Histoire de la vie et de l'administration de Colbert (part 3 of 3)
[203] Biblioth. roy., Mss. Mémoires sur le commerce et les finances de la France, de la Hollande, des Colonies, etc., Suppl. franc. 1792.
[204] Dans son Histoire de la Marine française, 1re édit., 5 vol. in-8º, M. Eugène Sue a publié un grand nombre de pièces justificatives qui donnent beaucoup de force à cette opinion.
[205] Particularités sur les ministres des finances célèbres, 1 vol. in-8º par M. de Montyon article Colbert. M. de Montyon a fait deux fois le même ouvrage; la première fois en 3 vol. in-12, sous le titre de Vies des Surintendants et ministres des finances; la seconde fois en 1 vol. in-8º beaucoup plus curieux, plus spécial, et riche en anecdotes. Il est fâcheux qu'il n'en indique pas la source, ce qui est cause qu'on ne sait quel degré de confiance on peut leur accorder.
[206] On lit dans les Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. II: «Jean-Baptiste Colbert avait le visage naturellement renfrogné. Ses yeux creux, ses sourcils épais et noirs lui faisaient une mine austère et lui rendaient le premier abord sauvage et négatif; mais dans la suite, en l'apprivoisant, on le trouvait assez facile, expéditif et d'une sûreté inébranlable. Il était persuadé que la bonne foi dans les affaires en était le fondement solide. Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui tenaient lieu de science. Plus il était ignorant, plus il affectait de paraître savant, citant quelque fois hors de propos des passages latins qu'il avait appris par cœur et que ses docteurs à gages lui avaient expliqués. Nulle passion depuis qu'il avait quitté le vin; fidèle dans la surintendance où, avant lui, on prenait sans compter et sans rendre compte...»
Enfin, Sandras de Courtilz donne sur les mœurs privées de Colbert d'autres détails encore plus intimes et dont je lui laisse l'entière responsabilité. Suivant lui, «bien que Colbert déférât beaucoup à sa femme, il ne laissa pas de donner quelque chose à son inclination et il se laissa toucher par les charmes de Françoise de Godet, veuve de Jean Gravay, sieur de Launay. Cette dame avait la taille avantageuse, le port majestueux, etc., etc. Colbert l'introduisit chez la reine et chez le cardinal Mazarin, avec qui il la faisait jouer, et il lui fit épouser Antoine de Brouilly, marquis de Pierre, chevalier des ordres et gouverneur de Pignerol... Colbert rendit aussi ses soins à Marguerite Vanel, femme de Jean Coiffier, maître des comptes, jeune personne, petite, mais toute mignonne, et de qui l'esprit était enjoué et brillant. Il allait souvent souper chez elle, parce qu'il était l'ami particulier de son beau-père et qu'il prenait des leçons de politique du mari au sujet du traité de Munster, dont il savait parfaitement toutes les négociations, ayant été secrétaire de l'ambassade sous Abel de Servien. Mais la coquetterie de cette dame le rebuta bientôt, etc., etc.» (Vie de J.-B. Colbert.)
[207] Arch. curieuses de l'hist. de France, IIe série, t. VIII; Portraits de la Cour, p. 411.
[208] En 1675, après la mort de Turenne, on nomma huit maréchaux de France parmi lesquels figuraient MM. d'Estrades, de Navailles, de Duras, de Lafeuillade, etc., etc. Madame Cornuel dit de cette promotion que c'était la monnaie de M. de Turenne. (Abrégé chronologique du président Hénault, année 1675).
[209] Lettre du 24 décembre 1673.
[210] Lettre du 18 novembre 1676.--On trouve l'aventure suivante dans la Vie de J.-B. Colbert, par Sandras de Courtuz. «Le grand accablement des affaires dont il (Colbert) était chargé lui fatiguait tellement l'esprit que, tout sérieux qu'il était, il fit un jour une turlupinade pour se délivrer des importunités d'une femme de grande qualité qui le pressait de lui accorder une chose qu'il ne jugeait pas faisable. Cette dame, voyant qu'elle ne pouvait rien obtenir, se jeta à ses pieds dans la salle d'audience en présence de plus de cent personnes, et comme elle lui disait, fondant en larmes: Je prie Votre Grandeur au nom de Dieu de ne me refuser pas cette grâce, il se mit en même temps à genoux devant elle et lui dit sur le même ton plaintif: Je vous conjure au nom de Dieu, Madame, de me laisser en repos.»
[211] Recueil des arrêtés M. le premier président de Lamoignon, t. I, p. XXVIII de la vie de M. de Lamoignon.
[212] Documents inédits sur l'histoire de France, par M. de Champollion-Figeac, t. III.--Les éditeurs des Œuvres de Louis XIV avaient classé cette lettre à l'année 1673.
[213] Lettre du 13 février 1671.
[214] Œuvres de Louis XIV, t. V. p. 576. La différence entre l'orthographe de cette lettre et de la précédente s'explique par la raison que j'ai donnée dans l'avertissement.--M. de Montespan avait un procès à Paris, et l'on voit par un billet de Colbert au roi, du 24 mat 1678, que le ministre n'avait pas osé prendre sur lui de recommander ce procès à M. de Novion avant d'y être autorisé par Louis XIV.--Enfin, on lit dans les Œuvres de Louis XIV, t. V, p. 533 et 536, des lettres du roi à Colbert dans lesquelles il est dit: «Madame de Montespan m'a mandé que vous lui demandez toujours ce qu'elle désire; continuez à faire ce que je vous ai ordonné là-dessus, comme vous avez fait jusqu'à cette heure, etc., etc.
[215] Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 92.
[216] Encyclopédie méthodique. Finances, art. Octroi. Édit du 21 décembre 1647.
[217] Une Province sous Louis XIV, etc.; les Communes.--Ce livre, auquel j'ai déjà fait plusieurs emprunts, est un excellent travail historique, plein de recherches très-consciencieuses et très-intéressantes. Il serait bien à désirer que les archives de chaque province fussent étudiées avec cette intelligence. Ce seraient là de précieux matériaux pour l'histoire générale de cette grande époque si imparfaitement connue jusqu'à ce jour.
[218] Une Province sous Louis XIV, etc., p. 246. dit du 18 juin 1668.
[219] Encyclopédie méthodique. Finances, art. Octroi. Édit de décembre 1663.
[220] Recherches sur les finances, etc.
[221] Une Province sous Louis XIV, etc., les Communes; p. 257.
[222] Encyclopédie méthodique. Finances, art. Noblesse.--Collection des anciennes lois françaises, etc.
[223] Collection des anciennes lois françaises, etc., (édit de septembre 1664.)--Il aurait fallu, après cet édit, ne plus faire de nobles moyennant finance; c'est ce qui n'eut pas lieu, et l'on en créa huit cents nouveaux de 1696 à 1711. Il est vrai qu'un édit de 1715 supprima tous les anoblissements accordés depuis 1699. Excellents moyens, comme on voit, pour relever la noblesse et le pouvoir!
[224] Une Province sous Louis XIV, 1re partie; les États généraux, p. 120.
[225] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1670.
[226] Les noms de tous les usurpateurs de la noblesse en Provence se trouvent à la suite de quelques exemplaires de la Critique du nobiliaire de Provence. Mss. in-fol. de 600 pages.
[227] Voici comment cette réforme de Colbert fut appréciée dans une série de mémoires imprimés en 1689 et 1690, à Amsterdam, sous ce titre: Soupirs de la France esclave qui aspire après sa liberté. «M. Colbert a fait un projet de réformation des finances et l'a fait exécuter à la rigueur. Mais en quoi consiste cette réformation? Ce n'est pas à diminuer les impôts pour le soulagement du peuple: c'est à les augmenter de beaucoup en les répandant sur tous ceux qui s'en mettaient à couvert par leur crédit et par celui de leurs amis. Le gentilhomme n'a plus de crédit pour obtenir la diminution de la taille à sa paroisse; ses fermiers paient comme les autres, et plus. Les officiers de justice, les seigneurs et autres gens du caractère n'ont plus aujourd'hui de crédit au préjudice des deniers du roi. Tout paie. Voilà un grand air de justice; mais qu'est-ce que cette belle justice a produit? Elle a ruiné tout le monde... Ceux qui avaient de la protection n'en ayant plus, ils portent le fardeau à leur tour, et, par cette voie, tout est ruiné sans exception. Voilà à quoi en revient cette habileté qu'on a tant vantée dans feu M. Colbert.» (XIe mémoire.) L'auteur convient bien qu'auparavant les gens sans protection et sans amis étaient tout à fait misérables, mais au moins il restait dans le royaume des gens à leur aise et qui faisaient honneur à l'État.
Ces pamphlets, naïve expression des rancunes féodales et parlementaires contre l'envahissement du pouvoir royal, sont très-curieux à consulter, et j'aurai occasion d'y revenir, toutes réserves faites sur l'esprit qui les a dictés. Ils sont attribués à Jurieu ou à Levassor par Barbier dans son Dictionnaire des Anonymes. La Bibliothèque royale les a catalogués à l'article Jurieu. Lemontey raconte qu'avant la révolution le gouvernement faisait rechercher et détruire tous les exemplaires de cet ouvrage. C'est évidemment le premier cri de révolte qui ait été nettement formulé contre l'organisation despotique de l'ancien gouvernement, et ces précautions du pouvoir étaient d'autant plus fondées que le pamphlet dont il s'agit n'était pas seulement d'une extrême violence, mais qu'il s'étayait de preuves historiques bien capables de faire impression sur les esprits. L'auteur proposait pour remède au despotisme de Louis XIV de revenir à l'ancienne forme du gouvernement français, ou de constituer le pouvoir comme il l'était en Angleterre et en Hollande. On peut dire que le germe de la révolution de 1789 est là.
[228] Cahier du tiers-état en 1614; Recherches sur les finances, par Forbonnais, années 1614 et 1615.
[229] Voici ce qu'on lit dans une de ces requêtes adressée en 1659 au cardinal Mazarin: «La douane de Valence, tant de fois reconnue pour être la ruine du commerce de nos provinces, s'est accrue de telle manière qu'il y a telle marchandise qui la paye jusqu'à trois fois. Une balle de soye venant d'Italie la paye au pont de Beauvoisin; la même balle allant de Lyon à Nantua pour être ouvrée paye une seconde fois au bureau de Montluel; et pour la troisième fois, en revenant à Lyon pour être manufacturée. Aussi, de vingt mille balles de soye qui venaient à notre douane, année commune, il n'en arrive plus trois mille..... Avant 1620, une balle de soye du Levant ne payoit que seize livres..... aujourd'hui elle paye en tout cent douze livres... avant que de pouvoir être employée en ouvrages. Les soyes grèges d'Italie ne payoient que dix-huit livres et les ouvrées que vingt-six; les unes payent actuellement cent vingt-six et les autres cent quarante-trois livres.....» (Recherches sur les finances, par Forbonnais, année 1661.) Le même auteur cite deux curieux exemples de la fiscalité de la douane de Valence. Les Provençaux envoyaient les moutons en Dauphiné pendant l'été. Au retour, les commis de la douane exigeaient un droit à raison de deux livres de laine par mouton tondu en Dauphiné, sans déduction pour les moutons qui étaient morts ou que les loups avaient dévorés. Pour échapper à ces absurdes prétentions, les Provençaux prirent le parti de tondre leurs moutons au moment du départ pour le Dauphiné, c'est-à-dire avant que la laine eût atteint sa maturité. L'autre fait est plus étrange. Les commis de la douane voulaient faire payer au clergé de Vienne la dîme des vignes situées sur la territoire de Sainte-Colombe. Pour se soustraire à ce droit, dit Forbonnais, les ecclésiastiques allèrent processionnellement avec croix et bannière chercher leur vendange, qui depuis a toujours passé librement. (Recherches, année 1621.)
[230] Mémoires concernant les impositions et droits, par Moreau de Beaumont. 4 vol. in-4, 1769. Le premier traite des impositions chez les diverses nations de l'Europe, les trois autres de celles de la France.--Recherches sur les finances, par Forbonnais, années 1621 et 1661.--Encyclopédie méthodique. Finances: articles Douane, Droits, Tarifs.
[231] Cette dénomination avait été adoptée dès 1598, pour certaines provinces, attendu que les droits qui s'y levaient composaient alors cinq fermes particulières (Encyclopédie méthodique, Finances, art. Cinq grosses Fermes).
[232] Mémoires sur les impositions, par Moreau de Beaumont, t. III, p. 504 et suiv.
[233] Histoire du tarif de 1664. 2 vol. in-4, par Dufresne de Francheville, t. I. Ces deux volumes font partie de l'Histoire générale des finances par le même auteur. Cette histoire, qui devait avoir environ quarante volumes in-4, a été malheureusement suspendue au troisième. Les précieux documents recueillis par Dufresne de Francheville dans son Histoire du tarif de 1664 et dans l'Histoire de la Compagnie des Indes (3e volume de l'Histoire générale) font regretter vivement que ce grand ouvrage ait été si tôt interrompu. C'est sous le nom de Dufresne de Francheville, dont il était l'ami, que Voltaire fit paraître la première édition du Siècle de Louis XIV.
[234] Mémoires sur les impositions, par Moreau de Beaumont, t. III.
[235] Collection des anciennes lois françaises, etc.--Un grand nombre d'ordonnances contre le luxe avaient été publiées à diverses époques et presque sous tous les règnes; la dernière était de 27 novembre 1660. Outre la défense de porter des aiguillettes ou broderies, d'or vrai ou faux, elle prohibait la vente des passements, dentelles, points de Gênes, broderies de fil, découpures et autres ouvrages de fils quelconques faits aux pays étrangers, ni autres passements ou dentelles de France, que de la hauteur d'un pouce au plus sous peine de confiscation et de 1,500 livres d'amende. Il est à remarquer que, postérieurement à la déclaration de juin 1663, il ne fut plus pris de mesure contre le luxe pendant l'administration de Colbert.
[236] Lettres et négociations de Jean de Witt, etc., etc., année 1664, passim.
[237] Édit portant établissement de la Compagnie des Indes occidentales, en quarante-trois articles, du 25 mai 1661 (Collection des anciennes lois françaises, etc.).
[238] Discours d'un fidèle sujet pour l'établissement de la nouvelle Compagnie des Indes orientales, par M. Charpentier, de l'Académie française; cité dans l'Histoire de la Compagnie des Indes, par Dufresne de Francheville.
[239] Biblioth. roy., Mss. Journal du M. d'Ormesson, année 1664.
[240] Histoire de la Compagnie des Indes, par Dufresne de Francheville; pièces justificatives; édit du mois d'août 1664.
[241] De la Puissance américaine, par Guillaume-Tell Poussin. M. le major Poussin attribue le succès des colonies hollandaises et américaines à l'adoption d'un système tout contraire et à la faculté laissée aux colons de se gouverner d'après des lois spéciales appropriées à leur état social et se modifiant avec lui, t. I.
[242] Règlement du 6 octobre 1664. Voyez Histoire de la Compagnie des Indes.
[243] Histoire de la Compagnie des Indes, etc.
[244] Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, liv. IV.
[245] Arch. de la mar., Registre des dépêches, années 1670 et 1671.
[246] Ibidem, année 1670.
[247] Ibidem., Registre des ordres du roy.--Cette lettre se trouve également dans l'Histoire de la Compagnie des Indes, p. 560 et suiv. Ce Caron était un Hollandais qui avait longtemps séjourné aux Indes, et dont Colbert s'était engoué lorsqu'il vint lui offrir son expérience et ses services, Forbonnais dit qu'il fit échouer l'entreprise dont on lui avait confié la direction, parce que le succès de la compagnie française aurait porté un coup funeste à la Hollande. C'est aussi l'opinion de Raynal, qui, dans son langage un peu pompeux, appelle ce Hollandais le perfide Caron. Histoire philosophique, etc., liv. IV.
[248] Arch. de la mar., Registre des despesches, année 1671.
[249] Ibidem. Lettre du 7 mai.
[250] Ibidem.
[251] Ibidem.--La première assemblée générale, dit Raynal, eut lieu en 1675. Toutes les ventes effectuées jusqu'alors par la Compagnie ne s'élevèrent qu'à 4,700,000 livres. Des 5 millions versés par les actionnaires et des 4 millions prêtés par le gouvernement, il ne restait plus que 2,500,000 livres. C'étaient 6,500,000 livres de perte en neuf ans. Pour rassurer les esprits, le roi fit don de tout ce qu'il avait avancé. (Hist. philosoph., liv. IV.)
[252] Recherches sur les finances, par Forbonnais, année 1679. Colbert avait d'abord donné 10 livres par tête de nègre à tous ceux qui voudraient faire la traite; mais, dit Forbonnais, il revint bientôt aux idées d'exclusif qui dominaient alors dans les têtes et fonda la Compagnie du Sénégal. En 1675, nouveau privilège pour la côte de la Guinée, depuis la rivière de Gambie, à condition de porter tous les ans huit cents nègres aux colonies. L'inexécution du contrat le fit casser, et le privilège passa à la Compagnie du Sénégal, qui eut dès lors deux mille nègres à transporter tous les ans avec la même prime de 13 livres.
[253] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay, t. V, cote 14, pièce 3.
[254] Arch. de la mar., Registre des despesches, années 1670 et 1671.--Recherches sur les finances, année 1679.
[255] Biblioth. roy. Registre des despesches, année 1669.--Voir, à la fin du volume, l'Édit de nomination de la Compagnie du Nord; pièce justificative, n. VII.
[256] Biblioth. roy., Registre des despesches, etc., année 1669.--Arch. de la mar., Registre des despêches, etc., année 1671.
[257] Arch. de la mar., Registre de 1672.--Cette compagnie fut bientôt obligée de se dissoudre. Ce n'était pourtant pas une compagnie privilégiée, c'est-à-dire jouissant d'un privilège exclusif; mais entre autres avantages qui lui furent faits, Colbert lui avait prêté 200,000 livres pendant deux ans sans intérêt, et il lui était accordé une prime de 10 livres par pièce de drap qu'elle transporterait dans le Levant. Malgré cela, elle ne put soutenir la concurrence particulière et liquida en perte. (De la balance du commerce et des relations commerciales de la France dans toutes les parties du globe, particulièrement à la fin du règne de louis XIV et au moment de la Révolution; par Arnould, sous-directeur du bureau de la balance du commerce; 3 vol., dont un de tableaux. Paris, 1791, t. 1, p. 247.)
[258] Histoire de la Compagnie des Indes; pièces justificat.--Hist. phil., etc., liv. IV.
[259] Documents authentiques et détails curieux sur les dépenses de Louis XIV, par Gabriel Peignot.--Il y dans ce volume deux lettres très-curieuses et très-humbles de Mézerai à Colbert, au sujet de la réduction de sa Pension.
[260] Chapelain ne s'oublia pas dans la sienne; il y dit de lui que, «s'il ne s'était point renfermé dans le dessein du poëme héroïque de la Pucelle, qui occupe toute sa vie, il ne ferait peut-être pas mal l'histoire de laquelle il sait assez bien les conditions» (Documents authentiques, etc., etc.). Dans la première satire de Boileau, qui parut en 1667, il y avait d'abord huit vers concernant la mission donnée par Colbert à Chapelain. Ils commençaient ainsi:
Enfin je ne saurais, pour faire un juste gain, Aller, bas et rampant, fléchir sous Chapelain...
Ces vers furent supprimés dans l'édition de 1674, année où Boileau obtint une pension. Le satirique s'humanisait.
[261] Desmaretz était auteur de deux poëmes ayant pour titre Clovis, Magdelaine, etc. Costar l'appelait aussi le plus ingénieux des poëtes français, l'Ovide de son temps. La camaraderie littéraire date de loin.
[262] Boileau a dit de lui, dans sa onzième satire:
Si je veux d'un galant dépeindre la figure, Ma plume pour rimer trouve l'abbé de Pure.
Sans être ni propre ni galant, dit Brossette, l'abbé de Pure affectait un air de propreté et de galanterie. Suivant ce commentateur, l'abbé de Pure distribuait une espèce de parodie où Boileau était convaincu par Colbert d'avoir fait des libelles contre le gouvernement. C'est ce qui lui valut les vers qu'on vient de lire.
[263] On se rappelle les vers de Boileau contre les abbés Cottin et Cassagne dans la satire du Repas:
Moi qui compte pour rien ni le vin ni la chère, Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne et de l'abbé Cottin.
Les abbés Cassagne et Cottin étaient tous deux de l'Académie Française. L'abbé Cassagne, dit Brossette dans ses notes sur Boileau, était d'une humeur très-mélancolique. Nommé pour prêcher à la cour, la crainte du ridicule l'empêcha de s'y produire. Alors il redoubla d'ardeur pour le travail; mais sa raison y succomba, et il fallut le faire renfermer à Saint-Lazare.
[264] C'est le même dont il a été question dans la partie de cette histoire relative à la naissance de Colbert, et qui lui a appliqué l'épitaphe: A parvo existens, etc.
[265] Racine n'avait alors que vingt-quatre ans, et il n'avait encore composé que l'ode la Nymphe de la Seine, à l'occasion du mariage du roi. C'est cette ode qui lui valut la pension de 600 livres pour laquelle il figure sur cette première liste. Plus tard, elle fut portée à 2,000 livres, sans compter les autres faveurs et la gratification comme historiographe.
[266] Abrégé chronologique du président Hénault, année 1663.
[267] Mes voyages aux environs de Paris, par J. Delort. 2 vol, in-8º. t. II, p. 193 et suiv.--Cité par M. Peignot.
[268] Le Spectateur, t. III, p. 87 et suiv., article de M. Depping.--Voir, au sujet de ce projet de Louis XIV, des pièces justificatives très-curieuses publiées dans la première édition de l'Histoire de la Marine, par M. Eugène Sue.--Hermann Conring est désigné sous le nom de Conringius dans une lettre circulaire adressée par Colbert, le 20 février 1671, à MM. le comte Graziani, Carledati et Viviani à Florence, Heinsius à Stockholm, Conringius à Helinstad, Gronovius à Leyde, Ottavio Ferrari à Padoue, et Hevelius à Dantzig. La lettre est ainsi conçue: «Monsieur, l'application que vous continuez de donner aux belles-lettres, et les advantages que le public recevra de vos veilles, conviant le Roy de vous continuer ses grâces, Sa Majesté m'a ordonne de vous faire tenir la gratification qu'elle a accoustumé de vous donner tous les ans; c'est de quoy je m'acquitte, vous assurant que je suis toujours, etc., etc.» (Arch. de la mar., Registre des despesches, année 1671.)
[269] Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, par M. Walckenaer, liv. IV.
[270] Collection des anciennes lois françaises, etc.--L'Académie de Peinture et de Sculpture de Paris avait été fondée en 1648; celle de Rome fut fondée par Colbert en 1665; cependant les médailles pour les deux académies portent la date de 1667.
[271] Voici ce que Louis XIV lui-même dit de cette devise dans ses Instructions pour le Dauphin, année 1662: «Ceux qui me voyoient gouverner avec assez de facilité et sans être embarrassé de rien, dans ce nombre de soins que la royauté exige, me persuadèrent d'ajouter le globe de la terre, et pour âme nec pluribus impar; par où ils entendoient, ce qui flattoit agréablement l'ambition d'un jeune roi, que, suffisant seul à tant de choses, il suffiroit sans doute à gouverner d'autres empires, comme le soleil à éclairer d'autres mondes, s'ils étoient également exposés à ses rayons. Je sais qu'on a trouvé quelque obscurité à ces paroles, et je ne douta pas que l'Académie n'en eût pu fournir de meilleures; mais celles-là étant déjà employées dans les bâtiments à une infinité d'autres choses, je n'ai pas cru à propos de les changer.» Œuvres de Louis XIV, t. II. Il est certain que cette devise était non-seulement très-ambitieuse, mais très-obscure, et qu'elle ne signifiait nullement ce qu'elle avait la prétention d'exprimer. C'est l'opinion de Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. XXV.
[272] Documents authentiques, etc., p. 133, en note.--Les premiers membres de l'Académie des Sciences furent MM. Carcavi, Roberval, Huyghens, Frenicle, Picard, Duclos, Bourdelin, de La Chambre, Cl. Perrault, Auzout, Pecquet, Buot, Gayant, Mariotte et Marchand. Peu de temps après, Cassini fut appelé de Bologne où il était professeur, et il en fit aussi partie.--(Mémoires de Charles Perrault, liv. Ier.)
[273] Gazette de France de l'année 1667, nº 52, citée dans la notice sur Colbert, par Lemontey.
[274] Mémoires de Charles Perrault, livre III.
[275] Biblioth. roy. Mss. Journal des bienfaits du roy. Suppl. français. 579.
[276] Neuvième lettre à mes commettants, par Mirabeau.
[277] Leçons d'histoire prononcées à l'École normale en l'an III (1795), p. 141. Paris, 1799, in-8º.--L'erreur de Volney vint, en partie sans doute, d'avoir calculé le prix du marc d'argent, sous Louis XIV, à 16 livres, tandis qu'il valut 26 livres 10 sous de 1641 à 1679; 29 livres 6 sous de 1679 à 1690, et 30 livres de 1670 à 1675. Le marc d'argent (8 onces) vaut aujourd'hui 54 francs.
[278] Voir pour les détails: 1º Documents authentiques sur les dépenses de Louis XIV, par M. Peignot; 2º l'ouvrage intitulé: États au vrai de toutes les sommes employées par Louis XIV à Versailles, Marly et dépendances; au Louvre, Tuileries, canal du Languedoc, secours aux manufactures, pensions aux gens de lettres, depuis 1661 jusqu'en 1710, par M, Eckard; Versailles, 1836. L'ouvrage de M. Eckard, postérieur de quelques années à celui de M. Peignot, éclaircit complètement cette intéressante question. Il y a, entre les calculs de ces deux écrivains, une différence de 10 millions; j'ai adopté ceux de M. Eckard, qui paraissent plus complets.
[279] Mémoires de Charles Perrault, livre II.
[280] Documents authentiques sur les dépenses de Louis XIV, par Gabriel Peignot.--Essais sur Paris, par Sainte-Foix.--Mémoires de Charles Perrault; livre II: voici le portrait que fait Perrault du cavalier Bernin. «Il avait une taille un peu au-dessous de la médiocre, bonne mine, un air hardi; son âge avancé et sa grande réputation lui donnaient encore beaucoup de confiance. Il avait l'esprit vif et brillant et un grand talent pour se faire valoir; beau parleur, tout plein de sentences, de paraboles, d'historiettes et de bons mots dont il assaisonnait la plupart de ses récits.»
[281] M. Montyon, dans ses Particularités sur les ministres des finances, et M. Dupont, dans son introduction aux Fastes de la Révolution française, donnent quelques extraits de ce mémoire, mais sans en indiquer l'origine. Bien que je n'en aie pas trouvé de trace dans mes recherches, je n'ai pas cru devoir négliger ce document très-important en raison des remontrances qu'il contient et qui font le plus grand honneur à Colbert. D'après M. Montyon, ce mémoire commence ainsi: «Voici, Sire, un métier fort difficile que je vais entreprendre; il y a près de six mois que je balance à dire à Votre Majesté les choses fortes que je lui dis hier et celles que je vais encore lui dire. Je fais, auprès de Votre Majesté, le métier sans comparaison le plus difficile de tous; il faut, de nécessité, que je me charge des choses les plus difficiles et de quelque nature qu'elles soient. Je me confie en la bonté de Votre Majesté, en sa haute vertu, en l'ordre qu'elle nous a souvent donné et réitéré de l'avertir au cas qu'elle allât trop vite, et en la liberté qu'elle m'a souvent donnée de lui dire mes sentiments...» M. Dupont paraît avoir réuni deux mémoires en un seul; le dernier serait d'une date postérieure et se rapporterait plutôt à l'année 1670.
[282] Ces revues donnaient lieu à des caricatures et à des libelles qu'on affichait dans Paris. Un de ces derniers portait pour titre, au sujet d'une revue qui devait avoir lieu à Moret, près de Fontainebleau: «Louis XIV donnera les marionnettes dans les plaines de Moret.» Colbert ne craint pas d'en parler au roi dans son mémoire. Un autre libelle, distribué dans les maisons, portait ces mots: Parallèle des sièges de La Rochelle et de Moret, faits par les rois Louis XIII et Louis XIV. «Je sais bien, dit Colbert à ce sujet, que ces sortes d'écrits ne doivent entrer pour rien dans les résolutions des grands princes; mais je crois qu'ils doivent être considérés dans les actions indifférentes qui requièrent l'approbation publique.» Que de raison dans ce peu de mots!
[283] Louvois, secrétaire d'État de la guerre.
[284] États au vrai, par M. Eckard, d'après un manuscrit de la Bibliothèque royale, intitulé: Comptes des bastiments du Roy: Fonds Saint-Martin, 92, in-4º de 54 feuilles. Le livre de M. Eckard donne séparément la dépense de la maçonnerie, plomberie, menuiserie, etc., etc.
[285] Avec son exagération habituelle, le duc de Saint-Simon estime que, pour Marly seul, en y ajoutant la dépense des voyages, on ne dira point trop en parlant par milliards. (Mémoires, etc., t. XII, ch. iv.) A ce compte, Volney aurait pu porter le total de la dépense pour bâtiments à 30 ou 40 milliards.
[286] Ce monument était situé à l'extrémité du faubourg Saint-Antoine, sur la place dite depuis du Trône, parce qu'on y dressa un trône magnifique pour Louis XIV et Marie-Thérèse, lorsqu'ils firent leur entrée dans la capitale, le 20 août 1660. Dix ans après, la ville de Paris résolut d'y faire élever un arc de triomphe. Perrault en donna les dessins. Construit en pierre jusqu'à la hauteur des piédestaux des colonnes, l'arc fut achevé en plâtre pour former un modèle de ce qu'il devait être. Comme il menaçait ruine, on le démolit en 1716. Il n'en reste plus que la gravure de Sébastien Leclerc. (Note de M. Eckard.)
[287] On me saura gré de reproduire à ce sujet une note très-judicieuse de M. Montyon. «L'Hôtel des Invalides devait-il être un palais? Était-il plus convenable qu'il ne fût qu'un hospice bien approvisionné? Tous les invalides devaient-ils être rassemblés? N'aurait-il pas été plus utile qu'ils fussent dispersés dans les provinces, où ils auraient pu être de quelque utilité, où leur entretien eût été moins dispendieux, où la dépense de leur entretien eût versé des fonds dans des cantons qui en manquaient? C'est M. de Louvois qui a dû peser ces questions, puisque c'est lui qui a fondé cet établissement; il n'est pas sans vraisemblance qu'il a sacrifié à une vanité que trop souvent Louis XIV prit pour de la grandeur» (Particularités sur les ministres des finances).
[288] Ce chiffre est approximatif. Les États au vrai, publiés par M. Eckard, ne donnent pas le chiffre exact de la dépense faite au Val-de-Grâce; seulement M. Eckard la porte à 3 millions, d'après d'autres documents.
[289] Le canal du Languedoc, qui a 54 lieues de longueur, coûta 17 millions (voir au chap. suiv). Aujourd'hui, une lieue de canal coûte environ 600,000 francs. D'après cela, il suffirait de doubler la somme dépensée par Louis XIV pour avoir sa représentation actuelle. Au surplus, une évaluation exacte, mathématique, me paraît impossible, et je ne prétends donner, à ce sujet, que des indications. L'essentiel était de rétablir le chiffre de la dépense effective, en monnaie du temps.
[290] Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc, par feu M. de Basville, intendant de cette province. Amsterdam (Marseille), 1734. M. de Basville-Lamoignon a été intendant du Languedoc de 1685 à 1710.
[291] Histoire du canal de Languedoc, par les descendants de Pierre-Paul Riquet de Bonrepos, I vol. in-8. Il existe une autre histoire du canal de Languedoc, par le général Andréossy qui attribue à un géomètre de ce nom, l'honneur d'avoir fait les études du canal; mais cette assertion est positivement contraire à toutes les pièces officielles, au témoignage de Vauban et à la correspondance de Colbert. Répondant sans doute à quelques prétentions contemporaines, M. de Basville dit aussi très-formellement à ce sujet que Riquet fut l'inventeur, l'entrepreneur et le seul directeur du canal des deux mers.
[292] Histoire du canal de Languedoc. Archives du canal.
[293] Ibidem.
[294] Recherches sur les finances, etc., État des dépenses de l'année 1670.
[295] Lettre à M. Barillon (intendant de Picardie), contenant la relation des travaux qui se font en Languedoc pour la communication des deux mers, par M. de Froidour. Toulouse, 1672. Cette brochure, qui est très-curieuse et dont l'Histoire du canal de Languedoc donne quelques extraits, se trouve à la Bibliothèque royale, Mss., dans le portefeuille Fontanieu, nos 717-718, Commerce, canaux, manufactures, etc. M. de Froidour, auteur de la relation dont il s'agit, était lieutenant général au bailliage de la Fère et commissaire-député en Languedoc pour la réformation générale des eaux et forêts. On trouve de nombreuses lettres de lui dans la correspondance adressée à Colbert.
[296] Histoire du canal de Languedoc. Archives du canal.
[297] Arch. de la mar., Registres des despesches, année 1672. La lettre précédente ne se trouve pas dans le registre des despesches, et l'Histoire du canal de Languedoc ne donne pas celle de Colbert au fils de Riquet.--Pendant la plus grande partie du règne de Louis XIV, le rêve des courtisans et des ingénieurs fut d'amener de l'eau à Versailles. On ne saurait croire à combien de projets ce caprice du roi donna lieu. Riquet lui-même proposa à Colbert de détourner une partie de la Loire et de la conduire sur la montagne de Satori d'où on l'aurait dirigée à volonté. Cette entreprise ne devait coûter, disait-il, que 2,400,000 livres, et le traité allait être signé, lorsque Perrault, commis à la surintendance des bâtiments, suggéra à Colbert l'idée de faire examiner auparavant par l'Académie des Sciences si l'entreprise était praticable. Colbert suivit ce conseil, et, sur l'avis de l'Académie qui fit faire le nivellement des terrains avec beaucoup de soin, ce projet fut abandonné. (Mémoires de Charles Perrault, livre III.)
[298] Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc, par M. de Basville.
[299] Histoire du canal de Languedoc.
[300] Collection des anciennes lois françaises, etc. C'est par erreur que l'édit concernant ce canal y est intitulé Édit pour la construction du canal de Loing. Ce n'est qu'en 1720 que le duc d'Orléans fit faire le canal de Loing, parce que la rivière de ce nom était devenue impraticable de Montargis à la Seine.
[301] Dictionnaire hydrographique de la France, par Moithey, Paris, 1787.
[302] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[303] En ce qui regarde les douanes, voici comment Colbert avait lui-même formulé son système, dans un mémoire présenté au roi: «Réduire les droits à la sortie sur les denrées et sur les manufactures du royaume; diminuer aux entrées les droits sur tout ce qui sert aux fabriques; repousser, par l'élévation des droits, les produits des manufactures étrangères. (Recherches sur les Finances, etc.)--Les deux premiers articles de ce programme sont inattaquables; on verra plus loin les funestes conséquences qu'entraîna le dernier, tel qu'il fut exécuté par Colbert.
[304] De l'Organisation industrielle de la France avant le ministère de Colbert, par M. L. Wolowski; mémoire lu à l'Académie des Sciences morales et politiques, le 11 mars 1843, et inséré dans la Revue de Législation et de Jurisprudence de la même année.--Apologie du Système de Colbert ou Observations juridico-politiques sur les jurandes et maîtrises d'arts et métiers. Amsterdam, 1781 (Bibliothèque royale; F. 4480-6). Il y a à la fin du volume un Extrait des principaux règlements intervenus sur le fait des arts et métiers, depuis 1539 jusqu'en 1767.
[305] «Il y a eu à ce sujet vingt ou trente mille jugements, avis des chambres et bureaux de commerce.... Combien de temps perdu, combien de frais, de factums, d'animosités, de haines et de querelles pour établir la démarcation entre un habit neuf et un vieil habit!» (Rapport sur les jurandes et maîtrises, par Vital Roux, p. 24, cité par M. Wolowski.) Les communautés de Paris, écrivait Forbonnais vers 1750, dépensent annuellement près d'un million en procès.--Autre inconvénient. De temps en temps, l'État aux abois créait des lettres de maîtrises et les mettait en parti, comme fit Colbert en 1673, au début de la guerre. Les fils de maîtres ne pouvant être reçus avant que la vente de ces lettres ne fût finie, les communautés empruntaient de l'argent pour les acheter. Puis, elles levaient des droits excessifs sur les récipiendaires, et sur les marchandises, soit pour rembourser, soit pour payer les intérêts. Il est telle communauté dans Paris, ajoutait Forbonnais, qui doit quatre à cinq cent mille livres, dont la rente est une charge sur le public, sur le commerce, et une occasion de rapines. (Recherches sur les Finances, année 1672.)
[306] De l'Organisation industrielle avant Colbert, etc. M. Wolowski a, le premier, restitué son vrai sens à l'édit de 1581, édit très-libéral relativement à ceux qui l'avaient précédé de même qu'à ceux qui suivirent, et sur la portée duquel on s'était mépris depuis un siècle, à la suite de Forbonnais.
[307] De l'Organisation industrielle avant Colbert, etc.
[308] Recueil des règlements généraux et particuliers concernant les manufactures et fabriques du royaume. 4 vol. in-4º.--Imprimerie royale, 1730-1740. Ce recueil est exclusivement relatif aux états qui s'occupaient de la fabrication des étoffes. Les autres états, tels que les perruquiers, fondeurs, maçons, imprimeurs, limonadiers, menuisiers, lapidaires, etc., etc., avaient tous leurs statuts, et ces statuts différaient dans chaque ville. La Bibliothèque royale et celle de l'Arsenal en possèdent une grande partie.
[309] Il faut tout dire: Colbert ne fut pas toujours d'avis d'accorder aux commerçants une confiance sans limites; le 28 juin 1669, il priait M. de Souzy, intendant à Lille, d'observer «qu'en matière de commerce, il était bien essentiel de ne pas accueillir trop facilement les propositions des marchands, lesquels ne tendent qu'à soulager le commerce particulier sans se soucier du général» (Biblioth. roy., Mss, Registre des despesches, etc., nº 204).
[310] Recueil des règlements, etc., t. II. p. 408.--Statuts et règlements pour la manufacture des serges d'Aumale.
[311] Recueil, etc., etc., t. I, p. 1.
[312] Recueil des règlements, etc., passim. Voyez la table analytique, t. IV.--Encyclopédie méthodique, Finances: article Maîtrises. Cet article très-curieux est de Roland de la Platiere, qui était lui-même inspecteur des manufactures et qui fut ministre pendant la Révolution.
[313] Recueil des règlements, etc., etc., t. III, p. 215 et suiv. Statuts et règlements pour les manufactures de drap de Carcassonne, etc.
[314] Recueil des règlements, etc., t. I, p. 283.
[315] Dictionnaire portatif du Commerce, contenant l'origine historique de toutes les communautés d'arts et métiers, l'abrégé de leurs statuts, etc. 1 vol. Paris, 1777.--Voir aussi dans la Collection des anciennes lois françaises, à la date du mois de mars 1673, un édit portant que ceux qui font profession de commerce, denrées ou arts, qui ne sont d'aucune communauté et jurande, seront établis en corps, communauté, et qu'il leur sera accordé des statuts.
[316] Recueil des règlements, etc. Instruction aux commis des manufactures, t. 1, p. 65.
[317] Des anciens règlements et privilèges, par M. Renouord; Journal des Éconimistes, t. VI. Août 1843.--Un grand nombre de ces largesses n'eurent, au surplus, que des résultats négatifs. En Bourgogne, par exemple, vainement les États alléguèrent que «la province estant propre à la culture des terres et au vignoble, il estoit plus utile pour elle d'avoir force laboureurs et vignerons que des artisans, et que l'établissement des manufactures, pour estre de grands frais, seroit difficile et sans utilité.» Colbert exigea à plusieurs reprises des allocations de 30 à 50,000 livres pour soutenir les nouvelles manufactures. (Une Province sous Louis XIV, p. 192 et 193.) On établit donc, là et ailleurs, à grands frais, des fabriques de draps, de serges, etc. Mais dès qu'on les abandonna à elles-mêmes, ces fabriques tombèrent, et il n'en fut bientôt plus question.
[318] De 1661 à 1710 seulement, les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie ont coûté au trésor 3,945,643 livres. (Eckard, État au vrai des dépenses de Louis XIV.) Le même document porte à 1,707,148 livres les dépenses pour manufactures établies en plusieurs villes. Les encouragements au commerce et manufactures figurent pour 500,000 livres par an sur la plupart des budgets des dépenses qui se rattachent à l'administration de Colbert. (Forbonnais, Recherches sur les finances.)--Au surplus, Colbert ne se dissimulait pas le mauvais coté des encouragements. Voici ce qu'il disait à ce sujet. «Il faut observer que les marchands ne s'appliquent jamais à surmonter par leur propre industrie les difficultés qu'ils rencontrent dans le commerce, tant qu'ils espèrent trouver des moyens plus faciles par l'autorité du Roy, et c'est pour cela qu'ils y ont recours, pour tirer quelque avantage de toute manière, en faisant craindre le dépérissement entier de leur manufacture.» (Arch. de la mar., Registre des despesches, année 1671; lettre du 2 octobre à l'intendant du Languedoc.)
[319] Œuvres de Louis XIV. Mémoires historiques, aunée 1666, t. II.
[320] Histoire de l'économie politique, par M. Blanqui, t. I, chap. XXVI.
[321] L'estame est une laine tricotée à l'aiguille.
[322] Très-humbles remontrances au Roi par les six corps des marchands de la ville de Paris sur le fait du commerce, etc. (Recherches sur les finances, etc., année 1661.)
[323] Biblioth. roy., Mss. Mémoires sur le commerce et les finances de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne; Commerce d'Angleterre. 1 vol. in-fol. suppl. franç. 1792.
[324] Mémoires de Jean de Witt, t. VI, p. 182, cités par M. Blanqui, Histoire de l'économie politique, t. I, chap. XXVI.--En 1646, on ne fabriquait en France que des draps très-grossiers. A cette époque, le roi accorda aux sieurs Binet et Marseilles un privilége de vingt ans pour fabriquer des draps fins. Ils s'établirent à Sedan, et à l'expiration de leur privilége, ils possédaient dans cette ville ou aux environs, cinq ou six cents métiers dont les produits rivalisaient dès lors avec les plus beaux draps de l'Angleterre et de la Hollande. En 1698, au contraire, le nombre des métiers de Sedan était réduit d'environ moitié (État de la France, par M. de Boulainvilliers. 3 vol. in-fol.; Généralités de Paris et de Champagne, article Commerce). Cet ouvrage est le résumé de tous les Mémoires qui avaient été demandés en 1698 aux intendants par le duc de Bourgogne, sur l'organisation administrative, ecclésiastique, judiciaire, sur les ressources et la population de leur province.
[325] Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. II.--L'extrait suivant des Soupirs de la France esclave (1er Mémoire) emprunte une grande force des réflexions si judicieuses de l'abbé de Choisy. Il est juste de rappeler toutefois que ce livre a été écrit, en 1698, dans un esprit essentiellement hostile au gouvernement. «Il n'y a point de rigueurs et de cruautés qui n'ayent été exercées par les fermiers des douanes sur les marchands; mille friponneries pour trouver lieu de faire des confiscations; des marchandises injustement arrêtées se perdent et se consument. Outre cela, certains marchands par la faveur de la Cour mettent le commerce en monopole, et se font donner des privilèges pour en exclure tous les autres, ce qui ruine une infinité de gens. Et enfin, bien loin que la défense des marchandises étrangères ait bien tourné pour le commerce, c'est ce qui l'a ruiné. On ne pense pas que l'âme du commerce c'est l'argent, et que la vie de l'argent, c'est le mouvement. Le commerce ne s'entretient que par le mouvement qui se fait de l'argent d'un pays à l'autre. Nous envoyons aux étrangers nos blés, nos vins, nos manufactures, ils nous envoyent leurs poissons salés, leurs espiceries et leurs estoffes, et l'argent roule par ce moyen. Nous avons appris aux étrangers un secret dont ils se servent pour nous ruiner. Nous avons voulu nous passer de leurs estoffes de laine; ils ont trouvé moyen d'établir des manufactures de soye et d'imiter nos estoffes; ce gui est cause que ce commerce est entièrement ruiné, et que de sept ou huit mille métiers qui travailloient à Tours, il n'en reste pas aujourd'hui huit ou neuf cents. Et tout cela par le pouvoir despotique et souverain qui se pique de faire tout à sa fantaisie, de donner à tout un nouveau train, et de réformer toutes choses par un pouvoir absolu. La persécution des Huguenots, autre effet de cette puissance tyrannique, a mis la dernière main à la ruine du commerce. Parce que ces gens étoient exclus des charges, ils s'étoient entièrement jetés dans le commerce des bleds, vins, manufactures; la persécution qu'on a exercée contre eux les a obligés de se retirer, etc., etc.»
[326] Mémoires historiques, par Amelot de la Houssaye. «Cela m'a été conté, ajoute-t-il, par un maître des requêtes présent à l'assemblée.» Au surplus, le témoignage de cet écrivain ne saurait être suspect; car voici le jugement qu'il porte de Colbert: «De tous les ministres de France ou étrangers à qui j'ai eu l'honneur de parler en ma vie, je n'en ai point connu qui fussent à beaucoup près aussi habiles ni aussi courageux que M. Colbert. C'est un témoignage que je dois à sa mémoire, malgré tout ce qu'on a dit ou écrit contre lui.»
[327] Mémoires concernant les impositions et droits en France, par Moreau de Beaumont, t. III, p. 505.
[328] Tarif général des droits de sorties et d'entrées du royaume, 1664-1667.
[329] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc. Lettre du 3 septembre 1670.
[330] Ibidem. Lettre du 29 août 1670.
[331] Arch. de la mar., Registre des despesches. Lettres du 8 août 1670 et du 24 avril 1671.
[332] Ibidem. Lettre du 13 novembre 1670.
[333] Recueil des règlements, etc. Arrest qui ordonne des peines contre les marchands et ouvriers qui fabriquent et mettent en vente des marchandises défectueuses et non conformes aux règlements. T. I, p. 524.
[334] Recherches sur les finances, année 1667.
[335] Arch. de la mar. Expéditions concernant le commerce de 1660 à 1683.
[336] Arch. de la mar. Registres des despesches, etc. Lettres du 27 octobre 1671 et du 3 décembre 1672.
[337] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1677. Les entrepreneurs de la manufacture de bouracan de La Ferté-sous-Jouarre se plaignent à Colbert de ne plus vendre leurs marchandises, bien qu'ils aient établi des magasins à Lyon, Rouen, Nismes, et que les prix soient tombés de 70 à 55 livres, ce qui fait qu'ils perdent 10 livres par pièce. En outre, les fonds qui leur avaient été promis, ne leur ayant pas été payés en entier, ils demandent de suspendre leur fabrication et de compter de clerc à maître, afin d'éviter leur ruine totale.
[338] Recherches sur les finances, etc., année 1667.
[339] Recueil des règlements, etc., t. II, p. 228.
[340] Je ne voudrais pas médire d'Isaac Vossius, mais je dois constater que les pensions aux savants étrangers avaient été supprimées avant 1680.
[341] Recherches et considérations sur la population en France, par Moheau. 1 vol. Paris, 1778.--La Dîme royale, par Vauban. Collection des principaux économistes, t. I, p. 121, édition Guillaumin.--De la Balance du Commerce et des Relations commerciales extérieures de la France à la fin du règne de Louis XIV et à la Révolution; par Arnould. L'auteur de cet ouvrage donne à ce sujet quelques renseignements assez curieux, un peu hasardés, peut-être, dans certaines parties, et que je reproduis avec toute la réserve que commandent les travaux statistiques de ce genre.
A la fin A l'époque du XVIIe siècle. de la Révolution.
Population de la France, d'après les Mémoires des intendants 20,093,000 hab. 24,677,000 hab. Contributions (non compris les sommes votées par les pays d'États pour leur administration intérieure) 260,748,000 livr.[*] 568,000,000 livr. Estimation du numéraire effectif de la France 800,000,000 » 2,000,000,000 » Valeur du produit territorial et de l'industrie en France 1,984,800,000 » 3,400,000,000 » Dépenses générales de la France 304,670,000 » 633,213,000 »
Montant de la dette publique de la France 4,500,000,000 » 4,132,000,000 »
En 1700, la contribution de chaque individu aux dépenses générales du royaume, en calculant cette contribution d'après la valeur de l'argent en 1790, était évaluée à 12 livr. 13 s. (environ 7 livres, monnaie du temps).
En 1790, cette contribution s'élevait à 22 livr. 15 s.
(Balance du Commerce, etc., t. III, tableau xv.)
Elle est aujourd'hui de 40 francs environ par individu.
[*] D'après la valeur de l'argent en 1790; c'est-à-dire que les sommes du temps ont été presque doublées: le marc d'argent ayant valu 30 livres en 1700 et 53 livres 10 sous en 1790. Même observation pour les autres sommes de cette colonne.
[342] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[343] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., lettre du 15 août 1671.
[344] Recherches sur les finances, année 1666.
[345] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[346] Œuvres de Louis XIV. t. II, p. 238.--Instructions pour le Dauphin.
[347] Recueil des arrêtés de M. le P. P. de Lamoignon. Lettre de M. Auzannet, avocat, du 1er décembre 1669.--Cette lettre se trouve, comme appendice, à la fin du Recueil des arrêtés.
[348] Recueil des arrêtés, etc., t. I. Vie de M. de Lamoignon.
[349] Biblioth. roy., Mss. Journal des bienfaits du Roy, année 1667.
[350] Collection des anciennes lois franç., etc. Ces diverses ordonnances s'y trouvent en entier.
[351] Rapport de M. Roy à la Chambre des Pairs sur le Code forestier, 1827.--Notice historique sur la vie de Colbert, par M. d'Audiffret.--Hist. financière de la France, etc., ann. 1669.
[352] Un premier essai avait été tenté en 1558; mais il paraît qu'il ne réussit pas. Voir à la Bibliothèque royale, Mss., un volume du fonds Cinq cents de Colbert, nº 252, p. 186. Il y est question de l'établissement des lanternes à Paris, le 14 novembre 1558, au lieu des flambeaux qui ne s'allumaient précédemment que dans les cas de nécessité.
[353] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[354] Biblioth. roy., Mss, Lettres adressées à Colbert.
[355] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., 1671.
[356] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[357] Recueil des règlements de police, par M. Peuchet.--Collection des anciennes lois françaises, etc.
[358] Siècle de Louis XIV, chap. XXVI.
[359] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[360] Arch. de la mar., Registre des ordres du Roy.--Hist. de la mar., par M. Eugène Sue, pièces justif.--Règlement du Roy qui conserve à M. Colbert, contrôleur général des finances, le détail et le soin qu'il avait déjà pour la marine, les galères, le commerce, etc., etc., et laisse à M. de Lionne les expéditions à faire en conséquence.
[361] Arch. de la mar., Registre des ordres du Roy, 1669.--Histoire de la marine, etc.--Règlement concernant les détails dont M. Colbert est chargé, etc.--Voir, à la fin de ce volume, pièces justif., nº VIII.
[362] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., 1669, nº 204.
[363] Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, par M. Pardessus, t. IV, note de la page 536.--Journal des Économistes, t. II, 1842, p. 255 et suiv; Note sur les consulats, par M. F. de Lesseps.
[364] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., etc., année 1670. «Mémoire pour former l'instruction de M. Delahaye-Vantelet, s'en allant à Constantinople en qualité d'ambassadeur du roi vers le Grand-Seigneur.» Ce mémoire, qui contient l'historique complet du commerce français dans le Levant antérieurement à 1660, est des plus curieux. Il est transcrit comme renseignement sur le registre de 1670 et ne porte pas de date. M. Delahaye était ambassadeur à Constantinople en 1660.
[365] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., 1669, nº 204. «Mémoire du Roy sur ce que les consuls de la nation françoise establis dans les pays estrangers doivent observer, pour en rendre compte à Sa Majesté par toutes les occasions.» Ce mémoire a été reproduit par Forbonnais. Il y a au commencement du registre de 1669 plusieurs documents intéressants sur les consulats, entre autres un mémoire sur la valeur et le revenu de ceux du Levant. Ce qui suit en est extrait.
CONSTANTINOPLE. Il n'y a point de consul; c'est M. l'ambassadeur qui en fait les fonctions et en retire les émoluments, ce qui semble avilir la dignité de l'ambassadeur.
En marge du mémoire, de la main de Colbert: «Le sieur Robolly fera cette fonction en son absence, jusqu'à ce que l'on y aye pourveu.»
SMIRNE. Le prix de la charge de consul est évalué à 24,000 liv.
ALLEP. id. id. 24,000 liv.
SEYDE. Affermé 2,400 fr. par an.
ALEXANDRIE. Affermé 12,000 fr. par an;
Satalie. Affermé 12,000 fr. par an, etc., etc.
Avant 1669, le consul français à Livourne percevait les droits suivants:
Pour chaque tartane de 400 à 800 quintaux 10 liv. Pour chaque barque de 800 à 1500 quint 15 Pour chaque polacre de 1500 à 3000 quint 30 Pour chaque navire de 3000 à 5000 quint 45 Au-dessus de 5000 quintaux 60 Droit de sceau 1 10 s.
En 1669, Colbert réduisit ces droits comme il suit:
De toute sorte de tartanes 5 De toute sorte de barques 7 10 De toute sorte de polacres 10 De toute sorte de navires 15 Droit de sceau 1 10
C'était donc une diminution de moitié dans tous les cas, et quelquefois des deux tiers.
[366] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669. Estat du commerce du Levant, contenant les raisons du mauvais estat auquel il est réduit et les remêdes que l'on pourroit y apporter.
[367] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1770.
[368] C'était un droit perçu à Marseille et dans le Levant sur les navires faisant le commerce des échelles. Son nom lui vint sans doute du mot français côte, autrefois cotte. Ce droit ne figure pas dans le Dictionnaire des finances, de l'Encyclopédie méthodique.
[369] Registre des despesches, etc., 1669.--Collection des anciennes lois françaises, etc.--Une déclaration du mois de novembre 1662 avait accordé la franchise au port de Dunkerque. Bayonne était également port franc, mais cette franchise n'était pas aussi étendue qu'à Marseille et à Dunkerque.
[370] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669.--Marseille et les intérêts nationaux qui se rattachent à son port, par M. S. Berteaut, t. Ier, p. 22.--Au lieu de cela, le droit de cottimo fut augmenté par la suite, et un arrêt du 25 septembre 1721 chargea la Chambre de commerce de Marseille de percevoir les droits de cottimo et de consulat sur les marchandises du Levant, afin de pourvoir aux appointements des consuls et aux dépenses extraordinaires des consulats de Smyrne, Tripoli, Le Caire, Alep, etc. (Collection de décisions nouvelles relatives à la jurisprudence, par Denisart. Paris, 1751.)
[371] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671. Lettre du 31 mai.
[372] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., août 1671, p. 73 et suiv.
[373] Recueil des traités de commerce et de navigation, etc., t. II, p. 468 et suiv.
[374] Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc, par M. de Basville.--Cependant, en 1716, les exportations de la France pour le levant ne s'élevaient encore qu'à 2,776,000 liv.
A la même époque, les importations étaient de 3,449,000
En 1788, les exportations s'élevaient à 19,639,000
Id. les importations à 38,936,000
Excédant, à cette dernière époque, des importations sur les exportations 19,297,000
(De la Balance du Commerce, etc., t. III, tableau nº xi.)
[375] C'était en général et principalement par les draperies que la France payait ses achats de denrées du Levant. Châlons rivalisait avec les villes du Languedoc; Provins était renommée pour ses couvertures[*]; Reims pour ses toiles et ses serges; Paris et Saint-Denis avaient leurs fabriques et leurs dépôts de draperie, dont les assortiments entraient également dans les cargaisons pour les pays d'outre-mer, etc., etc. (Histoire du Commerce entre le Levant et l'Europe, depuis les croisades jusqu'à la fondation des colonies d'Amérique, par M. G.-B. Depping, t. I, p. 311.)
[*] Au XIVe siècle, Provins avait jusqu'à trois mille deux cents métiers en draperie. Voyez le règlement de Charles VI de l'an 1399. (Ordonnances des rois de France, t. VIII.)
[376] Encyclopédie méthodique, Finances, art. Offices.--Collection des édits et arrêts sur les parties casuelles. 1 vol, in-4º.--Œconomies royales, par Sully.
[377] Esprit des Lois, liv. V, chap. XIX.
[378] Recherches sur les finances, années 1614 et 1615.
[379] On lit dans le même chapitre qu'il ne faut point de Censeurs dans les monarchies, parce qu'elles sont fondées sur l'honneur et que la nature de l'honneur est d'avoir pour Censeur tout l'univers. Pourquoi craindre alors que l'indigence et l'avidité des courtisans fissent profit des emploi? Tout cela est bien spécieux.
[380] Recherches sur les finances, année 1664.
[381] Collection des anciennes lois françaises, etc.--Supernuméraires, au-dessus du nombre.
[382] Œconomies royales, etc., par Sully.--Recherches sur les finances, etc., années 1601 et 1602.
[383] Ibidem, année 1634.
[384] Ibidem, année 1665.
[385] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[386] Dans le Dauphiné, province de taille réelle, les propriétés étaient évaluées à cinq mille feux, dont quinze cents étaient exempts des tailles: c'est près d'un tiers. (Note de M. de Montyon. Particularités, etc., etc.)
[387] M. de Montyon fait toutefois au sujet de cette opération une observation fort juste. La généralité de Montauban était un pays d'élection. On nommait ainsi les pays qui n'avaient pas d'assemblée provinciale pour consentir ou discuter les impôts qu'il plaisait au roi d'y établir. A ce titre, elle se trouvait très-surchargée d'impôts, et l'établissement de la taille réelle, au moyen du cadastre, vint ajouter encore à ceux déjà fort lourds qu'elle avait peine à payer. M. de Montyon fait connaître aussi que Colbert avait demandé aux intendants des provinces de taille réelle un projet de reconstitution de cet impôt, projet qui allait être mis à exécution lorsque ce ministre mourut. Il n'en fut plus question depuis.
[388] Recherches sur les finances, année 1664.
[389] Encyclopédie méthodique: Finances, art. Cadastre.
[390] Biblioth. roy., Mss. Registre des despêches, etc., année 1669, nº 204.--Recherches sur les finances, année 1664.
[391] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1670.
[392] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[393] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671. Lettre du 30 novembre.
[394] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[395] Collection des anciennes lois françaises, etc.--On lit dans une lettre de Louis XIV à Colbert, du 7 mars 1669: «Je fais état d'envoyer le sieur de Garsaut en Angleterre, non-seulement pour y acheter quelques chevaux pour moi, mais encore pour y observer tout ce qui se pratique dans les haras de ce royaume, etc., etc.» (L'Ombre du grand Colbert, par Lafont de Saint-Yonne, p. 100.)
[396] En 1665, le sel fut diminué d'un écu par minot (100 livres); en 1667, on exempta de l'impôt vingt-deux greniers (arrondissement comprenant plusieurs communes); en 1668, autre diminution; en 1674, augmentation de 30 sous à cause de la guerre; en 1678, diminution de ces 30 sous; en 1680, ordonnances sur le fait des gabelles qui remédièrent à un très-grand nombre d'abus, abrégèrent les procédures et firent cesser presque entièrement les procès tant en première instance que d'appel.
Quoi qu'il en soit, l'impôt du sel n'en était pas moins très-élève, car il rapportait à cette époque près de 24 millions. En 1668, le prix du minot fut fixé à 30, 35, 37, 38, 40, 41 et 42 livres, suivant la position des greniers à sel, ce qui faisait de 6 à 8 sous la livre. Et il ne fallait pas songer à échapper à cet impôt, même en se privant de sel; car dans les pays dits de grande gabelle, qui comprenaient les neuf dixièmes de la France, la loi fixait la quantité que chaque individu devait en consommer! On lit dans un mémoire au roi, écrit de la main même de Colbert: «Si Sa Majesté se résolvoit de diminuer ses dépenses et qu'elle demandât sur quoi elle pourroit accorder des soulagements à ses peuples, mon sentiment seroit:
«De diminuer les tailles et de les mettre en trois ou quatre années à 25 millions;
«De diminuer d'un écu le minot de sel;
«Abolir la ferme du tabac et celle du papier timbré, qui sont préjudiciables au commerce du royaume;
«Diminuer le nombre des officiers autant qu'il sera possible, parce qu'ils sont à charge aux finances, aux peuples et à l'État, etc., etc.» (Recherches sur les finances, année 1683.--Encyclopédie méthodique, art. Gabelles.)
[397] Notice sur la vie de Colbert, par M. le marquis d'Audiffret.
[398] Recherches sur les finances, année 1683; Mémoire au roi.
[399] Voici ce qu'on lit à ce sujet dans l'Histoire de l'Administration en France, par M. Costaz, t. I, p. 62: «Avant Colbert, la plupart des grandes routes étaient impraticables; après les avoir fait réparer, il en fit ouvrir de nouvelles. Ce n'est point lui qui a imaginé les corvées.... Loin de là il a manifesté plusieurs fois l'intention de les abolir aussitôt que les circonstances le permettraient.... Bien que le canal de Bourgogne n'ait été commencé qu'après sa mort, on lui doit néanmoins l'idée de le construire. Il établit au Roule une pépinière pour les parcs et jardins des maisons royales. Des encouragements qu'il a accordés ont fait multiplier les mûriers.» A l'exception des grandes routes, je n'ai rien trouvé dans mes recherches qui soit relatif aux divers objets mentionnés par M. Costaz, sans indication des sources historiques où il a puisé; mais le champ de l'administration de Colbert est si vaste et les documents qui s'y rapportent sont si éparpillés, si nombreux, qu'il y aura longtemps encore à découvrir et à glaner.
[400] Œuvres de Louis XIV, t. I, p. 150.
[401] Histoire de l'économie politique, par M. le vicomte A. de Villeneuve-Bargemont; t. 1, chap. XV, p. 418.
[402] Lettre de M*** sur l'imputation faite à M. Colbert d'avoir interdit le commerce des grains; Paris, 1763.--Cette lettre, curieuse par les recherches auxquelles l'auteur s'est livré, est signée d'Éprémesnil. Biblioth. roy., F, 1125--D. 3.
[403] Contenance du muid: 18,72 hectol.
[404] Biblioth. roy. Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1677.--Édit du 6 octobre.
[405] Dans ses Recherches et considérations sur les finances, année 1662, Forbonnais avait d'abord nettement blâmé le système de Colbert sur les grains. Plus tard, ce système ayant été attaqué avec beaucoup de violence dans l'Encyclopédie, Forbonnais, sans revenir tout à fait sur sa première opinion, se montra beaucoup plus disposé à excuser l'erreur de Colbert. Voir ses Principes et observations économiques, IIIe partie. Dans cet ouvrage, Forbonnais abandonne ses propres chiffres sur le prix des blés, conteste absolument ceux de Boisguillebert, et adopte ceux donnés par Dupré de Saint-Maur dans son Essai sur les monnaies. Ces derniers sont en effet un peu moins défavorables à l'administration de Colbert. Postérieurement, l'auteur de la Balance du Commerce a relevé le prix du blé de première qualité, en s'appuyant, d'un côté, sur les chiffres de Dupré de Saint-Maur, de l'autre sur ceux de Messance, dans ses Réflexions sur la valeur du blé en France, qui font suite à ses Recherches sur la population, et il est arrivé aux résultats suivants. Le calcul a été fait par lui d'après la valeur du prix de l'argent en 1789, soit environ 54 livres le marc.
Prix moyen du blé de première qualité de 1643 à 1652 35 liv. 14 s. 1 d. -- de 1653 à 1662 31 12 2 -- de 1663 à 1672 23 6 11 -- de 1673 à 1682 25 13 8 -- de 1683 à 1692 22 0 4 -- de 1693 à 1702 31 16 -- de 1703 à 1712 23 17 1 du Commerce_, etc. t. III, tableau XVI.)
Il ne sera pas inutile de rappeler à cette occasion que le prix du marc d'argent a été
de 1641 à 1678 de 26 liv. 10 s. de 1679 à 1689 de 29 6 11 d. de 1690 à 1714 de 30 10 11 de 1714 à 1772 de 31 18 3 de 1775 à 1794 de 53 9 5 de 1803 à 1834 de 53 fr. 57 cent. de 1835 à 1845 de 83 84
(Précis historique de la marine française, par M. Chassériau, t. I; pièces justificatives.)
[406] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, etc., année 1669, nº 204.
[407] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1670.
[408] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1675.
[409] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert; année 1675, à sa date.
[410] Recherches sur les finances, etc., année 1681.
[411] Cependant en Angleterre, vers la même époque, c'est-à-dire de 1689 à 1764, non-seulement la loi permit l'exportation des grains, mais elle accorda une prime d'exportation de 5 schillings par quarter (un peu moins de trois hectolitres). Voici comment un écrivain anglais contemporain, John Nichols, décrit les résultats de cette mesure: «Tant que l'Angleterre n'a songé à cultiver que pour sa propre subsistance, elle s'est trouvée souvent au-dessous de ses besoins, obligée d'acheter des blés étrangers; mais depuis qu'elle s'en est fait un objet de commerce, sa culture en a tellement augmenté qu'une bonne récolte peut la nourrir cinq ans.» (Revue des deux mondes, 1er décembre 1845; Question des céréales, par M. C. Coquelin.) Toutefois, cette exportation avec prime n'était autorisée, en Angleterre, que lorsque le prix des grains avait atteint un chiffre déterminé par la loi. (Théorie du Commerce, par Ustaritz, chap. XXVIII.)
[412] Vauban, la Dîme royale, p. 34 et 35 des Économistes financiers de XVIIIe siècle; édition Guillaumin.
[413] Lettre à M..., sur l'imputation faite à M. Colbert, etc., etc.
[414] Arch. curieuses de l'hist. de France, par MM. Cimber et Danjou. Ire série; t. XIV; Règne de Henri IV.--Voici le titre de la brochure qui renferme le procès-verbal très-sommaire de cette assemblée: Recueil présenté au Roy de ce qui s'est passé en l'assemblée du commerce, au Palais, à Paris; faict par Laffemas, controlleur général du dit commerce. Paris, 1604.--Il y a dans le même recueil plusieurs autres opuscules de Laffemas sur le commerce.
[415] Recherches sur les finances, etc., années 1607, 1626 et 1700.
[416] Recherches sur les finances, etc., année 1670.
[417] Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, année 1669, nº 204.--Recherches sur les finances, année 1669.
[418] Esprit des Lois, liv. XX, chap, xxi.
[419] Recherches sur les finances, années 1669 et 1701.--Collection des anciennes lois françaises, etc.
[420] Arch. de la mar. Registre des despesches, année 1670.--On a dû trouver étrange de voir Colbert écrire à des premiers présidents, à des archevêques, à des évêques, pour des affaires purement commerciales. Ces renversements d'attributions se présentent très-fréquemment lorsqu'on parcourt sa volumineuse correspondance. Sans doute, Colbert choisissait dans chaque province, dans chaque localité, le fonctionnaire le plus intelligent, le plus dévoué, et c'est à lui qu'il s'adressait pour toutes les affaires, quelle qu'en fût la nature, au succès desquelles il portait un intérêt particulier.
[421] Collection des anciennes lois françaises, etc.
[422] Recherches sur les finances, années 1673 à 1678.--Histoire financière de la France, par M. Bailly, année 1666.
[423] Recherches sur les finances, années 1673 à 1678.
[424] Histoire financière, etc., année 1666.
[425] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1670.
[426] Ibidem.
[427] Arch. de la mar. Registre des despesches, année 1670.
[428] Voir, pour le commerce de la France avec l'Espagne, une instruction de Colbert, du 29 septembre 1681, à M. de Vauguyon, ambassadeur extraordinaire à Madrid. Pièces justificatives; pièce nº IX.
[429] Rien de plus variable, au surplus, que les évaluations de ce genre. Ainsi, dans la Statistique de la France, M. Moreau de Jonnès a estimé le numéraire actuel de la France à 2,860,000,000, dont un tiers en or, deux tiers en argent, et 52 millions de francs en cuivre. J'ai adopté le chiffre de 4 milliards, parce qu'il m'a paru se rapprocher davantage de la vérité. C'est Forbonnais qui a évalué le capital circulant de la France en 1683 à 500 millions. En 1690, le financier Gourville l'estimait dans ses Mémoires à 400 millions seulement. Suivant lui, il y avait aussi à cette époque pour 100 millions de vaisselle et d'orfévrerie dans Paris et autant dans les provinces. Il paraît qu'anciennement, et même encore vers le milieu du XVIIe siècle, la monnaie d'or était très-abondante relativement à celle d'argent. Un des articles de l'édit sur les carrosses à cinq sols, rendu en janvier 1662, invita le public à ne pas payer avec de l'or, afin de ne pas retarder le service par l'obligation de changer. Il est vrai que la pistole valait alors 11 livres et l'écu d'or 5 livres 14 sous. On lit en outre dans une lettre de l'ambassadeur de Hollande à Paris, du 3 avril 1663, à Jean de Witt; «Il y a ici un grande disette d'espèces, surtout de celles d'argent, en sorte que l'on ne paie qu'en or.» (Lettres et négociations entre Jean de Witt, etc.) On expliquait cette abondance par la faiblesse du titre de la monnaie d'or.
[430] Dictionnaire de la noblesse.--Histoire de la Marine, par M. Eugène Sue.--Biblioth. roy., Mss.
[431] C'est, celui qui avait d'abord été chevalier de Malte, puis grand'croix de l'ordre et général des galères. Suivant Sandraz de Courtilz, «il aurait mal rempli les devoirs de cette dignité; car, un jour, ayant trouve en calme trois vaisseaux de Tripoli, il n'osa les attaquer avec sept galères qu'il commandait; ce qui l'aurait perdu, si le crédit du marquis de Seignelay, son frère, ne l'eût tiré d'affaire. Il quitta depuis le service de mer et tâcha si bien de réparer cet affront qu'il se fit tuer à la tête du régiment de Champagne dont il était colonel.» (Vie de J.-B. Colbert.)
[432] Dictionnaire de la noblesse; article Colbert.
[433] Histoire de la Marine, etc.--Biblioth. roy., Mss, Inventaire fait après le décedz de monseigneur Colbert, Fonds dit suite de Mortemart, 34.--Mémoires de l'abbé de Choisy; liv. II.
[434] Dans ses Recherches sur les finances, année 1670, Forbonnais a publié l'instruction pour le voyage de Rochefort et celle que le marquis de Seignelay rédigea pour lui-même avant d'entreprendre le voyage d'Angleterre et de Hollande. De son côte, M. Eugène Sue a publié, dans son Histoire de la Marine, l'instruction de Colbert à son fils pour bien faire la commission de sa charge. L'Instruction pour le voyage en Italie est inédite. Elle se trouve à la Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay; cote 16, pièce 1, et aux Archives de la marine, Registre des despesches, etc., année 1671, t. I, p. 59 et suiv., à la date du 31 janvier.--Le mémoire pour le voyage de Rochefort est reproduit en entier aux pièces justificatives; pièce nº X.
[435] En même temps, Colbert lui remit un mémoire, dont l'original existe à la Bibliothèque royale. Il est intitulé: Mémoire pour mon fils, à son arrivée en Angleterre. Il se compose de 6 pages manuscrites, en entier de la main de Colbert. (Colbert et Seignelay; cote 16, pièce 6). Le mémoire, très-détaillé, contient l'énoncé de tous les différents points relatifs à la marine qui devaient fixer l'attention et l'examen de son fils, tant sur le personnel que sur le matériel.
[436] L'instruction pour le voyage en Italie est reproduite en entier aux pièces justificatives; pièce Nº XI.
[437] Colbert entendait par là les diverses fonctions dont il était chargé, celles de contrôleur général exceptées. On verra un peu plus loin en quoi elles consistaient.--Cette instruction appartient à la Bibliothèque royale; Mss.; Colbert et Seignelay, côte 16, pièce nº 17. C'est un cahier de douze pages très-serrées, écrites en entier à mi-marge de la main de Colbert et d'une écriture extrêmement difficile à lire. M. Eugène Sue a donné cette pièce avec l'orthographe actuelle. Je rétablis ici textuellement l'orthographe du manuscrit.--Cette instruction est reproduite en entier aux pièces justificatives; pièce nº XII.
[438] M. de Marca était un prélat très-savant, fort estimé de Colbert, qui le fit nommer de l'archevêché de Toulouse à celui de Paris, où il mourut peu de temps après.
[439] C'est toujours la même préoccupation et la même erreur. Colbert voulait que la France produisît absolument tout ce qui lui était nécessaire, qu'elle n'eût besoin de personne. Rien de mieux sans doute pour les manufacturiers privilégiés. Mais que devenaient, à ce compte, les propriétaires, principalement ceux des pays de vignobles? Ils furent ruinés, et avec eux, par suite des représailles et de la guerre qui s'en suivit, la France entière. Il en est des peuples et des royaumes, comme des individus; les uns et les autres ont leurs aptitudes, leurs facultés naturelles. Demander à tout peuple, indistinctement, qu'il suffise à toutes ses consommations, c'est vouloir en quelque sorte que tout homme puisse être également bon médecin, géomètre, statuaire, mécanicien, etc., etc., à volonté. En résumé, Colbert a sacrifié, sans le vouloir, les manufactures naturelles de la France, c'est-à-dire ses terres à blés et à vignes, à un certain nombre d'industries parasites, artificielles, dont l'acclimatation dans le royaume, à grand renfort de tarifs, fut cause que les États d'où nous tirions précédemment, avec des avantages réciproques, les produits de ces industries, ne voulurent plus ni de nos blés ni de nos vins, ou les frappèrent, à leur tour, de tarifs à peu près prohibitifs.
[440] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay; cote 16, pièce 20. Ce mémoire a été aussi publié par M. Eugène Sue, mais avec l'orthographe actuelle. Quelques mots, très-difficiles à lire, avaient été mal rendus; je les ai rétablis conformément au manuscrit, sauf deux passages complètement illisibles (Voir plus bas).
[441] M. de Terron (Colbert de Terron) était cousin du ministre et intendant de marine à Rochefort.
[442] Il semble résulter de cette pièce que, postérieurement à l'instruction de Colbert, et dans l'intervalle du temps où elle fut rédigée à l'époque où fut fait le mémoire du marquis de Seignelay, le travail avec le roi pour les affaires qui concernaient la marine, aurait eu lieu deux fois par semaine, le lundi et le vendredi.
[443] Lorsqu'une lettre était écrite par Colbert lui-même, on l'indiquait sur les Registres des despesches par les mots en marge: De la main de Monseigneur. Tous ces registres portent également, en marge de chaque lettre, le visa de Colbert ou de son fils.
[444] Ce ne sont pas les mots textuels; mais il est impossible de rendre de cette phrase autre chose que le sens.
[445] Même observation que pour la note précédente; seulement, ici, le sens même n'est pas très-clair.
[446] Arch. de la mar. Registre des despesches, 1672.
[447] Biblioth. Roy., Mss. Colbert et Seignelay; cote 17, pièce 7.--Cette lettre n'est pas de la main même de Colbert, mais elle est signée de lui.--Il y a, dans la cote 17 et dans les suivantes, plusieurs autres lettres sur le même objet.
[448] Manuscrit autographe de Colbert, cité en entier dans un travail intitule Cromwell et Mazarin, par M. P. Grimblot; Revue nouvelle, numéro du 15 novembre 1845.--J'en reproduis ici les passages les plus importants.
[449] Recueil des traités de commerce et de navigation, etc., etc., par MM. de Hauterive et de Cussy, t. II; France--Angleterre, p. 9 et suiv.
[450] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1672, p. 93 et suiv.
[451] Lettres et négociations entre J. de Witt, etc., etc., t. III, p. 71.
[452] Biblioth. roy., Registre des despesches concernant le commerce, année 1669, nº 204. Les autres lettres dont il est question un peu plus haut se trouvent dans le même registre, aux dates indiquées.
[453] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1670.
[454] Arch. de la mar., Registre des despesches, année 1671, t. II, p. 50 et suiv., année 1672, t. 1, p. 93 et suiv. Mémoire du Roy servant de réponse au projet de traité de Commerce entre la France et l'Angleterre, mis entre les mains du sieur Colbert, ambassadeur de Sa Majesté près du Roy de la Grande-Bretagne, par milord Arlington.--Éclaircissements sur les demandes faites par les commissaires du Roy de la Grande-Bretagne pour le traicté de commerce, du 4 avril 1672.
[455] Biblioth. roy., Mss. Mémoires sur le commerce et les finances de la France, des Colonies, de l'Angleterre et de l'Espagne. 1 vol. in-fol. suppl. fr., nº 1792.--Voir, au sujet du ce manuscrit, la note 2 de la p. 136, chap. IV.
[456] Relativement à cette conséquence naturelle et pour ainsi dire forcée de l'augmentation des droits, on trouve dans la correspondance de Colbert les assertions les plus contradictoires. Je me bornerai à en signaler quelques-unes.
Le 30 août 1669, Colbert écrit à l'intendant de Rochefort: «Il ne faut pas estre trop exigeant avec les Anglois, au sujet des droits sur les marchandises. Il ne faut pas obliger les étrangers à chercher les moyens de se passer de nos vins.»
Le 13 septembre 1669, à M. de Pomponne: «La diminution du commerce dont se plaint M. de Witt est la même partout.»
Le 19 décembre 1669, au même: «Il s'est plus enlevé de vin que jamais dans le mois de novembre.»
Le 27 décembre 1669, au même: «A l'égard du commerce, je ne trouve point qu'il diminue en France, en sorte que je vois clairement la diminution de celui de Hollande, ce qui est une matière de consolation.»
Le 19 mars 1671, au même: «Les efforts des États pour se passer de nos vins et eaux-de-vie n'ont eu d'autre effet que de faire enchérir de 10 livres, depuis un mois, la barrique d'eau-de-vie, c'est-à-dire qu'avant leurs défenses on ne la vendait que 46 livres et qu'elle en vaut 56, et même il s'en charge beaucoup plus, avec cette différence que les vaisseaux sont anglois, danois ou hambourgeois.»
Puis, huit jours après cette lettre, le 27 mars 1671, Colbert écrit à un de ses agents à Bordeaux: «Pourvu que la diminution qu'il y a cette année de l'enlèvement des vins et eaux-de-vie ne provienne que de la stérilité de la dernière année, il y a lieu de s'en consoler... J'ai peine à croire que les Hollandois se puissent passer de nos vins et eaux-de-vie, ni puissent en diminuer l'achat.» (Biblioth. roy. et Arch. de la mar., Colbert et Seignelay, cote 7, pièce 27; Registre des despesches, etc., années 1669 et 1671.) Convaincu de la bonté de son système, Colbert se débattait contre les faits qui le contrariaient, les attribuait à d'autres causes; à plus forte raison cherchait-il à faire prendre le change aux instruments de ses desseins, afin qu'ils le servissent mieux. On a déjà vu plusieurs preuves du cette tactique; ici, la contradiction est patente et résulte du texte même de sa correspondance. D'ailleurs, il est évident que l'élévation des droits d'entrée dont les draps de Hollande et d'Angleterre avaient été frappés en 1667 ne pouvait avoir pour résultat, comme il l'assurait à M. de Pomponne, d'augmenter le débit de nos eaux-de-vie et de nos vins.
[457] Biblioth. roy. Mss, Mémoires sur le commerce, etc.
[458] Ces idées de liberté dataient, au surplus, de beaucoup plus loin. On en jugera par le titre d'une brochure publiée, il y a plus de deux siècles, sous ce titre: le Nouveau Cynée ou Discours des occasions et moyens d'establir une paix générale et la liberté du commerce par tout la monde, Em.Cr.P. Paris, 1623. (Biblioth. roy., Mss.) Cette brochure, très-curieuse, se trouve dans le Portefeuille Fontanieu, nos 580 et 581. L'extrait suivant de la table des matières donnera une idée de la tournure d'esprit de l'auteur, dont l'abbé de Saint-Pierre n'a fait, en quelque sorte, que développer le thème principal.
«Assemblée générale de tous les souverains nécessaire pour maintenir la paix.
«Guerriers sont d'un naturel turbulent; il est plus dangereux de les trop estimer que de les abaisser.
«Vanité de l'homme des armes reconnue enfin par ceux qui en font profession.
«Justice vaut mieux que vaillance.
«Labourage est un mestier honorable; idem, Marchandise et trafic.
«Mariages doivent estre recommandez.
«Médecine et mathématiques plus nécessaires que toute autre science.
«Monnoye doit estre partout d'une mesme loy et poids.
«Paix générale ne peut abastardir la valeur.
«Pauvres doivent estre nourris aux dépens du public.
«Punir les meschants; appointer honorablement leurs parents.
«Religion gist principalement en la recognoissance d'un Dieu.
«Rois tyranniques ne peuvent estre attaqués légitimement par leurs subjects.
«Sauvages doivent estre tenus comme des bestes.
«Soldats se glorifient de peu de chose; de tout temps ont esté plus estimez que le reste des hommes; ne doivent estre trop honorez.
«Tuer et nuire sont choses faciles.
Que l'on écarte quelques idées déraisonnables, absurdes, et l'on sera forcé de convenir qu'il y avait tout à la fois bien de la hardiesse et de la justesse dans ce penseur de 1623.
[459] Histoire de la Marine, par M. Eugène Sue, 1re édition en 5 volumes. Voir aux pièces justificatives, t. II, p. 264 et 265, le traité secret signé, à cette occasion, entre Louis XIV et Charles II par l'influence de Madame, sœur de Charles II, et de Mlle de Kerouel, une de ses demoiselles d'honneur, qui devint maîtresse de Charles II sous le titre de duchesse de Portsmouth. Par ce traité, signé à Douvres le 22 mai 1670, Louis XIV donnait à Charles II: 1º 2 millions de livres, et il s'engageait en outre à lui fournir six mille hommes de pied pour lui faciliter les moyens de se réconcilier avec l'Église romaine aussitôt que le bien des affaires de son royaume le permettrait; 2º 3 millions de livres pour faire la guerre à la Hollande avec au moins cinquante gros vaisseaux et dix brûlots, afin, dit l'article V du traité, de mortifier l'orgueil des états généraux et d'abattre la puissance d'une nation qui s'est si souvent noircie d'une extrême ingratitude envers ses fondateurs, laquelle même a l'audace de se vouloir ériger en souverains arbitres et juges de tous les autres potentats, etc., etc. Telles furent les principales conditions du traité secret de Douvres. En 1671, il y eut ce qu'on appelle un traité simulé, en tout conforme au traité de Douvres, sauf la clause dite de Catholicité, qui demeura secrète entre les deux rois, et dont ni leurs ambassadeurs, ni le Parlement anglais n'eurent connaissance.
[460] Recueil des traités de commerce, etc., t. II. France-Angleterre.
[461] Recherches sur les finances, année 1683.
[462] Recueil des traités de commerce, etc., t. II; France-Hollande.
[463] Siècle de Louis XIV, chap. X.
[464] Siècle de Louis XIV, chap. X.
[465] Biblioth. roy. Mss. Lettre de M. Conrard Van Beuningen à M. de La Volpilière, docteur en théologie. Après la campagne de 1672, ce dernier avait publié un recueil d'odes intitulé: La Hollande aux pieds du Roi. Voici le titre et le premier vers de la pièce qui ouvre le volume: La Hollande aux pieds du Roi. Elle lui demande la paix, et, se confessant coupable, tâche de rentrer en grâce auprès de lui.
Ce ministre orgueilleux qui m'attire la guerre, etc...
Ce ministre est Van Beuningen, qui fit peindre un soleil avec cette parole de Josué: Sta, sol. (Note de La Volpilière.) Le même poëte traitait Van Beuningen d'orgueilleux Phaéton, de faux Josué, de faux devin, etc. La lettre de celui-ci, dans laquelle respire d'un bout à l'autre une ironie froide, calme, et en quelque sorte diplomatique, réduit à leur juste valeur ces sottes accusations. (Manuscrit des Blancs Manteaux, nº 63; Histoire de la marine, par M. Eugène Sue; pièces justificatives.)
[466] Dictionnaire des finances, article Tarif. Au surplus, je dois dire que l'Encyclopédie désapprouve les Hollandais d'avoir élevé les droits d'entrée sur nos vins et eaux-de-vie, alors que, de 1664 à 1667, Colbert avait presque triplé les droits sur leurs draps.--Histoire de l'économie politique, par M. Blanqui; t. II, chap. XVI.
[467] Siècle de Louis XIV, chap. IX. Voilà du moins ce que raconte Voltaire, et il date cette fière répartie du 2 mai 1668. On remarquera qu'une telle réponse n'eût pas été seulement impertinente, mais très-maladroite, surtout à la cour de France, avec le caractère que l'on connaissait au roi. Évidemment, un apprenti diplomate n'eût pas commis la faute reprochée à cet ambassadeur. Qui sait, au surplus, si, dès que la ruine de la Hollande fut résolue, on n'exagéra pas, pour faire sa cour au roi, l'inflexibililé républicaine qui l'avait choqué en lui. Il suffit, d'ailleurs, de lire la correspondance de Van Beuningen pour se convaincre qu'il était incapable de la maladresse et de la grossièreté qu'on lui attribuait.
[468] Lettre de M. d'Estrades au roi, du 17 septembre 1665, citée dans l'Hist. de la Mar., etc.
[469] Lettres et négociations entre M. Jean de Witt, etc., t. IV.--Voir, pour les trois lettres suivantes, le même volume aux dates indiquées.
[470] Biblioth. roy. Mss. Registre des despesches, etc., nº 204.--Voir, pour les lettres suivantes, ce volume ou ceux des Archives de la marine, aux dates indiquées.
[471] Biblioth. roy. Mss. Registre des despesches, etc., année 1669. Lettre à M. de Pomponne, du 21 mars 1669.
[472] Biblioth. roy. et Arch. de la mar. Lettres au même du 25 nov. 1669 et du 30 janvier 1671.
[473] Huit mois auparavant, le Parlement anglais avait augmenté les droits sur nos vins, et la Hollande s'en était réjouie en attendant qu'elle suivit cet exemple. Il est curieux de lire ce que Colbert écrivit à ce sujet à M. de Pomponne, le 28 mars 1670: «La joie que l'on tesmoigne en Hollande des nouvelles impositions que le Parlement d'Angleterre a mis sur nos vins ne sera pas de longue durée, parce que tout ce qui en peut arriver est que, dans le commencement de cet establissement, il pourra causer quelque diminution dans la consommation qui s'en fait, mais il y a bien de l'apparence que dans la suitte elle sera considérablement augmentée, veu que nous trouvons partout que le vin ne se consomme avec tant d'abondance en aucun lieu qu'en ceux où il est le plus cher, estant d'ailleurs bien difficile, voire mesme impossible, que les Anglois se passent de boire nos vins; néanmoins, il faut laisser repaistre les Hollandois de ces apparences, tandis que nous jouissons en effect d'une augmentation considérable de commerce.» (Archiv. de la mar., Registre, etc. année 1670.)
[474] Siècle de Louis XIV, chap. X et XI.--Docum. inéd. sur l'histoire de France; Documents relatifs à la succession d'Espagne; Guerre et négociations de Hollande en 1672, par M. Mignet, t. III. «Cet homme (Louvois) sans mesure et sans habileté, qui, malgré l'avis de Turenne et de Condé, avait fait commettre la faute militaire de disséminer l'armée et de ralentir l'invasion, fit alors commettre, malgré l'avis du ministre des affaires étrangères, la faute politique de refuser d'aussi belles offres et de compromettre cette fois, non plus le moyen, mais le résultat même de l'invasion.»--Une histoire de l'administration de Louvois écrite d'après les documents que possèdent sans doute les Archives du ministère de la guerre et d'après les ouvrages spéciaux, jetterait probablement beaucoup de jour sur un grand nombre de décisions importantes se rattachant à cette époque, et rectifierait peut-être sur quelques points les opinions émises sur le caractère de ce ministre, par le duc de Saint-Simon, appréciateur souvent très-partial et très-passionné.
[475] Recueil des traités de commerce, etc., t. II, France-Hollande.
[476] Ibidem.
[477] Recherches sur les finances, etc., année 1672.
[478] Ces trois sommes étaient le prix de l'appui que nous prêtaient plusieurs princes d'Allemagne, l'Angleterre et la Suède. Tant que Louis XIV eut des alliés, il les paya, et fort cher.
[479] Dix ans après, en 1682, ces dépenses avaient plus que doublé. Voici les chiffres:
Comptant ès mains du roi 2,217,000 liv. Ordonnances de comptant pour gratifications 1,972,147 Affaires secrètes 2,267,787 Bâtiments 5,987,926 Récompenses 137,613
[480] Colbert aurait désiré pouvoir affecter à quelques parties de ce budget des allocations plus importantes. Les observations qui suivent font connaître ses vues à ce sujet: «Pour la marine, 10 millions... Pour soutenir la Compagnie des Indes orientales, il faut dépenser 8 millions (sans doute en quelques années); elle ne peut subsister sans des secours d'argent et sans une escadre dans les Indes; ainsi, il convient de destiner au commerce 500,000 livres... Il n'y a plus que le roi en France qui fasse travailler les sculpteurs, peintres et autres ouvriers habiles. Si Sa Majesté ne les occupe, ils iront chercher ailleurs de quoi gagner leur vie. Il faut mettre le Louvre en état de ne pas périr, fermer les Tuileries, couvrir l'Observatoire.» (Recherches sur les finances, année 1672.) Ces dernières observations prouveraient que Colbert n'a pas toujours apporté des obstacles à la passion de Louis XIV pour les bâtiments.
[481] D'après Voltaire, la campagne de 1672 avait coûté 50 millions, monnaie de son temps, soit environ 28 millions, en tenant compte du prix du marc d'argent aux deux époques. Cependant, on voit, d'après ces chiffres, extraits des documents officiels; que la différence entre le projet de dépense et la dépense réelle n'aurait été que de 18,500,000 livres, monnaie du temps. Il est vrai que l'on doit comprendre dans les dépenses de la guerre les 6,668,000 livres payées cette année à l'Allemagne, à l'Angleterre, à la Suède. Enfin, on peut croire qu'il y eut aussi quelques virements de fonds; dans tous les cas, le chiffre donné par Voltaire n'a rien d'exagéré.
[482] Arch. du roy, carton K, 123. Estat par abrégé des receptes, dépenses et maniement des finances pendant que MM. Colbert, Le Peletier et Pontchartrain ont été controlleurs généraux des finances.
[483] Recherches sur les finances, etc., années 1672 à 1678.
[484] Recherches, etc. «A la même époque, dit Forbonnais, on défendit de teindre ni de fabriquer aucun demi-castor, renonçant ainsi à en vendre à ceux qui veulent en porter.»
[485] De l'Origine des Postes chez les anciens et chez les modernes, par Lequien de La Neuville.--C'est un recueil, incomplet toutefois, même dans la période qu'il embrasse, des édits et arrêts qui ont paru sur les postes. Il en existe deux éditions, l'une de 1708, l'autre de 1730.--Recherches sur les finances, etc., année 1654.--Histoire financière de la France, etc., année 1672.--Dictionnaire du Commerce et des Marchandises, publié par Guillaumin, article Postes, par M. Dubost.--Voici un échantillon des conséquences fiscales du tarif de Colbert et du tarif actuel, comparés, il est vrai, à leur point de dissemblance le plus élevé.
Tarif Tarif de Colbert. en vigueur depuis 1827.
Prix d'une lettre simple de Dunkerque à Marseille. 5 s. 1 fr. 20 c. Prix de la même lettre pesant 10 grammes 6 s. 2 40 Prix de la même lettre pesant 50 grammes 10 s. 4 80
[486] Recherches sur les finances, etc., année 1683.--Histoire financière, etc., année 1674.
[487] Mémoires de Gourville, t. LII de la collection Petitot; p. 529.--Particularités sur les ministres des finances, etc.
[488] Collection des anciennes lois, etc., arrêt de décembre 1673. Forbonnais blâme cette disposition que M. Bailly approuve au contraire très-fortement et avec beaucoup de raison.
[489] Recueil des arrêtés de M. le président de Lamoignon, t. I, p. XXXIX de la vie de M. de Lamoignon. Après les mots que j'ai cités M. de Montyon ajoute ceux-ci: «Vous en répondrez à la nation et à la postérité,» que l'on rappelle toujours après lui. Cette phrase n'est pas dans la Vie de M. de Lamoignon.
[490] Recherches sur les finances, etc.--Histoire financière, année 1682.
[491] Recherches, etc.--Comptes de Mallet.--Histoire financière, etc., année 1682.
[492] Particularités sur les ministres des finances, p. 33.--Voici ce que Colbert répondait, le 26 octobre 1669, aux échevins de Lille, qui lui avaient adressé une réclamation à ce sujet: «Les maximes des finances ne permettent pas de laisser aucun droit en régie.» Bibl. roy., Mss. Registre des despesches, etc. nº 204. En 1698, quinze ans après la mort de Colbert, on mit les postes en régie; mais il paraît que cet essai ne fut pas heureux, car on revint bientôt au système des fermes.
[493] Recherches sur les finances, etc., année 1715.--Histoire financière, etc., année 1715.
[494] Une Province sous Louis XIV, etc. Le Parlement, p. 370 et suiv.
[495] Une Province, etc. Les États généraux, p. 37 et suiv. Dans une autre lettre du premier président sur le don gratuit, en date du 13 janvier 1668, on lit ce qui suit: «Assurément la pauvreté est grande, et le vil prix du blé et du vin, qui sont les seules ressources d'argent de cette province, met les Estats en peine de pouvoir exécuter ce qu'ils promettront. Le vil prix du blé et du vin! tristes conséquences des mesures de Colbert sur les grains et de l'augmentation du tarif!
[496] Biblioth. roy. Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1671.--Les États de Provence se tenaient dans la petite ville de Lambesc.
[497] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671.
[498] Lettres et négociations entre Jean de Witt, etc., etc., lettre du 18 février 1656. La lettre ajoute qu'un avocat du roi au Parlement, M. Bignon, fut vivement réprimandé de ce que, cette défense du roi ayant été rapportée au Parlement, et son avis demandé, il avoit dit «qu'il fallait faire comme le père Jacob, qui, luttant avec Dieu, quoique blessé à la hanche, ne laissa point pourtant de combattre toujours, jusqu'à ce qu'il eût obtenu la victoire et la bénédiction de Dieu même.»
[499] Œuvres de Louis XIV, t. V, p. 495 et 496.
[500] Une Province sous Louis XIV, etc. Le Parlement, p. 376.
[501] Collection des anciennes lois françaises, etc. Note.
[502] Testament politique de M. Colbert, chap. IV.
[503] Vie de J. B. Colbert, etc.--Recherches sur les finances, années 1672 à 1678.
[504] Documents inédits sur l'histoire de France, etc., par M. Champollion-Figeac, t. III.
[505] Abrégé chronologique de l'histoire de France, par Mézerai, t. III, p. 109. Il y eut quelque chose de sauvage dans la manière dont le connétable de Montmorency remplit sa mission. Ce connétable, connu d'ailleurs par son caractère violent, et parent d'un lieutenant du gouverneur de la province qui avait été massacré par les révoltés, désarma la ville, la condamna à une forte amende, suspendit le Parlement pour un an, et força les jurats, assistés ce cent notables bourgeois, à déterrer avec leurs ongles le corps de son parent. Plus de cinq mille bourgeois durent se trouver, cierge à la main, à la translation de ce corps dans l'église Saint-André, et, arrivés devant la porte du connétable, s'y arrêtèrent en criant miséricorde et confessant qu'ils avaient mérité une plus rude punition. Le connétable avait en outre ordonné que l'hôtel-de-ville serait rasé et que l'on élèverait à sa place une chapelle expiatoire; mais Henri II épargna ces dernières humiliations aux Bordelais.
[506] Biblioth. roy. Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1675.--Le receveur général dont il s'agit s'appelait Lemaigre et son commis Fevrant. Aussitôt après avoir reçu cette lettre, M. Lemaigre dut s'empresser d'en donner une copie à Colbert, et c'est ce qui explique la présence de ce document au milieu des dépêches adressées au ministre.--Cette pièce est inédite. Qu'il me soit permis de faire remarquer à ce sujet que, jusqu'à présent, aucun des biographes de Colbert n'avait constaté l'opposition que ses édits financiers rencontrèrent à Bordeaux.
[507] M. le maréchal d'Albret, gouverneur de la Guyenne. Il était malade au moment où la révolte éclata. On lit dans une autre relation: «Monseigneur le mareschal a forcé son indisposition, au hasard de sa personne. Malheureusement il avoit été attaqué, le jour d'auparavant, d'une espèce de paralysie ou goutte remontée dans la teste, laquelle par viollence de l'humeur l'empeschoit de parler aysément et lui faisoit tourner la bouche et un œil.» (Lettre du 30 mars 1675, des maires et jurats gouverneurs de Bordeaux à Colbert signée Dubosq.)
[508] Les jurats remplissaient alors les fonctions déléguées aujourd'hui aux adjoints des mairies.
[509] Une autre relation rapporte que la foule voulut le forcer à crier Vive le roi sans gabelle. Sur son refus, il fut massacré.
[510] Le dommage occasionné chez ce Taudin fut évalué à 40,000 livres dont l'intendant de la province demanda, quelque temps après, le remboursement à Colbert.
[511] Je suppose que cela veut dire: un pouilleux.
[512] Saint-Michel. On voit que le narrateur a voulu reproduire le patois bordelais.
[513] Biblioth. roy., Mss, Lettres adressées à Colbert, année 1675.--Tous les extraits de lettres qui suivent sont aussi tirés de cette précieuse collection, qui renferme sur la seule révolte de Bordeaux une centaine de pièces où les écrivains désireux de connaître les détails de cette affaire trouveraient une foule de particularités curieuses et de documents du plus grand prix. La collection des lettres adressées à Colbert est véritablement une des mines historiques les plus riches qu'il y ait en France, et je ne sais pas de province qui ne soit intéressée à ce que ces richesses soient mieux connues. La société fondée pour la publication des Documents inédits sur l'histoire de France rendrait un immense service aux saines études en chargeant un de ses membres d'enrichir cette collection déjà si remarquable d'un résumé analytique de toutes les lettres adressées à Colbert qui offrent un intérêt réel.
[514] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert; à sa date
[515] Biblioth. roy., Mss. Abrégé des registres secrets de la Cour de Bretagne, de 1659 à 1679. Suppl. F, nº 1597.--La lettre de Mme de Sévigné citée plus haut est du 1er janvier 1674.
[516] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert.
[517] Biblioth, roy., Mss. Lettres adressées à Colbert; année 1675, à sa date.
[518] Lettre du 24 septembre 1675.
[519] «M. de Chaulnes n'oublie pas toutes les injures qu'on lui a dites, dont la plus douce et la plus familière était gros cochon.» (Lettre de Mme de Sévigné du 16 octobre.)--On trouve dans les Lettres adressées à Colbert un grand nombre d'autres pièces relatives au soulèvement de la Bretagne; je me suis borné à donner quelques extraits des plus importantes. Il y avait eu aussi au Mans, à la même époque, un commencement de révolte. Aussitôt, on écrasa la ville au moyen d'une garnison considérable qui fut logée chez les habitants et nourrie par eux. A ce sujet, l'évêque du Mans écrivit à Colbert vingt lettres des plus pressantes pour se plaindre de ce qu'on avait exagéré ce mouvement et pour lui exposer l'état de détresse où se trouvait la ville par suite des mesures de rigueur qu'on avait prises contre elle. Mais ces lettres demeurèrent pendant longtemps sans résultat. (Biblioth. roy., Mss.)
[520] Lettres du cardinal d'Ossat, p. 202, 560 et 617, citées dans le Précis hist. de la marine française, par M. Chassériau.
[521] Précis histor. de la marine, etc.
[522] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., janvier 1671.
[523] Collection des anciennes lois françaises, etc.-Code maritime, ou Lois de la marine marchande, par Baussant, t. I, p. 27 et 28.
[524] Précis histor. de la marine française, etc., annexes, p. 637. Voici, d'après le même ouvrage, le tableau de la population maritime du royaume à diverses époques:
En 1793 ...... 95,716 En 1830 ...... 74,917 En 1818 ...... 74,436 En 1840 ...... 87,545 En 1826 ...... 76,257 En 1845 ......101,106
Le développement des armements de l'État et du commerce, ainsi que le système de la levée permanente, explique la différence qui existe entre les deux derniers chiffres.
(Note de M. Chasseriau.)
[525] Histoire de la marine française, par M. E. Sue.--Lettres de négociations entre J. de Witt, etc. On lit dans une lettre de Van Beuningen à J. de Witt, du 30 janvier 1665: «Tout ce que je puis apprendre des forces marines de ce royaume et de ses armements, c'est que la couronne a trente-deux vaisseaux de guerre, parmi lesquels il n'y en a point au-delà de cinquante pièces de canon... L'intention du roi est de les porter jusqu'à cinquante, soit en louant, soit en faisant bâtir....»
[526] Histoire de la marine, etc., etc.--Précis histor. de la marine, etc. L'auteur du Précis donne aussi le tableau numérique des bâtiments de la marine royale aux principales époques, depuis 1671 jusqu'en 1845. Ce qui suit en est extrait:
AUTRES ANNÉÉS. VAISSEAUX. FREGATES. BÂTIMENTS. TOTAL. OBSERVATIONS.
1671 119 22 55 196 Guerre maritime et continentale.
1678 113 29 69 211 Paix de Nimégue.
1685 121 23 50 194 Soumission de Gênes soutenue par l'Espagne.
1692 131 133 101 265 Bataille de La Hougue.
1741 51 15 35 101 Guerre de la succession autrichienne.
1779 68 69 117 264 Guerre d'Amérique.
1795 78 101 551 730 Dont 276 bateaux de flottille.
1805 49 34 424 507 Plus 15 vaisseaux et 11 frégates en construction, non compris la flottille.
1811 57 39 922 1018 Y compris la flottille, plus 56 vaisseaux et frégates en construction.
1815 55 31 306 392 Plus 25 vaisseaux et frégates en construction.
1830 33 40 213 286
1845 23 30 246 299
Enfin, dans la séance de la Chambre des Députés du 3 janvier 1846, M. le ministre de la marine a demandé un crédit de 135 millions pour porter, en sept années, à partir du 1er janvier 1847, le chiffre de nos bâtiments à voiles à 270, dont 40 vaisseaux et 50 frégates, et celui des bâtiments à vapeur à 100, dont 30 de première classe (de 400 à 600 chevaux) et 70 de seconde classe (de 90 à 300 chevaux); total 370 bâtiments.
[527] Lettres et négociations entre Jean de Witt, etc.
[528] Vie de J.-B. Colbert, etc., année 1681.
[529] Précis histor. de la marine, etc., p. 108.
[530] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay; cote 7, pièce 44.
[531] Arch. de la mar., Extrait des despesches et ordres du Roy concernant la marine sous le ministère de M. Colbert depuis l'année 1767 jusques et y compris l'année 1683. 1 vol. in-fol., p. 573.--La pièce originale est à la Bibliothèque royale; Mss. Colbert et Seignelay; Cote 3e, pièce 25.--Au sujet de l'inexpérience de la plupart des officiers de marine à cette époque, Colbert écrivait, le 19 décembre 1669, à M. de Pomponne, ambassadeur en Hollande: «Comme notre marine est à présent plus puissante en nombre de vaisseaux qu'en expérience de nos capitaines, en ce qui regarde les grandes manœuvres, il faudrait voir si l'on pourrait tirer de Ruyter ou de quelqu'un des principaux officiers des armées navales, pendant la guerre avec les Anglais, tous les ordres de bataille qui ont été observés, avec les figures et les noms des vaisseaux.» La même recommandation fut faite à l'ambassadeur en Angleterre. (Biblioth. roy., Mss. Registre des despesches, nº 204.)
[532] Arch. de la mar., Extraits des despesches, etc., etc.
[533] Précis histor. de la marine, etc.--Histoire de la marine. M. Eugène Sue pense qu'en effet le comte d'Estrées avait ordre d'exposer ses vaisseaux le moins possible, afin que les marines anglaise et hollandaise fissent seules les frais de la journée, et il publie quelques pièces qui semblent justifier ces opinions. Malgré ses dénégations, la lettre de Colbert lui-même laisse du doute dans l'esprit. Cette lettre de Colbert est aussi inédite. (Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1672, p. 198 et 199.) A travers le vague de certaines expressions on croit voir que le comte d'Estrées avait reçu de ces ordres qu'on n'écrit pas, et que l'ambassadeur ignorait sans doute, par le même motif qu'on avait eu à lui cacher l'alliance secrète négociée par Madame entre Louis XIV et Charles II.
[534] Précis Histor. de la marine, etc., p. 103.--Arch. de la mar., Extraits des despesches, etc., etc., p. 138. Cette lettre est inédite.
[535] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay, t. IV, cote 11e, pièces 9 & 10.
[536] Ibidem., cote 1re, pièces 5 et 10, sans date.
[537a] Arch. de la mar. Extrait des despesches, etc., p. 613.
[537b] Commentaire sur l'ordonnance du mois d'août 1681, par Valin; nouvelle édition avec des notes, par Bécane, t. I, p. XII et XIII.--Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, par M. Pardessus, t. IV, chap. XXVI, p. 245 et 246.
[538] Arch. de la mar. Registres des despesches, etc., année 1671, t. I, p. 15 et suiv.--Enfin, dans un Mémoire original de Colbert sur la marine, mémoire non daté, mais qui doit être des derniers mois de 1670, ce ministre proposait au roi «de commettre le sieur d'Herbigny pour faire la visite de tous les ports, et de nommer trois avocats, les sieurs de Gamont, Billain et Foucault, qui s'assembleraient toutes les semaines afin de conférer sur les rapports de M. d'Herbigny, et former ensuite un corps d'ordonnances de marine.» (Biblioth. roy. Colbert et Seignelay, cote 1re, pièce 10.)--Il y a, en outre, dans les Registres des despesches de 1671 et 1672 un grand nombre de lettres de Colbert à M. d'Herbigny, et dans le nombre on en trouve quelques-unes de très-sévères, desquelles il résulte que M. d'Herbigny avait outre passé ses pouvoirs et mal compris les intentions de Colbert, qui le menaçait de le rappeler s'il ne se pénétrait mieux du sens de ses instructions.
[539] Instruction à mon fils, etc. Voir aux pièces justificatives; pièce numéro XII.
[540] Commentaires de Valin, etc., p. VIII et suiv.
[541] Ce qui suit est extrait des Principes de M. Colbert sur la marine. Biblioth. roy., Mss. Ce manuscrit a été publié par M. Eugène Sue. Il se trouve également aux Archives de la marine. L'exemplaire de la Bibliothèque royale a appartenu à Mme de Pompadour, dont les armoiries ont été découpées sur la reliure, à l'époque de la Révolution. Les Principes de M. Colbert sur la marine ont été résumés d'une manière très-intelligente d'après l'Extrait des despesches et ordres du Roy concernant la marine sous le ministère de M. Colbert, 1 vol. in-fol., extrait fait aussi avec beaucoup de soin par un marin, et qui renvoie, pour chaque assertion, aux registres spéciaux dont toutes les dépêches sont tirées, le même travail a été fait pour l'administration du marquis de Seignelay.
[542] On voit dans le Registre des despesches de l'année 1670, que Colbert accorda 4 livres et jusqu'à 6 livres d'indemnité par tonneau, à plusieurs armateurs de Marseille, La Rochelle, Bordeaux, Saint-Malo, Nantes, pour navires construits à leurs frais.--La même année, Colbert donna une indemnité d'un écu par baril de bœuf transporté dans les îles.
[543] Précis histor. de la marine, etc.
[544] Œuvres, t. V. Notice sur Colbert.
[545] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., 1671.
[546] Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, par l'abbé de Choisy, liv. II.
[547] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., années 1670 et 1671.--M. de Silvecane était sans doute un des commis que Colbert avait établis dans toutes les villes manufacturières pour surveiller l'exécution de ses règlements et juger les contestations auxquelles ils donnaient lieu. Dans sa lettre du 9 janvier, Colbert lui mande en outre «qu'il est bien aise d'apprendre que l'archevêque de Lyon se soit chargé de commencer les manufactures des organsins dans sa terre de Neufville.»--J'ai cherché à la Bibliothèque royale, dans la collection des Lettres adressées à Colbert, celle par laquelle son commis de Lyon lui fit connaître la peine prononcée contre les deux manufacturiers si arbitrairement arrêtés et jugés; elle ne s'y trouva pas; mais tout fait supposer que les instructions qu'il avait reçues portèrent leurs fruits, et que ces fabricants, coupables d'avoir conçu l'espoir de gagner plus d'argent à Florence qu'à Lyon, où ils se ruinaient peut-être, furent sévèrement punis.
[548] Lettres et négociations, etc., t. II, lettre du 8 mai 1661.
[549] Arch. du roy., E, 3336; Registres du secrétariat, année 1670.--En 1675, un libraire de Rouen, le sieur Gonet, qui avait publié un pamphlet intitulé: L'Évêque de Cour, fut condamné à faire amende honorable devant le principal portail de l'église cathédrale de cette ville «tenant à la main une torche ardente du poids de trois livres, et là, demander pardon à Dieu, au Roy et à justice, ce faict, les livres estre brûlez par l'exécuteur des sentences criminelles, et ensuite estre banny pour l'espace de neuf ans, hors de l'Isle-de-France et province de Normandie, enjoint de garder son ban à peine de la vie.» (Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1675.)--Quelque temps après, un libraire d'Auxerre, le sieur Gamin, fut condamné à la même peine pour avoir imprimé un autre pamphlet intitulé: La Liberté de l'Église, suite de l'Évêque de Cour.
[550] Arch. du roy., Registres du secrétariat, année 1670, p. 236,--C'était là, dira-t-on, l'esprit du temps; sans doute: mais c'était aussi le devoir du ministre d'examiner si ces exigences étaient justes, et de ne pas suivre aveuglement les précédents. A la vérité, on avait fait pis encore; le 6 novembre 1660, avant l'administration de Colbert. A cette époque, il fut question d'achever le Louvre, et le roi publia un édit faisant défense à toutes personnes de Paris d'élever aucun bâtiment sans sa permission expresse, sous peine de 10,000 livres d'amende, et à tous ouvriers de s'y employer, sous peine de prison pour la première fois et des galères pour la seconde. (Histoire de Paris, par Félibien, t. II, 473.)
[551] Mémoires de Charles Perrault, liv. IV.
[552] Mémoires de Charles Perrault, liv. IV.
[553] Vie de J.-B. Colbert.
[554] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1671.
[555] Biblioth. roy., Mss. Lettres adressées à Colbert, année 1672.
[556] Mémoires de Gourville.--Dans les dernières années de la vie de Colbert, Gourville était devenu de ses amis et il le voyait sur le pied d'une assez grande intimité. On se rappelle ce qu'il en a dit: «J'ai toujours pensé qu'il n'y avait que lui au monde qui eût pu mettre un si grand ordre dans le gouvernement des finances en si peu de temps.»
[557] Paradisus Londinensis, par Salisbury, botaniste anglais, t. II; cité par Lemontey.
[558] Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1672.
[559] Documents inédits sur l'histoire de France, par M. Champollion-Figeac, t. III.--On trouve dans une lettre de Colbert, du 31 décembre 1672, à son frère ambassadeur à Londres, quelques détails pleins d'intérêt sur la famille du ministre. J'en extrais ce qui suit: «Je ne puis m'empescher de vous dire que je ne suis pas tout à fait content de ma belle-sœur, veu qu'il me semble qu'elle doibt estre persuadée que les consultations que je ferois faire ici seroient aussi bonnes pour le moins que celles qui passent par d'autres canaux. J'espère qu'elle aura un peu plus de confiance en l'advenir aux soins que je pourrois prendre de faire les consultations moy-mesme de votre mal, soit de les faire faire par mon lieutenant, c'est-à-dire par ma femme qui en prendroit autant de soin que moy.» Arch. de la mar., Registre des despesches, etc., année 1672.
[560] Documents inédits, etc.
[561] Documents inédits, etc.
[562] Mémoires, etc., t. XIV.
[563] Soupirs de la France esclave, etc. XIe mémoire.
[564] Œuvres de Louis XIV, passim t. III, p. 412.--On comprend après cela que Louis XIV ait pu dire le mot célèbre qui lui a été si souvent reproché: l'État, c'est moi. Voici, au surplus, sur cette personnification absolue, exclusive, de l'État dans la Royauté, à cette époque, un nouveau et très-curieux passage des Soupirs de la France esclave; «Autrefois l'État entroit partout; on ne parloit que des intérêts de l'État, de la conservation de l'État, du service de l'État. Aujourd'huy parler ainsi seroit au pied de la lettre un crime de lèze-majesté. Le Roi a pris la place de l'État. C'est le service du Roi, c'est l'intérêt du Roi. C'est la conservation des provinces et des biens du Roi. Et ce ne sont pas seulement des paroles et des termes, ce sont des réalitez. On ne connoist plus à la cour de France d'autre intérêt que l'intérêt personnel du Roi, c'est-à-dire, sa grandeur et sa gloire. C'est l'idole à laquelle on sacrifie les princes, les grands, les petits, les maisons, les provinces, les villes, les finances et généralement tout. Ce n'est donc pas pour le bien de l'État que se font ces horribles exactions, car d'État il n'y en a plus. Ce n'est pas non plus pour les besoins de l'État. Car jamais la France n'en a eu moins excepté depuis quelques mois. Depuis trente ans, elle n'a eu d'ennemis que ceux qu'elle s'est faits de gayeté de cœur (XIe Mémoire).
[565] Ibidem.
[566] Mémoires de Charles Perrault, liv. IV.
[567] On me permettra de rappeler ces vers du sonnet que le poëte Hénault lui avait adressé après la condamnation de Fouquet:
Sa chute quelque jour te peut être commune; Crains ton poste, ton rang, la cour et la fortune; Nul ne tombe innocent d'où l'on te voit monté...
[568] Œuvres de Lemontey, t. V: Notice sur Colbert. Lemontey est le seul auteur qui parle de ce plan, et il n'indique pas son autorité.
[569] Arch. de la mar. Registre des despesches, etc., année 1772.
[570] Vie de J.-B. Colbert, etc., année 1680.--La Fontaine, poëme sur le quinquina.
[571] M. Montyon donne pour preuve de cette sévérité de Louvois la lettre suivante que ce ministre écrivit à M. de Ménars, beau-frère de Colbert et intendant de Paris: «Je Vois, par votre dernière lettre, que les fusils de la milice ont coûté 18 francs; faites mettre en prison celui qui les a vendus, car ils n'en valent que 15.» (Particularités sur les ministres des finances, etc.) Cette lettre dénote en effet un administrateur intègre et sévère; mais n'y avait-il pas là-dessous quelque rancune contre Colbert?
[572] Particularités sur les ministres, etc., article Colbert. Il est vraiment fâcheux que M. Montyon n'ait pas indiqué à quelle source il avait recueilli ces curieux détails, ainsi que ceux qui suivent, sur les derniers moments de Colbert.
[573] Vie de J.-B. Colbert, etc., année 1683.
[574] Biblioth. roy., Mss. Inventaire fait après le décedz de monseigneur Colbert.
[575] Lettres de Mme de Maintenon, t. II, p. 388.--De toutes les charges de son père, le marquis de Seignelay n'eut que la marine, dont la survivance lui avait été donnée dès 1672, et c'était assez. Louvois obtint la surintendance des bâtiments, et Le Pelletier fut nammé contrôleur général des finances.
[576] Vie de J.-B. Colbert, etc., année 1669.--Testament politique de M. Colbert, etc., chap. iv.
[577] L'exaspération du peuple de Paris contre les restes de Colbert est constatée dans la note d'une épitaphe de ce ministre, insérée au Recueil Maurepas. (Voir, plus loin, p. 411, note I.)
[578] Mémoires, etc., par l'abbé de Choisy, etc., liv. II.
[579] Ce libelle, de 65 pages in-32, est probablement fort rare. Il appartient à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il a pour second titre: le Catéchisme des partisans, composé par M. Colbert, ministre de France, avec des vers sur la mort du mesme ministre; à Cologne, chez Pierre du Marteau.--Il ne porte ni date ni nom d'auteur, et ne paraît pas avoir été imprimé à Cologne; il est plus probable qu'il sortit d'une imprimerie clandestine de Paris. Au Catéchisme succède le Pater noster de M. Colbert. Les deux versets suivants en donneront une idée:
«Grand Dieu, je confesse mon crime, Je sçais qu'il faut le condamner, Qu'il mérite le noir abysme Et je n'ose plus vous nommer Pater noster...
«Et quoique le bien des provinces Remplissait tous mes coffres d'or, Jamais je ne voyois mon prince Sans dire: il me faudrait encor _Regnum tuun...»
On a vu, au chapitre 1er, p. 78, note 2, la description d'une caricature ornée de quatrains et représentant Colbert occupé à compter ses thrésors. Enfin, si l'on était, par hasard, bien aise de connaître la plupart des épigrammes qui ont été faites contre ce ministre, on les trouverait réunies dans un recueil d'anecdotes ayant pour titre: Nouveau Siècle de Louis XIV, par Sautreau de Marsy, 4 vol. in-8º, article Colbert. Il existe un autre ouvrage en apparence relatif à Colbert et intitulé: Entretiens de M. Colbert, ministre secrétaire d'Estat, avec Bouin, fameux partisan, sur plusieurs affaires curieuses, entr'autres sur le partage de la succession d'Espagne, fait par le roy d'Angleterre et les Hollandois. 1 vol. in-8º, Cologne, 1701, chez Pierre Marteau. Je n'y ai absolument rien trouvé concernant l'administration de Colbert.
[580] Colbert possédait à Sceaux une maison de campagne où il eut l'honneur de recevoir louis XIV.
[581] On trouve aussi plusieurs épitaphes de Colbert dans le Recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autres vers satiriques et historiques, avec des remarques curieuses, depuis 1589 jusqu'en 1747; 35 vol. in-4º. Biblioth. roy., Mss.--Ce recueil, histoire galante de la cour de France pendant près de quatre siècles, ne comporte nullement l'impression; mais il renferme, sur la plupart des anciennes familles, une foule de particularités quelquefois très-piquantes. Il est désigné habituellement sous le titre de Recueil de Maurepas, du nom de l'ancien ministre de Louis XV et de Louis XVI, qui en eut l'idée, le fit copier à grands frais, et se chargea sans doute lui-même des notes explicatives et rectificatives jointes à chacune des pièces qui le composent.--Je citerai l'épitaphe suivante de Colbert, à cause des notes qui l'accompagnent.
ÉPITAPHE DE COLBERT.
Cy gist qui peu dormit et beaucoup travailla{a} Pendant son fâcheux ministère{b}; Que ne fit-il tout le contraire, Et que ne dormit-il tout le temps qu'il veilla?
{a} M. Colbert étoit l'homme du monde le plus laborieux (Note du Recueil Maurepas).
{b} Le ministère de M. Colbert fut très-fâcheux pour la réforme qu'il fut obligé de faire dans les finances, attendu le mauvais estat des affaires du Roy qui estoient obérées lorsqu'il en prit connoissance; car sans parler de la Chambre de justice qu'il fit établir pour juger M. Fouquet, et qui ruina aussi un grand nombre de particuliers, il obligea Sa Majesté à faire banqueroute à tous ses créanciers qui luy avoient presté de l'argent de bonne foi dans les désordres et les pressantes nécessitez de l'État. Il fut l'auteur de l'imputation, c'est-à-dire que le Roy à qui on avoit presté de l'argent à un denier plus haut que le denier vingt imputoit sur le capital ce qu'il avoit payé d'intérest plus haut que le denier 20. Il fit faire une déclaration qui portoit que le Roy seroit toujours le premier créancier partout où il auroit intérest. Il créa un grand nombre de nouveaux droits, augmenta les anciens, et se rendit ainsy l'exécration du royaume au point que, lorsqu'on le porta enterrer à Saint-Eustache, sa paroisse, où l'on voit son tombeau, le peuple de Paris l'auroit déchiré en pièces si l'on n'eût eu la précaution d'assembler tous les archers de la ville pour garder son corps. Au surplus, il était laborieux, pénètrant, hardy, vif, clairvoyant, et le meilleur serviteur et le plus fidelle qui ait jamais esté.....(Note du Recueil Maurepas).
[582] «C'est un Sully, faisons-en un Biron,» disaient les paysans à ce sujet (Journal de l'Estoile). Le même auteur parle de plusieurs caricatures qui furent faites contre Sully lorsqu'il tomba en disgrâce après la mort de Henri IV, et ajoute que «cette disgrâce fut plainte de peu de personnes.»
[583] Ceci est une grave erreur de Thomas. Non-seulement on ne peut reprocher à Colbert de n'avoir pas assez ménagé le crédit, c'est-à-dire d'en avoir abusé, mais ce ministre tomba dans l'excès contraire. Forbonnais, M. Bailly, M. d'Audiffret, tous les écrivains financiers sont d'accord à ce sujet. Si, pendant les nécessités de la guerre, au lieu d'établir, comme on l'a vu, des impôts odieux, Colbert eût emprunté quelques millions de plus, il se fût épargné, il le savait très-bien, les malédictions que ces déplorables expédients lui attirèrent. Ce qui le retint, sans doute, c'est la crainte que, de la part de Louis XIV, la facilité de se procurer des ressources momentanées par la voie beaucoup plus facile, mais ruineuse des emprunts, ne dégénérât en habitude. On peut désapprouver la marche que Colbert a suivie, mais on ne saurait disconvenir que les deux milliards de dette laissés par louis XIV n'aient que trop bien justifié ses appréhensions. Dans tous les cas, le reproche fait par Thomas à se ministre porte complètement à faux.
[584] Il ne faut pas oublier, pour être dans le vrai, la funeste augmentation du tarif en 1667, augmentation qui ruina l'agriculture française et fut une des causes principales de la guerre de 1672.
[585] Œuvres de Thomas; Éloge de Sully, cité dans l'Histoire de Colbert, par M. A. de Serviez.
[586] Mémoires, etc., liv. II.
[587] Œuvres de Lemontey, t. V: Notice sur Colbert.
[588] Extrait des volumes 17, 18 et 19 du Recueil général des anciennes lois françaises[*], par MM. Isambert, Decrusy et Taillandier. Cette collection donne le préambule et les dispositions des édits ou arrêtés les plus importants. Quant aux autres, elle renvoie avec toutes les indications nécessaires, soit aux Archives du royaume, soit aux divers recueils spéciaux.--Un grand nombre d'autres édits, notamment en ce qui concerne la marine, furent rendus pendant l'administration de Colbert et sont mentionnés dans la Collection des anciennes lois françaises. J'ai seulement indiqué ici les principaux.
[*] C'est par erreur que, dans le cours de ce volume, cet ouvrage a été désigné sous le titre de Collection des anciennes lois françaises.
[589] Autrement dits les carrosses à cinq sols. Leur organisation était la même que celle de nos omnibus sauf la fréquence des départs. M. de Monmerqué a publié, chez M. Firmin Didot, une brochure curieuse sur l'établissement de ces carrosses.
[590] La ville de Dunkerque fut rachetée des Anglais par traité des 17 et 27 octobre 1662, moyennant 4,674,000 fr. Voir, quant au chiffre du rachat, qui est communément porté à cinq millions, aux Archives du royaume, carton K. 123.
[591] Il parut postérieurement, sous l'administration de Colbert, plusieurs autres règlements concernant les tailles.
[592] Cet édit, un des plus importants rendus pendant l'administration de Colbert, ne fait pas partie de la Collection des anciennes lois françaises. On le trouve en entier dans les Recherches sur les finances, par Forbonnais, et dans l'Histoire du tarif de 1664, par Dufresne de Francheville.
[593] Cet édit, au bénéfice duquel les protestants ne participèrent pas, fut révoqué en 1683. Le même édit accordait en outre mille livres de pension aux gentilshommes qui auraient dix enfants «nés en loyal mariage, non prestres, religieux et religieuses;» deux mille livres à ceux qui en auraient douze, et moitié somme aux habitants des villes franches, bourgeois non taillables ou à leurs femmes.
[594] Cette ordonnance, dit le président Hénault, fut préparée et discutée dans un conseil composé comme il suit: Le chancelier Seguier, le maréchal de Villeroi, Colbert, d'Aligre, d'Ormesson, de Lézeau, de Machault, de Sève, Menardeau, de Morangis, Poncet, Boucherat, de La Marguerie, Pussort, Voisin, Hotman, et Marin. Les séances commencèrent le jeudi 28 octobre 1666 et continuèrent toutes les semaines, quelquefois plusieurs jours, jusqu'au 10 février suivant.
Le 24 janvier 1667, louis XIV écrivit au premier président et au procureur général, avec ordre au premier président et aux autres présidents, à quatre conseillers de la grand'chambre et aux cinq anciens présidents de chambres des requêtes, avec les doyens des mêmes chambres, à l'ancien président des requêtes du palais, au doyen de la première chambre et aux avocats et procureurs généraux de s'assembler incessamment chez le premier président pour conférer avec lui et les commissaires du Conseil sur les articles préparés par ces commissaires.
Les conférences s'ouvrirent le 28 janvier 1667, et se terminèrent le 17 mars suivant après avoir occupé quinze séances.
L'ordonnance civile de 1667 a été en vigueur jusqu'à la promulgation du code de procédure actuel.
[595] Cette ordonnance, a dit M. Roy, dans son rapport à la chambre des Pairs sur le code forestier (1827), fut modifiée et préparée pendant huit années par Colbert et par les hommes les plus habiles que l'on put réunir dans toutes les parties du royaume.
[596] Cette déclaration ne se trouve pas dans la Collection des anciennes lois françaises. Voir Forbonnais, Recherches sur les finances, année 1670.
[597] Les commissaires du Conseil et les députés du Parlement qui prirent part à cette ordonnance, sont: le chancelier Séguier, d'Aligre, de Morangis, d'Estampes, de Sève, Poncet, Pussort, Voisin et Hotman, conseillers d'État; le premier président de Lamoignon et les présidents de Maisons, de Novion, de Mesmes, de Coigneux, de Bailleul, Molé de Champlâtreux, de Nesmond; les conseillers de la grand'chambre de Catinat, de Brillat, Fayer, de Refuges, Paris, Roujault; les députés des enquêtes, Potier de Blanc-Mesnil, de Bragelogne, de Fourcy, Lepelletier, Maupeou et Charton; les conseillers de Bermond, Mandat, Faure, Levasseur, Malo et Leboult; Talon, premier avocat général; de Harlai, procureur général, et Bignon, second avocat général.
[598] Le préambule de cette déclaration porte que la même défense avait été faite par édit du mois d'avril 1667 «laquelle grâce avait produit un grand fruit dans le public.» Cet édit n'est pas cité dans la Collection des lois anciennes. La même déclaration fut renouvelée le 6 novembre 1683, quinze jours après la mort de Colbert, et sans contredit d'après des ordres qu'il avait lui-même donnés.
[599] Cet édit portait que les généraux, lieutenants généraux, maréchaux de camp, intendants et autres officiers, même volontaires, de quelque condition et qualité qu'ils fussent, ne pourraient avoir plus de deux services de viandes et un de fruits qui feraient trois services en tout; qu'il n'y aurait nulles assiettes volantes, que les plats d'un même service seraient de pareille grandeur et qu'il n'y aurait en aucun d'iceux, soit de viande ou de fruits, des mets différents, mais seulement d'une même sorte, à la réserve des plats de rôts où il pourrait être mis différentes espèces de viandes, pourvu qu'il n'y en eût point qui fussent l'une sur l'autre.--Ainsi, au ministère de la guerre, comme dans toutes les autres branches de l'administration, la manie des règlements était la même, et on la retrouvait jusque dans les détails qui semblaient le plus devoir y échapper.
[600] Cette déclaration, dit d'Aguesseau (Œuvres, t. 14, p. 145 et 155), réduisit les Parlements à ne pouvoir faire éclater leur zèle par leurs remontrances, qu'après avoir prouvé leur soumission par l'enregistrement pur et simple des lois qui leur seraient adressées.
Les remontrances que le Parlement essaya à cette occasion furent regardées alors, dit d'Aguesseau, comme le dernier cri de la liberté mourante...
[601] Cet édit fut révoqué au mois d'avril 1674.
[602] Biblioth. roy., Mss. Collection de Genée de Brochot; 3e carton.--Mémoire original de Colbert, contenant 14 feuillets, grand papier, écrits en entier de sa main, à mi-marge, au recto et au verso. Ce mémoire est écrit extrêmement serré, par abréviations, d'une écriture très-difficile à lire, et l'on n'y avance en quelque sorte que mot par mot. C'est avec une peine infinie que je suis parvenu à en reproduire les extraits qui suivent, non sans être obligé de laisser, par intervalles, quelques lacunes qu'il m'a été impossible de combler.--J'ai eu soin, d'ailleurs, de faire imprimer en italique les mots douteux ou remplacés par d'autres, et d'indiquer par quelques points les membres de phrase qui ont été omis. Ce mémoire a dû être écrit par Colbert pour Louis XIV. C'est le manuscrit le plus considérable de ce ministre et son premier jet, ainsi que l'indiquent quelques ratures et des renvois en marge. Il comprend l'histoire des finances et de l'administration depuis 1648 jusqu'au commencement de 1663; mais il renferme surtout des renseignements très-étendus sur les opérations financières et les réformes administratives, effectuées dans les années 1660, 1661, 1662 et 1663.
[603] Peut-être n'y a-t-il que 8 millions. Le chiffre est très-douteux. Dans son réquisitoire, le procureur-général Talon, porta les dépenses faites à Vaux à 9 millions.
[604] Voir, à ce sujet, les justifications de Fouquet; p. 56 de ce volume.
[605] Si les choses se passèrent exactement comme le dit Colbert, il faut avouer que l'intrigue fut ourdie de main de maître. Il est curieux de lire, après ce passage, le texte même de la nomination de Fouquet. Voir p. 4 et 5 de ce volume.
[606] La lettre que Mazarin écrivit à Colbert à cette occasion ne dit rien de tout cela. (Voir page 14 de ce volume.) Il est très-important d'opposer cette lettre, dont l'original existe à la Bibliothèque royale, à la version de Colbert. Ces deux pièces se contrôlant l'une par l'autre, et la lettre de Mazarin, méritant plus de confiance que le mémoire de Colbert, il s'en suivrait qu'il y a beaucoup de passion et d'animosité dans les assertions de ce dernier en tout ce qui concerne Fouquet.
[607] Quelque bienfaisants que dussent être les résultats de la chute de Fouquet, il n'en est pas moins étrange de voir Colbert faire intervenir le doigt de Dieu pour le succès de l'intrigue à laquelle des raisons d'État obligèrent d'avoir recours.
[608] On accusa en effet Fouquet d'avoir entretenu des agents secrets dans les principales cours de l'Europe. L'envoyé à Rome dont il est ici question, était l'abbé de Maucroix, ami de La Fontaine.
[609] Le chef naturel de la Chambre de justice était M. de Lamoignon, en sa qualité de premier président du parlement de Paris; mais bientôt, il cessa d'y aller, et toutes les affaires importantes, notamment celle de Fouquet, furent dirigées par le chancelier Séguier. Il est curieux de comparer le portrait du premier président fait par Colbert à celui que M. de Lamoignon a laissé de ce ministre. Voir, page 151 de ce volume, Histoire de Colbert, chap. V. De son côté, le Journal d'Ormesson, accuse durement M. de Lamoignon d'un excès de faiblesse à l'égard de Colbert.
[610] Biblioth. roy.; département des imprimés. Chambre de justice de 1661. F. 2,953. B, sous chiffre.--Cette curieuse parodie des stances du Cid est manuscrite. Elle est intercalée entre des pièces imprimées. Je ne pense pas qu'elle ait jamais été publiée, Le P. Lelong; dans sa Bibliothèque historique, l'indique comme existant en manuscrit dans une bibliothèque particulière de Dijon, sous le titre de Colbert enragé. J'en ai supprimé cinq stances tout à fait insignifiantes.
[611] Vers le milieu du procès, M. de Chamillart avait remplacé M. Talon, que l'on accusait de ne pas pousser l'affaire assez vivement.
[612] Sainte-Hélène, qui espérait être nommé premier président du parlement de Rouen.
[613] Biblioth. roy., Mss. Mélanges du cabinet du Saint-Esprit. Notes et pièces concernant Fouquet, prisonnier d'État.--Ces pièces proviennent d'un registre in-folio, ayant appartenu à la bibliothèque de l'ordre du Saint-Esprit. Leur pagination dans ce registre était de 2,169 à 2,191. Elles renferment:
1º La copie figurée de l'escrit trouvé dans le cabinet appelé secret de la maison de Monsieur Foucquet, à Saint-Mandé, écrit que j'ai donné en entier dans l'étude sur Fouquet.
2º Un monitoire lu dans toutes les églises de Paris, après la condamnation de Fouquet pour inviter les fidèles à dénoncer tous ceux qui retiennent et dissimulent des biens qui lui appartenaient.--C'est une pièce originale et signée.
3º L'analyse sommaire, manuscrite, des Ordres du Roy et lettres de M. Louvois à M. de Saint-Mars concernant la prison de M. Fouquet dans la citadelle de Pignerol.--Ces ordres et ces lettres dont j'ai donné quelques extraits existent aux Archives du royaume, section historique, carton K, 129, et ils ont été publiés postérieurement par M. Delort, dans son Histoire de la détention des philosophes et des gens de lettres, précédée de celle de Fouquet, de Pélisson et de Lauzun.
4º Enfin, le psaume de David, traduit par Fouquet, que je donne textuellement. Cette pièce, de trois pages in-4º, est écrite en entier de sa main. Seulement, on lit dans la marge gauche de la 1re page, ces mots d'une autre main et d'une écriture plus récente: «Par M. Fouquet, surintendant des finances, prisonnier à Pignerol où il mourut.» Il y a, en regard de chaque verset, dans la marge gauche du manuscrit, également de la main de Fouquet, le texte latin que je n'ai pas cru nécessaire de reproduire en entier.
[614] On lit en regard du titre, à droite, de la main de Fouquet:
«J'ay mis isy quelques nottes pour ceux qui n'entendent pas le latin auquel je me suis assujetty, réduïsant chaque verset latin du pseaume à 4 vers sans mesloigner du sens du prophète.
«Dans les 1ers versets il exhorte tout le monde à louer la miséricorde de Dieu, et comme il repète la pluspart des mesmes mots, j'ay creü au moins debvoir repéter le mot de bonté.
«Il convie dans le 1er verset indifféremment tout le monde.
«Dans le 2e il descend en particulier au peuple d'Israël qui estoit la fin de leglise et comprend tous les chrestiens.
«Dans le 3e il passe aux prestres et gens deglise exprimés par la famille d'Aaron.
«Dans le 4e il excite ceux qui font profession plus particulière de la perfection à louer la bonté divine.»
[615] Voici le texte latin de ce verset: Dominus mihi adjutor, non timebo quid faciat mihi homo.
[616] Texte latin: Meliùs est confidere in Domino quàm confidere in principe.
[617] Texte latin: Meliùs est sperare in Domino quàm sperare in principibus.
[618] Note marginale de la main de Fouquet: «Je me suis assujetty à répéter le mesme vers dans les deux versets suivants pour imiter le latin ou ces mesmes termes sont aussy répétés trois fois.
[619] Note marginale de Fouquet: «Ces deux comparaisons des mouches et du feu despine estant dans le latin, on n'a pas pu les supprimer.»
[620] Le texte latin est beaucoup plus sobre de mots: Non moriar, sed vivam et narrabo opera Domini.
[621] Note marginale de Fouquet: «On n'a pu changer cet endroit sans oster le sceau de la prophétie de la venue de Nostre Seigneur qui est la pierre angulaire de l'Église.--Tous les versets sentendent de luy.»
[622] Texte latin: «O Domine salvum me fac, ô Domìne bene prosperare: Benedictus qui venit in nomine Domini.» Il est probable que Fouquet s'est trompé en copiant et qu'il a mis: vous soit prospère, au lieu de: me soit prospère.
[623] Note de Fouquet: Ce verset et le suivant sont répétés comme dans le latin.
[624] Ces vers m'ont été adressés de Grenoble.--La personne qui a bien voulu me faire cette intéressante communication ne s'étant pas nommée, je la prie de recevoir ici mes remerciements bien sincères pour sa bienveillante attention.
[625] Cette pièce, après la lecture de laquelle toute incertitude sur la profession des ascendants de J.-B. Colbert, doit cesser, est extraite, presque littéralement, des œuvres inédites de P.-J. Grosley, de Troyes, vol. 1er, p. 258 et suiv.--J'ai déjà cité plusieurs pièces de vers faites par des contemporains de Colbert, dans lesquelles ce ministre est désigné comme appartenant à une famille de marchands. Il y a dans le Recueil manuscrit de chanson, vaudevilles, sonnets, épitaphes, etc. (Recueil Maurepas, Biblioth. roy., Mss. 35 vol. in-4º), d'autres pièces qui confirment cette opinion. Dans l'une d'elles on invite le marquis de Seignelay, très-connu par son faste, à porter de ses pères la bure; vers auquel correspond la note suivante: «J.-B. Colbert était fils d'un payeur des rentes de l'hostel-de-ville de Paris et petit-fils d'un marchand de Reims.» On lit en outre dans une chanson de 1681, faisant partie du même recueil, que les filles, de Colbert les duchesses de Chevreuse et de Saint-Aignan avaient fait faire le tabouret qu'elles avaient chez la reine, chez leur cousin, le tapissier.
[626] Odart, prononciation vicieuse d'Edouard (Note de P.-J. Grosley).
[627] Des Mascrani et des Lumagna furent plus tard employés par J.-B. Colbert. (Voir les registres concernant le commerce, de 1669 à 1672, Bibliothèque du Roi et Archives de la marine).
[628] C'était la marraine de J.-B. Colbert. (Voir la pièce précédente.)
[629] Ce Largentier était de Troyes et appartenait à une ancienne famille de négociants. En 1594, il s'était prononcé fortement pour Henri IV, l'avait suivi à Paris et s'était mis dans les fermes où il avait fait fortune. Sully raconte de lui un mot d'une rare impertinence qui donna lieu plus tard à une très-piquante et spirituelle remarque de Henri IV. Un jour Largentier dit au roi qu'un voyage à Fontainebleau lui avait coûté 10,000 écus.--Ventre-saint-gris! s'écria le roi--Oui, Sire, mais c'est que j'ai fait prendre le modèle des frontispices de votre maison pour en faire de pareils à une des miennes que j'ai en Champagne. Peu de temps après; Largentier fut arrêté, pour quelque opération de finance un peu trop irrégulière sans doute, et on l'envoya au Châtelet. «Comment, dit le Roi, à cette nouvelle, est-ce qu'il veut prendre aussi le modèle des frontispices du Châtelet?»
[630] On trouve dans les lettres adressées à Colbert, un grand nombre de lettres de M. Lecamus, chargé de la police de Paris, conjointement avec M. La Reynie, et sous ses ordres. (Bibliothèque du Roi, Mss.) Il est probable qu'elles sont de ce dernier.
[631] Biblioth. roy., Mss. Registres concernant le commerce, année. 1669, nº 204.
[632] Arch. de la mar. Extrait des despesches et ordres du Roy concernant la marine, sous le ministère de M. Colbert, depuis l'année 1669 jusques et y compris l'année 1685, 1 vol. in-folio, manuscrit, p. 424 et suiv.--Le 20 septembre 1669, Colbert avait donné à l'évêque de Béziers, nommé ambassadeur à Madrid, une Instruction sur le fait de commerce. Cette instruction est beaucoup moins complète que celle-ci. On la trouve, à sa date, dans le Registre des despesches, de 1669, et dans les Recherches sur les finances, par Forbonnais, année 1669.
[633] Ce mémoire a été publié par Forbonnais, avec l'orthographe de son époque, dans ses Recherches et considérations sur les finances de France, année 1670.--J'ai donné quelques extraits de ce mémoire, p. 297 et 298.
[634] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay, t. IV, cote 16, pièce I.--La même pièce se trouve aux Archives de la marine, Registres concernant le commerce, année 1671, vol. 1erer, p. 59 et suiv.--J'ai donné quelques extraits de cette pièce, p. 299 de ce volume.
[635] Cette dernière phrase a été ajoutée de la main de Colbert sur la copie de l'instruction qui fut envoyée à son fils et qui appartient à la Bibliothèque royale. Elle ne se trouve pas sur la copie qui existe aux Archives de la marine.
[636] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay, t. IV, cote 16, pièce nº 17.--J'ai donné, dans le corps de l'ouvrage (chap. XIV et XIX, page 299 et 386), des extraits assez étendus de cette instruction, mais en raison de son importance, et afin de montrer la filiation et l'ensemble des idées de Colbert, je crois devoir reproduire ici en entier ce remarquable document.
[637] Biblioth. roy., Mss. Colbert et Seignelay, t. IV, cote 16.--Cette pièce a été publiée par M. Eugène Sue.
[638] Colbert attachait une grande importance à la fidèle transcription de ses dépêches. Les Registres des despecsches concernant le commerce pendant les années 1669, 1670, 1671, 1672, portent en regard de chaque lettre, un vu de sa main.
[639] Les lettres qui suivent sont tirées des Archives de la marine. Celles de l'année 1670, des Registres des despesches concernant le commerce; celles des années 1672, 1675 et 1680, des Extraits des despesches et ordres du Roy concernant la marine sous le ministère de M. Colbert, depuis l'année 1667 jusques et y compris l'année 1683; celle de l'année 1679, des Expéditions concernant le commerce, de 1669 jusqu'à 1683.
[640] Entrepôt.
[641] Note de l'Extrait des despesches.--«Cette lettre n'a été transcrite que pour faire voir avec quelle force et quel ménagement en même temps, M. Colbert écrivait aux plus grands seigneurs, et à ceux même qui étaient le plus en faveur auprès du Roy.»
[642] Arch. de la mar.--Cette lettre, écrite en entier de la main de Colbert, fut sans doute recopiée à cause de quelques surcharges qu'il y avait faites. Le manuscrit original a été intercalé dans les registres des Expéditions concernant la commerce, de 1669 jusqu'à 1683, t. II.
[643] Biblioth. roy., Mss. Fonds dit Suite de Mortemart, no 34. Gros volume in-folio.--Ce volume, à l'aide duquel on pourrait reconstruire en quelque sorte l'hôtel de Colbert, contient l'inventaire général et estimatif de tous les objets qui s'y trouvaient au moment de sa mort, depuis les plus précieux jusqu'aux plus insignifiants. Je me suis borné à en transcrire ici quelques articles.
[644] J'ai renvoyé aux notes pour les manuscrits et ouvrages imprimés au sujet desquels il y a eu lieu de donner quelques indications particulières.--Les ouvrages imprimés et recueils sans noms d'auteurs ont été classés d'après l'ordre alphabétique.
[645] Je crois devoir, en raison de l'importance historique de cette précieuse collection, donner la table des cotes dont elle se compose.
[646] C'est par erreur que ces lettres sont indiquées Arm. XI dans la note 1 de la page 91 de ce volume.
[647] Il y aura deux volumes. Le second n'a pas encore paru.
[648] J'ai omis de citer cet ouvrage dans les trois premières pages de l'Étude sur Fouquet. M. Gozlan a recueilli dans les romans de mademoiselle de Seudéry de curieux détails sur la fête de Vaux, et c'est d'après lui que j'ai reproduit une partie des particularités qui se rattachent à cette fête.
[649] Le titre de l'ouvrage ne porte pas le nom de l'auteur.
[650] Ce volume ne porte pas de nom d'auteur; il est attribué à Lethinois par M. Blanqui, dans sa Bibliographie des principaux ouvrages d'économie politique (Hist. de l'Économie politique, t. II).
[651] Ces deux ouvrages ne portent pas le nom de l'auteur.