avoir trahi ses complices de l’insurrection de 1839. On publia un soi-disant rapport qu’il aurait fait sur eux ; et Barbès, lui-même, dit-on, crut à la culpabilité de Blanqui. Hélas !… pourquoi faut-il que ces déplorables scènes se renouvellent pour ainsi dire périodiquement ? Barbès croyant que Blanqui est un vendu, Rochefort accusant Vermorel d’être un mouchard !… Triste, triste. Il y a des moments où les républicains pensent bien peu à la République !… — À la suite du 15 mai, Blanqui fut arrêté et condamné à dix années de détention. Enfermé à Belle-Isle-en-Mer, — il tenta de s’évader ; on ne sait pas trop pourquoi, par exemple ; on suppose pourtant que si Blanqui cherchait à sortir de prison, ce ne pouvait être que pour avoir le plaisir d’y rentrer. En effet, rendu à la liberté par l’amnistie de 1859, il fut condamné à quatre ans d’emprisonnement en 1862 sous l’inculpation de société secrète. Compromis en 1870 dans l’affaire des pompiers de la Villette, il fut amnistié par le 4 septembre et manqua là une belle occasion d’ajouter une vingtaine d’années de prison à son addition. — Pendant le Siége de Paris il fonda la Patrie en danger et fut de nouveau condamné a mort — Vous numérotez toujours, n’est-ce pas ? — à la suite des événements du 31 octobre ; seulement, il était en fuite et fut arrêté à Cahors. — On sait le reste : sa détention préventive de près d’une année (une goutte d’eau dans l’océan), la révision toute récente de son jugement et sa condamnation à perpétuité pour l’affaire du 31 octobre. Il avait été question, pendant qu’on y était, de le faire repasser en jugement pour les émeutes de 1827 ; mais on verra ça plus tard.

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