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Histoire de la Commune de 1871 (Lepelletier)

Edmond Lepelletier · 1911 · Free in the US

563,302 words · about 39 h 27 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1911 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Histoire_de_la_Commune_de_1871_(Lepelletier)&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Edmond Lepelletier
Language
French
Published
1911
Length
563,302 words · about 39 h 27 min
Sections
33 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (33)
  1. Front matter about 10 h 35 min
  2. Avant-propos about 45 min
  3. 1 about 21 min
  4. 2 about 47 min
  5. 3 about 37 min
  6. 4 about 28 min
  7. 5 about 38 min
  8. 6 about 37 min
  9. 7 about 49 min
  10. 8 about 1 h 13 min
  11. 9 about 1 h 14 min
  12. 10 about 1 h 55 min
  13. 11 about 1 h 10 min
  14. Avant-propos about 6 min
  15. 1 about 1 h 16 min
  16. 2 about 1 h 17 min
  17. 3 about 1 h 1 min
  18. 4 about 31 min
  19. 5 about 40 min
  20. 6 about 46 min
  21. 7 about 1 h 33 min
  22. 8 about 1 h 26 min
  23. 9 about 47 min
  24. 10 about 39 min
  25. Avant-Propos about 6 min
  26. 1 about 1 h 9 min
  27. 2 about 1 h 54 min
  28. 3 about 1 h 7 min
  29. 4 about 1 h 25 min
  30. 5 about 1 h 3 min
  31. 6 about 1 h 34 min
  32. Deux cartes under 1 min
  33. Index des noms cités under 1 min

Continue:

Front matter

Les luttes sociales, les grands soulèvements populaires, les rébellions provinciales, les séditions urbaines, corporatives ou locales, les mutineries militaires, toutes les commotions qui précèdent, accompagnent ou constituent les guerres civiles, les seules guerres véritablement admissibles rationnelles ou utiles, ne sont pas des accès de la nervosité moderne, des éruptions de fièvres nouvelles : ces manifestations de l’esprit de révolte se sont produites de tout temps ; elles éclateront encore à des époques indéterminées, pendant une suite d’années impossibles à fixer, sur des points différents ; elles remontent aux origines des groupements humains. Les poètes, les historiens, les philosophes, les annalistes, s’inspirant des traditions du Pentateuque, ont dénoncé, dans l’un des deux premiers nés de l’ancêtre fabuleux, Adam, le premier insurgé. Ce Caïn, maudit, d’après la Genèse, dès les premiers pas de la race humaine sur la terre neuve et molle, à peine dégagée du moule informe du chaos primitif, demeure voué à l’exécration des générations, comme l’auteur de la révolte initiale. Il est le disciple du Satan des légendes, et continue, parmi les hommes, l’insurrection commencée chez les anges. Sa mère, Ève, désignée comme la première révoltée du mariage, semble ainsi avoir porté dans ses flancs les germes de toutes les rébellions futures.

L’esprit de résistance à l’autorité jugée injuste ou , le sentiment d’antagonisme en face d’un égal trop favorisé, ont été blâmés ainsi, dès leur manifestation originelle, par la plupart de ceux qui enseignent les peuples. Et depuis, qu’il s’agisse d’une insurrection dans la famille, pour l’indépendance personnelle, pour l’héritage, pour le mariage, ou de batailles autour des palais, ou sous les remparts des cités, pour la conquête du pouvoir, pour l’affranchissement d’une servitude, pour un nominal changement de domination, les Révoltes n’ont jamais trouvé grande sympathie parmi ceux qui en transmettent le récit. Il n’est pas un de ceux qui ont écrit sur la Révolution française, par exemple, fussent-ils disposés à être indulgents, adulateurs même, qui n’ait cru devoir désapprouver « les excès » de cette période lumultueuse de notre histoire. Parmi ces excès, hypocritement déplorés ou sévèrement flétris, sont classés des mouvements comme les exécutions de Septembre, violents, sans doute, mais, en soi, logiques, provenant du rapport des choses, déterminés par des forces et des fatalités, méritant d’être observés et relatés avec soin, sans colère, sans parti pris, comme le marin, le météorologiste consignent sur leurs livres de bord ou d’observatoire la formation d’une tempête, la marche d’un cyclone. Les phénomènes révolutionnaires doivent être constatés et expliqués avec la même impartialité qu’une secousse sismique, que l’éruption d’un volcan. Il faut être un dément, comme Xercès, pour s’indigner contre la mer en fureur, et lui donner le fouet, ainsi qu’à un enfant désobéissant. L’historien qui s’emporte contre les révolutions ne saurait se moquer de la sottise du despote asiatique.

C’est qu’avec nos préjugés, aussi absurdes que les idées des sauvages sur les éclipses, la rébellion, cet obscurcissement de l’Autorité, nous apparaît comme une manifestation consciente de cet Esprit du mal, opposé, dans les traditions religieuses, à l’Esprit du bien, sous ses diverses dénominations : Dieu, Providence, État, Ordre Social, Morale, Loi, Salut Public, Majorité, etc., etc. Le rebelle, c’est toujours, selon les mythologies, une incarnation de l’Arihman du Mazdéisme, du Caïn biblique, du Satan judæo-chrétien, du Diable cornu, à l’appendice caudal déconcertant et à la fourche grotesque, dont on fait peur aux enfants, et aussi à un certain nombre de grandes personnes.

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