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Cléopâtre captive

Étienne Jodelle · 1868 · Free in the US

10,378 words · about 44 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

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About this book

Author
Étienne Jodelle
Language
French
Published
1868
Length
10,378 words · about 44 min
Sections
3 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (3)
  1. Front matter about 2 min
  2. Acte I about 11 min
  3. ACTE II about 31 min

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Front matter

CLEOPATRE

CAPTIVE

TRAGEDIE.

Acte I

L’OMBRE D’ANTOINE

Dans le val tenebreux, où les nuicts eternelles

Font eternelle peine aux ombres criminelles,

Cedant à mon destin je suis volé n’aguere,

Ja ja fait compagnon de la troupe legere,

Moy (dy-je) Marc Antoine horreur de la grand’ Romme, (5)

Mais en ma triste fin cent fois miserable homme.

Car un ardent amour, bourreau de mes mouëlles,

Me devorant sans fin sous ses flames cruelles,

Avoit esté commis par quelque destinee

Des Dieux jaloux de moy, à fin que terminee (10)

Fust en peine et malheur ma pitoyable vie,

D’heur, de joye et de biens paravant assouvie.

O moy des lors chetif, que mon œil trop folastre

S’égara dans les yeux de ceste Cleopatre !

Depuis ce seul moment je senti bien ma playe, (15)

Descendre par l’œil traistre en l’ame encore gaye,

Ne songeant point alors quelle poison extreme

J’avois ce jour receu au plus creux de moymesme :

Mais helas ! en mon dam, las ! en mon dam et perte

Ceste playe cachee

en fin fut découverte, (20)

Me rendant odieux, foulant ma renommee

D’avoir enragément ma Cleopatre aimee :

Et forcené aprés comme si cent furies

Exerçans dedans moy toutes bourrelleries,

Embrouillans mon cerveau, empestrant mes entrailles, (25)

M’eussent fait le gibier des mordantes tenailles :

Dedans moy condamné, faisans sans fin renaistre

Mes tourmens journaliers, ainsi qu’on vois repaistre

Sur le Caucase froid la poitrine empietee,

Et sans fin renaissante, à son vieil Promethee. (30)

Car combien qu’elle fust Royne et race royale,

Comme tout aveuglé sous cette ardeur fatale,

Je luy fis les presens qui chacun estonnerent,

Et qui ja contre moy ma Romme eguillonnerent :

Mesme le fier Cesar, ne taschant qu’à deffaire (35)

Celuy qui à Cesar compagnon ne peult plaire,

S’embrassant pour un crime indigne d’un Antoine,

Qui tramoit le malheur encouru pour ma Roine,

Et qui encor au val des durables tenebres

Me va renouvellant mille plaintes funebres, (40)

Eschauffant les serpens des sœurs echevelees,

Qui ont au plus chetif mes peines egalees :

C’est que ja ja charmé, enseveli des flames,

Ma femme Octavienne, honneur des autres Dames,

Et mes mollets enfans je vins chasser arriere, (45)

Nourrissant en mon sein ma serpente meurdriere,

Qui m’entortillonnant, trompant l’ame ravie,

Versa dans ma poitrine un venin de ma vie,

Me transformant ainsi sous ses poisons infuses,

Qu’on seroit du regard de cent mille Meduses. (50)

Or pour punir ce crime horriblement infame

D’avoir banni les miens, et rejetté ma femme,

Les Dieux ont à mon chef la vengeance avancee,

Et dessus moy l’horreur de leurs bras élancee,

Dans la saincte equité, bien qu’elle soit tardive,(55)

Ayant les pieds de laine, elle n’est point oisive,

Ainsi dessus les humains d’heure en heure regarde,

Et d’une main de fer son trait enflammé darde.

Car tost apres Cesar jure contre ma teste,

Et mon piteux exil de ce monde m’appreste. (60)

Me voila ja croyant ma Roine, ains ma ruine,

Me voila bataillant en la plaine marine,

Lors que plus fort j’estois sur la solide terre,

Me voila ja fuyant oublieux de la guerre,

Pour suivre Cleopatre, en faisant l’heur des armes (65)

Ceder à ce malheur des amoureux alarmes.

Me voila dans sa ville ou j’yvrongne et putace,

Me paissant des plaisirs, pendant que Cesar trace

Son chemin devers nous, pendant qu’il a l’armee

Que sus terre j’avois, d’une gueule affamee, (70)

Ainsi que le Lyon vagabond à la queste,

Me voulant devorer, et pendant qu’il s’appreste

Son camp devant la ville, où bientost il refuse

De me faire un parti, tant que malheureux j’use

Du malheureux remede, et poussant mon espee (75)

Au travers des boyaux en mon sang l’ay trempee,

Me donnant guarison par l’outrageuse playe.

Mais avant que mourir, avant que du tout j’aye

Sangloté mes esprits, las, las ! quel si dur homme

Eust peu voir sans pleurer un tel honneur de Romme, (80)

Un tel dominateur, un Empereur Antoine,

Que ja frappé à mort sa miserable Roine,

De deux femmes aidee, angoisseusement palle

Tiroit par la fenestre en sa chambre royale !

Cesar mesme n’eust peu regarder Cleopatre (85)

Couper sur moi son poil, se deschirer et battre,

Et moi la consoler avecques ma parole,

Ma pauvre ame soufflant qui tout soudain s’en vole,

Pour aux sombres enfers endurer plus de rage

Que celui qui a soif au milieu du breuvage, (90)

Ou que celuy qui roüe une peine eternelle,

Ou que les palles Sœurs, dont la dextre cruelle

Egorgea les maris, ou que celuy qui vire

Sa pierre, sans porter son faix où il aspire.

Encore en mon tourment tout seul je ne puis estre : (95)

Avant

que ce Soleil qui vient ore de naistre,

Ayant tracé son jour chez sa tante se plonge,

Cleopatre mourra : je me suis ore en songe

A ses yeux presenté, luy commandant de faire

L’honneur à mon sepuchre et apres se deffaire, (100)

Plutost qu’estre dans Romme en triomphe portee,

L’ayant par le desir de la mort confortee,

L’appellant avec moi, qui ja ja la demande

Pour venir endurer en nostre palle bande,

Or se faisant compagne en ma peine et tristesse, : (105)

Qui s’est faite long temps compagne en ma liesse.

CLEOPATRE, ERAS, CHARMIUM.

CLEOPATRE.

Que gaignez-vous, helas ! en la parole vaine ?

ERAS.

Que gaignez-vous, helas ! de vous estre inhumaine ?

CLEOPATRE.

Mais pourquoy perdez-vous vos peines ocieuses ?

CHARMIUM.

Mais pourquoy perdez-vous tant de larmes piteuses ? (110)

CLEOPATRE.

Qu’est-ce qui adviendroit plus horrible à la veuë ?

ERAS.

Qu’est-ce qui pourroit voir une tant depourveuë ?

CLEOPATRE.

Permettez mes sanglo

ts mesme aux fiers Dieux se prendre.

CHARMIUM.

Permettez à nous deux de constante vous rendre.

CLEOPATRE.

Il ne faut que ma mort pour bannir ma complainte. (115)

ERAS.

Il ne faut point mourir avant sa vie esteinte.

CLEOPATRE.

Antoine ja m’appelle, Antoine il me faut suivre.

CHARMIUM.

Antoine ne veut pas que vous viviez sans vivre.

CLEOPATRE.

O vision estrange ! ô pitoyable songe !

ERAS.

O pitoyable Roine, ô quel tourment te ronge ? (120)

CLEOPATRE.

O Dieux ! à quel malheur m’avez-vous allechee ?

CHARMIUM.

O Dieux ! ne sera point votre plainte es

tanchee ?

CLEOPATRE.

Mais (ô Dieux) à quel bien, si ce jour je devie !

ERAS.

Mais ne plaignez donc point et suivez vostre envie.

CLEOPATRE.

Ha ! pourrois-je donc bien, moy la plus malheureuse (125)

Que puisse regarder la voûte radieuse,

Pourrois-je bien tenir la bride à mes complaintes,

Quand sans fin mon malheur redouble ses attaintes,

Quand je remasche en moy que je suis la meurdriere,

Par mes trompeurs apasts, d’un qui sous sa main fiere (130)

Faisoit croûler la terre ? Ha ! Dieux, pourrais-je traire

Hors de mon cœur le tort qu’alors je luy peu faire,

Qu’il me donnat Syrie, et Cypres, et Phenice,

La Judee embasmee, Arabie et Cilice,

Encourant par cela de son peuple la haine ? (135)

Ha ! pourrois-je oublier ma gloire et pompe vaine

Qui l’apastoit ainsi au mal, qui nous talonne

Et malheureusement les malheureux guerdonne,

Que la troupe des eaux en l’apast est trompee ?

Ha ! l’orgueil, et les ris, la perle destrempee, (140)

La delicate vie effeminant ses forces,

Estoyent de nos malheurs les subtiles amorces !

Quoy ? pourrois-je oublier que par la roide secousse

Pour moy seule il souffrit des Parthes la repousse,

Qu’ils eust bien subjuguez et rendus à sa Romme, (145)

Si les songears amours n’occupoient tout un homme,

Et s’il n’est eu desir d’abandonner sa guerre

Pour revenir soudain hyverner en ma terre ?

Ou pourrois-je oublier pour ma plus grand’gloire

Il traîna en triomphe et loyer de victoire, (150)

Dedans Alexandrie un puissant Artavade,

Roy des Armeniens, veu que tel

le bravade

N’appartenoit sinon qu’à sa ville orgueilleuse,

Qui se rendit alors d’avantage haineuse ?

Pourrois-je oublier mille et mille et mille choses, (155)

En qui l’amour pour moy a ses paupieres closes,

En cela mesmement que pour ceste amour mienne

On luy veit delaisser l’Octavienne sienne ?

En cela que pour moy il voulut faire guerre

Par la fatale mer, estant plus fort par terre ? (160)

En cela qu’il suivit ma nef au vent donnee,

Ayant en son besoin sa troupe abandonnee ?

En cela qu’il prenoit doucement mes amorces,

Alors que son Cesar prenoit toutes ses forces ?

En cela que feignant estre preste à m’occire, (165)

Ce pitoyable mot soudain je luy feis dire :

"O Ciel faudra-t-il donc que, Cleopatre morte,

Antoine vive encor ? Sus, sus, Page, conforte

Mes douleurs par ma mort." Et lors, voyant son page

Soy mesme se tuer : " Tu donnes desmoignage, (170)

O Eunuque (dit-il), comme il faut que je meure ! "

Et, vomissant un cri, il s’enferra sur l’heure.

Ha ! Dames ! a, a ! faut-il que ce malheur je taise ?

Ho ! oh ! retenez-moy, je… je…

CHARMIUM.

Mais quel mal-aise (175)

Pourroit estre plus grand ?

ERAS.

Soulagez votre peine,

Efforcez vos esprits.

CLEOPATRE.

Las, las !

CHARMIUM.

Tenez

la resne

Au dueil empoisonnant.

CLEOPATRE.

A ! grand Ciel, que j’endure !

Encore l’avoir veu ceste nuict en figure !

Hé !

ERAS.

Hé ! rien que la mort ne ferme au deuil la porte.

CLEOPATRE.

Hé ! hé ! Antoine estoit…

CHARMIUM.

Mais comment ?

CLEOPATRE.

En la sorte…

ERAS.

En quelle sorte donc ?

CLEOPATRE.

Comme alors que sa playe…

CHARMIUM.

Mais levez-vous un peu, que gesner on essaye

Ce qui gesne la voix.

ERAS.

O plaisir, que tu meines

Un horrible troupeau de deplaisirs et peines !

CLEOPATRE.

Comme alors que sa playe avoit ce corps tractable

Ensanglanté par tout.

CHARMIUM.

O songe espouvantable !

Mais que demandoit-il ?

CLEOPATRE.

Qu’à sa tumbe je face

L’honneur qui luy est deu.

CHARMIUM.

Quoy encor ?

CLEOPATRE.

Que je trace

Par ma mort un chemin pour rencontrer son ombre.

Me racontant encor…

CHARMIUM.

La basse porte sombre

Est à l’aller ouverte, et au retour fermee.

CLEOPATRE.

Une eternelle nuict doit de ceux estre aimee,

Qui souffrent en ce jour une peine eternelle.

Ostez-vous le desir de s’efforcer à celle

Qui libre veut mourir pour ne vivre captive ?

ERAS.

Sera donc celle là de la Parque craintive

Qui, au deffaut de mort, verra mourir sa gloire ?

CLEOPATRE.

Non, non, mourons, mourons, arrachons la victoire,

Encore que soyons par Cesar surmontees.

ERAS.

Pourrions nous bien estre en triomphe portees ?

CLEOPATRE.

Que plus tost ceste terre au fond de ses entrailles

M’engloutisse à present ; que toutes les tenailles

De ces bourrelles Soeurs, horreur de l’onde basse,

M’arrachent les boyaux ; que la teste on me casse

D’un foudre inusité, ainsi que je me conseille,

Et que la peur de mort entre dans mon oreille !

CHŒUR DE FEMMES ALEXANDRINES.

Quand l’Aurore vermeille

Se voit au lict laisser

Son Titon qui sommeille,

Et l’ami caresser :

On voit à l’heure mesme

Ce pays coloré,

Sous le flambeau supréme

Du Dieu au char doré :

Et semble que la face

De ce Dieu variant,

De ceste ville face

L’honneur de l’Orient,

Et qu’il se mire en elle

Plus tost qu’en autre part,

La prisant comme celle

Dont plus d’honneur depart,

De pompes et delices

Attrayans doucement,

Sous leur gayes blandices,

L’humain entendement.

Car veit on jamais ville

En plaisir, en honneur,

En banquets plus fertile,

Si durable estoir l’heur ?

Mais ainsi que la force

Du celeste flambeau

Tirer à soy s’efforce

Le plus leger de l’eau ;

Ainsi que l’aimant tire

Son acier, et les sons

De la marine Lyre

Attiroyent les poissons ;

Tout ainsi nos delices,

La mignardise et l’heur,

Allechemens des vices,

Tirent notre malheur,

Pourquoy, fatale Troye,

Honneur des siecles vieux,

Fus tu donnee en proye

Sous le destin des Dieux ?

Pourquoi n’eus tu, Medee,

Ton Jason ? et pourquoy,

Ariadne, guidee

Fus tu sous telle foy ?

Des delices le vice

A ce vous conduisoit :

Puis après sa malice

Soymesme destruisoit.

Tant n’estoit variable

Un Prothee en son temps,

Et tant n’est point muable

La course de nos vents.

Tant de fois ne se change

Thetis, et tant de fois

L’inconstant

ne se range

Sous ses diverses loix,

Que nostre heur, en peu d’heure

En malheur retourné,

Sans que rien nous demeure,

Proye au vent est donné.

La rose journalière,

Quand du divin flambeau

Nous darde la lumière

Le ravisseur taureau,

Fait naistre en sa naissance

Son premier dernier jour :

Du bien la jouissance

Et ainsi sans sejour.

Le fruict vengeur du pere

S’est bien esvertué

De tuer sa vipere,

Pour estre apres tué.

Joye, qui dueil enfante,

Se meurdrist ; puis la mort

Par la joye plaisante

Fait au dueil mesme tort.

Le bien qui est durable,

C’est un monstre du Ciel,

Quand son vueil favorable

Change le fiel en miel.

Si la saincte ordonnance

Des immuables Dieux

Forcluse d’inconstance

Seule incogneuë à eux,

En ce bas hemisphere

Veut son homme garder,

Lors le sort improspere

Ne le peut retarder

Que, maugré sa menace,

Ne vienne tenir rang,

Maugré le fer qui brasse

La poudre avec le sang.

On doit seurement dire

L’homme qu’on doit priser,

Quand le Ciel vient l’eslire

Pour le favoriser,

Ne devoir jamais craindre

L’Ocean furieux,

Lors que mieux semble atteindre

Le marche-pied des Dieux ;

Plongé dans la marine,

Il doit vaincre en la fin,

Et s’attend à l’espine

De l’attendant Daulphin.

La guerre impitoyable,

Moissonnant les humains,

Craint l’heur espouventable

De ses celestes mains.

Tous les arts de Medee,

Le venin, la poison,

Les bestes dont gardee

Fut la riche toison,

Ny par le bois estrange

Le lyon outrageux, (320)

Qui sous sa patte range

Tous les plus courageux,

Ny la loy qu’on revere,

Non tant comme on la craint,

Ny le bourreau severe,

Qui l’homme blesme estraint,

Ny les feux qui saccagent

Le haut pin molestans,

Sa fortune n’outragent,

Rendans les dieux constans, (330)

Mais ainsi qu’autre chose

Contraint sous son effort,

Tient sous sa force enclose

La force de la mort ;

Et, maugré ceste bande (335)

Tousjours en bas filant,

Tant que le Ciel commande,

En bas n’est devallant ;

Et quand il y devalle,

Sans aucun mal souffrir, (340)

D’un sommeil qu’il avalle,

A mieux il va s’offrir.

Mais si la destinée,

Arbitre d’un chacun,

A sa chance tournee (345)

Contre l’heur de quelqu’un,

Le sceptre, sous qui ploye

Tout un peuple submis,

Est force qu’il foudroye

Ses mutins ennemis. (350)

La volage richesse,

Appuy de l’heur mondain,

L’honneur et la hautesse

Refuyant tout soudain,

Bref, fortune obstinee, (355)

Ny le temps tout fauchant,

Sa rude destinee

Ne vont point empeschant.

Des hauts Dieux la puissance

Tesmoigne assez ici, (360)

Que nostre heureuse chance

Se precipite ainsi.

Quel estoit Marc Antoine ?

Et quel estoit l’honneur

De nostre brave Roine, (365)

Digne d’un tel donneur ?

Des deux l’un miserable,

Cedant à son destin,

D’une mort pitoyable

Vint avancer sa fin : (370)

L’autre encore craintive

Taschant s’évertuer,

Veut, pour n’estre captive,

Librement se tuer.

Ceste

terre honnorable, (375)

Ce pays fortuné,

Helas ! voit peu durable

Son heur importuné.

Telle est la destinee

Des immuables Cieux, (380)

Telle nous est donnee

La defaveur de Dieux.

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