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Justine, ou les Malheurs de la vertu

Donatien Alphonse François de Sade · 1791 · Free in the US

340,101 words · about 23 h 49 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1791 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Justine,_ou_les_Malheurs_de_la_vertu&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Donatien Alphonse François de Sade
Language
French
Published
1791
Length
340,101 words · about 23 h 49 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
  1. Front matter about 7 h 56 min
  2. Texte entier about 7 h 56 min
  3. dédicace about 2 min
  4. première partie about 1 h 8 min
  5. première partie-2 about 1 h 10 min
  6. première partie-3 about 1 h 27 min
  7. première partie-4 about 57 min
  8. seconde partie about 1 h 2 min
  9. seconde partie-2 about 1 h 13 min
  10. seconde partie-3 about 58 min

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Front matter

ui, Constance, c’est à toi que j’adresse cet Ouvrage ; à la fois l’exemple & l’honneur de ton sexe, réunissant à l’ame la plus sensible l’esprit le plus juste & le mieux éclairé, ce n’est qu’à toi qu’il appartient de connaître la douceur des larmes qu’arrache la Vertu malheureuſe. Détestant les sophismes du libertinage & de l’irréligion, les combattant ſans, cesse par tes actions & par tes diſcours, je ne crains point pour toi ceux qu’à nécessités dans ces Mémoires le genre des perſonnages établis ; le cynisme de certains crayons (adoucis néanmoins autant qu’on l’a pu) ne t’effrayera pas davantage ; c’est le Vice qui, gémissant d’être dévoilé, crie au scandale auſſitôt qu’on l’attaque. Le procès du Tartufe fut fait par des bigots ; celui de Juſtine sera l’ouvrage des libertins, je les redoute peu : mes motifs dévoilés par toi, n’en seront point désavoués ; ton opinion ſuffit à ma gloire, & je dois après t’avoir plu, ou plaire univerſellement, ou me consoler de toutes les cenſures.

Le dessein de ce Roman [pas ſi Roman que l’on croirait] est nouveau sans doute ; l’ascendant de la Vertu sur le Vice, la récompenſe du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les Ouvrages de cette espèce ; ne devrait-on pas en être rebattu !

Mais offrir par-tout le Vice triomphant & la Vertu victime de ses ſacrifices, montrer une infortunée errante de malheurs en malheurs ; jouet de la scélérateſſe ; plastron de toutes les débauches ; en butte aux goûts les plus barbares & les plus monstrueux ; étourdie des ſophismes les plus hardis, les plus ſpécieux ; en proie aux séductions les plus adroites, aux subornations les plus irrésistibles ; n’ayant pour oppoſer à tant de revers, à tant de fléaux, pour repousser tant de corruption, qu’une ame sensible, un esprit naturel & de courage : haſarder en un mot les peintures les plus hardies, les situations les plus extraordinaires, les maximes les plus effrayantes, les coups de pinceau les plus énergiques, dans la seule vue d’obtenir de tout cela l’une des plus sublimes leçons de morale que l’homme ait encore reçue ; c’était, on en conviendra, parvenir au but par une route peu frayée jusqu’à présent.

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