Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg (part 2 of 3)
Otra manera de meses tenian de a XX dias, a los quales llaman Uinal-Hun-Ekeh: destos tenia el año entero XVIII, y mas los cinco dias y seis horas. Destas seis horas se hazian cada quatro años un dia, y assi tenian de quatro en quatro años el año de CCCLXVI dias. Para estos CCCLX dias tienen XX letras o carateres con que los nombran, dexando de poner nombre a los demas cinco, porque los tenian por aciagos y malos. Las letras son las que siguen y llevara cada una su nombre en cima, porque se entienda con los nuestros.
Ya e dicho que el modo de contar de los indios es de cinco en cinco, y de quatro cincos hazen veinte; assi en estos sus carateres que son XX sacan los primeros de los quatro cincos de los XX y estos sirven cada uno dellos un año de lo que nos sirven a nosotros nuestras letras dominicales para començar todos los primeros dias de los meses de a XX dias.
Entre la muchedumbre de dioses que esta gente adorava, adoravan quatro llamados Bacab cada uno dellos. Estos dezian eran quatro hermanos a los quales puso Dios quando crio el mundo a las quatro partes del, sustentando el cielo no se cayesse. Dezian tambien destos Bacabes que escaparon quando el mundo fue del diluvio destruido. Ponen a cada uno destos otros nombres y señalanle con ellos a la parte del mundo que Dios le tenia puesto, tiniendo el cielo y apropianle una de las quatro letras dominicales a el y a la parte que esta; y tienen señaladas las miserias o felices successos que dezian avian de succeder en el año de cada uno destos, y de las letras con ellos.
Y el demonio que en esto, como en las demas cosas los engañava, les señalo los servicios y offrendas que para evadirse de las miserias le avian de hazer. Y assi si no les venian dezian era por los servicios que le hazian y si venian hazian entender y creer al pueblo los sacerdotes era por alguna culpa o falta de los servicios o los que los hazian.
La primera pues de las letras dominicales es Kan. [Illustration: Kan] El año que esta letra servia era el aguero del Bacab que por otros nombres llaman Hobnil, Kanal Bacab, Kan-pauahtun, Kan-xibchac. A este señalavan a la parte de medio dia. La segunda letra es Muluc [Illustration: Muluc] señalavanle al oriente, su año era aguero el Bacab que llaman Canzienal, Chacal Bacab, Chac pauahtun, Chac-xib-chac. La tercera letra es Yx. [Illustration: Yx] Su año era aguero el Bacab que llaman Zaczini-Zacal-Bacab, Zac-pauahtun Zac-xibchac, señalavanle a la parte del norte. La quarta letra es Cauac: [Illustration: Cauac] su año era aguero el Bacab que llaman Hozanek, Ekel-Bacab, Ek-pauahtun, Ekxibchac; a este señalavan a la parte del poniente.
En qualquiera fiesta o solemnidad que esta gente hazian a sus dioses, començavan siempre del echar de si al demonio para mejor la hazer. Y el echarle unas vezes eran con oraciones y bendiciones que para ello tenian, otras con servicios y offrendas y sacrificios que le hazian por esta razon. Para celebrar la solemnidad de su año nuevo esta gente con mas regocijo y mas dignamente, segun su desventurada opinion, tomavan los cinco dias aciagos que ellos tenian por tales antes del primero dia de su año nuevo y en ellos hazian muy grandes servicios a los Bacabes de arriba y al demonio que llamavan por otros quatro nombres como a ellos, es a saber Kan-u-Uayeyab, Chac-u-Uayeyab, Zac-u-Uayeyab, Ek-u-Uayeyab. Y estos servicios y fiestas acabadas y alançado de si, como veremos, el demonio, començavan su año nuevo.
§ XXXIV.—Computation de l’année yucatèque. Signes qui président aux années et aux jours. Les quatre Bacab et leurs noms divers. Dieux des jours néfastes.
Le soleil ne se cache et ne s’éloigne jamais assez de cette terre de Yucatan, pour que les nuits viennent à être plus longues que les jours, et lorsqu’elles s’allongent, c’est pour être égales de la Saint-André à la Sainte-Lucie[145], où les jours commencent à croître. Pour connaître les heures durant la nuit, les Yucatèques se guidaient sur l’étoile du matin, sur les Pléiades et les Gémeaux. De jour, ils se réglaient sur le midi, et, du levant au couchant, ils avaient donné des noms aux différentes parties de la journée, au moyen desquels ils s’entendaient et d’après lesquels ils conduisaient leurs travaux.
Ils ont leur année parfaite, comme la nôtre, de trois cent soixante-cinq jours et six heures: ils la divisent en mois de deux manières, les uns sont de trente jours qu’ils appellent U, ce qui veut dire lune, et ils la comptaient depuis le moment où sortait la nouvelle lune, jusqu’à l’instant où elle ne se montrait plus[146].
Les autres étaient de vingt jours qu’ils nommaient Uinal-Hun-Ekeh: de ces mois, il en fallait dix-huit pour faire l’année entière, plus cinq jours et six heures. De ces heures, ils faisaient tous les quatre ans un jour, ce qui donnait, de quatre en quatre ans, une année de trois cent soixante-six jours. Pour ces trois cent soixante-six jours, ils ont vingt lettres ou caractères, sous les noms desquels ils les connaissent, omettant toutefois de donner un nom aux cinq supplémentaires[147]; car ils les regardaient comme sinistres et de mauvais augure. Ces lettres sont les suivantes; chacune d’elles montrera son nom au-dessus, afin qu’on comprenne leur corrélation avec les nôtres:
_Kan, Chicchan, Cimi, Manik, Lamat, Muluc, Oc, Chuen, Eb, Ben, Yx, Men, Cib, Caban, Ezanab, Cauac, Ahau, Ymix, Yk, Akbal_[148].
J’ai déjà remarqué que la manière de compter de ces Indiens est de cinq en cinq, et de quatre fois cinq ils font vingt; ainsi de ces caractères qui sont au nombre de vingt, ils ôtent les premiers de chaque quint entre les vingt, lesquels servent tour à tour durant un an, de la même manière que les lettres dominicales nous servent à nous, afin de désigner le premier de chacun des mois de vingt jours.
Kan, Muluc, Yx, Cauac.
Entre la multitude de dieux que cette nation adorait, il y en avait quatre auxquels on donnait le nom de Bacab. C’étaient, disait-on, quatre frères que Dieu avait placés aux quatre coins du monde, en le créant, pour soutenir le ciel et l’empêcher de tomber. On disait également de ces Bacab qu’ils étaient de ceux qui s’étaient sauvés, lorsque le monde fut détruit par le déluge[149]. A chacun d’eux on donne d’autres noms, avec lesquels on les met chacun à la section du monde que Dieu leur avait attribuée, portant le ciel et signalé par une de leurs quatre lettres dominicales du côté où il se trouve: ils signalent ainsi les événements heureux ou malheureux qui doivent arriver durant leur année, qui est celle du caractère qui accompagne chacun d’eux.
Le démon, qui les trompait en ceci comme en tout le reste, leur avait fait connaître les cérémonies et les offrandes au moyen desquelles ils pouvaient échapper à ces misères: aussi les prêtres disaient-ils, quand il ne survenait aucune calamité, que c’était à cause des sacrifices qu’ils avaient offerts, et, en cas de malheur, ils faisaient accroire au peuple que c’était le châtiment de quelque péché ou d’un défaut dans la manière dont ils s’étaient acquittés de leur devoir.
La première de ces lettres dominicales est Kan. [Illustration: Kan] L’année dont ce caractère était le principe avait pour présage le Bacab, dont les autres noms étaient Hobnil, Kanal-Bacab, Kan-Pauah-Tun, Kan-Xib-Chac. On plaçait celui-ci du côté du midi. La seconde lettre est Muluc [Illustration: Muluc] qu’on mettait du côté du levant, et son année avait pour présage le Bacab, qu’ils appellent Canzicnal, Chacal-Bacab, Chac-Pauah-Tun, Chac-Xib-Chac. La troisième de ces lettres est Yx. [Illustration: Yx] Le présage durant son année était le Bacab, qu’ils nomment Zac-Zini, Zacal-Bacab, Zac-Pauah-Tun, Zac-Xic-Chac, et on lui signalait le côté du nord. La quatrième lettre est Cauac. [Illustration: Cauac] Le présage de son année est le Bacab, qu’ils appellent Hozan-Ek, Ekel-Bacab, Ec-Pauah-Tun, Ek-Xib-Chac, à qui ils assignaient le côté du couchant.[150]
Quelle que fût la fête ou la solennité que les Yucatèques célébrassent en l’honneur de leurs dieux, ils commençaient toujours par chasser le mauvais esprit, afin d’y arriver d’une manière plus convenable. Ces exorcismes se faisaient tantôt par des prières et des bénédictions, dont ils avaient les formules toutes préparées, tantôt par des sacrifices et des oblations qu’ils offraient à cet effet. Pour célébrer chez cette nation la solennité du nouvel an avec plus d’allégresse et de dignité, dans leur malheureuse idée, ils profitaient des cinq jours supplémentaires, regardés par eux comme néfastes, pour faire de grandes fêtes aux Bacab, dont on a parlé plus haut, et au dieu qu’ils désignaient, ainsi que ces derniers, sous quatre noms différents qui sont Kan-u-Uayeyab, Chac-u-Uayeyab, Zac-u-Uayeyab et Ek-u-Uayeyab[151]; ces fêtes et cérémonies terminées, et le mauvais esprit chassé de chez eux, comme nous verrons, ils commençaient l’année nouvelle.
§ XXXV.—Fiestas de los dias aciagos. Sacrificios del principio del año nuevo en la letra de Kan.
Uso era en todos los pueblos de Yucatan tener hecho dos montones de piedra, uno en frente de otro, á la entrada del pueblo, por todas las quatro partes del pueblo, es a saber a oriente, poniente, septentrion y medio dia, para la celebracion de las dos fiestas de los dias aciagos los quales hazian desta manera cada año.
El año que la letra dominical era de Kan era el aguero Hobnil, y segun ellos dezian, reynavan ambos a la parte del medio dia. Este año pues hazian una imagen o figura hueca de barro del demonio que llamavan Kan-u-Uayeyab, y llevavanla a los montones de piedra seca que tenian hechos a la parte de medio dia. Elegian un principe del pueblo, en cuya casa se celebrava estos dias esta fiesta, y para celebrarla hazian una estatua de un demonio que llamavan Bolon-Zacab, al qual ponian en casa del principal, adereçado en un lugar publico y que todos pudiessen llegar.
Esto hecho se juntavan los señores y el sacerdote y el pueblo de los hombres, y teniendo limpio y con arcos y frescuras adereçado el camino hasta el lugar de los montones de piedra donde estava la estatua, ivan todos juntos por ella con mucha de su devocion: llegados la sahumava el sacerdote con quarenta y nueve granos de maiz molidos con su encienso y ellos lo repartian en el brasero del demonio y le saumavan. Llamavan al maiz molido solo zacah, y a lo de los señores chahalté. Sahumavan la imagen, degollavan una gallina y se la presentavan o offrecian.
Esto hecho metian la imagen en un palo llamado Kanté, y puniendole acuestas un angel en señal de agua y que este año avia de ser bueno, y estos angeles pintavan y hazian espantables; y assi la llevavan con mucho regocijo y vailes a la casa del principal donde estava la otra estatua de Bolonzacab. Sacavan de casa deste principal a los señores y al sacerdote al camino una bevida hecha de CCCC y XV granos de maiz tostados que llaman Picula Kakla y bevian todos della; llegados a la casa del principal, ponian esta imagen en frente de la estatua del demonio que alli tenian, y assi le hazian muchas offrendas de comidas y bevidas de carne y pescado, y estas offrendas repartian a los estrangeros que alli se hallavan y davan al sacerdote una pierna de venado.
Otros derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con ella una piedra que alli tenian de un demonio Kanal-Acantun. Hazian un corazon de pan, y otro pan con pepitas de calabaças y offrecianlos a la imagen del demonio Kan-u-Uayeyab. Tenianse assi esta estatua y imagen estos dias aciagos, y sahumavanla con su encienso y con los maizes molidos con encienso. Tenian creido si no hazian estas cerimonias avian de tener ciertas enfermedades que ellos tienen en este año. Passados estos dias aciagos llevavan la estatua del demonio Bolonzacab al templo y la imagen a la parte del oriente para ir alli otro año por ella, y echavan la ay, y ivanse a sus casas a entender en lo que les dava a cada uno que hazer para la celebracion del año nuevo.
Dexando con las cerimonias hechas, echado el demonio, segun su engaño, este año tenian por bueno, porque reynava con la letra Kan el Bacab-Hobnil, del qual dezian no avia peccado como sus hermanos y por esso no les venian miserias en el. Pero porque muchas vezes las avia, proveyo el demonio de que le hiziessen servicios paraque assi quando las uviesse, hechassen la culpa a los servicios o servidores y quedassen siempre engañados y ciegos.
Mandavales pues hiziessen un idolo que llamavan Yzamna-Kauil y que la pusiessen en su templo, y que le quemassen en el patio del templo tres pelotas de una leche o resina que llaman kik y que le sacrificassen un perro o un nombre, lo qual ellos hazian, guardando la orden que en el capitulo ciento dixe, tenian con los que sacrificavan, salvo que el modo de sacrificar en esta fiesta era diferente, porque hazian en el patio del templo un gran monton de piedras y ponian al hombre o perro que avian de sacrificar en alguna cosa mas alta que el, y echando atado al patiente de lo alto a las piedras le arrebatavan aquellos officiales y con gran presteza le sacavan el corazon y lo llevavan al nuevo idolo y se le ofrecian entre dos platos. Ofrecian otros dones de comidas y en esta fiesta vailavan las viejas del pueblo que para esto tenian elegidas, vestidas de ciertas vestiduras. Dezian que descendia un angel y recibia este sacrificio.
§ XXXV.—Fêtes des jours supplémentaires. Sacrifices du commencement de l’année nouvelle au signe Kan.
L’usage, dans toutes les villes du Yucatan, était qu’il y eût, à chacune des quatre entrées de la localité, c’est-à-dire à l’orient, au couchant, au nord et au midi, deux massifs de pierre, en face l’un de l’autre, destinés à la célébration des deux fêtes des jours néfastes; ces fêtes avaient lieu de la manière suivante.
L’année dont la lettre dominicale était Kan, le présage était Hobnil, et, suivant ce que les Yucatèques disaient, ils dominaient tous les deux dans la région du midi. Cette année-là donc ils fabriquaient une image ou figure de terre cuite creuse de l’idole qu’ils appelaient Kan-u-Uayeyab et la portaient aux massifs de pierre sèche qu’ils avaient faits du côté du midi. Ils choisissaient un chef de la ville, dans la maison duquel ils célébraient ces jours-là la fête; à cet effet, ils façonnaient aussi la statue d’un autre dieu nommé Bolon-Zacab[152], qu’ils plaçaient dans la maison du chef élu, exposé dans un endroit où tout le monde pût arriver.
Cela fait, les nobles, le prêtre, et les hommes de la population se réunissaient tous ensemble; ils se rendaient par un chemin balayé et orné d’arcs et de verdure, aux deux massifs de pierre où se trouvait la statue, autour de laquelle ils se rassemblaient avec beaucoup de dévotion. Le prêtre alors l’encensait avec quarante-neuf grains de maïs moulu, mêlés avec de l’encens; les nobles mettaient ensuite leur encens dans la cassolette de l’idole et l’encensaient à leur tour. Le maïs avec l’encens du prêtre s’appelait zacah, et celui que les nobles présentaient chahalté. Ayant encensé l’image, ils coupaient le cou à une poule et la lui présentaient.
Cela terminé, ils plaçaient la statue sur un brancard, appelé Kanté[153], et, sur ses épaules, un ange, comme signe de l’eau et de la bonne année qu’on devrait avoir; quant à ces anges, ils les figuraient épouvantables à voir. Ils emportaient ensuite la statue en dansant avec beaucoup d’allégresse, à la maison du chef, où se trouvait l’autre statue de Bolon-Zacab: pendant qu’ils étaient en chemin, on en apportait aux nobles et au prêtre un breuvage fait de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé, qu’ils appellent Picula-Kakla, dont tous aussitôt buvaient. Arrivés à la demeure du chef, ils plaçaient l’image qu’ils apportaient vis-à-vis de la statue qui s’y trouvait déjà, et lui faisaient beaucoup d’offrandes de boissons et de mets, de viande, de poisson; ces offrandes étaient partagées, après cela, entre les étrangers qui étaient présents et on ne donnait au prêtre qu’un gigot de daim.
D’autres se tiraient du sang, scarifiant leurs oreilles, et en oignaient une pierre qu’il y avait là, idole nommée Kanal-Acantun. Ils modelaient un cœur de la pâte de leur pain, ainsi qu’un autre pain de graines de calebasses qu’ils présentaient à l’idole de Kan-u-Uayeyab. C’est ainsi qu’ils gardaient cette statue et l’autre durant les jours néfastes, les enfumant de leur encens et d’encens mêlé de grains de maïs moulu. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient ces cérémonies, ils seraient sujets à des maladies qui étaient du ressort de cette année. Les jours malheureux passés, ils portaient la statue du dieu Bolon-Zacab au temple et l’image de l’autre à la sortie orientale de la ville, afin de l’y aller prendre l’année suivante: ils l’y laissaient et s’en retournaient chez eux, chacun s’occupant de ce qu’il pouvait avoir à faire pour la célébration du nouvel an.
Une fois les cérémonies terminées et le mauvais esprit chassé, dans leur fausse manière de voir, ils tenaient cette année pour bonne, parce qu’avec le signe Kan dominait le Bacab-Hobnil, qui, à ce qu’ils disaient, n’avait pas péché comme ses frères, et c’était à cause de cela qu’il ne leur en venait aucune calamité. Mais comme il arrivait fréquemment d’y en avoir également, le démon s’était arrangé à leur faire établir des cérémonies, de façon à ce qu’en cas de malheur, ils en attribuassent la faute à leurs cérémonies et à ceux qui en étaient les serviteurs, et qu’ainsi ils demeurassent toujours dans l’erreur et dans l’aveuglement.
A son instigation, donc, ils fabriquaient une idole, nommée Yzamna-Cauil[154], qu’ils plaçaient dans son temple, et lui brûlaient dans la cour trois pelotes d’un lait ou résine qu’ils appelaient kik: ils lui sacrifiaient un chien ou un homme, ce qui se faisait avec l’apparat dont il a été parlé au chapitre cent[155] au sujet de ces victimes. Il y avait toutefois quelque différence dans la manière d’offrir ce sacrifice: on établissait dans la cour du temple un grand massif de pierre, et l’homme ou l’animal qui devait être sacrifié était attaché à une sorte d’échafaud plus élevé d’où ils le lançaient sur le massif: les officiers aussitôt le saisissaient et lui arrachaient avec prestesse le cœur, qu’ils portaient à la nouvelle idole, en le lui offrant entre deux plats. On faisait encore d’autres offrandes de comestibles. Dans cette fête, des vieilles femmes, choisies à cet effet, dansaient revêtues d’habillements particuliers. On ajoutait qu’un ange descendait alors et recevait le sacrifice.
§ XXXVI.—Sacrificios del año nuevo de la letra Muluc. Bailes de los Zancos. Otro de las viejas con perros de barro.
El año en que la letra dominical era Muluc era el aguero Canzienal. Y a su tiempo elegian los señores y el sacerdote un principal para hazer la fiesta, el qual elegido hazian la imagen del demonio como la del año passado, a la qual llamavan Chac-u-Uayeyab y llevavanla a los montones de piedra de hazia la parte del oriente donde avian echado la passada. Hazian una estatua al demonio llamado Kinch-Ahau, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente y desde alli, teniendo muy limpio y adereçado el camino, ivan todos juntos con su acostumbrada devocion por la imagen del demonio Chac-u-Uayeyab.
Llegados la sahumava el sacerdote con LIII granos de maiz molidos y con su encienso, a lo qual llaman zacah. Dava el sacerdote a los señores que pusiessen en el brasero mas encienso de lo que llamamos chahalté, y despues degollavanle la gallina, como al passado, y tomando la imagen en un palo llamado Chacté, la llevavan accompañandola todos con devocion y vailando unos vailes de guerra que llaman Holcan-Okot, Batel-Okot. Sacavan al camino a los señores y principales su bevida de CCC y LXXX maizes tostados como la de atras.
Llegados a casa del principal ponian esta imagen en frente de la estatua de Kinch-Ahau y hazianle todas sus ofrendas, las quales repartian como las demas. Ofrecian a la imagen pan hecho como yemas de uevos, y otros como coraçones de venados, y otro hecho con su pimienta desleida. Avia muchos que derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con la sangre la piedra que alli tenian del demonio que llamavan Chacan-cantun. Aqui tomavan mochachos y les sacavan sangre por fuerça de las orejas, dandoles en ellas cuchilladas. Tenian esta estatua y imagen hasta passados los dias aciagos, y entre tanto quemavanle sus enciensos. Passados los dias, llevavan la imagen a echar a la parte del norte por ay donde otro año la avian de salir a recibir, y la otra al templo, y despues ivanse a sus casas a entender en el aparejo de su año nuevo. Avian de temer, si no hazian, las cosas dichas, mucho mal de ojositos.
Este año en que la letra Muluc era dominical y el Bacab Canziemal reynava, tenian por buen año, ca dezian que era este el mejor y mayor destos dioses Bacabes; y ansi le ponian en sus oraciones el primero. Pero con todo eso, les hazia el demonio hiziessen un idolo llamado Yax-Coc-Ahmut, y que lo pusiessen en el templo y quitassen las imagenes antiguas, y hiziessen en el patio de delante del templo un bulto de piedra en el qual quemassen de su encienso, y una pelota de la resina o leche kik, haziendo alli oracion al idolo, y pidiendole remedio para las miserias que aquel año tenian; las quales eran poca agua, y echar los maizes muchos hijos y cosas desta manera; para cuyo remedio, les mandava el demonio ofrecerle hardillas y un paramento sin labores; el qual texessen las viejas que tienen por officio el bailar en el templo para aplacar a Yax-Coc-Ahmut.
Tenian otras muchas miserias y malos señales, aunque era bueno el año, sino hazian los servicios que el demonio les mandava; lo qual era hazer una fiesta y en ella vailar un vaile en muy altos zancos y ofrecerle cabeças de pavos y pan y bevidas de maiz; avian de ofrescerle perros hechos de barro con pan en las espaldas, y avian de vailar con ellos en las manos las viejas y sacrificarle un perrito que tuviesse las espaldas negras y fuesse virgen, y los devotos dellos avian de derramar su sangre y untar la piedra de Chacacantun demonio con ella. Este servicio y sacrificio tenian por agradable a su dios Yax-Coc-Ahmut.
§ XXXVI.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Muluc. Danse des Échasses. Danse des vieilles femmes aux chiens de terre cuite.
L’année dont la lettre dominicale était Muluc avait pour présage Canzienal. Quand le temps en était venu, les nobles et le prêtre élisaient le chef qui devait célébrer la fête. Cela fait, ils moulaient, comme l’année précédente, l’image de l’idole, appelée Chac-u-Uayeyab, et la portaient aux massifs de pierre vers la partie de l’orient où ils avaient laissé celle de l’année d’avant. Ils fabriquaient une statue du dieu, nommé Kinch-Ahau[156], qu’ils plaçaient en lieu convenable dans la maison du chef: puis, de là, s’acheminant par une rue proprement balayée et ornée, ils se rendaient tous ensemble, avec leur dévotion accoutumée, à l’endroit de la statue de Chac-u-Uayeyab.
En arrivant, le prêtre l’encensait avec son encens et ses quarante-trois[157] grains de maïs moulu, qu’ils nomment Zacah: il donnait aux nobles de l’encens appelé Chahalté pour le mettre dans l’encensoir, après quoi ils coupaient le cou à une poule, comme l’autre fois. Ils enlevaient ensuite la statue sur le brancard, nommé Chacté, et l’emportaient avec dévotion, tandis que la foule exécutait à l’entour quelques danses de guerre, appelées Holcan-Okot, Batel-Okot[158]. On apportait en même temps aux seigneurs et aux principaux habitants leur boisson composée de trois cent quatre-vingts grains de maïs grillés, comme auparavant[159].
Arrivés à la maison du chef, ils plaçaient la statue en face de celle de Kinch-Ahau et lui faisaient les oblations accoutumées, qu’ils partageaient ensuite comme la dernière fois. Ils lui offraient du pain fait en forme de jaunes d’œuf et d’autres comme des cœurs de cerf et un autre composé avec du piment délayé. Il y avait, comme d’ordinaire, bien des gens qui se tiraient du sang, en se scarifiant les oreilles, et en oignaient la pierre de l’idole appelée Chacan-Cantun[160]. Ici ils prenaient des petits garçons et leur tiraient par force du sang des oreilles, en leur faisant des incisions avec des couteaux. Ils gardaient cette statue jusqu’à la fin des jours néfastes et entre temps lui brûlaient de leur encens. Ces jours passés, ils la portaient au côté du nord où ils devaient aller la prendre l’année suivante, et déposaient l’autre dans son temple, après quoi ils retournaient chez eux, pour se préparer aux solennités de l’an nouveau. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient de célébrer les cérémonies susdites, ils seraient exposés à avoir de grands maux d’yeux.
Cette année, dont la lettre dominicale était Muluc et dans laquelle dominait Bacab-Canziemal[161], ils la regardaient comme bonne; car ils disaient que celui-ci était le plus grand et le meilleur de ces dieux Bacab; aussi le mettaient-ils le premier dans leurs prières. Avec tout cela, cependant, le démon leur avait inspiré de fabriquer une idole nommée Yax-Coc-Ahmut[162], qu’ils plaçaient dans le temple, après en avoir enlevé les anciennes statues: ils érigeaient dans la cour qui est au-devant du temple un massif en pierre sur lequel ils brûlaient de l’encens avec une pelote de la résine ou lait kik, invoquant l’idole et lui demandant de les secourir contre les misères de l’année courante. Ces misères devaient être la rareté de l’eau, l’abondance des rejetons dans le maïs et autres choses du même genre; pour avoir un remède à ces maux, le démon leur commandait d’offrir des écureuils et un parement sans broderies, tissé par les vieilles, dont l’office était de danser dans le temple, afin d’apaiser le dieu Yax-Coc-Ahmut.
On les menaçait encore d’une foule d’autres misères et de mauvais signes relativement à cette année, bien qu’elle fût réputée bonne, s’ils n’accomplissaient les devoirs que le démon leur imposait: l’un entre autres était une fête, avec un ballet qu’ils exécutaient montés sur de très-hautes échasses, et un sacrifice où ils offraient des têtes de dindons, du pain et des boissons de maïs. Il leur était imposé de présenter également des chiens en terre cuite, portant du pain sur le dos: les vieilles étaient obligées de danser, ces chiens entre les mains, et de sacrifier au dieu un petit chien aux épaules noires, et qui fût encore vierge; ceux qui étaient les plus dévots à cette cérémonie devaient tirer le sang de l’animal et en frotter la pierre du dieu Chac-Acantun. Ces rites et ce sacrifice passaient pour être fort agréables au dieu Yax-Coc-Ahmut.
§ XXXVII.—Sacrificios del año nuevo de la letra Yx. Pronosticos malos y modo de remediar sus efectos.
El año en que la letra dominical era Yx y el aguero Zacciui, hecha la eleccion del principal que celebrasse la fiesta, hazian la imagen del demonio, llamado Zacu-Uayeyab, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del norte, donde el año passado la avian echado. Hazian una estatua al demonio Yzamna y ponianla en casa del principal, y todos juntos, y el camino adereçado, ivan devotamente por la imagen de Zac-u-Uayeyab. Llegados la sahumavan como lo solian hazer, y degollavan la gallina y puesta la imagen en un palo llamado Zachia, la trayan con su devocion y bailes los quales llaman Alcabtan-Kamahau. Traian les la bevida acostumbrada al camino, y llegados a casa ponian esta imagen delante la estatua de Yzamna, y alli le offrecian todas sus offrendas, y las repartian, y a la estatua de Zac-u-Uayeyab ofrescian una cabeça de un pavo, y empanados de codornices y otras cosas y su bevida.
Otros se sacavan sangre y untavan con ella la piedra del demonio Zac-Acantun y tenianse assi los idolos los dias que avia hasta el año nuevo, y saumavanlos con sus saumerios hasta que llegado el dia postrero llevavan a Yzamna al templo y a Zac-u-Uayeyab a la parte del poniente a echarle por ay para recibirla otro año.
Las miserias que tenian este año si eran negligentes en estos sus servicios eran desmayos y amortecimientos y mal de ojos. Tenianle por ruyn año de pan, y bueno de algodon. Este año en que la letra dominical era Yx, y el Bacab Zacciui reynava, tenian por ruyn año, porque dezian avian de tener en el miserias muchas, ca dezian avian de tener gran falta de agua, y muchos soles, los quales avian de secar los maizales, de que se les seguiria gran hambre, y de la hambre hurtos, de hurtos esclavos, y vender a los que los hiziessen. Desto se les avian de seguir discordias y guerras entre si propios o con otros pueblos. Dezian tambien avia de aver mudança en el mando de los señores o de los sacerdotes, por razon de las guerras y discordias.
Tenian tambien un pronostico de que alguños de los que quisiessen ser señores no prevalescerian. Dezian ternian tambien langosta, y que se despoblarian muchos de sus pueblos de hambre. Lo que el demonio les mandava hazer para remedio destas miserias las quales todas o algunas dellas entendian les vernian, era hazer un idolo que llamavan Cinch-Ahau Yzamna, y ponerle en el templo, donde le hazian muchos saumerios y muchas ofrendas y oraciones, y derramamientos de su sangre, con la qual untavan la piedra de Zac-Acantun demonio. Hazian muchos vailes, y vailavan las viejas como solian, y en esta fiesta hazian de nuevo un oratorio pequeño al demonio, o le renovavan, y en el se juntavan a hazer sacrificios y offrendas al demonio, y a hazer una solemne borachera todos; ca era fiesta general y obligatoria. Avia algunos santones que de su voluntad, y por su devocion hazian otro idolo como el de arriba y le ponian en otros templos, donde se hazian ofrendas y borachera. Estas boracheras y sacrificios tenian por muy gratos a sus idolos, y por remedios para librarse de las miserias del pronostico.
§ XXXVII.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe d’Yx. Pronostics sinistres; comment on en conjurait les effets.
L’année dont la lettre dominicale était Yx et le présage Zac-Ciui, l’élection du chef qui célébrait la fête étant terminée, ils fabriquaient l’image du dieu appelé Zac-u-Uayeyab et la portaient aux massifs de pierre où ils avaient laissé l’autre, l’année d’avant. Ils modelaient une statue du dieu Yzamna et la plaçaient dans la maison du chef, après quoi, par une rue ornée, suivant la coutume, ils se rendaient dévotement à l’image de Zac-u-Uayeyab. A leur arrivée, ils l’encensaient comme l’autre fois et y coupaient le cou à une poule; l’image ayant été mise ensuite sur un brancard, appelé Zachia, ils l’emportaient dévotement, l’accompagnant de danses nommées Alcabtan-Kam-Ahau. On leur portait la boisson accoutumée dans le chemin, et, en arrivant à la maison, ils colloquaient l’image devant celle d’Yzamna et lui faisaient leurs oblations, pour les partager ensuite: à la statue de Zac-u-Uayeyab, ils présentaient une tête de dindon, des pâtés de cailles, des boissons diverses, etc.
Comme toujours, il y en avait parmi les spectateurs qui se tiraient du sang, dont ils oignaient la pierre du dieu Zac-Acantun. De cette manière, ils gardaient les idoles durant les jours précédant l’année nouvelle, et les encensaient suivant leurs coutumes jusqu’au dernier: alors ils portaient Yzamna au temple et Zac-u-Uayeyab à l’orient de la ville, l’y laissant jusqu’à l’année suivante.
Les misères auxquelles ils étaient exposés cette année, s’ils venaient à négliger ces diverses cérémonies, étaient des défaillances, des pamoisons et des maux d’yeux. Ils la tenaient pour une année mauvaise quant au pain, mais abondante en coton. C’était celle qu’ils signalaient avec le caractère Yx et où dominait le Bacab Zac-Ciui[163], qui n’annonçait rien de bien bon: suivant leur manière de voir, l’année devait entraîner des calamités de toute espèce, un grand manque d’eau, des jours où le soleil serait d’une ardeur excessive, qui dessécherait les champs de maïs; la conséquence en serait la famine; de la famine naîtraient les vols et des vols l’esclavage pour ceux qui s’en rendraient coupables. Tout cela, naturellement, devait être la source de discordes et de guerres intestines entre les citoyens et entre les villes. Ils ajoutaient qu’en l’année, marquée par ce signe, il arrivait d’ordinaire aussi des changements dans les princes ou les prêtres, par suite des guerres et des discordes.
Un autre pronostic qu’ils avaient également, c’est que quelques-uns de ceux qui recherchaient le commandement, n’arriveraient pas à leurs fins. Cette année était signalée parfois aussi par une irruption de sauterelles, dont la conséquence serait la famine et la dépopulation d’un grand nombre de localités. Pour remédier à ces calamités, qu’ils craignaient du tout ou en partie, ils fabriquaient, à l’instigation du démon, la statue d’une idole nommée Kinch-Ahau-Yzamna; ils la plaçaient dans le temple où ils lui offraient toutes sortes d’encens et d’oblations, se tirant du sang dont ils frottaient la pierre du dieu Zac-Acantun. Ils exécutaient diverses danses, les vieilles dansant comme de coutume: dans cette fête ils faisaient à neuf un petit oratoire au démon; ils s’y réunissaient pour lui offrir des sacrifices et lui faire des présents, et terminaient par une orgie solennelle où tout le monde s’enivrait; car cette fête était générale et obligatoire. Il y avait également quelques fanatiques qui, de leur propre volonté et par dévotion, fabriquaient une autre idole, comme celle dont il est parlé plus haut, qu’ils portaient dans d’autres temples, lui faisant des offrandes et s’enivrant en son honneur. Ils regardaient ces orgies et ces sacrifices comme très-agréables à leurs idoles et comme des préservatifs capables de conjurer les calamités dont ils se croyaient menacés.
§ XXXVIII.—Sacrificios del año nuevo en la letra Cauac. Pronosticos malos y su remedio en el baile del fuego.
El año que la letra dominical era Cauac y el aguero Hozanek, hecha la elecion del principal, para celebrar la fiesta hazian la imagen del demonio llamado Ekuvayeyab, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del poniente, donde el año passado la avian echado. Hazian tambien una estatua a un demonio llamado Uacmitun-Ahau, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente, y desde alli ivan todos juntos al lugar donde la imagen de Ekuvayeyab estava, y tenian el camino para ello muy adereçado; llegados a ella saumavanla el sacerdote y los señores, como solian y degollavanle la gallina. Esto hecho, tomavan la imagen en un palo que llamavan Yaxek, y ponianle acuestas a la imagen una calabera y un hombre muerto y en cima un paxaro cenicero llamado kuch, en señal de mortandad grande, ca por muy mal año tenian este.
Llevavanla despues desta manera, con su sentimiento y devocion, y bailando algunos vailes, entre los quales vailavan uno como cazcarientas y assi le llamavan ellos Xibalba-Okot, que quiere dezir baile del demonio. Llegavan al camino los escancianos con la bevida de los señores, la qual bevida llevavan al lugar de la estatua Uacmitun-Ahau, y ponianle alli en frente la imagen que traian. Luego començavan sus ofrendas, saumerios y oraciones, y muchos derramavan la sangre de muchas partes de su cuerpo, y con ella untavan la piedra del demonio llamado Ekel-Acantun, y assi passavan estos dias aciagos, los quales passados, llevavan a Uacmitun-Ahau al templo, y a Ekuvayeyab a la parte de medio dia, para recibirla otro año.
Este año en que la letra era Cauac y reynava el Bacab-Hozanek tenian, allende de la pronosticada mortandad, por ruyn, por que dezian les avian los muchos soles de matar los maizales, y comer las muchas hormigas lo que sembrassen y los paxaros, y porque esto no seria en todas partes avria en algunos comida, la qual avrian con gran trabajo. Haziales el demonio para remedio destas miserias hazer quatro demonios llamados Chichac-Chob, Ek-Balam-Chac, Ahcan-Uolcab, Ahbuluc-Balam, y ponerlos en el templo donde los saumavan con sus saumerios, y les ofrecian dos pellas de una leche o resina de un arbol que llaman kik, para quemar y ciertas iguanas y pan y una mitra y un manojo de flores, y una piedra preciosa de las suyas. Demas desto, para la celebracion desta fiesta, hazian en el patio una grande boveda de madera, y henchianla de lena por lo alto y por los lados, dexandole en ellos puertas para poder entrar y salir. Tomavan despues los mas hombres de hecho sendos manojos de unas varillas muy secas y largas atadas, y puesto en lo alto de la leña un cantor, cantava y hazia son con un atambor de los suyos, vailavan los de abaxo todos con mucho concierto y devocion, entrando y saliendo por las puertas de aquella boveda de madera, y assi vailavan hasta la tarde, que dexando alli cada uno su manojo, se ivan a sus casas a descansar y comer.
En anocheciendo volvian y con ellos mucha gente, porque entre ellos esta cerimonia era muy estimada y tomando cada uno su hacho lo encendian y con ellos cada uno por su parte pegavan fuego a la leña, la qual ardia mucho y se quemava presto. Despues de hecho toda braza, la allanavan y tendian muy tendida y juntos los que avian bailado, avia algunos que se ponian a passar descalços y desnudos como ellos andavan por encima de aquella braza de una parte a otra y passavan algunos sin lesion, otros abraçados, y otros medio quemados, y en esto creian estava el remedio de sus miserias y malos agueros, y pensavan era este su servicio muy agradable a sus dioses. Esto hecho se ivan a bever y hazerse cestos, ca assi lo pedia la costumbre de la fiesta, y el calor del fuego.
§ XXXVIII.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Cauac. Pronostics sinistres, conjurés par la danse du feu.
L’année dont la lettre dominicale était Cauac et le présage Hozanek, après qu’on avait élu le chef de la fête, on fabriquait pour la célébrer l’image du dieu nommé Ek-u-Uayeyab: on la portait aux massifs de pierre du côté du couchant, où on l’avait laissée l’année d’avant. On moulait en même temps la statue d’un dieu appelé Uac-Mitun-Ahau, que l’on plaçait, comme d’ordinaire, dans le lieu le plus convenable de la maison du chef. De là ils se dirigeaient tous ensemble à l’endroit où se trouvait l’image d’Ek-u-Uayeyab, ayant soin préalablement d’orner le chemin: en arrivant, les seigneurs et le prêtre l’encensaient, suivant l’usage, et coupaient le cou à une poule. Cela fini, ils prenaient la statue sur un brancard nommé Yaxek[164], en lui mettant sur les épaules une calebasse avec un homme mort, et par-dessus un oiseau cendré, qu’ils appelaient Kuch[165], en signe de grande mortalité; car cette année était tenue pour fort mauvaise.
Ils l’emportaient ensuite de cette manière, avec une dévotion mêlée de tristesse, en exécutant quelques danses, entre lesquelles il y en avait une qui était comme les crottées[166], qu’ils appelaient Xibalba-Okot, ce qui signifie danse des démons[167]. Dans l’intervalle, les échansons arrivaient avec la boisson des seigneurs, que ceux-ci buvaient au lieu où était la statue de Uac-Mitun-Ahau et mettaient vis-à-vis d’elle l’image dont ils étaient chargés. Aussitôt commençaient les oblations, les encensements et les prières; un grand nombre se tiraient du sang de diverses parties du corps et en oignaient la pierre de l’idole, appelée Ekel-Acantun. Ainsi passaient les jours néfastes, à la suite desquels on portait Uac-Mitun-Ahau au temple et Ek-u-Uayeyab du côté du midi, où on devait le retrouver l’année suivante.
Cette année, signalée par le caractère Cauac et où dominait le Bacab-Hozanek, outre la mortalité dont elle était menacée, était particulièrement regardée comme fatale: on disait que les ardeurs extrêmes du soleil détruiraient les plantations de maïs, sans compter la multiplication des fourmis et des oiseaux qui allaient dévorer le reste des semailles; cependant, ajoutait-on, ces calamités ne devant pas être tout à fait générales, il y aurait quelques endroits où l’on trouverait des subsistances, quoique avec un grand travail. Pour conjurer ces fléaux, ils faisaient, à l’instigation du démon, quatre idoles nommées Chichac-Chob, Ekbalam-Chac, Ahcan-Uolcab et Ahbuluc-Balam[168]: après les avoir colloquées dans le temple, où ils les encensaient, comme de coutume, ils leur présentaient deux pelotes de la résine nommée kik, afin de les brûler, quelques iguanes, du pain et une mitre, avec un bouquet de fleurs et une pierre dont ils faisaient grand cas. En outre, ils élevaient, pour la célébration de cette fête, une grande voûte de bois dans la cour, la remplissant de bois à brûler en haut et sur les côtes, en y laissant toutefois des issues pour pouvoir entrer et sortir. La plupart des hommes prenaient ensuite, chacun en particulier, des faisceaux de longues baguettes fort sèches, et, tandis qu’un musicien, monté au sommet du bûcher, chantait en battant du tambour, tous dansaient avec beaucoup d’ordre et de dévotion, entrant et sortant l’un après l’autre de dessous le bûcher; ils continuaient ainsi à danser jusqu’au soir que, laissant leurs faisceaux, ils rentraient chez eux pour se reposer et manger.
A la nuit tombante, ils retournaient accompagnés de beaucoup de monde; car cette cérémonie était tenue en grande estime parmi eux. Chacun, prenant alors son faisceau, l’allumait et mettait le feu au bûcher, qui prenait aussitôt et brûlait rapidement[169]. Du moment qu’il n’y avait plus qu’un brasier, ils l’étendaient au large, et ceux qui avaient dansé se réunissaient à l’entour: les uns se mettaient à passer pieds nus sur la braise ardente, les autres à courir d’un bord à l’autre, plusieurs réussissant à faire la traverse sans aucun mal, plusieurs se brûlant en partie ou en totalité, s’imaginant ainsi conjurer les fléaux qu’ils redoutaient et détourner l’effet des pronostics sinistres de l’année, dans la persuasion que rien ne pouvait être plus agréable à leurs dieux que cette sorte de sacrifice. Cela fini, ils s’en allaient chez eux pour boire et s’enivrer; car ainsi l’exigeaient à la fois et la coutume de la fête et l’ardeur du feu.
§ XXXIX.—Esplica el autor varias cosas del calendario. Su intento al dar estas noticias.
Con las letras de los indios puestas atras en el capitulo CX, ponian a los dias de sus meses nombres, y de todos juntos los meses hazian un modo de calendario, con el qual se reglan assi para sus fiestas como para sus cuentas y tratos y negocios, como nosotros nos regimos con el nuestro, salvo que no començavan el primero dia de su calendario en el primero dia de su año, sino muy adelante; lo qual hazian por la dificultad con que contavan los dias de los meses todos juntos, como se vera en el proprio kalendario que aqui porne; porque aunque las letras y dias para sus meses son XX, tienen en costumbre de contarlas desde una hasta XIII. Tornan a començar de una despues de las XIII, y assi reparten los dias del año en XXVII trezes y IX dias sin los aciagos.
Con estos retruecanos y embaraçosa cuenta es cosa de ver la liberalidad con que los que saben cuentan y se entienden, y mucho de notar que salga siempre la letra que es dominical en el primero dia de su año, sin errar ni faltar, ni venir a salir otra de las XX alli. Usavan tambien deste modo de contar para sacar destas letras cierto modo de contar que tenian para las edades y otras cosas que aunque son para ellos curiosas, no nos hazen aqui mucho al proposito; y por esso se quedaran con dezir que el caracter o letra de que començava su cuenta de los dias o kalendario, se llama Hun-Ymix y es este [Illustration: Hun-Ymix] el qual no tiene dia cierto ni señalado en que caiga. Porque cada uno le muda la propia cuenta y contado esso no falta el salir la letra que viene por dominical el primero del año que se sigue.
El primer dia del año desta gente era siempre a XVI dias de nuestro mes de julio, y primero de su mes de Popp, y no es de maravillar que esta gente, aunque simple que en otras cosas les emos hallado curiosidad en esta la tuviessen tambien, y opinion como la an otras naciones tenido; ca segun la glossa sobre Ezechiel henero es segun los Romanos el principio del año, segun los Hebreos abril, segun los Griegos março y segun los Orientales octubre. Pero aunque ellos comiençan su año en julio, yo no porne aqui su Kalendario sino por la orden del nuestro y junto con el nuestro, de manera que iran señaladas nuestras letras y las suyas, nuestros meses y los suyos, y su cuenta de los trezes sobre dichos, puesta en cuenta de guarismo.
Y porque no aya necessidad de poner en una parte el calendario y en otra las fiestas, porne en cada uno de sus meses sus fiestas, y las observancias y cerimonias, con que las celebravan, y con esto cumplire lo que en algunas partes atras e dicho que hare su calendario, y en el dire de sus ayunos y de las cerimonias con que hazian los idolos de madera y otras cosas, las quales todas y las demas que desta gente e aqui tratado no es mi entento sirvan de mas de materia de alabar a la bondad divina que tal ha sufrido y tal ha tenido por bien de remediar en nuestros tiempos; para que advirtiendolo con entrañas christianas le suplique mas por su conservacion y aprovechamiento en buena christiandad, y los que a cargo lo tienen, lo favorescan y ayuden, porque, por sus peccados desta gente o los nuestros no les falte el ayuda, o ellos no falten en lo començado, y assi buelvan a sus miserias y gomitos de hierros; y les acaescan las cosas peores que las primeras, tornando los demonios a las casas de sus almas, de donde con trabajoso cuidado hemos procurado echarlos, limpiandoselas y barriendolas de sus vicios y malas costumbres passadas. Y esto no es mucho temerlo, viendo la perdicion que tantos años ay en toda la grande y muy christiana Asia, y en la buena y catholica y augustissima Africa, y las miserias y calamidades que el dia de oy passan en nuestra Europa, y en una nacion y casas por lo qual podriamos dezir se nos an cumplido las evangelicas prophecias sobre Iherusalem, de que la cercarian sus enemigos y ensangostarian y apretarian tanto que la derrocassen por tierra. Y esto ya lo avria Dios permittido segun somos, sino que no puede faltar su yglesia ni lo que della dixo: Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus.
§ XXXIX.—Explications de l’auteur sur le calendrier yucatèque. Son dessein, en écrivant ces diverses notices.
Avec les caractères de ces Indiens, placés plus bas au chapitre CX[170], ils imposaient aux jours de leurs mois des noms, et de tous les mois réunis ils formaient une sorte de calendrier, à l’aide duquel ils se réglaient tant pour leurs fêtes que pour leurs comptes, contrats et affaires, ainsi que nous le faisons avec le nôtre. Il y avait toutefois cette différence que le premier jour de leur année ne s’accordait pas avec le premier du calendrier, qu’ils laissaient bien en arrière[171]. Elle provenait de la difficulté avec laquelle ils comptaient les jours de leurs mois tous ensemble, comme on le verra dans le calendrier que je joindrai ici: car, encore que les caractères et jours de leurs mois soient au nombre de vingt, ils ont la coutume de ne les compter que de un à treize; ils recommencent ensuite à compter après ces treize, partageant ainsi les jours de l’année en vingt-sept trezaines et neuf jours, sans compter les supplémentaires.
Malgré ces retours périodiques et cette computation embarrassante, c’est une chose merveilleuse de voir avec quelle rapidité ceux qui sont au courant savent compter et s’entendre; ce n’est pas une chose moins notable, que la lettre qui est la dominicale est toujours celle qui sort avec le premier jour de leur année, sans manque ni erreur, et sans qu’il en vienne aucune autre des vingt dont se compose le mois[172]. Ils se servaient aussi de cette manière de compter, pour établir une sorte de computation des cycles et d’autres choses qui, bien qu’intéressantes pour eux, ne le sont pas pour notre sujet: nous nous bornerons donc à dire que la lettre ou le caractère avec laquelle commençait leur computation des jours ou calendrier, s’appelle Hun-Ymix, qui est celui-ci: [Illustration: Hun-Ymix] il n’y a du reste aucun jour particulièrement signalé où il doive tomber[173]; car chacun modifie son propre compte, et, avec tout cela, la lettre qui doit être la dominicale ne manque jamais de venir pour la première de l’année à suivre.
Le premier de l’année, chez les Yucatèques, était invariablement le seizième jour de notre mois de juillet, premier de leur mois Popp: il n’y a pas de quoi s’étonner que cette nation, chez qui nous avons trouvé, malgré sa simplicité, des connaissances de diverse nature, ait possédé également celle-là, puisque nous voyons que d’autres peuples l’ont eue; car, selon la glose sur Ezéchiel[174], janvier est, suivant les Romains, le commencement de l’année; suivant les Hébreux, c’est avril; suivant les Grecs, mars, et selon les Orientaux, octobre. Mais, quoique ceux de ce pays commencent leur année en juillet, je ne mettrai toutefois ici leur calendrier que suivant l’ordre du nôtre, auquel je le joindrai, de manière à ce que nos lettres et les leurs soient signalées ensemble, nos mois et les leurs, ainsi que leur compte de treizaines, dans l’ordre de leur progression[175].
Mais, comme il n’y a aucune nécessité de placer en un endroit le calendrier et dans un autre les fêtes, je joindrai celles-ci à chacun de leurs mois, avec les observances et cérémonies qui en accompagnaient la célébration, gardant ainsi la promesse que j’ai faite ailleurs de donner leur calendrier: je dirai avec quels jeûnes et quels rites ils fabriquaient leurs idoles de bois, ainsi que d’autres choses; bien entendu que toutes ces notions, ainsi que celles que j’ai déjà données sur ce pays, n’ont d’autre fin, dans mon esprit, que de rendre grâces à la bonté divine qui les a tolérées et a tenu à bien d’y remédier en notre temps. C’est pour cela qu’y portant notre attention avec des entrailles chrétiennes, nous la supplions pour ces peuples, pour leur conservation et leur avancement dans la bonne doctrine du christianisme, et pour que ceux qui ont la charge de leurs âmes, les favorisent et les aident, afin que, pour leurs propres péchés ou les nôtres, le secours ne vienne pas à leur manquer, ou qu’ils ne tombent pas dans la voie, après avoir commencé à y marcher, et qu’ainsi ils ne retournent point aux misères et aux vomissements de leurs erreurs; que leur condition ne soit pas pire qu’auparavant, par le retour des démons aux maisons de leurs âmes, d’où nous avons travaillé si péniblement à les chasser, les purifiant de leurs vices et de leurs mauvaises coutumes passées. Et ce n’est certes pas trop nous avancer que d’exprimer une telle crainte, quand nous voyons la perdition qu’il y a depuis tant d’années dans la grande et chrétienne Asie, ainsi que dans la bonne, catholique et très-auguste Afrique, les misères et calamités qui aujourd’hui affligent notre Europe, dans une nation et des maisons, dont nous pourrions dire en effet que se sont accomplies à notre égard les prophéties évangéliques sur Jérusalem[176]; que ses ennemis l’environneraient de toutes parts et la presseraient jusqu’à ce qu’elle tombât par terre. Or, tout cela Dieu l’aurait déjà permis, sinon que son Église ne peut manquer, non plus que ce qui est dit d’elle: Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus.
§ XL.—Comiença el kalenderio romano y yucatanense.
TREZES DIAS MESES de los Indios.
IANUARIUS
A 12 Ben [Illustration: Ben]
b 13 Ix [Illustration: Ix]
c 1 Men [Illustration: Men]
d 2 Cib [Illustration: Cib]
e 3 Caban [Illustration: Caban]
f 4 Ezanab [Illustration: Ezanab]
g 5 Cauac [Illustration: Cauac]
A 6 Ahau [Illustration: Ahau]
b 7 Ymix [Illustration: Ymix]
c 8 Ik [Illustration: Ik]
d 9 Akbal [Illustration: Akbal]
e 10 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: YAX]
f 11 Chicchan [Illustration: Chicchan]
g 12 Cimij [Illustration: Cimij]
A 13 Manik [Illustration: Manik]
b 1 Lamat [Illustration: Lamat]
c 2 Muluc [Illustration: Muluc]
d 3 Oc [Illustration: Oc]
e 4 Chuen [Illustration: Chuen]
f 5 Eb [Illustration: Eb]
g 6 Ben [Illustration: Ben]
A 7 Ix [Illustration: Ix]
b 8 Men [Illustration: Men]
c 9 Cib [Illustration: Cib]
d 10 Caban [Illustration: Caban]
e 11 Ezanab [Illustration: Ezanab]
f 12 Cauac [Illustration: Cauac]
g 13 Ahau [Illustration: Ahau]
Ivan con mucho temor, segun dezian, criando dioses. Acabados ya y puestos en perfeccion los idolos, hazia el dueño dellos un presente el mayor que podia de aves y caças y de su moneda para pagar con el trabajo de los que los avian hecho, y sacavanlos de la casilla, y ponianlos en otra ramada para ello hecha en el patio, en la qual los bendezia el sacerdote con mucha solemnidad, y abundancia de devotas oraciones, aviendose primero el y los officiales quitado el tizne de que, porque dezian que ayunavan entanto que los hazian, estavan untados; y echado como solian el demonio, y quemado el encienso bendicto, assi los ponian en una petaquilla embueltos en un paño, y los entregavan al dueño, y el con asaz devocion los recibia. Luego predicava el buen sacerdote un poco de la excellencia del officio de hazer dioses nuevos y del peligro que tenian los que los hazian si a caso no guardavan sus abstinencias y ayunos. Despues comian muy bien y se emborachavan mejor.
En qualquiera de los dos meses de Chen y Yax, y en el dia que señalava el sacerdote, hazian una fiesta que llamavan Ocna, que quiere dezir renovacion del templo en honra de los Chaces, que tenian por dioses de los maizales, y en esta fiesta miravan los pronosticos de los Bacabes, como mas largo queda dicho en los capitulos CXIII, CXIIII, CXV, CXVI, y conforme á la orden en su lugar dicha: la hazian cada año y demas desto renovavan los idolos de barro y sus braseros, ca costumbre era tener cada idolo un braseríto en que le quemassen su encienso, y si era menester hazian de nuevo la casa o renovavanla y ponian en la pared la memoria destas cosas con sus caracteres.
Aqui comiença la cuenta del Kalendario de los indios, diziendo en su lengua Hun Ymix.
A 1 Ymix [Illustration: Ymix]
b 2 Ik [Illustration: Ik]
c 3 Akbal [Illustration: Akbal]
FEBRUARIUS.
d 4 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: ZAC]
En un dia deste mes de Zac qual señalava el sacerdote, hazian los caçadores otra fiesta como la que hizieron en el mes de Zip, la qual hazian aora para aplacar los dioses de la ira que tenian contra ellos y sus sementeras; que las hiziessen por la sangre que derramavan en sus caças, porque tenian por cosa horrenda qualquier derramamiento de sangre, sino era en sus sacrificios, y por esta causa siempre que ivan a caça, invocavan el demonio y le quemavan su encienso, y si podian le untavan con la sangre del coraçon de la tal caça los rostros.
e 5 Chicchan [Illustration: Chicchan]
f 6 Cimij [Illustration: Cimij]
g 7 Manik [Illustration: Manik]
A 8 Lamat [Illustration: Lamat]
b 9 Muluc [Illustration: Muluc]
c 10 Oc [Illustration: Oc]
d 11 Chuen [Illustration: Chuen]
e 12 Eb [Illustration: Eb]
f 13 Ben [Illustration: Ben]
g 1 Ix [Illustration: Ix]
A 2 Men [Illustration: Men]
b 3 Cib [Illustration: Cib]
c 4 Caban [Illustration: Caban]
d 5 Ezanab [Illustration: Ezanab]
e 6 Cauac [Illustration: Cauac]
f 7 Ahau [Illustration: Ahau]
En qualquier dia que cayesse este septimo de Ahau, hazian una muy gran fiesta que durava tres dias de saumerios y offrendas, y en gentil borrachera, y porque esta es fiesta movible, tenian los cuidadosos sacerdotes cuidado de echarla con tiempo, para que se ayunasse devidamente.
g 8 Ymix [Illustration: Ymix]
A 9 Ik [Illustration: Ik]
b 10 Akbal [Illustration: Akbal]
c 11 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: CEH]
d 12 Chicchan [Illustration: Chicchan]
e 13 Cimij [Illustration: Cimij]
f 1 Manik [Illustration: Manik]
g 2 Lamat [Illustration: Lamat]
A 3 Muluc [Illustration: Muluc]
b 4 Oc [Illustration: Oc]
c 5 Chuen [Illustration: Chuen]
MARTIUS.
d 6 Eb [Illustration: Eb]
e 7 Ben [Illustration: Ben]
f 8 Ix [Illustration: Ix]
g 9 Men [Illustration: Men]
A 10 Cib [Illustration: Cib]
b 11 Caban [Illustration: Caban]
c 12 Ezanab [Illustration: Ezanab]
d 13 Cauac [Illustration: Cauac]
e 1 Ahau [Illustration: Ahau]
f 2 Ymix [Illustration: Ymix]
g 3 Ik [Illustration: Ik]
A 4 Akbal [Illustration: Akbal]
b 5 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: MAC]
En qualquiera dia deste mes Mac hazian la gente anciana y mas viejos una fiesta a los Chaces, dioses de los panes, y a Yzamna. Y un dia o dos antes hazian la siguiente cerimonia a la qual llamavan en su lengua Tupp-kak. Tenian buscados todos animales y savandijas del campo que podian aver y en la tierra avia, y con ellos se juntavan en el patio del templo en el qual se ponian los Chaques, y el sacerdote sentados en las esquinas, como para echar el demonio solian, con sendos cantaros de agua que alli los traian a cada uno. En medio ponian un gran manojo de varillas secas atadas, y enhiestas, y quemando primero de su encienso en el brazero, pegavan fuego a las varillas, y en tanto que ardian, sacavan con liberalidad los coraçones a las aves y animales, y echavanlos a quemar en el fuego; y sino podian aver los animales grandes como tigres, leones o lagartos, hazian los coraçones de su encienso, y si los matavan trayanles los coraçones para aquel fuego. Quemados los coraçones todos, matavan el fuego con los cantaros de agua los chaces. Esta hazian para con ello y la siguiente fiesta alcançar buen año de aguas para sus panes; luego celebravan la fiesta. Esta fiesta celebravan differentemente de las otras; ca para ella no ayunavan, salvo el muñidor della que este ayunava su ayuno. Venidos pues a celebrar la fiesta, se juntavan el pueblo, y sacerdote y officiales en el patio del templo, donde tenian hecho un monton de piedras con sus escaleras, y todo muy limpio y adereçado de frescuras. Dava el sacerdote encienso preparado para el muñidor, el qual lo quemava en el brasero y assi dizque huiya el demonio. Esto hecho con su devocion acostumbrada, untavan el primero escalon del
monton de las piedras con lodo del poço y los demas escalones con betun azul, y echavan muchos saumerios y invocavan a los Chaces con sus oraciones y devociones, y ofrecian sus presentes. Esto acabado, se consolavan comiendo y beviendo lo ofrecido, y quedando confiados del buen año con sus servicios y invocaciones.
c 6 Chicchan [Illustration: Chicchan]
d 7 Cimij [Illustration: Cimij]
e 8 Manik [Illustration: Manik]
f 9 Lamat [Illustration: Lamat]
g 10 Muluc [Illustration: Muluc]
A 11 Oc [Illustration: Oc]
b 12 Chuen [Illustration: Chuen]
c 13 Eb [Illustration: Eb]
d 1 Ben [Illustration: Ben]
e 2 Ix [Illustration: Ix]
f 3 Men [Illustration: Men]
g 4 Cib [Illustration: Cib]
A 5 Caban [Illustration: Caban]
b 6 Ezanab [Illustration: Ezanab]
c 7 Cauac [Illustration: Cauac]
d 8 Ahau [Illustration: Ahau]
e 9 Ymix [Illustration: Ymix]
f 10 Ik [Illustration: Ik]
APRILIS.
g 11 Akbal [Illustration: Akbal]
A 12 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: KANKIN]
b 13 Chicchan [Illustration: Chicchan]
c 1 Cimij [Illustration: Cimij]
d 2 Manik [Illustration: Manik]
e 3 Lamat [Illustration: Lamat]
f 4 Muluc [Illustration: Muluc]
g 5 Oc [Illustration: Oc]
A 6 Chuen [Illustration: Chuen]
b 7 Eb [Illustration: Eb]
c 8 Ben [Illustration: Ben]
d 9 Ix [Illustration: Ix]
e 10 Men [Illustration: Men]
f 11 Cib [Illustration: Cib]
g 12 Caban [Illustration: Caban]
A 13 Ezanab [Illustration: Ezanab]
b 1 Cauac [Illustration: Cauac]
c 2 Ahau [Illustration: Ahau]
d 3 Ymix [Illustration: Ymix]
e 4 Ik [Illustration: Ik]
f 5 Akbal [Illustration: Akbal]
g 6 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: MUAN]
En el mez de Muan hazian los que tenian cacauatales una fiesta a los dioses Ekchuah, Chac y Hobnil, que eran sus abogados; ivanla a hazer a alguna heredad de uno dellos, donde sacrificavan un perro, manchado por la color del cacao, y quemavan a los idolos su encienso, y ofrecianles yguanas de las azules y ciertas plumas de un paxaro y otras caças y davan a cada uno de los officiales una mazorca de la fruta del cacao. Acabado el sacrificio y sus oraciones comianse los presentes y bevian, dizque no mas de cada tres vezes de vino que no llevavan a mas y ivanse a casa del que tenia la fiesta a cargo y hazianse unas passas con regocijo.
A 7 Chicchan [Illustration: Chicchan]
b 8 Cimij [Illustration: Cimij]
c 9 Manik [Illustration: Manik]
d 10 Lamat [Illustration: Lamat]
e 11 Muluc [Illustration: Muluc]
f 12 Oc [Illustration: Oc]
g 13 Chuen [Illustration: Chuen]
A 1 Eb [Illustration: Eb]
MAIUS.
b 2 Ben [Illustration: Ben]
c 3 Ix [Illustration: Ix]
d 4 Men [Illustration: Men]
e 5 Cib [Illustration: Cib]
f 6 Caban [Illustration: Caban]
g 7 Ezanab [Illustration: Ezanab]
A 8 Cauac [Illustration: Cauac]
b 9 Ahau [Illustration: Ahau]
c 10 Ymix [Illustration: Ymix]
d 11 Ik [Illustration: Ik]
e 12 Akbal [Illustration: Akbal]
f 13 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: PAX]
En este mes de Pax hazian una fiesta llamada Pacumchac, para la qual se juntavan los señores y sacerdotes de los pueblos menores a los mayores, y assi juntos velavan cinco noches en el templo de Cit-Chac-Coh, en oraciones y ofrendas y saumerios como esta dicho hizieron en la fiesta de Kukulcan en el mes de Xul, en noviembre. Antes de estos dias passados, ivan todos a casa del capitan de sus guerras, llamado Nacon, del qual trate en el capitalo CI, y trayanle con gran pompa saumandole como a idolo al templo, en el qual le sentavan y quemavan encienso como a idolo, y assi estavan el y ellos hasta passados los cinco dias, en los quales comian y bevian de los dones que se offrecian en el templo, y bailavan un vayle a manera de passo largo de guerra, y assi le llamavan en su lengua Holkan-Okot, que quiere dezir vaile de guerreros. Passados los cinco dias, venian a la fiesta la qual, porque era para cosas de guerra y alcançar victoria de sus enemigos, era muy solemne. Hazian pues primero la cerimonia y sacrificios del fuego, como dixe en el mes de Mac. Despues echavan, como solian, el demonio con mucha solemnidad. Esto echo andava el orar y ofrecer dones y saumerios, y en tanto que la gente hazian estos sus ofrendas y oraciones, tomavan los señores y los que ya las avian echo al Nacon en hombros, y trayanle saumando al rededor del templo, y quando volvian con el, sacrificavan los chaces un perro y sacavanle el coraçon y embiavanle al demonio entre dos platos, y los chaces quebravan sendos ollas grandes, llenas de bevida y con esto acabavan su fiesta. Acabada comian y bevian los presentes que alli se avian ofrecido y llevavan al Nacon con mucha solemnidad a su casa sin perfumes.
Alla tenian gran fiesta, y en ello se emborachavan los señores y sacerdotes, y los principales, y ivase la demas gente a sus pueblos, salvo que el Nacon no se emborachava. Otro dia despues de digerido el vino, se juntavan todos los señores y sacerdotes de los pueblos que se avian embeodado y quedado alli en casa del señor, el qual les repartia mucha cantidad de su encienso que tenia alli aparejado, y benditto de aquellos bendittos sacerdotes; y junto con ello les hazia una gran platica y con mucha eficacia les encomendava las fiestas que, en sus pueblos, ellos avian de hazer a los dioses, para que fuesse el año prospero de mantenimientos. La platica hecha, se despidian todos unos de otros con mucho amor y tabahola, y se ivan cada uno a su pueblo y casa. Alla tratavan de hazer sus fiestas, las quales duravan, segun las hazian hasta el mes de Pop, y llamavan las Zabacil-than, y hazianlas desta manera. Miravan en el pueblo de los mas ricos quien queria hazer esta fiesta, y encomendavanle su dia, por tener mas gasajo estos tres meses que avia hasta su año nuevo; y lo que hazian era juntarse en casa del que la fiesta hazia, y alli hazer las cerímonias de echar el demonio, y quemar aquel copal, y hazer ofrendas con regosijos y vailes, y hazerse unas bolas de vino y en esto parava todo y era tanto el excesso que avia de estas fiestas, estos tres meses, que lastima era grande verlos; ca unos andavan aranados, otros descalabrados, otros los ojos encarniçados del mucho emboracharse, y con todo esso amor al vino que se perdian por el.
g 1 Chicchan [Illustration: Chicchan]
A 2 Cimij [Illustration: Cimij]
b 3 Manik [Illustration: Manik]
c 4 Lamat [Illustration: Lamat]
d 5 Muluc [Illustration: Muluc]
e 6 Oc [Illustration: Oc]
f 7 Chuen [Illustration: Chuen]
g 8 Eb [Illustration: Eb]
A 9 Ben [Illustration: Ben]
b 10 Ix [Illustration: Ix]
c 11 Men [Illustration: Men]
d 12 Cib [Illustration: Cib]
e 13 Caban [Illustration: Caban]
f 1 Ezanab [Illustration: Ezanab]
g 2 Cauac [Illustration: Cauac]
A 3 Ahau [Illustration: Ahau]
b 4 Ymix [Illustration: Ymix]
c 5 Ik [Illustration: Ik]
d 6 Akbal [Illustration: Akbal]
IUNIUS.
e 7 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: KAYAB]
f 8 Chicchan [Illustration: Chicchan]
g 9 Cimij [Illustration: Cimij]
A 10 Manik [Illustration: Manik]
b 11 Lamat [Illustration: Lamat]
c 12 Muluc [Illustration: Muluc]
d 13 Oc [Illustration: Oc]
e 1 Chuen [Illustration: Chuen]
f 2 Eb [Illustration: Eb]
g 3 Ben [Illustration: Ben]
A 4 Ix [Illustration: Ix]
b 5 Men [Illustration: Men]
c 6 Cib [Illustration: Cib]
d 7 Caban [Illustration: Caban]
e 8 Ezanab [Illustration: Ezanab]
f 9 Cauac [Illustration: Cauac]
g 10 Ahau [Illustration: Ahau]
A 11 Ymix [Illustration: Ymix]
b 12 Ik [Illustration: Ik]
c 13 Akbal [Illustration: Akbal]
d 1 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: CUMHU]
c 2 Chicchan [Illustration: Chicchan]
f 3 Cimij [Illustration: Cimij]
g 4 Manik [Illustration: Manik]
A 5 Lamat [Illustration: Lamat]
b 6 Muluc [Illustration: Muluc]
c 7 Oc [Illustration: Oc]
d 8 Chuen [Illustration: Chuen]
e 9 Eb [Illustration: Eb]
f 10 Ben [Illustration: Ben]
IULIUS.
g 11 Ix [Illustration: Ix]
A 12 Men [Illustration: Men]
b 13 Cib [Illustration: Cib]
c 1 Caban [Illustration: Caban]
d 2 Ezanab [Illustration: Ezanab]
e 3 Cauac [Illustration: Cauac]
f 4 Ahau [Illustration: Ahau]
g 5 Ymix [Illustration: Ymix]
A 6 Ik [Illustration: Ik]
b 7 Akbal [Illustration: Akbal]
Dicho quedo en los capitulos passados que començavan los indios sus años desde estos dias sin nombre, aparejandose en ellos como con vigilia para la celebridad de la fiesta de su año nuevo; y allende del aparejo que hazian con la fiesta del demonio Uvayeyab, para la qual salian de sus casas, los demas aparejos eran salir muy poco de casa estos cinco dias, offrecer allende de los dones de la fiesta general cuentas a sus demonios y a los otros de los templos. Estas cuentas que assi ofrecian nunca tomavan a sus usos, ni cosa que al demonio ofreciessen y dellas compravan encienso que quemar. En estos dias no se peinavan se lavavan, ni espulgavan les hombres, ni las mugeres ni hazian obra servil ni trabajosa, porque temian les avia de succeder algun mal si lo hazian.
c [ Kan ]
d [ Chicchan ]
e [ Cimij ]
f [ Manik ]
g [ Lamat ]
PRINCIPIO DEL ANO MAYA.
A 12 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: POP]
El primero dia de Pop es el primero mes de los indios, era su año nuevo, y entre ellos fiesta muy celebrada porque era general y de todos, y assi todo el pueblo junto hazian fiesta a todos los idolos. Para celebrarla con mas solemnidad, renovavan en este dia todas las cosas de su servicio, como platos, vasos, vanquillos, serillas y la ropa vieja, y las mantillas en que tenian los idolos enbueltos. Varrian sus casas y la vasura y estos peltrechos viejos echavanlo fuera del pueblo al muladar y nadie, aunque lo uviesse menester tocava a ello. Para esta fiesta començavan ayunar y abstenerse de sus mugeres los señores y sacerdote y la gente principal y los que mas querian por su devocion, el tiempo antes que les parecia; ca algunos lo començavan tres meses antes, otros dos, otros como les parecia y ninguno menos de XIII dias, y estos XIII añadian a la abstinencia de la muger no comer en los manjares sal, ni de su pimienta que era tenido por grande penitencia entre ellos. En este tiempo elegian los officiales chaces para ayudar al sacerdote, y el aparejava muchas pelotillas de su encienso fresco en unas tablillas que para ello tenian los sacerdotes, para que los abstinentes y ayunantes quemassen a los idolos. Los que estos ayunos començavan no los osavan quebrantar porque creian les vendria algun mal en sus personas o casas.
Venido pues el año nuevo, se juntavan todos los varones en el patio del templo solos, porque en ningun sacrificio o fiesta que en el templo se hazia, havian de hallarse mugeres, salvo las viejas que avian de hazer sus vailes; en las demas fiestas que hazian en otras partes, podian ir y hallarse mugeres. Aqui ivan limpios y galanos de sus unturas coloradas, y quitada la tizne negra de que andavan untados quando ayunavan. Congregados todos y con muchos presentes de comidas y bevidas que llevavan, y mucho vino que avia hecho, purgava el sacerdote el templo, sentandose en medio del patio, vestido de pontifical, y cabe si un brasero y las tablillas del encienso. Sentavanse los chaces en las quatro esquinas y tiravan un cordel nuevo de uno a otro dentro del qual avian de entrar todos los que avian ayunado para echar el demonio, como dixe en el capitulo XCVI. Echado el demonio començavan todos sus oraciones devotas y los chaces sacavan lumbre nueva; quemavan el encienso al demonio y el sacerdote començava a echar su encienso en el brasero y venian todos por su orden, començando desde los señores, a recibir de la mano del sacerdote encienso lo qual el les dava con tanta mesura y devocion como si les diera reliquas, y ellos lo echavan en el brasero poco a poco, y aguardando se fuesse acabado de quemar. Despues deste saumerio comian entre todos los dones y presentes y andava el vino, hasta que se hazian unas unas, y este era su año nuevo y servicio muy accepto a sus idolos. Avia despues otros algunos que dentro deste mes de Pop, celebravan esta fiesta por su devocion con sus amigos y con los señores y sacerdote, que sus sacerdotes siempre eran primeros en sus regrosijos y bevidas.
b 13 Chicchan [Illustration: Chicchan]
c 1 Cimij [Illustration: Cimij]
d 2 Manik [Illustration: Manik]
e 3 Lamat [Illustration: Lamat]
f 4 Muluc [Illustration: Muluc]
g 5 Oc [Illustration: Oc]
A 6 Chuen [Illustration: Chuen]
b 7 Eb [Illustration: Eb]
c 8 Ben [Illustration: Ben]
d 9 Ix [Illustration: Ix]
e 10 Men [Illustration: Men]
f 11 Cib [Illustration: Cib]
g 12 Caban [Illustration: Caban]
A 13 Ezanab [Illustration: Ezanab]
b 1 Cauac [Illustration: Cauac]
AUGUSTUS.
c 2 Ahau [Illustration: Ahau]
d 3 Ymix [Illustration: Ymix]
e 4 Ik [Illustration: Ik]
f 5 Akbal [Illustration: Akbal]
g 6 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: UO]
A 7 Chicchan [Illustration: Chicchan]
b 8 Cimij [Illustration: Cimij]
c 9 Manik [Illustration: Manik]
d 10 Lamat [Illustration: Lamat]
e 11 Muluc [Illustration: Muluc]
f 12 Oc [Illustration: Oc]
g 13 Chuen [Illustration: Chuen]
A 1 Eb [Illustration: Eb]
b 2 Ben [Illustration: Ben]
c 3 Ix [Illustration: Ix]
d 4 Men [Illustration: Men]
e 5 Cib [Illustration: Cib]
f 6 Caban [Illustration: Caban]
g 7 Ezanab [Illustration: Ezanab]
A 8 Cauac [Illustration: Cauac]
b 9 Ahau [Illustration: Ahau]
En el mes de Uo se començavan a aparejar con ayunos y las demas cosas para celebrar otra fiesta los sacerdotes, los medicos y hechizeros que era todo uno; los caçadores y pescadores venianla celebrar a siete de Zip; y celebravanla cada uno destos por si en su dia, primero celebravan la suya los sacerdotes, a la qual llamavan Pocam; y juntos en casa del señor con sus adereços, hechavan primero al demonio, como solian, despues sacavan sus libros y tendianlos sobre las frescuras que para ello tenian, y invocando con oraciones y su devocion a un idolo que llamavan Cinchau-Yzamna, el qual dizen fue el primer sacerdote, ofrecianle sus dones y presentes y quemavanle con la lumbre nueva sus pelotillas de encienso, entretanto desleyan en su vaso un poco de su cardenillo con agua virgen que ellos dezian traida del monte, donde no llegasse muger, y untavan con ello las tablas de los libros, para su mundificacion, y esto hecho, abria el mas docto de los sacerdotes un libro, y mirava los pronosticos de aquel año, y declaravalos a los presentes, y predicavales un poco, en comendandoles los remedios, y echava esta fiesta para otro año al sacerdote o señor que la avia de hazer; y si moria el que señalavan para ella, eran los hijos obligados a cumplir por el defunto. Esto hecho, comian todos los dones y comida que avian traido y bevian hasta hazerse zaques y assi se acabava la fiesta, en la qual bailavan algunas vezes un baile que llaman Okot-Uil.
c 10 Ymix [Illustration: Ymix]
d 11 Ik [Illustration: Ik]
e 12 Akbal [Illustration: Akbal]
f 13 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: ZIP]
g 1 Chicchan [Illustration: Chicchan]
A 2 Cimij [Illustration: Cimij]
b 3 Manik [Illustration: Manik]
c 4 Lamat [Illustration: Lamat]
d 5 Muluc [Illustration: Muluc]
e 6 Oc [Illustration: Oc]
SEPTEMBER.
f 7 Chuen [Illustration: Chuen]
El dia siguiente se juntavan los medicos y hechizeros en casa de uno dellos con sus mugeres, y los sacerdotes echavan el demonio; lo qual hecho, sacavan los emboltorios de su medicina en que traian muchas niñerias y sendos dollillos de la diosa de la medicina que llamavan Ixchel, y asi a esta fiesta llamavan Ihcil-Ixchel, y unas pedrezuelas de las suertes que echavan que llamavan Am, y con su mucha devocion invocavan con oraciones a los dioses de la medicina, que dezian Yzamna, Citbolontum y Ahau-Chamahez, y dandoles el encienso los sacerdotes lo quemavan en el brasero de nuevo fuego, y entretanto los chaces, enbadurnavanlos con otro betun azul como el de los libros de los sacerdotes. Esto hecho embolvia cada uno las cosas de su officio, y tomando el emboltorio a cuestas vailavan todos un vaile que llamavan Chan-tun-yab. Acabado el vaile se sentavan los varones por si, y por si las mugeres, y echando la fiesta para otro año, comian los presentes, y emborachavanse muy sin asco, salvo los sacerdotes que diz que avian verguença y guardavanlos del vino para bever a sus solas y a su placer.
El dia de adelante se juntavan los caçadores en una casa de uno de ellos y llevando consigo sus mugeres, como los demas, venian los sacerdotes y echavan el demonio como solian. Echado, ponian en medio el adereço para el sacrificio de encienso y fuego nuevo, y betun azul. Y con su devocion invocavan los caçadores a los dioses de la caça. Acanum Zuhuy Zipi Tabai y otros, y repartianles el encienso, el qual echavan en el brasero, y en tanto que ardia, sacava cada uno una flecha y una calabera de venado, las quales los chaces untavan con el betun azul; y untados, vailavan con ellas en las manos unos, y otros se horadavan las orejas, otros las lenguas, y passavan por los agujeros siete hojas de una hierva algo anchas que llamavan Ac. Aviendo hecho esto primero el sacerdote y los oficiales de la fiesta, luego ofrecian los dones, y assi vailando se escanciava el vino y se emborachavan hechos unos cestos.
Luego el seguiente dia hazian su fiesta los pescadores por el orden que los demas, salvo que lo que untavan eran los aparejos de pescar, y no se oradavan las orejas, sino harpavanselas a la redonda, y bailavan su vaile llamado Chohom, y todo hecho, bendezian un palo alto y gordo y ponianle en hiesto. Tenian costumbre despues que avian hecho esta fiesta en los pueblos, irla hazer los señores y mucha gente a la costa, y alla hazian muy grandes pesquerias y regosijos; ca llevavan gran recabdo de trasmallos de sus redes y ançuelos y otras industrias con que pescan. Los dioses que en esta fiesta eran sus abogados eran Ahkak Nexoi, Ahpua, Ahcitz, Amalcum.
g 8 Eb [Illustration: Eb]
A 9 Ben [Illustration: Ben]
b 10 Ix [Illustration: Ix]
c 11 Men [Illustration: Men]
d 12 Cib [Illustration: Cib]
e 13 Caban [Illustration: Caban]
f 1 Ezanab [Illustration: Ezanab]
g 2 Cauac [Illustration: Cauac]
A 3 Ahau [Illustration: Ahau]
b 4 Ymix [Illustration: Ymix]
c 5 Ik [Illustration: Ik]
d 6 Akbal [Illustration: Akbal]
e 7 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: TZOZ]
En el mes de Tzoz aparejavan los señores de las colmenares para celebrar su fiesta en Tzec, y aunque el aparejo principal destas sus fiestas era el ayuno, no obligava mas de al sacerdote y a los officiales que le ayudavan, y en los demas era voluntario.
f 8 Chicchan [Illustration: Chicchan]
g 9 Cimij [Illustration: Cimij]
A 10 Manik [Illustration: Manik]
b 11 Lamat [Illustration: Lamat]
c 12 Muluc [Illustration: Muluc]
d 13 Oc [Illustration: Oc]
e 1 Chuen [Illustration: Chuen]
f 2 Eb [Illustration: Eb]
g 3 Ben [Illustration: Ben]
A 4 Ix [Illustration: Ix]
b 5 Men [Illustration: Men]
c 6 Cib [Illustration: Cib]
d 7 Caban [Illustration: Caban]
e 8 Ezanab [Illustration: Ezanab]
f 9 Cauac [Illustration: Cauac]
g 10 Ahau [Illustration: Ahau]
OCTOBER.
A 11 Ymix [Illustration: Ymix]
b 12 Ik [Illustration: Ik]
c 13 Akbal [Illustration: Akbal]
d 1 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: TZEC]
... Venido el de la fiesta, se juntavan en la casa que se celebrava, y hazian todo lo que en las demas, salvo que no derramavan sangre. Tenian por avogados a los Bacabes y especialmente a Hobnil. Hazian ofrendas muchas y especial a los quatro chaces, davan 4 platos con sendas pelotas de encienso en medio de cada uno y pintadas a la redonda unas figuras de miel que por la abundancia della era esta fiesta. Concluiyanla con vino como solian, y harto porque davan para ello los dueños de las colmenas miel en abundancia.
e 2 Chicchan [Illustration: Chicchan]
f 3 Cimij [Illustration: Cimij]
g 4 Manik [Illustration: Manik]
A 5 Lamat [Illustration: Lamat]
b 6 Muluc [Illustration: Muluc]
c 7 Oc [Illustration: Oc]
d 8 Chuen [Illustration: Chuen]
e 9 Eb [Illustration: Eb]
f 10 Ben [Illustration: Ben]
g 11 Ix [Illustration: Ix]
A 12 Men [Illustration: Men]
b 13 Cib [Illustration: Cib]
c 1 Caban [Illustration: Caban]
d 2 Ezanab [Illustration: Ezanab]
e 3 Cauac [Illustration: Cauac]
f 4 Ahau [Illustration: Ahau]
g 5 Ymix [Illustration: Ymix]
A 6 Ik [Illustration: Ik]
b 7 Akbal [Illustration: Akbal]
c 8 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: XUL]
En el decimo capitulo queda dicha la ida de Kukulcan de Yucatan despues de la qual uvo entre los indios algunos que dixeron se avia ido al cielo con los dioses, y por esso le tuvieron por dios y le señalaron templo en que como a tal le celebrassen su fiesta, y se la celebro toda la tierra hasta la destruicion de Mayapan. Despues desta destruicion se celebrava en la provincia de Mani solamente y les demas provincias en reconocimiento de lo que devian a Kukulcan presentavan, una un año y otra otro a Mani quatro, y a las vezes cinco muy galanas vanderas de pluma, con las quales hazian la fiesta en esta manera, y no como las passadas. A diez y seis de Xul, se juntavan todos los señores y sacerdotes en Mani, y con ellos gran gentio de los pueblos, los quales venian ya preparados de sus ayunos y abstinencias. Aquel dia en la tarde salian con gran procession de gente y con muchos de sus farsantes de casa del señor donde juntos estavan y yvan con gran sosiego al templo de Kukulcan, el qual tenian muy adereçado, y llegados haziendo sus oraciones, ponian las vanderas en lo alto del templo, y abaxo en el patio tendian todos cada uno sus idolos sobre hojas de arboles que para ello avia, y sacada lumbre nueva, començavan a quemar en muchas partes de su encienso, y a hazer ofrendas de comidas guisadas sin sal ni pimienta y de bevidas de sus habas y pepitas de calabaças, y passavan quemando siempre copal, y en estas ofrendas alli sin volver a sus casas los señores, ni los que avian ayunado cinco dias y cinco noches en oraciones y en algunos vailes devotos. Hasta el primero dia de Yaxkin andavan los farsantes estos cinco dias por las casas principales, haziendo sus farsas, y recogian los presentes que les davan, y todo lo llevavan al templo, donde acabados de passar los cinco dias, repartian los dones entre los señores, sacerdotes y vailantes, y cogian las vanderas y idolos, y se bolvian a casa del señor y de ay cada qual a su casa. Dezian y tenian muy creido baxava Kukulcan el postrero dia de aquellos del cielo y recibia sus servicios, vigilias y offrendas; llamavan a esta fiesta Chic-Kaban.
d 9 Chicchan [Illustration: Chicchan]
e 10 Cimij [Illustration: Cimij]
f 11 Manik [Illustration: Manik]
g 12 Lamat [Illustration: Lamat]
A 13 Muluc [Illustration: Muluc]
b 1 Oc [Illustration: Oc]
c 2 Chuen [Illustration: Chuen]
NOVEMBER.
d 3 Eb [Illustration: Eb]
e 4 Ben [Illustration: Ben]
f 5 Ix [Illustration: Ix]
g 6 Men [Illustration: Men]
A 7 Cib [Illustration: Cib]
b 8 Caban [Illustration: Caban]
c 9 Ezanab [Illustration: Ezanab]
d 10 Cauac [Illustration: Cauac]
e 11 Ahau [Illustration: Ahau]
f 12 Ymix [Illustration: Ymix]
g 13 Ik [Illustration: Ik]
A 1 Akbal [Illustration: Akbal]
b 2 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: YAXKIN]
En este mes de Yaxkin se començavan a aparejar, como solian, para una fiesta que hazian general en Mol en el dia que señalava el sacerdote a todos los dioses: llamavanla Oloh-zab-kam-yax. Lo que despues juntos en el templo y hechas las cerimonias y saumerios que en las passadas hazian pretendian era untar con el betun azul que hazian todos los instrumentos de todos los officios, desde el sacerdote hasta los husos de las mugeres y las postes de sus casas. Para esta fiesta pintavan todos los niños y niñas del pueblo, y en lugar de embadurmientos y cerimonias davan en las conjunturas de las manos por la parte de fuera cada nueve golpezillos, y a las niñas se les dava una vieja, vestida de un habito de plumas, que las traia alli y por esto la llamavan Ixmol, la allegadera. Davanles estos golpes para que saliessen espertos officiales en los officios de sus padres y madres. La conclusion era con buena borrachera, comidas las offrendas, salvo que es de creer que aquella devota vieja allegaria con que se emborachava en casa por no perder la pluma del officio en el camino.
c 3 Chicchan [Illustration: Chicchan]
d 4 Cimij [Illustration: Cimij]
e 5 Manik [Illustration: Manik]
f 6 Lamat [Illustration: Lamat]
g 7 Muluc [Illustration: Muluc]
A 8 Oc [Illustration: Oc]
b 9 Chuen [Illustration: Chuen]
c 10 Eb [Illustration: Eb]
d 11 Ben [Illustration: Ben]
e 12 Ix [Illustration: Ix]
f 13 Men [Illustration: Men]
g 1 Cib [Illustration: Cib]
A 2 Caban [Illustration: Caban]
b 3 Ezanab [Illustration: Ezanab]
c 4 Cauac [Illustration: Cauac]
d 5 Ahau [Illustration: Ahau]
e 6 Ymix [Illustration: Ymix]
DECEMBER.
f 7 Ik [Illustration: Ik]
g 8 Akbal [Illustration: Akbal]
A 9 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: MOL]
En este mes tornavan los colmeneros a hazer otra fiesta como la que hizieron en Tzec, para que los dioses proveessen de flores a las avejas.
Una de las cosas que estos pobres tenian por mas ardua y difficultosa era hazer idolos de palo a la qual llamavan hazer dioses, y assi tenian para hazerlos señalado tiempo particular y era este mes de Mol, o otro si el sacerdote les dezia bastava. Los que los querian pues hazer consultavan el sacerdote primero, y tomando su consejo, ivan al official dellos, y dizen se escusavan siempre los officiales, porque tenian se avian ellos o algunos de sus casas de morir, o venirles enfermedades de amortecimientos, y acceptados començavan los chaces que para esto tambien elegian y el sacerdote y el oficial, a ayunar sus ayunos. En tanto que ellos ayunavan, yva el cujos idolos eran o embiava por la madera para ellos al monte, la qual era siempre de cedro. Venida la madera, hazian una casilla de paja cercada donde metian la madera y una tinaja para en que echar los idolos, y alli tenerlos atapados como los fuessen haziendo. Metian encienso que quemar a quatro demonios, llamados Acantunes, que metian y ponian a las quatro partes del mundo. Metian consque se sajar o sacar sangre de las orejas y la erramienta para labrar los negros dioses, y con estos adereços se encerravan en la casilla el sacerdote y los chaces y el official, y començavan su labor de dioses, cortandose a menudo las orejas y untando con la sangre aquellos demonios y quemandoles su encienso, y assi perseveravan hasta que los acabavan dandoles de comer y lo necessario cuyos eran, y no havian de conocer sus mugeres ni por pienso ni aun llegar nadie a aquel lugar donde ellos estavan.
b 10 Chicchan [Illustration: Chicchan]
c 11 Cimij [Illustration: Cimij]
d 12 Manik [Illustration: Manik]
e 13 Lamat [Illustration: Lamat]
f 1 Muluc [Illustration: Muluc]
g 2 Oc [Illustration: Oc]
A 3 Chuen [Illustration: Chuen]
b 4 Eb [Illustration: Eb]
c 5 Ben [Illustration: Ben]
d 6 Ix [Illustration: Ix]
e 7 Men [Illustration: Men]
f 8 Cib [Illustration: Cib]
g 9 Caban [Illustration: Caban]
A 10 Ezanab [Illustration: Ezanab]
b 11 Cauac [Illustration: Cauac]
c 12 Ahau [Illustration: Ahau]
d 13 Ymix [Illustration: Ymix]
e 1 Ik [Illustration: Ik]
f 2 Akbal [Illustration: Akbal]
g 3 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: CHEN]
A 4 Chicchan [Illustration: Chicchan]
b 5 Cimij [Illustration: Cimij]
c 6 Manik [Illustration: Manik]
d 7 Lamat [Illustration: Lamat]
e 8 Muluc [Illustration: Muluc]
f 9 Oc [Illustration: Oc]
g 10 Chuen [Illustration: Chuen]
A 11 Eb [Illustration: Eb]
§ XL.—Ici commence le calendrier romain et yucatèque.
1ᵉʳ Janvier. XII BEN. 10ᵉ jour du mois CHEN[177].
2 — XIII YX.
3 — I MEN.
4 — II CIB.
5 — III CABAN.
6 — IV EZANAB.
7 — V CAUAC.
8 — VI AHAU.
9 — VII YMIX.
10 — VIII IK.
11 — IX AKBAL.
12 — X KAN. 1ᵉʳ jour du mois YAX.
13 — XI CHICCHAN.
14 — XII CIMI.
15 — XIII MANIK.
16 — I LAMAT.
17 — II MULUC.
18 — III OC.
19 — IV CHUEN.
20 — V EB.
21 — VI BEN.
22 — VII YX.
23 — VIII MEN.
24 — IX CIB.
25 — X CABAN.
26 — XI EZANAB.
27 — XII CAUAC.
28 — XIII AHAU.
Suivant ce qu’ils disaient, ils travaillaient dans une grande crainte, à former les dieux. Une fois que les idoles étaient achevées et perfectionnées, celui qui en était le possesseur faisait à ceux qui les avaient modelées un présent, le meilleur possible, d’oiseaux, de gibier et de monnaie, afin de payer leur travail. On enlevait les idoles de la cabane où elles avaient été fabriquées, et on les portait dans une autre cabane en feuillages, érigée à ce dessein dans la cour, où le prêtre les bénissait avec beaucoup de solennité et de ferventes prières, les artistes s’étant nettoyés préalablement de la suie dont ils s’étaient frottés, en signe de jeûne, disaient-ils, pour tout le temps qu’ils restaient à l’œvre. Ayant ensuite chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, et brûlé de l’encens béni, ils plaçaient dans une corbeille les nouvelles images, enveloppées d’un linge, et les remettaient à leur possesseur, qui les recevait avec beaucoup de dévotion. Le bon prêtre prêchait ensuite aux artistes quelques instants sur l’excellence de leur profession, celle de faire des dieux nouveaux, et sur le danger qu’il y aurait pour eux d’y travailler sans garder les préceptes de l’abstinence et du jeûne. A la suite de tout cela, ils prenaient ensemble un repas abondant et buvaient encore mieux.
Quel que fût celui des deux mois Chen et Yax dont le prêtre signalait le jour, ils célébraient une fête appelée Ocna, ce qui veut dire rénovation du temple en honneur des Chac, qu’ils regardaient comme les dieux des champs. Dans cette fête, ils consultaient les pronostics des Bacab, ainsi qu’il est dit plus au long aux chapitres CXIII, CXIIII, CXV et CXVI[178], et suivant l’ordre déjà y mentionné. Ils célébraient cette fête chaque année. En outre, ils renouvelaient alors les idoles de terre cuite et leurs brasiers; car il était d’usage que chaque idole eût son petit brasier où l’on brûlait son encens, et, si on le trouvait nécessaire, on lui bâtissait une maison nouvelle, ou bien on la renouvelait, en ayant soin de placer dans le mur d’inscription commémorative de ces choses, écrite dans leurs caractères[179].
Ici commence le comput du calendrier des Indiens, disant dans leur langue Hun Ymix.
29 — I YMIX.
30 — II IK.
31 — III AKBAL.
1ᵉʳ Février. IV KAN. 1ᵉʳ jour du mois ZAC.
En un des jours de ce mois Zac, que le prêtre signalait, les chasseurs célébraient une autre fête, comme celle qu’ils avaient célébrée au mois Zip. Celle-ci avait lieu actuellement, afin d’apaiser le courroux des dieux contre eux et leurs semailles, à cause du sang qu’ils répandaient durant la chasse; car ils regardaient comme chose abominable toute effusion de sang, en dehors de leurs sacrifices[180]: aussi n’allaient-ils jamais à la chasse, sans auparavant invoquer leurs idoles et leur brûler de l’encens; et s’ils le pouvaient ensuite, ils leur barbouillaient le visage du sang de leur gibier.
2 — V CHICCHAN.
3 — VI CIMI.
4 — VII MANIK.
5 — VIII LAMAT.
6 — IX MULUC.
7 — X OC.
8 — XI CHUEN.
9 — XII EB.
10 — XIII BEN.
11 — I YX.
12 — II MEN.
13 — III CIB.
14 — IV CABAN.
15 — V EZANAB.
16 — VI CAUAC.
17 — VII AHAU.
Quelque jour que tombât ce septième Ahau, ils célébraient une fort grande fête, qui se continuait pendant trois jours, avec des encensements, des offrandes et une orgie assez respectable; mais comme c’était une fête mobile, les prêtres avaient soin de la publier d’avance, afin que chacun pût jeûner, selon son devoir.
18 — VIII YMIX.
19 — IX IK.
20 — X AKBAL.
21 — XI KAN. 1ᵉʳ jour du mois CEH.
22 — XII CHICCHAN.
23 — XIII CIMI.
24 — I MANIK.
25 — II LAMAT.
26 — III MULUC.
27 — IV OC.
28 — V CHUEN.
1ᵉʳ Mars. VI EB.
2 — VII BEN.
3 — VIII YX.
4 — IX MEN.
5 — X CIB.
6 — XI CABAN.
7 — XII EZANAB.
8 — XIII CAUAC.
9 — I AHAU.
10 — II YMIX.
11 — III IK.
12 — IV AKBAL.
13 — V KAN. 1ᵉʳ jour du mois MAC.
L’un ou l’autre jour de ce mois Mac, les gens âgés et la plupart des vieillards célébraient une fête aux Chac, dieux de l’abondance, ainsi qu’à Yzamma. Quelques jours auparavant, ils faisaient la cérémonie suivante, qu’ils appelaient dans leur langue Tuppkak[181]. Ayant réuni tous les animaux, reptiles et bêtes dans les champs qu’ils avaient pu trouver dans le pays, ils s’assemblaient dans la cour du temple, les Chac[182] avec le prêtre prenant les coins, pour chasser le mauvais esprit, suivant l’usage, chacun d’eux ayant à côté de lui une cruche remplie d’eau qu’on lui apportait. Debout, au centre, se trouvait un énorme fagot de bois menu et sec, auquel ils mettaient le feu, après avoir jeté de l’encens dans le brasier: tandis que le bois brûlait, ils arrachaient à l’envi le cœur aux animaux et aux oiseaux et les jetaient dans le feu. S’ils avaient été dans l’impossibilité de prendre de grands animaux du genre des tigres, des lions ou des caïmans, ils en imitaient les cœurs avec de l’encens; mais s’ils les avaient, ils leur arrachaient également le cœur pour le livrer au feu et le brûler. Aussitôt que tous ces cœurs étaient consumés, les Chac éteignaient le feu avec l’eau contenue dans les cruches. Le but de ce sacrifice et de la fête suivante était d’obtenir ainsi de l’eau en abondance pour leurs semailles, durant l’année. Ils célébraient toutefois cette fête d’une manière différente des autres; car, pour celle-ci, ils ne jeûnaient point, à l’exception du bedeau de la confrérie qui faisait pénitence. Au jour convenu pour la célébration, tout le peuple se réunissait avec le prêtre et les officiers dans la cour du temple, où on avait érigé une plate-forme en pierre, avec des degrés pour monter, le tout bien propre et orné de feuillage. Le prêtre donnait de l’encens préparé d’avance au bedeau qui le brûlait dans le brasier, ce qui suffisait pour chasser le mauvais esprit. Cela terminé, avec la dévotion accoutumée, ils frottaient le premier degré de la plate-forme avec de la vase du puits ou de la citerne, et les autres avec de la couleur bleue; ils l’encensaient à plusieurs reprises et invoquaient les Chac avec des prières et des cérémonies, leur offrant des dons. En finissant, ils se réjouissaient, mangeant et buvant les oblations, pleins de confiance dans le résultat de leurs rites et de leurs invocations pour cette année.
14 — VI CHICCHAN.
15 — VII CIMI.
16 — VIII MANIK.
17 — IX LAMAT.
18 — X MULUC.
19 — XI OC.
20 — XII CHUEN.
21 — XIII EB.
22 — I BEN.
23 — II YX.
24 — III MEN.
25 — IV CIB.
26 — V CABAN.
27 — VI EZANAB.
28 — VII CAUAC.
29 — VIII AHAU.
30 — IX YMIX.
31 — X IK.
1ᵉʳ Avril. XI AKBAL.
2 — XII KAN. 1ᵉʳ jour du mois KANKIN.
3 — XIII CHICCHAN.
4 — I CIMI.
5 — II MANIK.
6 — III LAMAT.
7 — IV MULUC.
8 — V OC.
9 — VI CHUEN.
10 — VII EB.
11 — VIII BEN.
12 — IX YX.
13 — X MEN.
14 — XI CIB.
15 — XII CABAN.
16 — XIII EZANAB.
17 — I CAUAC.
18 — II AHAU.
19 — III YMIX.
20 — IV IK.
21 — V AKBAL.
22 — VI KAN. 1ᵉʳ jour du mois MUAN.
Au mois Muan, les propriétaires de plantations de cacao célébraient une fête en l’honneur des dieux Ekchuah, Chac et Hobnil, qui étaient leurs patrons[183]: ils allaient pour la solenniser à la métairie de l’un d’entre eux, où ils sacrifiaient un chien, portant une tache de couleur cacao. Ils brûlaient de l’encens à leurs idoles, leur offraient des iguanes; de celles qui sont bleues, des plumes d’un oiseau particulier, ainsi que diverses sortes de gibier; ils donnaient à chacun des officiers une branche avec le fruit du cacao. Le sacrifice terminé, ils se mettaient à manger et à boire les oblations; mais on dit qu’on ne permettait à chacun de boire que trois coupes de leur vin, et qu’ils n’en apportaient que juste la quantité nécessaire. Ils se rendaient ensuite à la maison de celui qui faisait les frais de la fête, où ils se divertissaient ensemble.
23 — VII CHICCHAN.
24 — VIII CIMI.
25 — IX MANIK.
26 — X LAMAT.
27 — XI MULUC.
28 — XII OC.
29 — XIII CHUEN.
30 — I EB.
1ᵉʳ Mai. II BEN.
2 — III YX.
3 — IV MEN.
4 — V CIB.
5 — VI CABAN.
6 — VII EZANAB.
7 — VIII CAUAC.
8 — IX AHAU.
9 — X YMIX.
10 — XI IK.
11 — XII AKBAL.
12 — XIII KAN. 1ᵉʳ jour du mois PAX.
Au mois Pax ils célébraient une fête nommée Pacum-Chac, à l’occasion de laquelle les seigneurs et les prêtres des bourgades inférieures s’assemblaient avec ceux des villes plus importantes; ainsi réunis, ils passaient dans le temple de Cit-Chac-Coh[184] cinq nuits en prières, présentant leurs offrandes avec de l’encens, comme on a vu qu’ils le faisaient à la fête de Kukulcan, au mois Xul, en novembre. En commençant des cinq jours, ils se rendaient tous ensemble à la maison du général de leurs armées, du titre de Nacon, dont j’ai traité au chapitre CI[185]. Ils le portaient en grande pompe, l’encensant comme une idole jusqu’au temple où ils l’asseyaient et lui brûlaient des parfums de la même manière qu’aux dieux. Ils passaient ainsi cinq jours, mangeant et buvant les oblations que l’on présentait au temple, et ils exécutaient un ballet assez semblable à un grand pas de guerre, auquel ils donnaient dans leur langue le nom de Holkan-Okot, ce qui veut dire danse des guerriers. Passé les cinq jours, tout le monde venait à la fête qui, pour concerner les choses de la guerre et dans l’espoir d’obtenir la victoire, était fort solennelle. Ils commençaient par les cérémonies et les sacrifices du feu, dont j’ai parlé au mois Mac. Ensuite, ils chassaient, comme de coutume, le démon avec beaucoup de solennité. Cela terminé, on recommençait les prières, les offrandes et les encensements. Tandis que toutes ces choses allaient leur train, les seigneurs et ceux qui les avaient accompagnés chargeaient de nouveau le Nacon sur leurs épaules et le portaient processionnellement autour du temple. A leur retour, les Chac sacrifiaient un chien, en lui arrachant le cœur, qu’ils présentaient à l’idole entre deux plats; chacun d’eux brisait ensuite une grande cruche remplie de boisson, avec quoi s’achevait la fête. Tous ensuite mangeaient et buvaient les offrandes qu’on avait apportées, et on reportait le Nacon avec beaucoup de solennité, mais sans aucun encens, chez lui.
Là avait lieu un grand festin où seigneurs, nobles et prêtres s’enivraient à qui mieux mieux, à l’exception du Nacon qui restait sobre, tandis que la foule s’en retournait d’où elle était venue. Le lendemain, après qu’ils avaient cuvé leur vin, les seigneurs et les prêtres, qui étaient restés dans la maison du général, à la suite de l’orgie, recevaient de sa main de grands présents d’encens qu’il avait préparé à cet effet et fait bénir par ces prêtres bénoits. Dans cette réunion, il leur faisait à tous un long discours et leur recommandait avec componction les fêtes qu’ils devaient célébrer en l’honneur des dieux dans leurs bourgades, afin d’en obtenir une année prospère et abondante. Le sermon terminé, tous prenaient congé les uns des autres avec beaucoup de tendresse et de bruit et chacun reprenait le chemin de sa commune et de sa maison. Ils s’y occupaient de la célébration de leurs fêtes qui duraient quelquefois, suivant les circonstances, jusqu’au mois de Pop. Ils donnaient à ces fêtes le nom de Zabacil-Than, et voici comment ils les solennisaient. Ils cherchaient dans la commune ceux qui, comme les plus riches, étaient les plus en état de faire les frais de la fête et la leur recommandaient au jour signalé; parce qu’on avait davantage de..... durant ces trois mois qui restaient jusqu’à l’année naturelle. Ce qu’ils faisaient alors c’était de se réunir dans la maison de celui qui célébrait la fête, après avoir fait la cérémonie de chasser le mauvais esprit. On brûlait du copal, on présentait des offrandes avec des réjouissances et des danses, après quoi on avalait quelques cruches de vin, ce qui était toujours le fond de la fête. Tels étaient d’ailleurs les excès auxquels ils se livraient durant ces trois mois, que cela faisait peine à voir: les uns s’en allaient tout couverts d’égratignures ou de contusions, les autres les yeux enflammés de la quantité de liqueurs, dont ils s’abreuvaient, et avec cette passion pour le vin ils s’y ruinaient entièrement.
13 — I CHICCHAN.
14 — II CIMI.
15 — III MANIK.
16 — IV LAMAT.
17 — V MULUC.
18 — VI OC.
19 — VII CHUEN.
20 — VIII EB.
21 — IX BEN.
22 — X IX.
23 — XI MEN.
24 — XII CIB.
25 — XIII CABAN.
26 — I EZANAB.
27 — II CAUAC.
28 — III AHAU.
29 — IV YMIX.
30 — V IK.
31 — VI AKBAL.
1ᵉʳ Juin. VII KAN. 1ᵉʳ jour du mois KAYAB.
2 — VIII CHICCHAN.
3 — IX CIMI.
4 — X MANIK.
5 — XI LAMAT.
6 — XII MULUC.
7 — XIII OC.
8 — I CHUEN.
9 — II EB.
10 — III BEN.
11 — IV IX.
12 — V MEN.
13 — VI CIB.
14 — VII CABAN.
15 — VIII EZANAB.
16 — IX CAUAC.
17 — X AHAU.
18 — XI YMIX.
19 — XII IK.
20 — XIII AKBAL.
21 — I KAN. 1ᵉʳ jour du mois CUMKU.
22 — II CHICCHAN.
23 — III CIMI.
24 — IV MANIK.
25 — V LAMAT.
26 — VI MULUC.
27 — VII OC.
28 — VIII CHUEN.
29 — IX EB.
30 — X BEN.
1ᵉʳ Juillet. XI YX.
2 — XII MEN.
3 — XIII CIB.
4 — I CABAN.
5 — II EZANAB.
6 — III CAUAC.
7 — IV AHAU.
8 — V YMIX.
9 — VI IK.
10 — VII AKBAL.
On a dit, dans les chapitres précédents, que les Indiens commençaient leurs années par ces jours sans nom, en s’y préparant dans les veilles à célébrer la fête de l’année nouvelle. Outre la fête qu’ils faisaient au dieu U-vayeyab, à raison duquel seulement ils sortaient de chez eux, ils solennisaient surtout ces cinq jours, en quittant peu l’intérieur de leurs maisons, excepté pour aller présenter, en outre des offrandes faites en commun, diverses bagatelles à leurs dieux et dans les autres temples. Ils n’employaient jamais ensuite à leur usage particulier les bagatelles qu’ils offraient aux idoles, mais ils en achetaient de l’encens pour le brûler. Ils ne se peignaient ni ne se lavaient durant ces jours: ni hommes ni femmes ne s’épouillaient; ils ne faisaient aucune œuvre servile ni fatigante, de peur qu’il leur en arrivât quelque malheur[186].
11 — VIII KAN.
12 — IX CHICCHAN.
13 — X CIMI.
14 — XI MANIK.
15 — XII LAMAT.
COMMENCEMENT DE L’ANNÉE MAYA.
16 — XII KAN. 1ᵉʳ jour du mois POP.
Le premier jour de Pop commençait le premier mois de ces Indiens; c’était le jour de leur année nouvelle et celui d’une fête fort solennelle chez eux; car elle était générale, tous y prenaient part et tout le peuple se réunissait pour fêter tous les dieux. Pour la célébrer avec plus d’ostentation, ils renouvelaient ce jour-là tous les objets dont ils se servaient, tels que plats, coupes, piédestaux, paniers, vieux habits et étoffes avec lesquelles ils enveloppaient leurs idoles. Ils balayaient leurs maisons et allaient jeter le tout avec l’ordure et les vieux ustensiles à la voirie, en dehors de la localité, et nul, en eût-il eu le plus grand besoin, n’eût osé y toucher. Pour se préparer à cette fête, les princes et les prêtres, ainsi que la noblesse, commençaient par jeûner et s’abstenir préalablement de leurs femmes, ce que faisaient également ceux qui voulaient montrer leur dévotion, et ils y donnaient tout le temps qu’ils jugeaient à propos; car il y en avait qui s’y prenaient trois mois à l’avance, d’autres deux, d’autres à leur fantaisie, autant qu’il leur plaisait, quoique jamais moins de treize jours. A ces treize jours d’abstinence de leurs femmes, ils ajoutaient celle de ne prendre avec leurs mets ni sel, ni piment, ce qu’ils regardaient comme une grande pénitence. C’est dans cet intervalle qu’ils faisaient l’élection des officiers Chac qui aidaient le prêtre: celui-ci leur préparait une grande quantité de petites boules d’encens frais sur des planchettes que les prêtres avaient à cet effet, afin que les jeûneurs et les abstinents pussent les brûler en l’honneur de leurs idoles. Ceux qui avaient une fois commencé cette pénitence se gardaient bien de la rompre, persuadés qu’ils étaient qu’il leur arriverait de cette infraction quelque calamité soit à eux-mêmes, soit à leurs maisons.
Le jour du nouvel an arrivé, tous les hommes s’assemblaient dans la cour du temple, mais seuls: car, en aucune occasion, si la fête ou le sacrifice se célébrait dans le temple, les femmes ne pouvaient y assister, à l’exception des vieilles qui y venaient pour leurs danses particulières; mais dans les différentes autres fêtes qui avaient lieu ailleurs, les femmes avaient la faculté de se présenter. Dans la circonstance actuelle, les hommes venaient propres et ornés de leurs peintures et de leurs couleurs, après s’être débarbouillés de la suie dont ils s’étaient recouverts pendant le temps de leur pénitence. Tous étant réunis avec les offrandes de mets et de boissons qu’on avait apportés et une grande quantité de vin, nouvellement fermenté, le prêtre purifiait le temple et s’asseyait au milieu de la cour, vêtu de pontifical, ayant à côté de lui un brasier et les planchettes à encens. Les Chac prenaient place aux quatre coins, étendant de l’un à l’autre un cordon neuf, au centre duquel devaient entrer tous ceux qui avaient jeûné, afin de chasser le mauvais esprit, comme je l’ai dit au chapitre XCVI. L’esprit malin une fois expulsé, tous se mettaient à prier dévotement, tandis que les chaces tiraient le feu nouveau: ils brûlaient de l’encens aux idoles, le prêtre commençant le premier à jeter le sien dans le brasier; toute l’assemblée le suivait, les seigneurs se présentant d’abord, chacun suivant son rang, pour recevoir les boulettes d’encens de la main du prêtre, qui le leur mettait dans les mains avec autant de gravité et de dévotion, que s’il leur eût donné des reliques; puis, l’un après l’autre, les jetaient lentement dans le brasier, attendant qu’il eût achevé de brûler. A la suite de cette cérémonie, ils mangeaient entre tous les oblations et les présents de vivres, en buvant le vin qui allait son train, comme toujours, jusqu’à ce qu’ils eussent terminé. C’était là leur fête de l’an neuf et la solennité avec laquelle ils croyaient se rendre parfaitement agréables aux idoles. Dans le courant de ce mois Pop, il y avait aussi des gens particulièrement dévots qui célébraient encore cette fête avec leurs amis, ainsi que les nobles et les prêtres, ceux-ci étant, d’ailleurs, toujours les premiers dans les réjouissances et les festins.
17 — XIII CHICCHAN.
18 — I CIMI.
19 — II MANIK.
20 — III LAMAT.
21 — IV MULUC.
22 — V OC.
23 — VI CHUEN.
24 — VII EB.
25 — VIII BEN.
26 — IX YX.
27 — X MEN.
28 — XI CIB.
29 — XII CABAN.
30 — XIII EZANAB.
31 — I CAUAC.
1ᵉʳ Août. II AHAU.
2 — III YMIX.
3 — IV IK.
4 — V AKBAL.
5 — VI KAN. 1ᵉʳ jour du mois UO.
6 — VII CHICCHAN.
7 — VIII CIMI.
8 — IX MANIK.
9 — X LAMAT.
10 — XI MULUC.
11 — XII OC.
12 — XIII CHUEN.
13 — I EB.
14 — II BEN.
15 — III YX.
16 — IV MEN.
17 — V CIB.
18 — VI CABAN.
19 — VII EZANAB.
20 — VIII CAUAC.
21 — IX AHAU.
Durant le mois Uo, les prêtres, les médecins et les sorciers, ce qui était tout un, commençaient à se préparer par des jeûnes et autres actes de piété, à la célébration d’une autre fête que les chasseurs et les pêcheurs solennisaient au septième jour du mois Zip; chacun d’eux la célébrait en son jour de son côté; les prêtres les premiers. On donnait à cette fête le nom de Pocam. S’étant rassemblés, revêtus de leurs ornements, dans la maison du prince, ils chassaient d’abord le mauvais esprit, comme à l’ordinaire: ils découvraient ensuite leurs livres et les exposaient sur un tapis de verdure qu’ils avaient préparé à cet effet. Ils invoquaient ensuite dévotement un dieu nommé Cinchau-Yzamna, qui avait, disaient-ils, été le premier prêtre[187]; ils lui offraient divers présents et lui brûlaient au feu nouveau des boulettes d’encens. Pendant ce temps-là d’autres délayaient dans un vase un peu de vert-de-gris avec de l’eau vierge, qu’ils disaient avoir apportée des bois où jamais femme n’avait pénétré: ils en humectaient les planches des livres, afin de les nettoyer; cela fait, le plus savant des prêtres ouvrait un livre où il examinait les pronostics de cette année, qu’il déclarait à tous ceux qui étaient présents[188]. Il les prêchait après cela quelque peu, leur recommandant ce qu’ils devaient faire pour en éloigner les effets sinistres, et faisait connaître cette même fête pour l’année suivante au prêtre ou seigneur qui devait la célébrer: si celui-ci venait à mourir dans l’intervalle, ses fils étaient tenus de la célébrer à sa place. Cela terminé, tous ensemble consommaient les vivres et les boissons des offrandes, buvant comme des sacs à vin. Ainsi s’achevait la fête, durant laquelle ils dansaient quelquefois un ballet du nom d’Okot-Uil.
22 — X YMIX.
23 — XI IK.
24 — XII AKBAL.
25 — XIII KAN. 1ᵉʳ jour du mois ZIP.
26 — I CHICCHAN.
27 — II CIMI.
28 — III MANIK.
29 — IV LAMAT.
30 — V MULUC.
31 — VI OC.
1ᵉʳ Septemb. VII CHUEN.
Le jour suivant, les médecins et sorciers se réunissaient dans la maison de l’un d’eux avec leurs femmes. Les prêtres chassaient l’esprit mauvais, après quoi ils exposaient les enveloppes de leur médecine, où ils tenaient une foule de bagatelles et, chacun en particulier, de petites images de la déesse de la médecine qu’ils appelaient Ixchel, d’où le nom de la fête Ihcil-Ixchel, ainsi que des petites pierres servant à leurs sortiléges, nommées am. Avec une grande dévotion, ils invoquaient alors dans leurs prières les dieux de la médecine Yzamna, Cit-Bolon-Tun et Ahau-Chamahez, tandis que les prêtres brûlaient en leur honneur de l’encens qu’ils jetaient dans le brasier du feu nouveau et que les Chac les barbouillaient de couleur bleue comme les livres des prêtres. Cela fait, chacun enveloppait les choses qui le regardaient, et, chargés de leurs paquets, ils dansaient un ballet nommé Chan-tun-yab. Le ballet terminé, les hommes s’asseyaient d’un côté et les femmes de l’autre; on signalait ensuite le jour pour la fête de l’année suivante, et tous ensemble faisaient le festin accoutumé des offrandes et des boissons, s’enivrant à qui mieux mieux. Les prêtres seuls, dit-on, honteux de s’y joindre cette fois, mettaient de côté leur part du vin, afin de le boire à leur aise et sans témoins.
Le jour précédent, les chasseurs se réunissaient dans la maison de l’un d’eux où ils amenaient leurs femmes; les prêtres y venaient comme les autres, et après avoir chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, ils plaçaient au milieu de la maison les préparatifs nécessaires au sacrifice d’encens et de feu nouveau avec de la couleur bleue. Les chasseurs invoquaient avec dévotion les dieux de la chasse Acanum, Zuhuy-Zip, Tabai et d’autres, et distribuaient l’encens qu’ils jetaient ensuite dans le brasier. Tandis qu’il brûlait, chacun prenait une flèche et une tête de cerf que les Chac frottaient de la couleur bleue; ainsi peints, les uns dansaient, en les tenant à la main, pendant que d’autres se perçaient les oreilles ou la langue, se passant par les trous qu’ils y pratiquaient sept feuilles d’une herbe appelée Ac[189]. Cela terminé, le prêtre d’abord et les officiers de la fête après, lui présentaient les oblations, puis ils se mettaient à danser, se faisant verser du vin et s’enivrant jusqu’à satiété.
Le lendemain c’était le tour des pêcheurs à célébrer la fête, ce qu’ils faisaient de la même manière que les autres, sauf qu’au lieu de têtes de cerfs, ils barbouillaient de couleur leurs instruments de pêche; ils ne se perçaient pas non plus les oreilles, mais se les taillaient à l’entour, après quoi ils dansaient un ballet nommé Chohom[190]. Cela fait, ils bénissaient un grand et gros arbre qu’ils laissaient debout. Lorsque cette fête était finie dans les villes, les seigneurs avaient coutume d’aller la célébrer avec beaucoup de monde à la côte, où ils faisaient de grandes pêches avec des réjouissances de toute sorte; car ils portaient avec eux une grande quantité de filets et de hameçons, avec d’autres instruments à pêcher. Les dieux qu’ils invoquaient alors comme leurs patrons étaient Ahkak-Nexoï, Ahpua, Ahcitz et Amalcum[191].
2 — VIII EB.
3 — IX BEN.
4 — X YX.
5 — XI MEN.
6 — XII CIB.
7 — XIII CABAN.
8 — I EZANAB.
9 — II CAUAC.
10 — III AHAU.
11 — IV YMIX.
12 — V IK.
13 — VI AKBAL.
14 — VII KAN. 1ᵉʳ jour du mois TZOZ.
Au mois Tzoz, les maîtres de ruches à miel se préparaient à la célébration de leur fête de Tzec; mais quoique la principale préparation à ces fêtes fût le jeûne, il n’obligeait que le prêtre et les officiers qui lui prêtaient leur aide, étant tout volontaire pour les autres.
15 — VIII CHICCHAN.
16 — IX CIMI.
17 — X MANIK.
18 — XI LAMAT.
19 — XII MULUC.
20 — XIII OC.
21 — I CHUEN.
22 — II EB.
23 — III BEN.
24 — IV YX.
25 — V MEN.
26 — VI CIB.
27 — VII CABAN.
28 — VIII EZANAB.
29 — IX CAUAC.
30 — X AHAU.
1ᵉʳ Octobre. XI YMIX.
2 — XII YX.
3 — XIII AKBAL.
4 — I KAN. 1ᵉʳ jour du mois TZEC.
Le jour de la fête étant venu, ils se réunissaient dans la maison de celui qui la célébrait et faisaient tout ce qu’ils étaient accoutumés de faire dans les autres, sauf qu’ils ne répandaient pas de sang. Ils avaient pour patrons les Bacab, et surtout Hobnil. Ils faisaient alors de grandes offrandes, en particulier aux quatre Chac, auxquels ils présentaient quatre plats, peints tout autour de figures de miel, afin d’en obtenir en abondance par le moyen de cette fête. Ils la finissaient, comme de coutume, par une orgie complète, les maîtres des ruches n’épargnant pas le miel en cette circonstance[192].
5 — II CHICCHAN.
6 — III CIMI.
7 — IV MANIK.
8 — V LAMAT.
9 — VI MULUC.
10 — VII OC.
11 — VIII CHUEN.
12 — IX EB.
13 — X BEN.
14 — XI YX.
15 — XII MEN.
16 — XIII CIB.
17 — I CABAN.
18 — II EZANAB.
19 — III CAUAC.
20 — IV AHAU.
21 — V YMIX.
22 — VI IK.
23 — VII AKBAL.
24 — VIII KAN. 1ᵉʳ jour du mois XUL.
On a vu, dans le dixième chapitre[193], comment après le départ de Kukulcan du Yucatan, il y eut des Indiens qui assurèrent qu’il était monté au ciel avec les dieux, le regardant comme un dieu et lui bâtissant des temples; c’est pourquoi ils célébrèrent des fêtes en son honneur et elles continuèrent par toute la contrée jusqu’à la destruction de Mayapan. A la suite de cet événement, on ne les célébra plus que dans la province de Mani[194]; mais les autres provinces, en reconnaissance de ce qu’elles devaient à Kukulcan, lui présentaient tour à tour, chaque année, à Mani, quelquefois quatre et d’autres fois cinq bannières magnifiques de plume, avec lesquelles ils solennisaient la fête, non comme les autres, mais de la manière suivante. Au 16 du mois Xul, tous les seigneurs et les prêtres de Mani s’assemblaient et avec eux une multitude considérable qui se joignait à eux, après s’être préparés par des jeûnes et des abstinences. Le soir de ce jour ils sortaient en procession, avec un grand nombre de comédiens, de la maison du prince et s’avançaient lentement vers le temple de Kukulcan qu’on avait au préalable orné convenablement. En arrivant, ils faisaient leurs prières et plaçaient les bannières en haut du temple; ils étalaient leurs idoles sur un tapis de feuillage; ayant ensuite tiré du feu nouveau, ils brûlaient de l’encens en beaucoup d’endroits, faisant des oblations de viande, cuite sans sel ni piment, avec des boissons de fèves et de pepins de calebasses. Les seigneurs ainsi que ceux qui avaient observé le jeûne, passaient là, sans retourner chez eux, cinq jours et cinq nuits en prière, brûlant du copal, et exécutant quelques danses sacrées. Pendant ce temps-là, les comédiens allaient de la maison d’un des nobles à l’autre, représentant leurs pièces et recueillant les dons qu’on leur offrait; au bout de cinq jours, ils portaient le tout au temple où ils les partageaient aux seigneurs, aux prêtres et aux danseurs; après cela, on reprenait les bannières avec les idoles; on les remportait à la maison du prince, d’où chacun rentrait chez lui avec ce qui lui revenait. Ils disaient et tenaient pour certain que Kukulcan descendait du ciel le dernier jour de la fête et recevait personnellement les sacrifices, les pénitences et les offrandes qu’on faisait en son honneur. Quant à la fête on l’appelait Chic-Kaban.
25 — IX CHICCHAN.
26 — X CIMI.
27 — XI MANIK.
28 — XII LAMAT.
29 — XIII MULUC.
30 — I OC.
31 — II CHUEN.
1ᵉʳ Novemb. III EB.
2 — IV BEN.
3 — V YX.
4 — VI MEN.
5 — VII CIB.
6 — VIII CABAN.
7 — IX EZANAB.
8 — X CAUAC.
9 — XI AHAU.
10 — XII YMIX.
11 — XIII IK.
12 — I AKBAL.
13 — II KAN. 1ᵉʳ jour du mois YAXKIN.
Durant ce mois Yaxkin, on commençait à se préparer, suivant la coutume, pour une fête générale qui se célébrait en Mol, en un jour que le prêtre désignait, en l’honneur de tous les dieux; on l’appelait Oloh-Zab-Kam Yax. Après les cérémonies et encensements d’usage, ce qu’ils voulaient faire, c’était de barbouiller avec leur couleur bleue les instruments de toutes les professions, depuis ceux dont se servaient les prêtres jusqu’aux fuseaux des femmes et jusqu’aux portes de leurs maisons. A cette occasion, ils peignaient de la même couleur les enfants des deux sexes; mais, au lieu de leur barbouiller les mains, on leur donnait en dehors, sur les articulations, à chacun, neuf petits coups; quant aux petites filles, c’était une vieille femme qui les amenait là, et pour cela on la nommait Ixmol, c’est-à-dire la conductrice. On donnait ces petits coups sur les mains aux enfants, afin qu’ils devinssent d’habiles ouvriers dans les professions de leurs pères et de leurs mères. La conclusion de cette cérémonie était une bonne orgie et un festin de toutes les offrandes qu’on avait présentées, quoiqu’il y ait à croire qu’on ne permettait à la dévote vieille de ne s’enivrer que chez elle, afin qu’elle ne perdît pas en chemin la plume de son office.
14 — III CHICCHAN.
15 — IV CIMI.
16 — V MANIK.
17 — VI LAMAT.
18 — VII MULUC.
19 — VIII OC.
20 — IX CHUEN.
21 — X EB.
22 — XI BEN.
23 — XII YX.
24 — XIII MEN.
25 — I CIB.
26 — II CABAN.
27 — III EZANAB.
28 — IV CAUAC.
29 — V AHAU.
30 — VI YMIX.
1ᵉʳ Décemb. VII IK.
2 — VIII AKBAL.
3 — IX KAN. 1ᵉʳ jour du mois MOL.
Durant ce mois, les maîtres de ruches à miel recommençaient la fête qu’ils avaient célébrée au mois Tzec, afin que les dieux fissent naître des fleurs pour les abeilles.
Une des choses que ces misérables regardaient comme des plus difficiles et des plus ardues, c’était de fabriquer leurs idoles de bois, ce qu’ils appelaient faire des dieux,[195]. Ils avaient pour cela une époque particulière qui était ce mois de Mol, ou un autre, si le prêtre jugeait à propos de la changer. Ceux qui souhaitaient en faire faire, consultaient d’abord le prêtre, et, d’après son avis, allaient trouver les artistes qui s’occupaient de cette profession; mais, à ce qu’on dit, ceux-ci s’en excusaient toujours, parce qu’ils étaient persuadés que l’un ou l’autre de leur maison en mourrait, ou qu’il leur surviendrait quelque maladie du cœur. Dès qu’ils avaient accepté, les Chac qu’ils choisissaient à cet effet, ainsi que le prêtre et l’artiste, commençaient le jeûne. Entre temps, celui qui avait commandé les idoles, allait en personne, ou bien envoyait couper dans le bois l’arbre dont elles devaient être sculptées, et c’était toujours du cèdre. Quand le bois était arrivé, ils édifiaient une cabane de chaume bien fermée, où ils mettaient le bois avec une grande urne pour y enfermer les idoles tout le temps qu’ils y travailleraient. Ils offraient de l’encens à quatre dieux, appelés Acantun, dont ils plaçaient les images aux quatre points cardinaux; ils prenaient également ce qu’il fallait pour se scarifier ou se tirer du sang des oreilles, ainsi que les instruments dont ils avaient besoin pour sculpter leurs noires divinités. Préparés de cette manière, le prêtre, les Chac et l’artiste s’enfermaient dans la chaumière et se mettaient à l’œuvre sacrée, se scarifiant fréquemment les oreilles et barbouillant les idoles de leur sang et leur brûlant de l’encens; ils continuaient ainsi jusqu’à ce que le travail fût terminé, les gens de leur famille leur apportant à manger, avec ce qui leur était nécessaire; mais ils ne pouvaient, durant tout ce temps, s’approcher de leurs femmes, et nul n’était admis dans l’endroit où ils étaient renfermés.
4 — X CHICCHAN.
5 — XI CIMI.
6 — XII MANIK.
7 — XIII LAMAT.
8 — I MULUC.
9 — II OC.
10 — III CHUEN.
11 — IV EB.
12 — V BEN.
13 — VI YX.
14 — VII MEN.
15 — VIII CIB.
16 — IX CABAN.
17 — X EZANAB.
18 — XI CAUAC.
19 — XII AHAU.
20 — XIII YMIX.
21 — I IK.
22 — II AKBAL.
23 — III KAN. 1ᵉʳ jour du mois CHEN.
24 — IV CHICCHAN.
25 — V CIMI.
26 — VI MANIK.
27 — VII LAMAT.
28 — VIII MULUC.
29 — IX OC.
30 — X CHUEN.
31 — XI EB.
Au centre de la roue qui fait face à cette page, se trouvent dans le texte original ces paroles:
«Llaman a esta cuenta en su lengua Uazlazon Katun que quiere dezir la gerra de los Katunes.»
C’est-à-dire, ils appellent, dans leur langue, cette computation Uazlazon Katun, ce qui signifie la guerre ou le jeu des Katuns.
§ XLI.—Ahau Katun ó siglo de los Mayas. Escritura de ellos.
No solo tenian los indios cuenta en el año y meses, como queda dicho, y señalado atras pero tenian cierto modo de contar los tiempos y sus cosas por edades, las quales hazian de veynte en veynte años, contando XIII veyntes con una de las XX letras de los meses que llaman Ahau, sin orden sino retruecanados como pareceran en la siguiente raya redonda; llaman les a estos en su lengua Katunes, y con ellos tenian a maravilla cuenta con sus edades, y le fue assi facil al viejo de quien en el primero capitulo dixe avia trescientos años acordarse dellos. Ca si yo no supiera destas sus cuentas yo no creyera se pudiera assi acordar de tanta edad.
Quien esta cuenta de katunes ordeno, si fue el demonio, hizo lo que suele hordenandolo a su honor, o si fue hombre, devia ser buen idolatra, porque con estos sus katunes añadio todos los principales engaños y agueros, y embaymientos con que aquesta gente anda allende de sus miserias del todo enbaucada y assi esta era la sciencia a que ellos davan mas credito, y la que tenian en mas, y de la que no los sacerdotes todos sabian dar cuenta. La orden que tenian en contar sus cosas y hazer sus divinaciones, con esta cuenta, era que tenian en el templo dos idolos dedicados a dos destos caracteres. Al primero conforme a la cuenta desde la cruz de la raya redonda arriba contenida adoravan, y hazian servicios para remedio de las plagas de sus XX años, y a los X años que faltavan de los XX del primero, no hazian con el mas de quemarle encienso y reverenciarle. Cumplidos los XX años del primero, començava a seguirse por los hados del segundo, y a hazerle sus sacrificios, y quitado aquel idolo primero, ponian otro para venerarle otros diez años.
Verbi gratia dizen los indios que acabaron de llegar los españoles a la cibdad de Merida el año de la Natividad del Senor de MDXLI, que era en punto en el primero año de la era de Buluc-Ahau, que es el que esta en la casa donde esta la Cruz, y llegaron el mesmo mes de Pop, que es el primero mes de su año. Sino huviera españoles, adoraran ellos el idolo de Buluc-Ahau hasta el año de LI, que son dies años, y al año decimo, pusieran otro idolo a Bolon-Ahau, y honraranle, siguiendose por los pronosticos de Buluc-Ahau hasta el año de LXI, y entonces quitaranle del templo, y pusieran a Uuc-Ahau idolo, y siguieranse por los pronosticos de Bolon-Ahau otros X anos, y assi davan a todos buelta; de manera que veneravan a estos sus katunes XX años, y los X se regian por sus supersticiones y engaños, las quales eran tantas y tan bastantes para engañar a gente simple que admira aunque no a los que saben de las cosas naturales, y la experiencia que dellas el demonio tiene.
Usavan tambien esta gente de ciertos carateres o letras con las quales escrivian en sus libros sus cosas antiguas, y sus sciencias, y con ellas, y figuras, y algunas señales en las figuras entendian sus cosas, y las davan a entender y enseñavan. Hallamosles grande numero de libros destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse supersticion y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla sentian, y les dava pena.
De sus letras porne aqui un a, b, c, que no permite su pesadumbre mas porque usan para todas las aspiraciones de las letras de un caracter, y despues, al puntar de las partes otro, y assi viene a hazer in infinitum, como se podra ver en el siguiente exemplo. Lé, quiere dezir laço y caçar con el; para escrivirle con sus carateres, haviendoles nosotros hecho entender que son dos letras, lo escrivian ellos con tres, puniendo a la aspiracion de la l la vocal é, que antes de si trae, y en esto no hierran, aunque usense, si quisieren ellos de su curiosidad. Exemplo: [Illustration: e L e Lé] Despues al cabo le pegan la parte junta. Ha que quiere dezir agua, porque la haché tiene [Illustration: ha] a, h, antes de si la ponen ellos al principio con a, y al cabo desta manera. Tambien lo escriven a partes pero de la una y otra manera, yo no pusiera aqui ni tratara dello sino por dar cuenta entera de las cosas desta gente. Ma in kati quiere dezir no quiero, ellos lo escriven a partes desta manera: [Illustration: ma i n ka ti]
De las letras que aqui faltan carece esta lengua y tiene otras añadidas de la nuestra para otras cosas que las ha menester, y ya no usan para nada destos sus caracteres especialmente la gente moça que an aprendido los nuestros.
§ XLI.—Ahau-Katun ou cycle des Mayas. Leur écriture et leur alphabet.
Ainsi qu’on l’a fait voir plus haut, ces Indiens n’avaient pas seulement la computation de l’année et des mois, mais ils avaient aussi une certaine manière de compter les temps et leurs choses par âges, ce qu’ils faisaient de vingt en vingt ans, en comptant treize vingtaines au moyen d’une des vingt lettres de leur mois, appelé Ahau, mais sans ordre et alternés seulement, comme on le verra dans la roue ci-dessus: ils appellent ces figures Katun et ils y retrouvaient à merveille la computation de leurs âges. Aussi était-il facile au vieillard dont j’ai parlé dans le premier chapitre[196] de se souvenir de trois cents ans en arrière; car si je n’avais su ce que c’est que ces computations, je n’aurais jamais cru qu’ils pussent ainsi se souvenir d’un temps si long.
Quant à celui qui régla l’ordre de ces Katuns, si ce fut le démon, il s’en tira certainement comme à l’ordinaire, en tout honneur; si ce fut un homme, ce devait être un bien grand idolâtre; car à tous ces Katuns il ajouta toutes les tromperies, les divinations et les subtilités où ces gens, en outre de leurs misères, se sont laissés enjoler, cette science étant entre toutes celle à laquelle ils donnaient le plus de crédit, mais dont tous les prêtres également ne savaient, d’ailleurs, pas rendre bien compte. L’ordre qu’ils avaient pour compter leurs dates et faire leurs divinations, à l’aide de cette computation, était qu’ils avaient dans le temple deux idoles dédiées à deux de ces caractères. Au premier, qui commençait avec la croix placée au-dessus du cercle, ils rendaient leurs hommages, en lui faisant des offrandes et des sacrifices pour obtenir le remède des calamités de ces vingt ans; mais après qu’il s’était passé dix années de ce premier, ils ne lui offraient plus autre chose que de l’encens et des respects. Une fois les vingt années du premier passées, ils commençaient à se conduire d’après les présages du second et à lui offrir des sacrifices, ayant ôté l’idole du premier pour mettre celle du second, afin de le vénérer dix autres années.
Ces Indiens disent, par exemple, que les Espagnols étaient arrivés à la cité de Mérida l’an de la nativité de Notre-Seigneur 1541, ce qui était précisément le premier de l’an Buluc-Ahau, le même qui se trouve placé sur la case où est la croix, et qu’ils entrèrent aussi au mois de Pop, le premier de leur année. Si les Espagnols n’étaient ici actuellement, ils auraient adoré l’idole de Buluc-Ahau jusqu’à l’an 51, ce qui aurait fait dix ans; mais à la dixième année, ils auraient mis l’idole de Bolon-Ahau, et lui auraient rendu leurs hommages, en continuant à se conduire par les pronostics de Buluc-Ahau jusqu’à l’an 61; alors ils l’auraient enlevée du temple et y auraient mis l’idole de Uac-Ahau, tout en continuant à se conduire par les pronostics de Bolon-Ahau, durant dix ans encore, et ainsi du reste jusqu’à ce qu’ils eussent fait le tour. De cette manière, ils vénéraient leurs Katuns pendant vingt ans, et pendant dix, se réglaient suivant leurs superstitions et jongleries qui étaient en si grand nombre, qu’il y en avait plus qu’il n’en fallait pour tromper ces gens simples, et il y aurait de quoi s’en étonner, si on ne savait ce que sont les choses de la nature et l’expérience qu’en a le démon[197].
Ces peuples se servaient aussi de certains caractères ou lettres, avec lesquelles ils écrivaient dans leurs livres leurs choses antiques et leurs sciences, et par leur moyen et celui de certaines figures et signes particuliers dans ces figures[198], ils entendaient leurs choses, les donnaient à entendre et les enseignaient. Nous leur trouvâmes un grand nombre de livres dans ces caractères, et, comme ils n’en avaient aucun où il n’y eût de la superstition et des mensonges du démon, nous les leur brûlâmes tous, ce qu’ils sentirent vivement et leur donna de l’affliction[199].
De leurs lettres, je mettrai ici un A, B, C, leur grossièreté n’en permettant pas davantage; car ils se servent, pour toutes les aspirations de leurs lettres, d’un caractère, et ensuite pour la ponctuation, d’un autre, qui viennent ainsi à se reproduire à l’infini, comme on le pourra voir dans l’exemple suivant: Lé veut dire le lacet et chasser avec; pour l’écrire avec leurs caractères, quoique nous leur eussions donné à entendre qu’il n’y avait que deux lettres, ils l’écrivaient eux avec trois, mettant à l’aspiration du l la voyelle e qu’il porte devant lui, et en cela ils ne se trompent point, encore qu’ils usent, s’ils le veulent, de leur manière curieuse[200]. Exemple: e l e lé. Ensuite, mettant à la fin la partie qui est jointe, Ha, qui veut dire eau, parce que le son de la lettre se compose de a, h, ils lui placent d’abord par devant un a et au bout de cette manière ha[201]. Ils l’écrivent aussi par parties, mais de l’une et de l’autre manière. Je n’aurais pas mis tout cela ici et je n’en traiterais pas, sinon pour rendre entièrement compte des choses de ce peuple. Ma in Kati veut dire je ne veux pas; ils l’écrivent par parties de cette manière: ma in ka ti.
ICI COMMENCE L’A B C.
Signes. Valeur phonétique.
1. a a 2. a a 3. a a 4. b b 5. b b 6. c q(?) 7. t t 8. é é 9. h h 10. i i 11. ca ca(?) 12. k k (ha guttural) 13. l l 14. l l 15. m m 16. n n 17. o o 18. o o 19. p p[202] 20. pp pp (dur) 21. cu cu? 22. ku k (kou guttural) 23. x dj ou dz(?) 24. x tch(?) 25. u ou(?)[203] 26. u ou 27. z ç[204]
SIGNES ADDITIONNELS.
(Variante de la lettre a n. 1.) (ma, (peut-être aussi me ou mo) (Variante de la lettre h.) (ti) (ha, (eau ou ’h guttural.) (signe d’aspiration?)
Cette langue manque des lettres qui ne sont pas ici; elle en a d’autres, ajoutées de la nôtre pour d’autres choses dont elle a besoin; mais déjà ils ne se servent pour rien de leurs anciens caractères, particulièrement les jeunes gens qui ont appris les nôtres[205].
§ XLII.—Multitud de los edificios de Yucatan. Los de Izamal, de Merida y de Chicheniza.
Si Yucatan uviere de cobrar nombre y reputacion con muchedumbre, grandeza y hermosura de edificios, como, lo han alcançado otras partes de las Indias, con oro, plata y riquezas, ella uviera estendidose tanto como el Peru y la Nueva-España, porque es assi en esto de edificios y muchedumbre de ellos la mas señalada cosa de quantas hasta oy en las Indias se ha descubierto, porque son tantos y tantas las partes donde los ay y tan tiene edificados de canteria a su modo que espanta; y porque esta tierra no es tal al presente, aunque es buena tierra como parece aver sido en el tiempo prospero, en que en ella tanto y tan señalado edificio se labro con no aver ningun genero de metal en ella con que los labrar, porne aqui las razones que he visto dar a los que en ellos an mirado.
Las quales son que estas gentes devieron ser sugetas a algunos señores amigos de ocuparlas mucho, y que las ocuparon en esto, o que como ellos an sido tan honradores de los idolos, se señalaran de comunidad en hazer los templos, o que por algunas causas, se mudaran las poblaciones, y assi donde poblavan, edificavan siempre de nuevo sus templos y santuarios y casas a su usança para la señores, que ellos siempre las an usado de madera cubiertas de paja, o que el grande aparejo que en la tierra ay de piedra y cal y cierta tierra blanca excellente para edificios les ha hecho, como occasion hazer tantos que sino es a los que los an visto, parecera burla hablar dellos.
O la tierra tiene algun secreto que hasta agora no se le a alcançado, ni la gente natural destas tiempos ha tampoco alcançado. Porque dezir los ayan otras naciones sujetando los indios edificado, no es assi, por las señales que ay de aver sido edificados los edificios de gente indiana y desnuda como se vee en uno de los edificios de muchos y muy grandes que alli ay en las paredes de los bastiones del qual aun duran señales de hombres en carnes y honestados de unos largos listones que llaman en su lengua ex y de otras divisas que los indios destos tiempos trayan, todo hecho de argamaça muy fuerte, y morando yo alli, se hallo en un edificio que desbaratamos un cantaro grande con tres asas y pintado de unos fuegos plateados por defuera, dentro del qual estavan cenizas de cuerpo quemado, y entre ellas hallamos tres cuentas de piedra, buenos, del arte de las que los indios aora tienen por moneda, lo qual todo muestra aver sido indios.
Bien se que si lo fueron fue gente de mas ser que los de aora, y muy de mayores cuerpos y fuerças y aun veese esto mas aqui en Yzamal que en otra parte en los bultos de media talla que digo estan oy en dia de argamasa en los bastiones que son de hombres crecidos, y los estremos de los braços y piernas del hombre cuyas eran las cenizas del cantaro que hallamos en el edificio que estavan a maravilla por quemar y muy gruessos. Veese tambien en las escaleras de los edificios que son mas de dos buenos palmos de alto, y esto aqui solo en Yzamal y en Merida.
Ay aqui en Yzamal un edificio entre los otros de tanta altura que espanta, el qual se vera en esta figura y en esta razon della. Tiene XX gradas de a mas de dos buenos palmos de alto y ancho cada un y terna, mas de cien pies de largo. Son estas gradas de muy grandes piedras labradas aunque con el mucho tiempo, y estar al agua, estan ya feas y maltratadas. Tiene despues labrado en torno como señala esta raya, redonda labrado de canteria una muy fuerte pared a la qual como estado y medio en alto sale una ceja de hermosas piedras todo a la redonda y desde ellas se torna despues a seguir la obra hasta ygualar con el altura de la plaça que se haze despues de la primera escalera.
Despues de la qual plaça se haze otra buena placeta, y en ella algo pegado a la pared esta hecho un cerro bien alto con su escalera al medio dia, donde caen las escaleras grandes y encima esta una hermosa capilla de canteria bien labrada. Yo subi en lo alto desta capilla y como Yucatan es tierra llana se vee desde ella tierra quanto puede la vista alcançar a maravilla y se vee la mar. Estos edificios de Yzamal eran por todos XI o XII, aunque es este el mayor y estan muy cerca unos de otros. No ay memoria de los fundadores, y parecen aver sido los primeros. Estan VIII leguas de la mar en muy hermoso sitio, y buena tierra y comarca de gente, por lo qual nos hizieron los indios poblar con harta importunacion una casa en uno destos edificios que llamamos St Antonio, el ano de MDXLIX, en lo qual y en todo lo de a la rodonda se les ha mucho ayudado a su christiandad, y assi se an poblado en este assiento dos buenos pueblos a parte uno del otro.
Los segundos edificios que en esta tierra son mas principales y antiguos tanto que no ay memoria de sus fundadores, son los de Tiho, estan treze leguas de los de Yzamal y ocho de la mar como los otros y ay señales oy en dia de aver avido una muy hermosa calçada de los unos a los otros. Los españoles poblaron aqui una cibdad, y llamaronla Merida, por la estrañeza y grandeza de los edificios, el principal de los quales señalare aqui como pudiere y hize al de Yzamal, paraque mejor se pueda ver lo que es.
Este es el borron que he podido traçar del edificio para cuyo entendimiento se ha de entender que este es un assiento quadrado de mucha grandeza, porque tiene mas de dos carreras de caballo, desde la parte del oriente comiença luego la escalera desde el suelo sera esta escalera de siete escalones del altor de los de Yzamal. Las demas partes de medio dia, poniente y norte se siguen de una fuerte pared muy ancha. Despues aquel henchimiento del quadro todo es de piedra seca, y ya llano toma a començar otra escalera por la mesma parte de oriente, a mi parecer XXVIII, o XXX pies recoxida a dentro de otros tantos escalones, y tan grandes. Haze el mismo recogimiento por la parte del medio dia y del norte, y no del poniente y assi llegan hasta el peso de las escaleras, haziendo todo el henchimiento de piedra seca que espanta tal altura y grandeza como alli ay de henchimiento a mano. Despues en lo llano arriba comiençan los edificios en esta manera. A la parte del oriente se sigue un quarto a la larga recogido adentro hasta seis pies y no llega a los cabos labrado de muy buena canteria, y todo de celdas de una parte y de otra de a XII pies en largo, y VIII en ancho. Las puertas en medio de cada una sin señal de batientes, ni manera de quicios para cerrarse, sino affillanas de su piedra muy labrada y la obra a maravilla travada, y cerradas todas las puertas por lo alto con tezas de piedra enterizas.
Tenia en medio un transito como arco de puente, y en cima de las puertas de las celdas salia un relexe de piedra labrada por todo el quarto a la larga sobre el qual salian hasta lo alto unos pilarejos, la mitad de ellos labrados redondos, y la mitad metidos en la pared, y seguianse hasta lo alto que piden las bovedas de que las celdas eran hechas, y serradas por arriba. En cima destos pilaritos salia otro relexe en rededor de todo el quarto. Lo alto era de terrado encalado muy fuerte como alla se haze con cierta agua de corteza de un arbol.
A la parte del norte avia otro quarto de celdas tales como estotras, salvo que el quarto con casi la mitad no era tan largo. Al poniente se seguian otra vez las celdas; y a quatro o cinco avia un arco que atravesava como el den medio del quarto del oriente todo el edificio, y luego un edificio redondo algo alto, y luego otro arco y lo demas eran celdas como las demas. Este quarto atraviessa todo el patio grande con buena parte menos de la mitad, y assi ay dos patios, uno por detras del al poniente y otro a su oriente que viene a estar cercado de quatro quartos, el quarto de los quales es muy differente, porque es un quarto hecho a medio dia de dos pieças cerradas de boveda, como las demas a la larga, la delantera de las quales tiene un corredor de muy gruessos pilares cerrados por arriba de muy hermosas piedras, labradas enterizas. Por medio va una pared sobre que carga la boveda de ambos quartos con dos puertas para entrar al otro quarto, de manera que a todo por arriba lo cierra y serve un encalado.
Tiene este edificio apartado de si como dos tiros de piedra buenos, otro muy alto y hermoso patio en el qual ay tres cerros que de mamposteria estavan bien labrados, y encima sus muy buenas capillas de la boveda que solian ellos y sabian hazer. Tiene bien apartado de si un tan grande y hermoso cerro que, con averse edificado gran parte de la cibdad del que se la poblaron a la redonda, no de si ha de verse jamas acabado. El primero edificio de los quatro quartos nos dio el adelantado Montejo a nosotros hecho un monte aspero, limpiamosle y emos hecho en el con su propia piedra un razonable monesterio todo de piedra y una buena yglesia que llamamos la Madre de Dios. Uvo tanta piedra de los quartos que se esta entero el del mediodia y parte de los de los lados, y dimos mucha piedra a los españoles para sus casas en especial para sus puertas y ventanas, tanta era su abundancia.
Los edificios del pueblo de Tikoh no son muchos ni tan sumptuosos como algunos destotros, aunque eran buenos y luzidos; ni aqui yo hiziera del mencion salvo por aver en el avido una gran poblaçon de que adelante se ha necessariamente de hablar, y por esso se dexara aora. Estan estos edificios tres leguas de Yzamal al oriente y a VII de Chicheniza.
Es pues Chicheniza un assiento muy bueno, X leguas de Yzamal y XI de Valladolid; en la qual, segun dicen los antiguos de los indios, reynaron tres señores hermanos, los quales, segun se acuerdan aver oido a sus passados, vinieron a aquella tierra de la parte del poniente y juntaron en estos assientos gran poblaçon de pueblos y gentes los quales rigieron alguños años en mucha paz y justicia. Eran muy onradores de su Dios, y assi edificaron muchos edificios, y muy galanos, en especial uno el mayor cuya figura pintare aqui como la pinte estando en el, paraque mejor se entienda.
Estos señores dizen vivieron sin mugeres, y en muy grande honestidad y todo el tiempo que vivieron assi fueron muy estimados, y obedecidos de todos. Despues andando el tiempo, falto el uno dellos el qual se devio morir, aunque los indios dizen salio por la parte de Bac-halal de la tierra. Hizo la ausencia deste como quiera que ella fuesse, tanta falta en los que despues del regian que començaron luego a ser en la republica parciales y en sus costumbres tan deshonestos y desenfrenados que el pueblo los vino a aborecer en tal manera que los mataron y se desbarataron y despoblaron, dexando los officios y el assiento harto hermoso porque es cerca de la mar X leguas. Tiene muy fertiles tierras y provincias a la redonda, la figura del principal edificio es la siguiente.
Este edificio tiene quatro escaleras que miran a las quatro partes del mundo: tienen de ancho a XXXIII pies y a noventa y un escalones cada una que es muerte subirlas. Tienen en los escalones la mesma altura y anchura que nosotros damos a los nuestros. Tiene cada escalera dos passamanos baxos a ygual de los escalones, de dos piez de ancho de buena canteria como lo es todo el edificio. No es este edificio esquinado, porque desde la salida del suelo se comiençan labrar desde los passemanos al contrario, como estan pintado unos cubos redondos que van subiendo a trechos y estrechando el edificio por muy galana orden. Avia quando yo lo vi al pie de cada passamano una fiera boca de sierpe de una pieça bien curiosamente labrada. Acabadas de esta manera las escaleras, queda en lo alto una plaçeta llana en la qual esta un edificio edificado de quatro quartos. Los tres se andan a la redonda sin impedimento y tiene cada uno puerta en medio y estan cerrados de boveda. El quarto del norte se anda por si con un corredor de pilares gruessos. Lo de en medio que avia de ser como el patinico que haze el orden de los paños del edificio tiene una puerta que sale al corredor del norte y esta por arriba cerrado de madera y servia de quemar los saumerios. Ay en la entrada desta puerta o del corredor un modo de armas esculpidas en una piedra que no pude bien entender. Tenia este edificio otros muchos, y tiene oy en dia a la redonda de si bien hechos y grandes, y todo en suelo del a ellos encalado que aun ay a partes memoria de los encalados tan fuerte es el argamasa de que alla los hazen. Tenia delante la escalera del norte algo aparte dos teatros de canteria pequeños de a quatro escaleras, y enlosados por arriba en que dizen representavan las farsas y comedias para solaz del pueblo.
Va desde el patio en frente destos teatros una hermosa y ancha calçada hasta un poço como dos tiros de piedra. En este poço an tenido, y tenian entonces costumbre de echar hombres vivos en sacrificio a los dioses en tiempo de seca, y tenian no morian aunque no los veyan mas. Hechavan tambien otras muchas cosas, de piedras de valor y cosas que tenian preciadas. Y assi si esta tierra uviera tenido oro fuera este poço el que mas parte dello tuviera segun le an los indios sido devotos. Es poço que tiene largos VII estados de hondo hasta el agua, de hancho mas de cien pies y redondo y de una peña tajada hasta el agua que es maravilla. Parece que tiene al agua muy verde, y creo lo causan las arboledas de que esta cercado y es muy hondo. Tiene en cima del junto a la boca un edificio pequeño donde halle yo idolos hechos a honra de todos los edificios principales de la tierra, casi como el Pantheon de Roma. No se si era esta invencion antigua o de los modernos para toparse con sus idolos quando fuessen con ofrendas a aquel poço. Halle yo leones labrados de bulto y jarros y otras cosas que no se como nadie dira no tuvieron herramiento esta gente. Tambien halle dos hombres de grandes estaturas labrados de piedra, cada uno de una pieça en carnes cubierta su honestidad como se cubrian los indios. Tenian las cabeças por si, y con zarcillos en las orejas como lo usavan los indios, y hecha una espiga por detras en el pescueço que encaxava en un agujero hondo para ello hecho en el mesmo pescueço y encaxado quedava el bulto cumplido.
AQUI ACABA LA OBRA DE LANDA.
§ XLII.—Multitude des édifices du Yucatan. Ceux d’Izamal, de Mérida et de Chichen-Itza.
Si la multitude, la grandeur et la beauté des édifices étaient capables d’ajouter à la gloire et à la renommée d’un pays, ainsi qu’il est arrivé à tant d’autres régions des Indes pour l’or, l’argent et les richesses de toute sorte, il est bien certain que le Yucatan n’eût pas acquis une illustration moindre que le Pérou et la Nouvelle-Espagne; car quant à ses édifices et à leur multitude, c’est bien de toutes les choses découvertes dans les Indes la plus remarquable. En effet, ils s’y trouvent en si grand nombre, et en tant de contrées distinctes, ils sont si bien bâtis, à leur manière, en pierre de taille, qu’il y a de quoi remplir le monde d’étonnement. Mais comme cette contrée, tout excellente qu’elle soit, n’a plus aujourd’hui la prospérité dont elle paraît avoir joui autrefois, qu’on y admire un si grand nombre d’édifices sculptés, sans qu’il s’y trouve, néanmoins, aucun genre de métal, avec lequel on ait pu les travailler, je donnerai ici les raisons que j’ai entendu émettre à ce sujet par ceux qui les ont examinés.
C’est d’abord que cette nation a dû être soumise à des princes, désireux d’occuper constamment leurs sujets, ou qu’étant si singulièrement dévots à leurs idoles, ils aient voulu obliger les communes à leur bâtir des temples; c’est peut-être que les populations ayant changé de place, pour des raisons particulières, elles aient toujours pensé à édifier de nouveaux sanctuaires et des maisons pour l’usage de leurs chefs, aux lieux où elles se transportaient, leur coutume, quant à elles-mêmes, étant de se bâtir des demeures en bois, couvertes de chaume, ou bien que la facilité qu’il y a de se procurer de la pierre et de la chaux dans ce pays, ainsi qu’une sorte de terre blanche, excellente pour les édifices, leur ait donné l’idée d’ériger une si grande quantité de monuments qu’en vérité, à moins de les avoir vus, on pourrait s’imaginer que c’est de la folie d’en parler ainsi[206].
Ou bien ce pays cache encore un secret que jusqu’à présent on n’a pu deviner, et que les gens d’aujourd’hui sont impuissants à le découvrir; car, dire que d’autres nations auraient assujetti ces Indiens pour les faire travailler, n’a pas davantage de fondement, parce qu’on voit clairement à des caractères certains que c’est la même race indienne, nue comme elle est, qui a construit ces édifices; c’est ce dont on peut s’assurer, en considérant un des plus grands qui se trouve ici, entre les ornements duquel on remarque des débris d’hommes nus, mais les reins couverts de la ceinture qu’ils appellent ex, sans compter d’autres décorations que les Indiens d’aujourd’hui font encore d’un ciment extrêmement fort[207]. Or il arriva que, tandis que je demeurais ici, on trouva dans un édifice en démolition une grande urne à trois anses, recouverte d’ornements argentés extérieurement, au fond duquel il y avait des cendres provenant d’un corps brûlé, parmi lesquelles nous trouvâmes des objets d’art en pierre, bien travaillés, de ceux que les Indiens reçoivent encore actuellement comme de la monnaie; ce qui, au total, prouve que ce furent des Indiens qui furent les constructeurs de ces édifices[208].
Je sais bien que si ce furent des Indiens, ils devaient être d’une condition supérieure à ceux d’aujourd’hui, plus grands et plus robustes, ce qui se voit bien plus ici encore et à Yzamal qu’ailleurs, dans les statues en demi-bosse, modelées en ciment que je dis se trouver dans les contreforts, et qui sont d’hommes de haute taille; on ne le voit pas moins dans les extrémités des bras et des jambes de l’homme, de qui étaient les cendres de l’urne que nous trouvâmes dans l’édifice en question; ces os avaient dû brûler à merveille et étaient fort gros. On le voit encore dans les marches des édifices qui sont de deux bons palmes de hauteur, et cela seulement ici à Yzamal et à Merida.
Ici à Yzamal, entre autres, il y a un monument d’une telle élévation qu’il en inspire l’épouvante, ce qu’on verra dans la figure et l’explication ci-jointes[209]. Il y a vingt degrés, de plus de deux bons palmes de haut et d’un palme et tiers de large, et l’édifice a plus de cent pieds de hauteur. Ces degrés sont de pierres fort grandes et bien travaillées, quoique elles soient déjà bien laides et abîmées à cause du temps et de la pluie. Tout autour, comme le montre le demi-cercle, elle a une muraille parfaitement travaillée, d’une grande solidité, et comme à une toise et demie de haut, une corniche en saillie de fort belles pierres tout à l’entour, après quoi l’édifice continue à s’élever jusqu’à ce qu’il atteigne l’esplanade qui se trouve en haut du premier escalier.
Ensuite, de cette esplanade, vient une autre petite plate-forme; puis, tout contre le mur, une pyramide fort élevée, avec son escalier au midi, où viennent donner également les grands escaliers, et tout en haut se trouve une chapelle en pierre équarrie, parfaitement sculptée. Étant monté un jour au sommet de cette chapelle, comme on sait que le Yucatan est un pays plat, j’ai vu de là toute la terre, autant que les yeux peuvent en atteindre, ainsi que la mer. Ces édifices d’Izamal étaient en tout onze ou douze, quoique celui-ci soit le plus grand, et ils sont fort rapprochés les uns des autres. Il n’y a aucun souvenir de leurs fondateurs, et ils paraissent avoir été les premiers. Ils se trouvent à huit lieues de la mer, dans une fort belle situation, dans une région fertile et bien peuplée; c’est pour cela que les Indiens nous obligèrent par toutes sortes d’importunités à établir, en 1549, une maison sur le sommet d’un de ces édifices, ce qui a beaucoup aidé à les amener au christianisme avec ceux des environs, d’où il suit que l’on a colonisé deux bonnes communes de ce côté-ci, à part l’une de l’autre[210].
Au second rang des édifices de ce pays, et parmi les plus beaux, sont ceux de Tiho, qui sont d’une si haute antiquité qu’il n’y a pas non plus mémoire de leurs fondateurs: ils existent à treize lieues d’Yzamal et à huit de la mer, ainsi que les autres, et l’on voit entre les deux villes les restes d’une chaussée, qui paraît avoir été fort belle[211]. Les Espagnols établirent ici une cité qu’ils appelèrent Mérida, à cause de la singularité et de la grandeur des édifices; j’en ferai connaître ici le principal, aussi bien que je le pourrai, comme pour celui d’Izamal, afin qu’on puisse mieux comprendre ce que c’est.
TEMPLE N.— 2.
Nº 1 et 2.—Cour (patio).
Nº 3.—Chapelle (capilla).
Nº 4.—Cour fort belle (patio hermosisimo).
Nºˢ 5, 6.—Passages.
Nºˢ 7, 8, 9, 10, 11.—Cellules (estas eran celdas de una parte y otra, y el de en medio era transito y asi lo era lo de la parte del poniente).
Nº 12.—Appartement partagé en deux (este quarto es largo, partido en dos pieças).
Nºˢ 13 et 14.—Escaliers (escaleras).
Nº 15.—Palier principal (descanso de mas de treinte pies).
Nºˢ 16 et 17.—Autres paliers intermédiaires (otro descanso adonde se subia por esta escalera).
C’est ici l’esquisse que j’ai pu tracer de l’édifice: pour le comprendre, il faut se mettre dans l’idée que c’est un grand plan carré qui a bien deux courses de cheval en extension[212]. Du côté de l’orient commence l’escalier qui, du sol à la première esplanade, a sept degrés de la hauteur de ceux d’Izamal. Les trois autres faces du midi, du couchant et du nord consistent en une muraille forte et très-large. Après cette première masse, toute carrée et de pierre sèche, au sommet aplani, recommence un second escalier du même côté oriental, faisant retrait au-dessus du premier, autant qu’il m’a paru, de vingt-huit à trente pieds, composé de tout autant de degrés et aussi grands que les autres. Le même retrait a lieu au nord et au midi, mais pas au couchant, où le mur arrive à la hauteur des escaliers, faisant un massif de pierre sèche dont la hauteur et la grandeur remplissent d’étonnement, tant la main-d’œuvre est considérable. Sur le plan supérieur commencent alors les édifices de la manière suivante: du côté de l’orient, comme à six pieds environ de l’escalier, s’étend, d’un bout à l’autre, un appartement tout bâti en pierre, parfaitement travaillée, partagé en cellules de douze pieds de long, sur huit de large. Les portes de chacune d’elles sont au centre, sans aucune apparence de battants ni de gonds pour les fermer, sinon que les linteaux sont de pierres fort bien travaillées et admirablement jointes, les portes toutes fermées par le haut de moellons d’une seule pièce.
Au milieu, il avait un passage comme un arc de pont[213], et au-dessus des portes des cellules s’avançait une corniche de pierre, entièrement sculptée dans son étendue; sur la corniche se trouvaient un certain nombre de petits pilastres ronds, enclavés à demi dans le mur, et s’élevant jusqu’à la hauteur où commençaient les voûtes qui fermaient les cellules par le haut; au-dessus de ces pilastres s’avançait une autre corniche tout autour des chambres. Le sommet était en terrasse, fait à la chaux et d’une grande force, comme tout ce qui se fait dans ce pays, où ces ciments se préparent avec l’eau d’une certaine écorce d’arbre[214].
Du côté du nord, il y avait une autre suite de cellules semblables, sauf qu’elles étaient de moitié moins larges que les précédentes. Au couchant, il y en avait d’autres, et après quatre ou cinq il se trouvait une arcade qui traversait l’ensemble de l’édifice, comme celui du milieu de la rangée orientale; puis un édifice de forme ronde assez élevé, puis un autre arc et ensuite des cellules comme le reste. Cette rangée de bâtiments traverse toute la cour principale, laissant de côté bien moins que la moitié; de sorte qu’il y a deux cours, l’une derrière au couchant, et l’autre au levant, qui se trouvent ainsi renfermées par quatre rangées de bâtiments. Mais la dernière est fort différente, car c’est un appartement érigé au midi, comprenant seulement deux chambres voûtées tout le long comme les autres, ayant par devant une galerie formée de fort gros piliers et fermée du haut avec de très-belles pierres d’une seule pièce. Au milieu s’étend un mur sur lequel s’appuie la voûte des deux chambres, avec deux portes pour entrer de l’une dans l’autre, de manière que par le haut le tout se ferme en forme de harnais(?).
A quelque distance de cet édifice, comme à deux bons jets de pierre, il y a une autre fort belle cour en terrasse; il s’y trouve trois monticules de pierre, bien travaillés, au sommet desquels s’élèvent de bonnes chapelles avec leurs voûtes, telles qu’ils les savaient et étaient accoutumés de faire. Assez loin de là, il y a une autre grande et belle pyramide, qui, bien qu’ayant servi de carrière à une grande partie des habitants de la cité, établis à l’entour, n’a pas l’air toutefois de devoir jamais disparaître[215]. Quant au premier édifice, comprenant les quatre rangées de cellules, il nous fut donné par l’adelantado Montejo: comme il était couvert de bois et de broussailles[216], nous le nettoyâmes et nous y bâtîmes, de la pierre même qu’il nous fournit, un monastère passable et une bonne église que nous nommâmes de la Mère de Dieu. On en tira tant de pierres que, quoique nous eussions laissées entières celles du côté méridional et une partie des corps de logis des côtés, nous pûmes en donner encore aux Espagnols pour construire leurs maisons, en particulier les portes et les fenêtres, tant le matériel était en abondance[217].
Les édifices de la ville de Tikoh ne sont pas tout à fait aussi somptueux que quelques-uns de ceux-ci, quoiqu’ils fussent assez beaux et assez remarquables; je n’en ferais, d’ailleurs, ici aucune mention, si ce n’était pour la grande population qu’il y a eu dans ce pays, et dont j’aurai nécessairement à parler[218]; c’est pourquoi je laisserai ce sujet pour le moment. Ces édifices existent à trois lieues d’Izamal à l’orient et à sept de Chichen-Itza.
Chichen-Itza est dans une situation fort bonne, à dix lieues d’Izamal et à onze de Valladolid. C’est là, à ce que disent les anciens d’entre les Indiens, que régnèrent trois princes frères, qui, d’après les souvenirs que ceux-là ont recueillis de la bouche de leurs ancêtres, vinrent du côté du couchant à ce pays et réunirent en ces diverses localités des populations nombreuses, que les trois princes gouvernèrent en paix et justice durant plusieurs années. Ils honoraient leur dieu avec beaucoup de dévotion; c’est pourquoi ils érigèrent un grand nombre d’édifices magnifiques, un entre autres, et le plus haut dont je ferai ici l’esquisse, comme je l’ai dessiné, m’y trouvant, afin qu’on m’entende davantage.
Ces princes vécurent, à ce qu’on dit, sans femmes, et dans une entière honnêteté, et, tout le temps qu’ils demeurèrent ainsi, ils furent tenus en grande estime et obéis de tous. Mais, avec le temps, l’un d’eux vint à manquer, soit qu’il fût mort, soit, comme les Indiens le disent, qu’il se fût retiré du pays du côté de Bac-halal[219]. Quoi qu’il en soit de son absence, elle se fit promptement sentir à l’égard de ceux qui gouvernèrent après lui; ils se firent des partis dans la nation, adoptant les mœurs les plus dissolues et les plus effrénées, et les choses allèrent au point que le peuple les ayant pris en horreur, les mit à mort: les charges que l’on remplissait furent délaissées, et la ville, dont le site est si beau et si agréable pour n’être qu’à dix lieues de la mer, fut abandonnée[220]. Il y a tout à l’entour des terres et des provinces fort fertiles, et voici la figure de l’édifice principal.
Cet édifice a quatre escaliers regardant aux quatre points du monde: ils ont chacun trente-trois pieds de large et quatre-vingt-onze degrés, et c’est un supplice que de les gravir. Les degrés ont la hauteur et la largeur que nous donnons aux nôtres: de chaque côté des escaliers, il y a une rampe basse, de niveau avec les degrés, de deux pieds de large et de bonne pierre de taille, comme le reste de l’édifice. Cet édifice n’a pas d’angles; car, à commencer du sol, le massif, entre les rampes, s’élève en diminuant par intervalles, sous une forme cubique, en se rétrécissant avec l’édifice, jusqu’en haut d’une manière fort élégante, comme on peut le voir ici. A l’époque où je le vis, il y avait au pied de chaque rampe une gueule de serpent féroce, tout d’une pièce, admirablement travaillée[221]. En haut des escaliers, se trouve, au sommet, une plate-forme sur laquelle s’élève un édifice composé de quatre corps de logis; trois d’entre eux en font le contour sans empêchement, ayant chacun une porte au milieu, et fermés en haut par une voûte. Le quatrième, qui est au nord, a une forme spéciale avec une galerie de gros piliers. Le centre de cet édifice, qui devait présenter comme une petite cour, enfermée entre les différents corps de logis, a une petite porte qui sort à la galerie du nord, dont le sommet, fermé avec du bois, servait de local à brûler des parfums. A l’entrée de cette porte ou de la galerie, se trouve comme un écusson, sculpté sur une pierre, mais que je n’ai pu bien entendre. Tout à l’entour de cet édifice, il y en a un grand nombre d’autres de grande et belle construction, et l’intervalle est recouvert de ciment qui subsiste entier en bien des endroits et qui paraît tout neuf[222], tant est dur le mortier dont on le faisait. A quelque distance en avant de l’escalier du nord, il y avait deux petits théâtres de pierre équarrie, à quatre escaliers, pavés au sommet de belles pierres, où l’on dit que se représentaient des farces et des comédies pour le plaisir du public[223].
De la cour qui précède ces deux théâtres s’étend une chaussée large et belle jusqu’à un puits, qui en est éloigné comme de deux jets de pierre. Ils avaient eu relativement à ce puits et ils avaient encore la coutume d’y jeter des hommes tout vivants en sacrifice à leurs dieux, dans les temps de sécheresse, bien persuadés qu’ils ne mouraient point, quoiqu’ils ne les vissent plus. Ils y jetaient aussi une grande quantité d’autres choses, comme des pierres de prix et des objets d’une grande valeur pour eux. Aussi est-il certain que si ce pays avait été riche en or, c’est ce puits qui en aurait la plus grande part, tant les Indiens y avaient de dévotion. Ce puits a sept stades de profondeur jusqu’à l’eau[224]; il est rond, et sa largeur est de plus de cent pieds, taillé qu’il est dans la roche jusqu’à l’eau, d’une façon merveilleuse. L’eau a l’apparence d’être fort verte, mais je crois que ce sont les bocages environnants qui lui donnent cette couleur, et il est d’ailleurs fort profond. Au sommet, tout contre le bord, existe un édicule où je trouvai des idoles, faites en honneur de tous les édifices[225] principaux du pays, juste comme le Panthéon à Rome. Je ne sais si c’était là une invention ancienne ou bien des Indiens actuels, pour avoir occasion de se retrouver avec leurs idoles, en venant avec des offrandes à ce puits. J’y trouvai des lions sculptés, des vases et autres objets façonnés de telle manière, que personne ne serait tenté de dire que ces gens les eussent travaillés sans aucun instrument de métal. J’y trouvai aussi deux hommes sculptés en pierre, d’un seul morceau chacun, de haute stature, et les parties recouvertes, suivant l’usage des Indiens. Ils avaient la tête d’une manière particulière, avec des pendants aux oreilles, selon l’usage du pays, formant un épi derrière le col, qui s’enchâssait dans un trou profond, fait à dessein dans ce même col, et ainsi enchâssée la statue était complète.
FIN DE L’OUVRAGE DE LANDA.
NOTES
[1] Aujourd’hui on connaît sous le nom de baie de l’Ascension, celle qui est entre 18° 50´ et 19° de lat. puis le golfe Amatique, au fond duquel se trouve le Rio-Dulce qui unit le golfe du même nom ou Golfete à la mer: il serait possible que le nom de golfe Dulce s’appliquât à cette époque au golfe Amatique, ou baie de Honduras, et celui de l’Ascension à tout l’ensemble du golfe.
[2] La Desconocida est une pointe de terre au 20° 50´ lat. formée par un grand estuaire qui s’allonge du sud au nord, à l’ouest de la péninsule.
[3] Puerto-Real est le nom de la plus orientale des deux îles qui ferment la lagune de Terminos. D’après une carte en ma possession, celle de Bailey, Dos Bocas est une barre de Tabasco au 93° 10´ long.
[4] C’est un rameau détaché de la Sierra de Tekax, la seule chaîne qui existe au Yucatan; elle commence au Pueblo de Kambul, arrondissement de Peto (19° 40´ lat.), court au N.-O., laissant à droite Tekax et Ticul, à la gauche Ɔul et Nohcacab jusqu’à la ville de Maxanú, où elle tourne au sud jusqu’à Campêche, pour s’interner ensuite dans les terres vers la république de Guatémala (Pequeño Catecismo de Geografia, arreglado para el uso de los niños, por J. S. C. Y. G. M. R. Merida de Yucatan, 1851.)
[5] Les connaissances géographiques de cette époque étaient loin d’être complètes. Voici ce que dit l’auteur de la petite géographie cité dans la note précédente: Le Yucatan se trouve entre le 18° 21´ de latitude nord et 18° 20´ et 18° 24´ de longitude occidentale de Cadix.
[6] Taiza serait ici au lieu de Taizal ou Tayazal, nom qu’on donnait alors à la capitale du Peten.
[7] La Saint-François tombe au 4 octobre.
[8] Peten signifie une île ou une presqu’île; les Mayas savaient fort bien que leur pays tenait à la terre ferme; preuve, les cartes dressées par eux et dont Montejo et les autres Espagnols se servirent pour reconnaître le Yucatan. Ils savaient du reste qu’ils avaient été envahis plus d’une fois par des populations venues du sud par les montagnes.
[9] Ceci n’est pas complet. Ils disaient aux Espagnols: «Conex c’otoch», c’est-à-dire: Venez à nos maisons.
[10] Cette région n’ayant été jusqu’ici que fort peu explorée, il est difficile de déterminer les rivières dont parle l’auteur: car celles qui descendent du Taiza ou Peten sont le San-Pedro à l’ouest, dont il parle un peu plus bas, et le Zacchich avec les autres affluents, formant le cours du Rio-Hondo qui se jette à l’est dans la lagune de Bacalar.
[11] Xicalanco était une ville importante pour son commerce, située à l’extrémité d’une langue de terre en face de la pointe occidentale de l’île de Carmen, formant une des entrées de la lagune de Terminos.
[12] Ce lieu était probablement consacré à la déesse de la médecine et des accouchements; le nom se compose de ti, in, apud, et de Ixchel, nom de cette divinité.
[13] Voir la note 1ʳᵉ, §1.
[14] Cette ile, aujourd’hui Cozumel, est appelée aussi Acuzamil et Ah-Cuzamil, c’est-à-dire des hirondelles, du mot cuzam, hirondelle. On y adorait dans un temple superbe une divinité du nom de Teel-Cuzam. Aux pieds d’Hirondelle, dont la statue était représentée avec les pieds de cet oiseau. Elle était de terre cuite, grande et revêtue des ornements royaux. Comme elle était creuse et adossée à la muraille, un prêtre s’y renfermait pour répondre au nom du dieu aux demandes des pèlerins qui s’y rendaient en grand nombre des diverses provinces du Yucatan; car Cozumel était un des lieux les plus vénérés de la péninsule. En face de l’île se terminait à la ville de Ppolé la chaussée qui venait d’Izamal et autres villes principales du pays. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)
[15] Mugeres, d’après la carte du Yucatan de l’ouvrage de Stephens entre 21° 30´ et 22° de latitude nord. Le nom d’Ekab ne se trouve sur aucune carte que je connaisse; mais sur celle de Stephens on signale des ruines en plusieurs endroits sur la côte opposée à Cozumel et à Mugeres.
[16] Vivora, rescifs de la mer du nord, situés à 15 lieues au sud de l’île de la Jamaïque, qui ont 42 lieues de long E.-O., fort dangereux pour les embarcations qui naviguent de ce côté... La tête se trouve par 27° 10´ de long. et par 17° lat. nord (Alcedo, Diccionario geogr. hist. de las Indias-Occidentales, etc.)
[17] Suivant Ordoñez, le nom de Maya, qu’il applique à tout le Yucatan, viendrait de ma-ay-ha, exactement non adest aqua, terre sans eau.
[18] Sulamanca de Yucatan fut fondé en 1544, près d’une ancienne ville indienne nommée Bakhalal (enceinte de joncs ou de bambous), et la province est appelée par les uns Vaymil, par les autres Chetemal; peut-être y avait-il deux petites provinces indigènes continant près de Bakhalal, aujourd’hui Bacalar, au fond de la lagune de Chetemal, à l’est du Yucatan. Dans le document en langue maya qui suit cette relation, la province où se trouve Bacalar est appelée Zyan-Caan.
[19] Campêche était appelé Kimpech par les indigènes, d’après Cogolludo.
[20] Champoton s’appelait auparavant Potonchan, qui parait un nom de la langue mexicaine plutôt que maya; on le fait venir de potoni, puer, sentir mauvais, et chan, demeure; ce qui serait la maison-puante, sans doute à cause des marécages qui entouraient cette ville.
[21] Ulua pour Culua ou Culhua, noms qu’on donna à l’ile où se trouve le fort de San-Juan, auprès de la Vera-Cruz; on désignait ainsi la puissance mexicaine, à cause de Culhuacan d’où les rois de Mexico-Tenochtitlan tiraient leur titre.
[22] Il y a, par erreur, dans la copie espagnole Campêche; il faut Cotoch.
[23] Ces barbares paraissent avoir été de race différente des autres populations indigènes du Yucatan, peut-être de descendance caraïbe. Serait-ce parce qu’ils mangeaient quelquefois les membres de leurs ennemis sacrifiés aux dieux?
[24] Les Yucatiques adoraient déjà la croix; Hernandez de Cordova et Grijalva en avaient trouvé dans plusieurs de leurs temples; il n’était donc pas bien difficile de leur en faire admettre une autre.
[25] Le texte espagnol est souvent difficile à entendre; il l’est ici particulièrement, le copiste de Landa ayant probablement passé quelques mots ou mal écrit les autres. Voici ce que Lizano écrit au sujet des premiers habitants du Yucatan. «Ils surent... que la race de ce pays-ci vint, partie du couchant, partie du levant. Ainsi dans leur ancienne langue ils appellent le levant d’une autre manière qu’aujourd’hui. Actuellement ils appellent l’Orient Likin, ce qui revient à dire que d’où se lève le soleil sur nous. Et le Couchant ils le nomment Chi-kin, ce qui est la même chose que chute ou fin du soleil, ou bien où il se cache par rapport à nous. Mais dans l’antiquité ils disaient de l’orient Cen-ial, petite descente, et du couchant Nohen-ial, la grande descente et le peu de gens, d’un côté, la grande multitude, de l’autre, quels qu’ils puissent être les uns et les autres. Je remets le lecteur qui voudrait en savoir davantage au Père Torquemada, dans son Histoire Indienne (Monarquia Indiana), et il verra là comment les Mexicains vinrent du Nouveau-Mexique, et de là par ici. Et comme l’île Espagnole (Haïti) fut peuplée de Carthaginois, que de ceux-ci se peupla Cuba, et cette terre, du côté de l’Orient, comme gens de tant de raison et de valeur, ils purent connaître l’art d’édifier de si somptueux monuments et de s’assujettir les autres nations; sinon que, comme la communication avec Carthage leur manqua avec le temps, ils seraient devenus avec le climat des gens rudes et barbares. (Lizana, Hist. de Nuestra Señora de Yzamal, Part. 1, cap. 3.)
[26] Comme on le voit, Chectemal (écrit ailleurs Chetemal) et Bakhalal sont donnés comme ne faisant qu’une province.
[27] Cette circonscription commençait au bord de la mer en face de Mugeres où était Ekab et terminait vers le centre de la péninsule.
[28] Mérida da Yucatan fut fondé sur les ruines de Tihoo ou T’hoo, capitale de l’antique province de Cehpech, prononcez Qehpech, le c maya étant dur dans tous les mots.
[29] Le pays ne produisait peut-être aucun métal; mais il est indubitable qu’il en tirait d’ailleurs: on sait, du reste, que les Mayas, ainsi que les autres populations civilisées du Mexique, travaillaient la pierre avec des instruments en cuivre et en bronze trempé et avec d’autres en pierre dure.
[30] Ces lignes sont répétées à peu près mot pour mot au § XLII.
[31] Landa, tout en donnant des notions fort précieuses sur le Yucatan, ne s’est guère préoccupé de l’histoire ancienne du pays. Ce que Lizana d’un côté, et Cogolludo de l’autre, ont recueilli, complète ce que dit Landa. Au rapport du second, le prêtre Zamná, venu des régions occidentales, aurait été le premier civilisateur de cette contrée. Nous en parlerons plus en détail dans un autre §. Quant aux édifices d’Izamal, des onze ou douze que compte notre auteur, il n’en restait déjà plus que cinq du temps de Lizana, environ soixante ans après; et de ces cinq, deux étaient consacrés à Zamnà, à qui l’un avait été érigé comme sépulture après sa mort. Ce sont ces édifices que les Espagnols nommèrent Cu et au pluriel cues ou cuyos, du mot maya ku, saint, sacré. A cause de leur forme massive et pyramidale, les indigènes les désignaient sous celui d’omul ou homul, qui donne l’idée d’une élévation artificielle ou d’une taupinière.
[32] Le monastère des franciscains d’Yzamal fut bâti sur l’omul appelé encore aujourd’hui par les indigènes Ppapp-hol-chac, c’est-à-dire la Maison des Têtes et des Eclairs, et l’église de San-Antonio sur l’omul de Hunpictok ainsi nommé du dieu de la guerre qui avait là son temple (Lizana, Hist. de N. S. de Yzamal, lib. 1, cap. 3.)
[33] Je trouve ailleurs ce nom de Tikoch écrit Ticoh et Tecoh, comme on le voit aujourd’hui.
[34] Ce fait que Herrera a tiré de Landa, se trouve ici isolément, sans qu’il soit possible de déterminer à quelle époque il peut appartenir; mais il paraît assez évident qu’il s’agit d’une sorte de réaction religieuse.
[35] Voir le § XLII.
[36] Cet abîme, situé au centre de la cité, était environné de toutes parts d’épais bocages, dont le silence et la solitude le mettaient à l’abri des bruits profanes du monde. L’aspect qu’il offre encore aujourd’hui est celui d’un précipice circulaire d’environ cent pieds de diamètre, aux parois raboteuses et perpendiculaires, au-dessus desquelles se penche le sombre feuillage du bois voisin. Un escalier circulaire taillé dans la roche calcaire, invisible au premier abord, descend jusqu’au bord de l’eau, et jadis il s’arrêtait au pied d’un autel où l’on offrait des sacrifices à Cukulcan. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 17.—Relation du Lic. Lopez Medel, trad. de Ternaux-Compans, dans les Nouv. Annales des Voyages, tom. 1. 1843.)
[37] Cuculcan, écrit quelquefois Kukulcan, vient de kuk, oiseau qui paraît être le même que le quetzal; son déterminatif est kukul qui uni à can, serpent, fait exactement le même mot que Quetzal Cohuatl, serpent aux plumes vertes, ou de Quetzal.
[38] Qui étaient les Izaes, ou Itzaex, c’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ils étaient maîtres de Chichen-Itza, lorsque les Tutul-Xius les en chassèrent au XIIIᵉ Ahau-Katun, c’est-à-dire vers l’an 270 de notre ère, et le document que nous publions plus loin les appelle kuyen uinkob, des hommes saints. Si nous pouvions hasarder ici une conjecture, nous dirions qu’ils pourraient être des restes de la grande famille des Xibalbaïdes, réfugiés dans le Yucatan, après la victoire des Nahoas, de la race desquels étaient les Tutul-Xius. Parlant des princes de Xibalba, le Livre Sacré les appelle Ah-Tza, Ah-Tucur, mot à mot: ceux du mal, ceux des hiboux; mais ces mots sont plutôt des dénominations anciennes de peuples, de qui ceux de Tucurub, dans la Vérapaz, et ceux du Peten-Itza seraient descendus. Peten-Itza, ou l’île des Itzas, dans le lac de Tayazal, aurait été peut-être le dernier refuge de cette antique nation, dont les Espagnols ne s’emparèrent qu’en 1697.
[39] Cezal-couati, c’est Quetzalcohuatl, le c maya, ainsi que nous l’avons dit, devant se prononcer dur comme q devant toutes les voyelles indistinctement.
[40] La question est de savoir si Mayapan dut sa construction première à ce Cuculcan, et si celui-ci vint longtemps après, Zamnà qui parait, d’après les autres traditions, avoir été le premier législateur de cette contrée. Quelques indices sembleraient les faire contemporains; mais d’autres donneraient à penser que Zamnà était le chef d’une religion différente, peut-être de celle des Itzaex. Si Zamnà est plus ancien que Cuculcan, Izamal est aussi plus ancienne que Mayapan: cependant, au dire d’Ordoñez qui avait eu en sa possession des documents anciens des Tzendales, la fondation de Mayapan aurait été contemporaine de celle de Nachan (Palenqué), de celle de Tulhá (Ococingo) et de celle de Copan (Chiquimula), et remonterait à 1000 ans environ avant l’ère chrétienne. Je laisse au docte chanoine de Ciudad Real toute la responsabilité de son assertion.
[41] Au Mexique on fait retourner Quetzalcohuatl à Tlapallan, et au Yucatan on le renvoie au Mexique. Mais il ne serait pas impossible que ce Cuculcan fût le même que le personnage plus ou moins mythologique, dont parle Sahagun, conducteur de la race nahuatl en Tamoanchan, qui paraît se confondre avec le Quetzalcohuatl du Codex Chimalpopoca et le Gucumatz du Livre Sacré, l’un découvrant le maïs en Tonacatepetl et l’autre en Pampaxil et Pacayala.
[42] On sait que les marécages voisins de Champoton sont parsemés de ruines magnifiques qui s’étendent dans les îles et tout autour de la lagune de Terminos.
[43] Cocom signifie écouteur, croyant. Il fut donné probablement à cette famille, comme une récompense pour avoir cru la première aux enseignements de Cuculcan.
[44] Ahkin-Mai, le prêtre de Mai ou Ahau-Can-Mai, le prince Serpent Mai. Qu’était Mai, une divinité ou un personnage des temps antiques, sans doute celui à l’occasion duquel le pays fut appelé Maya et dont l’origine devrait peut-être se chercher dans les traditions religieuses de Haïti.
[45] Ces livres étaient appelés Analté, ou livre de bois, parce que le papier en était fabriqué de l’écorce d’un arbre, le même apparemment qu’on appelle Amatl au Mexique: c’était une sorte de papyrus, préparé avec grand soin, en tout semblable à celui de la Bibliothèque impériale et recouvert d’un enduit glacé analogue à celui de nos cartes de visite. Les planches entre lesquelles on les renfermait, et qu’on garnissait avec soin, annonce une sorte de reliure.
[46] Il s’agit ici de l’émigration des Tutul-Xius, dont le document chronologique placé à la suite de cet ouvrage fixe la sortie du pays de Tulapan ou de Tula (Tulha), à l’an 143 ou bien à l’an 174 de notre ère; ce qui recule à plusieurs siècles en arrière le commencement de la dynastie Cocome. Ni Lizana, ni Cogolludo ne font allusion à l’entrée des Tutul-Xius dans le Yucatan.
[47] Cette identité se trouve en particulier dans les langues zotzile, tzendale et Chamho (Chamula), qu’Ordoñez prétend être de l’égyptien ou du cophte.
[48] Landa ferait-il allusion aux ruines de Palenqué? cequi est certain c’est que de bonne heure les religieux espagnols avaient signalé des débris considérables de villes, abandonnées déjà au temps de la conquête, entre autres ceux d’Ococingo, (Garcia, Origen de los Indios lib. II, cap. 4.)
[49] Le nom des Tutul-Xiu paraît d’origine nahuatl; il serait dérivé de totol, tototl, oiseau, et de xiuitl ou xihuitl, herbe, etc. En ceci il n’y aurait rien d’extraordinaire, puisqu’ils sortaient de Tula ou Tulapan, cité qui aurait été la capitale des Nahuas ou Toltèques, après leur victoire sur Xibalba.
[50] Il n’est pas probable que ces paroles puissent être prises à la lettre; le peu qu’on sait de l’histoire du Yucatan serait en opposition avec Landa.
[51] Ces paroles seraient une preuve de l’existence d’une société antérieure, possédant des institutions différentes de celles de Cuculcan qui étaient probablement d’origine toltèque. Cette société se rattacherait-elle à la civilisation apportée par Zamna et dont Izamal paraîtrait avoir été le centre?
[52] Sous le nom de Mexicains et de rois du Mexique, on comprend sans difficulté qu’il s’agit ici des petits princes qui gouvernaient les provinces soumises depuis au sceptre ou au vasselage des derniers rois de Mexico, mais non de ces rois eux-mêmes.
[53] Il s’agit ici d’une sorte de cotte de mailles en coton piqué, appelée ichcahuipil en langue mexicaine. Quant au sel dont il est question ici, on comprend difficilement quel pouvait en être l’usage dans le piqué de ces sayes: j’avais cru d’abord voir une erreur du copiste dans le texte; mais ce détail est répété ailleurs, § XXIX. Peut-être ces sayes étaient-elles faites de manière à ce qu’on introduisît une couche de sel dans la doublure, chaque fois qu’on devait s’en servir.
[54] L’auteur, ainsi qu’on s’en aperçoit dans le cours de sa narration, copiée par Herrera, confond ici deux faits qui paraissent assez distincts: 1º la première révolte des Tutul-Xius et des autres grands vassaux de l’empire maya, à la suite de laquelle il se partage en trois royaumes, celui de Mayapan, celui de Chichen-Itza et celui d’Uxmal, qui d’après le document maya, déjà cité, aurait eu lieu du IXᵉ au Xᵉ siècle, ce qui ferait les cinq cents ans et plus dont il est question dans ce paragraphe; 2º la révolution qui chassa définitivement la dynastie des Cocomes, au milieu du XVᵉ siècle, de la ville de Mayapan qui fut abandonnée alors.
[55] D’après ce calcul, Mayapan aurait été abandonné en 1446, cent vingt ans avant l’année 1566, où écrivait Landa; date qui concorde admirablement avec celle donnée par le document chronologique ci-joint, où cet événement est placé au VIᵉ Ahau Katun, commençant en 1446 ou en 1461.
[56] Ces pierres de dix-huit pieds de long (de hauteur sans doute), et rondes par le bout, rappellent assez bien les monolithes de Copan et de Quirigua, assez semblables à des obélisques et recouverts d’inscriptions analogues à celles dont il est ici question.
[57] Zilan, que les Yucatèques écrivent Ɔilan, était une ville de la principauté des Chèles, à vingt lieues et demie de Mérida. Elle est à six lieues au nord d’Izamal dont elle est aujourd’hui le port sur l’Atlantique: il y reste les ruines d’un des plus grands omules du Yucatan.
[58] Voici ce qu’ajoute à ce sujet Cogolludo: «Leurs lustres arrivant à cinq qui font vingt ans, ce qu’ils appelaient katún, ils plaçaient une pierre gravée sur une autre également gravée, incrustée avec de la chaux et du sable dans les murs de leurs temples et des maisons des prêtres, comme on le voit encore aujourd’hui dans les édifices en question, et dans quelques anciennes murailles de notre couvent de Mérida, sur lesquelles il y a quelques cellules. Dans une ville, nommée Tixhualahtun, qui signifie lieu où l’on met une pierre gravée sur une autre, se trouvaient, disent-ils, leurs archives, où tout le monde avait recours, pour les événements de tout genre, comme nous à Simancas.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 4.)
[59] La terre d’Ulua, dont il est question ici, située au delà de Salamanca, c’est-à-dire de Bacalar, ne saurait être le Mexique: il s’agirait donc du pays arrosé par le fleuve de ce nom dans le Honduras avec lequel les Mayas étaient en relations de commerce très-étendues: on sait du reste que les princes de ces contrées s’occupaient d’affaires commerciales tout autant que leurs sujets, témoin le roi d’Acallan qui était toujours élu d’entre les marchands les plus expérimentés.
[60] Mot à mot: Au roulement, ou bien On a été joué, roulé ti bulon ou bolon.
[61] Zututa, aujourd’hui Sotuta, est encore actuellement un arrondissement du département de Tekax, à peu près au centre nord de Yucatan.
[62] Ce nom s’écrit Acanul ou Ahcanul; c’était une province au nord-est de Campêche, et touchant à la mer vers Pocboc.
[63] C’est-à-dire jusqu’à l’époque de la colonisation espagnole de Campêche en 1540. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 5.)
[64] Ces mots jetés comme par hasard nous donnent le nombre exact des chefs du sacerdoce de Mayapan, tel, probablement, qu’il avait été institué par Cuculcan. Le nom de Chel qui est donné ici à l’une de ces familles paraît devoir se rattacher à quelque origine divine, Ixchel qui signifie la femme Chel étant à la fois la déesse de la médecine et des accouchements.
[65] Ailleurs ce nom est écrit Ahchel, quoiqu’il serait plus exact de dire H’chel.
[66] Serait-ce un tatouage à la mode des marins ou des philactères comme ceux des Pharisiens de l’Evangile?
[67] Les Chèles étaient à la tête du sacerdoce dans la province d’Izamal, ville sacerdotale par excellence, ce qui devait leur donner une influence considérable dans tout le Yucatan.
[68] Ce terme de vingt ans paraît s’appliquer au premier abord à l’époque qui suivit immédiatement l’abandon définitif de Mayapan; mais les événements qui suivent la construction d’un si grand nombre d’édifices et de monuments de toute sorte, dont il est question ensuite, donneraient à penser que Landa confond de nouveau l’époque première de la ruine de Mayapan et sa ruine définitive.
[69] Les réflexions de la note précédente peuvent également s’appliquer ici. L’ouragan dont il est question est mentionné par Cogolludo, comme un événement très-ancien, trouvé par le docteur Aguilar dans les livres mayas. Il réfère l’événement comme «une inondation ou ouragan, qu’ils appelaient Hun-Yecil, ou summersion des forêts.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.) Ceci serait curieux à comparer avec le cataclysme dont il est parlé aux époques primitives des Quichés, des Mexicains et des Péruviens.
[70] Cogolludo parle de cette peste, et le document en langue maya l’attribue à certaines fièvres et à la petite vérole qui aurait été apportée par les Espagnols, lors de leur première tentative de conquête. Elle est marquée au XIIIᵉ Ahau Katun, commençant à l’an 1518 ou 1521.
[71] Il est parlé de ces prétendues prophéties dans tous les livres composés depuis la conquête. Ce que Landa nous apprend ici toutefois, c’est que Chilan était le nom d’un office sacerdotal parmi les Mayas.
[72] Il est parlé dans Lizana et Cogolludo d’histoires analogues, toutes aussi peu fondées les unes que les autres, ou inventées par les vaincus pour plaire aux religieux, leurs maîtres. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. II, cap. 11.)
[73] Le précepteur de Charles-Quint, régent d’Espagne et depuis Pape sous le nom d’Adrien VI, en 1522.
[74] Cogolludo distingue entre Cóni et Conil, celui-ci étant un port de mer sur la côte nord, situé en avant de Cóni, et dont le nom est resté aujourd’hui à une pointe de terre qui s’avance entre le Cap-Catoch et le Rio-Lagartos, à l’entrée de la lagune de Yalahau, où il y a tant de ruines intéressantes.
[75] Cogolludo appelle cette province Chavacha-Háa ou Choáca, qui est, ainsi que toute la portion orientale de la péninsule, presque entièrement dépeuplée actuellement: Chichen-Itza en dépendait.
[76] Tecoh est situé à moins de cinq lieues au sud-est de Mérida, dans l’arrondissement de cette ville.
[77] Covoh parait avoir été le nom de la famille régnante à Champoton, au temps de la conquête.
[78] Ainsi les Chèles continuaient à exercer le sacerdoce à Tecoh, en 1565, malgré les efforts de Landa et des autres franciscains.
[79] Chichen-Itza paraît avoir continué à jouer un rôle important dans l’histoire jusque vers la fin du XIIIᵉ siècle. Le titre et la puissance royale seraient passés ensuite aux Chèles de Tecoh, qui possédaient le territoire de Chichen ainsi que celui d’Izamal, à la conquête. N’y aurait-il pas là encore une preuve d’antagonisme entre deux sectes religieuses, personnifiées dans les familles sacerdotales de Chichen et de Tecoh? Chichen, autant qu’on peut en juger, était en ruines et abandonné lorsque les Chèles en firent la cession à Montejo.
[80] Il manque probablement des mots dans ce texte; car il est intraduisible ici.
[81] Cogolludo écrit ce nom Anamux-Chel.
[82] Yobaïn est aujourd’hui un village de l’arrondissement de Motul, département d’Izamal, à une lieue environ de la mer, sur la route de cette ville.
[83] L’audience royale dite des Confins, parce qu’elle avait été transférée à Gracias-à-Dios, ville du Honduras située sur les frontières de cette province, et tout près de celles de Guatémala, pour veiller aux intérêts de l’Amérique centrale, en particulier du Nicaragua et du royaume de Guatémala.
[84] Cogolludo ne raconte pas cette histoire de la même manière que Landa; mais celui-ci paraît être dans le vrai. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 6.)
[85] Ce sont les embouchures du Tabasco et la lagune de Terminos.
[86] Ti-Hoo et mieux T’Hoo, signifie la cité par excellence, ad urbem. La tradition en attribuait la fondation aux Tutul-Xius, et elle renfermait des monuments remarquables de son antique splendeur, lorsque les Espagnols y fixèrent leur résidence. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. III, cap. 7 et 11.)
[87] Voici donc Landa, que l’on a si souvent accusé de fanatisme et de cruauté même à l’égard des Indiens, racontant lui-même les barbaries commises par les conquérants. Ce n’est pas ici l’enthousiaste déclamateur Las Casas; c’est Landa lui-même. Mais hâtons-nous de le répéter avec lui, les Espagnols eux-mêmes se révoltaient des cruautés exercées par quelques-uns de leurs chefs.
[88] C’était là la condition de la plupart des nations indigènes de ces contrées. Combien d’ouvrages de l’époque y a-t-il, cependant, où on les accuse de vivre comme des bêtes sauvages dans les bois et au fond des précipices! A qui la faute, sinon à ceux dont l’avidité et la barbarie les forçaient à se cacher et changèrent en solitudes les régions naguères les plus florissantes et les plus peuplées!
[89] Cette révolte eut lieu en 1546.
[90] Jacques de Testera était Français, natif de Bayonne et frère d’un chambellan de François Iᵉʳ, roi de France: le premier il arrêta la destruction des documents indigènes, si malheureusement et en si grand nombre déjà livrés aux flammes par Landa dans le Yucatan et par Zumarraga à Mexico et à Tetzcuco.
[91] Voici ce que dit à ce sujet Torquemada: «Ils comptaient les paroles de la prière qu’ils apprenaient avec des petits cailloux ou des grains de maïs, mettant à chaque mot ou période un caillou ou un grain, l’un après l’autre, comme après ces mots Pater noster une pierre, après qui es in cœlis une autre, et ainsi du reste. Puis, les signalant du doigt, ils commençaient avec le premier caillou, disant Pater noster, et continuaient ainsi jusqu’à la fin, recommençant aussi souvent qu’il le fallait pour se graver le tout dans la mémoire.» (Mon. Ind., lib. XV, cap. 36.)
[92] La grammaire maya du père Louis de Villalpando fut augmentée par Landa lui même; mais on ne sait ce que ces manuscrits sont devenus. Pinelo cite de Villalpando un Arte, i Vocabulario, qui auraient été imprimés, mais ne dit ni où ni quand.
[93] Landa parle ici d’après son expérience personnelle dans la matière.
[94] Ce mot est le même que les écrivains yucatèques, successeurs de Landa, écrivirent than, où le th a un son tout particulier, et qui n’est pas le th anglais.
[95] Si nous comprenons bien ce que veut dire l’auteur, c’est que les religieux adoptèrent les lettres latines pour les mots nouveaux que l’espagnol introduisit dans la langue maya; ou bien signifie-t-il qu’on ajouta à l’alphabet latin les lettres dont le son manquait en espagnol?
[96] L’auteur dit les trois Pàques, suivant l’usage espagnol, la Noël, Pàque et la Pentecôte.
[97] Cet auto da-fé, où personne toutefois ne fut brûlé, ce fut le père Landa lui-même qui le célébra, usurpant, comme on l’en accusa bientôt après, les droits épiscopaux. Voir à ce sujet, pour les détails, Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. VI, cap. 1 et 6.
[98] Dans le nouveau Royaume de Grenade.
[99] Il y a dans le texte catedratico de Scoto, qui tient la chaire de l’enseignement de Scot, le célèbre professeur de philosophie scolastique du moyen âge.
[100] On voit que ces seigneurs indiens savaient au besoin flatter leurs vainqueurs.
[101] C’est encore aujourd’hui de cette manière que se construisent à la campagne les maisons non-seulement des indigènes, mais encore de la plupart des autres habitants du pays, au Yucatan et ailleurs.
[102] On en verra plus loin la description.
[103] On en verra plus loin la description.
[104] Suivant d’autres auteurs ils auraient eu quelquefois des vêtements plus complets et de plus de luxe.
[105] Cette boisson est en effet fort rafraîchissante et aussi nourrissante qu’agréable: on l’appelle tisté au Nicaragua.
[106] Celle-ci est une sorte de chocolat, tel que le préparaient les indigènes, de qui l’Europe l’a reçu.
[107] Ou plutôt les Espagnols et leurs descendants ont emprunté des Yucatèques et ceux-ci des Espagnols leurs coutumes mutuelles, surtout quant à la nourriture, ce dont s’aperçoivent fort facilement les voyageurs qui parcourent ces contrées.
[108] C’était un véritable hydromel, comme on le voit. Dans la suite de ce récit le mot vin, qui se représente souvent, ne doit pas être pris dans un autre sens.
[109] Ce livre est rempli de vieux provincialismes souvent introuvables et encore plus intraduisibles; il y a ici cimitaras, peut-être pour cimitarras, cimeterres, mais que veut-il dire? Nous avons traduit l’idée, sinon le mot.
[110] «Au temps de leur idolâtrie, ils dansaient et encore actuellement ils dansent et chantent suivant l’usage des Mexicains: ils ont un chanteur principal qui donne le ton et enseigne ce qu’il faut chanter; ils le vénèrent et le respectent, lui donnant sa place à l’église, dans les fêtes et assemblées. Ils le nomment Holpop, et c’est à ses soins que sont confiés les tambours ou tunkules et autres instruments de musique, tels que flûtes, trompettes, conques marines et autres choses dont ils se servent. Le tunkul (en mexicain teponaztli) est de bois creux, et il y en a de si grands qu’on en entend le son à deux lieues de distance, quand vient le vent du même côté. Ils chantent avec ces instruments leurs fables et leurs antiquités. Ils avaient et ils ont encore des comédiens qui représentent les fables et les histoires antiques, que je crois qu’il serait bon de leur ôter, au moins les costumes avec lesquels ils les représentent; car, à ce qu’il paraît, ils sont comme ceux de leurs prêtres idolâtres... Ils mettent de la grace dans les plaisanteries et les bons mots qu’ils adressent à leurs anciens et aux juges, figurant leur rigueur, leur ambition ou leur avarice, imitant leurs gestes et leurs manières, disant les vérités à leur propre curé, devant lui-même, souvent dans un seul mot. Mais pour les comprendre, il faut bien posséder leur langue et être très-attentif. Ces représentations sont d’ailleurs fort dangereuses, surtout si elles ont lieu de nuit dans leurs maisons; car Dieu sait ce qui s’y passe. Balzam est le nom qu’ils donnent à ces comédiens et par extension à l’homme d’esprit, au bouffon; car ils imitent aussi fort bien les oiseaux dans ces représentations.» (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)
[111] Il y a cependant quelques exceptions, comme on le verra plus loin au § XXXII.
[112] «La monnaie dont ils se servaient, c’étaient des clochettes et des grelots de cuivre, dont la grandeur fixait le prix, et quelques coquillages rouges qu’ils apportaient du dehors et qu’ils enfilaient comme les grains d’un chapelet. Les grains de cacao servaient également de monnaie; c’était ce qu’il y avait de plus en usage dans leurs achats et ventes, ainsi que certaines pierres de prix et de petites haches de cuivre qu’ils tiraient de la Nouvelle-Espagne, etc. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. VI, cap. 3.)
[113] On sait qu’en Espagne et dans les pays espagnols, les noms absurdes de Pilar, Pilier, Soledad, Solitude, etc. sont fort communs pour Maria del Pilar ou de la Solitude, à cause des sanctuaires dédiés à la Sainte Vierge.
[114] Ceci est une erreur de Landa, qui ne paraît guère avoir été au courant des coutumes du Mexique où l’enfant était lavé quelques jours après sa naissance et purifié par l’invocation de la déesse Chalchiuhlicué, etc.
[115] Chac ou Chaac, ainsi qu’on le verra plus loin, était aussi le nom générique des dieux protecteurs de la campagne et des moissons, comme les tlaloque au Mexique.
[116] L’encens dont il s’agit ordinairement dans ce livre, c’est le copal, en usage encore dans toutes ces contrées.
[117] Echuah, signifie marchand; au dire de Las Casas, c’est la divinité que les Mayas invoquaient en chemin (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. vi, cap. 6.)
[118] A l’exception des masques servant aux représentations scéniques, je n’ai jamais vu de ces idoles de bois, les missionnaires ayant brûlé toutes celles dont ils ont pu s’emparer.
[119] Le Nacon dont le titre se donnait à deux différents chefs, se donnait aussi à la supérieure ou abbesse des vestales ou vierges consacrées au service des temples, laquelle prenait le titre de Ixnacan ou Xnacon Katun. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. IV, cap. 2.)
[120] L’historien général des Indes dont il s’agit ici était Gonçalo Fernandez de Oviedo, dont l’erreur, si erreur il y a, comme l’affirme ici Landa, a été reproduite par Herrera et beaucoup d’autres écrivains. Cogolludo ajoute à son tour le témoignage de tous les moines de son ordre et de Las Casas qui n’ont jamais remarqué rien qui rappelât la circoncision; il dit aussi avoir interrogé un grand nombre de vieillards qui ne se souvenaient d’aucune coutume semblable. (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)
[121] Il s’agit ici de la pierre des sacrifices.
[122] A Tyr, et dans les pays chananéens, à Carthage, etc., des mères portaient leurs petits enfants en holocauste à Baal, à Moloch, etc. Quant aux sacrifices du sang humain, ils existaient chez la plupart des peuples de l’antiquité.
[123] Un sacrifice analogue avait lieu à Quauhtitlan, près de Mexico. (Torquemada, Monarq. Ind. lib. X, cap. 30.)
[124] On retrouve ce sacrifice avec tous ses détails barbares au Mexique où il parait avoir été apporté par une population étrangère, à Tollan, vers la fin de l’empire toltèque de l’Anahuac, au milieu du XIᵉ siècle. C’était ce qu’on appelait à Mexico la fête de Xipe-Totec.
[125] Hostia, ab hoste sacrificato... Pour nous la victime la plus sainte n’est pas seulement un homme, c’est un Dieu, immolé pour nous sauver.
[126] Dans le drame quiché de Rabinal-Achi que j’ai recueilli et traduit à Rabinal, au Guatémala, l’un des héros, Queché-Achi, fait allusion à cette coutume d’une manière poétique: «Or voici, s’écrie-t-il, ce que dit ma parole à la face du ciel, à la face de la terre: Sont-ce là votre table et votre coupe? Mais c’est la tête de mon aïeul, mais c’est la tête de mon père que je vois et que je considère! Ne serait-il donc pas possible qu’on en fasse de même et que l’on travaille ainsi l’os de mon front, le cràne de ma tête, qu’on le cisèle et le peigne de couleurs en dedans et en dehors? Alors quand on descendra en mes montagnes et en mes vallées, pour négocier des sacs de peck ou de cacao avec mes fils et mes vassaux, dans mes montagnes et dans mes vallées, mes fils, mes vassaux diront: «Voilà la tête de notre aïeul, de notre père.» Ainsi le répéteront mes fils et mes vassaux en mémoire de moi, aussi longtemps que le soleil éclairera.... Voici donc l’os de mon bras, voici donc la baguette montée en argent, dont le bruit retentira, en excitant le tumulte au dedans des murailles du grand château; voici l’os de ma jambe qui deviendra le battant du teponovoz (ou teponaztli, tambour de bois creux) et du tambour et qui fera trembler le ciel et la terre...» (B. de B. Rabinal-Achi, ou drame-ballet du Tun, etc. scène IV, pages 103 et 105.)
[127] Voir la gravure de la hache au texte espagnol.
[128] A l’époque où Landa écrivait, les Mayas, ainsi que la plupart des nations voisines, dont la civilisation était analogue, avaient déjà perdu l’usage de leurs armes anciennes; il est loin de les énumérer toutes ici. Comme elles étaient les mêmes dans le Mexique et l’Amérique centrale, le lecteur qui voudrait en avoir une idée peut consulter mon Hist. des nations civilisées du Mexique et de l’Amérique centrale, etc. tom. III, liv. XII, chap. 5, pag. 591.
[129] Ce détail confirme ce qui se trouve plus haut, § VIII, sur l’usage du sel dans la doublure piquée de coton de ces sayes.
[130] On assure que la chair de l’iguane, qu’on dit d’ailleurs d’un goût fort agréable, a la propriété de refroidir les sens.
[131] Ceci ferait croire qu’il s’agit d’une sorte de garde analogue à la landwehr en Suisse, quoique un peu plus loin le texte ferait penser qu’il s’agit de mercenaires payés par le prince. Quant au titre de holcan donné à son chef, son étymologie paraît être hol, tête, et can, serpent, tête de serpent, peut-être à cause des insignes qu’il portait.
[132] Ce bain au feu, était probablement le bain de vapeur dont les Mexicains faisaient usage, appelé chez eux temazcalli et chez les Quichés tuh.
[133] Quel aveu pour un évêque, surtout pour un évêque espagnol et un homme du caractère généralement attribué à Landa! Il prouve, du reste, en faveur de sa véracité, mais il est bien triste pour la civilisation européenne.
[134] Martyre de la chasteté et de la fidélité conjugales, persécutées par des hommes qui avaient la prétention d’introduire l’Evangile.
[135] L’espagnol dit «conter des nouvelles et par moments un peu de murmures,» sans dire contre qui, mais le reste du texte semble indiquer que c’était contre leurs maris.
[136] Le nom naual donné à ce ballet appartient à la langue mexicaine. On sait, d’ailleurs, que certaines populations d’origine nahuatl, à Panuco, à Teo-Colhuacan, etc., avaient des mœurs fort dissolues et des fêtes très-lascives, d’où cette danse peut avoir été empruntée ou apportée au Yucatan.
[137] Landa, en faisant, d’un côté, l’éloge de leur économie, de l’autre de leur générosité, ne pouvait mieux dépeindre la femme de ménage par excellence, la femme forte dont il est question dans les saintes Écritures, à propos de Judith. (Proverb. cap. 31.)
[138] Ixchel, mieux Xchel, suivant la grammaire du P. Beltran, est tout simplement le féminin de Chel, indéfini dont le masculin est Ahchel ou Hchel, nom patronymique de la famille sacerdotale qui régnait à Tecoh, capitale de la province d’Izamal. Voir le § IX.
[139] On sait d’ailleurs que les Mayas embaumaient à leur manière les cadavres, lorsqu’ils ne les brûlaïent point; qu’ils les déposaient, comme on le voit quelques lignes plus bas, dans des sarcophages en terre cuite ou en bois, dont le couvercle représentait l’image du défunt, peinte de couleurs vives, et qu’ils enfermaient avec lui ses livres, s’il était prêtre, et d’autres objets rappelant sa profession et son rang. C’était exactement ce qui avait lieu dans l’ancienne Égypte.
[140] Ces paroles indiquent suffisamment l’usage primitif des pyramides d’Izamal et l’intérêt qu’il y aurait à fouiller dans leurs entrailles.
[141] Tout à fait comme les cercueils ou les sarcophages du même genre trouvés en Etrurie, dans la Babylonie et en Égypte.
[142] Le Yaxché, qui signifie arbre vert, est probablement le même que le tonacaste ou tonacazquahuitl, arbre au tronc puissant et élevé, au feuillage immense, mais menu et serré, dont la beauté et l’extrême fraîcheur lui ont fait donner le nom d’arbre de la vie; pour moi je n’en ai jamais vu dont la fraîcheur fût plus délicieuse.
[143] Mitnal, quelquefois écrit metnal, qui parait dériver du mictlan ou mitlan de la langue nahuatl.
[144] Hun-hau pour hun-ahau, suivant la prononciation maya où le son guttural de la lettre h se prononce autant que possible sans voyelle. Ce mot signifie un seigneur, un roi, etc. Il est probable qu’il fait allusion au personnage nommé Hun-Camé dans le Livre sacré. (Popol-Vuh.)
[145] Du 30 novembre au 13 décembre.
[146] C’est la première fois que je trouve des mois de trente jours chez une nation où le calendrier ordinaire et la civilisation paraissent être d’origine toltèque. Il n’est probablement pas question de mois lunaires; car dans ce cas ils n’eussent pas été de trente jours et n’auraient pas complété le 360.
[147] On omettait de nommer alors les cinq jours supplémentaires, comme le dit ici l’auteur, en ce sens qu’étant en dehors des dix-huit mois de l’année, ils ne pouvaient avoir le nom d’aucun d’eux: mais en tant que jours, il explique un peu plus bas qu’ils omettaient, tout en les comptant, ceux des cinq premiers signes suivants; ainsi le 360 forment, l’année terminant avec Akbal, comme dans le calendrier présenté par l’auteur, les cinq jours supplémentaires devaient s’appeler Kan, Chicchan, Cimij, Manik, et Lamat, afin que l’année nouvelle pût commencer avec Muluc, d’après le système même de Landa qui recevra plus loin d’amples éclaircissements, dans le calendrier yucatèque, publié au Yucatan par don Pio Perez et que nous plaçons à la suite de cet ouvrage.
[148] Voir au document cité dans la note précédente relativement à la signification de ces noms, dont le sens est pour la plupart resté inconnu; au dire de l’évêque Nuñez de la Vega, ceux du calendrier tzendal qui sont presque identiques, seraient les noms des chefs qui vinrent avec Votan peupler ces contrées ou de ses premiers successeurs (Nuñez de la Vega, Const. diœces. del obispado de Chiappa, in Præamb. § XXX et XXXI.)
[149] Peut-être les mêmes qu’Oxomoco, Cipactonal, Quetzalcohuatl et Tetzcatlipoce, autrement Oxomoco, Cipactonal, Tlaltecui et Xuchicaoaca. Voir le Livre sacré (Popol-Vuh), Introd. pag. CXVII.
[150] La plupart des mots composant les noms de ces divinités sont introuvables dans les maigres vocabulaires qui sont sous nos yeux: leur orthographe, d’ailleurs, est incertaine; nous chercherons toutefois à expliquer les plus importants, mais sans rien affirmer, les étymologies que nous donnons ici ne devant servir tout au plus que comme de simples indications. L’auteur, en disant que les Bacab étaient les soutiens du ciel, permet de chercher l’étymologie du mot dans bak, qui signifie un os, un rocher, une chose fondamentale; bacab ou bakab serait peut-être un pluriel ancien: dans ce cas ce seraient les fondements ou les fondateurs du ciel. Les autres noms ont évidemment rapport aux présages annuels de chacun des quatre signes qui se suivaient continuellement: ainsi l’année du signe Kan, placé au midi, était marquée de la couleur jaune, kan ou kanal; l’année du signe Muluc, placé au levant, était marqué de la couleur rouge, chac ou chacal; l’année du signe Yx, placé au nord, était marquée de la couleur blanche, zac ou zacal; enfin celle du signe Cauac, placé au nord, était marquée de noir, ek ou ekel. Le mot pavahtun, composé de paa, édifice, de vah, passé probablement d’un verbe qui veut dire ériger, dresser, et de tun, la pierre du katun qu’on incrustait dans le mur pour rappeler la mémoire de l’année. Le mot chac, avec lequel se termine chacun des noms, rappelle sans doute la divinité protectrice des champs, et dans ce cas il faudrait l’écrire çhac, avec le ch barré ou cédillé.
[151] Les mêmes noms de couleurs se représentent ici avec u-Uayeyab, mieux u uayeb haab, les lits ou les couches de l’année; ces noms sont donnés aux jours supplémentaires, ainsi désignés parce qu’ils étaient comme les jours de repos de l’année.
[152] Bolon est l’adjectif numéral neuf, zacab, dont la racine est zac, blanc, est le nom d’une sorte de maïs moulu, dont on fait une espèce d’orgeat. Cette statue était-elle une image allégorique de cet orgeat offert en cette occasion?
[153] Kanté, bois jaune; c’est probablement le cèdre.
[154] Nous avons déjà parlé de Zamna, au Itzamna, § V, note 5; son nom se retrouve dans celui d’Izamal, dont il fut peut-être le fondateur et qui s’appelait, ainsi que lui-même, Itzamatul; mais je ne trouve pas dans Lizana le nom d’Yzamna-Kauil, mais bien Kab-ul; c’est peut-être encore une faute du copiste de Landa (Lizana, Hist. de N. S. de Ytzamal. Part. I. cap. 4.)
[155] L’original du manuscrit de Landa était partagé en un grand nombre de petits chapitres, dont les divisions ont été à peu près partout omises par le copiste, ce qui fait que nous n’avons pu les suivre. La division présente est la nôtre. Le chapitre 100 de l’original correspondant à un des alinéas du § XXVIII.
[156] Je trouve ce nom écrit alternativement Kinch-Ahau et Kineh-Ahau, ailleurs Kinich-Ahau, qui serait le seul acceptable: kin, soleil, ich, œil et visage, et ahau, seigneur; ce qui reviendrait à dire seigneur au visage de soleil, ou suivant Lizana qui l’appelle Kinich Kakmó, soleil au visage et rayons de feu, bien que kakmó ait la signification d’Ara-de-feu, ainsi qu’il le donne à entendre lui-même un peu plus loin. (Hist. de N. S. de Yzamal, Part. I, cap. 4.)
[157] Plus haut il est parlé de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé composant le zacah.
[158] Holcan, tête de serpent, titre des chefs inférieurs de la milice, et okot, danse ou ballet.
[159] Ici le nombre des grains de maïs grillé pour la boisson change de nouveau.
[160] Ce nom est écrit plus haut Chac-Acantun.
[161] Ce nom est écrit tantôt canziemal, canzicmal et canzienal. Je n’ai pu jusqu’ici vérifier quelle était la véritable orthographe.
[162] Yax-Coc-Ahmut était le même que Zamná et considéré comme fils de Hunabku, le seul saint, le dieu suprême.
[163] Ce nom est écrit plus haut Zac-Zini.
[164] Yax-ek doit signifier vert et noir.
[165] Kach doit être l’oiseau carnassier nommé zopilote au Mexique.
[166] C’est la traduction du mot espagnol cazcarientas qui se trouve dans le manuscrit; serait-ce le nom d’une danse qui se trouve au pays de l’auteur?
[167] Ceci rappelle l’antique empire dont le nom est resté pour signifier l’enfer chez les uns et les démons ou plutôt d’effrayants fantômes chez les autres.
[168] Ek-balam-chac signifie tigre noir dieu des champs: ce sont du reste des noms donnés au tigre encore aujourd’hui. Ahcan est le serpent mâle en général. Ahbuluc-Balam signifie Celui des onze tigres.
[169] Ne croirait-on pas lire la description de cette fête des Scythes, rapportée par Hérodote, et que M. Viollet-Leduc a insérée dans ses Antiquités mexicaines, formant l’introduction de l’ouvrage de M. Désiré Charnay: Cités et Ruines américaines, page 16?
[170] Voir au § XXXIV.
[171] En effet, le premier jour du premier mois ne se retrouvait d’accord avec le premier jour de l’année qu’une fois au commencement de chaque cycle de cinquante-deux ans.
[172] C’est ce dont le lecteur pourra se rendre un compte plus exact en jetant les yeux sur l’explication du calendrier maya, d’après le travail de don Pio Perez, à la suite de cet ouvrage.
[173] Hun-Ymix correspond au Ce-Cipactli du calendrier mexicain, qui se trouve dans les tables de Veytia, au 9ᵉ jour du mois Micailhuitzintli, XIIᵉ de l’année mexicaine, correspondant alors au 18 septembre. (Veytia, Hist. antig. de Mexico, tom. 1, cap. 10.)
[174] L’auteur se rapporte à quelque commentaire de l’Écriture sainte où il est question du calendrier des Hébreux, comparé à celui de diverses nations.
[175] L’auteur, en joignant ici au calendrier romain le calendrier maya, n’a pas remarqué qu’il en a interverti l’ordre, en commençant son calcul par la dernière moitié, ce qui fait qu’en arrivant à la fin de cette moitié avec le dernier des jours supplémentaires, on aurait, s’il fallait le suivre, pour premier jour du mois maya Popp, le jour Muluc au lieu de Kan, ce qui est impossible. Ce qui fait voir clairement d’ailleurs que Landa a fait ces choses sans y réfléchir, c’est qu’il commence en janvier avec la continuation des explications relatives à des fêtes commencées dans le mois précédent de décembre, ce qui n’ajoute pas à leur clarté. Il aura évidemment pris le calendrier maya et l’aura copié, en commençant par la fin, n’attachant d’importance qu’au romain. Mais le lecteur peut facilement réparer ce manque d’attention, en prenant à son tour le calendrier romain par le milieu avec le 1ᵉʳ jour du mois Popp.
[176] On conçoit ici les plaintes de Landa; il écrivait au milieu de l’époque la plus ardente de la réforme en Allemagne et en Angleterre.
[177] Voir à la fin du calendrier le commencement de ce mois et des solennités dont la suite seulement se trouve ici. Quant à l’étymologie des noms des mois, elle se trouvera plus loin avec celle des jours.
[178] Voir les §§ XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVIII.
[179] De là le nom de katun ou kat-tun, pierre appelée ou qu’on interroge, du verbe kaat, appeler, donner un nom, interroger, demander, etc. et de tun, pierre. Voir le § IX, note 4.
[180] Ce qui, d’accord avec divers autres indices, annoncerait bien que l’effusion du sang, et surtout du sang humain, dans les sacrifices, était d’origine étrangère, nahuatl probablement.
[181] Tupp-kak, c’est-à-dire extinction du feu.
[182] Landa écrit alternativement les chaces et las chaques, pour pluraliser le mot chac, nom commun aux dieux protecteurs des campagnes et aux aides des prêtres.
[183] Ekchuak, écrit ailleurs Echuah, était le patron des marchands et naturellement des cacaos, marchandise et monnaie à la fois.
[184] Cit paraît être une sorte de cochon sauvage; chac est le nom générique des dieux de la pluie, des campagnes, des fruits de la terre, etc. Coh est le puma ou lion américain; suivant d’autres, chaccoh est le léopard.
[185] Voir le § XXVII.
[186] Landa s’est préoccupé fort peu de l’exactitude du calendrier qu’il donne ici: il est évident qu’il n’a eu d’autre intention que d’en signaler les fêtes, de faire connaître les caractères correspondants, et de montrer en général comment il pouvait correspondre avec le calendrier romain; car, ainsi que je l’ai remarqué plus haut, il commence par la seconde partie, laquelle devrait être, dès le 1ᵉʳ janvier, placée à la fin. Il n’a donné, d’un autre côté, que 28 jours à février; mais l’année dont il a pris le calendrier pour modèle était évidemment une année bissextile où février avait 29 jours; car au lieu de terminer par XII Lamat, le calendrier maya devait pour être juste finir avec XIII Lamat; car cette année ayant commencé par le signe Kan, la suivante devait commencer avec Muluc qui suit Lamat. Mais Landa ne s’est guère préoccupé de ces choses qui nous intéressent tant aujourd’hui. Se fiant également sur le titre sans nom qu’on donnait aux jours supplémentaires, il les omet entièrement, se contentant de mettre des vides à la place de leurs signes respectifs, ce qui serait une nouvelle source d’embarras, si nous n’avions le travail de don Pio Perez, qui met tout à sa place, et qu’on peut voir dans ce volume à la suite de l’ouvrage de Landa.
[187] Cinchau-Yzamná est une orthographe erronée, si l’on en juge d’après les leçons précédentes; c’est probablement une mauvaise abréviation de Kinich-Ahau-Ytzamná, donné, d’ailleurs, comme l’inventeur des lettres et de l’écriture, l’auteur de tous les noms imposés au Yucatan.
[188] Ainsi les prêtres de la déesse Centeotl, retirés dans les montagnes des Totonaques, étaient chargés «d’écrire en figures et de mettre en bon style un grand nombre d’histoires qu’ils donnaient après les avoir coordonnées, aux grands-prêtres, qui les racontaient dans les sermons qu’ils prêchaient dans les assemblées publiques.» (Torquemada, Monarquia Indiana, lib. IX, cap. 8.)
[189] Ac paraît être une sorte de plante commune au pays.
[190] C’était le ballet que dansaient les pêcheurs.
[191] C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche, commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux, leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et des cuzcas, qui sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains endroits, aux ku et oratoires qui se voient encore dans les bras de mer (estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers le Rio de Lagartos. (Hist. de Yucatan, lib. IV. cap. 4.)
[192] Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.
[193] Voir au § IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique; il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans le Codex Chimalpopoca; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au ciel, où elle se transforma en étoile.
[194] La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte primitif des Mayas.
[195] Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce calendrier.
[196] Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.
[197] L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.
[198] Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il donne plus loin le dessin.
[199] Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord, d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la France.
[200] Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial, qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du second lé qui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une inadvertance du copiste de Landa.
[201] Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à la suite du signe ha est-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le manuscrit dit Mexicain, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le texte de Landa le laisse comprendre, le mot ha, eau, est écrit d’abord avec les deux lettres h (aspirée gutturale) et a, et le caractère suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour plus d’intelligence.
[202] Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ que je retrouve entre les caractères o et pp. La ressemblance avec celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet duquel je doute encore, m’avait fait croire à un o aspiré (figure 18) et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.
[203] Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’un u ou d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement. Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des différents c, ca, cu, ka, x et x, sur lesquels il y a encore quelques doutes.
[204] Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de la lettre a n. 1, et de la lettre h, dans les explications données plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères spéciaux des jours.
[205] Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria, vingt-deux lettres, dont les suivantes: Ɔ (c renversé), ch barré du haut, que je remplace par un çh cédille, uniquement pour le distinguer de l’autre, k, pp, th (écrit ailleurs tt), tz; sont propres à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère acquérir que dans le pays. Le ch non barré a le son de tch; h est aspiré gutturalement, u a le son de ou remplaçant fréquemment le w, et x le son de ch français ou sh anglais.
[206] Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, ch. 24).
[207] Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appelé Monjas, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 14, pag. 313.)
[208] Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.
[209]
Nº 1.—Chapelle (capilla). Nº 2.—Escalier (escalera). Nº 3.—Palier ou plate-forme (descanso o plaça). Nº 4.—Plate-forme grande et belle (plaça muy grande y hermosa). Nº 5.—Escalier très-raide à monter (escalones muy agros de subir).
[210] Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.
[211] Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, liv. IV, cap. 7.—Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 24.)
[212] Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.
[213] Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûte en encorbellement qui est la voûte commune de l’Amérique centrale.
[214] C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.
[215] Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande, el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autre omul qui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieu Ahchun-Caan, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (Hist. de Yucatan, liv. XVIII, cap. 8).
[216] «La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont les plus beaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida, Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrero de 1548, Archivo de Simancas.)
[217] C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv. V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (Lib IV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libro IV de la Hist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman, Rambles in Yucatan, etc., chap. II.)
[218] La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le § V, dont il est une amplification.
[219] Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, de Viracocha, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.
[220] Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «cuyen uincob.»
[221] Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (Incidents of travel in Yucatan, vol. II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay, Cités et Ruines américaines, pag. 48 et 340.
[222] La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.
[223] Voir encore Stephens, ibid., et Charnay, loc. cit.; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume, Tlachco en langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.
[224] Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (Ibid., ut sup., chap. 26.)
[225] Probablement des principaux dieux du pays.
DEL PRINCIPIO Y FUNDACION DESTOS CUYOS OMULES DESTE SITIO Y PUEBLO DE YTZMAL SACADA DE LA PARTE PRIMERA DE LA OBRA DEL PADRE LIZANA TITULADA HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL.
DU COMMENCEMENT ET DE LA FONDATION DE CES OMULES SACRÉS DE CE SITE ET VILLE D’IZAMAL EXTRAIT DU LIVRE PREMIER DE L’OUVRAGE DU PÈRE LIZANA, INTITULÉ HISTORIA DE NUESTRA SEÑORA DE YTZAMAL[1].
1. Llamavan esta tierra en la gentilidad, tierra de pavos y venados, u luumil cutz, u luumil ceb, y la causa era porque la abundancia que destas cosas tenia de su naturaleza la tierra, en que mas se señalava que en otras..... Lo primero que se debe advertir es que esta tierra es la parte oriental de la Nueva-España, tierra firme con ella, por la parte del Puniente y conjunta con la de Guatemala por la parte de medio dia. Fué sujeta esta tierra al emperador de Mexico, Monteçuma: y si bien es verdad que avia aqui muchos reyecuelos y señores propios, reconocian y pagavan tributos al Monteçuma. Algunos dicen que le embiavan por tributo hijas destos reyeçuelos y otras principales donzellas, por ser hermosas. Otros que le embiavan mantas de lana y unas monedas que ellos usavan, y que oy se llaman cuzcas.
2. Y aunque es verdad que al tiempo de la conquista desta tierra de Yucatan, havia muchos reyeçuelos, segun la antigua noticia, en sus principios fué sujeta a solo un rey y señor y la tyrania vino á criar muchos señores y a ser muchos esclavos y perseguidores de otros, y assi se destruyeron, de suerte que dexando las ciudades y edificios de piedra, se huyian a los montes y se escondian las familias juntas. Y al mayor destos reconocian y estimaban por mayor cabeça, y assi creo que esto era lo que sucedio en la ley natural, y se siguió por muchos tiempos despues del diluvio, hasta que la tyrania dió traça de que huviessen reyes y cabeças, que sujetaron familias y assimismo se fundaron y nombraron reynos. Y volviendo de donde salimos, he dicho que huvo un rey solo y cabeças por que los edificios que oy se ven despoblados son de una misma manera y un mismo modelo, y todos fundados sobre cerros, ó cuyos, hechos á mano; y es de creer que entonces, por indulto y orden de uno se hazia y fabricava, pues todo iva de una forma misma.
Ay grande suma de vestigios destos edificios, y muchos dellos casi enteros y tan suntuosos y bien labrados de figuras y hombres armados, y animales de piedra blanca, con portadas de mucho primor, que sin duda son muy antiquissimos; si bien es verdad, que oy se ven algunos tan nuevos y blancos, y los marcos de puertas de madera, y estavan tan sanos, que no parecia haver veynte años que se edificaron, y a estos tales no los habitavan estos indios, quando llegaron los españoles, mas estavan en casas de paja en los montes, por familias, como dicho es: les servian empero de templos y sanctuarios, que ellos dezian, y sobre cada uno, en lo mas alto tenian su Dios, si bien falso, y alli le ofrecian sacrificios, á las vueltas muchos hombres y mugeres y niños, y assimismo hazian otras oraciones y ceremonias, ayunos penitencias que despues diré, por haber al intento que llevo, de los mas nombrados y suntuosos sanctuarios, ó el mas celebrado y reverenciado de los que en esta tierra avia, y adonde todos acudian de muchas partes, era este pueblo y cuyos de Ytzamal que oy llaman; y por que su fundacion es, como ya he dicho antiquissima, y que se sepa quien los fundó, se declarará en el capitulo siguiente.
3. La historia y autores que podemos alegar, son unos antiguos caracteres, mal entendidos de muchos y glossados de unos indios antiguos, que son hijos de los sacerdotes de sus Dioses, que son los que solo sabian leer y adivinar, y a quien creian y reverenciavan los demas como á Dioses destos: pues supieron los padres antiguos, que primero plantaron la Fé de Christo en Yucatan, que la gente de aqui, parte vino del puniente, y parte del oriente; y assi en su lengua antigua, nombran al oriente de otra manera que oy. Oy llaman al oriente Likin, que es lo mismo que donde se levanta el sol sobre nosotros, y al puniente llaman Chi-kin, que es lo mismo que caida ó final del sol, ó donde se esconde de nos otros. Y antiguamente dezian al oriente Cen-ial, Pequeña-Baxada, y al puniente Nohen-ial, la Grande-Baxada.
Y es el caso que dizen que por la parte del oriente baxó á esta tierra poca gente, y por la parte del puniente mucha; y con aquella silaba entendian poco ó mucho al oriente y puniente; y la poca gente de una parte, y la mucha de otra; y qual fuesse la una y la otra gente, remito al lector, que quisiere saber mas al P. Torquemada, en su Historia indiana, que alli verá como los Mexicanos vinieron del Nuevo-Mexico, y de alli aqui. Y como la isla Hispañola se poblo de Cartagineses, y de estos se pobló Cuba, y esta tierra, por saber edificar tan suntuosos edificios y sujetar á otras gentes, sino que como les faltó la comunicacion de Carthago, en los tiempos los convirtio con los climas en gente barbara y tosca.....
4. Ay en este pueblo de Ytzamal cinco cuyos ó cerros muy altos, todos levantados de piedra seca, con sus fuerças y reparos, que ayudan á levantar la piedra en alto, y no se ven edificios enteros oy, mas los señales y vestigios están patentes en uno dellos de la parte de mediodia. Tenian los antiguos un idolo el mas celebrado, que se llamava Ytzmal-ul, que quiere dezir el que recibe y possee la gracia, ó rozio, ó sustancia del cielo: y este idolo no tenia otro nombre, ó no se le nombravan, porque dizen que fue un rey, gran señor desta tierra, que era obedecido por hijo de dioses: y quando le preguntavan como se llamava, ó quien era, no dezia mas destas palabras: Ytzen caan, ytzen muyal, que era dezir yo soy el rozio ó sustancia del cielo y nubes.
Murió este rey y levantaron altares, y era oraculo, y despues se verá como le edificaron otro templo y para que. Quando vivia este rey idolo, le consultavan los pueblos las cosas que sucedia en las partes remotas, y les dezia esto, y otras cosas futuras. Assimismo le llevavan los muertos, y dizen que los resucitava, y á los enfermes sanava, y assi le tenian grande veneracion, y con razon si fuera verdad que era Dios verdadero, que solo puede dar vida á los muertos, y salud á los enfermos; pues es impossible que un hombre gentil, ni el demonio sino es el mismo Dios que es señor de la vida y de la muerte. Ellos pues creian esso, y no conocian otro Dios, y por esso dizen que los resucitava y sanava.
Otro altar y templo sobre otro cuyo levantaron estos indios en su gentilidad á aquel su rey ó falso Dios Ytzmat-ul, donde pusieron la figura de la mano, que les servia de memoria, y dizen que alli le llevavan los muertos y enfermos, y que alli resucitavan y sanavan, tocandolos la mano; y este era el que está en la parte del puniente; y assi se llama y nombra Kab-ul que quiere dezir mano obradora. Alli ofrecian grandes limosnas, y llevavan presentes, y hazian romerias de todas partes, para lo qual havian hecho quatro caminos ó calçadas á todos los quatre vientos, que llegavan á todos los fines de la tierra y passavan á la de Tabasco, y Guatemala y Chiapa, que aun oy se vé en muchas partes pedaços y vestigios dellos. Tanto era el concurso de gente que acudia á estos oraculos de Ytzmat-ul y Kab-ul, que havia hechos caminos. Assimismo havia otro cuyo, ó cerro de la parte del norte, que oy es el mas alto; que se llamava Kinich-Kakmó, y era la causa, que sobre él havia un templo, y en él un idolo, que se llamava assi, y significa en nuestra lengua. «Sol con rostro que sus rayos eran de fuego;» y baxava á quemar el sacrificio á mediodia, como baxava bolando la vacamaya, con sus plumas de varios colores.
Y este Dios ó idolo era venerado, y dezian que quando tenian mortandad, ó pestes, ó otros comunes males, ivan á él todos, assi hombres como mugeres, y llevando muchos presentes, les ofrecian, y que alli á la vista de todos baxava un fuego (como es dicho) á mediodia, y quemava el sacrificio; y les dezia el sacerdote lo que avia de suceder de lo que querian saber de la enfermedad, hambre ó mortandad, y conforme á esso quedavan ya sabidores de su mal ó su bien, si bien veian á las vezes lo contrario y no lo quo les dezia.
Avia assimismo otro cuyo llamado (aun oy en dia por los naturales) Ppapp-Hol-Chac, que es él en que oy está fundado el convento de mi padre San Francisco y significa en Castilla el nombre «Casa de las Cabeças y Rayos,» y es que alli moravan los sacerdotes de los dioses, y eran tan venerados, que ellos eran los señores y los que castigavan y premiavan, y á quien obedecian con grande estremo; y lo que ellos declaravan, creian con tanto estremo, que no avia cosa que fuesse creyble. En contrario llamavanse y se llaman oy los sacerdotes en esta lengua de Maya Ahkin, que se deriva de un verbo kinyah, que significa «sortear ó echar suertes.» Y por que los sacerdotes antiguos las echavan en sus sacrificios, quando querian saber ó declarar cosas que se les preguntava, los llamavan Alakin y oy llaman en su lengua al sacerdote de Christo Ahkin, como antiguamente llamavan a los de sus dioses falsos.
Otro cerro ay, que era casa y morada de un gran capitan que se llamava Hunpictok, y este está entre el mediodia y puniente; significa el nombre deste capitan en castellano, el «Capitan que tiene exercito de ocho mil pedernales,» que eran los hierros de sus lanças, y flechas con que peleavan en las guerras. Su officio deste era el mayor y esta gente servia de sujetar los vassallos y obligalles a que sustentassen al rey, ó idolo y á los sacerdotes y para defensa de todos los sujetos á este reyno y guarda de sus templos. Estos eran los oraculos mas nombrados de Ytzmat-ul ó Ytzamal, que oy llaman.
1. Au temps de la gentilité, ce pays s’appelait la Terre des Oisons et des Daims, u luumil cutz, u luumil ceb; la raison en était dans l’abondance qu’il y en avait naturellement dans le Yucatan. La première chose à observer, c’est que cette région est la partie orientale de la Nouvelle-Espagne, terre ferme avec elle du côté du couchant, et unie avec celle de Guatémala, du côté du midi. Ce pays fut sujet à Montézuma[2], empereur du Mexique, et s’il est vrai qu’il y avait ici un grand nombre de petits rois et de princes particuliers, ils le reconnaissaient néanmoins et payaient tribut à ce souverain. Quelques-uns disent qu’on lui envoyait pour tribut les filles de ces princes, ainsi que d’autres demoiselles de qualité, à cause de leur beauté. D’autres assurent qu’on lui envoyait des étoffes de laine[3] et de certaines monnaies à leur usage qu’on appelle aujourd’hui cuzcas.
N. 2. Quoiqu’il soit vrai de dire qu’au temps de la conquête de cette terre de Yucatan, il y avait beaucoup de petits rois, d’après les relations antiques, elle fut soumise au commencement à un seul monarque et seigneur; mais la tyrannie étant venue à donner naissance à un grand nombre de princes comme à la servitude et à la persécution contre d’autres, ils se ruinèrent de telle sorte, qu’abandonnant les villes et les édifices de pierre, ils se réfugièrent dans les forêts, où les familles vécurent réunies en petits groupes. Dans cette situation, c’était le plus grand qui exerçait l’autorité, et qu’on tenait pour chef principal; d’où je crois que c’est ce qui arriva dans la loi naturelle, et qui continua longtemps, à la suite du déluge, jusqu’à ce que la tyrannie eût donné lieu à ce qu’il existât des rois et des chefs qui assujettirent les familles, fondant des royaumes auxquels ils donnèrent ce nom. Mais pour retourner à l’objet qui nous occupe, j’ai dit qu’il y avait un roi unique et un seul chef; car les édifices que l’on voit aujourd’hui abandonnés, sont tous d’une même architecture et d’un même style, tous fondés sur des élévations ou Ku, faits à la main, ce qui donne à penser qu’alors, par l’ordre et le commandement d’un seul, tous ces édifices se seraient élevés, puisqu’ils se ressemblaient tous[4].
Il existe une grande quantité de vestiges de ces édifices; la plupart, encore presque entiers, sont si somptueux et si bien travaillés de figures et d’hommes armés et d’animaux en pierre blanche, avec des façades d’une grande beauté, qu’ils ne peuvent qu’être excessivement anciens; sans omettre, toutefois, qu’on en voit quelques-uns qui paraissent si neufs et si blancs, avec des linteaux de bois aux portes[5] qui étaient si sains, qu’on dirait qu’il n’y a pas vingt ans qu’ils ont été bâtis; cependant ces édifices n’étaient pas habités par les Indiens, lorsqu’arrivèrent les Espagnols[6], car ils demeuraient par familles dans des chaumières éparpillées au milieu des bois, comme je l’ai remarqué plus haut. Mais ils s’en servaient comme de temples et de sanctuaires, disaient-ils, et en chacun d’eux, à l’endroit le plus élevé, ils tenaient leur dieu, tout faux qu’il fût, et là, ils lui offraient des sacrifices, quelquefois d’hommes, de femmes ou d’enfants: c’est là également qu’ils faisaient leurs prières et leurs cérémonies, leurs jeûnes et pénitences, comme je le dirai ensuite, ne voulant, pour le moment, parler que des sanctuaires les plus renommés ou du plus célèbre qu’il y avait dans ce pays, et auquel on accourait de toutes parts. C’était cette ville et les temples d’Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui[7]; or, comme leur fondation est, ainsi que je l’ai dit, d’une très-haute antiquité, et qu’on sait qui les fonda, on le fera connaître dans le chapitre suivant.
3. L’histoire et les auteurs que nous pouvons citer, sont certains caractères antiques, mal entendus du plus grand nombre, et expliqués par quelques vieillards indiens[8] qui étaient fils des prêtres de leurs dieux; car ceux-ci étaient les seuls qui sussent lire et tirer des horoscopes, et les autres les croyaient et les vénéraient comme leurs dieux eux-mêmes; or nos pères les plus anciens, qui jetèrent les premiers fondements de la foi du Christ en Yucatan, apprirent d’eux que le peuple de ce pays était venu, partie du couchant et partie du levant; c’est pourquoi, dans l’ancienne langue, ils nommaient le levant autrement qu’aujourd’hui. Actuellement, ils appellent l’orient Likin, qui est la même chose que dire que de là le soleil se lève sur nous, et au couchant, ils disent Chi-kin, c’est-à-dire la chute ou la fin du soleil, ou là où il se cache de nous. Mais dans l’antiquité ils appelaient l’orient Cen-ial, petite descente, et l’occident Nohen-ial, grande descente.
En effet, on dit que du côté de l’orient il débarqua peu de monde dans ce pays, mais que du côté de l’occident il en vint beaucoup. A l’aide de cette syllabe, ils entendaient ou peu ou beaucoup, au levant ou au couchant; mais quoi qu’il en soit du peu d’un côté, et du beaucoup de l’autre, quelles que soient encore les nations arrivées alors, je remets le lecteur qui en voudra savoir davantage, au père Torquemada dans son Histoire indienne[9], où il verra que les Mexicains sortirent du Nouveau-Mexique, d’où ils vinrent par ici. Or, comme l’île espagnole se peupla de Carthaginois, et que de ceux-ci se peupla aussi Cuba, et ensuite cette contrée (car eux seuls furent en état de construire de si somptueux édifices et de s’assujettir les nations), les communications venant à manquer avec Carthage, ces populations, avec le temps et le climat, se changèrent en des gens rudes et barbares[10].
4. Il existe, dans cette ville d’Ytzamal, cinq pyramides sacrées ou collines très-élevées, entièrement édifiées de pierre sèche, avec leurs soutiens et contreforts, au moyen desquels la pierre se dresse jusqu’en haut; mais on ne voit aucun édifice en son entier aujourd’hui, quoiqu’il y ait des traces et des vestiges de ce qu’ils étaient, dans l’un d’entre eux qui se trouve du côté du midi. Les anciens avaient une idole qui était parmi eux la plus renommée, appelée Ytzmat-ul, ce qui signifie «celui qui reçoit et possède la grâce ou la rosée, ou la substance du ciel.» Cette idole n’avait pas d’autre nom, ou du moins on ne lui en donnait aucun; mais on ajoute que c’était un roi puissant dans cette région, à qui on obéissait comme au fils des dieux[11]. Quand on lui demandait comment il se nommait, qui il était, il ne répondait que par ces paroles: Ytzen caan, ytzen muyal, ce qui voulait dire: «Je suis la rosée ou la substance du ciel et des nuages.»
Ce roi étant mort, on lui érigea des autels, il fut un oracle, et on verra plus loin comment et pourquoi on lui éleva un autre temple. Au temps où ce roi-dieu vivait, les peuples venaient le consulter sur les choses à venir, des contrées les plus lointaines; et il le leur disait, ainsi que d’autres choses futures. On lui portait aussi les morts, et on disait qu’il les ressuscitait et qu’il guérissait les malades: c’est pourquoi on avait pour lui une grande vénération, et non sans raison, s’il eût été avéré qu’il fût le dieu véritable, qui seul peut donner la vie aux morts et la santé aux malades; ce qui est impossible de la part d’un gentil ou d’un démon, Dieu seul pouvant le faire, puisqu’il est le maître de la vie et de la mort. Mais ces peuples le croyaient ainsi, et ils ne connaissaient point d’autre dieu, et c’est à cause de cela qu’ils disaient qu’il ressuscitait et guérissait.
Ces mêmes Indiens érigèrent encore un autre autel avec un temple, durant la gentilité, à cet Ytzmat-ul, leur roi ou leur faux dieu: ils y mirent la figure d’une main qui était là pour le leur rappeler à la mémoire; car ils disent que c’était là qu’ils lui portaient leurs morts et leurs malades, et qu’il les ressuscitait et les guérissait, en les touchant de la main. Ce temple était celui qui est du côté du couchant, et il s’appelle et se nomme Kab-ul, ce qui signifie «la Main opératrice.» Là ils offraient des aumônes considérables et portaient des présents; on y venait de toutes parts en pèlerinage; c’est pourquoi ils avaient fait aux quatre vents quatre routes ou chaussées qui s’étendaient à toutes les extrémités du pays, allant jusqu’à la terre de Tabasco, de Guatémala et de Chiapa, de quoi l’on voit encore aujourd’hui des restes et des vestiges en beaucoup d’endroits. Tel était le concours de monde qui accourait à ces oracles d’Ytzmat-ul et de Kab-ul pour qui on avait fait ces routes[12]. Une autre pyramide ou colline sacrée existait du côté du nord, et c’est aujourd’hui la plus élevée: elle s’appelait Kinich-Kakmó, parce que à sa cime se trouvait un temple avec une idole qui s’appelait de ce nom, ce qui signifie dans notre langue «Soleil avec visage aux rayons de feu,» lequel descendait à midi pour brûler le sacrifice, de la même manière que descend en volant l’Ara aux plumes de couleurs diverses[13].
On avait beaucoup de respect pour ce dieu ou cette idole; car on disait que lorsqu’il y avait de la mortalité, des pestes ou autres calamités publiques, tout le monde s’adressait à lui, hommes et femmes, portant un grand nombre de présents, qu’ils offraient, et qu’à la vue de tous, un feu descendait (comme je l’ai dit) à l’heure de midi, et consumait le sacrifice[14]. Alors le prêtre leur disait ce qui devait arriver au sujet de ce qu’ils désiraient savoir, des maladies, de la famine ou de la mortalité, et suivant ces choses, ils demeuraient instruits du bien ou du mal à venir, quoiqu’il leur arrivât quelquefois le contraire de ce qu’on leur avait annoncé.
Il y avait une autre pyramide, nommée encore aujourd’hui par les naturels, Ppapp-Hol-Chac, qui est la même où est fondé actuellement le couvent de notre père saint François, et ce nom signifie en castillan «Maison des Têtes et des Éclairs[15]»: car c’était là que demeuraient les prêtres des dieux, où on les respectait et tenait pour seigneurs, d’où ils châtiaient et récompensaient, où on les servait avec l’obéissance la plus entière; c’était de là qu’ils déclaraient leurs oracles, auxquels on croyait avec une foi absolue, rien ne pouvant sortir de leur bouche qui ne fût croyable au dernier degré. En opposition à ces choses, les prêtres s’intitulaient et s’intitulent encore aujourd’hui, dans la langue de Maya, Ahkin, mot qui vient de Kinyah, qui signifie «jeter au sort ou tirer des présages.» Or, comme les prêtres d’autrefois les tiraient dans leurs sacrifices, lorsqu’ils voulaient savoir ou déclarer les choses qu’on leur demandait, on les appelait Alakin[16], et actuellement au prêtre du Christ, les Mayas disent dans leur langue Ahkin, de la même manière qu’anciennement ils disaient à ceux de leurs faux dieux.
Une autre pyramide était la maison et la demeure d’un grand capitaine nommé Hunpictok, qui est située entre le midi et le couchant. Le nom de ce capitaine signifie en castillan, le «capitaine qui a une armée de huit mille silex»[17], parce que c’étaient là les pointes des lances et des flèches avec lesquelles ils combattaient dans les guerres; sa charge était la principale, cette armée servant à tenir les vassaux dans la soumission, et à les obliger à maintenir le roi ou le dieu, ainsi que les prêtres[18], comme à défendre les sujets de ce royaume, et à garder leurs temples. Tels étaient les oracles les plus renommés d’Ytzmat-ul, ou Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui.
NOTES
[1] Voici le titre de ce livre, aujourd’hui si rare, tel que je l’ai trouvé dans Pinelo: Devocionario de Nuestra Señora de Itzmal, Historia de Yucatan i conquista espiritual, 1663.
[2] Il est douteux que la puissance de Montézuma se fit sentir au delà de la lagune de Terminos; mais l’auteur, ainsi que Landa, comprenant Tabasco dans les limites du Yucatan, on peut dire que sous ce rapport il avait raison. Les documents existants donnent tous à penser que les princes de la Péninsule étaient parfaitement indépendants.
[3] Il est fort douteux également que les Mayas eussent des étoffes de laine, quoiqu’ils en fabriquassent qui pussent à première vue passer pour telles.
[4] C’est à cause de ces élévations pyramidales que l’auteur donne aux monuments d’Izamal le nom d’Omul, dans le titre de ce chapitre. Voir Landa, §, note.
[5] Stephens, en plusieurs endroits de son ouvrage, parle de ces linteaux en bois, sculptés d’ordinaire, et qu’il trouva dans un état parfait de conservation. (Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 8, etc.)
[6] Il ne paraît pas qu’il en fût de même pour toutes les provinces du Yucatan. Voici ce qu’écrit, d’abord en parlant de Cozumel, l’aumônier de la flotte de Grijalva: «Nous entrâmes dans le village dont toutes les maisons étaient bâties en pierres. On en voyait entre autres cinq fort bien faites et dominées par des tourelles. La base de ces édifices est très-large et massive; la construction est très-petite dans le haut; ils paraissent être bâtis depuis longtemps, mais il y en avait aussi de modernes..... Ce village ou bourg était pavé en pierres concaves; les rues élevées sur les côtes descendaient en pente dans le milieu, qui était pavé entièrement de grandes pierres. Les côtés étaient occupés par les maisons des habitants; elles sont construites en pierres depuis les fondations jusqu’à la moitié de la hauteur des murailles et couvertes en paille. A en juger par les édifices et les maisons, ces Indiens sont très-ingénieux: si l’on n’avait pas vu plusieurs constructions récentes, on aurait pensé que ces bâtiments étaient l’ouvrage des Espagnols.» (Itinéraire du voyage de la flotte du roi catholique à l’île de Yucatan dans l’Inde, fait en l’an 1518, etc. Trad. Ternaux. Recueil de pièces relatives à la conquête du Mexique.) Dans le même document, l’auteur parle de villes sur la côte du Yucatan, d’une aussi belle apparence que Séville, etc.
[7] Autrefois les Mayas disaient Itzmat-Ul; aujourd’hui on appelle cette ville purement Izamal, quoique je trouve le mot fréquemment écrit Itzmal, qui paraît en être la vraie prononciation.
[8] Ces paroles prouvent que malgré les auto-da-fé de Landa, il était resté de ces livres au temps de Lizana, qui écrivait en l’an 1626. Ils existèrent d’ailleurs chez les Itzas du Peten jusqu’à l’époque de la destruction de ce peuple, en 1697, le dernier qui fût demeuré en corps de nation dans l’Amérique centrale. Il est probable même qu’on en trouverait encore parmi les Lacandons avec qui se mêlèrent les derniers restes des Itzas, qui refusèrent de se soumettre aux Espagnols.
[9] La Monarquia Indiana.
[10] Ceci est tout simplement une hypothèse du père Lizana. Il parait certain, toutefois, que l’île Espagnole ou Haïti, aussi bien que Cuba, furent anciennement habitées par des nations analogues à celles de Yucatan, avec qui ces îles furent toujours en relation. On trouve dans les montagnes de Cuba, dans l’intérieur de Haïti, et même de la Jamaïque, des débris de constructions cyclopéennes et des rochers sculptés, où ceux qui les ont vus ont cru reconnaître des caractères du même genre que les lettres hébraïques.
[11] «Avec les populations qui vinrent du côté de l’Orient, il y eut un homme qui était comme leur prêtre, appelé Zamná, qui, à ce qu’ils disent, fut celui qui donna les noms par lesquels on distingue aujourd’hui, dans leur langue, tous les ports de mer, les pointes de terre, les estuaires, les côtes et tous les parages, sites, montagnes et autres lieux de ce pays, que, certes, c’est une chose admirable, s’il en fut ainsi, qu’un tel partage de toute la terre où tout avait son nom, au point qu’il y a à peine un pouce de terrain qui ne l’ait dans leur langue.» (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 3.) Ailleurs cet auteur ajoute: «Les Indiens de Yucatan croyaient qu’il y avait un Dieu unique, vivant et véritable, qu’ils disaient être le plus grand des dieux, qui n’avait point de figure et ne pouvait se représenter, parce qu’il était incorporel. Ils l’appelaient Hunab-Ku (seul saint).... Ils disaient que de lui procédaient toutes choses...... et qu’il avait un fils, qu’ils nommaient Hun Ytzamna ou Yax-Coc-Ahmut.» (Id. ibid., cap. 6.) Quant à ce fils du Dieu unique, qu’ils reconnaissaient avoir, comme je l’ai dit, et qu’ils appelaient Ytzamna, je tiens pour certain que c’était l’homme qui le premier parmi eux inventa les caractères qui servaient de lettres aux Indiens, parce que celui-ci aussi ils l’appelaient Ytzamna et l’adoraient comme un dieu...... (Id. ibid., cap. 8.)
[12] Voir encore au § XLII, etc., ainsi que la note 2, page 352, de ce chapitre, à propos des rues pavées de grandes pierres.
[13] J’ai déjà dit que ce nom, écrit ailleurs Kinich-Kakmó, signifie plus littéralement «visage ou œil du soleil de l’ara de feu.»
[14] L’ara est un symbole du soleil dans des parties fort distinctes de l’Amérique, où il parait être opposé à celui du serpent, Lizana ajoute ailleurs à ce sujet: «.... Quant à ses rayons (ceux du soleil), quelques poëtes les appellent des cheveux ou des plumes dorées, d’où il semble y avoir une allusion à ce que disaient ces naturels des rayons du soleil, en adorant les plumes, aux couleurs variées de l’ara, comme aussi en faisant consumer leurs offrandes; je crois donc qu’ils symbolisaient par là l’embrasement des bois et le desséchement de la verdure, occasionnés par sa chaleur et ses rayons, puisque c’était pour eux le seul moyen de les brûler, afin d’ensemencer ensuite, cela étant l’unique charrue à leur service; n’en pouvant user d’autre que le feu, la terre n’offrant que de la pierre en tous lieux.» (Hist. de Nª. Sª. Ytzamal, cap. 10.) En effet, dans cette contrée comme dans beaucoup d’autres, quand les Indiens veulent préparer leurs semailles, ils mettent tout simplement le feu au bois et aux broussailles, sèment entre les cendres après la première pluie et laissent à l’incomparable fertilité du climat le soin de faire le reste.
[15] Cogolludo, rapportant l’idée de Lizana, dit que ces mots sont métaphoriques et doivent s’entendre par «Maison des prêtres des dieux.» Je crois que ni l’un ni l’autre n’a réfléchi au nom de Chac, qui, suivant Landa, était celui des dieux de l’orage, de la pluie et conséquemment des moissons, ce mot ayant le sens d’éclair ou de tonnerre. Le mot hol signifie tête ou chef, dans l’idée de principal, et doit se joindre à chac, ce qui donne au nom de ce temple le sens complet de Maison du Dieu principal des éclairs, et conséquemment de la pluie. Ce devait être le temple correspondant à celui de Tlaloc, au Mexique, dieu des orages et des moissons, représenté lançant la foudre. (Torquemada, Monarq. Ind., lib. VI, cap. 23.)
[16] Alakin me paraît être une faute d’impression qui doit se corriger par ahkin.
[17] Hunpic est la même mesure ou nombre, appelé en langue nahuatl xiquipilli, représenté par un sac de 8,000 noix de cacao. Tok est le silex. Cette divinité paraît être la même que le Tihax des Quichés et Cakchiquels, le Tecpatl des Mexicains, la lance ou la flèche, adorée par un grand nombre de populations, entre autres par la plupart des nations chichimiques du Mexique.
[18] Dans le Livre sacré (Popol Vuh) et dans le Codex Chimalpopoca, il est fait plus d’une fois allusion, lors de la création de l’homme (du noble, du guerrier), à ce qu’il doit être, le soutien, le nourricier des dieux. Le Manuscrit Cakchiquel donne, à ce sujet, une tradition fort remarquable; on y voit clairement la création de la noblesse guerrière, faite uniquement dans le but de soutenir le sacerdoce: «Ici Hunpictok, la noblesse guerrière est figurée sous le nom de Chay-Abah, l’Obsidienne: Chay-Abah est sorti de Xibalbay, du riche et du puissant Xibalbay. L’homme (le guerrier) est l’œuvre de son créateur et formateur, et celui qui soutient le Créateur, c’est Chay-Abah.... Et l’homme ayant été créé, fut perfectionné. Treize hommes et quatorze femmes furent ainsi faits... Ils se marièrent, et deux femmes furent les épouses d’un seul. C’est pourquoi l’homme commença à s’unir, l’homme supérieur (ou des temps antiques?)...... Ils eurent des filles et des fils, et ce fut là la première humanité. Ainsi se fit cette race, ainsi fut formé Chay-Abah qui protège l’entrée de Tullan (le premier royaume nahuatl) où nous étions. Ensemble sont les Zotzils qui ferment l’entrée de Tullan, où nous vînmes à être engendrés et mis au monde...» Zotzil ou Zotzlem est le nom antique de Cinacantlan, ville située à l’entrée de la vallée de Ghovel au Ciudad-Real de Chiapas, chemin d’Ococingo et de Palenqué.
CRONOLOGIA ANTIGUA DE YUCATAN Y EXAMEN DEL METODO CON QUE LOS INDIOS CONTABAN EL TIEMPO, SACADA DE VARIOS DOCUMENTOS ANTIGUOS, POR DON JUAN PIO PEREZ, JEFE POLITICO DE PETO, YUCATAN.
CHRONOLOGIE ANTIQUE DU YUCATAN ET EXAMEN DE LA MÉTHODE A L’AIDE DE LAQUELLE LES INDIENS COMPUTAIENT LE TEMPS, TIRÉS DE DIVERS DOCUMENTS ANCIENS, PAR DON JUAN PIO PEREZ, CHEF POLITIQUE DE PETO, YUCATAN.
§ I.—Origen de las Triadecatéridas.
Los indios que poblaban esta peninsula yucateca que á la llegada de los españoles se llamaba Mayapan y mucho antes Chacnouitan, dividian el tiempo para contar y calcularlo casi del mismo modo que los tultecos sus ascendientes, diferenciandose solamente en la distinta coordinacion de sus grandes siglos.
La triadecatérida ó periodo de trece dias, resultado de sus primeras combinaciones, fué su numero sagrado en lo sucesivo, y procuraron usarlo y conservarlo ingeniosa y constantemente, sometiéndole todas las divisiones que imaginaron para concordar y arreglar sus calendarios al curso solar: asi es que dias, años y siglos fueron contados por periodos de trece partes.
Es muy probable que los indios ántes de la correccion de su computo usasen de neomenías para arreglar el curso anual del sol, señalando á cada neomenía veinte y seis dias, que es poco mas ó menos el tiempo en que la luna se deja ver sobre el orizonte en cada una de sus revoluciones. Dividieron este periodo en dos triadecatéridas que les sirvieron de semanas; señalando á la primera los trece primeros dias en que la luna nueva se dejaba ver hasta la llena; y á la segunda, los otros trece en que decreciendo se ocultaba á la simple vista.
Pasádose algun tiempo y con mejores observaciones conocieron que los veinte y seis dias ó las dos triadecatéridas no daban una lunacion completa, en que el año podia arreglarse con exactitud por lunaciones; por que las revoluciones solares no coinciden con las de la luna sino á largos espacios de tiempo. Seguros de esto y con mejores principios compusieron definitivamente su calendario, arreglandolo al curso del sol; mas conservando siempre sus triadecatéridas, no ya para concordarlas al curso aparente de la luna, sino para que les sirviesen como semanas para sus divisiones cronológicas.
§ I.—Origine des périodes de treize jours.
Les Indiens qui peuplaient cette péninsule appelée Mayapan, et plus anciennement Chacnouitan, divisaient le temps pour le computer et le calculer, à peu près de la même manière que les Toltèques, leurs ancêtres, n’y ayant de différence que dans la coordination particulière de leurs grands cycles.
Les triadécaterides ou périodes de treize jours, résultat de leurs premières combinaisons, devinrent ensuite leur nombre sacré[1]; ils s’efforcèrent donc de s’en servir ingénieusement et de le conserver avec non moins de constance, en y subordonnant toutes les divisions qu’ils inventèrent, pour concorder et régler leurs calendriers au cours du soleil; c’est ainsi que les jours, les ans et les cycles furent computés par périodes de treize parties.
Il est fort probable qu’avant la correction de leur comput, les Indiens se servaient de néoménies, pour régler le cours annuel du soleil, assignant à chaque néoménie vingt-six jours, ce qui est un peu moins que le temps où la lune se laisse voir à l’horizon en chacune de ses révolutions. Ils partagèrent cette période en deux treizaines qui leur servaient de semaines, assignant à la première les premiers treize jours où la nouvelle lune se montrait jusqu’à ce qu’elle fût pleine, et aux seconds les autres treize, où, en décroissant, elle se cachait à la simple vue.
Avec le temps et des observations constantes, ils reconnurent que les vingt-six jours ou les deux treizaines ne donnaient pas une lunaison entière, et que l’année pouvait d’autant moins se régler par néoménies, que les révolutions solaires ne coïncident pas avec celles de la lune, excepté à de longs intervalles. En ajoutant cette connaissance à des principes plus corrects, ils finirent par mettre leur calendrier d’accord avec le cours du soleil, en conservant toujours, néanmoins, leurs périodes de treize jours, non plus pour les faire concorder avec la marche apparente de la lune, mais bien afin de s’en servir comme de semaines pour leurs divisions chronologiques.
§ II.—Del dia y de sus divisiones.
Al dia llamaban Kin, es decir sol, y en esto se parecen á otras naciones que cuentan los dias por soles: lo dividian en dos partes naturales, á saber la noche y el tiempo en que aquel astro está sobre el orizonte. En este distinguian la parte que antecede al nacimiento del sol, expresándola con las palabras hach hatzcab, muy de mañana, ó con la de malih-okoc kin, antes que salga el sol, ó con la de pot akab que señala la madrugada. Con la palabra hatzcab designaban el tiempo que corre de la salida del sol al medio dia, á este lo llamaban chunkin que es contraccion de chumuc-kin, centro del dia ó medio dia; aunque en la actualidad designan con esta palabra las horas que se acercan al media dia. Tzelep-kin llamaban la hora en que el sol declina en el arco diurno aparentemente, esto es, á las tres de la tarde. Oc-na-kin es la entrada de la noche ó puesta del sol. Para significar la tarde, dicen que cuando refresca el sol y lo espresan diciendo cu ziztal kin. La noche es akab: su mitad ó media es chumuk-akab, y para señalar el tanto del dia ó de la noche intermedio á los puntos dichos, señalan en el arco diurno del sol lo que este habia corrido ó correrá, y por la noche la salida ó estado de alguna estrella ó planeta conocida.
Los dias son veinte, que por lo regular se dividen de cinco en cinco, para la mejor inteligencia de las reglas que se darán despues.
Primera quinterna. Segunda. Tercera. Quarta.
Kan. Muluc. Gix (ó hix). Cauac. Chicchan. Oc. Men. Ajau (ó ahau). Quimij (ó cimij). Chuen. Quib (ó cib). Ymix. Manik. Eb. Caban. Yk. Lamat. Been. Edznab (ó Eɔnab). Akbal.
Es necesario advertir que la traducion de estos nombres no es tan facil como podia considerarse, ya porque se han anticuado, ya porque las palabras se tomaron de alguna lengua estraña; ó finalmente por que como no están en uso, y su escritura no está bien arreglada á la pronunciacion tienen varios significados sin poderse atinar él que tenian verdaderamente. 1. Kan, en la actualidad significa el mecate ó hilo de henequen torcido.—2. Chicchan, si fuera chichan se entenderia pequeño, mas del modo escrito no es conocida su significacion.—3. Cimi: asi es el pretérito del verbo cimil morirse.—4. Manik, es perdida su verdadera acepcion; pero si se divide la espresion man-ik viento que pasa, quizá se entenderia lo que fué.—5. Lamat, este se ignora lo que debe significar; entre los nombres de los dias que Boturini hallo en Oaxaca se halla escrito Lambat.—6. Muluc, se halla igualmente entre los del referido Chiapas: aunque si es raiz del verbal mulucbál, pudiera entenderse por reunion á amontonamiento.—7. Oc es lo que cabe en el hueco de la mano encogida, formando concha.—8. Chuen: antiguamente se decia para significar tabla chuenché; tambien hay un árbol llamado zac chuenché, ó chuenché blanco.—9. Eb, se dice por la escalera.—10. Been tambien es nombre chiapaneco como los dichos anteriormente, y solo se halla en el idioma maya el verbo beentah gastar con economia.—11. Gix ó Hix esta entre los de Chiapas; en el uso actual se encuentra el verbo hiixtah bajar toda la fruta de un árbol, quitar todas las hojas de una rama; y el nombre iixcay como antiguamente se escribia; que significa levisa ó lija, cuero de un pez, y la palabra hihixci aspero.—12. Men, artifice.—13. Quib ó cib cera, vela ó copal.—14. Caban, de significacion desconocida.—15. Edznab ó Eɔnab, del mismo modo desconocida.—16. Cauac, idem.—17. Ahau, el rey ó el periodo de 24 años.—18. Ymix, desconocido.—19. Yk, viento, aire.—20. Akbal desconocido: tambien se halla entre los dias chiapanecos, escrito Aghual.
§ II.—Du jour et de ses divisions.
Le jour était appelé kin dans la langue maya, c’est-à-dire soleil, suivant en cela la coutume de plusieurs autres nations, de compter par soleils: ils le divisaient en deux parties naturelles, savoir la nuit et le temps où l’astre demeure sur l’horizon. Ils distinguaient aussi le moment qui précède le lever du soleil qu’ils exprimaient par ces paroles hach-hatzcab, de très-bon matin, ou par celles-ci: malih-ocok-kin, avant la sortie du soleil, ou encore par celles de pot-akab, qui énonce le point du jour. Par le mot hatzcab ils désignaient le temps qui s’écoule de l’apparition du soleil jusqu’à midi, qu’ils appelaient chunkin, contracté de chumuc-kin, centre ou milieu du jour[2], quoique aujourd’hui ils désignent ainsi les heures qui se rapprochent du milieu du jour. Tzelep-kin était l’heure où le soleil décline apparemment vers l’arc diurne, c’est-à-dire trois heures du soir: Oc-na-kin est l’entrée de la nuit ou le coucher du soleil. Pour signifier le soir, ils disent que c’est le moment où le soleil se repose, et ils l’énoncent en disant cu ziztal kin. La nuit se nomme akab; pour minuit on dit chumuc-akab et pour signifier les intervalles entre ces divers points, ils signalent dans l’arc diurne ce que le soleil y a parcouru ou doit parcourir encore et, dans la nuit, l’apparition ou l’état de quelque étoile ou planète connue[3].
Les jours sont au nombre de vingt; on les partage d’ordinaire en cinq pour mieux faire comprendre les règles qui viennent ensuite[4].
Premier cinq. Deuxième. Troisième. Quatrième.
Kan. Muluc. Hix. Cauac. Chicchan. Oc. Men. Ahau. Cimi. Chuen. Cib. Ymix. Manik. Eb. Caban. Yk. Lamat. Been. Eɔnab ou Edznab. Akbal.
Ce qu’il y a à remarquer ici, c’est que la traduction de ces noms n’est pas aussi facile qu’on pourrait se l’imaginer; soit parce qu’ils sont tombés en désuétude, ou bien pour avoir été empruntés à quelque langue étrangère; soit aussi que, leur orthographe n’étant pas d’accord avec la prononciation, ils prêtent à plusieurs interprétations à la fois, sans qu’on puisse en découvrir le sens véritable. 1. Kan aujourd’hui signifie la corde ou le fil de henequen tordu[5].—2. Chicchan, en supposant que ce fût chichan, voudrait dire petit; mais tel qu’il est écrit on n’en connaît pas la signification.—3. Quimi ou cimi est le prétérit du verbe cimil, mourir[6].—4. Manik a perdu son acception véritable; mais, en le décomposant, man-ik, on y trouve le vent qui passe, qui en est peut-être le sens ancien.—5. Lamat; on ignore absolument ce que celui-ci devrait signifier; mais, entre les noms que Boturini donne des jours du calendrier d’Oaxaca, on le trouve écrit Lambat.—6. Muluc se trouve également parmi ceux du calendrier de Chiapas; mais comme ce mot est aussi la racine du dérivé verbal mulucbal, il pourrait s’entendre par réunion ou amoncellement.—7. Oc est ce que contient le creux de la main à demi fermée en forme de coquille.—8. Chuen; anciennement pour désigner une planche on disait le mot chuen-ché; il y a également un arbre qu’on appelle Zac-chuen-che[7], ou chuenché blanc.—9. Eb se dit pour un escalier.—10. Been est également un nom chiapanèque comme ceux qu’on a dit précédemment; seulement on trouve dans la langue maya le verbe beentah, dépenser avec économie[8].—11. Gix ou Hix se trouve encore parmi ceux de Chiapas; dans l’usage actuel on a le verbe hiixtah, faire la cueillée de tout le fruit d’un arbre, ou enlever toutes les feuilles d’une branche; le mot iixcay, ainsi qu’on l’écrivait autrefois signifiait la peau de poisson, et le mot hihixci, âpre[9].—12. Men, édificateur.—13. Quib ou cib est la cire ou le copal.—14. Caban, sens inconnu.—15. Edznab ou Eɔnab est également inconnu[10].—16. Cauac, inconnu.—17. Ahau, le roi ou la période de 24 ans.—18. Ymix, inconnu[11].—19. Ik est le vent ou le souffle[12].—20. Akbal, incompréhensible: il se trouve aussi entre les jours du calendrier chiapanèque, écrit aghual[13].
§ III.—De la semana.
Ninguna debe figurarse que la semana de los antiguos indios se parazca en mucho á la nuestra, esto es, que sea la revolucion de siete dias, señalados con un nombre particular: porque aquella era el curso periodico de trece numeros que se aplicaban indistintamente á los veinte dias del mes, segun su orden numerico.
El año se componia de veinte y ocho semanas y un dia, resultando de este sobrante que el curso de los años seguia la misma progresion ordenada de los trece numeros de la semana; asi es que si el año comenzaba por el numero primero de ella, el siguiente debia principiar precisamente por el segundo y asi sucesivamente hasta cerrar sus trece números, formándose una semana de años ó una indiccion como se dirá despues.
§ III.—De la semaine.
On ne doit pas s’imaginer que la semaine des anciens Indiens ait la moindre ressemblance avec la nôtre, c’est-à-dire que ce soit la révolution de sept jours, signalés par un nom particulier; leur semaine, au contraire, était une période de treize nombres qui s’appliquaient indistinctement aux vingt jours du mois, dans leur ordre numérique.
L’année étant composée de vingt-huit semaines et un jour, le cours des années, en raison de cet excédant, suivait la progression arithmétique des treize nombres de la semaine; en sorte que si une année commençait par le numéro 1, la suivante commençait par 2, et ainsi de suite jusqu’à la clôture des treize années, qui formaient une indiction, comme on le verra tout à l’heure.
§ IV.—Del mes.
El mes en lengua yucateca se llamaba U, que tambien significa luna, corroborando esto la presuncion de que los indios pasaron del computo de las lunaciones ó neomenías, como por escala para fijar el curso solar, llamando luna á los meses; pero en los manuscritos antiguos se le dá el nombre de Uinal en singular y Uinalob en plural á los diez y ocho meses del año, haciendose estensiva esta denominacion ó palabra á la série, y á cada uno de los nombres particulares que señalan los veinte dias que componen el mes.
Como los nombres de los dias son tantos cuantos eran los del mes, resultaba que sabido el titular con que daba principio el año y que los indios llamaron Cuch haab (cargador del año) se sabia ya el primero de todos los meses siguientes; distinguiendose solamente en que al contarlos se les añadia el número de la semana en que pasaban. Mas siendo esta de trece numeros, era preciso que el mes constare de una semana y siete numeros mas para completar los veinte dias de que se formaban; de modo que si el mes principiaba por el número primero, terminaba por el septimo de la siguiente, y el segundo mes por consecuencia en el numero ocho. Ahora para saber los numeros ó tanto de la semana en que debian comenzar los meses, inventaron la regla que llamaban bukxoc ó cuenta general que es la siguiente.
1 Hun in uaxac de 1 á 8 8 Uaxac in ca de 8 á 2 2 Ca in bolon de 2 á 9 9 Bolon te ox de 9 á 3 3 Ox te lahun de 3 á 10 10 Lahun te can de 10 á 4 4 Can in buluc de 4 á 11 11 Buluc te hó de 11 á 5 5 Hó in lahca de 5 á 12 12 Lahca in uac de 12 á 6 6 Uac te oxlahun de 6 á 13 13 Oxlahun te uuc de 13 á 7 7 Uuc in hun de 7 á 1 1 Hun in uaxac de 1 á 8 8 Uaxac in ca de 8 á 2 2 Ca in bolon de 2 á 9 9 Bolon te ox de 9 á 3 3 Ox te lahun de 3 á 10
Los diez y ocho numeros 1, 8, 2, 9, 3, 10, 4, 11, 5, 12, 6, 13, 7, 1, 8, 2, 9, 3, son otros tantos principios de meses, de tal suerte dispuestos que debiendo comenzar el año por uno de ellos, los diez y siete restantes van de sucesiva, cada uno siendo precisamente el numero con que deben principiar los demas meses del año señalado, yá sea pasado, presente ó venidero.
Los meses como se ha dicho son diez y ocho, y sus nombres son los siguientes.
1. Pop commenzaba el 16 de julio. 2. Uo — 5 de agosto. 3. Zip (çip) — 25 de agosto. 4. Zoɔ (zodz) — 14 de setiembre. 5. Zeec (çeec) — 4 de octubre. 6. Xul (shul) — 24 de octubre. 7. Dze-yaxkin (dzeyashkin) — 13 de noviembre. 8. Mol — 3 de deciembre. 9. Chen (dshen) — 23 de deciembre. 10. Yaax (yaash) — 12 de enero. 11. Zac (çac) — 1 de febrero. 12. Ceh (qej) — 21 de febrero. 13. Mac — 13 de marzo. 14. Kankin — 2 de abril. 15. Moan — 22 de abril. 16. Pax (pash) — 12 de mayo. 17. Kayab — 1 de junio. 18. Cumkú — 21 de junio.
En la traducion de estos nombres resultará lo mismo que en lá de los dias, pues por ser algunos tan antiguos ó tomados de estraño idioma no se sabe lo que significan y los otros teniendo á veces dos acepciones se ignora la cierta.—1. Pop estera ó petate. 2. Uo, rana.—3. Zip solo hay un árbol llamado Zipché.—4. Zodz ó Zoɔ, murciélago.—5. Zeec se ignora.—6. Xul, termino.—7. Dzeyaxkin se ignora.—8. Mol, reunir, recoger, y mool significa garra de animal.—9. Chen, pozo.—10. Yáx, verde ó azúl ó de yáx primero, ó principio del sol de primavera.—11. Zac, blanco.—12. Queh ó Ceh, venado.—13. Mac, tapar, cerrar.—14. Kankin, sol amarillo, quizá por que en este mes por las quemas de los montes rozados para sembrar, el sol ó su luz se pone amarilla por el humo de la atmósfera.—15. Moan, significaba el dia nublado dispuesto á lloviznar á ratos.—16. Páx, instrumento de musica.—17. Kayab, canto.—18. Cumkú, la fuerte explosion como de un cañonazo lejano que se oye, y al principio de las aguas producido quizá por los pántanos que se hienden al secarse, ó por las explosiones del rayo en turbonadas distantes. Tambien llamanse hum-kú sonido ó ruido de Dios.
§ IV.—Du mois.
Le mois, en langue yucatèque, s’appelait U, qui signifie aussi lune, ce qui vient à l’appui de l’idée que les Indiens abandonnèrent la computation des mois lunaires ou néoménies, pour déterminer le cours du soleil, en continuant toutefois à nommer les mois des lunes: mais, dans les manuscrits anciens, on donne le nom de Uinal, au singulier, et de Uinalob, au pluriel, aux dix-huit mois de l’année, cette dénomination s’étendant à toute la série et à chacun des noms particuliers qui signalent les vingt jours dont se compose le mois[14].
Les noms des jours étant égaux en nombre aux jours des mois, il s’ensuivait que le premier jour de l’année que les Indiens appelaient Cuch-haab (porteur de l’année) étant connu, on connaissait naturellement le nom du premier jour de chacun des mois suivants; on les distinguait l’un de l’autre, en ajoutant simplement le chiffre de la semaine à laquelle ils appartenaient respectivement. Mais cette semaine étant de treize jours, le mois comprenait conséquemment une semaine et sept jours; de sorte que si le mois commençait avec le numéro un, il terminait avec le chiffre sept de la semaine suivante, et le second commençait avec le numéro huit. Ainsi, pour reconnaître les chiffres de la semaine, par lesquels devaient commencer les mois, ils avaient inventé la règle suivante, qu’ils appelaient bukxoc ou comput général.
1 Hun in uaxac de 1 à 8 8 Uaxac in ca de 8 à 2 2 Ca in bolon de 2 à 9 9 Bolon te ox de 9 à 3 3 Ox te lahun de 3 à 10 10 Lahun te can de 10 à 4 4 Can in buluc de 4 à 11 11 Buluc te hó de 11 à 5 5 Hó in lahca de 5 à 12 12 Lahca in uac de 12 à 6 6 Uac te oxlahun de 6 à 13 13 Oxlahun te uuc de 13 à 7 7 Uuc in hun de 7 à 1 1 Hun in uaxac de 1 à 8 8 Uaxac in ca de 8 à 2 2 Ca in bolon de 2 à 9 9 Bolon te ox de 9 à 3 3 Ox te lahun de 3 à 10
Les dix-huit chiffres 1, 8, 2, 9, 3, 10, 4, 11, 5, 12, 6, 13, 7, 1, 8, 2, 9, 3, sont donc autant d’autres signes initiaux des mois, disposés de telle manière, que l’année devant commencer avec l’un d’eux, les dix-sept autres viennent successivement, chacun étant précisément le chiffre avec lequel doivent commencer les autres mois de l’année signalée, passée, présente ou à venir[15].
Les mois sont, comme on l’a dit, au nombre de dix-huit et leurs noms sont les suivants:
1. Pop commençant au 16 juillet. 2. Uo — 5 août. 3. Zip (sip) — 25 août. 4. Zoɔ (sodz) — 14 septembre. 5. Zeec (seec) — 4 octobre. 6. Xul (choul) — 24 octobre. 7. Dze-yaxkin (dzeyachkin) — 13 novembre. 8. Mol — 3 décembre. 9. Chen (djen) — 23 décembre. 10. Yaax (yaach) — 12 janvier. 11. Zak (sac) — 1 février. 12. Ceh (qeh) — 21 février. 13. Mac — 13 mars. 14. Kankin — 2 avril. 15. Moan — 22 avril. 16. Pax (pach) — 12 mai. 17. Kayab — 1 Juin. 18. Cumku — 21 Juin.
En transcrivant ici ces noms, il arrive naturellement ce qui est arrivé pour les noms des jours: l’antiquité de quelques-uns et, peut-être, l’origine étrangère de quelques autres, ne permettant guère d’en donner une traduction exacte et nous offrant quelquefois deux acceptions au lieu d’une. 1. Pop est la natte.—2. Uo signifie grenouille.—3. Zip est la racine du mot zipché, qui est un arbre[16].—4. Zoɔ est la chauve-souris.—5. Zeec est inconnu[17].—6. Xul signifie le terme ou la fin.—7. Ɔe-yaxkin sans signification[18].—8. Mol, réunir, recouvrer, et mool est la griffe ou la serre d’un animal.—9. Chen est le puits ou le réservoir d’eau.—10. Yaax, verd ou bleu, ou Yax, premier, primitif, premier soleil du printemps.—11. Zac, blanc.—12. Qeh ou Ceh, cerf ou grand gibier.—13. Mac, fermer, boucher.—14. Kankin, soleil jaune, ainsi nommé peut-être parce que, durant ce mois, le soleil apparaît souvent jaune dans l’atmosphère, à cause de la fumée des broussailles que l’on brûle, avant les semailles, dans les campagnes[19].—15. Moan signifiait un jour couvert, disposé à de petites pluies[20].—16. Páx est le nom d’un instrument de musique[21].—17. Kayab signifie le chant.—18. Cumkú est le bruit d’une explosion, entendue au loin, comme celui qui peut être produit, vers le temps de la saison des eaux, dans les marais qui se fendent par la sécheresse, ou par l’éclat du tonnerre accompagné d’averses lointaines: ce bruit s’appelle également hum-kú, bruit ou résonnement divin[22].
§ V.—Del Año.
Hasta el presente llaman los indios al año haab (háb) y en su gentiládad comenzaba el diez y seis de julio, siendo digno de notarse que habiendo querido sus progenitores fijar el principio del año en el dia en que el sol pasa por el zenit de esta peninsula para ir á las regiones australes; sin mas instrumentos astronómicos para sus observaciones que la simple vista, solo se hayan equivocado en 48 horas de adelante. Esta pequeña diferencia prueba ciertamente, que procuraron fijar sino con la mayor exactitud, al menos con la mayor aproximacion, el dia en que el astro regulador del tiempo pasa por el punto mas culminante de nuestra esfera, y que conocian el uso y resultados del gnomon en los dias mas tempestuosos de las lluvias.
El año constaba segun se ha dicho de diez y ocho meses y estas de veinte dias y como solo resultaba de todos ellos 360, para completar los 365 que debe tener, le agregaron cinco dias mas, que llamaron innominados ó sin nombre, por que no hacian parte de mes alguno, y esto quiere decir xma kaba kin.
Tambien los llamaron uayab ó nayeb haab; mas esta denominacion tiene dos interpretaciones, por que la palabra nayeb puede derivarse del nombre nay que significa cama, celda ó aposento, presumiendo que los indios creyesen que en ellos descanse el año, ó el siguiente saliese como de un depósito, conjetura que tiene en su apoyo él que en algunos manuscritos se llamase u ná haab, madre del año, ó nayab çhab, cama ó aposento de la creacion. Algunos los llamaban u yail kin ó u yail haab que se traduce lo doloroso ó trabajoso de los dias ó del año, porque creian que en ellos sobrevenian muertes repentinas, pestes; y que fuesen mordidos por animales ponzoñosos ó devorados por las fieras, temiendo que si salian al campo á sus labores se les estacase algun palo, ó les sucediese cualquiera otro genero de desgracia.
Por todos estos motivos los destinaban á celebrar de un modo particular, la fiesta del dios Mam, abuelo. A este le traian y festejaban con gran pompa y magnificencia el primer dia; en el segundo se disminuía la solemnidad; el tercero le bajaban del altar y colocaban en medio del templo: el cuarto le ponian á los lumbrales ó puertas del mismo, y el quinto hacian la ceremonia de echarle y dispedirle para que se fuese y pudiese principiar el año nuevo en el siguiente que es el primer dia del mes Pop, á 16 de julio.
Ya se dijo que para completar los 365 dias del año se tomaban los cinco dias primeros de los veinte que traía el mes, y de esto resultaba que al año siguiente comenzaba por el sexto; el tercer año por el onzeno y el cuarto por el decimo sesto, volviendo el quinto año al primer dia; rodando siempre sobre los dias Kan, Muluc, Hix y Cauac (por lo cual los llamaron cargadores de años ó cuch haab) y siguiendo el orden correlativo de la semana en sus trece numeros.
§ V.—De l’année.
Les Indiens ont continué jusqu’aujourd’hui à appeler l’année haab (háb), et au temps de la gentilité, elle commençait au 16 de juillet, mais il est juste de remarquer que leurs ancêtres, ayant voulu fixer le commencement de l’année au jour où le soleil passe par le zénith de cette péninsule, pour aller aux régions australes, sans avoir eu d’autres instruments astronomiques, pour leurs observations, que l’œil nu, ils ne se sont trompés que de 48 heures en avance. Cette légère différence prouve certainement qu’ils étaient arrivés à déterminer avec la dernière exactitude, au moins avec autant de correction que possible, le jour où l’astre, régulateur du temps, passe par le point culminant de notre sphère, et qu’ils connaissaient l’usage du gnomon et de ses résultats, même aux jours les plus orageux de la saison des pluies.
On a déjà dit que l’année se composait de dix-huit mois, et ceux-ci chacun de vingt jours; ce qui donnait un résultat de 360: pour compléter les 365, on en ajoutait cinq autres qu’on appelait xma kaba kin, jours sans nom, parce qu’ils ne faisaient partie d’aucun mois.
On les appelait aussi uayab ou nayeb haab, ce qui s’entend de deux manières différentes; car le mot uayab peut venir de uay qui signifie lit, ou nayeb de nay qui est la chambre, le lieu de repos, dans l’idée que les Indiens auraient eue qu’alors l’année se reposait. A l’appui de cette conjecture, on trouve dans quelques manuscrits que ces jours s’appelaient u na haab, mère de l’année, ou uayab çhab (djab), lit ou chambre de la création[23]. Quelques-uns les désignaient aussi sous le nom de u yail kin ou u yail haab qui se traduit par la peine ou le travail des jours ou de l’année; car ils croyaient qu’il leur surviendrait alors des morts subites, des pestes, qu’ils seraient mordus par des reptiles venimeux ou dévorés par des animaux féroces; aussi craignaient-ils alors, s’ils allaient aux champs, d’être écrasés par la chute d’un arbre ou qu’il leur arrivât quelque autre accident fâcheux[24].
C’est dans cette appréhension qu’ils avaient destiné ces jours à célébrer la fête du dieu Mam, l’aïeul. Le premier jour, ils le portaient en procession et le fêtaient avec une grande magnificence; au second, la solennité était moindre; le troisième, ils descendaient le dieu de l’autel et le plaçaient au milieu du temple; le quatrième, ils le colloquaient entre les linteaux ou aux portes de l’édifice, et le cinquième ils faisaient la cérémonie de le mettre dehors et de prendre congé de lui, afin qu’il s’en allât et que l’on pût commencer le nouvel an le lendemain, qui était le premier jour du mois Pop, au 16 de juillet.
On a déjà fait remarquer que les Mayas, afin de compléter les 365 jours de l’année, prenaient les cinq premiers des vingt que comportait le mois: il en résultait que l’année suivante commençait avec le sixième, la troisième année par le onzième, la quatrième avec le seizième, reprenant pour la cinquième année le premier jour, ce qui faisait qu’on avait toujours l’un après l’autre les signes Kan, Muluc, Hix et Cauac, en suivant l’ordre corrélatif de la semaine dans les treize nombres, ce qui fit donner à ces quatre signes le nom cuch haab ou porteur de l’année.
§ VI.—Del Bisiesto.
Como el curso sucesivo de los trece números de la semana dan principio á otros tantos años, alternándose precisamente los cuatro dias iniciales, es dificil intercalar en el año un dia mas, para formar el bisiesto sin que las dos circumstancias espuestas no padezcan interrupcion; pero como el bisiesto es muy necesario para integrar el curso solar y este lo tenian los indios bien conocido, sin duda alguna, hacian la intercalacion, aunque del modo de verificarla no hayan dejado noticia alguna; par lo cual se tratará del que usaban los mexicanos por ser muy analoga su cronologia á la de nuestros indios habiendo tenido un mismo orígen. Veytia en el capitulo primero de su Historia antigua de Mexico, sacada segun él, de los geroglificos y pinturas que como anales nacionales se conservaban en su tiempo, asegura que conforme al sentir de los escritores mexicanos, el bisiesto se hacia de dos modos: Uno añadiendo al fin del decimo octavo mes, un dia, que era señalado con el geroglifica del anterior, aunque con diferente número de la semana; y el otro modo era aumentando los dias intercalares hasta seis, y marcando este último del mismo modo yá dicho en el primer método. En ambos casos se perturba el orden numérico con que correlativamente se suceden los años hasta los trece en que forman la semana, por que resultaria que el quinto año seria marcado con el número seis de la semana, y no con el 5 que correlativamente le corresponde pasando del 4 al 6: y saltándose cada cuatro años un número, jamás se conseguiria la cordinacion numeral de los trece años que invariablemente se advierte, y en que consiste el artificio ingenioso de las ruedas para formar las indiciones ó semanas de años que componen el siglo de 52 años.
Para salvar este inconveniente que no consideró Veytia, es necesario creer, que yá intercalasen el dia al fin del decimo-octavo mes ó ya despues de los cinco dias complementarios; no solo debian marcarlo con el número y geroglifico del dia anterior, sino con otra señal que lo distinguiese del mismo para no confundirlos en su cita ó data.
Esta refleccion tan óbvia á qualquiera que medite en dicho órden la halle confirmada por el Caballero Boturini en el § 20 de su obra «Idea de una nueva historia general de la America septentrional» que dice hablando de los tultecos... «Viendo que el año civil no se ajustaba con el astronómico y que iban alterados les equinoccios, determinaron cada cuatro años añadir un dia mas que recogiese las horas que se desperdiciaban, lo que supongo ejecutaron contados dos veces uno de los symbolos del último mes del año (á la manera de los romanos que uno y otro dia de 24 y 25 de febrero llamaban bis sexto kalendas martias, de cuyo uso se denominó el año bisexto) sin turbar el orden de dichos symbolos, pues cualquiera que se les añadiese ó quitase, destruiria su perpetuo sistema y de esta suerte combinaron el principio del año civil con el equinoccio verno que era la parte mas principal.»
Tratando el segundo modo de intercalar el dia bisestil dice en el parrafo 27: «Tambien apunté en el § 20, numero 2, que los sabios tultecos, desde la segunda edad, ordenaron el bisiesto apuntando el año civil con el equinoccio verno, y que en la tercera edad hubo otro modo de intercalar en cuanto al kalendario ritual. Y es asi que para no turbar el órden perpetuo de las fiestas fixas y de tabla y de las 16 movibles que circulaban en los symbolos de los dias del año, en ocasion de numerarse dos veces el symbolo del ultimo mes del año bisextil..., tuvieron por mejor evitar todas estas dificultades y confusiones reservando los trece dias bisextiles para el fin del cyclo de 52 años, los que destinguian en las ruedas ó tablas con 13 ceros ceruleos ó de otro color y no pertenecian ni a mes ni á año alguno, ni tenian symbolos propios como los demas dias. Se pasaba por ellos como si no hubiese tales dias, ni se aplicaban à Dios alguno de los suyos, por que los reputaban por aciagos. Toda esta triadecatérida era de penitencia y ayuno, por el miedo de que se acabase el mundo: no se comia cosa caliente, por que estaba apagado el fuego en toda la tierra hasta que empezase el otro cyclo, el que traia consigo la referida ceremonia del fuego nuevo. Y siendo asi que todo lo dicho pertenecia tan solamente á los ritos y sacrificios, luego este modo de intercalar no podia estenderse al año trópico, por que hubiera alterado notablemente los solsticios y equinoccios y los principios de los años y se prueba evidentemente por que tales trece dias no tenian symbolos algunos de los que pertenecian á los dias del año, y el kalendario ritual los reputaba por bisextiles á la decadencia de cada cyclo, imitando con diferente órden á el bisiesto del año civil mas proprio al gobierno de las cosas publicas.»
Como el Caballero Boturini tenia conocimientos superiores á cualquiera otro de las historias y pinturas de los indios, es evidente que nada puede contrabalancear su autoridad sobre esta materia, y que su pluma ha puesto la cuestion bajo su verdadero punto de vista.
§ VI.—De l’année bissextile.
Tel était l’accord existant entre les jours ou chiffres de la semaine, qui signalaient le commencement de l’année, et les quatre jours initiaux de chaque série de cinq, qu’il était fort difficile d’intercaler un jour additionnel aux années bissextiles, sans troubler l’ordre corrélatif des jours initiaux, qui se suit constamment dans la dénomination des années et forme leurs indictions ou semaines. Mais le bissextile étant de toute nécessité pour le complément du cours solaire, que les Indiens connaissaient parfaitement, il est hors de doute qu’ils avaient une manière particulière de faire cette intercalation, quoiqu’ils n’aient pas laissé les moyens de la vérifier[25]. C’est pourquoi nous parlerons ici de la méthode employée par les Mexicains, leur chronologie ayant une grande analogie avec celle de nos Indiens, qui avait avec la leur une origine commune. Veytia, dans le chapitre premier de son Histoire ancienne du Mexique, tirée, dit-il, des hiéroglyphes et peintures qui se conservaient de son temps, comme des annales nationales, assure, conformément au sentiment des écrivains mexicains, que l’année bissextile se réglait de deux manières différentes: la première, en ajoutant à la fin du dix-huitième mois ou des cinq jours supplémentaires, un jour de plus, signalé par le même hiéroglyphe que le précédent, mais avec un chiffre différent, quant à la semaine, c’est-à-dire avec le suivant. Mais, dans l’un et l’autre cas, il y a perturbation dans l’ordre numérique, par lequel les années se suivent l’une l’autre; car la cinquième année se trouverait ainsi signalée par le numéro 6 au lieu du numéro 5 de la semaine qui y correspond régulièrement, en passant de 4 à 6: ces interruptions arrivant tous les quatre ans, rendraient impossible la conservation de cette coordination numérale des treize ans qu’on retrouve constamment, et qui est la base du système ingénieux des roues, inventées pour former les indictions ou semaines d’années, dont se compose le cycle de 52 ans.
Pour obvier à cet inconvénient, auquel Veytia ne fit pas assez attention, il faut croire qu’ils intercalaient ce jour soit à la fin du dix-huitième mois, soit à la suite des cinq complémentaires; ils devaient non-seulement le marquer avec le chiffre et hiéroglyphe du jour précédent, mais aussi avec un autre signe qui le distinguât de celui-ci, afin qu’on ne les confondît pas dans les dates[26].
Cette réflexion, qui vient d’elle-même à quiconque veut se rendre compte de cet ordre de choses, se trouve confirmée par le chevalier Boturini, dans le § 20 de son ouvrage Idée d’une nouvelle histoire générale de l’Amérique septentrionale, lequel dit en parlant des Toltèques: «Voyant que l’année civile ne concordait pas avec l’année astronomique, et que les jours équinoxiaux commençaient à changer, ils conclurent d’ajouter tous les quatre ans un jour de plus, pour remplacer les heures qu’on perdait annuellement: ce qu’ils faisaient, je suppose, en comptant deux fois l’un des signes du dernier mois, de la même manière que les Romains qui donnaient au 24 et au 25 février le nom de bis sexto kalendas Martias, d’où vint à l’année celui de bissextile, sans pour cela troubler l’ordre desdits signes; car, qu’on en ajoutât ou qu’on en ôtât un, on troublait aussitôt tout l’ensemble du système. C’est ainsi qu’ils trouvèrent le moyen de faire accorder le commencement de l’année civile avec l’équinoxe du printemps, ce qui était la chose principale.»
Parlant de la seconde manière d’intercaler le jour bissextile, il ajoute, au § 27: «J’ai observé au § 20 que les sages Toltèques avaient, dès le second âge, réglé le jour bissextile, en faisant accorder l’année civile avec l’équinoxe du printemps, et que dans le troisième âge, il y eut une autre manière d’intercalation, quant au calendrier rituel. C’est ainsi que pour ne pas troubler l’ordre perpétuel des fêtes fixes, ajustées au tableau, non plus que des seize fêtes mobiles, qui circulaient avec les signes des jours de l’année, en comptant deux fois le signe du dernier mois de l’année bissextile... ils trouvèrent qu’il valait mieux éviter toutes ces difficultés et cette confusion en réservant les 13 jours bissextiles pour la fin du cycle de 52 ans, et ils les distinguaient dans les roues ou tableaux par 13 zéros bleus ou d’une autre couleur, lesquels n’appartenaient à aucun mois, ni année, et n’avaient aucun signe en propre comme les autres jours. On passait par ces jours comme s’ils n’eussent pas existé, et ils ne les dédiaient à aucune de leurs divinités, parce qu’ils les considéraient comme néfastes. Cette treizaine entière de jours était de pénitence et de jeûnes, dans la crainte que le monde ne vînt à s’achever: on ne mangeait rien de chaud; car le feu était éteint par tout le pays, jusqu’au commencement du nouveau cycle qui amenait à sa suite la cérémonie du feu nouveau. Mais comme toutes ces choses ne référaient qu’à des rites et à des sacrifices (et non à la véritable computation du temps), ce mode d’intercalation ne pouvait s’étendre à l’année tropique; car il aurait changé notablement les solstices et les équinoxes, ainsi que le commencement de chaque année, ce qui se prouve suffisamment en ce que ces treize jours n’avaient aucun des signes qui appartiennent aux jours ordinaires de l’année, et le calendrier rituel les réputait pour bissextiles, à la décadence de chaque cycle, imitant dans un ordre différent le bissextile de l’année civile qui était plus approprié au gouvernement des choses publiques.»
Le chevalier Boturini ayant possédé des connaissances supérieures à celles d’aucun autre, relativement aux histoires et aux peintures des Indiens, rien ne peut évidemment contrebalancer son autorité dans cette matière, et l’on peut croire qu’il a placé cette question sous son véritable point de vue.
§ VII.—Del Katun ó siglo yucateco.
Estos indios pintavan una rueda pequeña, en la cual ponian los cuatro geroglificos de los dias con que principiava el año, Kan al oriente, Muluc al norte, Hix al poniente y Cauac al sur, para que se contasen en el mismo orden. Algunos suponen que cuando terminaba el cuarto año, habiendo vuelto otra vez el caracter Kan, se completaba un Katun ó lustro de cuatro años; otros que tres revoluciones de las de la rueda, con sus cuatro señales se contaban con una mas, haziendo asi 13 años para completar el Katun; otros, que cuatro semanas de años completas ó indicciones enteraban el Katun; y esto es lo mas probable. Ademas de la rueda pequeña ya dicha, hazian otra rueda grande que llamaban tambien buk-xoc, en que ponian tres revoluciones de los cuatro geroglificos de la pequeña, haziendo un total de 12 signos, principiando la cuenta con el primero Kan y siguiendo á contarlos hasta nombrar cuatro vezes el mismo Kan inclusivamente, haziendo asi trece años y formando una indiccion ó semana (de años); la segunda cuenta comenzaba con Muluc, acabando en el mismo, y esto hazia el otro trece, y siguiendo de la misma manera llegavan a Cauac, y esto era un Katun.
§ VII.—Du Katun ou Cycle yucatèque.
Les Indiens faisaient une petite roue dans laquelle ils plaçaient les signes des jours initiaux de l’année, Kan à l’orient, Muluc au nord, Gix ou Hix au couchant et Cauac au midi, pour être comptés dans le même ordre. Plusieurs écrivains supposent qu’au terme de la quatrième année, au retour du signe Kan, il se complétait un Katun ou lustre de quatre ans; d’autres qu’il fallait compter trois révolutions de la roue avec ses quatre signes, et un en plus, faisant ainsi treize ans, pour compléter le Katun; d’autres enfin, qu’il fallait quatre indictions ou semaines entières d’années pour constituer un Katun, et c’est là ce qu’il y a de plus probable. Outre la petite roue susdite, ils formaient une autre grande roue qu’ils appelaient aussi buk-xoc; ils y mettaient trois révolutions des quatre signes de la petite roue, formant un total de 12 signes, commençant à compter avec Kan et continuant la numération jusqu’au quatrième retour du même signe Kan inclusivement, faisant ainsi treize ans et formant une indiction ou semaine d’années. La seconde numération commençait avec Muluc et terminait avec le même, faisant une nouvelle treizaine, et ainsi de suite jusqu’à venir à Cauac, les quatre treizaines réunies faisant ce qu’on appelait un Katun.
§ VIII.—De la Indiccion ó siglo de 52 años, llamado Katun.
Se dá el nombre de indiccion á cada una de las cuatro semanas de años que componen un siglo de 52, que los indios llamaban Katun. Como por las esplicaciones anteriores se ha dado una idea de ella, se recopilarán aqui los datos espuestos, para no entrar en nuevas esplicaciones.
Se ha dicho que la semana yucateca se componia del curso de trece números aplicados indistintamente á los dias del mes que eran veinte. Tambien se ha espuesto que como el año constaba de 28 semanas y un dia, por este sobrante se verificaba que los años se sucedian siguiendo el orden correlativo de los números de la semana hasta el 13; de modo que el primer año de la indiccion comenzaba por el numero 1º de la semana y terminaba en el mismo; el segundo año por el 2; y asi de los demas hasta concluir los 13 numeros de ella: y si el año se hubiese compuesto de 28 semanas solamente, el primer año de la indiccion hubiera principiado por el número 1º de ella y terminado en el 13, y del mismo modo lo demas.
Igualmente se dijo que los indios viendo que los 18 meses de á veinte dias solo daban la suma de 360, para completarlo le añadieron cinco mas: de lo que resultó que los 20 dias del mes se dividieron en cuatro secciones, cuyo primer dia, á saber Kan, Muluc, Hix y Cauac, se volvieron iniciales de años, por que á su vez les daban principio; y llevados por un curso sucesivo terminaban á los cuatro años, volviendo á principiar por el primer inicial. Mas como la semana se componia de 13 numeros, solo entraban en ella tres revoluciones de dichos cuatro dias iniciales y uno mas, siendo este el motivo por que la semana ó indiccion que comenzaba por el primer Kan, habia de terminar en el 13, principiando la 2ª en el 1º Muluc, formandose de cada uno de ellos una indiccion que les era peculiar, por que le daban nombre en su primero y ultimo número como se ve en la tabla siguiente.
Tabla de las indicciones.
Primera Secunda Tercera Quarta indiccion. indiccion. indiccion. indiccion.
1841 1 Kan. 1854 1 Muluc. 1867 1 Hix. 1880 1 Cauac. 1842 2 Muluc. 1855 2 Hix. 1868 2 Cauac. 1881 2 Kan. 3 Hix. 3 Cauac. 3 Kan. 3 Muluc. 4 Cauac. 4 Kan. 4 Muluc. 4 Hix. 5 Kan. 5 Muluc. 5 Hix. 5 Cauac. 6 Muluc. 6 Hix. 6 Cauac. 6 Kan. 7 Hix. 7 Cauac. 7 Kan. 7 Muluc. 8 Cauac. 8 Kan. 8 Muluc. 8 Hix. 9 Kan. 9 Muluc. 9 Hix. 9 Cauac. 10 Muluc. 10 Hix. 10 Cauac. 10 Kan. 11 Hix. 11 Cauac. 11 Kan. 11 Muluc. 12 Cauac. 12 Kan. 12 Muluc. 12 Hix. 13 Kan. 13 Muluc. 13 Hix. 13 Cauac.
Las cuatro indicciones ó semanas de años que resultan de la revolucion particular de los dias iniciales desde el numero 1, hasta el 13 cuyo conjunto da la suma de cincuenta y dos años, era lo que llamaban los indios un Katun; por que al fin de este periodo celebraban grandes fiestas, y levantaban un monumento en él que colocaban una piedra atravesada, como lo indica la palabra Kat-tun, para memoria y cuenta de los siglos ó katunes que pasaban. Debiendo notarse que hasta no completarse este periodo no volvian á caer los dias iniciales en los mismos numeros, por lo cual con solo citarlos sabian á que tantos del siglo estaban, ayudando á esto la rueda ó cuadro en que los grababan por medio de geroglificos; y les servia para señalar sus dias fastos y nefastos, las fiestas de sus templos, sus asuntos sacerdotales, y predicciones sobre las temperaturas y fenomenos estacionales.
§ VIII.—De l’Indiction du Cycle de 52 ans, appelé Katun.
Ces explications étant suffisantes pour donner une idée de l’indiction ou cycle de 52 ans, appelé Katun par les Indiens, nous récapitulerons ici brièvement les faits, afin de ne pas renouveler ensuite les mêmes explications.
On a dit que la semaine yucatèque se composait du cours de treize chiffres, appliqués indistinctement aux vingt jours du mois. On a observé également que l’année se composant de vingt-huit semaines et d’un jour, il arrivait, à cause de ce surcroît, que les années se succédaient, en suivant l’ordre corrélatif des chiffres de la semaine jusqu’à 13; en sorte que la première année de l’indiction commençait par le numéro 1 de la semaine et terminait avec le même; la seconde année par le numéro 2, et ainsi des autres jusqu’à finir avec ses treize chiffres: au lieu que si l’année se fût composée de 28 semaines seulement, la première année aurait commencé avec le numéro 1 et fini avec le numéro 13, et ainsi en eût-il été du reste.
On a expliqué aussi comment les Indiens en voyant que les dix-huit mois de vingt jours ne donnaient qu’une somme de 360, en ajoutèrent, pour les compléter, cinq en sus, d’où il résulta que les 20 jours du mois se partagèrent en quatre sections: les premiers de chacune d’elles, Kan, Muluc, Hix et Cauac, devinrent les jours initiaux des années, parce qu’à leur tour ils en devenaient le commencement, et, après une course successive de quatre ans, retournaient à recommencer par le premier. Mais comme les semaines étaient composées de treize chiffres, il y avait dans chaque semaine trois révolutions des quatre initiaux et d’un initial en plus; ainsi l’indiction ou semaine d’année, commençant avec Kan, terminait aussi avec le même Kan; en sorte que l’indiction suivante pût commencer avec Muluc, second jour initial, et à son tour finir avec le même Muluc, et ainsi consécutivement, jusqu’à ce que chacun des signes initiaux eût formé son indiction ou semaine, en lui donnant son nom, l’ensemble faisant un cycle de 52 ans, ce qui est la somme des quatre semaines de treize ans chaque, ainsi qu’on le voit dans le tableau suivant:
Table des indictions.
Première Deuxième. Troisième. Quatrième. indiction.
1841 1 Kan. 1854 1 Muluc. 1867 1 Hix. 1880 1 Cauac. 1842 2 Muluc. 1855 2 Hix. 1868 2 Cauac. 1881 2 Kan. 3 Hix. 3 Cauac. 3 Kan. 3 Muluc. 4 Cauac. 4 Kan. 4 Muluc. 4 Hix. 5 Kan. 5 Muluc. 5 Hix. 5 Cauac. 6 Muluc. 6 Hix. 6 Cauac. 6 Kan. 7 Hix. 7 Cauac. 7 Kan. 7 Muluc. 8 Cauac. 8 Kan. 8 Muluc. 8 Hix. 9 Kan. 9 Muluc. 9 Hix. 9 Cauac. 10 Muluc. 10 Hix. 10 Cauac. 10 Kan. 11 Hix. 11 Cauac. 11 Kan. 11 Muluc. 12 Cauac. 12 Kan. 12 Muluc. 12 Hix. 13 Kan. 13 Muluc. 13 Hix. 13 Cauac.
Les quatre indictions ou semaines d’années qui résultent de la révolution particulière des jours initiaux, depuis le numéro 1 jusqu’à 13, et dont l’ensemble donne la somme de cinquante-deux ans, étaient ce à quoi les Indiens donnaient le nom de Katun; car à la fin de cette période ils célébraient de grandes fêtes et érigeaient un monument, dans lequel ils plaçaient une pierre en travers, ainsi que l’indique le mot Kat-tun, en commémoration des cycles ou katun écoulés. Il est bon toutefois de remarquer que jusqu’à parfait complément de cette période, les jours initiaux ne retombaient point dans les mêmes chiffres; en sorte qu’il suffisait de les mentionner pour savoir en quelle année du cycle on se trouvait, ce à quoi les aidait la roue ou le tableau où ils étaient inscrits au moyen de leurs hiéroglyphes. Cela leur servait en même temps à signaler leurs jours fastes et néfastes, les fêtes qui se célébraient dans les temples, les affaires qui intéressaient le sacerdoce, ainsi que les prédictions du temps et des phénomènes de la saison.
§ IX.—De los Ahau-Katunes ó grande siglo de 312 años.
Ademas del Katun ó siglo de 52 años, habia otro grande siglo peculiar de estos indios de Yucatan, en cuyas epocas señalaban los acontecimientos de su historia. Este siglo se componia de trece periodos ó epocas de á 24 años, llamadas Ahau-Katun, cuyo conjunto daba la suma de 312.
Cada periodo ó Ahau-Katun se dividia en dos partes; una de 20 años que era incluida en la rueda ó cuadro, por lo que los llamaban amaytun, lamaitun ó lamaité, y la otra de 4 años y la significaban como pedestal de la anterior, y la titulaban chek-oc-katun ó lath-oc-katun, que todo quiere decir pedestal. A estos cuatro años los consideraban como intercalares y como no existentes creyendolos aciagos por esto, y al modo de los cinco dias complementarios del año los llamaban tambien u yail haab, ó años trabajosos.
De la costumbre de considerarlos como no existentes separándolos de la cuenta de los años, nació la opinion de creer que los Ahau-Katunes eran solamente de 20 años, yerro en que cayeron casi todos los que trataron de paso el asunto; y si hubieran contado los años que intermediaban de una á otra época, jamas hubieran dudado de esta verdad, que confirman los manuscritos diciendo terminantemente que eran de 24 años en la forma dicha.
Nadie duda que estos periodos, epocas, ó edades, como las llamaron los escritores españoles, tomaron su nombre de Ahau-Katun, por que comenzaban á contarse desde el dia Ahau, segundo de los años que principiaban en Cauac, señalandolos con el respectivo numero de la semana en que caían; mas como terminaban de 24 en 24, dichos periodos, jamas podian tener numeros correlativos y segun su orden aritmético, sino con el siguiente: 13, 11, 9, 7, 5, 3, 1, 12, 10, 8, 6, 4, 2. Es probable que principió en el numero 13 por haber acontecido en él algun suceso notable pues despues se contaban por el 8; y acabada la conquista de esta peninsula propúso un escritor indio comenzasen á contar en lo sucesivo estas épocas por el 11 Ahau, por que en el se verificó aquella. Habiendose dicho que el 13 Ahau Katun debia comenzar par un dia segundo del año, precisamente fué este el de 12 Cauac duodécimo de la primera indiccion, cuyo segundo dia fué 13. El 11 Ahau Katun debia comenzar en el 10 Cauac sucediendo despues de un periodo de 24 anos; y asi sucesivamente en los demas periodos, siendo de notar que la secuela de los números de ellos solo se encuentran de 24 en 24 anos, lo que acaba de confirmar que este era su periodo y no el de 20, como algunos creyeron.
Série de los años corridos en dos Ahau Katun, tomando su principio en 1392 en que pasó segun los manuscritos el 8 Ahau en el año 7 cauac.
8ᵉ AHAU KATUN.
1392 7 Cauac. 1396 11 Cauac. 1393 8 Kan. 1397 12 Kan. 1394 9 Muluc. 1398 13 Muluc. 1395 10 Hix. 1399 1 Hix. 1400 2 Cauac. 1408 10 Cauac. 1401 3 Kan. 1409 11 Kan. 1402 4 Muluc. 1410 12 Muluc. 1403 5 Hix. 1411 13 Hix. 1404 6 Cauac. 1412 1 Cauac. 1405 7 Kan. 1413 2 Kan. 1406 8 Muluc. 1414 3 Muluc. 1407 9 Hix. 1415 4 Hix.
6ᵉ AHAU KATUN.
1416 5 Cauac. 1428 4 Cauac. 1417 6 Kan. 1429 5 Kan. 1418 7 Muluc. 1430 6 Muluc. 1419 8 Hix. 1431 7 Hix. 1420 9 Cauac. 1432 8 Cauac. 1421 10 Kan. 1433 9 Kan. 1422 11 Muluc. 1434 10 Muluc. 1423 12 Hix. 1435 11 Hix. 1424 13 Cauac. 1436 12 Cauac. 1425 1 Kan. 1437 13 Kan. 1426 2 Muluc. 1438 1 Muluc. 1427 3 Hix. 1439 2 Hix.
El punto de apoyo de que se valen para acomodar los Ahau katunes á los años de la era cristiana y contar los periodos y siglos que en ella han pasado, y entender y saber concordar los años que citan los indios en sus historias con los que corresponden á los de dicha era, es el año de 1392, el cual segun todos los manuscritos, y algunos de ellos apoyándose en el testimonio de D. Cosme de Burgos escritor y conquistador de esta peninsula cuyos escritos se han perdido, fué el referido año, en el cual cayó 7 Cauac y dió principio en su segundo dia el 8 Ahau; y de este como de un trunco se ordenan todos los que antecedieron y sucedieron segun el orden numérico que guardan y va espuesto: y como con este concuerdan todas las séries que se hallan en los manuscritos, es necesario creerlo como incontrovertible.
«Al fin de cada Ahau Katun ó periodo de 24 años, dice un manuscrito, se celebraban grandes fiestas en honor del dios de la tal edad, y levantaban y ponian una estátua del dios con letras y rótulos.»
Sumamente importante y ventajoso era el uso de este siglo; pues cuando en las historias se citaba el 8 Ahau, por exemplo y despues de transcurridas otras épocas con diferentes acontecimientos, se volvia á citar como presente el referido Ahau, se suponian pasados los 312 años que componian el siglo, ó Ahau Katun como decian. Las citas se hacian de varios modos, yá refiriendose al medio, ó fin de la época, ó citando ó señalando les años que de allá habian pasado cuando el hecho aconteció. Pero la cita mas exacta que podian hacer, era designando el Ahau Katun, los años que habian pasado, el numero y nombre del que se contaba, el mes, dia, semana en que se verificó el suceso. De este modo se refiere la muerte de peste de un tal Ahpulá, pues dicen que sucedió el 6º año de 13 Ahau, cuando el año de 4 Kan se contaba al oriente de la rueda, á 18 del mes Zip en 9 Ymix. Para sacar esta data es necesario señalar el año de la era vulgar en que pasó el 13 Ahau mas proximo á la conquista, y segun lo que se dice al fin de este opúsculo, fue en él de 1488: ahora los seis años que habian corrido de él se contaron por su secuela y son 12 Cauac en que principió el 13 Ahau en su segundo dia en 1488.—13 Kan en 1489.—1 Muluc en 1490.—2 Hix en 1491.—3 Cauac en 1492;—y 4 Kan que es el citado en 1493. El dia 18 del mes Zip se hallará del mismo modo: el mes Zip es el tercero del año, y segun la regla que se puso cuando se trató del mes, se buscará su principio: habiendo el año empezado en 4 Kan, su segundo mes, comenzó en 11 Kan, el tercero por 5 Kan que es el que se busca: los dias corridos del 1º del mes al 18 son los siguientes.
MES ZIP.
1. 5 Kan. 2. 6 Chicchan. 3. 7 Quimi. 4. 8 Manik. 5. 9 Lamat. 6. 10 Muluc. 7. 11 Oc. 8. 12 Chuen. 9. 13 Eb. 10. 1 Been. 11. 2 Hix. 12. 3 Men. 13. 4 Quib. 14. 5 Caban. 15. 6 Edznab. 16. 7 Cauac. 17. 8 Ahau. 18. 9 Ymix. Que está señalado en la cita.
Ahora el mes Zip, comienza el 25 de agosto: su decimo octavo dia debe ser el once de setiembre, por que 7 dias que hay desde el 25 al 31 de agosto que se toman de setiembre son los 18 echados del mes Zip. Con esto queda demostrado que la fecha indiana fué el año de 1493 á 11 de setiembre, tan exacta como si se hubiera usado segun nuestro actual estilo, pudiendo servir esta de medio para computar otras que se encuentren.
§ IX.—Des Ahau-Katun ou grands Cycles de 312 ans.
Outre le Katun ou cycle de 52 ans, les Indiens du Yucatan avaient un autre cycle qui leur était particulier, et dans les époques duquel ils signalaient les événements de leur histoire. Ce cycle se composait de treize périodes ou époques de vingt-quatre ans appelées Ahau-Katun, dont l’ensemble donnait la somme de 312.
Chaque période ou Ahau-Katun se divisait en deux parties, l’une de 20 ans, qui était renfermée dans la roue ou tableau, d’où on l’appelait amayun, lamaitun ou lamaité; et l’autre de 4 ans: celle-ci était, dans leur idée, comme le piédestal de la précédente, et ils l’appelaient chek-oc-Katun ou lath-oc-Katun, ce qui dans l’un et l’autre cas signifie piédestal. Ces derniers quatre ans étaient considérés comme intercalaires et sans existence, les croyant à cause de cela funestes, et, de même que les cinq jours complémentaires de l’année, ils les appelaient aussi u yail haab, c’est-à-dire années de peine ou de travail.
De l’usage de les considérer comme sans existence, en les séparant de la computation des années, naquit l’erreur de croire que les Ahau-Katun n’étaient que de 20 ans, erreur dans laquelle tombèrent presque tous ceux qui ont traité, en passant, cette matière; mais s’ils avaient compté les années qu’il y avait d’une époque à une autre, ils n’auraient jamais douté de cette vérité, confirmée, d’ailleurs, par les manuscrits anciens, qui tous déclarent d’une manière absolue qu’elles étaient de 24 ans, et de la manière énoncée plus haut[27].
Il est hors de doute que ces périodes, époques ou âges, ainsi que les appelèrent les écrivains espagnols, ont pris le nom d’Ahau-Katun, parce qu’ils commencèrent à se compter du jour Ahau, le second des années commençant en Cauac, en les signalant avec le nombre respectif de la semaine où ils tombaient; mais ces périodes, se terminant de 24 en 24 ans, ne pouvaient jamais avoir de chiffres corrélatifs et selon l’ordre arithmétique, mais seulement comme ci-après: 13, 11, 9, 7, 5, 3, 1, 12, 10, 8, 6, 4, 2. Le chiffre 13, qui paraît avoir été le premier, l’aurait été probablement, à cause de quelque événement notable qui se serait passé dans sa durée: ensuite ils comptèrent à commencer par le chiffre 8; puis à l’achèvement de la conquête de la péninsule, un écrivain indigène proposa de commencer désormais la computation avec le 11 Ahau, comme étant la période durant laquelle cette conquête avait eu lieu. Maintenant, s’il est vrai que le 13 Ahau-Katun dut commencer avec un deuxième jour de l’année, ce dut être précisément l’année commençant au 12 Cauac, la 12ᵉ de l’indiction, et dont le second jour fut signalé au chiffre 13. Le 11 Ahau-Katun aurait commencé dans l’année 10 Cauac; ce qui aurait eu lieu après une période de 24 ans; et ainsi du reste, sans oublier de remarquer que la suite de ces chiffres ne se retrouve que de 24 en 24 ans, autre preuve que l’Ahau-Katun se composait de ce nombre d’années et non de vingt seulement[28].
Série des années de deux Ahau-Katun, commençant en 1392, année en laquelle, suivant certains manuscrits, le 8 Ahau serait passé à l’an 7 Cauac.
8ᵉ AHAU KATUN.
1392 7 Cauac. 1396 11 Cauac 1393 8 Kan. 1397 12 Kan. 1394 9 Muluc. 1398 13 Muluc. 1395 10 Hix. 1399 1 Hix. 1400 2 Cauac. 1408 10 Cauac. 1401 3 Kan. 1409 11 Kan. 1402 4 Muluc. 1410 12 Muluc. 1403 5 Hix. 1411 13 Hix. 1404 6 Cauac. 1412 1 Cauac. 1405 7 Kan. 1413 2 Kan. 1406 8 Muluc. 1414 3 Muluc. 1407 9 Hix. 1415 4 Hix.
6ᵉ AHAU KATUN.
1416 5 Cauac. 1428 4 Cauac. 1417 6 Kan. 1429 5 Kan. 1418 7 Muluc. 1430 6 Muluc. 1419 8 Hix. 1431 7 Hix. 1420 9 Cauac. 1432 8 Cauac. 1421 10 Kan. 1433 9 Kan. 1422 11 Muluc. 1434 10 Muluc. 1423 12 Hix. 1435 11 Hix. 1424 13 Cauac. 1436 12 Cauac. 1425 1 Kan. 1437 13 Kan. 1426 2 Muluc. 1438 1 Muluc. 1427 3 Hix. 1439 2 Hix.
Le point de départ fondamental sur lequel ils s’appuient pour faire accorder les Ahau-Katun avec les années de l’ère chrétienne et compter les périodes et les cycles qui se sont écoulés, afin d’ajuster les années, citées par les Indiens dans leurs histoires, à celles de la même ère, est l’année 1392. Cette année serait, au témoignage des manuscrits cités plus haut, confirmée par celui de don Cosme de Burgos, l’un des écrivains et des conquérants de cette péninsule, dont les mémoires sont aujourd’hui perdus[29], celle précisément en laquelle tombait le 7 Cauac et qui, en son second jour, donnait le 8 Ahau; de celle-ci, comme de source, découlent celles qui précèdent et celles qui ont suivi dans l’ordre numérique qu’elles gardent dans le tableau; comme avec ce tableau concordent toutes les séries qui se trouvent dans les monuments en question, il faudrait croire qu’elles sont incontestables[30].
«A la fin de chaque Ahau-Katun ou période de 24 ans, dit un manuscrit, on célébrait de grandes fêtes en l’honneur du dieu qui en était le protecteur, et on lui érigeait une statue avec des lettres et un cartouche[31].»
L’usage de ce cycle était aussi important qu’avantageux: en effet, lorsqu’ils référaient, dans leurs histoires, le 8 Ahau, à propos de quelque événement qu’il fallait distinguer des autres, ils l’établissaient comme une date distincte, dans l’intelligence qu’il s’était écoulé une période de 312 ans, ce qui comprenait tout l’ensemble du cycle. Il y avait différentes manières de citer le Katun, en signalant le milieu ou la fin de la période, ou bien encore le nombre des années écoulées, au moment de l’événement en question. La manière la plus exacte était de désigner l’Ahau-Katun, les années passées, le nombre et le nom de celui qu’on comptait, le mois, le jour et la semaine en laquelle s’était vérifié le fait. C’est ainsi qu’on rapporte la mort par la peste d’un certain Ahpula, qui arriva, à ce qu’ils disent, la 6ᵉ année du 13 Ahau, quand l’année du 4 Kan se comptait à l’orient de la roue, au 18 du mois Zip, 9ᵉ jour Ymix. Pour découvrir cette date, il faut signaler l’année de l’ère vulgaire qui se rattache au 13 Ahau, la plus rapprochée de la conquête, et, d’après ce qui se dit à la fin de cet opuscule, ce fut en l’année 1488[32]. En prenant maintenant les six ans qui doivent suivre, on trouve le 12 Cauac avec lequel commença le 13 Ahau, en son second jour, l’an 1488.—Le 13 Kan en 1489.—1 Muluc en 1490.—2 Hix en 1491.—3 Cauac en 1492;—et 4 Kan en 1493. Le 18ᵉ jour du mois Zip se trouvera de la même manière: le mois Zip est le troisième de l’année, et on en cherchera le commencement, suivant la règle adoptée ici à propos du mois; l’année ayant commencé avec le 4 Kan, son second mois a dû commencer avec le 11 Kan, et le troisième avec le 5 Kan qui est la date cherchée. Les jours écoulés du premier du mois au 18 sont les suivants:
MOIS ZIP.
1. 5 Kan. 2. 6 Chicchan. 3. 7 Quimi. 4. 8 Manik. 5. 9 Lamat. 6. 10 Muluc. 7. 11 Oc. 8. 12 Chuen. 9. 13 Eb. 10. 1 Been. 11. 2 Hix. 12. 3 Men. 13. 4 Quib. 14. 5 Caban. 15. 6 Edznab. 16. 7 Cauac. 17. 8 Ahau. 18. 9 Ymix. C’est le jour signalé dans la citation.
Maintenant le mois Zip commence au 25 août; son dix-huitième jour doit donc tomber au 11 septembre en comptant sept jours, du 25 au 31 août, et onze qu’on prend à septembre. De cette manière, il reste démontré que la date indienne concordait avec le 11 septembre de l’année 1493, aussi exacte que si l’on avait fait usage de notre style moderne et pouvant servir de moyen pour computer les autres qu’on viendrait à trouver.
§ X.—Del origen de este Siglo.
Se ignora cual fué el origen y en que tiempo principió el uso de este siglo, pues ni los mexicanos, ni los tultecos autores y correctores en esta America del sistema cronologico para computar el tiempo, no se sirvieron jamas del presente metodo, ni sus escritores tuvieron noticia de su existencia: los pocos é incompletos manuscritos que existen en esta península, tampoco lo indican: asi es que nada se puede averiguar y decir ni aun por adivinanza: á no ser que en la obra que escribió D. Gaspar Antonio Xiu, nieto del rey de Maní, por orden del gobierno de entónces, y segun el padre Cogolludo existia en su tiempo y que aun existe, segun afirman algunos, se diga sobre esto alguna cosa.
Solo el caballero Boturini parece que tuvo alguna noticia aunque inexacta y desfigurada de este método de contar, por que en su obra ya citada á hojas 122 dice que «cuando los indios cuentan por este numero de ce uno; v. g. ce Tecpatl, un pedernal, se entiende una vez cada quatro cyclos, por que hablan entonces de los caracteres iniciales de cada cyclo; y asi segun el artificio de sus ruedas pintadas, entra ce Tecpatl, tan solamente una vez en los principios de los cuatro cyclos, por que empezando el primer cyclo por el caracter ce Tecpatl, el segundo cyclo empieza por ce Calli, el tercero por ce Tochtli, y el cuarto por ce Acatl; por cuyo motivo puesto en la historia algun carácter de estos iniciales, es fuerza que pasen cuatro cyclos indianos de á 52 años cada uno que hacen 208 años, antes de poderse hallar en adelante, por que de esta manera no se cuenta por los caracteres que estan en el cuerpo de los cuatro cyclos, y aunque se encuentran en ellos mismos caracteres ce Tecpatl, ce Calli, ce Tochtli, ce Acatl, no hacen al caso.....»
Ciertamente este metodo es muy raro y confuso, por que como el siglo lleva la misma denominacion que el año, no puede distinguirse cuando se debe entender este ó aquel, lo que no tiene el gran siglo yucateco, por que tiene la denominacion del 2º dia del año Cauac en que comenzaba el numéro de este dia y la añadidura de Katun que indicaba ser epoca ó periodo de años.
Veytia asegura que en ninguno de los monumentos antiguos que recogió, ha hallado una explicacion semejante, ni cosa que le haga perceptible el sistema que indica Boturini, y que ningun historiador indio lo usa ni aun para señalar sus épocas mas notables. Aunque creo se debe contestar á estas observaciones, visto el sistema que usaban los indios de esta peninsula, que el Caballero Boturini habia indagado, como el mismo asegura en otra parte, los calendarios que en la antiguedad usaron los de Oaxaca, Chiapas y Soconusco, que parciendose en mucho á los yucatecos, no es incongruente que tambien aquellos como estos contasen siglos mayores que los mexicanos, y tomasen la idea, aunque inexacta y confusa en la obra de Boturini, de los Ahaues ó grandes siglos.
Se ha dicho que los calendarios de Chiapas y Soconusco son muy semejantes ál yucateco; y esto se manifiesta comparando los dias del mes que segun Boturini tenian, y los de esta peninsula.
DIAS DEL MES DIAS DEL MES CHIAPANECO. YUCATECO.
1. Votan. 1. Kan. 2. Ghanan. 2. Chicchan. 3. Abagh. 3. Cimi. 4. Tox. 4. Manik. 5. Moxic. 5. Lamat. 6. Lambat. 6. Muluc. 7. Muluc. 7. Oc. 8. Elab. 8. Chuen. 9. Batz. 9. Eb. 10. Euob. 10. Ben. 11. Ben. 11. Hix. 12. Hix. 12. Men. 13. Tziquin. 13. Cib. 14. Chabin. 14. Caban. 15. Chic. 15. Edznab. 16. Chinax. 16. Cauac. 17. Cahogh. 17. Ahau. 18. Aghual. 18. Ymix. 19. Mox. 19. Yk. 20. Ygh. 20. Akbal.
No hay que ponderar sobre la semejanza de los dias del mes chiapaneco con él de Yucatan, con solo una ojeada se halla. Todo esto y el dato de que alguno, de los nombres de los dias yucatecos no tienen significacion conocida ni mas ni menos que el chiapaneco inducen a creer que ambos calendarios tuvieron un origen comun; solamente con la mutacion que los sacerdotes, por sucesos particulares ú opiniones propias hicieron en ellos, y el uso de nuestros peninsulares sancionó; dejando los otros por costumbre, ó por que los era conocida su significacion que al presente se ha olvidado.
Los indios de Yucatan tenian aun otra especie de siglo ó computo; pero como no se ha podido hallar el método que guardaban para servirse de él ni aun ejemplo alguno para suponerlo, se copiará unicamente lo que á la letra dice el manuscrito.
«Habia otro número que llamaban Ua Katun el que les servia como llave para acertar y hallar los katunes, y segun el orden de sus movimientos cae á los dos dias del Uayeb haab y dá su vuelta al cabo de algunos años: Katunes 13, 9, 5, 1, 10, 6, 2, 11, 7, 3, 12, 8, 4.»
Lo dicho solo indica que servia solo para hallar los Katunes ó indiciones, comenzandose á contar aquellos números en el segundo dia intercalar ó complementario. Ahora si solamente se busca el curso de estos dias por los números señalados pasarán respectivamente cada diez años, empezando por el 3º de la indiccion sumando todos juntos 130 años; mas esto es muy vago y conjetural.
Tal es la breve descripcion de la antigua cronologia yucateca, trabajo que emprendido hace algun tiempo, lo dediqué á mi amigo el señor Stephens, quien lo imprimió en su obra sobre las ruinas de Yucatan. Mis amigos los editores del Registro Yucateco verán que si no he tiempo para escribir algo nuevo, he sacudido el polvo de este cuaderno, por si lo juzgan digno de ocupar un lugar en las columnas de su acreditado periódico.
§ X.—De l’origine de ce Cycle.
On ignore quelle fut l’origine de ce cycle et en quel temps il commença; car ni les Mexicains, ni les Toltèques, auteurs et correcteurs du système chronologique dans cette partie de l’Amérique, n’usèrent jamais de la présente méthode et leurs écrivains n’en connurent pas l’existence. Les manuscrits, si incomplets et en si petit nombre, que l’on trouve dans cette péninsule, ne l’indiquent pas davantage[33]: on ne saurait en vérifier ni en dire rien par conjecture; à moins que l’ouvrage écrit par don Gaspar Xiu, petit-fils du roi de Mani, par ordre du gouvernement d’alors et qui, suivant le père Cogolludo, existait de son temps et qui existerait encore aujourd’hui, au dire de certaines personnes, ne relate quelque chose à ce sujet.
Le chevalier Boturini est le seul qui paraisse avoir eu quelque idée, bien qu’incomplète et défigurée, de ce système de computation; voir à la page 122 de son ouvrage, déjà cité, où il dit que: «Lorsque les Indiens comptent par ce nombre Ce, un; v. g.: ce Tecpatl, un silex, on entend une fois à chaque quatre cycles, parce qu’ils parlent alors des caractères initiaux de chaque cycle, et ainsi, suivant la façon ingénieuse de leurs roues peintes, le ce Tecpatl n’entre qu’une seule fois dans les commencements des quatre cycles, parce que le premier cycle, commençant par le caractère ce Tecpatl, le second cycle commence par ce Calli, le troisième par ce Tochtli et le quatrième ce Acatl, d’où il résulte que, ayant mis dans l’histoire quelqu’un de ces caractères initiaux, il est absolument nécessaire qu’il s’écoule quatre cycles indiens de 52 ans chacun, ce qui fait 208 ans, avant de pouvoir se trouver en avant, parce que de cette manière on ne compte pas par les caractères qui sont dans le corps des quatre cycles, et quoiqu’on y trouve les mêmes caractères ce Tecpatl, ce Calli, ce Tochtli, ce Acatl, ils n’y viennent pas d’office...»
Ce système est certainement bien extraordinaire et bien confus, car le cycle, portant la même dénomination que l’année, on ne saurait les distinguer, lorsqu’il faudrait entendre celui-ci ou celui-là; c’est ce qu’on ne voit pas dans le grand cycle yucatèque, ayant pour dénomination le 2ᵉ jour de l’année Cauac, avec lequel il commençait, le chiffre de ce jour et l’addition de Katun qui indiquait que c’était une époque ou période d’années.
Veytia assure qu’en aucun des monuments antiques qu’il avait réunis, il ne trouva d’explication semblable, ni rien qui lui rendît perceptible le système indiqué par Boturini; il ajoute qu’aucun historien indigène n’en fit usage, pas même pour signaler ses époques les plus notables. Bien qu’on puisse répondre à ces observations, vu le système usité par les Indiens de cette péninsule, que le chevalier Boturini avait, ainsi qu’il l’avance ailleurs, examiné les calendriers en usage anciennement chez ceux d’Oaxaca, de Chiapas et de Soconusco, et si analogues à celui des Yucatèques, il n’est pas impossible que ceux-là aient compté, comme ceux-ci, des cycles plus grands que ceux des Mexicains et pris ainsi l’idée des Ahau ou grands cycles, bien qu’aujourd’hui elle apparaisse confuse et incorrecte dans l’ouvrage de Boturini.
On vient de dire que les calendriers de Chiapas et de Soconusco étaient fort analogues à ceux des Yucatèques; ceci devient manifeste, si l’on met en comparaison les jours du mois, tels qu’ils sont donnés dans Boturini avec ceux de cette péninsule.
JOURS DU MOIS JOURS DU MOIS CHIAPANÈQUE. YUCATÈQUE.
1. Votan. 1. Kan. 2. Ghanan. 2. Chicchan. 3. Abagh. 3. Quimi. 4. Toh. 4. Manik. 5. Moxic. 5. Lamat. 6. Lambat. 6. Muluc. 7. Muluc. 7. Oc. 8. Elab. 8. Chuen. 9. Batz. 9. Eb. 10. Euob. 10. Ben. 11. Ben. 11. Hix. 12. Hix. 12. Men. 13. Tziquin. 13. Quib. 14. Chabin. 14. Caban. 15. Chic. 15. Edznab. 16. Chinax. 16. Cauac. 17. Cahogh. 17. Ahau. 18. Aghual. 18. Ymix. 19. Mox. 19. Yk. 20. Ygh. 20. Akbal.
Il est inutile de s’appesantir davantage sur la ressemblance des jours des deux calendriers, et un simple coup d’œil suffit pour la trouver. Tout cela joint à l’ignorance où l’on est sur la signification de quelques-uns des noms, dans l’un comme dans l’autre calendrier, donne bien à penser qu’ils eurent une origine commune, les différences qu’on y voit ayant dû être introduites par les prêtres, pour quelque raison particulière. Ces différences, nos péninsulaires les adoptèrent, sans rien changer aux autres choses, soit parce qu’ils y étaient déjà accoutumés, soit que leur signification, oubliée aujourd’hui, leur fût connue alors.
Les Indiens du Yucatan avaient encore une autre espèce de cycle, mais comme on n’a pas retrouvé la méthode usitée par eux, et qu’on ne peut imaginer rien qui en puisse donner une idée, je me contenterai de copier littéralement ce qui en est dit dans un manuscrit:
«Ils avaient un autre chiffre qu’ils appelaient Ua Katun, qui leur servait comme de clef, pour ajuster et trouver les katun et suivant l’ordre de ses mouvements, il tombe aux deux jours du Uayeb haab et retourne à la fin de quelques années: Katun 13, 9, 5, 1, 10, 6, 2, 11, 7, 3, 12, 8, 4.»
Ceci suffit pour indiquer que cette méthode ne servait qu’à trouver les katun ou indictions, ces chiffres commençant à se compter au second jour intercalaire. Si nous cherchons maintenant la course de ces jours par les chiffres signalés, ils se présenteront respectivement tous les dix ans, à commencer par le troisième de l’indiction et formant un ensemble de 130 ans; mais tout ceci est fort vague et n’a autre fondement que des conjectures.
Telle est la description abrégée de l’antique chronologie yucatèque, travail entrepris il y a quelques années, et que je dédiai à mon ami M. Stephens, qui l’imprima dans son ouvrage relatif aux ruines du Yucatan[34]. Mes amis, les éditeurs du Registro Yucateco, verront que si je n’ai pas eu le temps d’écrire quelque chose de neuf, j’ai secoué au moins la poussière de ce cahier, pour le cas où ils jugeraient opportun de lui donner place dans les colonnes de leur estimable revue[35].
NOTES
[1] Il serait difficile de décider la question de savoir si le chiffre 13 était sacré avant l’invention des combinaisons du calendrier, ou si ce furent ces combinaisons qui y donnèrent lieu. On sait, du reste, par le Manuscrit Cakchiquel, que le nombre treize est celui des premiers hommes qui furent créés sous le nom de Chay-Abah, pour la défense de Tullan, c’est-à-dire des treize premiers chefs de la noblesse guerrière, destinée à soutenir les dieux et le sacerdoce. (Voir la note au chapitre précédent de Lizana.) «La cause de cette prédilection, d’après Signenza, c’est que ce chiffre était le nombre des grands dieux.» (Clavigero, Hist. antig. de Mexico, tom. II, lib. VI.)
[2] De chumuc, moitié, milieu, et kin, soleil, jour, exactement midi.
[3] Gama remarque, à propos du calendrier mexicain, que, outre ces subdivisions, le jour civil se divisait encore en seize parties diverses, chacune ayant son nom particulier, huit pour le jour et huit pour la nuit. Elles commençaient au lever du soleil comme chez la plupart des peuples de l’Asie. Les quatre premières, de ce moment à midi, étaient signalées par un gnomon, sur le cadran solaire, et les quatre suivantes par un autre gnomon finissaient au soir. Ces heures étaient surtout à l’usage des prêtres. Les heures de la nuit se réglaient sur les étoiles; mais, en outre, les prêtres chargés de veiller au sommet des temples, annonçaient, par le bruit d’un instrument, les heures des sacrifices qui se répétaient plusieurs fois durant la nuit.
[4] Ce partage de cinq en cinq réglait aussi l’ordre des marchés, qui avaient lieu tous les cinq jours et qu’on appelait tianquix ou tianquixtli, en langue mexicaine, et kinic en maya.
[5] Kan veut dire aussi jaune; le mot corde se rendrait plutôt par Káan, suivant Ruz. Kan aurait pu avoir été écrit autrefois Can, et alors il s’agirait du serpent qui se présente si fréquemment dans les mythes et symboles de ces contrées.
[6] L’auteur du calendrier n’observe pas ici l’orthographe de son pays; au lieu de qimi ou quimi, il faudait cimi, le c maya, ainsi que nous l’avons dit plus haut, étant également dur devant toutes les voyelles.
[7] Chuen me paraît être une corruption de Chouen, appelé Hun-Choven dans le Livre sacré, le frère de Batz ou Hunbatz, qui occupe dans le calendrier quiché la même place que Chuen dans le yucatèque; comme on sait, l’un et l’autre furent changés en singes par leurs frères, qui les avaient fait monter au haut d’un arbre, le même probablement dont il est fait mention ici sous le nom de Chuen-ché ou arbre de Chuen.
[8] Au dire de Nuñez de la Vega, les vingt noms des jours du calendrier seraient ceux de vingt personnages, ancêtres de la race de ces contrées, et Been serait un prince qui aurait laissé son nom écrit sur le monolithe, appelé la Piedra parada (la pierre debout) de Comitan. Cette ville se trouve sur le chemin de Ciudad-Real de Chiapas à la frontière guatémalienne, et l’on voit dans ses environs des ruines considérables.
[9] Hix, se trouve avec l’orthographe iiz ou itz dans le calendrier quiché où il signifie le sorcier et la sorcellerie.
[10] L’orthographe de ce nom doit être Eznab ou Eɔanab.
[11] Ymix, écrit Imox dans le calendrier quiché et celui de Chiapas, est représenté sous l’image d’un monstre marin d’une forme particulière; c’est le Cipactli du calendrier mexicain, donné par Nuñez de la Vega, comme le premier père de la race de ces contrées. (Constitut. Diœces. del obispado de Chiappas, in præamb. § XXX.)
[12] Ik est le souffle ou le vent, un des symboles de Kukulcan ou Quetzalcohuatl.
[13] Akbal, mot vieilli qu’on retrouve dans la langue quichée avec le sens de marmite, vase, peut-être le même que le mot con ou comitl du mexicain, le vase mystérieux, faisant allusion au sexe de la femme, et qui joue un si grand rôle dans les mythes primitifs de l’Amérique.
[14] Uinal, signifiant un ensemble de vingt jours, paraît avoir la même origine que uinic, homme, vinak en langue quichée où ce mot a aussi le sens de vingt, parce qu’on était homme à vingt ans. Sa racine vin dans le quiché signifie acquérir, gagner, augmenter, croître, et vinak est un ancien participe qui dit, arrivé à sa croissance, d’où le mot homme. Ce mot a de l’analogie avec viginti, vingt, et win, en anglais acquérir, gagner.
[15] Afin de reconnaître quel est le chiffre correspondant avec le premier, il n’y a qu’à chercher le chiffre de la semaine avec lequel commence l’année et à ajouter successivement sept; mais, en faisant soustraction de treize, chaque fois que la somme de cette addition excède treize, ce qui donna les séries suivantes pour le premier jour de chacun des dix-huit mois 1, 8, 2 (15-13), 6, 3 (16-13), 10, 4, 11, 5, 12, 6, 13, 7, 1, 8, 2, 9, 3; en supposant, bien entendu, que le premier jour de l’année soit le premier de la semaine, et, généralement, en prenant pour premier chiffre des séries le chiffre de la semaine par laquelle l’année commence. (Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. I, appendix, p. 436.)
[16] Zip paraît aussi signifier faute, erreur.
[17] Zeec, d’après Ruz, aurait le sens de discours, discourir.
[18] ɔe-yaxkin, ces deux mots ainsi réunis, dit l’auteur, ne signifient rien; cependant ɔe pourrait venir de ɔec, fondation, principe, d’autant plus que yaxkin ou yax-kin, soleil, verd nouveau, signifie l’été, ce qui reviendrait à dire le commencement de l’été; ce qui est d’autant plus exact que c’est le commencement de la saison sèche, appelée l’été dans ces contrées.
[19] Peut-être aussi parce que la campagne, à cette époque, de verte est devenue stérile, l’herbe jaunie et desséchée par les ardeurs du soleil.
[20] En examinant avec attention le signe qui représente le mois moan, on trouve que la partie principale est une tête d’oiseau, laquelle dans le manuscrit mexicain (dialecte maya) de la Bibliothèque impériale paraît être une tête d’ara; or l’ara se dit en maya mó ou móo.
[21] Páx ou páax signifie aussi rompre, briser.
[22] Ce nom s’applique parfaitement à un mois où les orages sont fréquents et où la foudre gronde avec tant de fracas; l’orage, l’ouragan étaient personnifiés dans les mythes antiques de ces contrées, c’étaient comme des manifestations de la divinité.
[23] Ce nom ferait-il allusion au temps dit de la nuit et des ténèbres qui précéda la civilisation nahuatl, dont il est si souvent question dans les traditions antiques?
[24] Ces jours s’appelaient aussi u tuz kin, u lobol kin, ce qui signifie jours mensongers, jours mauvais. (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)
[25] Voir Landa, §.
[26] [Illustration]
Le Codex mexicain Letellier de la Bibliothèque impériale, que j’ai en ce moment sous les yeux, paraît destiné à résoudre cette question, si controversée depuis la conquête du Mexique. Les sept premiers folios de ce document, étant la suite d’un calendrier incomplet, représentent les douze derniers mois mexicains, terminant ici avec le mois de février, en sorte que, suivant l’auteur anonyme du Codex, le 6 mars serait le premier jour de l’année, laissant les cinq premiers jours de ce mois pour épagomènes, comme ils sont marqués ici. Or, l’année en laquelle écrivait l’anonyme était précisément une année bissextile; car il fait commencer les jours supplémentaires à un 29 février. «A XXIX de febrero, dit-il, los V dias muertos que no avia sacrificios.» Mais ce qui jette le plus de jour ici sur cette question, c’est que les jours supplémentaires sont désignés par des signes de couleur rouge et blanche, dans un quadrilatère au fond noir, lequel est surmonté d’un sixième signe semblable, en dehors du quadrilatère, et qui ne peut être que le jour restant, le 29 février, qui a tant embarrassé les savants, lequel est ajouté ici aux intercalaires, comme l’avait pensé Veytia. Ainsi qu’on peut le voir à la gravure ci-jointe, et que nous reproduisons d’après le Codex Letellier, le jour bissextile se représentait par un signe semblable aux supplémentaires; mais comme on ne pouvait le compter parmi ceux-ci d’une manière absolue, afin de ne pas déranger l’harmonie des jours et des années, on le plaçait en dehors du cadre; il avait ainsi sa place dans l’ordre chronologique et il s’écoulait avec les supplémentaires, sans qu’on lui donnât probablement aucune autre désignation. Il est à croire que les Mayas avaient quelque chose d’analogue.
[27] L’auteur de ce petit ouvrage donne d’excellentes raisons pour démontrer que l’Ahau-Katun était formé de périodes de 24 ans; mais en citant les manuscrits qui tous le déclarent, il n’en nomme aucun, et un peu plus loin il dit que ces manuscrits sont en petit nombre et incomplets, et qu’ils ne disent rien de l’origine de ce cycle. Notre auteur a-t-il bien compris ces manuscrits? Ajoutons que Landa et Cogolludo, sans compter même les faits consignés dans l’abrégé d’histoire chronologique, en langue maya, que Pio Perez invoque, paraissent prouver tout à fait le contraire. Voir ce que dit Landa § XLI, p. 315. Voici ce que dit Cogolludo: «Ils comptaient leurs ères et âges qu’ils mettaient dans leurs livres de 20 en 20 ans et par lustres de 4 en 4. Ils fixaient la première année à l’orient, lui donnant le nom de Cuch-haab, le second au couchant et l’appelaient Hiix, le troisième au sud, nommé Cauac, et le quatrième Muluc au nord. Ces lustres arrivant à cinq, faisaient vingt ans, ce qu’ils appelaient un Katun, et ils plaçaient une pierre sculptée sur une autre pierre également sculptée, fixée avec de la chaux et du sable dans les murs des temples, etc.» (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)
[28] Il est certain qu’à prendre ces chiffres pour guides, les périodes en question devraient être de 24 ans; mais ces chiffres, tout en s’accordant avec les séries de 24 en 24 ans, peuvent avoir une origine différente de celle que s’imagine l’auteur et faire partie d’une combinaison distincte, tout en servant à indiquer les Ahau-Katun. Ces calculs de l’auteur, comme on le voit, laissent beaucoup à désirer.
[29] L’auteur oublie complétement ment de nous dire quels sont ces manuscrits, et quant à ceux de don Cosme de Burgos qui vieudraient à l’appui de son système, s’ils sont perdus, comment les a-t-il pu connaître?
[30] Il est fort à regretter que tout cela ne soit pas mieux prouvé; car des faits rapportés par le manuscrit chronologique cité à l’appui de ces assertions, on est forcé de conclure, au contraire, que l’auteur anonyme de ce document donne à chaque période ou katun un nombre de vingt ans et non de vingt-quatre, ce que fait également Landa.
[31] Rien ne nous assure que ces périodes soient les périodes historiques; s’il y a eu des périodes de 24 en 24 ans, la citation actuelle donnerait plutôt à croire que ces chiffres s’appliquent à des périodes sacrées, non historiques ni civiles.
[32] C’est ici surtout que l’auteur se montre en contradiction avec lui-même. Le manuscrit chronologique auquel il réfère, donné par lui à M. Stephens et inséré dans le tome second de l’ouvrage Incidents of travel in Yucatan, porte, dans la traduction comme dans le texte maya, la date de 1536, et non de 1488. Or, nous avons dans Landa que le 13 Ahau, auquel cette année correspond, terminait précisément au 15 juillet 1541, le 11 Ahau, qui est le suivant, commençant avec le 16 juillet de la même année, pour finir, d’après cet écrivain, au 15 juillet 1561, juste vingt ans après. Ceci, non moins que les contradictions où tombe Pio Perez, dans la note explicative donnée par lui à la suite du manuscrit maya, dans laquelle il fait arriver les Espagnols au Yucatan avant l’année 1488, achève de discréditer son opinion au sujet de l’Ahau-Katun. Nous n’avons, néanmoins, pas voulu omettre l’article qu’il consacre à la période de 24 ans, son erreur même pouvant être utile plus tard pour découvrir l’origine des chiffres de 24 en 24 qui y ont donné lieu.
[33] Il semble que l’auteur dans ces dernières lignes prenne lui-même à tâche de détruire tout son système des katuns de 24 ans, bâti, sans aucun doute, sur les chiffres cités plus haut de 24 en 24, mais qui probablement s’expliqueront plus tard d’une autre manière.
[34] Ces pages de don Juan Pio Perez sont traduites, mais avec quelques variantes, dans l’ouvrage de Stephens, Incidents of travel in Yucatan, vol. Iᵉʳ, appendix.
[35] Tel qu’il est ici, l’opuscule fut rédigé pour une revue, publiée au Yucatan, sous le titre de Registro Yucateco.
LELO LAI U TZOLAN KATUNIL TI MAYAB.
SÉRIE DES ÉPOQUES DE L’HISTOIRE MAYA.
Ahau. An de l’ère chrétienne.
VIII 401 VI 421 IV 441 II 461
Lai u tzolan katun lukci ti cab ti yotoch Nonoual cánte anilo Tutul Xiu ti chikin Zuiná, u luumil u talelob Tulapan chiconahthan.
C’est ici la série des époques écoulées depuis que s’enfuirent les quatre Tutul Xiu de la maison de Nonoual[1], étant à l’ouest de Zuinà, et vinrent de la terre de Tulapan[2].
XIII 481 XI 501 IX 521 VII 541 V 561 III 581 I 601 XII 621 X 641 VIII 661
Cánte bin ti katun lic u ximbalob ca uliob uaye yetel Holon-Chan-Tepeuh yetel u cuchulob: ca hokiob ti petene Uaxac Ahau bin yen cuchi, Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, can-kal haab ca-tac hunppel haab. Tumen hun piztun Oxlahun Ahau cuchie ca uliob uay ti petene, can-kal haab ca-tac hunppel haab tu pakteil yete cu xinbalob lukci tu luumilob ca talob uay ti petene Chacnouitan lae.
Quatre époques s’écoulèrent depuis qu’ils se mirent en marche avant d’arriver par ici avec Holon-Chan-Tepeuh[3] et ses compagnons: avant d’atteindre cette péninsule[4], le Huit Ahau s’était passé, le Six Ahau, le Quatre Ahau, le Deux Ahau, quatre-vingt et un ans[5]. Car le premier point de la pierre du Treize Ahau[6] s’écoula avant qu’ils arrivassent à cette péninsule, quatre-vingt et un ans qu’ils tardèrent dans leur marche, depuis le départ de leur terre jusqu’à cette péninsule de Chacnouitan (an 482).
VI 681
Uaxac Ahau, Uac Ahau, Cabil Ahau.
Huit Ahau, Six Ahau[7], Deux Ahau.
IV 701 II 721 XIII 741 XI 761 IX 781
Kuchci Chacnouitan Ahmekat Tutul Xiu; hunppel haab minan ti ho-kal haab cuchi yanob Chacnouitan lae. Laitun uchci u chicpahal tzucuble Ziyan-Caan, lae Bakhalal.
Ahmekat Tutul Xin arrive en Chacnouitan[8]; un an manquait aux cent ans[9] qu’ils avaient été en Chacnouitan (c’est-à-dire à l’an 581). En ce temps-là eut lieu la conquête de la province de Ziyan-Caan, qui est celle de Bakhalal[10].
VII 801 V 821 III 841 I 861 XII 881
Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, ox-kal haab cu tepalob Ziyan-Caan, ca emob uay lae. Lai u haabil cu tepalob Bakhalal, chuulte laitun chicpahi Chichen-Ytza lae.
Quatre Ahau[11], Deux Ahau, Treize Ahau, soixante ans qu’ils gouvernèrent en Ziyan-Caan, depuis qu’ils y étaient descendus (de l’an 701 à l’an 761). C’est en ces années, durant lesquelles ils gouvernèrent à Bakhalal, que l’on marque le temps de la conquête de Chichen-Ytza[12].
X 901 VIII 921
Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau.
Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau[13].
VI 941 IV 961 II 981 XIII 1001 XI 1021 IX 1041
Uac-kal haab cu tepalob Chichen-Ytza, ca paxi Chichen-Ytza, ca binob cahtal Chanputun ti yanhi u yoto-chob Ah-Ytzaob, kuyen uincob lae. Uac Ahau chucuc u luumil Chanputun.
Depuis six vingt ans ils dominaient à Chichen-Ytza, lorsque Chichen-Ytza fut ruiné (de l’an 761 à l’an 881). Alors ils allèrent à Chanputun[14], où les Ytzas, hommes saints (sacrificateurs?), avaient eu des demeures[15]. Au Six Ahau, ils prennent possession du territoire de Champoton (de l’an 941 à l’an 961)[16].
VII 1061 V 1081 III 1101 I 1121 XII 1141 X 1161 VIII 1181 VI 1201 IV 1221 II 1241 XIII 1261 XI 1281
Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau. Uaxac Ahau, paxci Chanputun; ox’ahun-kal haab cu tepalob tumenel Ytza uincob, ca talob u tzacle u yotochob tu caten, laixtun u katunil binciob Ah-Ytzaob yalan che, yalan aban, yalan ak ti numyaob lae. Uac Ahau, Can Ahau, ca-kal haab ca talob u heɔob yotoch tu caten ca tu zatahob Chakanputun.
Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau. Au Huit Ahau, Chanputun fut ruiné[17], deux cent soixante ans depuis que les hommes d’Ytza régnaient à Chanputun (de l’an 681 à l’an 941), après quoi ils sortirent de nouveau à chercher des demeures, et alors, durant plusieurs époques, les Ytzas errèrent, couchant dans les bois, entre les rochers et les herbes sauvages, souffrant de grandes privations[18]. Six Ahau, Quatre Ahau, soit quarante ans (de l’an 941 à l’an 981), après quoi ils eurent de nouveau des demeures fixes, depuis qu’ils avaient perdu Chanputun[19].
IX 1301 VII 1321 V 1341 III 1361 I 1381 XII 1401 X 1421
Lai u katunil Cabil Ahau u heɔci cab Ahcuitok Tutul Xiu Uxmal. Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau, Ho Ahau, Ox Ahau, Hun Ahau, Lahca Ahau, Lahun Ahau, lahun-kal haab cu tepalob yetel u halach uinicil Chichen-Ytza yetel Mayalpan.
C’est à l’époque Deux Ahau, qu’Ahcuitok Tutul-Xiu s’affermit à Uxmal (de l’an 981 à l’an 1001). Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau, Cinq Ahau, Trois Ahau, Un Ahau, Douze Ahau, Dix Ahau; deux cents ans qu’ils régnèrent avec les puissants seigneurs de Chichen-Ytza et de Mayapan (de l’an 981 à l’an 1181)[20].
VIII 1441 VI 1461 IV 1481 II 1501 XIII 1521 XI 1541 IX 1561
Lai u katunil Buluc Ahau, Bolon Ahau, Uuc Ahau. Uaxac Ahau, paxci u halach uinicil Chichen-Ytza, tumenel u kebanthan Hunac-Eel u halach uinicil Mayalpan ichpac. Can-kal haab ca-tac lahun piz haab tu lahun tun Uaxac Ahau cuchie, lai u haabil paxci tumenel Ahtzin-Teyut-Chan, yetel Tzuntecum, yetel Taxcal, yetel Pantemit Xuchu-Cuet, yetel Ytzcuat, yetel Kakaltecat, lay u kaba uinicilob lae nuctulob ah Mayapanob lae. Laili u katunil Uaxac Ahau, lai ca binob u pá ah-Ulmil Ahau, tumenel u uahal-uahob yetel ah-Ytzmal Ulil Ahau; lae oxlahun uuɔ u katunilob ca paxob tumen Hunac-Eel tumenel u ɔabal u naátob. Uac Ahau ca ɔoci, hun-kal haab ca-tac can lahun pizi.
Voici les époques de Onze Ahau, Neuf Ahau, Sept Ahau[21]. Au Huit Ahau, les puissants seigneurs de Chichen-Ytza furent ruinés pour avoir péché en paroles contre Hunac Eel, ce qui arriva à Chac-Xib-Chac de Chichen-Ytza, qui avait péché en paroles contre Hunac Eel, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan[22]. Quatre-vingts années et dix points à la dixième pierre du Huit Ahau s’étaient écoulés, et c’est là l’année (an 1191) où il fut vaincu par Ah-Tzinteyut-Chan, avec Tzuntecum, avec Taxcal, avec Pantemit Xuchu-Cuet, avec Itzcuat, avec Kakaltecat, et ce sont là les noms des seigneurs marquants de Mayapan[23]. C’est dans la même période du Huit Ahau (de l’an 1181 à l’an 1201) qu’ils allèrent attaquer le roi Ulmil, à cause de ses grands festins avec Ulil, roi d’Ytzmal[24]; ils avaient treize divisions de troupes, lorsqu’ils furent défaits par Hunac-Eel, par celui qui donne l’intelligence[25]. Au Six Ahau, c’en était fait, après trente-quatre ans (entre l’an 1201 et l’an 1221)[26].
Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, Oxlahun Ahau, Buluc Ahau. Chucuc u luumil ichpáa Mayalpan, tumenel u pach tulum, tumenel multepal ich cah Mayalpan, tumenel Ytza uinicob yetel ah-Ulmil Ahau lae.
Six Ahau, Quatre Ahau, Deux Ahau, Treize Ahau, Onze Ahau. Envahissement par les gens d’Ytza avec leur roi Ulmil[27] du territoire de la forteresse de Mayapan (de l’an 1201 à l’an 1221), à cause des fortifications du pays et parce qu’un gouvernement républicain dirigeait Mayapan.
Can-kal ca-tac oxppel haab, yocol Buluc Ahau cuchie paxci Mayalpan tumenel ah-Uitzil ɔul, Tancah Mayalpan.
Quatre-vingt-trois ans (se passent), et au commencement du Onze Ahau (de l’an 1281 à l’an 1301) Mayapan fut ruiné par les montagnards[28], qui se rendirent maîtres de Tancah de Mayapan[29].
Uaxac Ahau lay paxci Mayalpan lai u katunil Uac Ahau, Can Ahau, Cabil Ahau, lai haab ca yax mani Españoles u yaxilci caa luumi Yucatan tzucubte lae, oxkal haab pâxac ichpa cuchie.
C’est au Huitième Ahau que Mayapan fut ruiné[30]. Ce sont les époques du Six Ahau, du Quatre Ahau, du Deux Ahau, qui sont les années où arrivèrent pour la première fois les Espagnols[31], qui donnèrent depuis le nom de Yucatan à cette province. Soixante ans s’étaient écoulés depuis la ruine de la forteresse (an 1511-1517).
Oxlahun Ahau, Buluc Ahau, uchci maya-cimil ichpa yetel nohkakil: Oxlahun Ahau cimci Ahpulá uacppel haab u binel ma ɔococ u xocol Oxlahun Ahau cuchie, ti yanil u xocol haab ti likin cuchie, canil Kan cumlahi Pop, tu holhun Zip ca-tac oxppeli, Bolon Ymix u kinil lai cimi Ahpulá; laitun año cu ximbal cuchi lae ca oheltabac lay u xoc numeroil años lae 1536 años cuchie, ox-kal haab paaxac ichpá cuchi lae.
Au Treize Ahau, au Onze Ahau, il y eut de la peste avec de la petite vérole dans les châteaux[32]: au Treize Ahau, Ahpulá mourut[33], six ans manquant pour que le compte du Treize Ahau s’écoulât; le compte de l’année suivant à l’est et le Quatre Can commençant (le mois) Pop, ce fut au troisième mois Zip et au neuvième jour Ymix que mourut Ahpulá. Or, voici l’année où cela s’était passé, afin que son nombre correspondant soit connu: l’année 1536[34], soixante ans après que la destruction de la forteresse avait eu lieu[35].
Laili ma ɔococ u xocol Buluc Ahau lae lai ulci españoles kul uincob ti likin u talob ca uliob uay tac luumil lae Bolon Ahau hoppel Cristianoil uchci caputzihil: laili ichil u katunil lae ulci yax obispo Toroba u kaba.
Mais, avant que se fût terminé le compte du Onze Ahau, arrivèrent les Espagnols, et des hommes saints[36] vinrent avec eux quand ils touchèrent cette terre. Au Neuf Ahau, commença le christianisme et l’avénement du baptême: c’est durant cette période qu’arriva le nouvel évêque, dont le nom est Toral.[37]
NOTES
[1] Les Tutul Xiu, dont il est parlé dans toutes les histoires du Yucatan, sont évidemment les chefs d’une maison de la race nahuatl, établie dans le royaume de Tulan ou Tulhá, dont le siége parait avoir existé dans la vallée d’Ococingo, au nord-est de Ciudad-Real de Chiapas (San Cristobal). Cette maison portait apparemment le nom de Nonoual qu’on lui donne ici, d’où viendrait peut-être celui de Nonohualco ou Onohualco, comme le dit mal-à-propos Clavigero, et que les Mexicains donnaient à la côte yucatèque, située entre Xicalanco et Champoton. Nonoual ne serait-il pas une altération de Nanaual ou Nanahuatl qui joue un si grand rôle dans les traditions antiques?
[2] Stephens, d’après Pio Perez dit Zuiná que je laisse ici; cependant, il se pourrait que ce fût une erreur du copiste ou d’impression, au lieu de Zuiva qu’on trouve fréquemment dans le Livre sacré des Quichés et dans le Manuscrit Cakchiquel, uni à celui de Tulan, identique avec Tulapan dont il est question ici et qui indiquait la capitale du royaume de Tula, comme Mayapan indique la capitale du Maya.
[3] Holon est un mot qui appartient également à la langue maya, au tzendal et à ses dialectes; il signifie ce qui domine, ce qui est au-dessus et peut se prendre ici comme un titre et comme un nom. Chan appartient au nahuatl et au tzendal, mais dans deux sens fort distincts; dans la première langue il signifie maison, demeure; dans la seconde serpent, qui en maya se dit can. Tepeuh est nahuatl, il signifie mot à mot le maître, le chef de la montagne; c’est un titre souverain dans le quiché.
[4] Le mot maya est peten qu’on traduit par île, mais que les Mayas appliquaient en général à toutes les terres environnées d’eau, en partie, car ils savaient fort bien que leur pays était une péninsule.
[5] Il y a plusieurs manières de calculer ces époques. Landa, Cogolludo et les auteurs anciens, corroborés par les preuves historiques et chronologiques qu’ils apportent, ne leur donnent que vingt ans. Je crois qu’ils sont dans le vrai, et c’est d’après leur sentiment que j’ai réglé ce document chronologique, en plaçant les chiffres des Katun à côté du texte maya, et celui des années correspondantes de l’ère chrétienne vulgaire au français. En note, ainsi que Pio Perez l’avait fait lui-même en le donnant à Stephens, je mets les années correspondantes, d’après lui, aux Katun et dans le calcul desquels il me semble qu’il s’est glissé quelques erreurs, en outre de sa manière de voir, en leur assignant 24 ans au lieu de 20: le lecteur pourra aisément les vérifier lui-même. Suivant Pio Perez, les années écoulées durant le voyage des Tutul Xiu sont de l’an 144 à l’an 217.—Celle que nous trouvons en calculant les Katun à 20 ans chaque, s’accorde davantage avec l’époque assignée par Ixtlilxochitl à la défaite des Toltèques, et leur émigration de leur capitale à la fin du IVᵉ siècle.
[6] Piz-tun, pierre mesurée, dit le texte, c’est-à-dire la marque qui signalait chaque année du Katun.
[7] L’auteur anonyme de ce document ou le copiste passe ici le IV Ahau, comme il a passé les huit Ahaus précédents et comme il en passe d’autres plus loin; ce qui cause parfois une certaine confusion: aussi est-ce pour cela que j’ai placé les chiffres des Ahaus en colonne à côté du texte maya, suivant l’ordre de la série.
[8] Chacnouitan parait avoir été le nom antique de la partie du Yucatan qui s’étendait entre le royaume d’Acallan, au sud-est de la lagune de Terminos, et le pays voisin de Bacalar, au sud-est de la péninsule.
[9] Les faits historiques sont souvent placés dans ce document à la suite d’une série d’Ahaus, dont les années sont postérieures à celles de ces faits même. C’est ce que le contexte fait comprendre encore ici.—Pio Perez marque ici l’époque d’Amekat Tutul-Xiu, de l’an 218 à l’an 360.
[10] Ziyan-Caan, littéralement limite ou commencement du ciel; cette province s’appelait de Chectemal au temps de la conquête. Bak-halal, c’est-à-dire enceinte de bambous, nom qui devait convenir à cette ville, située probablement au bord de la lagune près de laquelle fut bâtie depuis Salamanca de Bacalar.
[11] Le IV Ahau passé sous silence un peu plus haut, paraît ici avec ceux qui le suivent.
[12] Pio Perez marque ici les années écoulées entre la conquête de Bacalar et celle de Chichen-Itza, de l’an 360 à l’an 432. Les Tutul-Xius auraient-ils succédé à Chichen, aux Itzas qui lui donnèrent leur nom et dont les deux princes furent assassinés après le départ ou la mort de celui qui était le chef des trois? c’est ce que ce document laisse entrevoir. On voit ici que les adhérents de ces princes s’étaient retirés à Champoton à la suite de cet événement, ce que Landa omet de faire connaître; mais il nous parle de Kukulcan qui serait arrivé dans cette ville après les Itzas et qui aurait calmé les troubles. La présence de Kukulcan, symbole, dieu ou chef d’une secte nahuatl, rattacherait l’introduction de sa religion à l’arrivée des Tutul Xius. Conf. la Relation de Landa, plus haut, pages 32 et 34.
[13] Suivant Pio Perez de l’an 432 à l’an 576.
[14] On ne voit pas par quelle suite d’événements les Tutul-Xius, après avoir été maîtres de Chichen-Itza durant cent vingt ans, auraient été forcés de quitter cette ville, à moins que la religion, dont les Itzas étaient les représentants, n’ait alors repris le dessus.
[15] La comparaison de ce document avec les faits rapportés par Landa, donnerait à penser que cet écrivain reçut d’un membre de la famille des Tutul Xius la plus grande partie de ses renseignements, tandis que le document conservé par Pio Perez paraîtrait avoir une origine itza.
[16] On ne voit pas ce que deviennent les Tutul Xius entre le XII et le VI Ahau: il est probable, toutefois, que c’est l’époque où ils cherchèrent à se concilier les princes et le peuple de Mayapan, ainsi que le raconte Landa, p. 41 et suiv.; c’est alors qu’ils commencèrent à se fortifier dans la montagne entre Mani, Uxmal et Maxcanú, d’où ils parvinrent sans doute à s’étendre ensuite jusqu’à Champoton, lors de la révolution qui renversa le trône des Cocomes à Mayapan.
[17] Pio Perez place ces époques entre les années 576 et 888. Mais ne commettrait-il pas une erreur dans son commentaire en mettant en scène les Tutul Xius? Il semble bien, d’après le texte maya, qu’il s’agit ici des Itzas, chassés par eux de Champoton, où ils avaient eu leurs demeures depuis qu’ils avaient dù abandonner Chichen, en 681, devant les progrès des Tutul Xius.
[18] Pio Perez omet de traduire ici le détail des souffrances des Itzas durant leur vie nomade dans les déserts. Les années correspondantes à ces époques sont, d’après lui, de l’an 888 à l’an 936.
[19] Où les Itzas trouvèrent-ils alors des demeures fixes? c’est ce que le texte ne dit pas; mais il laisse entrevoir qu’ils retournèrent alors à Chichen et qu’ils y raffermirent leur puissance. Quant au mot Chanputun ou Champoton, on le trouve ici orthographié d’une manière tout à fait différente dans le texte maya; il y a Chakanputun. Serait-ce le nom original?
[20] On reconnaît ici le système fédéral des Toltèques et l’influence manifeste des institutions de cette race, représentée par des Tutul Xius; il y a trois États, associés par un pacte politique, celui d’Uxmal qui a pour chefs les Tutul Xius, celui de Chichen-Itza gouverné par les Ulmil, et celui de Mayapan où ne régnaient probablement déjà plus les Cocomes, mais, autant qu’on peut le deviner, un prince de race étrangère; car, ainsi qu’à celui d’Uxmal, le texte donne le titre de halach-uinicil, et, à ceux de Chichen et d’Izamal, le titre supérieur d’Ahau ou roi.—D’après le calcul de Pio Perez, cette fédération commence à l’an 936 et dure jusqu’en 1176, c’est-à-dire deux cent quarante ans, tandis qu’il dit lui-même clairement dans le texte maya et dans la traduction anglaise de Stephens que ce fut une période de deux cents ans. Durant cette période, les trois rois fédérés furent souvent en guerre, comme on le voit ici et dans le texte de Landa. Conf. pag. 48 et suiv.
[21] Le texte signale ici les Katun XI, IX et VII; il passe le V, III, I, XII et X, pour arriver au VIII, où il y donne la défaite de Chac-Xib-Chac, prince de Chichen.
[22] Hunac-Eel (peut-être Huna-Ceel) est appelé dans le texte u halach uinicil Mayalpan ichpac, le puissant seigneur de la forteresse de Mayapan (halach uinicil, vraie humanité, est intraduisible), en opposition avec le titre d’Ahau donne aux rois de Chichen et d’Izamal; ce qui semble annoncer une origine étrangère. Mayapan, qui continue comme forteresse, était peut-être restée au pouvoir des légions de race nahuatl, introduites par les Cocomes, suivant Landa: ce qui confirmerait cette supposition, c’est la liste des six ou sept grands officiers, commandant les troupes mayapanèques, dont les noms sont à peu près tous d’origine nahuatl.
[23] Cette période de Katuns est comptée par Pio Perez entre les années 1176 et 1258.
[24] De 1258 à 1272, suivant Pio Perez.—Le texte maya dit ici Ah Ulmil Ahau, qui me paraît signifier le roi de la maison ou des Ulmil; Ulmil serait donc plutôt un nom patronymique qu’un nom de personne. Stephens, d’après Pio Perez, dit que la guerre le fit contre Ulmil, à cause de ses querelles avec Ulil, roi d’Izamal: le texte me semble dire le contraire, et, au lieu de querelles, je crois qu’il faut lire, à cause de ses festins ou des fêtes qu’il célébrait en commun avec Ulil.
[25] Stephens, d’après Pio Perez, passe sous silence les mots tumenel u ɔabal u naatob, qui suivent le nom de Hunac-Eel, lesquels me semblent signifier par celui qui accorde les dons de l’intelligence.
[26] Cette guerre qui avait commencé au VIII Ahau (entre 1181 et 1201) termine dans l’Ahau suivant (entre 1201 et 1221).
[27] Durant ce même VIII Ahau, le même roi du Chichen ou un autre de la même famille, profitant des troubles qui régnaient sans doute à Mayapan, envahit le territoire de cette ville. Ce qui paraît bien étrange ici, c’est le motif de cette invasion, c’est que Mayapan, sous les chefs de race nahuatl qui y dominaient, avait inauguré le gouvernement républicain. On voit, du reste, des traces de révolutions analogues au Quiché, presque vers la même époque. Voir mon Hist. des nations civilisées du Mexique, etc., tom. II, liv. ii, chap. 8, et le Livre sacré, pag. 325.
[28] Ces montagnards Ah-Uitzil, d’où venaient-ils? Nul ne le dit. Mais l’analogie du nom avec celui des Quichés, car quiche et uitzil sont identiques étymologiquement, semblerait annoncer une invasion venue de Guatémala qui n’en est, d’ailleurs, pas excessivement éloigné. Quelques mots dans le Livre sacré donneraient à penser que l’envahisseur aurait été le roi Gucumatz. Conf. Livre sacré, pag. 314.
[29] Tancah paraît avoir été la ville qui aurait succédé à Mayapan et bâtie, peut-être, sur une partie de ses ruines, après la révolution qui en avait chassé les Cocomes.—Pio Perez, dans Stephens, assigne ces époques entre l’an 1272 et l’an 1368, date, dit-il, de la destruction de Mayapan. La date suivante est de 1368 à 1392.
[30] Le VIII Ahau-Katun commence à l’an 1441 et termine à l’an 1461; c’est celui durant lequel tombe la destruction définitive, c’est-à-dire l’abandon de Mayapan, d’après ce document, que Landa fixe à cent vingt-cinq ans avant l’époque où il écrivait, environ l’an 1487 de notre ère.
[31] Une nouvelle preuve de l’incurie avec laquelle Pio Perez a fait le calcul des Katuns de ce document, c’est qu’il fixe ici la période à la fin de laquelle arrivèrent, pour la première fois, les Espagnols entre les années 1392 et 1488. L’Amérique n’était pas encore découverte: les événements dont il s’agit ici sont des années 1511-1517.
[32] La petite vérole avait été apportée par les Espagnols; quant à la perte en question ici, Conf. plus haut, pag. 62. Le mot ichpaa, qui est ici pour château ou forteresse, prouve que les grands édifices du Yucatan étaient encore en partie habités à cette époque.
[33] On ne dit pas qui était Ahpulà; mais pour que sa mort ait fait ici l’objet d’une date, il doit avoir été un personnage important parmi les Mayas, au moment de la conquête.
[34] Pio Perez fait mourir Ahpulà, suivant son commentaire, à l’an 1473, tandis que le document maya, texte et traduction, la fixe avec raison à l’an 1536, ce qui, avec les dates données par Landa, lève presque tous les doutes.
[35] Le document reparle ici de la ruine de Mayapan, en assignant à cet événement une antériorité de soixante ans au temps de la conquête: ce chiffre, répété deux fois, et à deux époques assez éloignées l’une de l’autre, semblerait annoncer une incorrection dans le texte où, au lieu d’ox-kal, trois-vingts, il faudrait lire probablement can-kal, quatre-vingts.
[36] Il s’agit ici des religieux qui, avec Landa, prêchèrent la doctrine chrétienne aux Mayas et commencèrent à les baptiser.
[37] Voir plus haut, pages 53 et 59.
ÉCRIT DE FRÈRE ROMAIN PANE DES ANTIQUITÉS DES INDIENS, QU’IL A RECUEILLIES AVEC SOIN EN HOMME QUI SAIT LEUR LANGUE, PAR ORDRE DE L’AMIRAL[1].
Moi, frère Romain, pauvre ermite de l’ordre de Saint-Jérôme, j’écris, par ordre de l’illustre seigneur amiral et vice-roi, gouverneur des îles et de la terre-ferme des Indes, ce que j’ai pu apprendre et savoir de la croyance et de l’idolâtrie des Indiens, comme aussi ce qui a rapport à leurs dieux. De quoi je traiterai maintenant dans le présent écrit. Chacun, en adorant les idoles qu’ils ont chez eux, appelées Cemi[2], observe une manière et des superstitions particulières. Ils reconnaissent qu’il y a dans le ciel comme un être immortel, que personne ne peut voir; qu’il a une mère et qu’il n’a pas de principe, et ils l’appellent Io cahuva, Gua-Maorocon[3], et ils appellent sa mère Atabei, Iermao, Guacarapito et Zuimaco, qui sont cinq noms[4]. Ceux dont j’écris ces choses sont de l’île Espagnole; car des autres îles, je ne sais rien, ne les ayant jamais vues. De la même manière, ils savent de quel côté ils vinrent, d’où le soleil et la lune eurent leur origine, comment se fit la mer et en quel lieu vont les morts. Ils croient aussi que les morts leur apparaissent dans les chemins, lorsque l’un d’eux va seul; c’est pourquoi ils ne leur apparaissent point, quand plusieurs vont ensemble. Ce sont leurs aïeux qui leur ont fait croire tout cela: bien qu’ils ne sachent pas lire ni compter plus loin que dix.
CHAPITRE I. De quel côté sont venus les Indiens et de quelle manière.—L’île Espagnole a une province nommée Caanau, dans laquelle il se trouve une montagne qui s’appelle Canta, où il y a deux grottes, l’une dite Cacibagiagua et l’autre Amaiauua[5]. De Cacibagiagua sortit la plus grande partie des gens qui peuplèrent l’île. Ceux-ci se trouvant dans ces grottes, on y faisait de nuit la garde, et le soin en était commis à un qui s’appelait Marocael[6]; mais on dit qu’ayant tardé un jour à venir à la porte, le soleil l’enleva. Voyant donc que le soleil l’avait enlevé, à cause de sa mauvaise garde, ils lui fermèrent la porte, et ainsi il fut transformé en pierre auprès de la porte. On dit que quelques-uns étant ensuite allés pêcher furent pris par le soleil, et ils devinrent des arbres, appelés par eux Iobi, et d’une autre manière, ils les nomment Myrabolaniers[7].
La raison pour laquelle Marocael veillait et faisait la garde, c’était pour regarder de quel côté il voulait envoyer ou répartir le monde; et il paraît qu’il tarda trop pour son malheur.
CHAPITRE II. Comment les hommes se séparèrent des femmes.—Il arriva que l’un qui avait pour nom Guagugiona, dit à un autre qui s’appelait Giadruuaua[8] d’aller cueillir une herbe, dite le Digo, avec quoi ils se nettoient le corps, quand ils vont se laver. Celui-ci y alla avant le jour et le soleil l’enleva dans le chemin, et il devint un oiseau qui chante le matin comme le rossignol, et qui se nommait Giahuba Bagiael[9]. Guagugiona voyant que celui qu’il avait envoyé cueillir l’herbe Digo ne retournait point, se résolut à sortir de ladite grotte de Cacibagiagua.
CHAPITRE III.—Guagugiona, indigné de voir que ceux qu’il avait envoyés pour cueillir le digo avec lequel il voulait se laver, ne revenaient point, dit aux femmes: Laissez vos maris et allons-nous-en à d’autres pays et nous y porterons beaucoup de joyaux. Laissez vos enfants et emportons seulement l’herbe avec nous, et nous retournerons ensuite pour eux.
CHAPITRE IV.—Guagugiona partit avec toutes les femmes et s’en alla, cherchant d’autres pays; il arriva à Matinino[10] où il laissa aussitôt les femmes, et s’en alla dans une autre région nommée Guanin. Or, ils avaient laissé les petits enfants auprès d’un ruisseau. Mais ensuite lorsque la faim commença à les incommoder, on dit qu’ils se mirent à pleurer, appelant leurs mères qui étaient parties, et les pères ne pouvaient calmer leurs enfants, appelant leurs mères, à cause de la faim, en disant mama, pour parler, quoique en réalité ce fût pour demander le sein. Et tout en pleurant ainsi et en demandant le sein, disant too, too, comme celui qui demande quelque chose avec grande ardeur et beaucoup de constance, ils furent transformés en petits animaux, en manière de nains qu’on nomme Tona, à cause des cris qu’ils faisaient pour le sein; et de cette manière tous les hommes restèrent sans femmes[11].
CHAPITRE V.—Qu’ils s’en allèrent en quête de femmes une autre fois de l’île Espagnole, qui auparavant se nommait Aïti, et ainsi se nomment ses habitants[12]; et celles-ci et les autres îles, ils les nommaient Bouhi. Mais comme ils n’ont ni écriture ni lettres, ils ne peuvent rendre bon compte de la manière qu’ils ont entendu ces choses de leurs ancêtres; ils ne sont pas d’accord, d’ailleurs, sur ce qu’ils disent, et on ne peut écrire ce qu’ils racontent avec ordre. Dans le temps que Guahagiona[13] (Guahahiona) qui enleva toutes les femmes s’en allait, il emmena pareillement les femmes de son cacique qui se nommait Anacacugia[14], le trompant comme il avait trompé les autres; de plus Anacacugia, parent de Guahagiona qui s’en allait avec lui, entra dans la mer, et ledit Guahagiona étant dans le canot, dit à son parent: Attention que le beau Cobo est dans l’eau, lequel Cobo est le limaçon de mer. Et celui-là regardant l’eau pour voir le Cobo, Guahagiona son parent le saisit par les pieds et le jeta dans la mer; ainsi il prit toutes les femmes pour lui, laissant celles de Martinino où on dit qu’il n’y a que des femmes aujourd’hui pour lui; il s’en alla à une autre île qui s’appelle Guanin, et elle s’appela ainsi à cause des choses qu’il emporta de celle-ci en partant.
CHAPITRE VI.—Que Guahagiona retourna à la dite (montagne de) Canta d’où il avait enlevé les femmes.—On dit qu’étant dans la région où il était allé, Guahagiona vit qu’il avait laissé une femme dans la mer, et il en eut une grande jouissance; mais aussitôt après il chercha un grand nombre de baigneurs pour se faire laver, étant couvert de ces ulcères que nous appelons le mal français[15]. Ceux-là le mirent donc dans une Guanara, ce qui veut dire endroit retiré[16], et ainsi étant là, il guérit de ses ulcères. Elle lui demanda ensuite la permission de s’en aller en son chemin et il la lui donna. Cette femme s’appelait Guabonito[17], Guahagiona changea son nom et se nomma dorénavant Biberoci Guahagiona[18]. Et la femme Guallonito[19] donna à Biberoci Guahagiona beaucoup de Guanins et de Ciba, afin qu’il les portât liés aux bras; car dans ces pays les Colecibi sont des pierres qui ressemblent beaucoup au marbre et ils les portent liés aux bras et au col, et les Guanins ils les portent aux oreilles, en s’y faisant des trous, quand ils sont petits; ils sont de métal, à peu près de la grandeur d’un florin[20]. Le commencement de ces Guanins furent, disent-ils, Guabonito, Albeborael, Guahagiona et le père d’Albeborael[21]. Guahagiona resta dans le pays avec son père qui se nommait Hiauna; son fils, du côté du père, s’appelait Hia-Guaili-Guanin, ce qui veut dire fils de Hiauna[22]; et dorénavant il s’appela Guanin, et il s’appelle ainsi aujourd’hui. Mais comme ils n’ont ni lettres ni écriture, ils ne savent pas bien raconter ces sortes de fables et je ne puis les écrire bien. Je crois que je mettrai le commencement où devrait être la fin et la fin au commencement. Mais tout ce que j’écris est ainsi raconté par eux, juste comme je l’écris, et ainsi je le développe comme je l’ai entendu de ceux du pays.
CHAPITRE VII.—Comment il y eut encore une fois des femmes dans cette île de Haïti, et qui se nomme l’Espagnole.—Ils disent qu’un jour les hommes étaient allés se baigner: tandis qu’ils étaient dans l’eau, il pleuvait beaucoup, et ils étaient fort désireux d’avoir des femmes; et souvent, quand il pleuvait, ils étaient allés chercher les traces de leurs femmes. Ils ne pouvaient avoir d’elles aucune nouvelle; mais ce jour-là, on dit qu’en se baignant, ils virent tomber de quelques arbres, se laissant couler le long des branches, certaines formes de personnes qui n’étaient ni hommes ni femmes et qui n’avaient le sexe ni du mâle ni de la femelle. Ils allèrent donc pour s’en emparer; mais ces êtres s’enfuirent comme s’ils eussent été des aigles[23]. C’est pourquoi ils appelèrent, par ordre de leur cacique, deux ou trois hommes, puisqu’ils ne pouvaient s’en emparer eux-mêmes, afin qu’ils observassent combien elles[24] étaient, et qu’ils cherchassent pour chacune un homme qui fût Caracaracol, parce que ceux-ci avaient les mains âpres, et de cette façon ils tenaient bien ce qu’ils prenaient. Ils rapportèrent au cacique qu’il y en avait quatre, et ainsi ils conduisirent quatre hommes, qui étaient Caracaracols; le Caracaracol étant une maladie comme la gale qui rend le corps fort âpre[25]. Après qu’ils s’en furent emparés, ils tinrent conseil entre eux sur ce qu’ils pourraient faire pour que ce fussent des femmes; puisque ces êtres n’avaient le sexe du mâle ni de la femelle.
CHAPITRE VIII.—De quelle manière ils trouvèrent le moyen à ce que ce fussent des femmes.—Ils cherchèrent un oiseau qui s’appelait Inriri, anciennement dit Inrire Cahuuaiel, lequel fore les arbres, et dans notre langue s’appelle Pico[26]. De la même manière ils prirent ces femmes sans sexe de mâle ni de femelle, leur lièrent les pieds et les mains, et s’étant saisis de l’oiseau susdit, le leur amarra au corps: celui-ci croyant que c’étaient des pièces de bois, commença à faire son travail habituel, becquetant et trouant à l’endroit où d’ordinaire doit se trouver le sexe des femmes. C’est de cette manière, disent les Indiens, qu’ils eurent des femmes, à ce que racontent les plus anciens. Comme j’ai écrit à la hâte et que je n’avais pas suffisamment de papier, je n’ai pu mettre à sa place ce que par erreur je portai ailleurs; mais, somme toute, je n’ai pas erré, parce qu’eux croient le tout, de la même manière que cela est écrit. Retournons maintenant à ce que nous avions à mettre d’abord, c’est-à-dire leur opinion concernant l’origine et principe de la mer.
CHAPITRE IX. Comment ils disent que se fit la mer.—Il y avait un homme nommé Giaia, dont ils ne savent pas le nom[27]: et son fils se nommait Giaiael, ce qui veut dire fils de Giaia; lequel Giaiael voulant tuer son père, celui-ci l’envoya en exil dans un lieu, où il resta exilé quatre mois; après quoi son père le tua et mit ses os dans une calebasse et l’attacha au toit de sa maison, où elle demeura suspendue quelque temps. Il arriva qu’un jour désirant voir son fils, Giaia dit à sa femme: Je veux voir notre fils Giaiael, et celle-ci en fut contente; ayant descendu la calebasse, il la renversa pour voir les os de son fils, et il en sortit une multitude de poissons grands et petits[28], sur quoi voyant que les os s’étaient transformés en poissons, ils délibérèrent de les manger. Un jour donc qu’ils disent que Giaia était allé à ses conico, c’est-à-dire aux biens qui étaient de son héritage, vinrent quatre fils d’une femme qui s’appelait Itaba-Tahuuana, tous quatre d’une portée et jumeaux; laquelle femme étant morte dans l’enfantement, on l’ouvrit et on en retira lesdits quatre fils; et le premier qu’on en sortit fut Caracaracol, qui veut dire galeux, lequel Caracaracol eut pour nom..... les autres n’avaient point de nom.
CHAPITRE X.—Comme les quatre fils jumeaux d’Itaba-Tahuuana, qui était morte en couches, allèrent pour mettre ensemble la calebasse de Giaia où était son fils Agiael[29] qui s’était transformé en poissons; mais aucun d’eux n’eut la hardiesse de la prendre, excepté Dimivan Caracaracol[30] qui la détacha. Et tous se rassasièrent de poisson: et pendant qu’ils mangeaient, ils entendirent Giaia qui revenait de ses domaines; et voulant dans leur précipitation suspendre la calebasse, ils ne l’attachèrent pas bien, de manière qu’elle tomba à terre et se brisa. Ils disent que l’eau qui sortit de cette calebasse fut si abondante, qu’elle remplit toute la terre, et avec cette eau sortit une multitude de poissons; de là ils tiennent que la mer eut son origine[31]. Ceux-là partirent ensuite de là et trouvèrent un homme qui se nommait Con-el, lequel était muet[32].
CHAPITRE XI.—Des choses qui passèrent aux quatre frères, lorsqu’ils s’en allèrent fuyant de Giaia.—Aussitôt qu’ils arrivèrent à la porte de Bassa-Manaco, et qu’ils entendirent qu’il portait du cassabi[33], ils dirent, Ahiacauo Guarocoel, c’est-à-dire connaissons celui qui est notre aïeul. De même Demivan Caracaracol, voyant ses frères devant lui, entra au dedans pour voir s’il pouvait avoir quelque cassabi; lequel cassabi est le pain qui se mange dans le pays. Caracaracol étant entré dans la maison d’Aiamauaco[34], lui demanda du cassabi, qui est le pain susdit; et celui-ci se mit la main au nez et lui lança un guanguio[35] aux épaules; lequel guanguio était rempli de cogioba qu’il avait fait pour ce jour; laquelle cogioba est une certaine poudre que ces gens-ci prennent quelquefois pour se purger et pour d’autres effets que vous comprendrez ensuite. Ils la prennent avec une canne longue de la moitié d’un bras, qu’ils se mettent au nez par un bout et l’autre dans la poudre, et ainsi ils l’aspirent par le nez, et cela les fait purger généralement. Et ainsi il lui donna ce guanguio pour du pain et...... le pain qu’il faisait; mais il se retira fort indigné parce qu’ils le lui demandaient[36].
Caracaracol, après cela, s’en retourna vers ses frères, et leur raconta ce qui lui était arrivé avec Baiamanicoel[37], en leur faisant part du coup qu’il lui avait donné avec le guanguio sur l’épaule, et qui lui faisait beaucoup de mal. Alors les frères regardèrent l’épaule et virent qu’il l’avait très-gonflée, au point qu’il était près de mourir. Là-dessus, ils cherchèrent à la couper, mais sans y réussir: et prenant une manaia de pierre, ils la lui ouvrirent, et ainsi il en sortit une tortue femelle vivante[38]; et de cette manière ils fabriquèrent leur maison et ils prirent soin de la tortue. De ceci je n’ai pas entendu autre chose et il y a peu à tirer de ce nous avons écrit. Ils disent en outre que le soleil et la lune sortirent d’une grotte qui est dans le pays d’un cacique, appelé Mancia Tiuuel; laquelle grotte s’appelait Giououana et pour laquelle ils avaient une grande estime[39]. Ils la tiennent en totalité peinte à leur manière, sans aucune figure, mais avec beaucoup de feuillages et d’autres choses semblables: dans cette grotte, il y a deux Cimin, faits de pierre, petits, de la grandeur de la moitié du bras, les mains liées, et il semble qu’ils soient dans l’action de suer. Ils ont une grande estime pour ces Cimin, et quand il ne pleuvait point, ils disent qu’ils entraient là pour les visiter et qu’aussitôt il pleuvait. Or de ces deux Cimin l’un est appelé par eux Boinaiel et l’autre Maroio[40].
CHAPITRE XII.—De ce que ces gens-ci pensent au sujet des morts qui vont errants, et de quelle manière ils sont et ce qu’ils font.—Ils sont persuadés qu’il y a un lieu où vont les morts, qui se nomme Coaibai, et qu’il existe dans une partie de l’île appelée Soraia[41]. Le premier qui se trouva en Coaibai fut, disent-ils, un qui se nommait Machetaurie Guaiana, qui était seigneur dudit Coaibai, maison et demeure des morts[42].
CHAPITRE XIII. De la forme qu’ils disent qu’ont les morts.—Ils disent que de jour ils restent enfermés, et qu’ils vont promener la nuit; et qu’ils mangent d’un certain fruit nommé Guabaza, lequel a le goût de...... qui le jour sont...... et qui la nuit se changent en fruit, et que les (morts) en font un festin et se réunissent aux vivants. Or, pour les reconnaître, ils le font de cette manière, qu’ils lui touchent le ventre de la main, et que s’ils n’y trouvent pas l’ombilic, ils disent qu’il est operito, ce qui veut dire mort: c’est pour cela qu’ils disent que les morts n’ont pas d’ombilic. Et ainsi sont-ils quelquefois trompés, lorsqu’ils ne font pas attention à cela. Or s’ils se couchent avec quelque femme de celles de Coaibai, celles-ci, au moment où ils pensent les avoir entre les bras, s’évanouissent, et, à cause de cela, disparaissent en un moment. Voilà, quant à cela, ce qu’ils croient encore aujourd’hui. Quand une personne est en vie, ils appellent son esprit Goeiz et après la mort le nomment Opia: ils disent que ce Goeiz leur apparaît souvent sous la forme d’un homme ou d’une femme[43]; et ils ajoutent qu’il s’est trouvé des hommes qui ont voulu combattre avec lui, et qu’en venant aux mains, il disparaissait et que l’homme mettait ses bras ailleurs, sur quelque arbre auquel il demeurait attaché. C’est ce que tous croient en général, petits et grands, que l’esprit leur apparaît sous la forme du père, de la mère, des frères, ou des parents, ou sous d’autres formes. Le fruit qu’ils disent que mangent les morts, est de la grosseur d’une poire de coing. Ces morts ne leur apparaissent jamais de jour, mais constamment la nuit; aussi est-ce avec grande crainte que l’un ou l’autre se risque à sortir seul de nuit.
CHAPITRE XIV.—D’où ils tirent ces choses et qui les fait demeurer dans cette croyance.—Ce sont quelques hommes qui pratiquent (la médecine), parmi eux, appelés Bohuti, lesquels font beaucoup de fourberies, comme nous dirons plus loin, pour leur faire accroire qu’ils parlent avec eux et qu’ils savent tous leurs faits et secrets, et que quand ils sont malades, ils leur enlèvent la maladie: et ainsi ils les trompent. C’est de quoi j’ai vu une partie de mes propres yeux, comme des autres choses; je n’ai raconté que ce que j’ai entendu d’un grand nombre, particulièrement des principaux, avec lesquels j’ai pratiqué plus qu’avec d’autres; c’est pourquoi ceux-ci croient toutes ces fables avec plus de certitude que les autres. Quoi qu’il en soit, de même que les Maures, ils ont leurs lois réduites à des chants antiques, à l’aide desquels ils se gouvernent, ainsi que les Maures, comme si c’était par l’écriture. Et lorsqu’ils veulent chanter leurs chants, ils touchent d’un certain instrument qu’ils appellent Maiohauau[44], qui est de bois, concave et de beaucoup de force, léger, long d’un bras et large d’un demi-bras; et la partie où l’on touche est faite en forme de tenailles de maréchal-ferrant, et de l’autre côté (il a une ouverture oblongue; on frappe sur la première avec un bâton, terminé par une boule de gomme, lequel) est semblable à une massue; de telle manière, qu’elle ressemble à une citrouille au long col; et c’est là l’instrument qu’ils touchent. Or, il a un son si fort qu’on l’entend à une lieue et demie de loin; c’est à ce son qu’ils chantent leurs chants qu’ils apprennent par cœur: ceux qui en touchent sont les principaux d’entre eux, qui apprennent dès l’enfance à le toucher et à chanter en même temps, suivant leurs coutumes. Passons maintenant à la description d’un grand nombre d’autres choses et cérémonies et coutumes des gentils.
CHAPITRE XV.—Des observances de ces Indiens Buhu-itihu[45], et de quelle manière ils font profession de médecine et enseignent les gens; et dans leurs cures médicinales, souvent ils se trompent. Tous ou la plupart de ceux de l’ile espagnole ont un grand nombre de Cimi de différente sorte. L’un a les os de son père et de sa mère, de ses parents et de ses ancêtres, qui sont faits de pierre ou de bois. Et des deux sortes ils en ont beaucoup; les uns qui parlent, les autres qui font naître les choses qu’ils mangent; plusieurs qui font tomber la pluie, d’autres qui font souffler les vents. Ce sont toutes choses que ces pauvres ignorants croient que produisent ces idoles, ou pour mieux dire ces démons, ces gens-là n’ayant pas la connaissance de notre sainte foi. Quand quelqu’un est malade, ils lui amènent la Buhu-itihu, le médecin susdit. Le médecin est astreint à s’abstenir de la bouche, comme le malade lui-même, et à faire également le malade, ce qu’il fait de cette manière que vous allez entendre. Il faut donc qu’il se purge, comme le malade, et pour se purger, il prend d’une certaine poudre appelée Cohoba, en l’aspirant par le nez[46], laquelle l’enivre de telle sorte, qu’ils ne savent plus ce qu’ils font: et ainsi ils disent beaucoup de choses extrordinaires, dans lesquelles ils affirment qu’ils parlent avec les Cimi, et que ceux-ci leur disent que d’eux vient la maladie.
CHAPITRE XVI. De ce que font lesdits Buhu-itihu.—Lorsqu’ils vont visiter quelque malade, avant de sortir de leurs maisons, ils prennent de la vase du fond de leurs cruches ou du charbon pilé, et se noircissent tout le visage, pour faire croire au malade ce qu’il leur semble de sa maladie: ils prennent ensuite quelques petits os et un peu de viande, et, enveloppant le tout dans quelque chose, afin que rien ne puisse tomber, ils le prennent dans la bouche. Le malade étant déjà purgé avec la même poudre que nous avons dite, le médecin entre dans la maison; il commence par s’asseoir, et tous se taisent: s’il s’y trouve des enfants ils les envoient dehors, afin qu’ils ne mettent pas d’obstacle à l’office du Buhu-itihu, et il ne reste dans la maison qu’une ou deux des personnes principales. Or, se trouvant ainsi seuls, ils prennent quelques herbes de la Gioia.... grandes et une autre herbe, enveloppée dans la feuille d’un oignon, longue d’un demi-quartaut, et l’une des Gioia est de celles que tous prennent communément: les ayant broyées, ils en font une pâte avec les mains et puis se la mettent dans la bouche la nuit, pour vomir ce qu’ils ont mangé, afin que cela ne leur fasse pas de mal, et alors ils commencent à faire le chant susdit; et allumant une torche, ils prennent ce suc[47].
Cela fait d’abord, et s’étant tenu posé quelques instants, le Buhu-itihu se lève et s’avance vers le malade qui est assis seul au milieu de la maison, comme on l’a dit: il tourne deux fois à l’entour, suivant son plaisir; après quoi il se met devant lui, le prend par les jambes, le palpant aux cuisses, en descendant jusqu’aux pieds; puis il le tire avec force, comme s’il voulait détacher un membre de l’autre[48]: sur cela, il va au dehors de la maison dont il ferme la porte et lui parle, disant: Va-t-en à la montagne ou à la mer, ou bien où tu veux; et avec un souffle, comme qui souffle d’une sarbacane[49], il se retourne d’un autre côté, met ses mains ensemble, en fermant la bouche; et les mains lui tremblent comme d’un grand froid; il souffle sur ses mains et retire son haleine, comme on fait, en suçant la moelle d’un os, et aspire le malade au col, ou à l’estomac, aux épaules, ou aux joues, aux seins ou au ventre et en beaucoup d’autres parties du corps. Cela fait, il commence à tousser et à montrer un visage défait, comme s’il avait mangé quelque chose d’amer, et crache dans sa main. Il retire alors ce que nous avons dit qu’il s’était mis dans la bouche, étant dans sa maison, ou pendant le chemin, soit de la pierre, de l’os ou de la viande, comme on l’a dit. Et si c’est quelque chose qui se mange, il dit au malade: Fais attention que tu as mangé quelque chose qui t’a fait mal et que tu en souffres; regarde comme je te l’ai retiré du corps où ton Cemi l’avait mis, parce que tu ne l’avais pas prié, que tu ne lui avais érigé aucun autel, ou que tu ne lui avais donné aucun domaine.
Si c’est une pierre, il lui dit: Conserve-la bien soigneusement. Et quelquefois ils regardent comme certain que ces pierres sont utiles et qu’elles servent à faire accoucher les femmes: ils les gardent précieusement, enveloppées dans du coton, les plaçant dans de petits paniers, et leur donnent à manger de ce qu’ils mangent, et en usent de la même manière avec les Cimi qu’ils ont dans leurs maisons. Les grands jours de fête ils leur portent beaucoup à manger, comme du poisson, de la viande ou du pain, ou toute autre chose; ils mettent le tout dans la maison de Cimi, afin que la susdite idole en mange[50]. Le jour suivant ils emportent tous ces vivres chez eux, après que Cimi en a mangé. Et ainsi que Dieu les aide comme Cimi en mange et leur en donne d’autre, Cimi étant une chose morte, composée de pierre ou faite de bois.
CHAPITRE XVII. Comment les susdits médecins se sont trompés quelquefois.—Quand ensuite ils ont fait les choses susdites, et que, néanmoins, le malade vient à mourir, si le défunt a beaucoup de parents ou est seigneur de bourgades et s’il est puissant, il oppose de la résistance audit Buhu-itihu, ce qui veut dire médecin; car ceux qui peuvent peu, n’osent pas lutter contre ces médecins, et celui-là, s’il veut lui faire du mal, le fait ainsi[51]:
Voulant savoir si le malade est mort par la faute du médecin, ou si celui-ci n’a pas fait diète, comme il lui était ordonné, ils prennent une herbe appelée gueio, qui a les feuilles semblables à celles du basilic, grosses et larges, et qui autrement s’appelle aussi zachon. Ils prennent donc le suc de la feuille, coupent au mort les ongles et les cheveux du côté du front, les réduisent en poudre entre deux pierres et la mêlent avec le suc de l’herbe susdite, pour la donner ensuite à boire au mort, par le nez et par la bouche. Cela fait, ils demandent au défunt si le médecin est cause de sa mort et s’il a observé la diète. Ils lui demandent cela à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il parle aussi clairement que s’il était vivant, et qu’il vienne à répondre à tout ce qu’on cherchait à savoir de lui, en disant que le Buhu-itihu n’a pas observé la diète, qu’il a été cause de sa mort cette fois; et ils disent que le médecin lui demande s’il est vivant, puisqu’il parle si clairement, et il répond qu’il est mort.
Alors, dès qu’ils ont appris ce qu’ils voulaient, ils le remettent dans sa tombe, d’où ils l’avaient ôté, afin de savoir de lui ce que nous venons de dire.
Ils font encore ces choses d’une autre manière pour savoir ce qu’ils veulent. Ils prennent le mort et font un grand feu, semblable à celui avec lequel le charbonnier fait le charbon, et lorsque le bois est tout entier réduit en braise, ils jettent le défunt sur ce grand brasier, et le recouvrent de terre, de la même manière que le charbonnier recouvre le charbon, et l’y laissent aussi longtemps qu’il leur fait plaisir. Et celui-ci s’y trouvant ainsi, ils l’interrogent comme on a dit qu’ils faisaient pour l’autre, à quoi il répond qu’il ne sait rien. Là-dessus, ils l’interpellent dix fois; et après cela il ne parle plus. Ils lui demandent s’il est mort; mais il ne répond plus de ces dix fois.
CHAPITRE XVIII. De quelle manière les parents du mort se vengent lorsqu’ils ont reçu la réponse au moyen du breuvage.—Les parents du mort se réunissent un jour donné et attendent le Buhu-itihu, auquel ils donnent la bastonnade, lui brisant bras et jambes, lui rompant la tête, au point de le laisser à moitié pilé, et dans la persuasion de l’avoir tué. Mais la nuit, disent-ils, il vient une multitude de couleuvres de toute sorte, blanches, noires, vertes et de beaucoup d’autres couleurs, qui lèchent le visage et toutes les parties du corps audit médecin, qu’ils avaient laissé pour mort, comme nous venons de le dire. Celui-ci reste ainsi deux ou trois jours, et, tandis qu’il est dans cet état, les os des bras et des jambes, dit-on, reviennent à se joindre et à se souder; il se lève, chemine tout doucement et s’en retourne à la maison. Ceux qui le voient l’interrogent en disant: N’étais-tu pas mort? Mais il répond que les Cimins sont venus à son secours, sous formes de couleuvres. Les parents du défunt, qui croyaient avoir vengé sa mort, sont remplis de colère, en voyant l’autre vivant; ils se désespèrent, et travaillent à l’avoir une autre fois entre leurs mains, pour le faire mourir, et, s’ils y parviennent, ils lui arrachent les yeux et lui brisent les testicules; car ils disent que nul de ces médecins ne peut mourir, quelques coups et bastonnades qu’on lui donne, s’ils ne lui enlèvent les testicules.
Comment ils savent ce qu’ils veulent de celui qu’ils brûlent, et comment ils exercent leur vengeance.—Lorsqu’ils découvrent le feu, la vapeur qui en sort s’élève jusqu’à ce que ceux-ci la perdent de vue et qu’elle ait produit un bruit perçant en sortant de la fournaise. Elle retourne en bas et entre dans la maison du médecin Buhu-itihu, et à l’instant même celui-ci, s’il n’a pas observé la diète, tombe malade, se couvre d’ulcères, et voit tomber la peau de tout son corps: c’est le signe auquel ils reconnaissent que celui-ci ne s’est pas abstenu, et pourquoi le malade est mort. Tels sont donc les charmes dont ces gens ont coutume d’user.
CHAPITRE XIX. De quelle manière ils font et gardent les Cimi de bois ou de pierre.—Ceux de pierre se font de cette manière. Lorsque quelqu’un va en voyage, dit-on, et qu’il voit un arbre dont la racine remue, l’homme s’arrête avec terreur et lui demande qui il est. Et il lui répond: Je m’appelle Buhu-itihu, et cela te dit ce que je suis. Alors cet homme allant trouver le susdit médecin, lui dit ce qu’il a vu, et le sorcier ou devin court tout de suite voir l’arbre dont l’autre lui a parlé; il commence par s’asseoir auprès et lui fait cagioba, comme nous l’avons dit plus haut, dans l’histoire des quatre frères. La cagioba faite, il se lève sur les pieds; il lui dit tous les titres connus d’un grand seigneur et le questionne ainsi: Dis-moi qui tu es et ce que tu fais ici; ce que tu me veux, et pourquoi tu m’as fait appeler? Dis-moi si tu veux que je te coupe, ou si tu veux venir avec moi; comment tu veux que je te porte, et je te fabriquerai une maison avec son domaine. Alors, cet arbre ou Cimi, devenu idole ou diable, lui répond en lui disant la forme sous laquelle il veut qu’on le fasse. Il le coupe et le fait de la manière qui lui a été commandée. Il lui fabrique sa maison avec son domaine, et souvent, dans l’année, il lui fait la cagioba. Cette cagioba c’est pour lui faire la prière et pour lui plaire; pour lui demander et savoir du Cimi quelques-unes des choses en bien et en mal, comme aussi pour lui demander des richesses.
Mais s’ils veulent savoir s’ils remporteront la victoire sur leurs ennemis, ils entrent dans une maison dans laquelle il n’entre personne que les principaux d’entre les habitants: leur chef est le premier à faire la cagioba et sonne. Tandis qu’il fait la cagioba, aucun de ceux qui sont dans l’assemblée ne parle, jusqu’à ce que le chef ait terminé; mais, après qu’il a fini sa prière, il reste quelques instants, la tête baissée et les bras sur les genoux; ensuite il lève la tête, en regardant vers le ciel, et parle. Alors tous lui répondent à la fois à haute voix; et, quand tous ont parlé, lui rendant grâces, il raconte la vision qu’il a eue dans l’ivresse de la cagioba, qu’il a aspirée par le nez; il dit qu’il a parlé avec le Cimi, qu’ils remporteront la victoire, ou que leurs ennemis fuiront, ou qu’il y aura une grande mortalité, ou des guerres, ou une famine, ou autre chose de ce genre, suivant ce qu’il convient à celui qui s’est enivré de dire. Considérez comment est son esprit; car ils disent qu’il leur semble voir que les maisons tournent, avec leurs fondations, sens dessus dessous, et que les hommes marchent les pieds en l’air. Ils font également cette cagioba aux Cimi de pierre et de bois, comme aux corps morts, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
Les Cimi de pierre sont de diverses manières. Il y en a quelques-uns qu’ils disent que les médecins font avec le corps desséché (des morts), et les malades gardent ceux-ci qui sont meilleurs, pour faire accoucher les femmes enceintes. Il y en a d’autres qui parlent, qui sont de la forme d’un gros navet, aux feuilles étendues par terre comme les câpriers, et ces feuilles ont pour la plupart la forme de feuilles d’orme; d’autres ont trois pointes, et ils regardent comme certain qu’ils font naître la yuca. Ils ont des racines semblables au raifort. La feuille de la giutola (xutola) a tout au plus six ou sept pointes, et je ne sais à quoi je pourrais la comparer, car j’en ai vu quelques-unes qui lui ressemblent, en Espagne et en d’autres pays. La tige de la yuca est de la hauteur d’un homme. Parlons maintenant de la croyance qu’ils ont dans ce qui touche aux idoles et aux Cimi, et des grandes erreurs où il les font tomber.
CHAPITRE XX.—Du cimi Bugia (Buxa) et Aiba, qui, disent-ils, fut brûlé par eux, quand il eut des guerres, et à qui il crut des bras et une autre fois des yeux, et dont le corps grandit quand on l’eut lavé avec le jus de la yuca. La yuca était petite, et, avec l’eau et le jus susdit, ils la laissaient afin qu’elle devînt plus grosse: et ils affirment qu’elle donnait des maladies à ceux qui avaient fait ledit Cimi, pour ne pas lui avoir porté à manger de la yuca. Ce cimi avait pour nom Baidrama[52]. Or, quand quelqu’un tombait malade, ils appelaient le Buhu-itihu et lui demandaient d’où était venu sa maladie; et il lui répondait que Baidrama la lui avait envoyée parce qu’il ne lui avait pas envoyé à manger pour ceux qui avaient soin de sa maison; et ceci le Buhu-ituhu disait que le cimi Baidrama le lui avait dit.
CHAPITRE XXI. Du cimi de Guamorete.—Ils disent que quand ils firent la maison de Guamorete, lequel était un homme de condition, ils y mirent un Cimi qu’il tenait sur le haut de sa maison, lequel Cimi s’appelait Corocote[53]: or, dans le temps qu’ils avaient des guerres entre eux, les ennemis de Guamorete brûlèrent la maison où était ledit cimi Corocote. Alors ils disent qu’il se leva et s’en alla loin comme un tir d’arbalète de cet endroit, au près de l’eau; ils disent qu’étant sur la maison, il descendait de nuit et jouait avec les femmes: qu’ensuite Guamorete mourut et que ledit Cimi vint aux mains d’un cacique et qu’il continuait à jouer avec les femmes. Ils ajoutent qu’il lui naquit sur la tête deux couronnes; c’est pourquoi ils disaient: Puisqu’il a deux couronnes, certainement qu’il est fils de Corocote, et ils regardaient cela comme très-certain. Ce Cimi, un autre cacique le posséda ensuite, appelé Guatabanex, et son endroit s’appelait Giacaba.
CHAPITRE XXII.—D’un autre Cimi qu’ils appelaient Opigielguouiran que possédait un autre personnage de condition, qui se nommait Cauauan-Iovana, lequel avait sous lui un grand nombre de sujets.—De ce cimi Opigielguouiran[54] ils disent qu’il a quatre pattes, comme un chien, et qu’il est fait de bois: que souvent, la nuit, il sort de sa maison pour rôder dans les bois, où l’on allait le chercher; on le ramenait à sa maison, l’y liant avec des cordes, ce qui ne l’empêchait pas de retourner dans les bois. Or, lorsque les chrétiens arrivèrent à l’île Espagnole, on dit qu’il s’échappa et s’en alla dans un lac jusqu’où ils suivirent ses traces; mais ils ne le revirent plus jamais, et n’en savent pas davantage à son sujet. Ainsi que je l’ai acheté, ainsi je le vends.
CHAPITRE XXIII.—D’un autre Cimi, qui se nomme Guabancex.—Ce cimi Guabancex était dans le pays d’un grand cacique d’entre les plus distingués, appelé Aumatex: ce Cimi est femelle: et ils disent qu’il est accompagné de deux autres[55]; l’un est celui qui annonce, l’autre celui qui rassemble et gouverne les eaux. Or, quand Guabancex se fâche, ils disent qu’il fait mouvoir le vent et l’eau, qu’il renverse les maisons et arrache les arbres. Ce Cimi, qu’ils disent être femelle, est fait des pierres du pays: les deux autres Cimi dont il est accompagné, sont appelés l’un Guatauva; c’est le messager et l’avant-coureur qui ordonne, par le commandement de Guabancex, à tous les autres Cimi de cette province de l’aider à faire beaucoup de vent et d’eau; l’autre s’appelle Coatrischie; c’est lui qui rassemble les eaux dans les vallées entre les montagnes, et qui les laisse aller ensuite pour qu’elles bouleversent le pays. Et ceci, ces gens-là le tiennent pour certain.
CHAPITRE XXIV.—De ce qu’ils croient d’un autre Cimi qui se nomme Faragauaol.
Ce Cimi est celui d’un grand cacique de l’île Espagnole, et c’est une idole à qui ils attribuent différents noms, et qui fut trouvée de la manière que vous allez entendre. Ils disent qu’un jour, dans les temps passés, avant la découverte de l’île, sans qu’ils puissent dire quand, étant allés à la chasse, ils trouvèrent un certain animal; qu’étant couru après, il tomba dans une fosse, et qu’y regardant pour cela, ils virent un tronc d’arbre qui leur paraissait une chose vivante. Ce que voyant le chasseur, il courut à son maître qui était cacique, et père de Guaraionel et lui dit ce qu’il avait vu. Sur quoi ils y allèrent et trouvèrent la chose, comme le chasseur l’avait dite; et ayant pris le tronc ils lui fabriquèrent une maison. Ils disent que de cette maison il sortit plusieurs fois, retournant à l’endroit, d’où on l’avait enlevé, non précisément au même lieu, mais tout près; car le seigneur susdit ou son fils Guaraionel l’ayant envoyé chercher, le trouvèrent caché; une autre fois ils le lièrent et le mirent dans un sac; et avec tout cela, ses liens ne l’empêchaient pas de s’en aller. Et ces pauvres ignorants regardent ces choses comme des plus certaines.
CHAPITRE XXV.—Des choses qu’ils affirment avoir été dites par deux des principaux caciques de l’île Espagnole, l’un appelé Caziuaguel, père du dit Guarionel, et l’autre Guamanacoel.—C’est ce grand seigneur qu’ils disent être dans le ciel, et qui au commencement de ce livre est écrit Caizihu, lequel fit ici une abstinence comme celle que ces gens-ci font tous communément: à cet effet, ils restent renfermés six ou sept jours, sans rien manger, excepté du jus des herbes avec lequel ils se lavent également. Ce temps terminé, ils commencent à manger quelque chose qui alimente. Et dans le temps qu’ils sont restés sans manger, à cause de la faiblesse qu’ils éprouvent dans le corps et dans la tête, ils disent avoir vu quelque chose, peut-être désirée par eux: tous font donc cette abstinence en l’honneur des Cimi qu’ils possèdent, pour savoir s’ils remporteront la victoire sur leurs ennemis ou pour acquérir des richesses, ou pour toute autre chose qu’ils puissent désirer. Ils disent aussi que ce cacique avait affirmé avoir parlé avec Iocauuaghama, qui lui avait dit que, après sa mort, quel que fût celui qui demeurât vivant, il ne jouirait que peu de temps de l’autorité, parce qu’il viendrait dans le pays des gens habillés qui devaient les mettre sous le joug et les faire mourir, et qu’ils mourraient de faim. Mais ils pensèrent d’abord que ces gens seraient les Cannibales; et considérant que ceux-ci ne faisaient autre chose que piller et s’enfuir, ils crurent que ce devrait être une autre nation dont parlait le Cimi. D’où ils sont persuadés maintenant qu’il s’agissait de l’Amiral et des gens qu’il amena avec lui[56].. ..
Voilà tout ce que j’ai pu comprendre et savoir par rapport aux coutumes et rites des Indiens de l’île Espagnole, par le soin que j’ai mis; en quoi je ne prétends à aucune utilité spirituelle ou temporelle. Plaise à Notre-Seigneur de faire tourner tout cela à sa gloire et à son service, de me donner la grâce de pouvoir persévérer! s’il devait en être autrement qu’il m’ôte l’intelligence.
FIN DE L’ŒUVRE DU PAUVRE ERMITE ROMAIN PANE.
NOTES
[1] Ce petit ouvrage est tiré de l’histoire de Christophe Colomb, écrite par don Fernando Colomb, son fils. Au temps où Pinelo rédigea sa Bibliothèque en 1738, l’original espagnol n’existait plus; on n’a en Espagne qu’une traduction faite sur l’ouvrage en italien, imprimé à Venise en 1571, d’après lequel nous donnons la nôtre. Le frère Romain Pane, hermite de l’ordre des Hiéronymites, comme il le dit lui-même, écrivit son récit à la demande du grand navigateur; il se compose de vingt-six petits chapitres, comprenant dix-huit feuillets, insérés à la suite du chapitre LXI de l’ouvrage de don Fernando Colomb, au milieu duquel il est intercalé.
[2] Cemini, pluriel en italien, de cemi, cimi ou zemi, appelés ailleurs tuyra, tel est le nom générique des dieux ou génies inférieurs, bons ou mauvais, des aborigènes de Haïti, nom qu’ils appliquaient à un grand nombre d’idoles et d’amulettes, représentant ces génies ou aux reliques de leurs ancêtres. «Les Caciques, ajoute à ce sujet Fernando Colomb, ont trois pierres dans lesquelles eux et leurs peuples ont une grande dévotion. L’une, disent-ils, est favorable aux moissons et aux légumes; l’autre à l’accouchement des femmes et la troisième pour obtenir de l’eau et du soleil au besoin.» Dans les dialectes des Antilles, on prononce aussi ce mot ceme, cheme, chemi (ch guttural comme le j espagnol). En quelques endroits du Yucatan le nom de tzimin était donné à certains fantômes: au temps de la conquête, les Mayas appelaient ainsi le tapir en quelques endroits; ils le donnèrent au cheval. En langue nahuatl tzimitl, tzitzimitl, tzitzimime sont des fantômes ou démons: c’est le nom des étoiles qui tombèrent du ciel, au temps du déluge.
[3] Pierre Martyr d’Anghiera a pu consulter l’ouvrage original de Romain Pane, ainsi que d’autres documents analogues; il écrit ces deux noms Yocauna Gua-Maonocon (gua est un article pronominal dans la langue antique de Haïti). Ce dieu est le premier moteur tout-puissant, éternel et invisible (Sumario delle Indie Occidentali, etc. Col. de Ramusio, tom. III, fol. 34, V. Venise, 1606). On peut consulter, pour l’étymologie de ces noms, le petit vocabulaire haïtien placé à la suite de celui de la langue maya à la fin de ce volume.
[4] Cette mère, dans Pedro Martyr, reçoit les noms suivants: Attabeira, Mamona, Gua-Carapita, Iiella, Guimazoa; Humboldt dit que les noms sont très-estropiés dans l’édition italienne de la vie de Colomb par son fils. Dans l’île de Cuba, au lieu d’Atabei on disait Atabex, dont la racine at signifie un, unique, premier. Ceux-ci et quelques autres dieux supérieurs n’avaient point d’images.
[5] Pierre Martyr appelle le premier Caunana, le second Canta est écrit ailleurs Cauta; le troisième nom est écrit par l’auteur cité Caxi Baxagua, qui me paraît devoir être la véritable orthographe; le x étant pour ch, que le ci et gi représentent en italien. On lit aussi Amaiauna pour Amaiauua.
[6] Dans l’autre texte déjà cité Machockael.
[7] Suivant l’auteur cité, ces hommes avaient un vif désir de voir le monde; ils sortirent donc de nuit, mais n’ayant pu rentrer à temps, ils furent surpris par le soleil qui les changea en arbres iobi (ou hobi), c’est-à-dire en arbres analogues aux myrabolaniers. C’est le xocotl ou jocote du Mexique.
[8] Pierre Martyr l’appelle Vaguoniona, ajoutant qu’il avait un grand nombre d’enfants; l’un d’eux étant le Giadrauaua fut changé en rossignol.
[9] Giahuba-Bagiael, fils de Giahubabagi, autre orthographe peut-être de Guagugiona.
[10] Matinino est l’île appelée aujourd’hui la Martinique.
[11] Suivant Pierre Martyr, ces enfants criaient toa, toa, c’est-à-dire maman, maman, et ils furent, ainsi que leurs mères, changés en grenouilles par le soleil. Un auteur dit que tona était l’opossum ou sarigue.
[12] Aïti, c’est-à-dire (terre) âpre ou montagneuse. Bouhi paraît signifier bien habité.
[13] C’est le même qui est écrit plus haut Gua-Gugiona.
[14] Ana-Cacugia, c’est-à-dire fleur de cacao.
[15] Ainsi, Guahagiona prend la syphilis au milieu de la mer avec une femme de la grotte de Cacibagia; il est étrange de voir cette maladie paraître ainsi dans les histoires religieuses des peuples américains. Dans la légende sacrée de Teotihuacan, Nanahuatl, le Syphilitique, se jette dans les flammes et devient le soleil.
[16] L’endroit où l’on mène Guahagiona pour le guérir est un endroit retiré, et aussi un lieu sacré d’après l’étymologie du mot Gua-Nara.
[17] Guabonito, c’est-à-dire Goïave d’homme, suivant un interprète.
[18] Biberoci paraîtrait devoir s’interpréter Roi de l’amour de la seconde vie.
[19] Il y a ici probablement une erreur, Gualonito, tandis que plus haut il y a Guabonito.
[20] Le guanin était un bijou travaillé avec beaucoup d’art et en toutes sortes de figures. (Herrera, Hist. gen. de las Indias Occid., decad. I, chap. 3.) Le guanin était composé d’un amalgame de 18 parties d’or, 6 d’argent et 8 de cuivre. Ciba est la pierre.
[21] Ceci semble dire que l’usage de ces bijoux d’or devait son origine à Guabonito, à Albeborael, à Guahagiona et au père d’Albeborael, c’est-à-dire Albe-Bora, nom qui peut donner lieu à bien des conjectures, car il rappelle les nations primitives du nord, telles que les Hyper-Boréens, etc.
[22] Un commentateur de Romain croit trouver ici le commencement d’une dynastie antique, habile à travailler l’or et la pierre dure, et qui serait venue d’outre-mer; cette dynastie, les Hi-Auna ou Hi-Ona se rattacherait, suivant lui, aux anciennes tribus pélasges Aones ou Ioniens. La racine de ce nom, ion, on, ona, se trouve fréquemment, comme le peut voir le lecteur, dans les noms antiques de Haïti.
[23] Au lieu d’aigles, Pierre Martyr nous parle de fourmis qui descendaient le long des branches, ce qui a donné lieu à un grand nombre d’auteurs de cette époque de comparer cette fable à celle des Myrmidons.
[24] Ces êtres qui n’ont pas de sexe d’abord, sont cependant représentés ensuite par un pronom féminin, elles dans le texte italien; mais il se pourrait qu’il s’appliquât aux aigles, aguile.
[25] Caracaracol est un pluriel de caracol, formé par la répétition du mot, très-fréquent dans les langues anciennes de l’Amérique. Caracol est le nom générique du coquillage marin, et en particulier du crabe. Son étymologie haïtienne prête à de nombreuses interprétations: il signifie mot à mot, sorti d’un lieu sacré; dans le quiché, il signifierait, issu ou sorti d’un poisson. La coquille était au Mexique un symbole de la lune et en même temps de la génération: «De même que l’animal sort de sa coquille, ainsi que l’homme sort du ventre de sa mère,» dit un passage du MS. mexicain Letellier, de la Bibliothèque impériale. On peut remarquer encore, à cet égard, qu’en un grand nombre de ces provinces des îles et de terre ferme, où les hommes allaient nus, ils se cachaient le membre viril dans un grand coquillage, attaché par devant à une ceinture. Dans ce mot curieux on trouve le nom des Caras ou Cares, qui est répandu d’un bout à l’autre de l’Amérique, de la Floride au fond de la Bolivie, et d’où les Caraïbes ou Caribes paraissent avoir pris le leur. Ici, le Caracol paraît être l’aborigène de Haïti, ou du moins une race antérieure à ceux du Guanio ou Hiona, qu’elle sert comme esclave. Cette race est entachée d’une maladie analogue à la gale, la syphilis apparemment; car c’est en voguant en compagnie d’une femme du même pays, que Guahagiana a pris cette maladie. Voir au chapitre V.
[26] Cet oiseau inriri, appelé pico par les Espagnols, est le Picus imbrifœtus d’Hernandez. (Nieremberg, Hist. nat., lib. X, cap. 49.)
[27] Giaia est écrit Iaia dans l’abrégé de Ramusio. Ce Giaia était un homme puissant, dit le même abrégé.
[28] Malgré l’incohérence de toutes ces fables, on voit ici une connexion évidente entre l’histoire de ces poissons et celle des Caracols, rapportée plus haut. Ce chapitre et le suivant auraient dû précéder le VIIᵉ.
[29] Agiael, erreur du copiste, apparemment pour Giaiael.
[30] Dimivan-Caracaracol, sont deux noms extrêmement remarquables, d’autant plus qu’ils sont liés à d’autres noms, non moins curieux, qui vont suivre, et à des événements tout aussi intéressants. Déjà on a pu voir l’identité de Caras avec les Caras ou Cariens de l’Asie Mineure; ici se joint à ce nom celui de Dimivan, qui rappelle les Demavends, cette race antédiluvienne de la Perse. Ici encore Dimivan-Caracaracol avec les frères joue un rôle remarquable dans les événements qui causent, non le déluge, mais le cataclysme qui bouleverse l’Amérique et séparent les îles du continent.
[31] La version de Pierre Martyr, dans Ramusio, est beaucoup plus complète: «Du commencement de la mer, écrit celui-ci, ils disent qu’il y avait un homme puissant appelé Iaia: celui-ci ayant tué un fils unique qu’il avait, voulant l’ensevelir, et ne sachant où le mettre, l’enferma dans une grande calebasse, qu’il plaça ensuite au pied d’une montagne très-élevée, située à peu de distance du lieu qu’il habitait: or, il y allait la voir souvent par l’amour qu’il éprouvait pour son fils. Un jour, entre autres, l’ayant ouverte, il en sortit des baleines et d’autres poissons fort grands, de quoi Iaia, rempli d’épouvante, étant retourné chez lui, raconta à ses voisins tout ce qui lui était arrivé, disant que cette calebasse était remplie d’eau et de poissons à l’infini. Cette nouvelle s’étant divulguée, quatre frères qui étaient nés à la fois d’une seule couche, désireux de poissons, s’en allèrent où était la calebasse; comme ils l’avaient prise en mains pour l’ouvrir, Iaia étant survenu, et eux l’ayant aperçu, dans la crainte qu’ils eurent de lui, ils jetèrent par terre la calebasse; celle-ci s’étant brisée à cause du grand poids qu’elle renfermait, la mer sortit par ses ruptures, et toute la plaine qu’on voyait s’étendre au loin, sans fin ni terme d’aucun côté, s’étant couverte d’eau, fut submergée; les montagnes seulement restèrent, à cause de leur élévation, abritées de cette immense inondation, et ainsi ils croient que ces montagnes sont les îles et les autres parties de la terre qui se voient dans le monde.»
[32] Le nom de Con-El, fils de Con, qui suit les autres, n’est pas moins remarquable. Con ou Chon au Pérou, ce dieu sans chair et sans os, créateur des hommes qu’il détruit ensuite, pour leur donner plus tard une nouvelle existence, adoré au Mexique sous le nom de Co, Con, Comitl, comme un des symboles de la génération, rappelle d’une manière frappante le Kon, Chon ou Xons des théogonies antiques de l’Égypte et de la Phénicie, avec qui il est si complétement identique. Le Con-El de Haïti était muet; celui du Pérou sans chair ni os.
[33] Le cassabi ou pain de manioc, fait de la farine de la Yuca dont on extrait auparavant le suc, à cause de ses propriétés vénéneuses.
[34] Ce nom paraît être le même que le précédent Aiacauo.
[35] Ceci paraît être un sac où ils mettaient la cagioba ou coxoba, c’est-à-dire le tabac en poudre auquel il est fait souvent allusion dans ce petit ouvrage.
[36] Le sens ici est peu intelligible, à cause des mots intraduisibles qu’il y a dans le texte.
[37] Ici Baiamanicoel se trouve probablement pour Bassamanaco qui est plus haut.
[38] On sait que la tortue est souvent dans les fables anciennes un symbole de la terre sortie des flots.
[39] Ce cacique est appelé Machinnech dans l’abrégé de Pierre Martyr, dans Ramusio et la grotte Iovana-Boina.
[40] Suivant l’auteur précité le premier cimi s’appelait Binthaitel et le second Marohu.
[41] Soraia, pays du soleil couchant.
[42] Etymologiquement Coaibai est plutôt la demeure des ancêtres.
[43] L’auteur ou le traducteur doit se tromper ici; il dit d’abord que le goeiz est l’esprit du vivant; puis il le donne comme l’esprit du mort; il y a très-probablement goeiz pour opia.
[44] Dans Ramusio, le nom de maguey est donné à cette classe de tambours qui est le teponaztli des Mexicains et le tunkul du Yucatan. Cette traduction italienne est remplie d’incorrections. Il est bien évident qu’une ligne du texte original a été omise ici par mégarde; car ce tambour oblong deviendrait à la fin semblable à une calebasse, forme qui doit être appliquée au bâton avec lequel on le frappait. J’ai placé entre parenthèses les mots qui me paraissent y manquer.
[45] Bohu-itihu, mot à mot anciens hommes, on les appelle indifféremment aussi bohuti, boitii, bohique, et dans Pierre Martyr boition. Ces bohu-ilihus ou médecins formaient une caste puissante, mais bien dégénérée à l’époque de la découverte de l’Amérique; ils étaient les restes d’un sacerdoce antique qui avait établi primitivement dans les Antilles les trois classes, telles que les présentent les traditions du Livre sacré des Quichés; c’est-à-dire celle des Bohu-itihu ou prêtres, celle des Taino ou nobles, enfin celle des Anaboria, vassaux ou serviteurs. Malgré leur dégradation, on trouvait encore dans ce qui s’était conservé des institutions sociales dans ces îles, les débris d’une civilisation qui présentait des analogies remarquables avec celle du Yucatan, et d’autres régions du continent américain.
[46] Cohoba, ailleurs écrit cogioba, est le tabac en poudre dont il a été déjà question.
[47] On dirait qu’il y a constamment des mots oubliés; ici il est question d’un chant dont on aurait parlé, sans qu’il en ait été fait mention auparavant.
[48] Ne serait-ce pas là une sorte de magnétisme animal?
[49] Le texte italien dit: Come chi soffia una pala; peut-être est-ce pour soffiare de una paglia, souffler d’un fétu de paille.
[50] Il y a dans le texte Cimiche, prononcé tzimique; autre variante de zemi.
[51] Ici paraît sous tout son jour l’antagonisme qui existait dans les îles entre la noblesse et le Sacerdoce.
[52] Bugia, Aiba et Baidrama paraissent être trois noms du même cemi, et le peu qu’en rapporte l’auteur donnerait à penser qu’il s’agit ici d’une sorte de divinité de la guerre et du mal.
[53] Corocote était, suivant l’abrégé de Ramusio, un cemi fait de coton, et tous les enfants qui naissaient avec quelque signe particulier sur la tête ou le col, passaient pour avoir été engendrés par lui.
[54] Dans Pierre Martyr il est appelé Epileguanita.
[55] Gua-Bancex, Gua-Tauva et Coatrischie (Gua-Trixquié?) sont évidemment les trois personnes de la trinité que le Livre sacré des Quichés nous présente dans Hurakan (l’ouragan) et qui président aux nuages, à la foudre et à la tempête.
[56] Ce qui suit dans l’opuscule du frère Romain n’a plus aucun rapport avec les choses précédentes, c’est l’histoire de la conversion de quelques caciques, mêlée de miracles légendaires et sans le moindre intérêt dans la matière que nous traitons ici.
ESQUISSE D’UNE GRAMMAIRE DE LA LANGUE MAYA
D’APRÈS CELLES DE BELTRAN ET DE RUZ.
A l’époque de la découverte du continent américain, le maya était la langue unique de toute la péninsule yucatèque et d’une partie des régions voisines, comprises actuellement sous le nom de Peten et de Lacandon, ainsi que des cantons fertiles arrosés par les nombreuses embouchures de l’Uzumacinta et du Tabasco. A cette langue se rattachaient différents dialectes: d’un côté, c’étaient le mopan, le peten et le chol, qui paraissent s’en être éloignés beaucoup, depuis lors; de l’autre, le tzendal, le zotzil et le mam, alliés également de fort près autrefois, mais qui s’annoncent plutôt comme un trait d’union entre les trois autres et le groupe quiché-guatémalien. Au rapport de Landa, l’Adelantado Montejo fut un des premiers qui eût travaillé à acquérir quelque connaissance de la langue des Mayas, afin, dit-il, de pouvoir converser avec eux. Les Franciscains, à qui était échue l’œuvre de la conversion du Yucatan, ne tardèrent pas à suivre son exemple, et celui qui s’appliqua tout d’abord à enseigner leurs enfants fut le Français Jacques de Testera, frère d’un chambellan de François Iᵉʳ, que les Espagnols chassèrent du Yucatan, à cause du zèle avec lequel il défendait les indigènes de leurs excès.
A la suite de la seconde expédition de Montejo, d’autres franciscains furent envoyés à Campêche et à Merida, où ils travaillèrent avec ardeur à se rendre maîtres des premiers éléments de la langue. Celui qui obtint le plus de succès fut le Père Luis de Villalpando, qui commença à l’apprendre d’abord, ajoute ici Landa, par signes et à l’aide de petites pierres, à la manière de ceux dont parle Torquemada[1]. La grammaire qu’il composa sur le plan des grammaires latines de son temps, augmentée et perfectionnée par Landa, aurait été publiée au rapport de Pinelo; mais, si elle existe, les exemplaires en sont aujourd’hui perdus. Quoi qu’il en soit, cet ouvrage servit de base à plusieurs autres du même genre: telles furent les grammaires du Père Julian de Quartes, de Juan Coronel, de Juan de Azevedo, de Francisco Gabriel de San-Bonaventura et de Pedro Beltran de Santa-Rosa-Maria[2]; mais, à l’exception des ouvrages de ces deux derniers, on ne connaît rien aujourd’hui d’imprimé à ce sujet jusqu’à la grammaire publiée par le Père Joaquin Ruz, en 1844[3].
Le Père Pedro Beltran, parlant de la langue maya, dit, dans la préface, qu’elle est «gracieuse dans la diction, élégante dans les périodes et concise dans le style; capable d’exprimer souvent, dans un petit nombre de mots et de syllabes, le sens de plusieurs phrases. Si le disciple, ajoute-t-il, surmonte une fois la difficulté que présente au premier abord la prononciation de quelques consonnes extrêmement gutturales, il n’éprouvera guère d’embarras ensuite, pour se mettre au courant de la langue.»
DE L’ALPHABET.
L’alphabet de la langue maya manque des lettres d, f, g, j, q, r, s, v; mais elle en a d’autres, en revanche, que nous n’avons pas dans le français, deux, entre autres, où l’on trouve jusqu’à un certain point le son du d, du j et du z; tels sont le ɔ (c renversé), qui doit se prononcer dz, et le çh, que les livres modernes du Yucatan représentent avec un h barré ou croisé par le haut, mais que nous rendons ici par un ç pour plus de commodité. Autant qu’il nous est possible de nous en rendre compte, le son de ces deux lettres doit se rendre à peu près comme dj; mais elles se présentent rarement et dans un petit nombre de mots, où elles ne paraissent être qu’une variété du ch ordinaire de l’espagnol, qui se prononce tch.
La lettre c est dure indifféremment devant toutes les voyelles, autant que le k ou le q français; ainsi cimil, la mort, se prononce kimil. La lettre h est toujours aspirée avant ou après les voyelles, comme le j ou jota en espagnol[4]. I, devant une autre voyelle, prend le son de notre y, commun dans les ouvrages modernes, mais qui, d’ordinaire, est remplacé par deux ii dans les plus anciens, ou ij. K, différent du nôtre, a un son guttural que l’usage seul peut enseigner. Le pp est beaucoup plus fort que le p simple; il est, ainsi que le th, représenté dans les anciens ouvrages par tt ou double t; car il est de la classe des lettres américaines qu’on appelle détonnantes, le th maya n’ayant aucune analogie avec le th anglais. U est toujours prononcé ou, se modifiant légèrement en w devant une autre voyelle. La lettre x représente le son du ch français (en anglais sh), et le z a pour ainsi dire le son de notre s dur.
On peut remarquer, en règle générale, que les voyelles ont deux sons: l’un ordinaire, comme celui que nous connaissons, et l’autre nasal, que l’usage seul peut apprendre à distinguer du premier.
DE L’ARTICLE.
Les noms, dans la langue maya, sont indéclinables comme en français; les cas sont formés par des prépositions, suivies ordinairement d’un article qui détermine le sujet. Ces articles sont u, qui détermine la possession. Ex.: U hol pop, le chef de la natte, ou le maître d’orchestre; u luum Mayabob, la terre des Mayas. Les véritables articles sont le, leti, letile.
Singulier masculin et féminin.
N. Leti uinic, l’homme; le xçhup, la femme. G. Ti uinic, de l’homme; ti le xçhup, de la femme. D. Ti uaix, ulial lelile uinic, à ou pour l’homme. Ac. Ti le uinic, l’homme. V. Uinicé, o uinicé, ô homme[5]. Ab. Ti, y ou yetel, etc. uinic, de, dans, avec, etc., l’homme.
Les mêmes articles et les mêmes prépositions s’emploient pour le pluriel comme pour le singulier et pour les trois genres. Au singulier, le neutre prend quelquefois l’article lo au lieu de le ou leti, et quant au pluriel, il se distingue par l’adjonction de la particule ob, ainsi qu’on le verra dans les noms.
DES NOMS SUBSTANTIFS ET ADJECTIF.
Le nom, en général, a deux formes, sous lesquelles il se présente, abstraite, comme che, bois ou arbre, kaz, mauvais, uinic, homme. Pour les déterminer, on leur ajoute l’affixe el ou il; ainsi, che fait cheil, le bois de quelqu’un ou de quelque chose; kaz fait kazil, la méchanceté ou le mal; uinic devient uinicil, l’humanité et aussi le corps de l’homme. Yum, père, et ná, mère, paraissent faire exception à cette règle: ainsi, un fils dira: In yum, mon père; a ná, ta mère, yumbil et náil devant être pris, au contraire, dans un sens moins déterminé. C’est pourquoi on dit dans le Symbole: In u-oczic-uol ti Dios yumbil, je crois en Dieu le Père.
Quoiqu’il y ait quelquefois de la différence entre les noms de personnes et ceux des animaux ou des êtres inanimés, cette différence est fort peu sensible. La particule pronominale ah ou simplement ’h s’affixe pour exprimer le masculin, et ix ou x pour le féminin[6]. Ex.: Ɔon, qui est la racine du verbe ɔonah, chasser, fait ’hɔon ou ahɔon, le chasseur, et ’xɔon, la chasseresse. Ces préfixes se placent également devant les adjectifs lorsque ceux-ci, avec le substantif auquel ils sont joints, servent à exprimer la qualité ou l’attribut de quelque personne. Ainsi, nohoch étant l’adjectif grand et ná la maison, on dirait:
Ah ou ’hnohoch ná, celui ou le maître de la grande maison. Ix ou ’xnohoch ná, celle ou la maîtresse de la grande maison.
Dans les anciennes grammaires, le préfixe xibil désigne ordinairement le mâle parmi les animaux, et çhupul la femelle[7].
Le pluriel, dans les noms, se forme par l’addition de la particule ob au singulier. Ex.: Zayab, fontaine, zayabob, des fontaines[8]. On verra plus loin de quelle manière se forme le pluriel dans les pronoms.
L’adjectif est, comme le substantif, indéclinable. Lorsqu’il qualifie le substantif, il doit toujours le précéder et c’est une corruption espagnole que de le mettre à la suite des mots qu’il qualifie, comme on le voit dans quelques ouvrages modernes[9]. Dans les ouvrages anciens, quelquefois il se présente dans sa simplicité, comme par exemple: Utz uinic, homme bon; mais le plus souvent, il se complète pour se déterminer avec les affixes al, el, il, ol, ul, qui varient quelquefois avec la voyelle radicale. Ex.: Utzul xçhupal, bonne fille. Un autre affixe déterminatif qu’on trouve dans les ouvrages anciens est la particule en. Ex.: Kuyen uincob, hommes saints.
Entre les adjectifs, il y en a qui dérivent des verbes et sont terminés en nac; pour former le pluriel, ils changent leurs deux dernières syllabes en lac: ainsi, banacnac fait banlac; kinicnac fait kinlac, etc.
Lorsque l’adjectif précède immédiatement le nom qu’il qualifie, ce dernier seul prend le signe du pluriel. Ex.: Kazil batabob, de méchants seigneurs. Le contraire est une corruption tout à fait moderne[10].
DES DEGRÉS DE COMPARAISON.
Le comparatif s’exprime de différentes manières: au moyen de l’adjectif déterminé en il, précédé de l’article possessif u, souvent changé aujourd’hui en i ou y devant les voyelles. Ex.: U lobol Pedro cexma Luiz, Pierre est plus méchant que Louis (mot à mot: sa méchanceté de Pierre et non de Louis).
Les adverbes azab, paynum, hach, etc., s’emploient dans un sens analogue. Ex.: Azab ou paynum utz (et non yutzul) Pedro cexma Juan, Pierre (est) meilleur que Jean. On dit aussi: Utz Juan paynum yokol Pedro, Jean (est) fort bon au-dessus de Pierre. Aujourd’hui que la langue a subi quelque légère altération, on dit très-bien: Pedro lay hach kaz ema Juan, littéralement: Pierre est fort bon que non Jean. On dira de la même manière: Antonio lay com zakol ema Luiz, Antoine est moins industrieux que non Louis.
Pour former le superlatif, on emploie les mots hach, tipáan, beaucoup, très, fort. Ex.: Lob, mauvais; hach lob, très-mauvais, etc.
Les prépositions tial, oklal, men, menel, par, pour, à; ti, etel, yetel, etum, avec; ti, t’, dans, sont souvent unies aux noms ou pronoms; mais, dans ce dernier cas, ils viennent après les pronoms.
DU PRONOM.
Les auteurs anciens partageaient en quatre classes distinctes les pronoms, qui tous servaient à conjuguer les verbes. Il faut observer seulement, que ceux des deux dernières classes du tableau suivant sont employés également unis aux noms, comme pronoms possessifs, mais qu’ils ne vont jamais seuls ou comme pronoms absolument.
1ʳᵉ CLASSE. 2ᵉ CLASSE. 3ᵉ CLASSE. 4ᵉ CLASSE. Sing. Plur. Sing. Plur. Sing. Plur. Sing. Plur. 1ʳᵉ pers. ten. tu on, en. on. in. ca. u. ca. toon. 2ᵉ — tech. teex. ech. ex. a. a ex. au. a uex. 3ᵉ — lay. loob. laylo. ob. u. u ob. y. y ob.
Les pronoms de la troisième et de la quatrième catégories, qu’on s’en serve, soit dans les conjugaisons, soit comme pronoms possessifs, ont toujours le même emploi; la seule différence à observer, c’est que ceux de la troisième catégorie ne servent que lorsque le mot auquel ils se joignent, nom ou verbe, commence par une consonne, et ceux de la quatrième, lorsque le mot commence par une voyelle.
On remarquera également que la seconde et la troisième personnes du troisième et du quatrième pronoms forment leur pluriel, en ajoutant ex ou ob au singulier; unis à un verbe ou à un nom, ces signes suivent toujours le nom ou le verbe. Quand ils servent de pronoms possessifs, les pronoms radicaux a, u, devant une consonne, au, y, devant une voyelle, se séparent des signes du pluriel ex et ob, qui se mettent toujours après le nom. Si ce nom lui-même est au pluriel, ayant par conséquent la terminaison ob, le pronom possessif change ob en loob, comme celui de la première catégorie.
EXEMPLE.
in çhac, mon lit. in çhacob, mes lits. u al, ma fille. a çhac, ton lit. a çhacob, tes lits. au al, ta fille. u çhac, son lit. u çhacob, ses lits. y’al, sa fille. ca çhac, notre lit. ca çhacob, nos lits. ca al (c’al), notre fille. a çhac-ex, votre lit. a çhacob-ex, vos lits. au al-ex, votre fille. u çhac-ob, leur lit. u çhacob-loob, leurs lits. y’al-ob, leur fille.
Dans les grammaires modernes de la langue maya, on trouve pour pronoms de la première personne, au pluriel, c’toon, c’toneex, nous; de la seconde, téex, teexé, vous, pour le masculin; xtoon, xtoneex, nous; xteex, vous, au féminin. Au lieu de la troisième personne du singulier lay, on trouve plus fréquemment leti, letile, il, xleti, elle; letioob, ils, xletioob, elles.
Cú est un pronom de la troisième personne pour tous les genres et tous les nombres dans les verbes réfléchis. Le pronom réfléchi se forme en ajoutant ba aux pronoms de la troisième catégorie: inba, moi-même; aba, toi-même; uba, lui-même; caba, nous-mêmes, etc. Ce pronom s’ajoute dans la conjugaison de tous les verbes réfléchis. Ex.: Cimzah, tuer; cimzahba, se tuer.[11]
Ajoutons ici, en passant, que les pronoms possessifs de la troisième et de la quatrième catégories s’unissent aux prépositions, citées plus haut, de la manière suivante: In-tial, par ou pour moi; a-tial, par ou pour toi; u-tial, par ou pour lui; u-oklal, sur moi; au-oklal, sur toi, etc.
Dans les grammaires modernes, on trouve aussi: In-tilil, pour mon ou le mien; a-tial, pour ton ou le tien; u-tilil, son ou le sien; in-tiil, le mien. Tous ces pronoms possessifs suivent la variation des genres et des nombres comme les précédents, à très-peu de différence près.
En fait de pronoms relatifs, nous trouvons ca, mac, maax, qui, quoi, lequel, ce qui, etc., maxaob au pluriel; maxtiil, dont, de qui; xmaac, maaclo, de qui; xmaxtiil, desquelles, au féminin, etc.
Entre les pronoms interrogatifs et d’admiration: Baax? maax? maac? qui? quoi? Ex.: Maax bin ú tucule? Qui le penserait?—Bic numia! Quel ennui!—Pronoms disjonctifs: Bic ú chaic hunppel ɔon, chacun prend une arme.—Ca hancech ema hancech, que vous mangiez ou non.
Pronoms indéfinis: Uamac, quelqu’un; mixmac, personne; uamax, qui que ce soit; cexmac, quoi que ce soit; cexma-calmac, quelque sorte; mixbaal, rien; yaab, beaucoup; ɔeɔec, peu; heɔani, un tel, certain, etc.
DU VERBE.
Les grammairiens primitifs de la langue maya admettent quatre conjugaisons; mais il est aisé de reconnaître qu’il n’y a de différence réelle qu’entre les verbes intransitifs ou neutres et les verbes transitifs ou actifs. Les variations qu’on y observe, d’ailleurs, se rapportent soit aux différents pronoms qui les suivent ou les précèdent, soit aux particules qui distinguent les différents temps. L’insuffisance des documents que nous avons entre les mains ne nous permet malheureusement pas de juger exactement des conditions de cette langue; nous n’y découvrons pas, jusqu’à présent, cette richesse et cette élégance de formes que nous avons trouvées dans les verbes de la langue quichée, bien qu’il s’y trouve des analogies très-frappantes avec celle-ci et que nous signalerons à l’occasion.
Gallatin, interprétant la grammaire de Beltran, comprend dans la première conjugaison maya tous les verbes neutres ou intransitifs; les trois autres, selon lui, ne sont que des subdivisions du verbe actif ou transitif. Ces trois dernières conjugaisons ont précisément, dans tous leurs temps et modes, les mêmes pronoms; il n’y a d’autre différence entre eux que les particules, qui distinguent les temps simples: ces temps sont le présent, le prétérit et le futur simple de l’indicatif, l’impératif et le présent de l’infinitif.
Dans la première, le prétérit défini termine en i et le futur simple en nac; le présent et l’infinitif, à peu d’exceptions près, finissent en al, el, il, ol, ul, ajouté à la racine du verbe, particularité qui s’applique également aux verbes actifs, quand ils deviennent absolus ou intransitifs, c’est-à-dire quand l’action ne passe pas du sujet à un objet quelconque. C’est pourquoi Beltran dit que tous les verbes des trois dernières conjugaisons peuvent, au besoin, être conjugués comme s’ils appartenaient à la première.
Ainsi uen, racine du verbe neutre dormir, fait uenel; kam, racine du verbe actif kamah, recevoir, fait kamal, etc. Mais ce que ni les auteurs qui ont traité de cette langue, ni Gallatin, ne se sont expliqué, c’est que les terminaisons en l indiquent tout simplement un participe présent, absolument semblable à celui qui existe dans le quiché et dans plusieurs autres langues de l’Amérique centrale[12]. Ce qui rend cette remarque plus sensible ici, c’est que le verbe nacal, se lever, cité comme exemple dans Beltran, est, ainsi que tous les autres verbes neutres, suivi de la particule cah, qui n’est autre qu’un verbe substantif être inusité[13]. Ex.: Uenel in cah représente exactement ces mots: Dormant je suis. Dans la grammaire moderne de Ruz, il y a: Ten in binel, je vais; mot-à-mot: actuellement, moi allant. Cette observation s’applique à tous les verbes actifs dans leur mode absolu ou intransitif. Je pourrais dire ainsi du verbe hantaal, manger. Ex.: Ten hantic in uail, je mange mon pain. Mais si je veux exprimer d’une manière absolue que je mange, sans dire quoi, je dis: Hanal in cah, mangeant je suis.
La seconde conjugaison comprendrait tous les verbes transitifs de plus d’une syllabe, dont l’infinitif et le présent sont terminés en z et le prétérit en ah, comme cambez, cambezah. Dans la troisième seraient renfermés tous les verbes transitifs monosyllabiques formant leur prétérit en ajoutant ah, comme kaam, recevoir, kamah, et le futur en e ou en ab, indistinctement, kamé ou kamab. Enfin, dans la quatrième, tous ceux de plus d’une syllabe qui ne terminent pas en z. Norman[14] ajoute ici, d’après Beltran, que ces verbes forment leur prétérit en tah, sans rien y changer, lorsque l’infinitif est en tah et que le futur se forme par l’addition de té. Ex.: Tzolthan, interpréter, fait au prétérit tzolthantah et au futur tzolthanté.
Dans la grammaire moderne de Ruz, en dehors des verbes auxiliaires laytál, être, et yantál, avoir, on trouve le verbe divisé en trois conjugaisons: la première, dont l’infinitif termine en al, comme yacuntáal, aimer; la seconde en el, comme binel, aller, et la troisième en ic, comme zahtic, craindre[15]. Mais ces trois divisions sont également illusoires et sans objet. Autant qu’il nous est possible d’en juger, le verbe actif ne saurait avoir d’autre division régulière que celle que nous venons d’exposer d’après Beltran et que nous allons reproduire dans les tableaux ci-joints, suivis des verbes yantál, avoir, et de laytál, être, d’après la grammaire de Ruz.
TABLE PREMIÈRE.
Exemple des temps simples de la première et de la deuxième conjugaison.
INFINITIF.
Première conjugaison. Deuxième conjugaison.
Sing. 1ʳᵉ pers. nacal in cah. ten cambezic. 2ᵉ — nacal a cah. tech cambezic. 3ᵉ — nacal u cah. lay cambezic. Plur. 1ʳᵉ — nacal ca cah. toon cambezic. 2ᵉ — nacal a cah-ex. teex cambezic. 3ᵉ — nacal u cah-ob. loob cambezic.
PRÉTÉRIT DÉFINI.
Sing. 1ʳᵉ pers. nac-en. in cambezah. 2ᵉ — nac-ech. a cambezah. 3ᵉ — nac-i. u cambezah. Plur. 1ʳᵉ — nac-on. ca cambezah. 2ᵉ — nac-ex. a cambezah-ex. 3ᵉ — nac-ob. u cambezah-ob[16].
FUTUR SIMPLE.
Sing. 1ʳᵉ pers. bin nacac-en. bin in cambez. 2ᵉ — bin nacac-ech. bin a cambez. 3ᵉ — bin nacac. bin u cambez. Plur. 1ʳᵉ — bin nacac-on. bin ca cambez. 2ᵉ — bin nacac-ex. bin a cambez-ex. 3ᵉ — bin nacac-ob. bin u cambez-ob.
IMPÉRATIF.
Sing. 2ᵉ pers. nacen. cambez. 3ᵉ — nacac. u cambez. Plur. 2ᵉ — nacen-ex. cambez-ex. 3ᵉ — nacac. u cambez-ob.
La troisième conjugaison, dans Beltran, ne diffère de la seconde que par l’addition de la lettre e à la racine du verbe, au futur simple, et dans les temps qui en sont dérivés. Dans la quatrième conjugaison, les particules tic, tah et te se substituent au présent, au prétérit et au futur simple, aux finales ic, ah, e, de la troisième.
Dans l’ensemble des quatre conjugaisons, les temps simples, pas plus que les temps composés, ne varient autrement dans chaque temps en particulier que par les personnes et les signes du pluriel dans les pronoms; la seule exception est que, dans la troisième personne singulière du prétérit de la première conjugaison, dans le plus-que-parfait et le futur composé, le pronom est omis, et qu’un i est ajouté comme finale au verbe, comme nac, naci[17].
La seconde et la troisième personnes plurielles de la troisième classe des pronoms sont aex, uob: observons que chaque fois que ces pronoms se présentent dans les conjugaisons, les signes du pluriel ex, ob se détachent des pronoms a, u, qui restent devant le verbe, et ex et ob se placent à la fin des mots. Le trait d’union que nous y avons mis dans le tableau ci-dessus, n’est là que pour distinguer les pronoms et les particules des temps du corps et des inflexions du verbe.
TABLE DEUXIÈME (D’APRÈS BELTRAN).
Le tableau suivant indique, d’après Beltran, la première personne de chaque temps simple ou composé de l’indicatif et du subjonctif; la troisième du prétérit défini, la seconde et la troisième de l’impératif.
Première conjugaison. Deuxième conjugaison.
Indicatif présent. nacal in cah. ten cambezic. Imparfait. nacal in cah cuchi. ten cambezic-cuchi. 1ʳᵉ pers. Prétérit. nac-en. in cambezah. 3ᵉ — — nac-i. u cambezah. Plus-que-parfait. nac-en ili cuchi. in cambezah ili-cuchi. Futur simple. bin nacac-en. bin in cambez. Futur composé. nac-en ili cochom. in cambezah ili-cochom. 2ᵉ pers. sing. Impér. nac-en. cambez. 3ᵉ — — nacac. u cambez. Subjonctif présent. ten nacac-en. ten in cambez. Imparfait. hi nacac-en. hihuil in cambez. Prétérit. hihuil nacac-en cuchi. hihuil in cambez cuchi. Plus-que-parfait. hi nacac-en ili cuchi. _hihuil in cambezili cuchi_. Futur. _hi nacac-en ili _hihuil in cambez cochom. cochom. Infinitif. nacal, se lever. cambez, instruire.
Troisième conjugaison. Quatrième conjugaison.
Indicatif présent. ten tzicic. ten yacuntic. Imparfait. ten tzicic-cuchi. ten yacuntic-cuchi. 1ʳᵉ pers. sing. Prét. in tzicah. in yacuntah. 3ᵉ — — u tzicah. u yacuntah. Plus-que-parfait. in tzicah ili-cuchi. in yacuntah ili-cuchi. Futur simple. bin in tzice. bin in yacunte. Futur composé. in tzicah ili-cochom. in yacuntah ili-cochom. 2ᵉ pers. sing. Impér. tzice. yacunte. 3ᵉ — — u tzice. u yacunte. Subjonctif présent. ten in tzice. ten in yacunte. Imparfait. hihuil in tzice. hihuil in yacunte. Prétérit. _hihuil in tzice hihuil in yacunte cuchi. cuchi._ Plus-que-parfait. _hihuil in tzice ili hihuil in yacunte ili cuchi. cuchi._ Futur. _hihuil in tzice hihuil in yacunte cochom. cochom._ Infinitif. tzice, obéir. yacunte, aimer.
DU VERBE MODERNE.
Avant de continuer l’examen de la grammaire de Beltran, nous ajouterons ici, pour l’instruction du lecteur, les verbes auxiliaires yantál, avoir, et laytál, être, dont Gallatin ne parle pas, et que nous donnerons en entier d’après la grammaire moderne de Ruz: nous y joindrons ensuite un verbe actif conjugué d’après le même. Un simple coup d’œil sur ce tableau suffira ainsi pour juger de l’ensemble de la conjugaison maya et des modifications qu’un siècle d’intervalle a pu apporter à cette langue.
TABLE TROISIÈME.
INDICATIF PRÉSENT.
Ten yan, j’ai. Tech yan, tu as. Letilé yan, il a. C’toon yan, nous avons. Teex yan, vous avez. Letileoob yan, ils ont.
Ten layen, je suis. Tech layech, tu es. Letilé lay, il est. C’toon layoon, nous sommes. Teex layeex, vous êtes. Letileoob layoob, ils sont.
IMPARFAIT.
Ten yan cach, j’avais. Tech yan cach, tu avais. Letilé yan cach, il avait. C’toon yan cach, nous avions. Teex yan cach, vous aviez. Letileoob yan cach, ils avaient.
Ten layen cach, j’étais. Tech layech cach, tu étais. Letilé lay cach, il était. C’toon layoon cach, nous étions. Teex layeex cach, vous étiez. Letileoob layoob cach, ils étaient.
PRÉTÉRIT DÉFINI.
Ten yanhi ou in nahalma, j’eus. Tech yanhi ou a nahalma, tu eus. Letilé yanhi ou u nahalma, il eut. C’toon yanhi ou c’nahalma, nous eûmes. Téex yanhi ou a nahalmaex, vous eûtes. Letiloob yanhi ou u nahalmahoob, ils eurent.
Ten hi ou hien ou layac heni, je fus ou j’ai été, etc. Tech hiech ou layac-echi ou layac hiechi, tu fus. Letilé layhi ou layhiac ou layac-hi, il fut. C’toon layhioon ou layacoon-hi ou layac-hioni, nous fûmes. Téex layhiéex ou layac-éex ou lay-hiéexi, vous fûtes. Letileoob layhioob ou layac-hioob ou layacoob-hi, ils furent.
Nahalma paraît être un verbe absolument distinct du précédent, et d’une origine tout à fait différente.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Ten yanhi cachi, j’avais eu. Tech yanhi cachi, tu avais eu. Letilé yanhi cachi, il avait eu. C’toon yanhi cachi, nous avions eu. Téex yanhi cachi, vous aviez eu. Letileoob yanhi cachi, ils avaient eu.
Ten layhen cachi, j’avais été. Tech layhech cachi, tu avais été. Letilé layhi cachi, il avait été. C’toon layhioon cachi, nous avions été. Téex layhiéex cachi, vous aviez été. Letileoob layhioob cachi, ils avaient été.
FUTUR PRÉSENT.
Ten bin yanac, j’aurai. Tech bin yanac, tu auras. Letilé bin yanac, il aura. C’toon bin yanac, nous aurons. Téex bin yanac, vous aurez. Letileoob bin yanac, ils auront.
Ten bin layacen, je serai. Tech bin layacech, tu seras. Letilé bin layac, il sera. C’toon bin layacoon, nous serons. Téex bin layacéex, vous serez. Letileoob bin layacoob, ils seront.
FUTUR PASSÉ.
Ten ɔoc u yantali, j’aurai eu[18]. Tech ɔoc u yantali, tu auras eu. Letilé ɔoc u yantali, il aura eu. C’toon ɔoc u yantali, nous aurons eu. Téex ɔoc u yantali, vous aurez eu. Letileoob ɔoc u yantali, ils auront eu.
Ten ɔoc in laytali, j’aurai été. Tech ɔoc a laytali, tu auras été. Letilé ɔoc u laytali, il aura été. C’toon ɔoc laytalioon, nous aurons été. Téex ɔoc laytaliéex, vous aurez été. Letileoob ɔoc u laytalioob, ils auront été.
IMPÉRATIF.
(Comme auxiliaire, yantál n’a pas d’impératif.)
Layac-ech tech, sois. Layac letile, qu’il soit. Layacéex téex, soyez. Layacoob letileoob, qu’ils soient.
SUBJONCTIF PRÉSENT.
Ten yanac, que j’aie. Tech yanac, que tu aies. Letilé yanac, qu’il ait. C’toon yanac, que nous ayons. Téex yanac, que vous ayez. Letileoob yanac, qu’ils aient.
Ten layacen, que je sois. Tech layacech, que tu sois. Letilé layac, qu’il soit. C’toon layacoon, que nous soyons. Téex layacéex, que vous soyez. Letileoob layacoob, qu’ils soient.
IMPARFAIT.
Ten yanaci ou ten yantalaci ou ten yantalaci tené, que j’eusse. Tech yanaci ou tech yantalaci ou tech yantalaci teché, que tu eusses. Letilé yanaci ou yantalaci ou yantalaci tié, qu’il eût. C’toon yanacioon ou yantalacion ou yantalacioone, que nous eussions. Téex yanaciéex, yantalaciéex, yantalaciéexi, que vous eussiez. Letileoob yanacioob, yantalacioob, yantalacioobé, qu’ils eussent.
Ten layaci ou layacili ou layachiené, que je fusse. Tech layaci ou layacili ou layachieché, que tu fusses. Letilé layaci ou layacili ou layacihié, qu’il fût. C’toon layacilioon ou layaciooné, que nous fussions. Téex layaciéex, layaciliéex, layaciéexé, que vous fussiez. Letileoob, layacioob, layacilioob, layacioobé, qu’ils fussent.
PRÉTÉRIT.
Ten ɔoci u yantal, que j’aie eu. Tech ɔoci u yantal, que tu aies eu. Letilé ɔoci u yantal, qu’il ait eu. C’toon ɔoci u yantal, que nous ayons eu. Téex ɔoci u yantal, que vous ayez eu. Letileoob ɔoci u yantal, qu’ils aient eu.
Ten ɔooc layac hieni, que j’aie été. Tech ɔooc layac hiechi, que tu aies été. Letilé ɔooc layac hii, qu’il ait été. C’toon ɔooc c’layac hiooni, que nous ayons été. Téex ɔooc layac hiéexi, que vous ayez été. Letileoob ɔooc layac hioobi, qu’ils aient été.
INFINITIF.
Yantal, avoir. Ɔoc u yantal, avoir eu. Bin yanac u yantal, pour ou à avoir. Taan u yantal, ayant. Yanhi, eu.
Laytal, être. Layhi u yantal, avoir été. Layhi, bin yanac ti u laytal, été pour ou à être. Taan u laytal, étant. Ɔoc u layhital, ayant été.
TABLE QUATRIÈME.
Verbe ZAHTAAL, radical ZAH, craindre, faisant partie de la quatrième conjugaison dans l’ordre de Beltran.
PRÉSENT.
Ten in zahtic, je crains. Tech a zahtic, tu crains. Letilé u zahtic, il craint. C’toon zahtic, nous craignons. Téex a zahtic, vous craignez. Letileoob u zahtic, ils craignent.
IMPARFAIT.
Ten in zahtic cach, je craignais. Tech a zahtic cach, tu craignais. Letilé u zahtic cach, il craignait. C’toon c’zahtic cach, nous craignions. Téex a zahtic cach, vous craigniez. Letileoob u zahtic cach, ils craignaient.
PRÉTÉRIT DÉFINI.
Ten in zahtahma ou ten in zahtahi ou ten in yanhi in zahtic, je craignis ou j’ai craint. Tech a zahtahma ou tech a zahtahi ou tech a yanhi a zahtic, tu craignis ou tu as craint. Letilé u zahtahma ou letilé u zahtahi ou letilé u yanhi u zahtic, il craignît ou il a craint. C’toon c’zahtahma ou c’toon c’zahtahi ou c’toon c’yanhi c’zahtic, nous craignîmes ou avons craint. Teex a zahtahma ou teex a zahtahi ou teex a yanhi a zahtic, vous craignîtes ou avez craint. Letileoob u zahtahma ou letileoob u zahtahi ou letileoob u yanhi u zahtic, ils craignirent ou ont craint.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Ten in zahtahma cachi, j’avais craint. Tech a zahtahma cachi, tu avais craint. Letilé u zahtahma cachi, il avait craint. C’toon c’zahtahma cachi, nous avions craint. Teex a zahtahma cachi, vous aviez craint. Letileoob u zahtahma cachi, ils avaient craint.
FUTUR SIMPLE.
Ten bin in zahte, je craindrai. Tech bin a zahte, tu craindras. Letilé bin u zahte, il craindra. C’toon bin c’zahte, nous craindrons. Teex bin a zahte, vous craindrez. Letileoob bin u zahte, ils craindront.
FUTUR PASSÉ.
Ten ɔooc u yantal in zahtic, j’aurai craint. Tech ɔooc a yantal a zahtic, tu auras craint. Letilé ɔooc u yantal u zahtic, il aura craint. C’toon ɔooc c’yantal c’zahtic, nous aurons craint. Teex ɔooc a yantal a zahtic, vous aurez craint. Letileoob ɔooc u yantal u zahtic, ils auront craint.
IMPÉRATIF.
Zahte tech, crains. Zahte letile, qu’il craigne. Zahteex teex, craignez. U zahteoob letileoob, qu’ils craignent.
SUBJONCTIF PRÉSENT.
Ten in zahte, que je craigne. Tech a zahte, que tu craignes. Letile a zahte, qu’il craigne. C’toon c’zahte, que nous craignions. Teex a zahte, que vous craigniez. Letileoob u zahte, qu’ils craignent.
IMPARFAIT.
Ten in zahtici ou ten in zahtahmai ou ten in zahticié, que je craignisse. Tech a zahtici ou tech a zahtahmai ou tech a zahticié, que tu craignisses. Letile u zahtici ou letile u zahtahmai ou letile u zahticié, qu’il craignît. C’toon c’zahtici ou c’toon c’zahtahmai ou c’toon zahticié, que nous craignissions. Teex a zahtici ou teex a zahtahmai ou teex a zahticié, que vous craignissiez. Letileoob u zahtici ou letileoob u zahtahmai ou letileoob u zahticié, qu’ils craignissent.
PRÉTÉRIT.
Ten ɔooci in zahtic, que j’aie craint. Tech ɔooci a zahtic, que tu aies craint. Letile ɔooci u zahtic, qu’il ait craint. C’toon ɔooci c’zahtic, que nous ayons craint. Teex ɔooci a zahtic, que vous ayez craint. Letileoob ɔooci u zahtic, qu’ils aient craint.
PLUS-QUE-PARFAIT.
Ten ɔocaan u yantal ou ten ɔocaan u yantali ou ten ɔocaan yanili in zahtic, que j’eusse craint. Tech ɔocaan u yantal ou tech ɔocaan a yantali ou tech ɔocaan a yanili a zahtic, que tu eusses craint. Letile ɔocaan u yantal ou letile ɔocaan u yantali ou letile ɔocaan u yanili u zahtic, qu’il eût craint. C’toon ɔocaan c’yantal ou c’toon ɔocaan c’yantali ou c’toon ɔocaan c’yanili c’zahtic, que nous eussions craint. Teex ɔocaan a yantal ou teex ɔocaan a yantali ou teex ɔocaan a yanili a zahtic, que vous eussiez craint. Letileoob ɔocaan u yantal ou letileoob ɔocaan u yantali ou letileoob yanili u zahtic, qu’ils eussent craint.
FUTUR DU SUBJONCTIF, ou conditionnel. Ua ten bin in zahte, si je craignais ou craindrais, etc. Le reste comme au futur simple, en préfixant ua à chaque personne.
FUTUR PASSÉ. Ua ten ɔooc u yantal u zahtic, si j’avais craint ou j’aurais, etc.
INFINITIF.
Présent: Zahtaal, craindre.—Passé: Ɔooc yantal u zahtic, avoir craint.—Futur: Bin yanac ti u zahtic, sur le point de craindre ou pour craindre.—Gérondif présent: Taan u zahtic, craignant[19].—Gérondif passé: Ɔocaan layhital u zahtic, ayant craint.
On a vu par l’examen de la table nº 2 des verbes, extraits de Beltran, que, dans toutes les conjugaisons, l’imparfait ne diffère du présent que par l’addition de la particule cuchi, devenu cach dans la grammaire moderne de Ruz (tables 3ᵉ et 4ᵉ). Le prétérit défini qui est toujours en ah dans Beltran, est changé en ahi ou ahma dans l’autre, qui présente en outre un passé du même verbe, précédé de l’auxiliaire avoir. Ex.: Ten in yanhi in zahtic, j’ai craint.
Le plus-que-parfait, dans les verbes anciens, ajoute au prétérit défini ili avec cuchi, et le futur passé ili cochom. Ex.: In tzicahili-cuchi, j’avais obéi; in tzicahili-cochom, j’aurai obéi. Le verbe moderne fait en se modifiant in tzicahma-cachi, pour le plus-que-parfait et au futur passé ten ɔooc u yantal u tzicic, c’est-à-dire qu’il se fait précéder d’une particule et d’un verbe auxiliaire.
Dans tous les verbes anciens et modernes, ce qui caractérise le futur simple, c’est la particule bin, qui n’est autre que le radical du verbe binel, et joue par conséquent le rôle d’un verbe auxiliaire. Ainsi quand on dit ten bin in yacunte, j’aimerai, c’est comme si l’on disait je vais aimer.
Des particules hi et hihuil, qui précèdent l’imparfait, le prétérit, le plus-que-parfait et le futur du subjonctif, on ne retrouve quelque chose que dans le prétérit yan-hi du verbe yantal, avoir[20].
Au présent du subjonctif, deux pronoms sont usités au lieu d’un: dans la première conjugaison de Beltran, le premier ten est placé avant le verbe, et le second en après. Dans les trois autres conjugaisons anciennes, comme aussi dans la conjugaison moderne, le premier et le second pronoms précèdent le verbe. Dans les autres modes et temps, les pronoms, dans les trois dernières conjugaisons, sont placés avant le verbe; ils le suivent dans la première. Dans les temps du présent et de l’imparfait, les pronoms de la première classe, ten, tech, etc., sont usités pour les trois dernières conjugaisons, et pour la première ce sont les pronoms de la troisième classe, in, a, u. Dans tous les autres temps, les pronoms de la seconde classe, en, ech, laylo, sont employés pour la première conjugaison, et les pronoms de la troisième classe dans les trois autres.[21]
«Beltran, ajoute ici Gallatin[22], n’assigne aucune raison qui explique la variation de ces divers pronoms.» Les grammaires anciennes sont probablement insuffisantes ou incomplètes, tout autant que les grammaires modernes; mais les explications que l’on ne trouve pas dans ces ouvrages, on peut par analogie les déduire des autres langues de l’Amérique centrale. En effet, si l’on prend, pour point de comparaison, le groupe des trois langues principales du Guatémala, on reconnaît immédiatement dans les pronoms du présent ten, tech, etc., le tin, ta, tu, du cakchiquel, composé de la particule ta ou tan, indiquant dans celle-ci l’actualité comme ta ou táan dans le maya; en ou in, ech et a, etc., pronoms possessifs dans l’origine, sont devenus personnels. Ainsi quand on dit ten cambezic, j’enseigne, en prenant le sens étymologique, on trouve actuellement: Mon enseigner ou enseignement. Cuchi, cach, cachi sont des variétés de formes pour exprimer le passé, dont le sens se retrouvera par l’étude plus approfondie de la langue, et la particule ah, pour le prétérit, y fait exactement l’office de x, ix ou xi dans le quiché et le cakchiquel, où ils ont une fonction toute diminutive.
DES VERBES IRRÉGULIERS.
Nous avons parlé plus haut (page 466) des verbes actifs ou transitifs, et de quelle manière on peut leur appliquer la règle des verbes neutres ou intransitifs. Mais il y a une autre règle, universelle à cet égard, c’est que la formation du prétérit et du futur d’un verbe transitif, changé en intransitif, diffère également, dans l’ancienne grammaire, de la formation usitée dans les verbes transitifs ou intransitifs, que nous avons fait connaître plus haut. Quoiqu’il y eût quelques variations, la règle générale était que les verbes transitifs, devenant intransitifs dans la première conjugaison, prenaient les pronoms usités dans ces derniers; mais la terminaison du prétérit, au lieu d’être simplement i, faisait nahi; et le futur faisait nac au lieu de cac. Ainsi tzicah au lieu de tzici, se change en tzicnahi, et au lieu de tzicac faisait tzicnac.
La même règle s’observait encore par rapport aux verbes composés. Ainsi çhahaa, porter de l’eau, faisait au prétérit çhahaanahi, il a porté de l’eau, et au futur bin çhahaanac, il portera de l’eau.
Comme exception à ces règles, nous citerons le verbe intransitif keluc, tuer, transpirer, dont l’infinitif et le présent ne se terminent pas par l, mais qui forme toutefois son prétérit en nahi et son futur en nac. Okol, pleurer, fait au prétérit oknahi, et futur bin okolnac.
Certains verbes se composent par l’addition de la particule hal ou hil à des noms, pronoms ou adverbes, signifiant alors l’identification de la chose avec une autre, ou avec une personne. Ainsi uinic fait uinic-hal, se faire ou devenir homme; hunppel, un, fait hunppelhol, s’unifier, se singulariser. Yaab, beaucoup, yábhal, multiplier, etc. Tous ces verbes forment leur prétérit et leur futur comme le verbe neutre, par exemple yan ou yantál, avoir. Ainsi uinac-hal, fait uinic-hi, il s’est fait homme, bin uinicac, il se fera homme. Cette particule hal qui ne paraît être qu’un ancien verbe avoir, ne serait-elle pas l’origine de la plupart des infinitifs des verbes se terminant en al? On trouve dans Ruz un certain nombre de verbes qui suivent les règles des verbes en hal, à peu près comme dans Beltran.
Entre autres verbes irréguliers, binel, aller fait au présent bin in cah, allant je suis: binen au présent et bixicen au futur, d’après Beltran. Suivant la grammaire de Ruz, il fait au futur ten he in binel, j’ai (à) aller, etc.
Suivant Beltran, cah aurait la signification d’agir ou de faire quelque chose, ce qui équivaut, après tout, à l’être, car qui agit existe: il se conjugue in cah, j’agis, a cah, tu agis, u cah, il agit, ca cah, a cahex, u cahob, nous, vous, ils, etc. A l’imparfait nous trouvons cahcuchi, il agissait, etc.
Certains verbes dont le radical est en ah ou en oh et le présent en al ou en ol, forment leur prétérit et leur futur de cette manière: Bohol prétérit bohlah, futur bohlé, etc.
Les verbes fréquentatifs se forment comme dans le quiché[23], en redoublant la première syllabe, comme lom, mouvoir ou frapper, lomlomah, frapper ou mouvoir souvent. Quelquefois aussi le redoublement indique un diminutif, comme chocou, chaud, qui fait chochocou, tiède, etc.
Lorsque le verbe se combine à la fois avec le nominatif et un pronom qui en est le régime, il n’y a pas de difficulté quant au régime de la première et de la seconde personne. Les pronoms de la seconde classe en, ech, au pluriel, on, ex, sont respectivement les régimes de ceux de la première classe; mais il paraîtrait, d’après Beltran, que ceux-ci sont suivis alors des pronoms de la seconde classe, précédés de la particule ca avec laquelle ils se composent. Ainsi avec le verbe moc, lier, nous avons pour la combinaison du premier et du second pronoms:
Ten cin (pour ca in) moc ech, je te lie ou je lie toi. Tech ca (pour ca a) moc en, tu me lies. Ten cin (pour ca in) moc ex, je vous lie. Tech ca (pour ca a) moc on, tu nous lies.
A la troisième personne, le régime est souvent sous-entendu, bien qu’on le trouve exprimé quelquefois dans la finale du verbe terminant en c ou ic pour le singulier, et en ob pour le pluriel, le verbe dans sa forme active suffisant par lui-même pour annoncer le régime.
DU VERBE PASSIF.
D’après Beltran, la voix passive, pour la seconde et la troisième conjugaison, se forme en ajoutant abal ou tabal à la racine du verbe; cambez, enseigner, cambezabal être enseigné; yacun, aimer, yacuntabal, être aimé. Pour la troisième conjugaison, on ajoute simplement à la racine la lettre l, précédée de la voyelle radicale du verbe. Ex.: Tzic, obéir, tzicil, être obéi; tal, toucher, talal, être touché; mol, réunir, molol, être réuni. Cependant si le verbe se termine par une voyelle, on ajoute bal, comme ɔa, donner, ɔabal, être donné.
On peut observer au sujet de ces verbes, qu’ils rentrent tous ici dans la catégorie de ceux dont il est question dans la grammaire quichée, dont la terminaison en bal annonce l’instrument pour faire ou le lieu où se fait la chose. Ainsi par exemple si l’on dit en maya in molol, je suis réuni, c’est comme si l’on disait je la réunion ou ma réunion; a yacuntabal, tu es aimé, ou bien ton amour ou ton être aimé. Ex.: U cambezabal utial in yum, il est enseigné, instruit par mon père; mot à mot son instruction (est) à cause de ou par mon père.
Dans la grammaire de Ruz, le passif est formé exactement comme dans la langue française ou espagnole, etc., à l’aide de l’auxiliaire laytal, être. Ex.: Le nicteoob lay (ou layoob) chanoob tioklal le uinicil; les fleurs sont cueillies par le peuple.
La grammaire de Beltran ajoute que les verbes intransitifs de la première conjugaison ne peuvent d’aucune manière prendre la forme passive: ainsi naczabal, ou naczal, n’est pas le passif de nacal, se lever, mais de naczah, lever.
Ce que nous remarquons à notre tour au sujet de ce verbe, c’est qu’il révèle une particularité commune aux verbes des langues quichée, cakchiquèle et à plusieurs autres de l’Amérique centrale et du Mexique, que, ni Gallatin, ni Norman, ni Ruz ne paraissent avoir observée: c’est la faculté compulsive que nous trouvons dans le verbe naczah, actif, lever, qui n’est autre chose que le compulsif de nac ou nacal, se lever, ou faire qu’on se lève. Ainsi de cim ou cimi, mourir, on fait cimzah, faire mourir ou tuer, de tzic, obéir, tziczah, faire ou forcer à obéir, etc.[24].
Terminons cet abrégé par quelques observations rapides: les particules ca et he sont alternativement conjonction et pronoms relatifs. Ex.: Ma in kat ca a cambez, je ne veux pas que tu enseignes.—Ohelté he Pedro cimi, sache que Pierre est mort, etc.
Observons encore que la lettre t (probablement pour tin ou ten) est préposée d’ordinaire au prétérit de la première conjugaison pour le distinguer de l’impératif. Ex.: t’nacen, je me suis levé.
Le changement de l’i, dans certains verbe en ci, en modifie le sens de cette manière. Cimi in ná, ma mère est morte; cimci in ná, depuis que ma mère mourut.
Ten ci in ou ten cin était souvent substituée à in cah, je suis, dans les verbes neutres et dans ces verbes commençant par une voyelle, le pronom in pouvait être supprimé de cette manière: Ten cualic, je le dis.
Les syncopes, si fréquentes dans toutes les langues de l’Amérique centrale, se retrouvent encore ici fort nombreuses et fort variées. Ainsi ten tziccech pour ten tzicic ech; tzic a yum, pour tzice; cah pour ca h, ou ca ah, signe du masculin. Cambzic pour cambezic; tla pour tela; tucle pour tucule; zazcob pour zazacob, etc. Comme dans le quiché, avec lequel le maya a de si grandes analogies, on y substituait aussi le pronom u à in possessif devant une voyelle, et l’on disait ti u’otoch, à ma maison, au lieu de ti in ou tin otoch, etc.
Ces notions, quelque rapides qu’elles soient, suffiront avec les prières que nous joignons ici pour donner au lecteur une idée de la langue maya et lui permettre d’en faire la comparaison avec celles de l’Amérique centrale que nous lui avons déjà fait connaître: nous aurions étendu encore ces notions, si les éléments en eussent été à notre disposition. Avec le vocabulaire abrégé que nous faisons suivre, nous complétons notre travail sur le Yucatan, en attendant que des documents nouveaux ou une exploration dans cette péninsule si digne d’intérêt nous permette d’en dire davantage.
LES PRIÈRES EN MAYA ET EN FRANÇAIS D’APRÈS LE P. JOAQUIN RUZ.
LETI H C YUM.
Il c Yum, ca yanéech ti le caanoob, cilichcuntabac a kaba, talac ti c toon a ahauil, mentabac a uolah bay tile luum hebic ti le caan: leti c uah ti amalkinil c ɔatoon behelé, iix c zatez c toon c paxoob, bay hebic c toon c zaat-zicoob ti ahppaxoob c tooné: Iix ma a ppaticoon lubul ti tuntabul kaz, hebac tocoon ti lobil. Bay layac.
L’ORAISON DOMINICALE.
Notre Père qui es au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne nous arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel: donne-nous notre pain quotidien et pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés: Et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal. Ainsi soit-il[25].
LETI TÉEZ DIOS MARIA.
Téez Dios Maria, chupech ti gracia, leti c Yumil lay a uicnal; cici-thanhanech ichil le xçhuplaloob: Iix u cici-thanbilil leti u ɔa-ich ti a nak Jesus. Cilich Maria, u na Dios okoltbanen tioklal c’toon ah-kebanoob behelé iix tile u orail ti cimilé. Bay layac.
LA SALUTATION ANGÉLIQUE.
Je te salue, Marie[26], pleine de grâce, le (notre) Seigneur est avec toi; bénie tu es entre toutes les femmes: Et béni le fruit de ton ventre, Jésus. Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de la mort. Ainsi soit-il.
LETI IN UOCZICUOL TI DIOS.
In uoczicuol ti Dios Yumbil yuchucil-zinil, ah-zihzahul ti le caan iix ti le luuni, iix ti Jesu-Cristo, ú ppel mehen, h c Yum, ca hiçhnaktabhi tioklal u meihul ti le Espiritu-Santo. Iix zihi ti cilich zuhuy Maria: Tu manzah numia yalan ti le u yuchucil Poncio Pilato: zinlahi ti cruz, t’ cimi iix t’ muuci; t’ emi ti le metnaloob, iix ti yoxppel kinil caputcuxlahi ti ichil le cimenoob; t’ naci ti le caanoob iix yan culaan ti le u nooh Dios Yumbil yuchucil-zinil; tac tilo bin yanac u talel ti u çhaic nuucul cuxtal ti le cuxanoob, iix ti le cimenoob. Yn uoczicuol ti leti Espiritu-Santo, le cilich Iglesia catolica, le u etmalkam ti le santoob, leti u zahat-zahul ti le kebanoob, le caputcuxtal ti le bakel, iix le cuxtal maxulunté. Bay layac.
LE SYMBOLE DES APÔTRES.
Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu (par l’œuvre) du Saint-Esprit et né de la (sainte) vierge Marie: Qui a souffert (éprouvé des souffrances) sous Ponce-Pilate: a été mis en croix, est mort, a été enseveli; est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité d’entre les morts; est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger (prononcer la sentence) les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, la communion des saints, la rémision des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il.
FIN DE LA GRAMMAIRE.
NOTES
[1] Voir plus haut Relacion de las Cosas de Yucatan, page 96.
[2] Francisco Gabriel de San-Bonaventura écrivit un Arte de el idioma maya, imprimé à Mexico en 1580, in-8ᵒ. L’ouvrage de Beltran porte le titre suivant: Arte de el idioma maya, reducido a succinctas reglas y semi-lexicon Yucateco, Mexico, por Bernardo de Hogal, 1746, 4ᵒ.
[3] Gramatica Yucateca, por el P. Fr. Joaquin Ruz, formada para la instruccion de los indigenas, sobre el compendio de D. Diego Narciso Herranz y Quiros, Merida de Yucatan, por Rafael Pedrera, 1844, in-12.
[4] La lettre h, dans les ouvrages modernes, où elle est précédée de la lettre t, est toujours barrée par le haut, pour indiquer un son différent du th anglais; nous n’en avons pas mis ici, n’en voyant pas la nécessité: il suffit de savoir que ce th a un son qu’on ne peut apprendre que par l’usage.
[5] La lettre é à la fin des noms est un signe du vocatif, comme dans plusieurs autres langues de l’Amérique.
[6] Ce que nous avons dit pour la langue quiché et ses dialectes, nous le répétons ici pour le maya, où le son x ou ix exprime le féminin, exactement comme le she anglais. Ce même son, placé devant certains noms de choses ou d’animaux, en modifie aussi la qualité dans un sens d’infériorité. Voir ma Grammaire de la langue quiché, pages 4 et 5.
[7] Ainsi ixok, femme, dans le quiché, indique le sexe de l’animal; coh, lion, ixok-coh, lionne; de même encore en anglais a she-lion, une lionne.
[8] Dans le quiché, le pluriel se forme généralement par l’addition des voyelles, ab, ib, etc.
[9] C’est ainsi que dans la grammaire et les sermons du père Joaquin Ruz, l’adjectif, par une corruption espagnole et contraire au génie de la langue maya et des langues congénères, se trouve le plus souvent après le nom qu’il qualifie.
[10] Très-commune encore dans les sermons de Ruz.
[11] On peut remarquer encore ici la ressemblance qui existe entre la formation du verbe réfléchi et du verbe passif.
[12] Voir ma Grammaire de la langue quichée, page 95.
[13] On peut voir dans la même Grammaire quichée, page 42, ce qui se dit au sujet de ca, verbe substantif être qu’on retrouve dans le quiché, dans le nahuatl ou mexicain, dans le quichua, etc.
[14] Rambles in Yucatan, p. 244.
[15] Ce qui montre combien ces distinctions de Ruz sont vaines, c’est qu’après avoir établi par exemple que la première conjugaison fait l’infinitif en al, et la seconde en ic, donne précisément à celle-ci, en la conjuguant, la même terminaison en al, et fait l’infinitif zahtáal.
[16] Dans Ruz les pronoms personnels du prétérit défini sont ceux de la première classe ci-dessus comme dans l’indicatif présent de cambezic, à l’exception toutefois de la troisième personne singulière et plurielle qui est letile, letileoob, au lieu de lay et de loob.
[17] La finale i dans naci paraît n’être qu’une forme de pronom de la troisième personne transformée de u en i, comme on le voit par l’y qui précède actuellement un grand nombre de mots commençant par une voyelle, et qui n’est autre chose que le pronom ou l’article possessif u, devenu partie intégrante du mot auquel il est joint.
[18] Ɔoc, ɔoci, ɔooc ou ɔooci signifient ici une chose finie, terminée; ils appartiennent probablement à un verbe ayant ce sens. Ainsi en disant ten ɔoc u yantali, c’est comme si l’on disait, je finis l’ayant ou mon avoir, etc.
[19] Taan u zahtic, craignant et mot à mot, actuellement ou présentement sa crainte.
[20] Le monosyllabe hi semble lui-même être un ancien verbe avoir comme le hab ou habi du quiché; ce qui expliquerait parfaitement le verbe dans ce cas: ten yan hi, je ai eu; hi serait donc le passé de hé, autre présent qu’on retrouve aussi dans la grammaire de Ruz pour exprimer le futur du verbe binel, aller. Ainsi, au lieu de dire bin, binel, j’irai, il dit là ten he in binel, j’irai, et mot à mot j’ai mon aller: or, l’infinitif de ce verbe ne serait autre que hal qui, suivant Beltran, sert à composer les verbes exprimant identification d’une personne ou d’une chose avec une autre, ainsi qu’on le verra plus loin.
[21] Les voyelles doubles aa, ee, oo, qui ne sont que a, e ou o, longs, deviennent souvent brèves en composition; c’est ce que le lecteur ne devra jamais oublier en lisant des livres en langue maya.
[22] Voir son exposé du la grammaire de Beltran dans le vol. I. des Transactions of the American Ethnological Society, New-York, 1845.
[23] Grammaire de la langue quichée, page 109.
[24] Grammaire de la langue quichée, page 119.
[25] Il y a dans cette traduction de l’oraison dominicale une abondance d’articles et de propositions qui n’existe pas dans celle qui fut composée au commencement de la domination espagnole, plus simple, mais bien plus énergique et plus conforme à l’ancien génie maya.
[26] En espagnol il y a: Dios te salve, Maria, qui est bien moins expressif et moins vrai que Ave Maria; Ruz a suivi l’espagnol dans sa traduction, mettant le mot Dios pour Dieu, gracia pour grâce et orail pour heure. Il est remarquable et curieux à la fois d’observer combien, en Amérique, les Espagnols qui se donnent pour si parfaitement catholiques, ont modifié à leur manière et souvent altéré les prières si simples et si belles de l’Église catholique romaine.
VOCABULAIRE MAYA-FRANÇAIS D’APRÈS DIVERS AUTEURS ANCIENS ET MODERNES.
A
A, pron. pers. et poss. tu, toi, ton, ta, tes. Voir Atial.
A. interj.
AAL ou al. v. dire, exprimer, aviser; prés. aalic; pass. alahantac.
ABAL. s. petit fruit appelé xocotl au Mexique, et ciruela par les Espagnols (Landa).
AC. s. langue.—nom d’une plante dont les Mayas prenaient les feuilles, pour les placer dans les trous que, par pénitence, ils se faisaient dans la langue.—tortue de mer.
ACAM, rad. d’acaialáal. v. fatiguer, lasser.
ACAN. s. oncle.
ACANTUN. s. nom particulier à plusieurs dieux du Yucatan (Landa).
ACANUM. s. nom d’un des dieux protecteurs de la chasse (Landa).
ACTAAN, ou actán. prép. adv. avant, devant.
AH ou ’h. particule préfixe indiquant le masculin pour l’homme et quelques animaux;—particule possessive qui, placée devant un nom de ville, de village, indique qu’on en est;—placée devant certains animaux ou objets, indique la profession, le métier;—interj.
AHAU. s. roi, souverain, seigneur;—ahaue au féminin.
AHAU-CAN. s. vipère.
AHAU-CUTZ. s. dindon sauvage.
AHAUINTAAL. v. régner, dominer.
AHAULIL. s. royaume, État, règne.
AHBOBAT ou ’hbobat. s. prophète.
AHBOOL. s. rémunérateur.
AHCABNAL. s. chercheur d’essaims d’abeilles.
AHCAMBAL. s. disciple.
AHCANXOC. s. requin.
AHCITZ. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).
AHCOIL. n. adj. fou; xcoil, folle.
AHCUNAL ou ahcunyah. s. sorcier, devin.
AHCUXAN. adj. m. vivant.
AHƆAUL. n. adj. glorificateur.
AHƆIB. n. ad. écrivain.
AHƆIPIT. s. le doigt annulaire.
AHƆUYAH. s. médecin.
AHEZ. s. sorcier.
AHHUEH ou ahuah. n. adj. planteur, colon.
AHKAK-NEXOI. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).
AHCAUAL. adj. m. ennemi.
AHKIN. s. prêtre. astrologue.
AHKULEL. s. magistrat.
AHLOHIL. s. rédempteur.
AHMIATZ. s. prophète, sage.
AHOCOLAL. adj. m. fidèle.
AHPPOLOM. n. adj. marchand.
AHPUA. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).
AHTEPAL. adj. m. vertueux, estimable;—titre donné aux rois mayas; majestueux, auguste (Voc. antig.)
AHTOC ou ahtok. adj. m. allumeur, qui allume, celui qui gardait le feu.
AHUAN-CHAC. s. géant.
AHUTZUL-YANIL. adj. m. bienheureux.
AHUIH. n. adj. affamé.
AHUITZIL. n. adj. montagnard.
AHXAB. s. blaireau.
AHZIBIC. s. dauphin.
AHZIZAHUL. adj. m. créateur.
AHZUC. adj. doux, paisible.
AI. interj.
AYIKAL. n. ad. riche.
AYIKALIL. richesse, biens.
AIN. s. caïman.
AK. s. sanglier.
AKAB. s. nuit.
AKXAH. s. rouille.
AL. adj. pesant, lourd.
ALABOLAL. s. espoir, espérance.
ALAN. prép. sous, dessous.
ALAN, alancal ou yalancal. v. accoucher.
ALCAB. v. courir.
ALIL. adj. pesant, importun, insupportable, profond.—s. pesanteur.
ALMAHTHAN ou almahthântal. v. déterminer, ordonner, commander.
ALMAHTHANIL. s. loi, précepte, ordonnance.
ALMEHEN. n. adj. noble.
ALNAC. prép. pour.
ALUX. s. nom d’une sorte de fantôme.
AM. s. araignée.
AMAL. adj. adv. chaque, assez, suffisamment, toujours.
AMALCUM. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).
AMALKINIL. adj. quotidien.
AMAN. s. le rhumb du nord, le nord.
ANAL. v. avoir, être présent; prét. ani, fut. anac.
ANTAHUL. s. aide, service, secours.
ATAN ou yatan, atambil ou atantzil. épouse, femme.
ATANCIB. s. mariage pour l’homme.
ATANTAH. v. se marier, prendre femme.
ATIAL. pron. poss. sing. ton, tien, le tien.—pl. atialéex. votre, etc.
ATIIL. pr. pers. sing. acc. tu, toi.
AUAC. s. cri.
AUAT-MÓ. s. point de côté.
AX. s. verre.
B
BA ou bo. s. taupe.
BA. particule radicale interrogative ou dubitative: que, est-ce que?—pron. réf. in-ba, moi-même; a-ba, toi-même, etc.
BAAC. s. enfant, petit garçon.
BAAK. s. viande, chair. V. bak.
BAAL ou bál. s. pron. chose, quelque chose.
BAALANIK. s. ventuosité.
BAAX ou bax. pron. inter. qui, que, quoi?
BAAZ. s. mallette d’osier ou de joncs (huacalli en mexicain).
BAB. v. ramer.
BACAB. s. nom des quatre dieux fondateurs, soutiens du monde (Landa).
BAC-HAA. s. héron.
BAÉ ou baéex. pron. réf. plur. cabaé, nous-mêmes.
BAH. rad. du verbe clouer, attacher (Registro Yucateco).
BAHUN. adv. de quantité, tant, autant, combien, suffisamment, excessivement, de cette manière.
BAY. adv. ainsi, de cette manière.—Bay-layac, ainsi soit-il.
BAYA. prép. vers, du côté de;—choses, œuvres.
BAYTAL. v. arriver, se faire ainsi, se faire que.
BAYTELÓ. adv. là, par-là, de ce côté-là, au delà.
BAK ou bakel. s. chair, corps matériel;—os, rocher, fondement, enceinte, fortification, le membre viril.
BAL. Voir báal.
BALA. pr. inter. est-ce, est-ce que, par hasard?
BALACHI. s. bête fauve.
BALAM. s. ocelot, sorte de tigre;—nom d’un fantôme et d’un ballet au Yucatan.
BALCHÉ. s. arbre dont l’écorce se mettait dans l’hydromel au Yucatan, afin de le rendre plus fort. (Reg. Yucat.)
BALƆAM. s. nom qui se donnait aux représentations scéniques au Yucatan;—bouffon, acteur. (Cogolludo, Hist. de Yucatan.)
BALNAIL. s. famille.
BALNAKIL. s. gourmandise, gloutonnerie.
BALNATEL. s. famille.
BAMBANI-CIMIL. s. contagion.
BAT. s. flambeau;—neige, grêle (Ruz)—hache.
BATAB. s. capitaine, chef, seigneur d’un rang inférieur.
BATEIL. s. guerre.
BAXAL. s. badinage.
BAXALTAAL. v. badiner, s’amuser, rire aux dépens d’un autre.
BE ou beel. s. chemin, route, marche.
BECECH. adj. fin, délicat, délié, menu;—particule exprimant le vocatif.
BECHLAÉ. adv. maintenant, actuellement.
BEEL-HAA. s. canal, cours d’eau.
BEENTAH. v. dépenser économiquement, ménager.
BEHELAÉ, behelé. adv. maintenant, actuellement, aujourd’hui.
BEI. adv. comme cela, ainsi.
BEIL. s. chemin, route.
BELIN ou belinthal. v. voyager, cheminer.
BELINTIC. v. continuer, diriger.
BIC. pronom disj. chacun à part. Ex.: Bic u çhaic hunppel uail, chacun prend son pain;—pron. inter. comme, que, quel. Ex.: Bic lay a tucul, quelle est ton opinion?—pron. adm. Ex.: Bic numya, quel trouble!
BICI ou bicié. interj.
BIKIN. conj. quand.
BIKINIL. adj. rare.
BIL. v. tordre.
BILAL. v. servir.
BIN. rad. de binel, servant de particule pour exprimer le futur. Ex.: Ten bin in zahté, je craindrai, mot à mot, actuellement, je vais craindre.
BINEL. v. aller, suivre. Ex.: Ten in binel, je vais.—Ti tuux, où?—Ti Ho, à Mérida.
BITUN. s. sol, terrain, local.
BIZAAL. v. porter, enlever;—p. pass. bizáan.
BIZABIL. v. conduire, mener.
BO. n. adj. qui est rond, gonflé.
BOBAT. Voir ahbobat.
BOBEX. s. hanche.
BOHOL. v. explorer; prés. bohlah, fut. bohlé.
BOIBENZAH. v. agir en médiateur, intercéder.
BOKOLHAHOCH. s. sorte de fantôme, causant des bruits souterrains, qui prend quelquefois la forme d’un chacal (Reg. Yucat.)
BOL. n. adj. ce qui retourne, qui roule, qui se rend. Voir bool.
BOLIL. s. satisfaction.
BOLON ou bolonppel. adj. n. neuf, neuvième.
BON. s. jupon brodé;—adj. impur, taché, souillé, peint.
BONLIL. s. tache, souillure, peinture.
BOOI. s. ombre.
BOOIBENZAH. Voir boibenzah.
BOOL. s. récompense, rémunération, payement.
BOTAAL. v. payer;—au prés. botic, prét. botah.
BOTABAL. s. payement, satisfaction.
BUC ou buuc. s. ornement, habit.
BUCINTAAL. v. habiller, vêtir, orner.
BUKXOC. s. nom du comput général des semaines dans le calendrier.
BULEB. s. vase, pot de terre.
BULUC ou bulucppel. adj. num. onze.
BUO. s. fumée.
BUUC. s. rechange de linge, vêtements.
BUZ. s. bosse.
C
C ou c’. pr. pers. et poss. notre, nous, pour ca.
CA. pr. pers. et poss. notre, nous;—pron. rel. qui, lequel, que, ce qui, eux, etc.;—adj. num. deux.—interj.
CAAN. s. ciel.
CAANLIL ou canlil. adj. céleste, élevé.
CAB. s. miel, douceur.
CABA. pron. réfl. nous-mêmes.
CABAL. adj. bas;—prép. et adv. en bas, à terre, dans, dessous, doucement.
CABCOH. s. sorte de loup.
CABIN. conj. quand, lorsque.
CABNAL. s. essaim, ruche d’abeilles.
CACAB. s. bourg, village, hameau.
CACH. particule exprimant le passé dans l’imparfait, toujours placé après le verbe (anciennement cuchi). Ex.: Ten in yacuntic, j’aime;—ten in yacuntic cach, j’aimais;—ten in yacunma cachi, j’avais aimé.
CA-ƆAAN. conj. c’est pourquoi, pour cela que.
CAH. v. subs. être;—v. a. faire.
CAHZAAL. v. accommoder.
CAY. s. poisson.
CAIBAL. v. pêcher;—s. action de pêcher.
CAHAINTÉ. s. ver qui ronge le bois.
CAL. s. gorge.
CALICIL. conj. tandis, pendant que, cependant, sur ces entrefaites.
CALUAC. s. sorte de bâton, gros et court, insigne de l’autorité des intendants des princes à Mayapan (Landa).
CAM, ou can. s. couleuvre, serpent.
CAMACH. s. mâchoire.
CAMBAL. v. apprendre.
CAMBEZ ou cambezáal. v. instruire, enseigner.
CAMBEZAH. adj. maître, qui enseigne.
CAMPECTZIL. s. murmure, colère.
CAMZAAL. s. doctrine, instruction, enseignement.
CAN. s. serpent;—adj. num. quatre.
CANAANTAAL. v. garder.
CANAL. prép. adv. en haut, au haut de, sur;—hautement, à haute voix.
CANALCUNZAAL. v. exalter, élever, louer, agrandir.
CANALIL. adj. superlatif;—s. grandeur, élévation.
CANHATZUL. adj. num. en quatrième partie.
CANIC. v. savoir.
CANLAHUN, adj. num. quatorze.
CANPPEL ou cante, adj. n. quatre.
CAPAL. v. introduire.
CAPPEL. adj. num. second, deuxième.
CAPPELCUNTIC. v. douter.
CAPPELCUNZAH. s. doute.
CAPUT. adv. de nouveau, derechef, pour la seconde fois.
CAPUTCUXTAAL. v. ressusciter.
CAPUTCUXTABAL. s. résurrection.
CAPUTZIHIL. v. renaître, naître une seconde fois, et par extension se dit d’une sorte de baptême qu’on administrait au Yucatan.
CATAC. conj. ainsi que, jusqu’à ce que.
CATEN ou tu-caten. adv. de nouveau.
CATUL. adj. num. deuxième.
CATZUBTAAL. v. éclaircir, expliquer.
CAX ou caax. s. poulet.
CAXTIC. v. chercher. Ex.: Baax à caxtic, que cherches-tu?
CEB. s. cerf, chevreuil.
CEEL. s. fièvre intermittente, frissons.
CEEM. s. aveu, confession.
CEH. s. cerf, chevreuil.
CEL. s. œuf.
CELEMBAL. s. épaule.
CEN ou cenamil. s. ornement.
CENCOC. s. asthme, catarrhe.
CENIAL. s. nom qu’on donnait anciennement au rhumb du levant et que Lizana traduit par petite descente.
CETLIL. s. égalité;—adj. pron. égal, deux choses, l’un et l’autre, ensemble.
CEXI. conj. quoique.
CEXILAC. conj. pourvu que.
CEXMAC. pron. ind. quelque, quoi que ce soit;—calmac, quel que soit le genre, etc.
CI. s. maguey ou aloès américain.
CIB. s. cire, copal.
CIBOLTIC. v. vouloir, permettre.
CIC. s. sœur aînée.
CICHCELMIL. s. beauté.
CICIƆAANIL. s. perfection.
CICILAN. s. tremblement de terre.
CICILANCAL. v. trembler la terre.
CICITHANBIL. adj. béni.
CICITHANBILAL. s. bénédiction, louange.
CICITHANTIC. v. bénir.
CIHIL. v. dire.
CIHOM. s. arbre dont on prenait les feuilles pour répandre dans la cour du temple au baptême des enfants (Landa).
CILBAIL. s. salive, bave.
CILICH ou cilichil. adj. divin, sacré, saint.
CILICHTALIL. s. divinité, sainteté.
CIMAC. adj. agréable, qui convient.
CIMACOLAL. s. plaisir, joie, allégresse.
CIMACTAL. v. se réjouir.
CIMACUNZAH. v. causer de la joie, du plaisir;—s. complaisance.
CIMBEZAH. v. blesser.
CIMEN. adj. défunt, mort.
CIMEN-CHUC. s. charbon.
CIMIL. v. mourir.
CIMILÉ. s. la mort.
CIMZAH. v. tuer;—n. adj. meurtrier.
CIOLTIC. v. désirer, vouloir (racine ol).
CITAN. s. sanglier, cochon sauvage.
CIUMIL. s. Dieu, maître, seigneur.
CIZ. s. pet.
CIZIN. s. démon, mauvais génie, esprit du mal.
CO. s. dent;—v. rad. venir, aller.
COBEN. s. cuisine.
COBOL. s. hermaphrodite.
COC. s. asthme, rhume, catarrhe.
COCAI. s. luciole.
COCAN. s. sorte d’acupuncture. (Reg. Yucat.)
COCHIL. s. circuit.
COCOM. s. écouteur, qui entend, qui croit (Vocab. antig.), nom d’une ancienne famille royale du Yucatan.
COCZEN (?) s. asthme, catarrhe.
COCZIƆIL. s. avarice.
COH. s. lion, puma.
COICABIL. s. charité.
COIL. s. folie.
COIOM. s. titre d’un officier dans les cérémonies du temple au Yucatan.
COL. s. matelas.
COLEBIL. s. seigneur, maître.
COLEL. n. adj. maître ou maîtresse.
COLNAAL. s. matelassier.
COLOM-CHÉ. s. sorte de roseau ou bambou.—nom d’une danse au Yucatan.
COM, coom ou comil. s. vallée, enfoncement, amoindrissement, infériorité;—adj. moindre, bref;—adv. brièvement.
CON. v. vendre.
COOM. Voir Com.
COOC. adj. sourd.
COOCIL. s. surdité.
CÓOT. s. aigle;—v. venir vite, accourir.
COPO. s. arbre dont on répandait les feuilles dans la cour du temple en certaines cérémonies (Landa).
C’TIAL. pron. poss. notre, le nôtre.
C’TOON, c’toneex. pron. pers. nous.
CU. pron. pers. de tout genre, il, lui, elle, eux;—cu-tialtic, pron. poss. sien, son, sa.
CUBA. pron. réf. lui-même, elle-même.
CUC ou cuceb. s. écureuil.
CUCHAAL. v. charger, porter, accabler, embarrasser.
CUCHI. particule du passé dans l’imparfait et autres temps, dans les verbes anciens.
CUCHIL. s. lieu, place.
CUCHUL. n. adj. compagnon.
CUCPAHAL. v. tenir, pouvoir être contenu.
CUCUL. s. marmite.
CUCUT. s. corps.
CUÉ. s. coude.
CUITUN. s. nom d’un livre contenant l’histoire de la création du monde, de l’homme, etc., suivant les Mayas (Cogolludo).
CUIUB. s. cuirasse, armure.
CULCAL. s. cervelle.
CULEL. v. s’asseoir.
CULIHUAL (?) s. sorte de tourte faite de frijoles ou haricots du pays (Reg. Yucat.)
CUM. s. vase, marmite, chaudière, grande écuelle.
CUMCINTAAL. v. contenir, réprimer.
CUMHU ou cumkú. s. éclat, roulement du tonnerre, bruit de l’orage.
CUP. n. adj. qui est chaud, étouffant.
CUTAAL. v. rester, demeurer, s’asseoir.
CUTAL. s. racine, commencement, origine.
CUTZ. s. nom générique du gibier ailé.
CUTZHAA. s. sorte de canard.
CUXABAL. s. vie, âme, cœur.
CUXAN. n. adj. vivant.
CUXLAC. part. adj. vivant.
CUXOLAL. adj. prudent, honoré, modeste.
CUXTAAL. v. vivre.
CUXTAL. v. vie.
CUXUL. adj. vif, vivant.
CUZAM. s. hirondelle. De là Cuzamil ou Ah-Cuzamil, nom de l’île de Cozumel.
CH (son de tch)[1].
CHAAC ou chác. s. foudre, tonnerre, orage, pluie;—nom générique des divinités protectrices des eaux et des moissons;—titre d’une classe d’officiers laïques, au nombre de quatre, qu’on élisait dans chaque localité pour aider le prêtre dans ses fonctions (Landa).
CHAC. adj. rouge.
CHACANIL. s. fièvre.
CHACBAKEL. s. cuisse.
CHACMITAN. s. famine (Pio Perez).
CHACOH. s. léopard.
CHACPICH. s. vertèbre.
CHACUIK. s. mal de bouche, de dents.
CHAI. s. obsidienne?
CHAKAKAL. s. tempête.
CHALAA. v. laver.
CHALAT. s. côte.
CHALAT-CHÉ. s. poutre.
CHAM. s. molaire.
CHANAL. s. souliers, sandales.
CHAPAHAL ou chapail. s. infirmité, maladie.
CHAUAC-HAA. s. nom d’une province de Yucatan, dans laquelle se trouvait Chichen-Itza (Cogolludo).
CHE. s. bois, arbre.
CHECH-BAK. s. sardine.
CHÉECH. s. ris, rire;—stupidité.
CHÉEL. s. arc-en-ciel.
CHÉENTAL. v. écorcer.
CHEIL. s. boiserie, boisage.
CHEL. s. sorte d’oiseau;—nom d’une grande famille sacerdotale régnant à Técoh. De là le titre de chelekat, sainteté, altesse, grandeur, avec lequel on saluait le chef de cette famille. (Voc. antig.)
CHEM. s. nef, navire, bateau.
CHEMIX. s. vessie.
CHEMUL. v. naviguer.
CHEN. adj. pur.
CHETUM. adj. subit, imprévu.
CHI. s. bouche, entrée, ouverture, porte.
CHIBAL-KIN. s. éclipse de soleil;—u. de lune (Reg. Yucat.)
CHIC. v. cueillir, recueillir. Ex.: In yum cú chic le nicteoob, mon père cueille les fleurs.
CHICAANTAC. adj. authentique.
CHICAN. adj. extérieur.
CHICANIL. s. petitesse, exiguïté.
CHICBEZAAL. v. expliquer, démontrer, exprimer, représenter, proposer.
CHICBEZAHUL. s. explication, déclaration, etc.
CHICH. adj. dur.
CHICHAN. adj. petit.
CHICHANBELIL. adv. petit à petit.
CHICKABAN. s. nom d’une fête qui se célébrait en l’honneur de Kukulcan.
CHICPAHAL. s. conquête, prise de possession. Voir Chucpahal.
CHICUL. s. signe, cérémonie;—adv. plus.
CHICULAAN. s. accentuation.
CHICULIL. s. trace.
CHICULTAAL. v. déterminer, qualifier, désigner.
CHICULTABAL. s. distinction, démonstration, expression, désignation, etc.
CHICULTIC. part. adj. déterminant, démonstratif, etc.
CHIHAAN. adj. robuste, fort, gigantesque.
CHIHIL. v. croître, augmenter.
CHIHIMTÉ. s. venin.
CHIKIN. s. le couchant ou occident (Lizana).
CHILAN. s. titre d’une charge sacerdotale, dont l’office consistait dans l’astrologie judiciaire et la divination (Landa).
CHILEC. s. front.
CHIM. s. besace, sac.
CHINAN. s. sorte de caïman.
CHINCUNAHUL. s. approfondissement, humilité.
CHINILUOLAL ou chinuolal, s. inclination.
CHITAL. v. coucher, étendre, approcher.
CHO. interj.
CHOB. s. plat.
CHOCH. s. entrailles, tripes.
CHOCHOCOU. adj. tiède.
CHOCTAL.
CHOCOY. s. sorte de léopard.
CHOCOU. adj. chaud.
CHOHOM. s. nom d’un ballet que les pêcheurs dansaient lors de leur fête (Landa).
CHOL. s. talon.
CHOLAX. s. ampoule.
CHU. s. calebasse.
CHUC. n. adj. chose pleine;—coupe.
CHUCAAN. adj. et adv. plein, abondant, parfait.
CHUCAANIL ou chucané. s. abondance, plénitude, perfection. Ti u chucané, de plus en plus, en outre.
CHUCHUB. v. siffler.
CHUCPAHAL. v. inclure, comprendre;—prét. chucpahi.
CHUCUC. v. envahir, prendre possession de.
CHUCUHAA. s. cruche;—chaud (?).
CHUENCHE. s. sorte d’arbre.
CHUH. n. adj. chose aigre, acide.
CHUHCAL. s. aigreur, acidité.
CHUI. épervier, faucon;—coudre, broder (?).
CHUK. s. charbon.
CHUCAY. v. pêcher.
CHULUBHAA. s. pluie d’orage, averse.
CHUMUC. n. adj. ce qui est au milieu, au centre;—akab, s. minuit.
CHUMUCIL. s. milieu, moyen, centre.
CHUMUCKAB. s. le médium, le doigt du milieu.
CHUNIL. adj. principal.
CHUNKIN ou chumuc-kin. s. le milieu du jour, midi.
CHUPIC. v. remplir.
CHUPIL. s. hydropisie.
CHUPLIL. s. plénitude.
CHUT. s. écuelle.
CH (son de dj)[2].
ÇHA ou ÇHAA. v. prendre, cueillir, emporter.
ÇHABAL. s. cueillée, enlèvement, action de ramasser pour emporter;—pass. de çhaa.
ÇHAC. s. lit.
ÇHACHITAL. v. annoncer, faire savoir, crier, nommer, conter.
ÇHAHAA. v. porter de l’eau;—s. porteur d’eau.
ÇHAHUC. adj. doux, suave.
ÇHAHUCIL. s. suavité, douceur.
ÇHAYATZIL. s. piété, bonté.
ÇHAIC. v. prononcer, décider.
ÇHANUCUL. s. sentence, jugement.
ÇHANUCULTAÁL. v. juger, consulter.
ÇHAOTZIL. s. piété.
ÇHAOTZILILÉ. adj. pieux.
ÇHAPAI. s. aimant.
ÇHECH. adj. inférieur.
ÇHEN. s. puits.
ÇHENEL. adj. paisible;—adv. doucement.
ÇHENIC. v. conquérir.
ÇHIÇH. s. oiseau, volatile.
ÇHIHIL. v. n. croître.
ÇHINÇHINTAAL. v. parler injurieusement, calomnier.
ÇHICZABILAH. v. ajouter.
ÇHO. s. souris.
ÇHUI. s. milan.
ÇHUIALTAAL. v. pendre, suspendre, planer, lever, soulever.
ÇHUNTHAN. s. lieutenant, vicaire, conseiller.
ÇHUP ou çhuplal. s. femme, femelle, jeune fille.
ÇHUPUL-YUC. s. chèvre.
Ɔ son de dz.
ƆAACCUNTIC ou ɔaccuntic. v. contenir, renfermer, conserver, garder, informer.
ƆAACTIC ou ɔactic. v. fournir, pourvoir, concéder, octroyer.
ƆAAN-CA. conj. puisque, supposé que, cela étant.
ƆABAC. v. mettre dedans.
ƆABAIL. s. hardiesse, audace.
ƆABAL. s. donation, concession, octroi.
ƆABILAH. s. don, grâce, faveur.
ƆAC ou ɔacal. s. remède, échelon, grade, degré, classe, cas.
ƆACTAL. v. rester, persévérer.
ƆAƆACIL. s. remède (?).
ƆAƆIL. s. remède, médecine.
ƆAII. s. dent canine, défense, tapir, trompe de cet animal;—nom d’un ballet antique qui se danse encore au Yucatan.
ƆAIL. v. donner;—prét. ɔah.
ƆAICH ou ɔalich. s. fruit.
ƆAIOTZIL. s. aumône.
ƆALAB. s. moule, coquillage.
ƆALPACH. s. impulsion.
ƆAM. s. trône.
ƆANUCUL. s. cause, règle, sujet;—providence.
ƆANUCULIL. s. disposition.
ƆANUCULTAAL. v. disposer, régler, prévenir.
ƆANUCULTABAL. s. signification, indication.
ƆAOLIL. s. attention.
ƆAUL. s. gloire, glorification.
ƆEB. adv. aussitôt, ensuite, conséquemment;—obliquement.
ƆEC ou ɔecil. s. fondation.
ƆEƆEC. pron. ind. peu, en petit nombre.
ƆEYUM. s. oncle.
ƆEMOLAL, ou ɔemuolal. s. patience, paix.
ƆEMOOL. s. tranquillité, sérénité.
ƆIB ou ɔibtaal. v. écrire, peindre.
ƆIBOLAH ou ɔibolal. s. désirer, souhait, cupidité, appétit.
ƆIBOLTAAL. v. désirer, souhaiter.
ƆIBTAH. v. peindre.
ƆIC. n. adj. gauche.
ƆIC. s. sabot de quadrupède.
ƆIIN. s. duvet du fruit de l’arbre ceiba (Reg. Yucat.)
ƆIIOLAL. s. imagination.
ƆILAAN. s. broderie (Voc. antig.);—nom d’une ville et port de mer du Yucatan, appelé Zilan aujourd’hui.
ƆILIB. s. exemple.
ƆIPIT-KAB. s. anneau, bague.
ƆITAAN. s. cendre.
ƆOC ou ɔooc, ɔooci et ɔocáan. particule exprimant le futur, le subjonctif et le conditionnel dans les verbes;—adj. adv. final, dernier, finalement;—v. finir, achever, compléter, suffire;—prét. ɔoci, fut. ɔocaac.
ƆOCBEZAL. s. accomplissement, effet.
ƆOCBEZIC. v. accomplir, remplir, bien faire.
ƆOCOLBEL. s. mariage.
ƆOCUEZ. adj. ignorant.
ƆOMEL. s. cervelle.
ƆON. s. oiseleur, fusil.
ƆONAH. v. chasser aux oiseaux;—n. adj. chasseur.
ƆONOT. s. sénote ou zénote, sorte d’étang d’eau douce qui existe dans des antres profonds (Voc. antig.).—Aujourd’hui ce mot s’applique à des citernes d’une forme particulière, construites par les anciens.
ƆUBAC. s. moelle.
ƆUC. s. baiser.
ƆULIL. s. maître, chef de maison;—professeur.
ƆUNUZ ou ɔunuztacon. s. cancer.
ƆUUC. v. sucer, humer, aspirer.
E
E. signe du vocatif, et quelquefois du pluriel dans les noms.
EB. s. escalier.
EBCHÉ. s. échelle.
ECBE. s. cheville de bois.
ECHUAH ou ekchuah. s. nom du dieu protecteur des voyageurs et des marchands (Landa).
EIIX. conj. et.
EK. s. étoile;—adj. noir.
EKBOK. s. nègre.
EKHOÇH ou ekhochentáal. v. s’obscurcir, faire soir, faire nuit.
EKMAY. n. adj. aveugle.
EKXÉE. s. le vomissement noir de la fièvre jaune.
ELEL. v. brûler.
EM. adj. chose qui descend.
EMA. pron. inter. que, quoi?—part. nég. de comparaison: que non.
EMEL. v. descendre;—prét. emi.
EMKU. s. descente du dieu, nom d’une fête où l’on conférait une sorte de baptême aux enfants au Yucatan (Landa).
EMZAH. v. mettre dessous;—prép. sous, dessous.
EMZAHCUCH. v. porter une charge, être sous un poids, une obligation.
ETAIL. s. signe, marque;—compagnie, société.
ETAILCUNTAAL. v. accompagner, comparer.
ETCETLIL. s. comparaison.
ETYUM. s. compère.
ETMALKAM. s. communion.
ETNAA. s. commère.
ETPPIZANHAL. v. ressembler.
ETZAAL ou etezaal. v. montrer, signaler, indiquer;—pr. etzah.
ETZAHUL ou ezahul. s. démonstration, signalement, insigne.
EX. s. ceinture ou brayes des Mayas, sorte de culotte (Landa).
EZ. s. sorcellerie, sortilège, méchanceté.
H
HA ou háa. s. eau, rivière.—interj.
HAAB ou háb. s. an, année.
HAACHNAA. s. mère.
HAAHAL. s. averse.
HAAZ. s. platane, arbre.
HABIL. s. siècle, cycle, âge, période d’années.
HACH. adv. plus, très, beaucoup. Ex.: Hachkáz, très-mal.
HACHYUM. s. père.
HACHU. s. bain.
HAƆAB. s. épée.
HAƆCHAC. s. éclat de la foudre, éclair.
HAH ou hahal. n. adj. vrai, certain, infaillible, individuel. Ex.: La hah; très-certainement.
HAHIL. s. vérité, certitude.
HAI. s. pluie.
HAIKAB. v. détruire.
HAKOBIL. adj. admirable.
HAKOL. admiration.
HAL. s. jonc, gerbe.
HALACH, s. titre qui, réuni à uinicil, l’humanité, la nation, se donnait aux rois de quelques provinces du Yucatan: il peut avoir le sens de, le plus auguste de la nation (Voc. antig.). Ce mot est vraisemblablement composé de hal, vrai, et de hach, très, fort, ou de ach, achi, homme, guerrier, héros, dans le quiché.
HALAL. s. jonquiere.
HALCABIL. adv. juste, droit.
HALBU. s. lièvre.
HALILI. ad. seul.
HAM. s. araignée fort venimeuse au Yucatan (Cogolludo).
HANAL. s. mets, repas.
HANTAAL. v. manger.
HATAL. s. planche, ais, table.
HATZ. n. ad. séparé, divisé, partagé.
HATZAAL. v. séparer, partager.
HATZCAB. adv. en temps, de bon matin;—hach hatzcab, de très-bon matin.
HATZPAHAC. s. séparation, partage, division.
HATZUL. s. part, partie, portion, division, classe.
HATZUOLAL. s. discorde (?).
HAUAL. v. cesser, n’être plus, périr;—pr. hauzic.
HAXNOC. s. mois.
HAZACAM. s. hermaphrodite.
HBOBAT. s. prophète, sage.
HBÓL. s. rémunérateur.
HCABNAL. s. chercheur d’abeilles.
HCAMBAL. s. disciple.
HCANXOC. s. requin.
HCHO. s. enfant en la mamelle.
HCITZ. s. nom d’un des dieux de la pêche (Landa).
HCOIL. n. adj. fou, insensé.
HCUNIAH. s. sorcier.
HCUXAN. n. adj. vivant.
HƆIPIT. s. le doigt annulaire.
HƆUIAH. s. médecin.
HE. particule qui paraît appartenir à un ancien verbe avoir;—conj. mais.—interj.
HEBAC. conj. mais, or.
HEBIC. adj. conforme;—conj. mais, comme, autant que.
HEBIX. conj. adv. selon, suivant, de même, pareillement.
HEBOLAL. s. inconstance.
HECA. conj. c’est pourquoi.
HEƆ. adj. fixe, ferme, positif;—v. se fixer, s’affermir.
HEƆAAN. adj. perpétuel, ferme.
HEƆANI. pron. ind. tel, certain.
HEƆCANIL. s. fermeté.
HEƆCUNTAAL. v. poser, instituer, affermir.
HEƆCUNLIL. adj. institué, affermi, institué.
HEƆOLAL. s. confiance.
HEƆTAAL. v. confiance, affirmer, soutenir.
HEE. adj. chose ouverte;—s. œuf.
HEH. s. aine.
HELAANTAC. adj. différent.
HELANCUUNTAAL. v. distinguer, discerner.
HELANIL. s. différence, mode, manière, genre.
HELANTAAL. v. varier, différer.
HELANTACIL. adj. différent, distinct, divers.
HELBÉZAAL. v. changer.
HELBEZABAL. s. variation, transformation, changement.
HELBEZAHUL. v. transfigurer (Ruz).
HELE. adj. présent d’aujourd’hui;—adv. présentement, actuellement, maintenant.
HELEL. s. station.
HELELA. le même que hele.
HENHEN. s. moustique ou moucheron fort menu et très-gênant. (Reg. Yucat.)
HEPEL. v. comprimer, presser, serrer.
HETUN. conj. donc, ensuite, conséquemment.
HI. particule, reste d’un ancien verbe ayant le sens d’avoir et d’être.
HIÇHNAKTABIL. s. conception.
HII. s. épervier.
HIIXTAH. v. faire tomber les fruits d’un arbre.
HIKTHAN. s. poëte.
HIX. s. nom d’un jour de l’année maya.
HIXCAY. s. râpe, racloir.
HO. s. cité, capitale;—nom ancien de la ville de Mérida;—adj. num. cinq.
HOB (?). s. porte, entrée.
HOBNEL ou hobnelil. s. entrailles.
HOCHBILAH. s. image, figure.
HOCHBILAHUL. s. formule.
HOK. prép. adv. hors, dehors.
HOKAL. adj. num. cent.
HOK ou hokol. v. sortir, s’étendre, résulter.
HOKZAH. v. arracher, déraciner, extirper, émettre.
HOL. entrée, issue.
HOLKAN. s. titre de quelques guerriers au Yucatan. De la holkanokot, nom d’une danse guerrière chez les Mayas.
HOLOH. adv. hier.
HOLPITAAL. v. enlever (Ruz).
HOLPOP. s. chef de la natte, titre de celui qui tenait le tunkul ou tambour sacré, dans les danses et pièces scéniques (Cogolludo).
HOM. s. hauteur artificielle, pyramidale et dont l’intérieur était creux. De la homul ou omul, pyramide sur laquelle on érigeait les temples et les palais (Vocab. antig. et Lizana).
HONAIL. s. entrée, passage.
HOOL ou hól. s. tête, chef.
HOOLNA. s. toit d’une maison, comble.
HOOT. s. tête, chef.
HOPPEL. adj. num. cinq;—v. commencer;—prét. hoppi.
HOPPOL. v. commencer.
HOTOCH. s. champ, semailles.
HPPOLOM. n. adj. marchand.
HTZOO. s. coq, dindon.
HU, ou húu, ou húum. s. papier, livre.
HUB. s. limaçon, coquille, conque.
HUÉ. s. œuf.
HUH. s. iguane, sorte de reptile.
HULNEB. s. archer, chasseur. (Vocab. antig.)
HULOB. v. désirer, souhaiter.
HULUM. s. sorte de poisson.
HUM. s. voix, bruit, son, mugissement;—v. résonner.
HUMCHAC. s. bruit du tonnerre.
HUMPPEL, ou hunppel. adj. num. un, un seul.
HUMTHAN. s. son de la voix, voix, parole.
HUN. adj. num. un;—interj.
HUNABEU, s. seul saint, titre du Dieu suprême chez les Mayas. (Vocab. antig.)
HUNALI. adv. uniquement, simplement.
HUNHUNTUL. pron. ind. chacun, chacun à son tour.
HUN-ITZAMNA ou Yax-Coc-Ahmut, divinité, fils de Hunabku (Cogolludo).
HUNKAL. adj. num. vingt.
HUNPIK. s. mesure ou somme de huit mille; c’était le xiquipilli des Mexicains.
HUNPIKTOK. s. Huit-Mille-Lances, nom propre de la divinité protectrice des guerriers et de la noblesse au Yucatan (Lizana).
HUNTHANTAAL. v. vociférer, crier, publier à haute voix.
HUNTUL. adj. num. premier;—pron. ind. un certain, certain, etc., on.
HUN-UINIC. s. mesure de quatre cents verges carrées (Landa).
HUPUL. v. mesurer.
HUUM. s. poudrier.
HUUN. Voir Hú.
I et Y
Y. Cette lettre se trouve assez fréquemment dans les livres modernes, isolée et avec la queue barrée; c’est une abréviation pour yetel. prép. avec.—Y devant les voyelles, dans certains mots, a remplacé u et est devenu ainsi un article possessif: le, de lui, son, etc.[3].
YA ou yahil. s. souffrance.
YAA. s. arbre, le même que le zapote.
YAAB. ind. beaucoup, plusieurs, signe du pluriel.
YAABCUNTIC. v. multiplier.
YAABKAAN. v. hamac.
YAAH. s. poison.
YAAM. s. marmite.
YAAX. n. adj. vert, frais, neuf, bleu, vif.
YAAXCAL. s. matin.
YAB ou yaab. adv. beaucoup.
YABALIL. adv. suffisamment, abondamment.
YABCUNIL. s. augmentation.
YABHAL, ou yabtaal. v. multiplier.
YACALIL. s. esquinancie.
YACAMTAAL. v. violer.
YACHHAA. s. canal, cours d’eau.
YACUNAH. s. amour.
YACUNAHUL. adj. reconnaissant, aimant.
YACUNTAAL. v. aimer.
YAHAL. v. poindre, commencer à faire jour, à paraître; fait yahalcab, il commence à faire jour, l’aube paraît.
YAHTAAL. v. entendre.
YAYANTAL. v. donner.
YAYAOLAL. s. pénitence.
YAYATULUL. s. contrition.
YAICHIL. s. mal d’yeux.
YAIL. s. souffrance, douleur.
YAKABTAAL. v. commencer à faire nuit.
YAL. s. tradition, descente, venue, descendant, fils (u al).
YALAL. v. dire, rapporter.
YALAN. prép. sous, dessous;—adj. bas.
YALANCIL. s. accouchement, enfantement. Voir Alan.
YALCAB. v. donner carrière, disposer (?).
YALINTAAL. v. enfanter, mettre au monde;—prét. yalintah. Voir Alan.
YALKAB. s. doigts de la main.
YAMA. adj. aimé, chéri.
YAMAXIYUT-NOK. s. linge propre.
YANAKIL. s. mal de dents.
YANAL. adj. autre, d’autrui, étranger.
YANTAL. v. avoir.
YAPOLIL. s. mal de tête.
YAT. adv. beaucoup.
YATAN. Voir Alan.
YATIL-IHC. s. pleur, larme.
YATZIL. s. miséricorde, clémence, pitié.
YATZILIL. adj. miséricordieux, pieux, clément.
YAUOLAL. s. chagrin, tristesse.
YAXCEL. s. fièvre intermittente.
YAXCHÉ. s. sorte de ceiba, arbre de la vie céleste chez les Mayas.
YAXCHUNIL. ad. primitif, original;—adv. premièrement, d’abord.
YAX-COC-AHMUT. s. nom d’un des dieux des Mayas. Voir Hun-Itzamna.
YAXIL. v. commencer, faire une chose nouvelle.
YAXILTUN. s. perle.
YAXKIN. s. été.
YAXPAIBE. ad. premièrement, d’abord, fraîchement, nouvellement.
YAXMEHENTZIL. s. fils aîné.
YCH. s. œil, fruit.
YCHAC. s. veine.
YCHAMBIL. s. mari, époux.
YCHAMTZIL. part. adj. marié.
YCHAN. s. mari.
YCHIL ou ichil. prép. dedans, à l’intérieur, entre, parmi.
YCHPAA ou ichpac. s. tour, forteresse, palais.
YCHPUCZICAL. s. estomac.
YCIM. s. chouette.
YCIN. s. frère cadet.
YEBTAL. v. bruiner.
YEC. s. chaise.
YEEB. s. brouillard, brume, petite pluie.
YEYUM. s. oncle.
YEK ou yekil. s. graisse, saindoux.
YETE ou yetel. prép. avec.
YEZIC. v. montrer.
YHCIL-YXCHEL. s. nom d’une fête du calendrier en l’honneur d’Ixchel, déesse de la médecine.
YIAH. Voir Uyiah.
YIBAC ou yibacib. s. bougie, chandelle, lumière.
YICH-UOLOC. adv. séparément, en particulier.
YICNAL. loc. avec soi.
YICHE. s. visage, face.
YIHUL. s. tache.
YIK. s. son, souffle d’un instrument à vent.
YIKILCAB. s. abeille.
YIKUB. s. piqûre, flétrissure, aiguillon.
IIX. conj. et.
IIXCAY. s. peau de poisson.
IIZ. rognons, reins.
YK ou ikal. s. air, vent, souffle, esprit, courage.
YKTILI ou iktilican. s. fable.
YKULXEE. s. tabouret, banc.
YLAH, voir;—pr. Ylic.
YLILBEIL. s. vice.
IN. pron. mon, ma, je, moi.
INA. adv. encore.
INBA. pron. réfl. me, moi-même.
INTILIL. pron. poss. mon, ma, mien, le mien.
YOC. s. pied.
YOCBAL. s. entrée, l’action d’entrer.
YOCOL. v. voler;—prét. yoclah.
YOCZAAL. v. mettre, occasionner;—ôter (?).
YOCZAH. v. entrer, croire.
YOHEL. Voir Ohel pour tous les mots qui commencent ainsi.
YOHELTAAL ou yohetaal. v. savoir, être sage, savant, instruit.
YOK. Voir Ok.
YOKOL. prép. sur, par-dessus, outre, au delà.
YOKOLCAB. s. monde, univers.
YOLTAAL. v. laisser entrer.
YOLTIC. v. vouloir, souhaiter.
YOMAC. v. concevoir.
YTZ. s. rosée, substance;—itzencaan, rosée du ciel, rosée, substance des nuages (Lizana);—adj. doux.
YIZATIL. s. industrie, habileté.
YUBAAL. entendre, écouter, faire attention.
YUCHUCIL. s. pouvoir, autorité, puissance;—adj. rempli, plein, entier.
YACHUCIL-ZINIL, tout-puissant;—topzah, s. fécondité.
YUCHUL. s. œuvre.
YUCHULTAL. v. pouvoir.
YUKKAHZAH. v. examiner.
YUKUL. pron. adj. tout.
YUM, yumbil ou yumil. s. père, seigneur.
YUMLAN ou yumlah. s. compère.
YUMTZIL. adj. patronymique.
YUNTZIL. s. objet.
YUTZCINTAH. v. composer.
YUTZIL. s. profit, avantage.
YUUB. s. ciel de lit.
IX. s. rouille (signe de diminution).
IXBAU. s. écrevisse.
IXCHEL. Voir Xchel.
IXCIT. s. tante.
IXKUKILCAN. s. sorte de serpent.
IXIM. s. maïs.
IXMUMUZ. s. hémorroïdes.
IXMEMECH. s. lézard.
IXPEN. adj. pédéraste.
IXTAB. Voir Xtab.
IXZELUOH. s. sorte de lézard.
IZTAHTÉ. s. arbre produisant une résine très-odoriférante, probablement le liquidambar (Landa).
K
KA. s. fiel.
KAA. s. pierre à broyer le maïs (metlatl en mexicain).
KAABIL (?). s. huile.
KAAH. Voir Kahzáal.
KAAY. s. chant.
KAAK ou kak. s. feu.
KAAL. v. serrer, fermer;—adj. num. hun-kaal, vingt.
KAAM ou kam. v. recevoir;—pr. kamic.
KAAMAL. s. réception, acceptation.
KAAN. s. corde.
KAAT ou kat. v. vouloir, interroger, demander.
KAATIL. s. pétition, demande.
KAAX. s. forêt, bois, broussailles.
KAB. s. main, bras.
KABA. s. nom.
KABAINTAAL. v. nommer, donner un nom, appeler.
KABAK. s. hémorroïdes.
KABATABAL. s. action de nommer, nomination.
KABATAH. v. calculer, dénombrer.
KABCHÉ. s. rameau, branche d’arbre.
KABCHEIL. s. flèche.
KABET. n. adj. chose nécessaire.
KABETAL. v. nécessiter, avoir besoin.
KABICH. s. larme, pleur.
KABLIZTOK. s. diamant.
KAHOL. n. adj. chose connue.
KAHOLAL. s. connaissance.
KAHOLTABAL. v. connaître, savoir.
KAHUAL. n. adj. ennemi, adversaire.
KAHZAAL. v. se souvenir, avoir mémoire, remarquer.
KAHZAH ou kahzahikil. s. mémoire, souvenir.
KAYTIC. v. chanter;—prêcher.
KAK ou kaak. s. feu.
KAKAL. s. foyer, logement.
KAKE. s. petite vérole.
KAL ou kalal. s. col, gorge.
KALKAB. s. poignet.
KALPAK. s. adultère.
KALUIX. s. gravelle.
KAMAL. v. réputer, penser.
KAMYAAK. s. maladie contagieuse.
KAN. s. nom d’un mois de l’année maya;—ou kanal, adj. jaune.
KANAAN. adj. nécessaire.
KANAH. s. mer.
KANANIL. s. utilité, nécessité, besoin.
KANANTAL. v. avoir besoin, falloir.
KANCOH. s. sorte de lion.
KANTAKIN. s. or, métal jaune.
KANTHIXAL. s. collier.
KATAAL. v. demander, interroger, invoquer, nommer.
KATCHITAL. v. demander, interroger.
KATUN. s. pierre scellée dans le mur d’un édifice, portant une inscription;—ère, époque, période;—guerre, combat.
KATUNTAL. v. combattre.
KAXAL. v. lier, amarrer.
KAXIL. n. adj. veneur, chasseur, montagnard.
KAXIL. s. lien, chaîne.
KAZ. adj. laid, mal, vilain.
KAZAHUL. s. souvenir, mémoire, représentation.
KAZAL. s. gravelle.
KAZHANIL. adv. mal, malicieusement, mal à propos.
KEBAN. s. faute, péché.
KEBANCHAHAL. v. pécher, commettre une faute.
KEK. s. sorte de parrain que les Yucatèques choisissent pour leurs nouveaux nés (Reg. Yucat.).
KELUC. s. sueur, transpiration.
KENEL. s. cuir.
KENEL-ICH. s. prunelle de l’œil.
KEXOLAL. s. discorde.
KIIX. s. épine, broussailles.
KIK on kikel. s. sang;—gomme du caoutchouc;—balle à jouer.
KILAAN. part. adj. blessé.
KILACABIL. s. peuple, nation.
KILCAB. s. chaleur.
KILZIMOC. s. grelot.
KIN ou kinil. s. soleil, jour, temps.
KINAM. s. douleur, souffrance.
KINIC. s. foire, marché.
KINIEH ou kiniah. v. enchanter, tirer le sort, l’horoscope, (Voc. antig.)
KINIL. s. temps.
KINKATUN. s. cycle.
KINKU. s. jour de fête.
KINTZIL. s. heure.
KIPÇHICH. s. oiseau dont le cri servait aux augures (Cogolludo).
KIXPACHOK. s. hérisson.
KOBEN. s. cuisine.
KOCH. s. sort, taxe, obligation.
KOCHBEZAAL. v. obliger, forcer, taxer.
KOCHBEZAH. v. blâmer.
KOCHOL. s. devoir, obligation, corvée.
KOHAN. adj. malade, infirme.
KOHANIL. s. infirmité, maladie.
KOHOL. s. masque de théâtre.
KOYEM. s. nom de la masse de maïs déjà moulue (Landa).
KOKOLAAL. v. percer, passer à travers, meurtrir; hâler, tirer, retentir.
KOOL. s. ragoût ou pâtisserie faite de dindon et de maïs, peut-être le tamal mexicain.
KU ou kuy. n. adj. divin, saint.
KUBAH. v. rendre, remettre.
KUBAIL. s. résignation, soumission, déférence.
KUBEN. v. recommander.
KUBILAH. s. trahison.
KUCH. s. sorte de corbeau; fil;—v. arriver, avoir lieu.
KUCHAH. v. filer.
KUCHUL. v. arriver.
KUK ou kukum. s. plume.
KUKUITZ. s. oiseau comme le quetzal.
KUKUL. adj. emplumé.
KUKULCAN. s. serpent emplumé ou orné de plumes; nom d’un mythe et d’un personnage, célèbres dans l’antique histoire du Yucatan.
KUL. adj. divin, saint.
KULEL. n. adj. noble.
KULIM-PIC. s. punaise de lit.
KULTABAL. s. adoration, culte.
KULTABIL. adj. adorable.
KULTAH. s. statue, simulacre, idole.
KUMCHUY. s. oreiller.
KUNA. s. temple.
KUPTAAL. v. couper, trancher.
KUTZ. s. tabac.
KUU. s. nid d’oiseau.
KUUL. v. adorer.
KUXIL. s. indignation, rigueur, colère, ennui.
KUXNAHIL. s. colique, mal d’estomac.
KUXOLAL. s. abomination.
KUXPOLIL. s. douleur de tête.
L
LA. adv. oui.
LAAK ou lak. adj. autre, prochain, nouveau.
LACAN. s. drapeau, étendard.
LAE. pron. eux, ils.
LAHAH. adv. véritablement, certainement.
LAHCA ou lahucappel. adj. num. douze, douzième.
LAHUN. adj. num. dix.
LAIIL. s. être, essence, substance.
LAÍILO. adj. substantiel.
LAY ou laital. v. être.
LAYACI. conj. inter. est-ce que, si par hasard?
LAKIN ou likin. s. orient.
LAMKAHAL. s. infusion
LE. art. les, eux, elles.
LEƆ. s. feuille d’arbre.
LEƆKA. s. flamme du feu.
LEEXICEN. s. oreille.
LEITI. pron. dém. celui-ci, celle-ci, ceci.
LEITIL. conj. ainsi.
LELEM. n. adj. chose brillante, qui luit.
LELEMAH. v. briller, luire, faire des éclairs.
LELEMCIL. s. éclat, splendeur.
LELO. pron. dém. cela, celui-là; pr. leobo.
LEM. v. éclairer, briller, luire.
LEMACOOB. pr. rel. desquels, dont.
LEMBA ou lembail. s. éclair.
LEMZAZIL. v. resplendir, briller.
LEPPOLAL. s. colère, trouble, perturbation.
LETI ou letile. pron. il, lui, ceci, ce, celui-ci.
LEUM. s. sorte d’araignée.
LIC ou licil. n. adj. semblable;—conj. comme, de même que, depuis que.
LIK. s. fois. Ex.: Hun-lik, une fois; ca-lik, deux fois, etc.
LIKIL. v. se lever.
LIKIN. s. le levant ou orient (Lizana).
LIKZABAL. s. élévation;—v. élever.
LIKZIC. v. lever, soulever, exciter.
LO. art. n. le, lui.
LOB ou lobol. adj. mal, mauvais.
LOBAYAN. s. adj. jeune; se dit des femmes. Ex.: Xlobayan çhup, une jeune femme.
LOBIL. s. dommage, vice, mal, méchanceté.
LOH. adj. ce qui a du prix, de la valeur.
LOHEBAL. v. racheter, délivrer.
LOHIL. s. prix, valeur, achat.
LOLABTHAN. v. maudire.
LOM. v. mouvoir, frapper.
LOMLOMAH. v. fréq. frapper ou mouvoir souvent.
LÓOB ou lob. adj. mal, mauvais, méchant.
LOTHEK. s. crampe.
LOXIC. s. blesser, frapper.
LOXÓL s. coup.
LUBUL. v. tomber, choir, être étendu.
LUBZAAL. s. commotion, chute.
LUK. s. boue, vase;—v. couler, écouler.
LUKZABAL. s. enlèvement, action d’ôter quelque chose.
LUKZICPECTZIL. s. calomnie.
LUUM ou lumil. s. terre, sol.
M
MA. part. nég. non: en composition, aucun, nul.
MAAC ou mac. pron. rel. et int. qui, lequel, que.
MAACLO. pr. rel. dont, desquels.
MAAX. singe;—pron. rel. qui, que, lequel, quoi, qui;—pl. maxoob.
MAAXTIL. pr. rel. dont, de qui, duquel.
MAAZ. s. grillon.
MABCAAN. s. palais de la bouche.
MABCUN. Voir Macunzah.
MABEN. s. coffre.
MABONLIL. s. pureté.
MAC. v. fermer;—s. personne, sujet;—pr. quel, lequel, laquelle.
MACALMAAC. pron. quelque, qui que ce soit.
MACHAL. v. saisir, prendre, toucher.
MACHUNHACH. s. tempes.
MACTZIL. s. prodige, mystère.
MACUNTABAL. s. négation, excuse, mépris, dessaisissement.
MACUNZAH. v. nier, excuser.
MAH. s. aine.
MAHALIL. adj. immuable, sans changement.
MAHELIL. adj. incessant, perpétuel, fréquent.
MAHUINIC. s. bête fauve.
MAY. s. sabot du quadrupède.
MAYAB. n. adj. maya, yucatèque.
MAYAC. s. table.—Mayactun. s. table de pierre.
MAYACIMIL. s. grande mortalité.
MAYACUNAHUL. adj. ingrat.
MAILI. conj. avant, auparavant, préalablement.
MAKOLAL. s. oisiveté, paresse.
MALÓOB ou malob. adj. bon.
MAMAC. pron. adj. aucun, personne.
MAMBAAL. s. néant, rien, mépris.
MANAH. v. acheter.
MANAHAAN. adj. passé, qui n’est plus.
MANKINAL. s. temps de fête.
MANKINHAL. v. persévérer, durer.
MANZAHUL. s. accident.
MAOHEL. adj. ignorant.
MAPAL. adj. grand.
MATAN. s. héritage.
MATANIL. n. adj. héritier.
MATU-CAPPEL-CUNTAAL. adv. indubitablement, sans aucun doute.
MATUKIN. adv. de bon matin, avant le jour.
MATZAB. s. cils des yeux.
MAUNCHAC. adj. impossible.
MAXOCOLIL. adj. innombrable.
MAXTIL. pron. rel. de qui, dont, duquel.
MAXUL. adj. infini.
MAXULUNTÉ. adj. éternel, durable.
MAZCAB. s. coutelas, épée, fer.
MAZCABCUN. s. marmite, chaudière de métal.
MAZCUAL. s. armée.
MAZIPIL. adj. innocent.
MAZUBTALIL. s. abomination.
MECH ou moch. adj. boiteux.
MEEX. s. barbe, menton.
MEHEN. s. enfant, génération.
MEHEN-TZILAAN. s. généalogie, filiation.
MEYAH. n. adj. agent, travailleur.
MEYAHTAAL. v. servir, assister, travailler.
MEIHUL. s. œuvre, travail, ouvrage.
MEIHULIL. s. exercice, service, action, office, passion, désir.
MEIHULTAAL. v. exécuter, servir, travailler.
MEKTAN. s. empire, milice, troupe.
MEKTANTAAL. v. gouverner;—part. pas. mektanáan.
MEN. s. nom d’un jour de l’année maya;—ou mentáal. v. faire, bâtir, édifier, fonder, agir;—p. mentic;—pas. mentahaan.
MENTICUBABAL. s. incarnation.
METNAL ou mitnal, s. enfer.
MEXEN-HUBO. s. sorte de coquillage univalve d’eau douce.
MI. part. négative.
MIATZ. adj. sage, instruit.
MIATZIL. s. savoir.
MINAAN. adj. qui a besoin, qui fait défaut.
MINANTAAL. v. manquer, avoir besoin.
MITNAL. s. l’enfer des Mayas.
MIX. part. nég. ni.
MIXBAAL. nég. rien, jamais.
MIXBIKIN. adv. nég. en aucun temps, jamais.
MIXMAAC. pr. nég. aucun, nul, personne.
MIZ ou miztun. s. chat.
MIZIB. s. balai.
MIZTAH. v. balayer.
MÓ ou móo. s. ara, oiseau.
MOB ou mohob. n. adj. s. fourneau.
MOCAH. v. lier, attacher.
MOCH ou mech. n. adj. boiteux.
MOHOB. s. fourneau.
MOL ou mool. s. doigts du pied de l’animal, griffe ou serre d’oiseau;—v. conduire, amener, ramasser, réunir (Landa).
MOLAYIK. s. tempête, amas de nuages.
MOLAYIL. s. assemblée, congrégation.
MOLCABTAAL. v. réunir, accumuler, ramasser, contenir, renfermer.—Molcabticuba.