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Chants de l’Atlantique suivis de Le ciel des Antilles

Daniel Thaly · 1928 · Free in the US

17,445 words · about 1 h 13 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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Licence: PD-US · Published in 1928 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Chants_de_l’Atlantique_suivis_de_Le_ciel_des_Antilles&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Daniel Thaly
Language
French
Published
1928
Length
17,445 words · about 1 h 13 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
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DANIEL THALY

CHANTS

DE L’ATLANTIQUE

01

Beau prisme vert, miroir des plus beaux continents, Atlantique, c’est toi qui colores mes rêves ; D’un bord à l’autre bord de tes splendides grèves, J’ai suivi la frégate et les fiers goélands.

Atlantique, sur qui les beaux avions blancs Connaissent le désastre ou la gloire trop brève ; Je te salue et veux que tes sauvages chants Accompagnent le chant qui de mon cœur s’élève.

Le monde, chaque jour, change sous d’autres mains. Du charmant Autrefois périssent les chemins, Paris n’est plus Paris et Londres n’est plus Londres.

Mais toi, libre beauté ! rien ne peut te ternir, Que t’importe demain que l’Europe s’effondre ? Que t’importent passé, présent et avenir ?…

J’ai chanté mon poème au bord de tes deux grèves ; Atlantique, merci, je te dois tous mes rêves !

Mon rêve est un vaisseau sans cesse ballotté Qui cherche sur les mers l’Île de la Beauté.

Quand je suis dans New-York ardent et qui bourdonne, Je songe à ta douceur, savane monotone.

Et quand dans la forêt aux colibris je vais J’ai besoin de revoir l’hiver et le palais.

Sans cesse, loin de moi, volant de plage en plage, Mon rêve est l’hirondelle à jamais en voyage !

Je suis celui qui chante au bord des flots légers. Rien ne m’écoute, hélas ! ni le vent, ni la vague, Ils passent et je suis le barde qui divague ; Pourquoi t’ai-je laissé, Paris, aux étrangers ?… Si j’habitais Paris, ville bonne entre toutes, À ceux qui dans leur cœur portent un grand verger, Ô vignes de mon cœur pouvoir vous vendanger, Dans cette ville ardente et toujours aux écoutes ! Je suis celui qui chante au bord des flots légers, Tandis que vous tombez, neiges des orangers !

Le printemps étant revenu, L’hirondelle quitte les îles. Bientôt notre ciel sera nu. Où fuyez-vous, ailes agiles ?

« Nous allons égayer les cieux Trop longtemps battus par la neige. Ici, l’air est délicieux ; Un été sans fin vous protège.

Là-bas, ce furent les corbeaux Qui seuls hantèrent les journées, Tandis que sous vos ciels trop beaux Tournaient nos rondes ordonnées.

Messagères du renouveau, Nous allons annoncer, fidèles, Que bientôt sur le noir rameau S’accoupleront les tourterelles.

Là-bas nous attendent nos nids Suspendus au bord des tourelles ; Ô les voyages infinis Qui nous ramèneront vers elles !

Nous allons traverser les mers, L’alizé se mêle au zéphyre, Le ciel est frais de rayons clairs Et chaque vague est une lyre.

Consolez-vous de nos départs, Car nous reviendrons plus nombreuses Quand l’automne sur les remparts De ses vents frôle les yeuses.

Nos petits seront parmi nous Quand nous referons les lieues De ce beau voyage si doux, Vers l’azur des Antilles bleues.

Des pays qu’il nous faut quitter, Nous ne regrettons pas les heures, Car nous savons tout emporter Quand nous fuyons de nos demeures.

C’est pourquoi, sous les matins verts, Nos rondes sont douces et gaies, Lorsque, loin des affreux hivers, Nous frôlons les pointes des haies.

Nous ne nous séparons jamais, — C’est là le bonheur ce nous semble — Les jours bons et les jours mauvais Nous voient voler toutes ensemble… »

Comme j’écoutais les oiseaux, Ma maison me sembla plus vide, Il flotte au loin sur les roseaux Un coucher de soleil livide.

Le soir est parfum et torpeur… Je suis las de ma quiétude… Quand donc va battre un autre cœur Au désert de ma solitude ?

prologue

l’hivernage

sous le manguier

Demain n’est pas encor en marche, Savourons le beau jour. Adorons-nous. Cet arbre est l’arche De notre grand amour.

Cueillons la rapide minute. Respirons le jasmin. De l’oiseau bleu, la fraîche flûte L’entendrons-nous demain ?

l’heure d’amour

les yeux éteints

Dans tes doux yeux d’azur flamboie Le reflet du ciel vert ; Mais déjà le soleil se noie Dans la brume de mer.

Je ne vois plus que deux lacs d’ombre, Au lieu de deux lacs bleus ; Rentrons, Amour, la nuit trop sombre Vient d’éteindre tes yeux.

avant le départ

le départ

Le croissant argentait les voiles De mon souple voilier. Il s’en allait et les étoiles Brillaient sur le hallier.

Joli voilier à voile frêle, Parti vers d’autres cieux, Ma Marguerite verra-t-elle Notre retour joyeux ?

la nostalgie

évocation

le retour

J’ai pris le train puis le bateau, Pour revoir ton visage. Vingt jours après, l’Île sur l’eau Dressait son paysage.

Mon cœur fier battait à grands coups, Plein d’immense allégresse ; Et les souvenirs les plus doux Me revenaient sans cesse.

Beauté, j’allais donc te revoir Sur la vérandah rose… Quelqu’un dit : « Sous ce cyprès noir Sa dépouille repose. »

la rose

le souvenir

Tout le jour un chant de colombe Semble pleurer ta mort ; Et le beau Rosier, sur ta tombe, Verse son pollen d’or.

Vers le cyprès, la tourterelle Ne peut toujours venir. Je voudrais d’une strophe belle Sauver ton souvenir !

épilogue

02

Une vapeur d’or tiède a noyé les prés blonds Les champs de sarrasin et de bruyères roses. On n’entend plus chanter la caille au pied des monts. L’immense paix du ciel descend sur toutes choses.

La nuit règne ; c’est l’heure où s’élève vers Dieu L’hommage recueilli de l’humanité sombre ; Faible vibration qui dans l’éther s’émeut Du vaste mouvement des univers sans nombre.

C’est de la nuit que sortiront les jours nouveaux ; Dans son apaisement que les semences germent, Que les fleurs de la mort s’ouvrent sur les tombeaux, Que le bonheur s’apprête et que les hommes s’aiment.

Elle porte le songe au front du malheureux Et le sommeil aux lits tragiques des malades, Elle fait d’une mare un lac miraculeux Et du brun rossignol suscite les roulades.

C’est l’heure où j’ai voulu méditer avec toi, Sous l’azur étoilé des belles nuits profondes ; Afin qu’à mon côté tu ressentes l’émoi De n’être rien au cœur des siècles et des mondes.

Nous avons vu les jours et leurs décors nombreux : L’océan empourpré, le couchant de topaze, L’automne dans les bois allumant de grands feux, Et la neige plongeant le monde dans l’extase.

J’ai voulu que chaque heure en frôlant notre amour Lui laisse quelque peu de sa belle harmonie ; Afin que nous puissions, au gré de chaque jour, Mêler notre néant à l’éternelle vie.

Béatrice, je vais te montrer une nuit D’une sérénité suave. Tout repose. L’izard a déserté la fougère et le buis Et le sphinx athropos ne frôle plus la rose.

Viens, nous irons dans l’ombre et le recueillement Qui tombent des forêts aux odeurs souveraines. Le grand ciel de juillet déroule éperdument La pure immensité de ses voûtes sereines.

Viens, suivons le sentier tracé par les bergers. Les planètes déjà grossissent sur nos têtes. Les gaves vont chanter pour les deux étrangers Qui marchent cette nuit vers les cimes désertes.

Montons, montons encor dans le silence bleu. Qu’il sera beau de voir, Béatrice aux mains frêles, Par cette nuit mystique où tout parle de Dieu, La lune illuminer les neiges éternelles !

Jadis, quand je vivais dans les îles en fleurs, Ma jeune vie était de lumière inondée. Qu’il m’est doux de pouvoir respirer leurs odeurs Grâce aux ailes de feu d’une émouvante idée !

Flacon d’un rhum très vieux qu’un ami m’a donné, Grâce à toi je refais mes voyages aux Îles. — Hauteurs de Salazie ! Antilles ! Soirs tranquilles ! Le passé me revient net et coordonné.

Voici les champs de canne où l’on chante en cadence, Où les longs coutelas coupent les blonds roseaux. Voici la sucrerie où le vesou s’élance Au sortir du moulin, dans un tumulte d’eaux.

Se peut-il, ô flacon, que dorment, sous ton verre, Tant de beaux souvenirs et tant de beaux émois : L’odeur de la bagasse et la houle des bois Et l’encens du soir rouge où fume la chaudière ?

De même qu’un rayon de miel en sa clarté Évoque le printemps de fleurs à jamais mortes, Ton rhum, flamme liquide, esprit d’un fauve été Fait d’un lointain passé surgir les odeurs fortes.

Je revois les beaux soirs où j’aimais ardemment Les yeux miraculeux d’une jeune créole. Ah ! vivent les rayons de cette liqueur folle Qui me ramène aux jours heureux du sentiment !

Mais l’adorable est morte au pied du noir cratère. Et c’est pour oublier ce cruel souvenir Que je boirai, flacon doré, ton dernier verre Sympathique flacon qui fais si bien dormir.

Là-bas les champs de canne au morne et sur la dune Ont fleuri, leur blancheur moutonne au vent du soir ; Et battu par les mains arides d’un vieux noir, Le tamtam saccadé résonne au clair de lune…

Canne à sucre, rayon de soleil condensé Dans un roseau mûri sous le ciel du tropique, Je chante en ton honneur et dans Londres glacé C’est toute la rumeur de la nuit exotique !

J’ai conservé tous les détails De ta visite merveilleuse. Nos palmiers de leurs éventails Ont frôlé ta grâce rieuse.

Je te fis voir tous nos oiseaux, Les cascades, les lucioles. Tes yeux disaient dans les roseaux Une romance sans paroles.

Tu t’étonnais des colibris, Des perroquets à l’aile rouge ; On entendait plein de leurs cris Le grand bois qui chante et qui bouge.

Tu parlais d’hier et de jadis En te penchant sur mon épaule. N’était-ce pas en paradis, Ce ciel flou, cette lune molle ?

La maison songe encor à toi. La chambre rose te regrette. Le miroir n’a pas eu deux fois Une aussi radieuse fête.

Trois jours avant je n’espérais Rien de l’Ile et de sa lumière ; Trois jours après je me sentais Le plus riche amant de la terre.

L’hiver là-bas, dans ton foyer, Tu songes à l’Antille claire. J’ai gardé le doux oreiller Où dormit ta tête légère.

Je n’irai pas chercher tes yeux De peur que s’efface le rêve ; Mais j’évoque les trois jours bleus Que tu passas sur cette grève.

Ulysse ! tu fus moins troublé En voyant Nausicaa frêle. Nul désir ne fut mieux comblé, Ô souvenir, joie immortelle !

Je te chéris. De temps en temps Tu consens encor à m’écrire ; Et chaque fois c’est le printemps Que m’apporte le beau navire.

Rien qu’à lire les tendres mots De ta radieuse écriture, Je respire encor, à longs flots, Ton parfum et ta chevelure.

Je crois revoir le blanc rayon De la lune sur ton visage Et respirer l’ilang-ilang Qui parfumait la nuit sauvage.

De cette nuit qui finit tard J’ai savouré chaque seconde ; Jeux de l’amour et du hasard Vous êtes les plus beaux du monde !

Reverrai-je bientôt l’Île où sont les ramiers, Où rit la mer au chant sonore des palmiers ? — « Oui, bientôt surgira l’Île qui parut belle À tes yeux, au doux mois cher à la tourterelle. Alors, l’ami d’enfance accompagnait tes pas. Il partageait tes jeux, tes travaux, tes repas. La nuit, sur un canot chargé de fines voiles, Il aimait prononcer les beaux noms des étoiles. C’était lui qui donnait, par sa jeunesse en fleur, Tant de charme à cette Île, aux halliers tant d’odeur ; C’était lui qui prêtait, — pour tes yeux de poète, — À la plage antillaise un sourire de fête… Mais à présent, hélas ! que ton cœur l’a perdu Et que te voilà plein de regret éperdu Pour celui qui périt, par un soir de vaillance, Parmi tant de héros morts pour sauver la France, L’Île n’a plus son charme et ses tendres couleurs. Le chant de ses ramiers semble traîner des pleurs.

Crois-moi, ne tente pas d’aller vers le rivage. Tu ne trouveras plus le même paysage. Ce ne sera pour toi qu’un îlot jaune et vert Où broute le cabri sauvage, un vrai désert. Sois sage, éloignons-nous de l’Île des Ramiers Où riait autrefois la mer sous les palmiers. Garde intacts, dans ton cœur, ces heures de jeunesse, Ces couchants merveilleux, ces aubes d’allégresse, Pour que rien n’y ternisse, aux soirs de l’avenir L’adorable couleur de ce beau souvenir. » Ainsi parla l’ami, l’ami sincère et sage. Notre souple vaisseau cingla vers l’eau du large ; Et moi, je revoyais, en rêve, à l’horizon, Sous les palmiers en fleurs une blanche maison.

à son altesse royale, le prince de galles

Lorsque, quittant les ciels frais de l’Océanie, Vous vîntes d’Amérique aux Antilles en fleur, Vous avez de notre île admiré l’harmonie Et visité Roseau par un jour de chaleur.

J’ai vu le fier « Renown » tout pavoisé qui glisse Sur l’azur miroitant des flots glauques et lourds, Altesse, et j’ai songé que nul depuis Ulysse Ne fit plus beau voyage à travers plus beaux jours.

N’aviez-vous pas à bord, près de vous un poète Capable de chanter, en des strophes d’airain, Les lumineux pays qui tous se firent fête De rendre hommage au fils de leur bon souverain ?

Il eût dit les couleurs des races merveilleuses, Les acclamations des peuples fraternels, Vos paroles de joie aux foules bienheureuses Et votre clair plaisir à voir de nouveaux ciels.

Ô charme d’affirmer qu’aux pays de l’aurore Vous avez fait chérir le royaume lointain ; Qu’une rouge tribu du Canada sonore Vous donna le beau nom « d’Étoile-du-Matin » !

Ô gloire d’évoquer l’Australie encensée De parfums inconnus, ses Kangourous, ses fleurs. Ah ! le poème frais, la riante Odyssée D’un héros que le sort combla de ses bonheurs !…

Vous avez fait partout aimer la modestie Quoique capable en tout d’égaler les plus forts : On vous vit affronter une mer en furie Et dompter un cheval de cowboy sans efforts.

Votre cœur a souffert de la mort d’une bête. D’un jeune « wallaby » qui, loin du ciel natal, Aimait à reposer sur vous sa fine tête Et qui mourut tué par un poison brutal.

Vous serrez la main blanche et la brune et la noire Et vous dites tout bas des paroles d’amour À tous ceux dont le sang coula pour la victoire Des pays menacés par le barbare lourd !

Il faut redire, après le héros de Corneille, Que le nombre des ans ne fait pas la valeur ; Et qu’on vous vit, sans peur, dans la pourpre vermeille Des combats, jeune prince au magnifique cœur.

Altesse, Dieu vous garde et qu’une vie intense Vous donne le loisir d’accomplir de hauts faits ; Ô Prince-Ambassadeur, votre gloire est immense, Lorsque le cœur est droit, les actes sont parfaits.

Altesse, laissez nous conserver l’espérance Que la noble Albion restera sans efforts, Toujours, toujours liée à la loyale France, En souvenir de tous ses ducs, de tous ses lords

Et de tous ses soldats qui sont parmi nos morts !

I

Quoique portant au cœur le deuil de ses deux fils, Arrachés sans retour au ciel pur de la gloire ; La France a célébré ta superbe victoire ; Mille mains t’ont tendu le laurier et le lys :

Le peuple ardent qui vit au chant de quatre fleuves, Quel que soit leur pays, adore les héros : Il aime également beau geste et nobles mots ; Mais il préfère à tout une prouesse neuve.

Il fut vibrant lorsque l’avion d’Amérique Vint atterrir, après le voyage tragique ; Ses acclamations montèrent vers le ciel !

Pendant ce temps, au fond de l’Atlantique immense, Dormaient, battus des flots, leur sommeil éternel Nungesser et Coli, braves enfants de France.

II

Conquistador de l’air, gloire de l’Amérique, Tu rêvas un beau soir d’être un fier goéland ; Et l’avion parti de l’autre continent Fendit l’air et monta vers la nuit fantastique.

D’un bond prodigieux franchissant l’Atlantique, Ton vol sut abolir la distance, ô Lindbergh, Et les divinités du grand océan vert Les bras levés t’ont proclamé le magnifique.

Jeune triomphateur, digne de ton destin, Ô toi qui tentas seul le voyage incertain, D’où te venait le goût d’une action si grande ?

Était-ce à regarder, dans le couchant vermeil, Par delà les Sierras et par delà les Andes, Les grands aigles franchir les portes du soleil ?

Du haut des avions, les chrysanthèmes blonds, Les chrysanthèmes blancs pleuvent mélancoliques. Beaux courants emportez vers leurs tombeaux profonds, Les fleurs que nous jetons aux morts de l’Atlantique.

Dites-leur qu’on n’a pas cessé de les chérir Et qu’ils verront encor du fond de leurs abîmes Guidés par des héros fiers de leur souvenir, Le vol vertigineux des avions sublimes !

Quel est là-bas cet oiseau blanc Qui voyage sur l’Océan ? Est-ce le grand condor qui plane Ou l’aigrette de la savane ? L’oiseau blanc voyage dans l’air : Il descend, il touche la mer. Est-ce le Cerf-Volant magique ? Est-ce vous, Albatros Arctique ?… « C’est l’Avion, gloire de l’homme d’aujourd’hui ; Et c’est un mortel qui le guide. Icare a triomphé des ombres de la nuit ; Le voilà qui monte splendide, Vers l’azur qui vibre et qui luit… Salut à l’homme ailé qui passe À la conquête de l’Espace ! Salut, dans la vaste clarté, Salut au vol illimité D’Icare enfin ressuscité ! »

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