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Application de l’électricité dynamique à la thérapeutique

J.-L.-L. Ausset · 1868 · Free in the US

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Author
J.-L.-L. Ausset
Language
French
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1868
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Contents (6)

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ÉCOLE IMPÉRIALE VÉTÉRINAIRE DE TOULOUSE

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APPLICATION

II Effets Produits Par Les Courants

Pour ne pas nous exposer à des répétitions, nous comprenons dans cette étude tout ce que les deux espèces de courants présentent d’identique ; plus tard nous ferons connaître leurs propriétés particulières.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES. ― DÉFINITION

On désigne sous ce nom les phénomènes qui font naître les courants sur un animal vivant ou mort depuis peu de temps.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES SUR LES ANIMAUX MORTS.

La première expérience que nous ayons à citer est celle de Galvani. Quand la pile fut connue, Aldini soumit à un courant énergique la tête d’un bœuf sacrifié depuis peu. Les deux pôles placés dans les oreilles, on constata des contractions des lèvres et des joues, les paupières s’ouvrirent, les yeux roulèrent dans l’orbite, la langue exécuta des mouvements variés.

À Glasgow, Andrew-Un, opéra, avec une pile de 270 couples sur le cadavre d’un supplicié, l’un des pôles était en contact avec la moëlle, dans la région cervicale, l’autre était plongé dans le talon ; la jambe, étant dans la flexion, tout-à-coup on remarqua de vives contractions. Le pôle négatif porté dans une incision faite aux intercostaux on parvint à faire entrer en contraction tous les muscles de la cage thoracique et les fonctions respiratoires semblaient s’exécuter. Enfin quand on porta le pôle négatif sur les ramifications de la cinquième paire, les muscles de la face se contractèrent d’une manière si effroyable que les spectateurs en furent épouvantés.

Inutile de dire que tout signe de vie disparaissait avec la cessation du courant.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES SUR LES ANIMAUX VIVANTS

C’est surtout la fibre musculaire, volontaire ou involontaire, qui accuse avec la plus grande énergie l’influence que lui font resentir les courants. Cet élément organique, étant répandu dans presque tous les appareils, il en résulte une série de phénomènes qui varient avec les organes sur lesquels on expérimente. Aussi nous voyons-nous obligé, pour être plus compréhensible, d’étudier isolément les réactions que chaque système opère quand il est sous l’action du fluide dynamique.

APPAREIL LOCOMOTEUR - MUSCLES VOLONTAIRES.

En posant les excitateurs sur une région mouillée avec l’eau salée, on fait naître des contractions qui diffèrent de celles produites avec la bouteille de Leyde en ce que les premières sont successives puisqu’ se forme sans cesse une nouvelle quantité d’électricité tandis que la seconde se décharge complètement en faisant resentir une seule fois ses effets.

Les chocs prennent de l’énergie à mesure que les couples augmentent en nombre — 50 à 60 couples de Bunsen donnent une forte secousse qui deviendrait dangereuse si l’on élevait le nombre à 150.

Il va sans dire que plus le sujet sera grand et lymphatique moins il réagira ; le contraire aura lieu pour les sujets irritables. D’après M. Marianini, la direction du courant avoir une grande influence sur les muscles : s’il est centrifuge, dans la direction des nerfs, le premier phénomène qui se manifeste est la contraction de la fibre et après elle on ressent une douleur sourde, difficile à définir ; le contraire a lieu, s’il est centripète. L’auteur de cette observation fait remarquer que ses expériences ne donneront les résultats connus qu’autant qu’on se servira d’un courant de faible intensité ; car, s’il en est autrement, il y aura toujours contractions et douleurs quelle que soit sa direction. Enfin il doit toujours suivre les ramifications nerveuses ; s’il en est autrement, à moins qu’il ait une grande énergie, il ne se produit rien de particulier.

Comme nous venons de le voir, l’électricité mise en rapport avec l’économie, produit une excitation dans le système nerveux, excitation qui a pour résultat final de produire des contractions et de faire ressentir de la douleur. Mais les choses ne se passent pas toujours de la même manière : ainsi en faisant agir un courant sur une partie quelconque son action sera primitivement dévoilée par les phénomènes connus ; bientôt l’économie, habituée à ses effets n’émettra plus les moindres signes d’excitation. De ce fait découle la nécessité, si l’on veut produire des contractions car tout est relatif, d’augmenter le courant ou de l’interrompre par intervalles par quelque procédé que ce soit. La théorie de la contraction musculaire de M. Becquerel nous donnera l’explication de ce phénomène.

M. Duchesne a remarqué que la sensibilité était plus grande dans certains muscles que dans d’autres ; ainsi elle semble être exagérée dans les muscles de la face à cause de la présence de la cinquième paire ; elle est très-vive au cou, à la poitrine, assez à la face interne des cuisses et des bras, moins dans la région dorso-lombaires etc.

SUR LES NERFS.

Nous croyons inutile une description de l’action du fluide électrique sur les nerfs. Ce que nous avons dit à propos de la fibre musculaire volontaire s’y rapporte entièrement, et si les phénomènes que nous venons de constater se sont manifestés c’est que la fibre nerveuse a été excitée.

CENTRES NERVEUX.

Les centres nerveux présentent des phénomènes remarquables. Weber en plaçant les conducteurs à chaque extrémité de la moëlle a obtenu des contractions tétaniques qui ont persisté après l’opération : les mêmes résultats ont été obtenus en plaçant les deux excitateurs dans la région postérieure. Ce fait nous oblige de reconnaître à la moëlle épinière une action particulière ; s’il en était autrement dans le deuxième cas il n’y aurait eu que de simples convulsions des membres postérieurs. L’expérience suivante achèvera de nous convaincre.

Si par une section complète on divise la moëlle et qu’on laisse en contact les parties pour laisser circuler le courant on ne constate plus que des convulsions des membres postérieurs puisque la moëlle ne peut plus transmettre son action.

TUBE DIGESTIF

Il entre dans la composition de l’appareil digestif des fibres musculaires involontaires qui forment tunique d’enveloppe à la muqueuse ; c’est ce deuxième tube qui premier pour lui former une charpente et lui donner plus de résistance. Il l’aide aussi dans ses fonctions en exécutant des mouvements vermiculaires qui ont pour but d’activer la sécrétion intestinale, de mélanger les matières alimentaires aux fluides digestifs pour que ceux-ci exercent sur elles une action dissolvante plus complète et de favoriser leur cours. Ces fibres, elles aussi, se laissent impressionner par le fluide en mouvement.

Un courant établi aux deux extrémités du tube digestif, le pôle positif étant à la bouche, fait naître des contractions péristaltiques très-énergiques. Pour s’en assurer, il suffit, pendant qu’on opère d’ouvrir le ventre de l’animal de mettre à découvert une intestinale. Les fonctions vitales sont exaltées, il y a une expulsion de gaz et quelquefois des matières fécales par le rectum. Les sécrétions sont plus abondantes qu’à l’état normal, le cours de matières alimentaires est plus rapide, la digestion se trouve ainsi facilitée et demande moins de temps pour s’effectuer. Le D. Andrieux fait observer qu’en changeant le rapport des conducteurs, on détermine des contractions . Il n’est pas rare alors de voir les matières suivre un mouvement rétrograde et provoquer des éructations et des vomissements.

APPAREIL RESPIRATOIRE.

La respiration devient grande et accélérée, parfois raccourcie et irrégulière, d’autrefois suspendue par intervalles pour reprendre son cours avec plus d’énergie ; les parois pectorales se dilatent fortement, les naseaux sont très-ouverts et la tête tendue : les deux temps ne sont plus égaux, le rhythme physiologique a disparu, l’on ne peut plus constater qu’un trouble, qu’une confusion dans les mouvements ayant pour résultat une exagération marquée de cette fonction.

APPAREIL DE LA CIRCULATION.

Les battements du cœur sont forts et accélérés, ils sont par intervalles plus rapides et ensuite plus lents, quelquefois suspendus pour reprendre bientôt leur cours : le pouls présente les mêmes caractères. Malgré cette irrégularité la circulation est beaucoup plus active ; les muqueuses sont rouges, les capillaires très-dilatés, la calorification augmente, les veines superficielles sont gonflées et plus apparentes. On constate souvent un pouls veineux dans les jugulaires, dû sans doute aux mouvements irréguliers du cœur ou à la compression du tronc de la veine cave antérieure par les mouvements déréglés qu’exécutent les poumons.

GLANDES ET SURFACES EXHALANTES.

Si l’on dirige un courant sur un organe glandulaire, on s’aperçoit bientôt que la quantité de liquide sécrété augmente considérablement en conservant toutes ses propriétés. Dans l’utérus de la femme, il survient parfois une hémorrhagie capillaire. Dans les plaies suppurantes telles que vésicatoires, moxas, le pus ou la sérosité n’a pas, comme l’avait annoncé le savant Humboldt, des propriétés irritantes, puisque mis en contact avec des parties saines, introduit même dans le corps muqueux, il ne détermine pas d’accidents.

La matière sécrétée exerce, il est vrai, une action rubéfiante sur le tégument qui est le siège de l’opération, mais cette particularité se fait aussi remarquer quand on humecte la partie avec l’eau pure. Ce qui a fait dire à Andral, et à Ratier que les liquides ne faisaient qu’étendre la sphère du galvanisme.

Nous ne pouvons pas terminer ce qui a trait à ce sujet sans faire connaître les sensations douloureuses que déterminent les conducteurs sur la peau humectée. Si leur application est prolongée — 6 à 8 minutes – la douleur devient très-vive, un afflux sanguin se développe au point de contact et l’inflammation se manifeste avec tous ses caractères. Enfin si l’application durait 12 à 15 minutes il ne serait pas rare de voir des eschares se produire. Ce fait n’a pas échappé à M. Briquet qui considère cette action comme une médication résolutive et il dit que pour traiter avec succès il faut placer les conducteurs sur la partie endolorie et prolonger leur application autant que faire se pourra.

Il nous paraît superflu d’étendre plus loin cette description, on conçoit déjà ce qui se passerait si l’on soumettait à la même action les autres organes composés de fibres contractiles.

OBSERVATIONS.

Les phénomènes décrits ne peuvent s’isoler que par la pensée, c’est-à-dire que l’on voit les uns et les autres en même temps malgré que l’expérimentation n’ait lieu que sur un seul système. Il serait difficile sans doute, vu leurs connexions avec les filets nerveux et la transmission des effets par sympathie, de concevoir, par exemple, l’électrisation de l’appareil respiratoire sans que celui de la circulation y participe, surtout si l’on emploie un courant intense.

REMARQUE.

Les phénomènes décrits ne diffèrent pas seulement de ceux que l’on constate à l’état physiologique par leur plus grande énergie et par leur rapidité, ils en diffèrent encore par leur rhythme irrégulier et leur confusion ; rien n’est isochrone et tout annonce que quelque chose est venu déranger l’action si précise du système nerveux pour lui faire convoiter les lois de la nature.

THÉORIE DES CONTRACTIONS.

Les auteurs, pour expliquer les contractions, ont donné diverses théories. Celle qui paraît le plus nous satisfaire appartient à M. Becquerel ; nous allons la reproduire : « …un nerf ébranlé en un point quelconque de son trajet, ou traversé par un courant électrique dans le sens de ses ramifications n’éprouve ni contraction, ni dérangement apparent, lors même que le muscle est fortement agité, nous devons admettre que son action consiste à rapidement au muscle une impulsion donnée, à peu près comme le fait une boule d’ivoire en contact avec une série de boules disposées en ligne droite et qui leur communique à toutes successivement jusqu’à la dernière, la quantité de mouvement qu’on lui a donnée, sans que les boules intermédiaires éprouvent un dérangement quelconque. L’organisation fibrillaire et globulaire du nerf justifie cette allégation, en supposant toutefois aux globules élémentaires une élasticité parfaite.

« Cet ébranlement se propageant rapidement dans tous les filets nerveux dont chaque fibre musculaire est pourvue, fait entrer celle-ci en contraction. En effet, les fibres musculaires se trouvant dans une direction sensiblement perpendiculaire à celle des filets nerveux, doivent éprouver un déplacement assez considérable quand les parties constituantes de ces derniers sont ébranlées. Voilà comment on peut concevoir le phénomène des contractions mécaniquement parlant, c’est-à-dire en ne mettant en jeu que les particules matérielles des nerfs et des muscles au moyen des excitants ordinaires.

« En faisant intervenir l’électricité on doit voir des effets du même genre ; aussi ont-ils plus d’intensité quand un nerf est traversé par un courant. Que se passe-t-il ? Ce courant ébranle sur le champ ces molécules organiques, il les écarte et les tient distendues. Voilà ce que nous savons des effets mécaniques de l’électricité.

« Cette distension subsiste pendant tout le temps que circule le courant et alors il ne se manifeste pas de contraction. Mais vient-on à ouvrir le circuit, il se manifeste aussitôt des contractions dues au retour immédiat des mêmes parties à leur état primitif d’équilibre, si toutefois elle a été de courte durée, et d’une faible intensité. Car, dans le cas contraire, les parties organiques ayant été longtemps dans un état forcé, ne reprennent celui du repos qu’au bout d’un certain temps. Il faut admettre, bien entendu, que le passage de l’électricité n’a produit aucun désordre résultant d’effets physiques ou chimiques. On se rend facilement compte pourquoi les effets physiologiques sont plus énergiques que ceux produits par les autres moyens d’excitation appliqués en un point quelconque : le courant, en parcourant le nerf, affecte tous les points, tandis que tous les autres stimulus ne peuvent être appliqués qu’en quelques points. »

III Propriétés Inhérentes Aux Courants

L’action des deux sortes de courants (Induit et direct), nous l’avons vu, est la même dans quelques cas ; cependant ils jouissent de certaines propriétés qui leur sont particulières et que nous devons tâcher de faire connaître.

COURANT GALVANIQUE.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES.

Un courant galvanique continu produit une contraction avec douleur au moment de son application ; si son contact est prolongé, l’économie s’habitue à ses effets et ne semble plus réagir, les nerfs ne peuvent plus porter au cerveau les sensations éprouvées. Il est donc hyposthénisant.

EFFETS CHIMIQUES.

L’action chimique qu’exerce le fluide galvanique sur l’économie est encore peu connue. Cependant, en observant ce qui se passe dans la décomposition de l’eau, des oxydes et des sels par un courant on est obligé de voir combien est grande sa propriété désoxydante. Il agit sans doute de la même manière quand il traverse l’organisme ; alors qu’il est en contact avec les tissus et le sang tous chargés d’oxygène ; ce dernier surtout renfermant entre autres éléments de l’eau, des oxydes et des sels servant à augmenter sa conductibilité. On conçoit dès lors les nombreuses modifications que doit subir le fluide nutritif : l’oxygène entrant dans la composition de tous les éléments constitutifs, étant en partie diminué, ces mêmes éléments doivent comme conséquence inévitable être grandement modifiés et même anéantis en partie pour peut-être en créer d’autres avec leurs propres molécules.

Comme exemple à l’appui de cette remarque, due à M. Robin, nous pouvons citer l’action de la foudre, action qui pendant un certain temps a été mal interprétée puisqu’on a dit qu’un sujet foudroyé devait sa mort à l’asphyxie ; les lésions cadavériques présentées par les victimes avaient induit nos observations en erreur. Sur les sujets tués par cette cause nous avons des lésions qui ne sont pas sans analogie avec celles que l’on trouve chez les asphyxiés. Ainsi le sang est noir et très-liquide, il est accumulé dans les cavités droites du cœur et dans les gros vaisseaux, les organes parenchymateux sont engoués, les centres nerveux congestionnés, etc. Tout nous indique que l’élément nutritif manque d’oxygène ; ce qui avait fait croire que les actes respiratoires étant suspendus, l’hématose avait cessé de s’accomplir ; dès lors le sang était devenu délétère et avait porté la mort dans tous les organes. Aujourd’hui, quand on a remarqué que le temps nécessaire à la foudre pour éteindre à jamais la vie était tellement court qu’une seule inspiration ne pouvait pas s’accomplir, on est revenu de cette erreur. Il n’y a dès lors plus moyen d’expliquer les caractères que présente le sang d’un foudroyé par l’absence de l’hématose mais seulement par l’action spoliatrice de l’électricité. En un mot, il se passe dans l’économie ce qu’on constate dans le Voltamètre quand on décompose l’eau. Ajoutons à cette désoxydation une violente commotion dans les centres nerveux, pouvant produire des déchirures et nous aurons les causes véritables de cette mort subite.

Cette remarque, pleine d’intérêt, nous explique assez bien les propriétés anesthésiques de la foudre et d’un courant quelconque. Elle pourrait être invoquée, peut-être, pour nous donner l’explication de certaines cures qui nous paraissent mystérieuses. Ne serait-ce pas, comme l’a dit M. Hiffelsheim, en vertu de cette propriété qu’un courant continu est préférable dans le traitement de certaines névralgies, dans celui des paralysies générales et dans quelques maladies (chorée, tétanos, etc) qui se manifestent par une excitation nerveuse ? Pour notre compte nous penchons beaucoup vers cette hypothèse.

Cet espoir suffira, nous l’espérons, pour nous une fois encore combien il est des points obscurs et qu’il serait sans nul doute très-avantageux de pouvoir élucider. Que cette propriété de désoxyder le sang et les tissus, de faire entrer l’oxygène dans d’autres combinaisons ne nous échappe pas et peut-être un jour, quand on pourra diriger à son gré ce puissant modificateur, la science aura fait un grand pas.

EFFETS CALORIFIQUES.

Les effets calorifiques de la pile sont subordonnés à la quantité d’électricité et non à son intensité ; de là la nécessité d’employer des couples d’un grand diamètre. Nous savons que si l’on ferme un courant voltaïque avec un fil métallique, il rougit et se volatilise plus tard ; sa capacité calorifique, si l’on peut ainsi parler, est tellement grande qu’il acquiert la propriété d’agglomérer les sables, d’arrondir les angles saillants des silex, etc. La médecine humaine a tiré parti de cette propriété pour cautériser certains tissus, modifier quelques parties et la nature de certaines affections ; elle s’en sert encore pour détruire des tumeurs, dilater des anneaux, etc. Ce nouveau procédé est connu sous le nom de Galvano-Caustique.

Nous nous contentons de le citer en passant sans en donner une description précise parce que son emploi, dans notre médecine, est très-secondaire pour ne pas dire inutile. La cautérisation actuelle est préférable à tous égards à la cautérisation électrique surtout pour les animaux chez lesquels nous avons peu à tenir compte des douleurs et de l’épouvante que ressentent les sujets pourvu que nous les guérissions vite et à un prix modéré.

COURANT D’INDUCTION.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES.

Un courant d’induction continu fait naître une suite de contractions qui ont pour conséquence, comme dans le premier cas, de paralyser l’action des nerfs et d’émousser la sensibilité. On voit donc qu’il peut remplacer le premier ; toutefois les courants induits interrompus sont plutôt excitateurs qu’hyposthénisants. Tandis que le courant inducteur à une propriété élective pour les muscles striés, le courant induit exerce une grande influence sur la peau, la rétine et la fibre lisse : la tension est grande et il pénètre l’organisme avec facilité ; en revanche ses effets chimiques sont presque nuls.

IV Administration Du Traitement Électrique

Avant d’indiquer les moyens mis en usage pour utiliser l’électricité comme traitement dans certaines maladies, nous devons nous attacher à faire connaître :

1 Quel est le courant qui doit être employé.

2 Les règles à suivre pour soumettre le sujet à son action.

3 La méthode adoptée pour doser le courant.

4 Les indications.

5 Les contre-indications.

Nous allons successivement passer ces cinq points en revue.

1 Courant à employer. — Un désaccord a longtemps régné sur la question de savoir quel est le courant qui répond le mieux à telle ou telle indication. Cette dissidence est assez facile à concevoir si l’on tient compte qu’il y a peu de temps encore que les effets des courants étaient peu connus et que les deux sortes de fluides ont donné un égal succès dans le traitement de certaines maladies. L’époque actuelle de la science est venue jeter de nouvelles lumières pour résoudre, d’une manière satisfaisante la question restée en suspens ; sans entrer dans un développement qui nous conduirait beaucoup trop loin nous allons poser le principe.

S’il s’agit de calmer une surexcitation, il faut employer un courant voltaïque continu ; dans le cas contraire, c’est-à-dire quand il y a atonie des nerfs, il faut avoir recours un courant induit interrompu.

Dans cette loi se trouve, selon le Dr. Lunel, tout le succès du traitement par l’Électricité.

2 Règles à suivre pour soumettre le sujet à son action. — En règle générale on doit toujours faire agir un courant direct, c’est-à-dire que le pôle positif doit être au centre et le négatif à la périphérie.

Cette loi, comme on le verra, ne souffre que de rares exceptions. Nous empruntons au Dr B. Lunel les procédés à suivre pour électriser certaines régions.

1 Cas ─ Courants électriques devant traverser la partie antérieure de la tête.

Il faut appliquer les excitateurs sur les tempes et promener le pôle positif sur la région frontale.

2 Cas — Courants électriques devant passer par les paupières et par les yeux.

Placer le pôle négatif sur la nuque et le pôle positif très-près de l’œil.

3 Cas — Courants électriques devant traverser la tête du front à la nuque.

Appliquer le pôle positif sur le milieu du front et le pôle négatif à la nuque.

4 Cas — Courants électriques devant porter leur action sur la colonne vertébrale.

Appliquer un pôle à la nuque et l’autre sur la colonne vertébrale.

5 Cas — Courants électriques devant être dirigés d’une oreille à l’autre.

Appliquer les deux excitateurs au-dessus des apophyses mastoïdes, etc. Les connaissances anatomiques peuvent guider le praticien dans cette voie.

3 Méthode adoptée pour doser le courant. — Les médecins se sont beaucoup occupés de cette question ; les uns ont voulu par des données mathématiques déterminer d’une manière irrécusable la tension qu’on devait donner au courant, la durée et le nombre des séances ; d’autres ont déterminé un nombre invariable de secousses. Ces règles, on le comprend, ne doivent pas servir de guide ; il n’y a rien de positif à cet égard et c’est à l’opérateur à observer la physionomie du patient, de cesser ou de diminuer l’action du fluide si le besoin l’exige. Par ce procédé on évitera des accidents toujours fâcheux puisqu’ils peuvent, dans certains cas, déterminer la mort du sujet ou tout au moins compromettre la réputation du praticien.

4 Indications relatives aux maladies dans lesquelles on emploie l’électricité. — Pour ne pas faire une qui serait toujours incomplète des maladies qui peuvent être traitées par cet agent, nous allons rapporter ce qu’a dit M. Becquerel sur ce sujet, en laissant au praticien électriseur le soin de rapporter chacune d’elles à la loi qui lui correspond. Les principes posés par l’auteur, comme on pourra le voir, sont généraux et contiennent tous les cas dans lesquels l’électricité peut être salutaire.

L’électricité dynamique est indiquée :

1 Quand on veut rétablir la contractilité dans les muscles qui en sont privés.

2 Pour rétablir la sensibilité générale ou la sensibilité spéciale des organes des sens.

3 Pour ramener à leur type normal la contractilité ou la sensibilité exagérée.

4 Pour produire une révulsion cutanée.

5 Faire agir l’électricité comme agent chimique ; pour coaguler, par exemple, le sang dans une tumeur anévrysmale, la synovie, etc.

5 Contre-indication. — L’électricité sera contre indiquée.

1 Toutes les fois que le sujet présentera une susceptibilité telle qu’il ne pourra pas la supporter.

Cette loi n’est pas absolue puisqu’assez souvent l’organisme finit par se soumettre à ce traitement. Nous devons faire observer que l’opérateur devra être patient, agir avec des courants d’une faible intensité et les augmenter successivement.

2 La persistance de la malade ou chronique ayant déterminé la maladie à traiter.

Cette contre-indication est irrévocable et il y aurait même danger à la violer ; avant de traiter on doit attendre la disposition de la cause qui a pu donner naissance à l’affection. L’administration de l’électricité dynamique peut se diviser en deux méthodes principales la Galvanisation et la Faradisation. Cette division est entièrement basée sur la nature des courants employés.

V. Galvanisation

Définition.— On nomme ainsi l’opération qui a pour but de faire agir sur l’organisme un courant galvanique.

Les moyens que possède la médecine humaine pour administrer le galvanisme sont aussi nombreux que variés. Quelquefois on met en contact l’appareil lui-même avec la peau ; les chaînes électriques, la ceinture de MM. Breton sont dans ce cas ; d’autres fois on pose les deux réophores armés d’excitateurs, variant dans leur forme, sur la peau ; d’autres fois encore on combine l’action du courant et celle de l’acupuncture et l’on a la galvano-puncture. Parmi tous ces procédés nous devons faire un choix en tenant compte d’abord de leurs actions et de la facilité plus ou moins grande avec laquelle nous pourrons les utiliser dans notre médecine où nous n’avons pas de patients capables de porter des ceintures, des flanelles, des cataplasmes électriques, etc. De plus l’organisation de la peau, comme on le sait, se prêterait peu à ces divers traitements. Ceux qui nous paraissent le mieux appropriés aux circonstances sont les deux derniers ; ce sont aussi ceux qui ont une action plus fidèle.

GALVANISME.

Définition.

C’est l’opération qui consiste à mettre en contact avec les tissus les deux réophores d’une pile électrique.

Les conducteurs portent des excitateurs variant dans leur forme jusqu’à l’infini ; ils sont cylindriques, coniques en boule, en pinceau, etc ; d’autres fois ce sont deux cylindres creusés d’une cavité pour porter une éponge imbibée d’eau légèrement salée. Cette forme nous paraît la plus commode quand on veut mettre les deux excitateurs sur le tégument externe.

Chez l’homme la peau est sensible très-vasculaire et dépourvue de l’épiderme épais que présente celle de nos animaux ; elle n’est pas non plus couverte de poils ni souillée par toutes les impuretés que laisse la transpiration cutanée pour former une couche de matières non conductrices, aussi on n’a pas besoin de la préparer. Pour nos animaux, au contraire, il nous semble indispensable de raser le tégument et de le soumettre au lavage à l’eau de savon avant de commencer l’opération. Cette précaution aura le double avantage de faire disparaître les matières grasses et d’imbiber couche épaisse et inerte qui, en vertu de son peu de conductibilité, pourrait compromettre le succès de l’opération. C’est en tenant compte de ces particularités que nous ne saurions trop recommander d’enlever l’épiderme à l’aide d’une friction vésicante. Si l’on veut agir sur le tégument interne, il est inutile de mettre en pratique ce que nous venons de dire à propos du lavage de la chute de l’épiderme ; les excitateurs employés seront d’éponges puisque dans ce cas elles sont inutiles.

PROCÉDÉ OPÉRATOIRE.

Après avoir convenablement fixé l’animal et préparé les parties comme il a été dit plus haut, on commence l’opération en observant rigoureusement les préceptes déjà posés. Dans quelques circonstances on doit donner un courant interrompu, pour remplir ce but on peut avoir un appareil destiné à cet effet, d’autrefois l’opérateur se réserve ce soin. Enfin il peut être utile de renverser le courant pour produire de la douleur, etc ; ce sujet a été suffisamment développé pour que nous nous dispensions d’y revenir.

CAS DE GUÉRISON.

Le galvanisme a rendu à la médecine de grands services ; dans des cas désespérés il a rendu la santé à des malades abandonnés aux soins de la nature ; avec un courant intermittent Leroy d’Étioles a guéri des hernies étranglées. Son procédé consiste à établir le courant en plaçant le pôle positif dans la bouche et le pôle négatif dans le rectum. À l’aide d’un courant continu on est parvenu à ramener l’état de santé des asphyxiés par immersion, morts en apparence. Andral et Ratier conseillent d’avoir recours à cet agent quand dans des cas d’accouchement on veut s’assurer si le fœtus est mort ; ils prescrivent de diriger le courant sur le fœtus et, s’il lui reste encore un signe de vie, on s’en assurera par ses réactions. Le galvanisme a aussi fait ses preuves dans certaines paralysies, dans les atrophies, les névralgies, l’amaurose et dans toutes les maladies qui peuvent être classées dans les lois connues.

Pour traiter la hernie étranglée, il nous semblerait plus efficace d’appliquer, si cela était possible, les deux conducteurs sur la région même. Ce que nous venons de dire n’est qu’une déduction des effets physiologiques du courant sur l’intestin ; nous savons que si l’on électrise localement, si nous pouvons ainsi parler, une intestinale et qu’on retire subitement les conducteurs, la partie électrisée continue à se contracter après la cessation du courant. — C’est cette particularité offerte par l’intestin qui nous porte à faire cette supposition ; nous ne saurions trop engager les praticiens à faire usage de ce procédé dans des cas désespérés pour en apprécier sa juste valeur.

La médecine vétérinaire compte peu d’observations attendu que ce traitement a encore été peu employé vu le prix élevé des appareils et la valeur quelquefois minime des sujets à traiter.

M. Caussé de Castelnaudary a fait connaître quelques cas de guérison que nous allons extraire du traité de chirurgie de M. Gourdon.

1 Cas — Le sujet était un cheval atteint d’une météorisation par surcharge d’aliments. M. Caussé soumit le sujet à un courant en mettant le pôle positif à la bouche et le négatif dans le rectum ; au bout de quelques instants on remarqua de vives contractions des muscles abdominaux, des rejets de gaz… tout allait pour le mieux quand une rupture du diaphragme vint amener la mort.

2 Cas — Une jument atteinte de météorisation avec absence des borborygmes, ce qui fit croire à M. Caussé que les contractions étaient suspendues. Au bout de quelques minutes le courant, dirigé comme dans le premier cas, fit renaître les mouvements vermiculaires ; il y eut une évacuation de gaz par les rectum et l’animal reprit la santé.

3 Cas — Une jument présentant des coliques intermittentes qui se renouvelaient sous la moindre cause, elle fut soumise sans succès à un traitement qui dura trois mois. Enfin pour dernière ressource M. Caussé eut recours au galvanisme toujours d’après le même procédé et après deux séances faites en deux jours la malade récupéra la santé.

REMARQUE.

Dans le traitement de cas semblables, il serait peut-être plus avantageux de donner à l’excitateur négatif la forme d’un long cylindre creux ouvert à ses deux extrémités. L’instrument, ainsi confectionné, aurait pour effet de remplir le rôle d’un spéculum en dilatant le rectum et de s’opposer au resserrement du sphincter ce qui favoriserait le rejet des matières excrémentielles.

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