Front matter
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La guerre n’a pas épargné les lettres françaises. Des noms, imprimés hier sur la couverture d’un livre pour en imposer le succès, sont inscrits maintenant sur une croix de bois comme une suprême parole d’héroïsme. La leçon de ces morts est celle que l’histoire enseigne aux hommes qui veulent connaître le secret de la durée. Magnifique et lointaine destinée : tous ont été grands ; tous ont obéi à l’appel de la France, sans être effleurés par un murmure, acceptant de combattre pour les idées qu’ils avaient semées, pour les œuvres qu’ils avaient aimées et conçues, pour la renommée qui les avait sacrés ; tous, depuis le comte Albert de Mun, qui, chaque matin, sonnait la charge des âmes et dont le cœur s’est brisé sous la poussée d’un impérieux espoir, jusqu’aux plus humbles parmi les écrivains, artisans quotidiens de la pensée, rompus depuis longtemps à la silencieuse discipline du courage.
Leur mort a la fécondité des premiers holocaustes. Pendant que d’autres, les aînés, à la nation le mot d’ordre de la victoire et, loin des combats, armaient les volontés d’une espérance patiente et invincible ; eux, ils manifestaient sur les champs de bataille la véritable grandeur de la France, sa simplicité allègre et tenace que les peuples trompés avaient trop vite méconnue. Est-il un argument qui rayonne et triomphe davantage, une preuve qui revête un plus sûr éclat que cette liste, douloureusement longue, où la gloire fidèle trace de jour en jour les noms des hommes que déjà elle avait élus ; Max Doumic, Charles Péguy, Pierre Ginisty, Ernest Psichari, François Laurentie, Henry Desroys du Roure, et tant d’autres que la postérité attentive recueille pieusement comme un patrimoine de vie ? Hâtons-nous de dire leurs exploits, s’écrie Maurice Barrès. Certes, rien de ce qui a été tel ne doit être ignoré. Recherchons dans leur passé la source généreuse où leur cœur a puisé. Ils ont mérité l’Histoire.
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The end
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